PERTES SÉMINALES
aiguë de tout l'abdomen, surtout à droite ; vomissements diarrhée, lèvre, etc. Cet état ne diminua qu'au huitième jour 'anrès 1 expulsion d'écorces de haricots dans les matières fécales rendues sous 1 inOuenoede purgatifs répétés. Dès lors l'amélioration survint et la guérison eut lieu.
Péritonite pucrpéi-alc. Ponclion. A l'occasion d'une périiomlQ partielle consécutive, dont il relate les détails dans le Bull de ihérap., n° 8, M. Hervieux, généralisant quelques tails de guérison analogues par Fouverlure spontanée ou artificielle de la collection liquide, ne doute pas qu'elle ne puisse comme la pleurésie, être traitée avec succès par la ponction • seulement il préfère le bistouri au trocart. Rappelant à l'appui les exemples rassemblés au nombre de cinq dans la thèse de M. Féréol (Paris, 1859), auxquels ou peut ajouter aujourd'hui celui de pelvi-péritonite suppurée, recueilli dans le service de M. Marrotte et publié dans l'Union méd., n" 65, il montre que le pus épais et les flocons qui se rencontrent ordinairement dans ces collections sont ainsi évacués d'un seul coup, ce qui ne saurait avoir Jieu également par la canule d'un trocart. Ce procédé met donc plus sûrement à l'abri de la récidive. Il est surtout applicable quand, le liquide parfaitement enkysté, la nature se montre impuissante à lui créer une issue directe au dehors et que, par la résistance des parois abdominales, il tend à s'en frayer une par la vessie, l'intestin, le vagin ou' le rectum. La rupture du kyste et l'irruption du liquide dans toute la cavité péritonéale sont ainsi prévenues, tandis que cet enkystement met au contraire à l'abri du danger do la saillie de l'inlesiin et de l'introduction de l'air dans le foyer. A eu juger par l'observation de M. Marrotte, il n'est même pas si dangereux que semble le redouter M. Hervieux, d'y pousser au besoin des injections détersives et d'exercer toutes les manœuvres exploratrices nécessaires sans nuire au travail adhérentiel. Voy. Enduits impehméables.
PERTES SÉMIIVALES. Elles sont une illusion dans la pratique, dit M. A. Richard, car, sur vingt malades, dix-huit sont hypochondriaques ou en proie à des phénomènes nerveux. Au lieu de la cautérisation, il emploie la dilatation forcée quand il est obligé de prendre un parti à cet égard, et il a soulagé et guéri ainsi plusieurs malades. (Soc. de méd. de la Seine.)
PHTHISIE
PÉTROLE. Les effets phjsiologiques de l'éther de pétrole sont ainsi résumés par M. E. Georges, d'après les faits exposés dans son mémoire soumis à l'Académie des sciences (juillet).
4° Les essences de pétrole agissent d'une manière particulière sur le sens génésique et, dans certaines circonstances, le tempèrent singulièrement, comme le fait d'ailleurs concevoir leur action constatée sur le cerveau.
2" Cet éther occasionne réellement de violentes migraines chez les personnes nerveuses, les femmes du monde, et chez ceux qui vivent surtout dans un air confiné où se trouvent des vapeurs de ces essences.
3° Cette action paraît due à un principe particulier dont on peut le débarrasser, et qui agit principalement sur le cerveau et sur le cœur.
4° L'éther de pétrole peut être employé avec avantage pour refroidir les téguments dans les opérations, car il ne produit pas de douleur sur les parties où le sang coule.
5° Enfin le bas prix de ce produit et sa grande volatilité peuvent faire espérer son introduction comme force motrice dans l'industrie, préférablement à tout autre éther.
Ses propriétés anesthésiques ont aussi été utilisées. On l'emploie à cet etTet en applications topiques sur les parties où doit porter l'instrument . Un pulvérisateur spécial a même été inventé pour le projeter sur ces parties. {Acad. dcméd.)
PHARMACOLOGIE. Pilules de nitrate d'argent. M. Vée a montré que par l'excipient ordinaire de la mie de pain, une partie du sel d'argent est réduite. On y obvie en formulant 2 grammes de nitrate de potasse ou de silice précipitée, pour 20 centigrammes de sel argentique. [Rép. de pharm.)
The British Phurmacopœia. Codex anglais, comprenant la préparation et les formules de tous les médicaments usités en Angleterre, en Irlande et en Ècosse et obligatoires dans les trois royaumes. Il est divisé en trois parties. La première traite de la matière médicale et la seconde de la pharmacologie. Un appendice contient les procédés chimiques. Grand in-S" de 444 pages de gros texte.
PHTHISIE. Nosologie. S'inspirant des travaux de Virchow, M. Chatin dislingue une production phymato'ide dont le point de départ est dans la multiplication et la transformation
368 PliTHlSIK.
des cellules épiihéliales des vésicules pulmonaires II en fait une .espèce spéciale sous lo nom de pluhisie épiihéUale chronique. (Congrès de Lyon.)
Phthisio snr-aiguii. Un enfant de cinq ans , mal portant strumeux, fut pris subitement, au milieu de ses jeux, de frisson et malaise; le- mal empirant, il entre à l'hôpital quatre jours après avec dyspnée violente, congestion de la face, chaleur mordicante de la peau, pouls à 160; frémissement bronchique des deux cotes en avant ; matité en arrière, de haut en bas avec respiration bronchique et rhonchus crépitant à grosses bulles. On diagnostique une broncho-pneumonie générale. Une légère amélioration se manifeste sous l'influence du traitement; m'ais dès le sixième jour de son entrée, l'enfant succombe.
A l'autopsie, les deux poumons ont l'aspect intermédiaire entre l'hypérémie pneumonique et l'hépatisation rouge ; mais en y regardant de près, ils sont parsemés de petits tubercules, surtout à la base. Les bords antérieurs sont emphysémateux et exempts de tubercules. Ces pièces ont été présentées à la Dublin Pathol. Soc, le 6 février, comme un cas rare de phthisie aiguë {The Dublin quarterly Journ.., mai) se confondant avec la pneumonie en raison de l'âge du sujet et d'une cachexie spéciale, de même que l'on voit la péritonite tuberculeuse se développer chez les animaux inférieurs. (Voy. Grandlite )
Étiologie. Son développement, fréquent à la suite de ia pleurésie, fait croire à M, Beau qu'il y a rapport de cause à effet entre ces deux affections; que la pleurésie peut engendrer la phthisie comme l'enseignait Broussais [Journ. de méd. el chir. praliq., juillet). On pourrait en dire autant de la pneumonie et de la bronchite. Qui n'a vu des tuberculeux le devenir plus ou moins longtemps après ces affections, mais s'ensuil-il qu'elles soient la cause de la tuberculisation ? S'il n'y a pas prédisposition héréditaire, dialhèse tuberculeuse, ce que ne dit pas M. Beau, le doute est au moins permis. Si elles existent au contraire, on doit bien plutôt admettre qu'en rendant les organes de la respiration plus impressionnables et ces affections aiguës plus fréquentes, plus graves, celles-ci ne sont que le premier degré de la phthisie. Et cela est si vrai, que ces phlegmasies sont plus fréquentes et ne sont pas aussi franches ni ne se résolvent pas aussi vite dans ces cas que chez un sujet non
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prédisposé. Le mauvais effet des antiphlogisliques est une autre preuve de cette opinion.
A l'appui de l'étiologie par l'inspiration de poussières, on cile l'exemple des ouvriers travaillant le granit près du lac de Garde : ils meurent presque tous phtliisiques vers cinquante ans, aussi bien que les casse-pierre sur le lac d'Iseo. [Ulgea, mai.)
Pour M. Pidoux, au contraire, c'est toujours une maladie qui finit, c'est-à-dire la conséquence de maladies constitutionnelles héréditaires comme l'herpélisme, l'arthritis, les scrofulides, qui constituent la trilogie éliologique de M. Bazin. C'est ainsi que les Eaux-Bonnes agiraient dans ces phthisies consécutives par substitution ou dérivation organique en réveillant la maladie, le vice primitif, en lui redonnant la première place et en tenant ainsi la phthisie en échec, en la faisant rétrograder. D'où cette conclusion logique que les eaux sulfureuses, pas plus que celles du Mont-Dore, ni aucun remède, ne guériraient alors la phthisie, mais bien l'herpès, la scrofule, la' goutte nu le rhumatisme préexistants. En un mot, la tuberculisalion, en tant que tuberculisation, serait incurable selon le célèbre novateur. [Union méd., n° 45.)
C'est donc à reconnaître le caractère primitif de ces phthisies consécutives symplomatiques que le praticien devrait s'attacher avant d'envoyer ses malades aux eaux ou à les traiter par les différents remèdes préconisés. Outre les antécédents, un signe indiqué à cet effet par M. Pidoux est le siège de la tuberculisation au sommet du poumon gauche. Il indique que la phthisie n'est pas franchement tuberculeuse et que sa marche sera trèslente. L'observation confirme, en effet, cette appréciation dans un bon nombre de cas sans qu'il ait été possible d'en déterminer la relation.
Basé sur un total de 100 faits, M. Leudet confirme sa rareté relative chez les ivrognes et la marche chronique qu'elle revêt chez eux. Souvent elle est latente, la toux peu incommode, l'hémoptysie plus rare. L'amaigrissement, les troubles inlesiinaux en sont les symptômes prédominants. De là la pratique de quelques praticiens d'outre-Manche d'administrer l'eau-de-vie dans certains cas. [Congr, de Lyon.)
Elle coïncide, au contraire, très -souvent avec l'aliénation mentale. Voy. ce mot.
M. Rufz a constaté qu'au Jardin d'acclimatation la mortalité par la tuberculisation est relativement fréquente chez les ani-
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maux dont le sf^jour est plus prolongé. On trouve chez presque tous des tubercules disséminés dans divers organes, sans que la loi de la plus grande fréquence dans les poumons ait lieu comme chez l'homme.
^ Délia affinila fra luberculo e cancro, et de leur substitution héréditaire par le professeur Concato. Bologne, in-8» de 120 pages, extrait de V Ehdomadario clinico.
Diagnostic. La chute accidentelle de corps étrangers dans la trachée ou les bronches donne lieu à des symptômes qui la la simulent : toux fréquente, quinteuse, hémoptysies, crachats purulents, sanguinolents, amaigrissement, diminution du murmure respiratoire, etc. Chez un enfant de douze ans, M. Queneau de Mussy a diagnostiqué ainsi une phthisie que l'expectoration spontanée d'un noyau de pruneau a fait disparaître aussitôt. M. Delasiauve a rencontré un cas analogue (Soc. méd. des hôp.). L'observateur doit donc remonter aux commémoralifs dans les exemples insolites avant de se prononcer et, dans le doute, administrer l'ipéca, par exemple, pour s'éclairer.
Bruits pleuraux. M. J. Ârnould réunit sous ce titre les divers bruits décrits successivement sous les noms de craquement pulmonaire, par Laennec ; froissement, par M. Fournet; claquement de soupape, par MM. Barth et Roger; respiration saccadée, respiration granuleuse, par M. Woillez, et certains craquements humides différant des vrais râles que l'on attribue uniformément à la phthisie pulmonaire. Fondé sur le siège intra-pulmonaire qu'on leur attribue invariablement et l'impossibilité d'en comprendre ainsi le mécanisme, il leur donne une tout autre interprétation en raison même des différences légères, insignifiantes et insensibles qui les distinguent dans leurs caractères acoustiques, comme l'indiquent les termes mêmes qui les distinguent et les nuances, les analogies, les similitudes, qui les rapprochent et les confondent. Leurs caractères essentiels sont des éclats, des éclats plus ou moins bruyants, une impression de sécheresse comme venant d'un corps solide, de l'irrégularité dans la succession des saccades et dans l'intensité des éclats et enfin leur persistance après la toux. Des trois nuances du froissement pulmonaire de M. Fournet : bruit de cuir neuf ; bruit plaintif, gémissant ; bruit léger, rapide et de papier soufflé, rapportés au tissu pul-
PHTHISIE
monaire luUant avec effort et avec bruit contre l'obstacle qu gène son expansion, c'est-à-dire le tubercule naissant, la granulation, ce dernier bruit se confond avec le craquement dans certains cas et dans d'autres avec « le bruit rapide, analogu» au claquement d'une soupape molle », de MM. Barth et Roger; tandis que celui-ci rappelle les coupures plus aphones encore de la respiration saccadée. De même de la respiration granuleuse de M. Woillez qui se confond avec le craquement plus ou moins profond. Sauf des nuances imperceptibles pour la plupart des observateurs et des meilleurs sémiologistes.
M. Skoda paraît ainsi ne pas comprendre le froissement pulmonaire el déclare n'avoir jamais observé ce bruit de lutte. De même de MM. Barth et Roger, et M. Colin incline fort à penser que ce froissement est de la famille des frottements pleuraux.
Ces contradictions, ces incertitudes, éclatent encore mieux dans l'interprétation, la signification pathologique ' donnée à ces bruits par leurs auteurs. Le froissement de M. Fournet est ainsi un véritable craquement pour d'autres, et tout en rapportant le claquement de soupape à un lambeau de tissu pulmonaire agité dans une caverne, ses patrons le comparent aussi à des bruits de membranes. Enfin les respirations saccadées, granuleuses, attribuées par MM, Raciborski et Woillez à la pénétration difficile de l'air dans les conduits aériens, ont été mises sur le compte d'affections ou de dispositions nerveuses et même d'adhérences pleurales ou de simples frottements pleurétiques par MM. Barth, Roger et Colin. D'ailleurs, comment le tubercule, sans cohésion moléculaire ni continuité de tissu et, par conséquent, sans élasticité par lui-même, qu'on le considère à l'état de granulation comme un exsudai morbide ou une néoplasie cellulaire, ou à l'état de concrétion crétacée renfermée dans le tissu pulmonaire serré, comprimé, hépatisé , qui l'entoure, c'est-à-dire exempt d'air comme les recherches anatomo-pathologiques le découvrent, pourrait-il vibrer et produire ces bruits de craquement ou de froissement? Placées sur le trajet de l'air, sous la paroi des dernières ramifications bronchiques et en en rétrécissant le calibre, les granulations ne bruissent pas davantage, car l'air ne suffit pas à les ébranler. Cette petite colonne d'air se brise sur elle comme sur une anche ou un bec de flûte en n'y produisant rien d'analogue à ces bruits secs, Si, à l'état crétficé, le tubercule est apte à produire vin bruit, il fau-
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drait du moins un excitateur, un archet pour le produire et rien de semblable n'existe. '
Appliqués à la plèvre, au contraire, ces bruits de craquements, de froissement, se comprennent parfaitement. M. Damoiseau emploie ce terme pour désigner les sensations de cuir, de parchemin que les bruits pleuréliques traduisent à l'oreille.' M, Teseier dit du crépitus pleurétique qu'il est moins nombreux moins égal, moins instantané que celui de la pneumonie, et M. Damoiseau ajoute qu'il a de plus quelque chose de rude,' de' frottant, qu'il est disséminé et n'a pas lieu dans tous les mouvements respiratoires. Ne sont-ce pas là précisément les caractères acoustiques précités et assignés aux bruits intra-pulmonaires ?
Or, les modifications des plèvres dans la phthisie réunissent toutes les conditions nécessaires à la production de ces bruits. D'une part, la plèvre viscérale est épaissie, rigide, riche en éléments fibreux, augmentée de dimension et de surface par des dépendances néomembraneuses ; de l'autre, ses mouvements sur le poumon par les altérations dont il est le siège, ou sur le feuillet pariétal par suite des adhérences qui s'y rencontrent ; et suivant que ces circonstances varient, l'aptitude à vibrer étant modifiée, les nuances des bruits qui en résultent varient aussi à l'infini. Que deux ou trois points de la plèvre, par exemple, soient épaissis sous forme de plaques isolées, à texture peu serrée, du diamètre d'une pièce de cinquante centimes, comme cela se présente sans doute dans le cas de tuberculisation insidieuse, avec peu de réactions et l'épaississement peut alors être considéré comme très-secondaire, et les points de fixité pleuro-pulmonaires comme plus importants en ce qu'ils fragmentent l'expansion de l'organe à ce niveau. N'est-ce pas là une cause admissible des coupures presque aphones de l'inspiration décrite sous le nom de respiration saccadée? Et que ces plaques isolées soient un peu plus consistantes, serrées, ne donneront-elles pas le bruit léger et sec de la respiration granuleuse? Ce sera le bruit de craquement quand l'altération pleurale prédomine, variant d'étendue comme de timbre, de sonorité, de force, selon son degré d'organisation. Et l'on aura ainsi tous les craquements pulmonaires.
Les bruits intermédiaires de froissement, se comprennent d'autant mieux que les points d'attache de la plèvre entravant l'expansion du poumon, il en résulte l'effet de lutte signalé par
PHTHISIE
M. Fournel. Les saccades sourdes résultant de cette lutte n'équivalent-elles pas au bruit de soupape molle de MM. Barth et Roger? Enfin, il n'est pas jusqu'à certains craquements humides, simulant le râle crépitant, qui ne puissent être produits par ces altérations de la plèvre, comme en témoignent les observations de MM. Damoiseau, Teissier, Barth et Roger et de l'auteur lui-même. {Union méd. n"' 87, 88, et 90.)
Cette nouvelle théorie des bruits secs de l'évolution tuberculeuse est d'autant plus admissible que la modulation sonore du bruit pleural n'est pas unique ni toujours identique, et qu'elle réunit, au contraire, toutes les nuances d'intensité, de timbre et de durée décrites par les observateurs. Au lieu d'assigner à ces bruits un degré précis de l'évolution morbide et d'en désigner un surtout qui en marque le début, ce que l'observation ne confirme pas le plus souvent, elle n'exprimera plus que ce fait, fait invariable et certain, incontestable: tubercules pulmonaires. Elle a ainsi l'avantage de tout simplifier. Mais elle n'est elle-même qu'une théorie, un effort ingénieux d'un esprit généralisaleur, et bien qu'elle satisfasse mieux l'esprit en étant plus conforme aux lois de la physique et de la physiologie, rien ne dit encore qu'elle est définitive et l'expression de la vérité.
Phthisis and the Stéthoscope, ou signes physiques de la consomption, par Richard PayneCotton, M. D., F. R. C. P. Lond., médecin de l'hôpital des phthisiques de Brompton ; 3" édition augmentée d'un chapitre intéressant sur la nomenclature et les signes physiques de l'arrêt de la phthisie. In-S" de 1 04 pages.
TnAiTEMENT. Usage du sucre. M. Champouillon a souvent observé que la toux, la fièvre hectique, les sueurs nocturnes, reçoivent une fâcheuse impulsion de l'appétence que les phthisiques ont pour les substances sucrées. On sait d'ailleurs que les sirops, tisanes, bonbons, pâtes, amènent facilement le dégoût chez eux. Il explique ces effets morbides par la combustion organique de la glycose et le développement de chaleur animale qui s'ensuit. 100 grammes de sucre, en brûlant par voie d'oxydation physiologique, dégagent autant de chaleur que ia^^lO dei charbon, et comme 1 gramme de charbon élève de un degré la température de 8 kilogrammes d'eau, d'après MM. Favrot et Silbermann, il s'ensuit que si la capacité du corps humain pour le calorique est la même que celle de l'eau, et s'il s'agit d'un sujet pesant 75 kilogr., par exemple
PIITIUSIE.
\ 00 grammes de sucre devront élever la température de l'organisme de quatre degrés et demi. {Acad. des se.) ^ Une telle production de calorique, qui aggrave la marche et l'issue de toutes les affections fébriles, est surtout redoutable pour la phlhisie. C'est aggraver l'état d'un poumon malade que d'activer ses fonctions ; le repos relatif, la diète respiratoire, comme on l'a dit, sont la plus formelle indication à remplir; ne pouvant suspendre le mouvement respiratoire, il faut au moins en modérer l'énergie.
Conduit par les expériences de M. Bernard, qui a vu la digestion des animaux arrêtée par l'injection de l'alcool dans l'estomac, M. Tripier supposant qu'elle exerce dans ce cas une anesthésie locale, a employé l'eau-de-vie chez les phlhisiques pour arrêter les vomissements qui sont une complication si fréquente, si nuisible et si pénible pour ces malades. Le succès a justifié sa tentative. En donnant un peu d'eau-de-vie après le repas il a prévenu ces vomissements, diminué la toux et les sueurs en procurant du sommeil. — Trois ou quatre exemples peu concluants sont cités à l'appui, mais combien d'autres agents n'ont pas été vantés sans avoir tenu leurs promesses. En tout cas, l'expérience est simple, facile et sans danger.
Contrairement à celle médication exclusive et empirique, M. Thompson, en constatant cette complication sur la moitié de cinquante-cinq phlhisiques à la première période, distingue ét catégorise suivant les causes qui la produisent. Ainsi, dans la phlhisie héréditaire, ce symptôme très-couunun étant dù à la faiblesse originelle, il prescrit le lait et la viande en plusieurs petits repas quotidiens avec un exercice très-mesuré. L'exercice au grand air, l'hydrothérapie et toutes les ressources delà pharmacie, mercure, fer, aloès, ammoniaque, etc., sont, au contraire, préconisés quand l'indigestion est périodique et s'accompagne d'une céphalalgie intense. Comme dans le mal de mer, elle provient d'une cause cérébrale que l'auteur attribue à l'accumulation du poison morbide dans le sang et fait explosion comme dans la goutte. Au lieu de dépression, le malade présente alors une activité extraordinaire. Enfin, quand l'indigestion est due à la coniracliou de l'estomac par la loux, les sédatifs, l'acide cyanhydrique associé ou non à la morphine entre autres sont indiqués. A l'hôpital des tuberculeux de Bromplon, on emploie avec succès dans ce cas une dissolution de carbonate de soude dans une infusion de gentiane additionnée d'acide
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cyanhydrique {British med. Journ., mai). On pourrait sans doute ajouter encore d'autres variétés, notamment celle d'un état congestif gastro-intestinal qui est surtout combattu utilement par la diète et les boissons gazeuses, mais il suffit pour montrer combien l'usage de l'eau-de-vie a de contre-indications.
Climat. Par le séjour au grand air sous la tente, sur les montagnes de la Californie, h trois, quatre et cinq mille pieds au-dessus de la mer, où la température est très-égale et sans pluie pendant cinq à six mois de l'année, le docteur Blake a observé sept succès chez des sujets arrivés au premier et au deuxième degré, dont il relate l'observation in Amer. Journ. o{ med. science. Il croit ce climat d'autant plus propice à l'habitation de ces malades, que la chasse offre amplement de quoi les nourrir, et qu'ils peuvent passer ensuite au nouveau Mexique pendant la saison des pluies, où ils retrouvent la même température.
Cette efficacité du climat californien est d'autant plus probable que l'air marin, l'émanation résineuse des pins, la pression atmosphérique, etc., etc., tout concourt, avec l'égalité et la douceur de la température, à en faire le séjour par excellence des phlhisiques.
Navigation. Plus on agite cette question et mieux l'on en voit la complexité, et comment elle ne peut être résolue par un oui ni an non absolus. A l'influence nocive du bord, à celle des parages où elle a lieu, M. Ménessier a compliqué le problème d'un facteur encore peu étudié, quoiqu'il mérite de l'être : c'est l'influence de la rapidité de la navigation, c'est-à-dire des varintions, des changements brusques de température, de climat. S'étant assuré, par l'examen des urines, que la température organique suit un rapport régulier et constant avec celle du milieu où le corps est transporté, nonobstant les modifications que l'exercice, la nourriture, les vêtements peuvent lui imprimer, il en conclut que les transitions brusques résultant de la navigation à la vapeur sont préjudiciables aux tuberculeux. 11 a même vu des officiers et des hommes d'équipage, offrant des indices de tuberculisation, obligés de renoncer à ces voyages, malgré les longs intervalles de repos qui les séparent, par le développement rapide de leur maladie [Journ. de méd. de Bord., jum). Est-ce une raison pour nier l'efficacité de J'air m^rin et m^me de la navigation pour ceg malades ?
PHTHISIK.
Il ne s'agit que de la faire à petites journées, dans de bonnes conditions et des parages propices.
Eaux minérales. Elles ne conviennent que dans les pérloies stationnaires et dans certaines formes, selon M. Durand-Fardel. A en croire les nombreux succès rapportés par M. Mascarei sur l'action curative de celles du Mont-Dore, elles sembleraient au contraire également favorables aux différentes périodes de cette malddie. {Gaz. méd., n° 15 et suivants.) Voy. Eaux