MINÉRALES
Du traitement des affections pulmonaires par les inhalations de Saint-Honuré (Nièvre), par le docteur Collin, médecin inspecteur. In-S" de < 09 pages.
Bromure de potassium. Par son action élective sur la muqueuse gutturale et sa puissance sédative, il convient spécialement contre les angines et la toux quinteuse spasm.odique des plithisiques. Ces accidents, assez graves parfois pour les priver d'alimentation et de sommeil, ont été combattus avec un succès prompt et constant par M. Gubler chez plusieurs malades dont il relate l'observation [Bull, de thêrap., juillet). En administrant une cuillerée à bouche de sa potion {\0 grammes sur 150 de véhicule) matin et soir, soit 1 gramme chaque fois, il a calmé ces symptômes du jour au lendemain et procuré un sommeil réparateur. Il a même constaté son influence favorable sur la fièvre et les sueurs nocturnes. Et ce qui prouve que cette amélioration n'était pas un effet secondaire, c'est qu'en cessant ce médicament un seul jour, les accidents reparaissaient le lendemain, comme il en a signalé plusieurs exemples. L action en est donc directe.
■ Pois iodés. Sur deux militaires phthisiques, des cautères placés sous les clavicules ont été posés avec des pois suppuratifs iodés (Voy. Iode). Six semaines après, l'un d'eux s'est trouvé assez amélioré pour quitter l'hôpital et rentrer dans sa famille; l'autre put rentrera son quartier.
La recherche de l'iode dans la salive et dans l'urine a démontré que l'absorption de ce médicament à la suite de l'emploi des pois iodés est beaucoup plus rapide qu'elle ne l'est à la suite des badigeonnages de la peau avec la teinture d'iode ou des frictions avec la pommade iodo-iodurée.
Toutefois il n'est pas inutile de faire remarquer que le pansement des cautères avec la teinture d'iode, alors que les pois
iodés n'étaient point supportés, a aussi fourni de bons résultats. Au bout d'un mois de ce traitement, un homme atteint de bronchite suspecte a pu reprendre son service. (Soc. méd. du Haul-Rhin.) Voy. Narcéinb.
Pluthisie galopante. Cette forme étant la moins favorable à une heureuse terminaison, les deux exemples rapportés par M. Lenepveu sont remarquables, le premier surtout. Il s'agit d'un collégien de treize ans, sans antécédents héréditaires, qui, à la suite d'une scarlatine, conserva une toux persistante et présenta finalement une caverne au sommet du poumon droit avec râles à grosses bulles, craquement et gargouillement dans les efforts de toux, retentissement de la voix; obscurité du bruit respiratoire autour de la caverne. Yeux larges, clairs transparents, sueurs légères ; point de diarrhée ; fièvre continue avec exacerbations vigiles, insomnie, inappétence; toux fréquente, expectoration purulente modérée, etc. (Union mpd 11° 93.) ^ ■'
Sans traitement spécial autre que la rentrée de l'enfant dans sa famille, tous les symptômes s'amendèrent graduellement et le petit malade guérit ainsi que son camarade, dont le fait e^t moins probant par l'absence de détails.
PHYSIOLOGIE. Suivant les expériences de M. Schiff les racines du spinal agissant sur le cœur n'ont pas la même origme que celles du larynx ; elles naissent plus en arrière II paraîtrait ainsi que l'inHuence très-réelle de la moelle allon-ée sur le cœur est due à des filets nerveux ne sortant pas précisément du bulbe, mais qui, de l'intérieur de la substance médullaire, descendent vers la moelle cervicale pour quitter le centre avec les racines cervicales du spinal.
En arrachant la partie médullaire du spinal selon la méthode de Cl. Bernard, on détruit le plus souvent l'origine des nerfs cardiaques du pneumogastrique et du spinal ; mais il y a des exceplions plus communes chez les chiens que chez les lapins ou les filets supérieurs de la porlion médullaire restent intacts et adhérents au fascicule qui préside aux mouvements laryngopharyngés. (Acad. des sciences.)
Développemenl de la chaleur par les nerfs en activité A l'aide d une aiguille magnétique extrêmement délicate et d'un annareil thermo-eleclrique très-sensible, Valentin est parvenu à
déceler cette production delà chaleur, méconnue et même niée jusque-là; en agissant sur le plexus scialique de la grenouille. Dans une série de six expériences, relatées in Virchow Archiv xxviii, l'accroissement de la température jusqu'à 0,021 a été évidente et concluante. L'excitation mécanique a produit le même effet que la galvanisation. [Gaz. hebd., n" 29.)
Aciion réflexe du pneumogasirique sur la glande sous-maxillaire. De ses expériences, M. OEhl conclut que la salivation qui accompagne la nausée et précède le vomissement est l'effet de l'action réflexe du nerf vague sur le filet tympanique du lingual. Par l'intermédiaire des centres nerveux, celte action se communique aux nerfs correspondants du c ôlé opposé. La salivation existant dans l'helminthiose est probablement produite de la même manière.
Cette salivation des glandes sous-maxillaires est excitée de même en injectant par une fistule dans l'estomac, de l'eau ou des infusions excitantes si les nerfs vagues sont intacts. Mais cette action réflexe ne s'étend pas à l'autre branche de la septième paire. {Acad. des sciences.)
Régénéra lion îierveuse par cicairisalion immédiate . On savait très-bien que les nerfs coupés ou réséqués se régénèrent. Dès '1776, Cruikshank l'avait démontré, et après lui Fonlana, Michaelis, Meyer, Swan, Bélavel, Descot, et de nos jours M. Flourens et Verger, par des expériences sur les animaux. En 1 859, M. Lobsteck (de Tubiiige) a réuni cinq faits de régénération de nerfs coupés chez l'homme. Déjà, sur un inoignon d'avant-bras, Larrey avait reconnu la soudure du médian et du cutané. M. Uichet a vu sur une cuisse le crural réuni au sciatique par une bande cicatricielle. En 1 855, M. Verueuil et le professeur Wedl, étudiant les renflements qui se forment aux extrémités des nerfs divisés, ont reconnu que ces intumescences contiennent un grand nombre de tubes nerveux qui se croisent en tous sens et qui peuvent se mettre en rapport de continuité avec les nerfs adjacents. C'est ce que les expériences de M. Chauveau ont réalisé en faisant anastomoser artificiellement des extrémités de nerfs sensi tifs avec celles de nerfs moteurs. D'ailleurs le fait journalier de névralgies se reproduisant avec la molilité huit ou quinze jours, un mois, deux mois après, la division du nerf et même sa résection alors que la douleur et l'excitabilité locale avaient cessé pendant ce temps (voy. Névralgies),
était un enseignement suffisant pour admettre ce fait sans féserve.
. Néanmoins il fut remis en question par les expériences négatives de MM. Brown-Séqiiard, Vulpian et Philippeaux à ce sujet. L'observation microscopique révoquait surtout la possibilité de la cicatrisation rapide des nerfs et du rétablissement immédiat de l'intlux nerveux, à cause du nombre prodigieux de petits tubes nerveux contenus dans un seul nerf. « Il faut, dit M. Verneuil, pour que ces tubes s'organisent au sein du plasma cicatriciel, qu'ils le traversent pour venir s'aboucher, unir intimement les deux bouts du nerf divisé et en rétablir là continuité; or, ce travail entraîne des phénomènes trop complexes pour qu'il puisse s'opérer en aussi peu de temps.
C'est ainsi qu'à la Société de chirurgie (1 5 juin), M. Azam se demandant si, en dehors de l'hypothèse d'un névrome, on ne pouvait pas mettre en ligne de compte cette régénération nerveuse pour expliquer la double récidive d'une scialique du moignon peu de temps après une excision de ce nerf, MM. Broca et Verneuil ont repoussé énergiquement celle hypothèse comme contraire aux lois de la physiologie. Et sur l'affirmation de M. Houel, qu'il avait vu la sensibilité et la motilité revenir huit ou dix^ jours dans le bras et la main d'une jeune opérée par M. Nélalon, d'un névrome gros comme un petit œuf du nerf médian, et qui avait nécessité par conséquent la résection de 2 à 3 cenlimèires de ce nerf, dont les extrémités avaient été ensuite affrontées et réunies parla suture, cesphysiologislesont nié formellement la possibilité d'un pareil fait qu'ils n'ont pas craint de qualifier d'illusion, d'erreur. M. Verneuil a même porté le défi à qui que ce soit de produire un fait aulhenlique de ce genre aussi étrange qu'insolile.
L'occasion s'offrit bientôt pour la chirurgie de relever ce défi audacieux. Ped de jours après, le professeur Laugier communiquait à l'Académie des sciences tous les détails d'un fait encore plus probant (voy. Réunion). Cette observation unique en son genre esi décisive. Elle montre le danger de conclure absolument des expériences sur les animaux à ce qui se passe chez l'homme en physiologie comme en pathologie. Peut-être sera-ce une leçon utile pour ces expérimentateurs outrés, qui au heu de faire ainsi marcher la science, ne font que 'l'entraver. ^
Excision de la rate. Sur un jeune chien, Patellani et Moroni
ont pu enlever cet organe dont la physiologie est si obscure sans observer le moindre dérangement dans les fonctions sexuelles, sensoriales ni motrices. Tout en se nourrissant bien cependant, il n'augmenta pas de poids durant huit mois qu'il fut tenu en observation. La nourriture animale provoquait le vomissement de mucus et de salive, le pain et la soupe lui sufûsaient. L'urine était abondante et fréquente, les fèces rares et pelotonnées.
On s'assura, en tuant l'animal, que la rate avait bien été excisée en entier, et que le sang, la lymphe, étaient dans les conditions normales. {Ami. unio. de m^d. ,p. 558.)
Capacilé pulmonaire. Considérant qu'elle dépend de l'élasticité du diaphragme et des parois thoraciques, M. Gréhant montre que les expériences faites à cet égard sur les cadavres où cette élasticité n'existe plus ne sauraient donner des -résultats exacts. Il se sert pour la déterminer de la propriété de l'hydrogène de pénétrer, par le moindre effort d'inspiration, dans les ramifications les plus ténues des bronches, en analysant les gaz expirés et la mesure du mélange de l'hydrogène avec ces gaz.
Sang. De nouvelles recherches expérimentales du professeur Panum (de Kiel), sur la quantité et la qualité du sang de chiens privés de nourriture et dans une inanition complète, ont donné desrésultatsdiamétralomentopposés à ceux qui étaient acceptés depuis les recherches de Chossat, Bidder et Schmid sur ce sujet. Il n'a pas trouvé d'altération essentielle ni dans la proportion quantitative du sang avec le poids du corps, ni dans ses parties constituantes, notamment les globules et la fibrine. Si la diminution est réelle, elle n'est pas considérable comme on le croyait. D'où il suit que le sang est bien plutôt un intermédiaire, un moyen de transport pour les éléments nutritifs des tissus pris dans l'estomac et ailleurs, qu'élément de nutrition lui-même, surtout par les globules et la fibrine qui y restent étrangers. Au contraire, la constante diminution des solides et spécialement des principes albumineux du sérum tend à les montrer comme les matériaux essentiels de la nutrition. Les symptômes essentiels de l'inanition ne résultent pas ainsi du besoin de sang ni de son appauvrissement, mais bien de la faiblesse du système nerveux et musculaire et des organes de la circulation en raison du défaut d'aliment de leur propre substance. En conséquence, la transfusion du sang en pareil cas serait plutôt un obstacle qu'un avantage au rétablissement. {Arcliiv. de Virchow, t. XXIV, p. 241.)
Conservation du lact avec aboUlion du sens de lempéralure. Celle dislinclion reslaità démontrer. Chez unedamedesoixanle ans environ, alleinte d'une hypertrophie excentrique du cœur, toute la moitié droite du corps étant devenue absolument insensible à la température et à la douleur avec conservation de la force musculaire, M. Spring constata que le moindre contact ctail perçu de ce côté comme de l'autre. Ainsi elle retrouvait une épingle tombée à terre les yeux fermés, et le plus léger chatouillement était sensible. Elle sentait parfaitement les chocs de l'eau qu'elle déplaçait en se lavant les mains sans pouvoir apprécier si elle était chaude ou froide. En hiver, elle n'avait froid à l'air qu'à gauche et ne sentait également le feu que de ce côté. La lempéralure propre de la peau, mesurée au thermomètre, était normale et seulement moindre d'un degré à droite. On pouvait la piquer avec des aiguilles, la pincer fortement sans occasionner la moindre douleur.
Le sens du contact et la sensation de pesanteur étaient normales, bien que la sensation des points de contact fût considérablement affaiblie. La sensibilité à la douleur revint ensuite au bras droit et se conserva pendant deux mois, après lesquels cette femme succomba à une nouvelle attaque d'apoplexie. {Presse méd. belge, n" 34.) Voy. Absorption, Oxïgène, Pancréas, Cœun, Voix.
Introduction à l'étude de la physiologie. Examen des questions fondamentales sur la vie dans- l'organisation animale, par le docteur A. Joire, professeur de physiologie à l'École de médecine de Lille. Volume in-12.
Chimie appliquée à la physiologie animale, à la pathologie et au diagnostic médical, par P. Schulzenberger , docteur ès sciences, agrégé de la Faculté de médecine de Strasbourg, etc. Unvol. in-8°.
Influence de la physiologie moderne sur la médecine pratique, par les docteurs Delore et Berne. Volume in-8° de 460 pages.
Principles of human PInjsiology (Principes de physiologie humaine), par Carpenter. Sixième édition, revue et additionnée par M. Power. In-S" de 946 pages. Londres.
Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal, sa structure, ses fonctions et ses maladies, par J, Luys, médecin des hôpitaux de Paris, lauréat de l'Institut, etc. Un vol. grand in-8°
PLAIES
de 700 pages, accompagné d'un allas de 40 planches dessinées d'après nature.
Sulle funzioni dei cenlri nervosi cerebrali. Leçons expérimentales sur les fonctions des centres nerveux, par le professeur F. Lussana.
Comptes rendus et mémoires de la Société de biologie. V" vol. de la 3° série. Travaux principaux : La locomotion cérébrale chez les grenouilles, par M. Vulpian ; Ossification des os longs et glandes sudoripares, par M. Robin; Altérations rénales chez les goutteux, par MM. Charcot et Cornil ; Altérations des reins dans l'albuminurie rénale, par Olivier, etc., etc.
PLAIES. Pansements. Aux lotions, fomentations avec la teinture d'arnica et d'autres topiques excitanis vantés par quelques chirurgiens, on a substitué les pansements à l'alcool pur ou dilué, dans le service de M. Nélaton à l'hôpital des Cliniques. De l'eau-de-vie camphrée de i 8 k 20° est employée en compresses, lotions, fomentations sur les plaies béantes. Lorsqu'elles sont profondes, excavées avec tendance des liquides à stagner au fond et à sulMr la décomposition putride, on les comble de bourdonnets imbibés de ce liquide. Celles qui doivent être réunies par première intention sont lavées préalablement sur toute la surface saignante avec l'alcool rectifié jusqu'à ce que l'écoulement du sang ait cessé.
Sans relater tous les effets de ce mode de pansement, dont les détails sont consignés dans la thèse intéressante de M. de Gaulejac, interne du service, il suffit de dire que le pouls tombe rapidement, les parois des plaies sont sèches, détergées, sans aucune odeur et dans les meilleures conditions pour éloigner toute chance d'intoxication putride.
Sur 97 cas de plaies soumises à ce mode de pansement, on ne compte que 4 morts et 5 complications d'érysipèle qui n'ont que retardé la guérison. Ces chiffres montrent tous les bienfaits que l'on peut attendre des pansements alcooliques.
Suivant M. Batailhié, c'est à celte médication, jointe à l'alimentation des blessés et des opérés, que l'hôpital des Cliniques, où s'observaient par excellence des épidémies d'infection purulente, qui y était devenue pour ainsi dire endémique, ce qui le rendait le plus mal famé des hôpitaux de Paris, n'a pas eu depuis quinze mois un seul exemple d'infection purulente. Les autres complications des plaies et des opérations ont diminué
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dans la même proportion par cette simple modification. {Acad. des sciences, août.)
Du pansement des plaies par l'alcool, par le docteur Gaulejac, in-8° de 80 pages. — Dic traitement des plaies chirurgicales et traiimaliques, par les pansements à l'alcool, par le docteur Chédevergne, interne de l'hôpital des Cliniques, in-8°.
Dans le but de favoriser la réunion immédiate des divisions traumatiques de la face, par exemple, et en rendre la cicatrisation moins apparente, M. Pétrequin, au lieu de rapprocher immédiatement les deux surfaces traumatiques, les enduit préalablement de teinture d'iode iodurée et en obtient les meilleurs résultats. Mais M. Velpeau se demande judicieusement si ce n'est pas le véhicule de l'iode, c'est-à-dire l'alcool, qui est efficace ici plutôt que l'iode lui-même. 11 y a au moins'matière à un doute que l'expérience peut facilement éclaircir. (Acad. des sciences).
C'est l'eau salée que M. Dewandre emploie contre les suppurations abondantes, fétides, les plaies atoniques. Il les lave ainsi et les recouvre de compresses imbibées d'eau salée. Une sensation de froid local, du picotement, de la cuisson, parfois une douleur légère toujours supportable en senties seuls effets. Les blessés s'y habituent ainsi facilement.
Sous l'influence de ce liquide, la désinfection est subite la suppuration se modifie, diminue et se tarit bientôt. Des bourgeons charnus se développent et le sang devient rutilant, vermeil, s'oxygénise et se détache facilement en petits grumeaux. [Soc. mèd. chir. de Liège.)
Plaies pénétrantes. Leur apparence et les signes qu'elles provoquent laissent souvent dans une sécurité trompeuse qui peut mduirele praticien dans un pronostic faux, erroné comme le fait suivant en est un exemple. Des réfugiés mexicains prenaient leur repas à Mortagne, lorsque, sortant de table, Seberino plongea un couteau pointu dans le dos de Rio Gomez. Celui-ci s affaissa sans perdre connaissance et put gagner l'Hôtel-Dieu à pied, ou il se coucha lui-môme sans aide. Appelé immédiatement, le docteur Ragaine constata du malaise, des spasmes avec accélération de la circulation. Il n'y avait pas d'hémorrhagie et, le couteau n'ayant pas été rotrouvé, on pouvait croiro î une plaie peu profonde. Deux heures se passèront ainsi lorsque survinrent des vomissements, une syncope et la mort
PLAIES
L'autopsie montra une plaie verticale de2 centimètres d'étendue au niveau de la septième vertèbre dorsale au côt6 droit du dos, à 2 centimètres environ de la ligne médiane. Un stylet y rencontra, à 2 centimètres de profondeur, un corps métallique dur et rugueux : c'était la lame du couteau qui, pénétrant entre les lames de la septième et de la huitième vertèbre dorsale droite, les a divisées en partie, est entrée dans le canal vertébral, qu elle traverse obliquement en en effleurant la paroi interne ; puis, allant dedi-oite à gauche, après avoir divisé la circonférence de ce canal en deux points assez rapprochés, l'instrument a traversé le corps de la vertèbre de pai t en part, puis l'aorte descendante suivant une ligne un peu obhque sur le diamètre antéro-postérieur à 3 centimètres environ de sa courbure. Enfin, après avoir perforé le péricarde en arrière, dans une étendue de 3 millimètres, elle souleva la pointe du cœur sans en léser les parois, et s'arrêta ainsi à 5 centimètres au delà du corps de la vertèbre.
On comprend dès lors comment, malgré de si graves lésions, le blessé n'ait pas présenté immédiatement des signes plus formidables. Point d'hémorrhagie, ni troubles respiratoires, ni épanchement, ni hémoptysie, le poumon étant intact; tout concourait ainsi à induire le chirurgien en erreur, surtout avec la disparition de l'instrument. Sa lame avait servi de tampon, et le sang, sortant en bavant de l'aorte, se coagulait aussitôt. 200 grammes environ furent rencontrés derrière le cœur et 30 grammes dans le péricarde. Exemple frappant de ne pas laisser les blessés dans une sécurité trompeuse pour faire leurs dernières dispositions quand on ne peut bien mesurer l'étendue et la gravité des lésions. [Journ. de méd. de Bruxelles, avril.)
Évenlralion étendue. Le 23 août 1 863, la femme Fruchi, âgée de quarante-six ans, fut écornée d'une telle manière par une vache, qu'il en résulta une lacération contuse de 25 centimètres des parois abdominales avec issue des intestins. La division commençait près de la créle antéro-supérieure de l'os iliaque droit, suivait transversalement, par une courbe légère, le bord supérieur du pubis et se terminait à 4 centimètres de la crête correspondante gauche. Toute la région hypogastrique était donc ouverte. La masse intestinale reposait sur les cuisses, mais sans lésion apparente de ces viscères non plus que de la vessie ; l'épiploon seul était déchiré dans une étendue de 2 centimètres vers la région lombaire droite, de même que les muscles.
PLAIES
Le docteur Occhini réduisit les intestins heniiés après en avoir lavé la surface avec du vin chaud, lia ensuite les deux artères épigastriques ; vingt-deux points de suture rapprochèrent exactement les bords de la plaie, et un bandage contentif termina le pansement. Douze sangsues sur l'ecchymose gauche, cataplasme, purgatifs salins etcalomel. Nonobstant, le ventre se météorisa, devint très-douloureux, et une fièvre intense avec toutes les apparences d'une péritonite traumatique se développa. Les frictions avec l'extrait de belladone à haute dose dissipèrent les accidents. Un abcès apparut au lieu même de l'ecchymose. Les sutures furent enlevées le neuvième jour; dix jours après, les menstrues reparaissaient et, dès les premiers jours d'octobre, la cicatrisation était complète, sans que rien de notable en ait entravé le cours. {Imparziale, janvier.)
A l'occasion de ce fait, M. Lébert, médecin de l'Hôtel-Dieu de Nogenl-le-Uolrou, en rappelle un autre en tout semblable, si ce n'est que la presque totalité de l'intestin faisait issue. On pouvait introduire deux doigts dans le ventre. Aucune lésion de l'intestin n'existant, il fut réduit, et la plaie réunie à l'aide de quatre points de «uture enchevillée ne comprenant que la peau et le tissu cellulaire; précaution que ce praticien regarde comme capitale, car il croit que le contact d'un corps étranger avec le péntome en détermine presque inévitablement l'inflammation, de même que l'on provoque nécessairement la rétraction des muscles en les comprimant dans la suture, et des tiraillements douloureux de nature à produire des accidents locaux et généraux redoutables. C'est donc là une modification à introduire , dans le pansement de ces plaies.
Le traitement ultérieur fut de même que dans le cas précédent et la blessée guérit. [Abeille méd., n° 37.)
Dans un cas analogue de plaie pénétrante, faite avec un couteau dans l'hypochondre gauche, et donnant issue à un appendice épiplo'ique charnu , rosé, conique, baigné de sérosité, mesurant 15 centimètres environ et dont la base dure dépassait d'un centimètre à peu près une plaie arrondie, du diamètre d'une pièce de un franc , le docteur Bizarelli s'abstint de toute opération.
Le conseil donné par les auteurs de ne pas débrider dans celte région même pour réduire l'intestin, à cause des artères épigastriques et mammaire interne que l'on s'expose à rencontrer, et l'épanchement du sang dans le péritoine, était bien plus
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