‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 106 sur 117 · TÉTANOS · texte numérisé non relu

TÉTANOS

médullaire, diffuse dans la moelle lombaire et localisée aux cordons latéraux dans la région cervicale. Sont-ce ces lésions qui ont déterminé le tétanos ? se demande l'auteur. C'est ce qu'il s'agit de vérifier par des observations ultérieures. (Arch. dephys., octobre 1877.)

Élongation du nerf. Dans deux cas de tétanos traumatique à la suite d'une plaie de la main, le nerf médian fut étiré par M. Nankivell, à l'bôpital de Cbatbam, sans aucun succès. Dans le premier cas , l'opistbotonos cessa pendant vingt-quatre heures à la suite de l'ôtirement. D'où l'auteur croit qu'en pratiquant l'élongation du nerf le plus haut possible, il y aurait plus de chances de succès. (Lancet, 2 mars.)

Tétanos a frigore. Bains chauds. Le rôle du froid dans l'étiologie du tétanos a toujours été reconnu. Cette influence est capitale jusque dans le tétanos traumatique, et c'est ordinairement l'unique cause dans le tétanos dit rhumatismal. Deux cas observés à deux mois d'intervalle à l'hôpital Necker, par M. Blachez, et développés spontanément par celte action exclusive, en montrent toute l'importance étiologique.

L'un est un homme de 55 ans, garçon de lavoir, dont le travail consiste à transporter sur ses épaules le linge des lessiveuses. Le 6 juin, il éprouve de la raideur du cou avec trismus. Il continue son travail la tête renversée en arrière; mais, le lendemain, il ne peut plus ouvrir la bouche. Bientôt la raideur musculaire se généralise, et, à son entrée à l'hôpital, le 12 juin, il présente tous les symptômes d'un tétanos intense et généralisé.

L'autre est un terrassier de 26 ans qui, trempé le 7 septembre par une forte averse, garde toute la journée ses vêtements mouillés. Dès le lendemain, il éprouve de la difficulté à ouvrir la bouche; le 10, le cou se raidit, puis les membres supérieurs; le M et le 12, les membres intérieurs et le ventre sont pris. Entré à l'hôpital le 14, il présente, comme le premier, tous les symptômes du tétanos généralisé.

Le refroidissement, en portant son action sur la moelle, a été la cause évidente de cette contraction musculaire et tétanique généralisée. Il est remarquable que chez le pre- OARNIEn. 23

TIIORACENTÈSE

tnier malade, dont la dyspnée extrême fit craindre l'asphyxie, la température s'éleva à 38», <i, tandis que chez le second, dont les crises étaient moins répétées et moins violentes, elle n'a pas dépassé 38 degrés. Cettf température peu élevée était du plus favorable augure, malgré la permanence de la contraction.

Néanmoins, elle a résisté, pendant les neuf à dix premiers jours, aux ventouses sur la colonne vertébrale, au chloral à haute dose et au bromure de potassium, tandis que les bains chauds à 35° C. , prolongés pendant deux heures, malgré la raideur des patients, ont amené immédiatement une détente très-sensible et une diminution de la température. Et c'est en en prolongeant l'usage que ces deux malades sont sortis guéris, le premier après vingt-trois jours et le second après cinquante jours. (Gaz. hebdomacl., n° 1.)

Ce moyen doit donc être recommandé dans tous les cas de tétanos, traumatique ou non, dont le froid paraît être la cause déterminante. En face de ces deux succès, il n'y a pas à hésiter.

TIIORACENTÈSE. Une réaction des plus vives se montre contre l'emploi exclusif de cette opération ; c'est l'effet de l'engouement enthousiaste, irréfléchi, qui s'était manifesté en sa faveur, il y a quelques années, sous l'impulsion de Béhier. Après s'être attaquée séparément aux divers accidents dont elle peut être suivie : piqûre du poumon, ponction sèche, syncope, expectoration albumineuse, reproduction rapide et purulence de l'épanchement, mort subite, en combattant ainsi au jour le jour pour entretenir le feu, la clinique lance aujourd'hui son artillerie en masse pour démasquer les exagérations dangereuses et regrettables où elle a été entraînée. Tous les épanchements séreux en étaient justiciables alors, et 68 ponctions faites en cinq mois sur 12 malades par M. Bucquoy n'avaient donné que les résultats les plus satisfaisants. (Voy. année 1872.)

A ces chiffres, M. Morand, médecin principal à l'hôpital militaire de Vincennes, oppose la statistique suivante avec les observations à l'appui.

Sur 141 hommes atteints d'épanchements pleurétiqucs observés à Lyon et à Paris, de 1875 à 1877, 32 ont subi la ponction aspiratrice, 12 avant le quinzième jour de l'invasion,

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et tous les autres après, et 109 ont été traités médicalement par les moyens ordinaires. Or, des 31 opérés, le 32e étant encore à l'hôpital, § sont morts, et, des 109 autres, il n'y en a eu que 6. De plus, la durée moyenne du séjour à l'hôpital, de 72 jours 67 pour les opérés, n'a été que de 40 jours 60 pour les non-opérés. Sans doute, il faut tenir compte de la différence de gravité des cas; mais la thoracentèse et les complications qui en ont été la conséquence ont aussi contribué à ce résultat. Il y a eu ainsi :

Syncope - 4 fois.

Suffocation 11 —

Expectoration albumineuse 2 —

Reproduction totale de l'épanchement (du 2e au 5e jour). 27 — Transformation purulente (4 fois après des ponctions multiples) 6 —

L'empyème a dû être pratiqué.. 5 —

Il s'ensuit donc manifestement que, dans plus de la moitié des cas, la thoracentèse est suivie d'accidents et de complications; qu'elle ne prévient pas la reproduction de l'épanchement. De là la nécessité de ponctions multiples qui paraissent déterminer la purulence, soit par le traumatisme répété de la plèvre, soit autrement. Loin de diminuer la mortalité, elle l'augmente donc sensiblement par les complications qu'elle entraîne ou l'empyème qui en est la conséquence. D'où l'indication de se borner au traitement médical et de ne recourir à la ponction que dans le cas de péril extrême, immédiat, sauf à employer d'emblée l'empyème ou la pleurotomie. (Recueil de méd. et chir. pratiques, janvier.)

M. Peter explique tous ces effets par l'augmentation de la température locale constatée sur le siège de l'épanchement et l'accroissement que la ponction détermine. (V. Pleurésie.)

TRACHÉOTOMIE. Une statistique de 567 cas de diphthérite traités dans les salles du professeur Langenbeck, du 1« janvier 1870 au mois de juillet 1876, montre la fréquence de cette maladie à Berlin, aussi bien que la pratique de la trachéotomie et ses résultats. La sténose du larynx étant

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toujours regardée comme le signe de son indication, « sans distinction d'âge ni de caractère de la maladie, » elle a été pratiquée ;>04 fois et suivie de mort dans 3o7 cas, — 70 8 pour 100. Sur les 63 non-opérés, il y eut 20 morts seulement, la mortalité totale étant de 377. Sur 85 opérés audessous de deux ans, 7 seulement guérirent, dont un âgé de sept mois seulement. Sur 28 cas développés à l'hôpital, 18 furent mortels. Sur 22 opérés apportés moribonds à l'hôpital, 20 succombèrent. La persistance de l'oppression après la trachéotomie est surtout d'un pronostic grave, car, sur 46 cas où cette oppression subsista, 42 sont morts. C'est le signe d'une pneumonie lobulaire ou d'une extension de la diphthérite dans les bronches. (Langenbeck Archiv, 1877.)

Une série de succès, malheureusement trop rare dans les hôpitaux surtout, est relatée par le docteur Bogue. Sur 15 trachéotomies pratiquées à l'hôpital du comté de Cook sur des enfants de deux à dix ans, atteints de croup, il y eut 6 guérisons; aucune n'eut lieu au-dessous de trois ans. Il la pratique au début et emploie l'anesthésie pour prévenir le spasme et la frayeur, ainsi qu'une atmosphère humide. Mais il est probable que plusieurs cas n'étaient pas de vrais croups, car l'auteur dit que le développement primitif de la fausse membrane dans le larynx est ordinairement suivi de la mort en quelques heures. (Chicago med. journ., février.)

Avantages de la laryngotomie inter-crico-thxjroïdienne. L'espace crico-thyroïdien, dans le maximum d'extension de la tête, a donné, au docteur Krishaber, 8 à 9 millimètres d'étendue, 10 et 11 dans d'autres cas, ce qui est la mesure ordinaire des canules d'adulte. C'est donc par erreur que les auteurs l'ont fixée au-dessous, et que cette opération est négligée, comme ne pouvant admettre une canule sans échancrure ou ébrèchement du cartilage cricoïde. C'est ainsi que Nélaton et M. Panas l'ont faite.

Mais cette échancrure n'est pas nécessaire; une canule à bec a pu être ainsi introduite dans l'espace crico-thyroïdien, sans léser les cartilages, dans un cas de goitre suffocant. (Voy. ce mot.)

Cette opération a donc l'avantage que l'espace crico-

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thyroïdien, placé plus haut et plus superficiellement que la trachée, est très-nettement indiqué chez tous les sujets, les hommes en particulier, par la saillie, la proéminence des cartilages au-dessus et au-dessous, et qu'il est plus facilement reconnu et accessible qu'elle. Le manuel opératoire est en outre plus simple. L'incision peut être trèsrestreinte sans danger de blesser une artère anormale, et, la peau une fois divisée avec le bistouri ou le thermocautère, il suffit d'une simple ponction pour pénétrer dans le larynx. 18 fois, M. Krishaber a réussi sur 18 cadavres d'adultes, par la section verticale de la membrane intercartilagineuse, à introduire une canule à bec sans dilatateur. (Ann. des mal. de V oreille et du larynx, n" 3.)

Mais elle doit être exclue contre les accidents d'asphyxie du laryngo-typhus, selon le docteur Koch, parce que l'instrument rencontre souvent, en avant du cricoïde, un sac rempli de pus et de grumeaux de cartilage qui gêne le reste de l'opération et l'introduction de la canule. La trachéotomie seule, faite le plus bas possible, doit être exclusivement réservée à ces cas. Voy. Fièvre typhoïde.

Végétations polypif 'ormes. Depuis leur découverte, faite à nouveau pour ainsi dire (voy. année 1874), les exemples s'en multiplient à profusion. Avant, la suffocation produite par l'enlèvement de la canule était attribuée exclusivement au spasme laryngien, tandis que, maintenant, on y regarde de plus près, et l'on en constate d'autant mieux la cause. Un second fait s'est ainsi présenté à M. Bergeron chez un garçon trachéotomisé le 21 septembre 1877 à l'hôpital Sainte-Eugénie. Toutes les tentatives d'enlèvement de la canule étaient suivies de toux violente, quinteuse, avec suffocation, ce qui mettait l'enfant dans une grande agitation dès qu'on voulait lui enlever. On y réussit encore cependant le treizième jour ; mais la réintroduction fut impossible. Le dilatateur laissa apercevoir un petit corps flottant; mais une certaine pression fut nécessaire, après plusieurs tentatives, pour faire pénétrer la canule dans la trachée. L'enfant toussa alors avec force et lança, sur le lit voisin, un petit lambeau membraneux blanchâtre, allongé et assez résistant, d'un centimètre et demi de long, ayant à chaque extrémité un bourgeon charnu comme un grain de

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chôncvis. L'un est sessile, l'autre flottant. L'examen microscopique a montré qu'il était formé de tissu embryonnaire avec de nombreux vaisseaux. C'était une véritable végétation polypiforme.

L'enfant cessa dès lors d'éprouver les mêmes accidents et put se passer définitivement de sa canule six jours après.

Des deux cas de concrétions polypiformes observés sur la plaie de la trachée par M. Cadet de Gassicourt dans son service d'hôpital, l'un se termina de la même manière. En réintroduisant la canule le neuvième jour, le malade rejeta, dans un effort de toux, la concrétion probablement détachée par le fait de la canule. Avec celui de M. Hemey, ce sont donc trois cas terminés ainsi.

D'où l'indication posée par M. Bergeron, quand on éprouve un obstacle à réintroduire la canule et que la suffocation se manifeste sans être expliquée par la présence des fausses membranes, de passer une curette mousse sur les bords de la plaie trachéale, afin de constater la présence de ces végétations et peut-être de les enlever en raclant.

Mais il y a des cas où l'on ne rencontre rien. M. Cadet de Gassicourt n'a obtenu par ce procédé aucun résultat chez un de ses trachéotomisés, obligé de garder sa canu'e.

Avec les quatre cas de végétations signalés dans la statistique de M. Revilliod, c'est donc un total de huit nouveaux cas de ce genre. (Soc. méd. des hôp., octobre 1877.)

Et, comme preuve de leur fréquence partout, le docteur Koch, à l'occasion d'un fait de ce genre où il fut obligé de trachéotomiser de nouveau un enfant menacé de suffocation, a rassemblé 20 cas de cette redoutable complication, puisés dans les travaux allemands et français et surtout ceux de la Société de chirurgie, où s'est produite la première notion de ces végétations intra-trachéales. Aussi il est remarquable que, des 241 observations détaillées de la précédente statistique de Langenbeck , Krônlein ne signale qu'un seul cas de ces granulations qui retardèrent pendant six mois l'enlèvement de la canule. .

Ces végétations résultent ordinairement de 1 hypertrophie des bourgeons charnus de la plaie par l'irritation persistante de la canule, l'envahissement de la diphthérite et surtout l'inspiration thoracique qui les attire, les congestionne,

TUBERCULOSE

les tuméfie et les pédiculisc. Ils se développent aussi parfois sur les ulcères produits par la pression de la canule sur la muqueuse trachéale.

A ces obstacles, il faut ajouter, paraît-il, ceux produils par le décollement de la muqueuse succédant à sa destruction, sous forme de lambeau, par l'inflammation pblegmoneuse ou la diphthéiïte.

Une gêne respiratoire continue avec accès survenant lors des excitations intellectuelles ou corporelles, surtout dans l'inspiration, suffit à distinguer cette cause de la dyspnée produite par un spasme laryngien ou une tumeur trachéale. (Archiv fur klin. Chirurgie, 1877.)

TUBERCULOSE. La tuberculose spontanée est aussi rare chez les carnivores, le chien et le chat en particulier, qu'elle est fréquente chez les herbivores, comme le lapin, la vache. C'est une différence à laquelle on ne fait pas assez attention, eu égard surtout à la fréquence de la phthisie chez l'homme parmi les malheureux.

Formes cliniques de la tuberculose miliaire du poumon; thèse d'agrégation en médecine, par le docteur Mairet. Division en trois catégories : aiguë, chronique et secondaire, avec leurs variétés. La première est pyrétique, granuleuse et thoracique; la seconde est fibreuse, nodulaire et lobaire. Quant à la troisième, elle est primitive ou consécutive à la fièvre typhoïde et à la rougeole, comme M. Kiener l'enseigne. L'aspect des lésions nodulaires dans ces cas, tout en ressemblant aux tubercules, présente cependant des différences notables : leur distribution dans les parties inférieures du poumon, leur tendance à la suppuration, leur consistance plus molle, leur configuration moins nette et leur structure plus simple sont les principales. Et pourtant elles sont constituées, comme le tubercule, d'éléments épithéliaux en prolifération, d'exsudats inflammatoires et d'une prolifération lymphoïde du stroma conjonctif ; le centre est même aussi infiltré de graisse, mais le tissu embryonnaire est moins important et n'a pas de cellules géantes. Ces granules se rencontrent d'ailleurs sur d'autres organes que le tubercule. Elles peuvent donc le simuler dans ses organes de prédilection : le poumon, le foie, la plèvre et le péritoine.

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Tuberculose laryngée. Elle se rencontre sous quatre formes différentes, d'après tes recherches de M. Soléris : diffuse, ou prolifération embryonnaire des glandes, des parois vasculaires et surtout du tissu interstitiel ; infiltrée, analogue à la précédente, avec limitation en foyers; circonscrite, ou granulation miliaire ; conjonctive diffuse, 'ou sclérose. L'oblitération vasculaire en est un résultat constant. La laryngite tuberculeuse est donc. la môme que celle du tuberculeux. (Archiv. de physiologie, 1877.)

Tuberculose buccale. Ulcérations multiples de la langue. Le diagnostic de ce signe nouvellement découvert est si important à établir , quand nulle autre manifestation n'éveille encore l'idée de la diathèse, qu'il est nécessaire d'en connaître les diverses formes pour les distinguer. Tel est le cas observé par M. Millard à l'hôpital Beaujon sur un garçon de magasin de 28 ans. Au lieu de se montrer isolés, au nombre de un, deux ou trois, comme ordinairement, sur les côtés de la langue ou sa partie inférieure, — ce qui les fait attribuer au frottement des dents (voy. année 1 874), — ces petits ulcères siégeaient, au nombre de plus de cent, â l'extrémité de la langue, espèces de petits cratères purulents, avec de petits points jaunâtres au centre et séparés ies uns des autres par du tissu sain, en lui donnant ainsi l'apparence d'une pomme d'arrosoir. Toute cette partie était indurée en masse, et profondément, malgré l'état sain de la muqueuse de la face supérieure, et sans retentissement ganglionnaire manifeste. Aucun traitement topique ne put ainsi la modifier, et, par l'obstacle qu'elle apportait à la mastication et à la nutrition, cette lésion locale fut la cause principale d'une mort rapide, bien que les signes pulmonaires fussent au premier degré, sans hémoptysie, ni diarrhée, ni fièvre, ni sueurs.

Une vaste et unique ulcération occupait une partie des deux bords, la pointe et le frein de la langue, chez un phthisique de 54 ans, observé par le docteur Deligny. La face supérieure était intacte. Des petits points jaunâtres, comme une tête d'épingle, étaient disséminés autour. La mastication était difficile et douloureuse, bien que l'ulcération fût presque indolente; pas d'engorgement ganglionnaire. Le malade succomba neuf mois après.

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M. Féréol a présenté le modelage d'un ulcère trèsétendu, occupant la voûte palatine, le voile du palais, la muqueuse gingivale et le rebord alvéolaire interne des trois dernières molaires gauches, qui en mettait les racines à nu. Le maxillaire même fut atteint et disparut par la carie. C'était chez une passementière de 27 ans, ayant des cavernes pulmonaires très-avancées. (De la tuberculose bucco-pharyngée, thèse inaugurale par le docteur Gelade, Paris, 1878, ohs. V.)

Une tuberculose miliaire galopante de toute la cavité buccale a aussi été observée par M. Lailler, après plusieurs erreurs de diagnostic, et se termina par une phthisie aiguë généralisée. (Soc. méd. des hôpitaux, février, et Union mécl., nos 56 et 62.)

Tuberculose du tube digestif. De la tubercidisation du tube digestif, par le docteur Paul Spillman, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Nancy. Paris. 1 vol. in-8 de 240 pages, avec gravures dans le texte et 3 planches chromolithographiées. Autant la connaissance de la fistule anale des tuberculeux est ancienne, autant est récente celle des ulcères de la langue, de la bouche et du pharynx, de l'estomac et des autres parties du tube digestif, dont les observations séparées se trouvent dans ce Dictionnaire. De là l'utilité de leur réunion, celles de la bouche et du pharynx notamment, qui ont seulement fixé l'attention clinique dans ces dernières années. (Voy. année 1873.) Elles forment le premier chapitre de cette étude, et tel est leur caractère insidieux que l'on ne saurait y regarder de trop près pour le diagnostic qui peut servir de signe prodromique à une infection générale. Nous avons ainsi observé, en 1877, une jeune domestique belge, bien portante du reste, atteinte d'un soi-disant abcès de la joue droite pour lequel elle était allée consulter un dentiste, croyant que les dents cariées en étaient la cause. Toute la joue était indurée transversalement à la réunion des dents, et la malade en mâchait, en mordait, en déchirait ainsi les parties exubérantes. Il y avait une véritable ulcération creuse, inégale, d'un gris jaunâtre, indurée, à trajets fistuleux, d'où s'échappait, par de petits pertuis, un liquide puant qui empoisonnait la malade, surtout le matin. Une incision pratiquée n'amena qu'une amé-

TUBERCULOSE

lioration passagère. Un épanchement passif de la plèvre se montra bientôt, avec perte des forces, et les signes locaiu d'une tuberculisalion pulmonaire, qui, malgré le changement de climat, ne manqua pas, en un an, de conduire cette jeune femme au tombeau.

Celle forme de tuberculisalion locale bueco-pha'-yngée est d'autant plus grave que, si la doctrine de la transmissibilitô se réalise sur l'bomme comme sur les animaux, elle est la plus propre à l'effectuer par la salive. Absorbée, celle-ci peut aussi développer la tuberculose des voies d'gestives inférieures, sinon celle des poumons. C'est donc là une lésion qui mérite tout le soin des observateurs pour la distinguer de la syphilis, de l'épitbélioma, des scrofulides et des ulcérations mercurielles.

Celle de la tuberculose intestinale n'est pas moins intéressante par son siège d'élection dans l'iléon et le cœcum. Mais la fistule anale est bien plus fréquente, car l'auteur en a noté 523 cas sur 14,730 tuberculeux des hôpitaux de Paris, sans compter tous ceux où son existence a éLé omise, oubliée.

La forme des ulcérations circulaires de l'intestin, si bien étudiée récemment, mérite surtout l'attention.

C'est donc ici une étude complète de la question et qui peut servir à en résoudre une autre : la contagion de la tuberculose et la virulence de ses produits. V. Phthisie.

Tuberculose urinaire. Au lieu d'étudier séparément la tuberculisation de chaque organe de l'appareil urinaire, au point de faire une espèce particulière de celle des capsules surrénales (voy. Phthisie capsulaire), le docteur Tapret réunit sous ce titre la tuberculisation du rein, de la vessie, de l'urèthre et de la prostate. De même que M. Reclus a décrit la tuberculose génitale dans sa thèse inaugurale en 1876, en montrant ses rapports avec celle du poumon, l'auteur s'appUque à en distinguer celle des voies urinaires qui est et reste souvent, au contraire, primitive et isolée; laquelle, tout en se généralisant ordinairement, peut offrir des phénomènes spéciaux, suivant la partie primitivement atteinte, qui permettent de préciser le siège du mal. L'avantage de cette méthode toute physiologique est de simplifier l'étude de la clinique en l'éclairant.

TUMEURS

Le début du mal, qu'il soit limité au rein ou à la prostate, ne se traduit par aucun indice certain, tant qu'il n'a pas gagné de proche en proche les conduits excréteurs de l'urine. La tuberculisation du col de la vessie, au contraire, •offre les symptômes les plus importants et donne à l'ensemble de la maladie sa physionomie caractéristique, dont voici les traits saillants :

Un individu de 20 à 40 ans, bien portant jusqu'alors, a pissé du sang en plus ou moins grande quantité, à une ou plusieurs reprises, sans douleur ni cause locale; hématurie qui peut venir également du rein et de la vessie. Puis le col vésic'al se prend de contracture spasmodique; une rétention d'urine a lieu, qui disparaît d'abord; enfin les envies d'uriner deviennent de plus en plus fréquentes et impérieuses, douloureuses au commencement comme à la fin, sans calme par le repos; les quelques gouttes d'urine expulsées à grand'peine laissent au fond du vase un dépôt purulent strié de sang. L'urine peut cependant devenir abondante par intervalles, claire, décolorée ou trouble.

L'exploration de l'urèthre montre alors une blennorrhée profonde ; la vessie est petite ou dilatée, le col douloureux, le bas-fond induré, sans corps étranger. Le diagnostic de tuberculose urinaire est dès lors confirmé, si les épididymes sont hypertrophiés et noueux, et il se précisera dans le rein par la douleur locale à la pression et dans la prostate par le toucher rectal constatant de la douleur et des bosselures acuminées.

Cet état local peut exister longtemps sans grand retentissement; il n'y a pas ou peu de fièvre, quelques troubles digestifs ; mais le malade ne peut se tenir debout sans souffrir. Il peut même, par intervalles, cesser de souffrir et reprendre la gaîté et l'espoir, si quelque phénomène urèmique ou des complications, comme abcès, fistules ou la généralisation de la tuberculose, ne viennent précipiter l'issue fatale. (Archiv. deméd., mai.)

TUMEURS. Une théorie bien simple de leur généralisation est formulée par Cohnheim et Maas. Ayant introduit dans la jugulaire des lapins, des ebiens et des poules surtout, un lambeau de périoste détaché sur le fémur de l'animal, dix à seize jours après, en tuant l'animal, ils l'ont

TUMEURS

trouvé roulé, en forme de cylindre, et serré contre la paroi du vaisseau du poumon, où il avait été entraîné, présentant des marques indubitables de sa prolifération, c'est-à-dire des lamelles et des corpuscules osseux caractéristiques, accompagnés souvent de cellules cartilagineuses. Et admettant d'après ce résultat, que des parcelles de tissu physiologique' normal, séparées , peuvent proliférer dans l'intérieur des vaisseaux, ils étendent la même propriété aux tissus pathologiques, et ils voient ainsi là la loi unique, simple, absolue, en vertu de laquelle s'effectue la généralisation des tumeurs!

Une condition essentielle est cependant indispensable : c'est que l'organisme soit réfractaire à s'assimiler, à absorber cet embole, ou incapable de l'éliminer, suivant la propriété générale qu'il possède pour tout ce qui n'est pas nécessaire, utile à son fonctionnement. C'est ainsi que, en retardant au vingt-cinquième jour à tuer les animaux précédents, les expérimentateurs n'ont plus trouvé aucune trace de prolifération de la parcelle périostique; au contraire, elle était ratatinée, molle, sinon complètement résorbée. Pour que le périoste restât à l'état de lame osseuse chez les poules, il faudrait qu'il fût inassimilable à leur organisme, et alors il constituerait des tumeurs, en se répandant dans les tissus, au moins parmi tous ceux qui ne peuvent se l'assimiler ou le détruire.

Les auteurs allemands expliquent ainsi tous les cas de généralisation de tumeurs évidemment bénignes, et ces cas si fréquents où une tumeur très-limitée siège dans la mamelle, un nœvus dans la peau, un noyau quelconque dans le tissu cellulaire, présentant toutes les apparences de la bénignité, se mettent tout à coup à proliférer et à se généraliser à vue d'œil. Ils citent à l'appui le cas d'un goitre kystique très-simple, généralisé aux poumons et aux os, et celui d'une mamelle cancéreuse. A l'autopsie, à l'Institut pathologique de Breslau, des noyaux métastatiques innombrables furent trouvés dans presque tous les os du squelette, sans rien de semblable en dehors, ce qu'ils expliquent par la dissémination de la semence cancéreuse, détruite, annihilée partout, excepté dans le système osseux, où elle avait seulement rencontré des éléments de prolifération.

Telle est, pour les expérimentateurs allemands, la pierre angulaire de la théorie de la métastase des tumeurs. (Archio

TUMEURS 401/ far Pathol., Anat. und Physiol, vol. LXX.) Vov. Ganglion.

LYMPHATIQUES, SARCOMES.

Tumeurs blanches. Extension continue. Cette méthode imaginée par le docteur Sayre, de New-York, consiste à exercer une traction continue et parallèle à l'axe du corps entre les surfaces articulaires malades par des poids fixés à l'extrémité du membre, le poids du tronc formant la contre-extension. Des bandes de diachylum, longues d'un mètre et larges de deux centimètres, sont collées sur les parties latérales de la jambe, de manière que, repliées, elles tassent, au-dessous du pied, une sorte d'anse ou d'étrier dans lequel passera la corde qui doit soutenir les poids D'autres bandelettes en 8 de chiffre fixent les extrémités des premières autour de la jambe et sont recouvertes d'une bande roulée. Cela fait bien solidement, une planchette est placée sous la plante du pied entre les deux étriers. On garnit les malléoles de ouate, et la corde, passée dans les étriers, vient se réfléchir sur une poulie placée à la barre du pied du lit. On suspend ainsi des poids de un à huit kilogrammes à la corde, et l'on maintient le membre dans sa rectitude par une large attelle et un coussin placés à la face externe.

Pour éviter le glissement du corps, les matelas du lit doivent être disposés en pente légère, de manière que les épaules soient un peu plus basses que le bassin. On peut aussi, à cet effet, élever les pieds du lit avec des cales. La contreextension du corps se fait ainsi parfaitement, excepté chez les enfants. Le poids du corps étant insuffisant, il faut assurer la contre-extension par un lien passant sous la cuisse, garnie de ouate, et fixé à la tête du lit. Le malade jouit ainsi d'une grande mobilité sur son lit ; ses mouvements sont libres ; il peut même s'asseoir, se déplacer sans inconvénient, ce qui est important, surtout pour les enfants.

Appliquée par M. Panas à l'hôpital Lariboisière, cette méthode a été efficace dans les deux cas. Une femme, atteinte d'une tumeur blanche du genou, avait un gonflement énorme et des douleurs continues que rien ne pouvait calmer. La jambe était si fortement fléchie sur la cuisse, que l'on avait dû la redresser par l'anesthésic, puis la placer dans un appareil plâtré, sans aucun résultat quant au gon-

TUMEURS

flement et aux douleurs. L'amputation était donc indiquée, d'après certains chirurgiens.

La malade fut alors soumise aux tractions continues par le procédé précédent, et, en trois ou quatre jours, Les douleurs étaient considérablement atténuées, et le gonflement diminua peu à peu, à tel point que, en quelques mois, il n'y avait guère de différence avec l'autre genou. Une douleur légère, intermittente, seule existe et se trouve combattue eflicacement par les injections morpbinées. L'état général s'est aussi beaucoup amélioré.

Les mêmes résultats ont été obtenus chez une autre femme atteinte de coxalgie avec déformation énorme, qui s'est beaucoup modifiée sous la seule influence des tractions continues. Les douleurs ont aussi disparu en grande partie, et l'état de l'articulation est très-amélioré. L'ensellure, trèsprononcée, a disparu également.

Les avantages de ce procédé, simple et facile, sont de rendre possible le redressement graduel du membre sans chloroformisation, la diminution immédiate, sinon la cessation rapide de la douleur, et la persistance du mouvement dans l'articulation, au lieu de l'ankylose qui succède fatalement à l'immobilisation. Un long séjour au lit est sans doute toujours nécessaire ; mais la liberté, les mouvements dont jouissent les malades permettent de le supporter dans une santé parfaite et même en prenant de l'embonpoint. Aussi a-t-il une grande vogue en Amérique et en Angleterre ; mieux connu en France, il est probable qu'il s'y naturalisera aussi. (Journ. de méd. et chir. pratiques, mai.)

Ce n'est pas que la méthode de l'extension continue contre les tumeurs blanches soit nouvelle parmi nous. D'après une revue complète de M. Monod à ce sujet, elle a même pris naissance en France dès 1835. « Je conçois, disait Le Sauvage, de Caen, la possibilité et tout l'avantage de l'application d'un bandage à extension continue pour soustraire les surfaces articulaires au mouvement et à la pression réciproques que la contraction des muscles leur fait éprouver. » (Archiv. de méd., 1835.) Mayor, de Lausanne, l'appliquait même aux déviations latérales du bassin, et des appareils étaient fabriqués dans cette intention, notamment contre la coxalgie. Mais ce furent là, pour la grande majorité des chirurgiens français, de véritables excentricités chirurgicales.

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Une discussion survenue à la Société de chirurgie, en 1865, le montra bien. Malgré les efforts de Velpeau et de M. Le Fort, elle fut combattue énergiquement, et l'immobilisation de Bonnet, de Lyon, lui fut préférée jusqu'ici par tous les auteurs classiques.

Introduite aux États-Unis, en 1839, par Harris, par Brodie en Angleterre, par Volkmann en Allemagne, elle ne cessa pas, au contraire, d'y être employée et perfectionnée. C'est ainsi qu'elle s'est éteudue à Vienne, en Hongrie, à Copenhague et en Suisse. L'école française de Strasbourg, représentée par MM. Bœckel, a même été impressionnée par l'abondance des travaux allemands sur ce sujet, et c'est ainsi qu'elle forme le texte de certaines thèses inaugurales récentes à la Faculté de Paris.

C'est surtout au point de vue pratique et par le résultat des faits que cette question a fait de grands progrès en Amérique et en Angleterre. Les Allemands, au contraire, l'ont plutôt étudiée expérimentalement, selon leur génie national. La France doit profiter de ces divers travaux, et c'est en les faisant connaître comme on le fait actuellement, par des analyses exactes, précises, aussi bien au point de vue expérimental que clinique, en relatant les indications et les procédés spéciaux, comme M. Monod, que cette méthode pourra se généraliser avec succès. (Archiv. de méd., juin.)

Perforation de l'artère poplitée. Un enfant de 9 ans , atteint de nombreux accidents scrofuleux, entre à l'hôpital pour une tumeur blanche suppurée du genou, avec trajets fistuleux, dont un communiquait avec un foyer purulent du creux poplité. L'amputation étant refusée par la famille, on procède au redressement de la jambe, avec immobilisation consécutive dans un bandage silicaté. Enlevé un mois après, il montre un amendement notable de l'état local et diminution de la suppuration.

Mais, deux mois après, l'état général et local s'est de nouveau aggravé. Le foyer du creux poplité s'est étendu, avec fongosités et trajets fistuleux. Un drain est placé, et l'on cautérise les fongosités. Mais, le lendemain, une hémorrhagie abondante et qui se renouvelle entraîne rapidement la mort.

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L'examen montra une perforation circulaire de deux millimètres, à bords dentel6s et comme déchires, sur le bord antéro -interne de J'artère poplitée, que l'extension du foyer purulent avait dénudée et ulcérée sans doute. Avis pour ne pas tenter des manœuvres violentes dans les cas de ce genre. (Lyon méd., mars 1877.)

Une observation encore plus démonstrative de ce grave danger est rapportée par le docteur Homans. Un enfant de 14 ans, ayant le genou raide depuis huit à neuf ans, c'est-àdire une fausse ankylose, est apporté à l'hôpital de Boston, le 29 mai 1876, pour une synovite aiguë de cette articulation. Les symptômes aigus étant disparus, on redressa la jambe le 26 juin. Immédiatement il survint du gonflement et de la douleur dans le membre, avec quelques phénomènes généraux. Le 4 juillet, la fluctuation était sensible dans le mollet. Une incision donna issue à du pus et du sang. Une hémorrhagie eut lieu peu de temps après, et le sang sortait par jet de la plaie. On lia aussitôt la fémorale au sommet du triangle de Scarpa ; le sang s'arrêta et l'enfant guérit. Mais l'auteur attribue aussi cette hémorrhagie à l'artère poplitée, qui, ayant perdu son élasticité sous l'influence de l'inflammation environnante , se sera rompue pendant le redressement. Toutefois l'ouverture était bien petite probablement, car les pulsations des artères tibiales persistèrent jusqu'après la ligature de la fémorale. (Boston mecl. and surg. journ.)

Pourquoi n'avoir pas tenté la ligature dans le premier cas? Quoi qu'il en soit, il y a danger à redresser, à manipuler, à violenter une articulation ainsi malade, car, en cas d'hémorrhagie, la ligature est un remède souvent pire que l'amputation ou la résection.

Cinq enfants ont en effet été amputés à l'hôpital des Enfants par le broiement circulaire sans un seul décès. Voy. Amputations.

Tumeurs du testicule. Voy. Testicules.

Tumeur ostèoblaste. Nouvelle dénomination, proposée par le docteur Bouveret, pour une énorme tumeur de la paroi thoracique droite, que portait un homme de 33 ans, observé à l'hôpital des Cliniques. Profonde, diffuse, adhé-

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