AMPUTATIONS
les plus authentiques méritent encore d'être revus. Dane •- Lwmleian leçons sur la folio dans ses rapports avec la médecine légale, le docteur Bucknill est non moins explicite pour nier culte forme. Après avoir rappelé les plus célèbres assassins anglais, Morningside, Pownall el Bisgrove, acquittée comme aliénés, il ajoute : « J'ose affirmer qu'il n'y a pas d'exemple de nionomanio homicide sans délire ou de folie impulsive à tuer dont on puisse trouver des cas dans nos asiles sans aucun autre symptôme d'aliénation. Je n'en ai jamais rencontré un dans toute ma carrière, ni mes deux collègues, les docteurs Crichton-Browne et Orange, directeur de Broadmoor. Ce trio d'observateurs forme un ebamp d'expérience si étendu de la folie dans ses différentes formes, que cet exemple n'aurait pu leur échapper. Nous en arrivons donc à conclure, comme le docteur Morel, le plus capable des aliénistes français, que la folie homicide ou l'impulsion à tuer n'est due qu'à une observation imparfaite qui n'a. pas su découvrir le dérangement réel ou reconnaître un véritable criminel ». (Lancet, n° 16.)
Des homicides commis par les aliénés, par le docteur E. Blanche, de l'Académie de médecine; un vol. in-8, Pans.
AMPUTATIONS. Broiement circulaire. M. le professeur Gaujot, du Val-de-Grâce, a repris les essais déjà tentés de ce mode d'ablation des membres, dont on comptait 4 ù '■> exemples avec l'écraseur linéaire. En modifiant le constricteur ou serre-membre spécialement à cet effet et en créant, par ses expériences et ses observations cliniques, un procédé opératoire spécial pour chaque amputation, qu'il figure par de très-belles plancbes, il a donné à cette méthode une précision qu'elle n'avait pas. Ses effets et ses propriétés bémostatiques surtout sont mis bors de doute par 9 amputations de cuisse pratiquées pour des tumeurs blanches ou des arthrites suppurées du genou, dont 5 sur des enfants à l'hopital spécial, qui tous ont guéri, et les i autres dans le service clinique de l'auteur, sur de jeunes soldats dont un seul est mort par ostéomyélite et phlébite suppurée. Ce m mi donc là des témoignages précieux en faveur du broiement, dans les cas où le sang doit être épargné et où la pyohémie ou infection purulente est à redouter.
ANÉMIES
L'ablation peut ainsi être faite à blanc, mémo dans les tissus morbides, sans nécessité d'aides spéciaux, ni de pinces, ni de ligatures, ce qui est fort à propos dans certains cas. Mais la suppuration longue des tissus comprimés, la phlébite et la lymphite possibles par la cicatrisation tente de la plaie sont des inconvénients qui atténuent ces avantages. Il y a de plus le danger que le constricteur ou le fil métallique se brisent, que l'bémostase soit incomplète, que l'anesthésie ne soit prolongée par la durée du broiement et que l'ébranlement qui en résulte ne soit plus profond et général que par l'instrument tranchant. Enfin, il y a aussi à redouter l'ostéo-myélite et le tétanos. Ce qui, de l'aveu même de l'auteur, rendra toujours ce procédé exceptionnel, malgré les perfectionnements dont il est susceptible. (Archiv. de méd., août, septembre, octobre.)
Amputation du col utérin. Thermo-cautère. M. Delore trouve un grand avantage à l'employer de préférence au bistouri. L'opération est beaucoup plus simple. Après avoir attiré l'utérus fortement en bas, et s'être assuré de la position de la vessie par le catbétérisme, il dissèque avec le thermo-cautère comme avec l'instrument tranchant, en séparant l'utérus de la vessie et en sectionnant le col le plus profondément possible. L'opération est exsangue, sauf dans la région vaginale inférieure qui donne un peu de sang. 20 à 2o minutes suffisent ainsi, sans qu'aucun accident se soit manifesté. Ils uffit de pratiquer le tamponnement, d'observer un repos absolu et de sonder l'opérée pendant les trois ou quatre jours consécutifs.
L'emploi de ce nouvel instrument réalise donc un grand progrès par son action hémostatique. 11 prévient les hémorrhagies et contribue, par les cicatrices qu'il provoque, à la guérison du rectocèle ou du cystocèle. Sa chaleur rayonnante excessive en est le seul inconvénient. (Soc, des se. mdicakSj novembre 1877, et Lyon méd., n° 1.)
ANEMIES, Howard les distingue ou plutôt les divise, suivant les états, sinon les causes qui y donnent lieu, en huit séries, selon qu'elles se montrent pendant la grossesse ou après l'accouchement, pendant l'évolution de la puberté ou consécutivement à la diarrhée chronique, à des pertes de sang
ANÉMIES
répétées, à la dyspepsie, à de mauvaises conditions hygiéniques et surtout la mauvaise nourriture, à l'ictère. Toutes les autres causes sont reléguées en niasse dans une neuyième série.
Envisagée de la sorte, l'anémie n'est plus une maladie, mais un symptôme qui peut se présenter dans une foule de cas. Elle n'est donc pas comparable alors avec l'anémie essentielle, idiopathique, progressive, sinon pernicieuse, qui semble avoir pour cause une altération de l'hématose ou des organes hémato-poiétiques. La curabilité en est la principale différence.
Chez quatre anémiques, Quincke a trouvé beaucoup de fer dans le foie et parfois dans les reins et le pancréas. Sa quantité s'élevait de 1 gr. 37 à 7 gr. 09. C'est donc là une véritable sidérose hépatique, comme Zenker l'a appelée.
Bien qu'il ait rencontre très-fréquemment du fer à l'état normal chez les animaux, l'auteur ne croit pas qu'il vienne du dehors. Il est le résultat pour lui de la destruction des globules rouges, surtout chez les anémiques. Et quand le foie en contenait plus que le sang dans sa masse totale, soit 3 grammes, il admet une résorption anormalement augmentée, une sorte d'emmagasinement du fer, provenant d'une altération dans la composition des sucs digestifs. (Centralblatt , avril.)
Bruit de souffle anémo-spasmodique. Signe confirmatif de l'anémie, il mérite d'être connu et distingué des autres. (Voy. Cœur.)
Anémie progressive. On s'accorde de plus en plus à la repousser comme entité pathologique, ou maladie distincte, â l'exemple des auteurs français qui se sont prononcés catégoriquement à cet égard, notamment M. Lépine. Rien n'est pathognomonique dans cette affection, dit le docteur Brissaud, s'en référant aux mêmes raisons. (The Doctor, février.)
En effet, malgré ses caractères distinctifs cherchés surtout dans la moelle des os, aucun observateur ne s'est accordé à les rencontrer. Le professeur Osier, de Montréal, qui les avait constatés dans un cas, en relate un second où ils n'existaient pas. C'était chez une fille de 20 ans dont la sensibilité du
ANÉMIES
sternum était la seule lésion osseuse. Le sang contenait beaucoup de microcytes et de grosses cellules colorées, sans nucléole, mais aucune avec les globules élémentaires de Scbultze. C'est le cinquième cas où il n'a pu en constater la présence, bien que très-abondants dans l'anémie ordinaire et les autres états cacbectiques. (Lancet, 3 août.)
Dans deux cas d'anémie progressive, Howard n'a pas rencontré davantage les lésions de la rate ni de la moelle, et il insiste sur l'absence ordinaire de ces lésions.
Cbez une tisseuse de 21 ans, accoucbée normalement quatre mois auparavant, l'anémie fut si progressive que cette fille succombait six semaines après son entrée à l'bôpital. M. Boucaud ne trouva à l'autopsie , outre une pleurésie intercurrente, qu'un cœur graisseux, si flasque qu'il s'aplatit sur la table ; foie volumineux, mou, couleur beurre frais, gros reins blancs comme dans la maladie de Brigbt ; rate normale. (Lyon mécl. , n° 38.)
Sur H cas d'oligocytbémie aiguë ou chronique, observés par le docteur Sorensen à l'hôpital communal de Copenhague, — 7 hommes et 4 femmes, — tous ont succombé, malgré la transfusion du sang faite dans un cas. De là son extrême gravité.
La couleur pâle du sang, d'une transparence extrême, et la diminution des globules au quart et même au douzième du nombre normal et son décroissement progressif ont suffi à établir le diagnostic. Le dernier examen, précédant la mort, ne donnait plus que 0,79 à 0,45 millions de globules par millimètre cube. Moins d'un demi-million de globules rouges par millimètre cube a été le minimum indispensable pour faire pronostiquer une mort certaine et prochaine.
La déformation des globules normaux et des globulins, ainsi que leur pâleur, est aussi un signe constant. Le sérum a été trouvé alcalin, comme à l'état normal, et son influence est nulle sur les globules sains.
Les symptômes les plus saillants ont été des troubles anémiques et gastriques, un teint pâle et jaunâtre non icténque, un certain embonpoint malgré la débilité prononcée, des bruits de souffle dans le cœur et les vaisseaux du cou, aes aémorrhagies rétiniennes constantes avec des accès de nèvre de caractère irrégulier et d'origine inconnue.
ANÉMIES
L'autopsie dans !) cas a révélé une anémie générale avec dégénérescence gri leuse 'lu tissu glandulaire, du foie, dereins et des capsules surrénales, la dégénérescence graisseuse du cœur el de la membrane inlerne de l'aorte avec hémorrhagie des capillaires, altérations qu'il attribue simplement à la mauvaise nutrition des tissus résultant de la pauvreté du sang. (Nordiskt med. Arkiv, nu 2i>, 1877.)
Un cas en a aussi été observé à l'hôpital de Londres, au mois de septembre dernier, parle docteur Mackenzie chez, un écolier de 10 ans dont le père, la mère, les frères et sœurs étaient très-bien portants. Un mal d'oreille avec écoulement en marqua le début. La progression du mal fut b ute et insidieuse, mais continue, malgré le fer et l'arsenic. L'enfant mourut en pleine connaissance.
L'autopsie montra une pâleur cireuse de tous les tissus, et la numération des globules du sang contenu dans le ventricule droit ne donna que 1,940,0.00 globulins rouges par millimètre cube, soit 38,9 pour 100 seulement de la quantité normale. Hémorrbagies rétiniennes très-marquées avec une double névrite optique, ce qui, joint à la céphalalgie et à la surdité, a obscurci le diagnostic. (Lancet, 5 janvier.)
Anémie cérébrale. Injections morphinées. Qu'elle soit purement nerveuse ou causée par la perte du sang ou une maladie longue, qu'elle détermine la dyspnée, des crises gastralgiques ou un affaiblissement des contractions du cœur, l'opium est indiqué par son action congestive du cerveau. Par leur effet profond et instantané, les injections de morphine méritent la préférence. (Voy. ce mot.)
Anémie des mineurs. De l'anémie des mineurs dite d'Anzin, par le docteur Manouvriez. Mémoire couronné par la Société de médecine de Saint-Étienne et de la Loire. Paris, gr. in-8 de 247 pages.
Le point important et original de ce travail est la preuve que la cause de cette anémie est l'intoxication par les produits dérivés de la houille. Telle est la teinte jaune caractéristique de la peau et des sueurs et les éruptions même qui s'observent chez les ouvriers qui travaillent en dehors des mines l'aniline, la benzine, l'acide phénique, l'amylène, la coralline , produits qui se trouvent dans la houille. Les