ATAXIE LOCOMOTRICE
du disque optique et de la diplopie. L'autre homme, de 43 ans, marchait difficilement et pouvait à peine se tenir debout les yeux fermés. Il accusait aussi des douleurs subites dans les jambes, et l'on avait diagnostiqué une sclérose postérieure lorsqu'il fut soumis à l'épreuve du phénomène du genou.
En raison même dos différences qui se rencontrent chez les divers sujets, les deux malades furent placés à côté l'un de l'autre, une jambe placée sur l'autre, et, avec l'embout auriculaire d'un stéthoscope en bois, l'auteur frappait plusieurs coups d'égale force sur le ligament rotulien. Or, tandis que cette épreuve ne donna lieu à aucune projection ni mouvement du pied, pas plus d'une jambe que de l'autre, éprouvées successivement chez le premier malade, le second au contraire le présenta sur les deux d'une manière trèssensible. Le mal était donc différent, et un interrogatoire plus minutieux montra que les douleurs des membres étaient profondes, lourdes et incessantes. Les douleurs du genou, survenues seulement depuis une année, ne se manifestaient qu'en marchant. Des douleurs aiguës existaient dans le bras gauche avec enflure et faiblesse. Les jambes étaient si faibles qu'il ne pouvait s'asseoir ni se lever, mais il pouvait les soulever dans le lit. Le chatouillement do la plante des pieds les soulevait aussi. Paralysie complète de la vessie avec la trépidation du pied. Ces signes montraient donc qu'il ne s'agissait pas ici d'une sclérose postérieure ni d'une ataxie progressive.
Plusieurs cas douteux peuvent ainsi être éclairés par ce signe. Il manquait dans un exemple de douleurs en éclair avec atrophie du disque optique, sans ataxie ni anesthésie. Il manquait de même dans deux autres de douleurs paroxystiques attribuées à la goutte et ressemblant à celles de la scléx-ose postérieure avec faiblesse des sphincters, mais sans symptômes cérébraux ni rien dans la démarche. Chez un vieillard de 70 ans, au port quelque peu ataxique, ces douleurs n'ont pas coïncidé avec le phénomène du genou.
Qu'il ne soit pas produit par une influence directe ou mécanique sur la structure musculaire, mais qu'il résulte d'une action réflexe au moyen des nerfs centripètes, comme le croit M. Buzzard, ce signe n'en doit pas moins être con-
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suite avec soin pour décider s'il s'agit ou non d'une sclérose dos cornes postérieures de la moelle. (Lancet, n°s 4 et 6.)
Eu contradiction avec ces véritables études cliniques, le docteur Tschiriew oppose une interprétation différente, d'après ses expériences faites à l'Institut physiologique de Berlin sur des... lapins. Au lieu d'être un phénomène direct, cette contraction du triceps se produirait par voie réflexe, comme le prouve la direction des ondes musculaires se dirigeant de haut en bas et non de bas en haut. Ce serait par les nerfs du tendon et non ceux du muscle qu'elle se produirait. D'où la conclusion que le phénomène du genou n'indique qu'une lésion limitée de la moelle épinière correspondant à l'origine de la 3e et la 4e paires lombaires ou de leurs racines. Son absence chez les tabétiques indiquerait que la dégénérescence des cordons postérieurs s'est étendue jusqu'à cet endroit; mais son existence n'exclurait pas la possibilité du mal de Pott dans d'autres parties de la moelle. (Archiv fur Psychiatrie, VIII.) L'origiue de ces interprétations en dit assez la valeur pour ne pas les contredire.
ATHÉTOSE. On persiste en France à préférer ce titre, que, le premier, nous avons fait connaître ici en 1872, à celui de hémi-chorée qui lui a été donné par M. Charcot. L'un de ses élèves, M. Oulmont fils, le consacre de nouveau dans un travail intéressant sur ce sujet, d'après l'analyse de 33 observations recueillies à la Salpêtrière et l'enseignement de son maître, en se fondant sur la localisation et la forme spéciale de ces mouvements convulsifs différents de ceux de la chorée. De là la nécessité de changer de nom, d'autant plus qu'à l'athétose unilatérale ou hémi-athétose, le jeune observateur ajoute une nouvelle variété d'athétose double ou généralisée comme la chorée. Comment la distinguer dès lors de celle-ci par l'appellation française, à moins d'y joindre l'adjectif post-hémiplégique ? Les mouvements athétosiques ne s'emparent guère en effet que des parties paralysées et anesthésiées. Mais il y a aussi une chorée post-hémiplégique ; car, il faut bien le reconnaître, ce sont là deux variétés d'une même famille ayant la même origine et se confondant parfois ensemble. De là la nécessité de les distinguer par un nom différent.
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Les mouvements de l'hémi-athétose affectent constamment les doigts et les orteils d'un côté presque toujours paralysé du corps. Le plus ordinairement, ce côté est anestbésié ou l'a été auparavant. Sur 26 cas, l'hémi-anesthésic était notée II l'ois, et, sauf dans un seul clos autres, L'étal inlaH de la sensibilité au début de l'hémiplégie n'es! pas signalé ni précisé. Or, comme l'hémi-auestliésie est essentiellement transitoire, suivant la nature des lésions qui la déterminent, on peut prévoir qu'elle a existé et disparu depuis. C'est donc là un pliénomène à noter soigneusement, car il peut aider à fixer le siège de la lésion. Les doigts sont toujours prias ot leœra mouvements prédominent; dans la moitié des cas, ils s'étendent même au poignet, au coude et jusqu'à l'épaule. Les orteils ne sont pris que dans la moitié des cas avec des mouvements moins violents et rarement étendus au cou-de-pied. Us atteignent très-exceptionnellement la faee et le cou.
Le caractère spécial de ces mouvements est la lenteur et l'exagération. Ils s'exécutent sans secousses brusques jusqu'à leur extrême limite, en passant successivement par toutes les positions intermédiaires, comme s'ils étaient volontaires, réfléchis, déterminés, mais involontaires en réalité et ne pouvant être arrêtés dans leur évolution. Si, dans les cas atténués, la volonté peut, au prix d'un effort énergique, les suspendre pendant quelques secondes, elle ne peut même les diminuer dans les cas bien caractérisés ; ils acquièrent même une nouvelle impulsion sous' son influence. Aussi sont-ils permanents et persistent-ils dans le repos et pendant le sommeil ordinairement.
Les doigts et les orteils vont jusqu'à l'extrême limite de l'excursion articulaire et la dépassent même ordinairement par la laxité toute spéciale des ligaments. Chacune des phalanges peut s'étendre à angle presque droit sur l'autre ou sur le métacarpe. Le poignet a des mouvements latéraux très-étendus, surtout vers le bord cubital. Il y a comme une sorte de violence dans les cas les plus marqués. Les doigts se crispent énergiquement pour saisir un objet imaginaire ; les orteils se relèvent à angle droit ou s'accrochent au sol. De là des positions exagérées rappelant les déformations du rhumatisme noueux. Et la violence des contractions musculaires est telle que ces positions sont aussi exagérées dans
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les athétoses du jeune âge que dans celles de l'âge mûr, où les articulations ont atteint depuis longtemps leur comple! développement.
Ces mouvements ont une indépendance complète. Si les doigts et les orteils sont parfois entraînés par un mouvement d'ensemble, le plus souvent ils se meuvent séparément.
A la face, comme aux membres, ils sont limités au côté paralvsé. Les grimaces sont intermittentes et se manifestent surtout au maximum des mouvements de la main, comme des exemples figurés en témoignent.
En s'étendant.les mouvements se transforment et prennent la forme de contracture ou de spasme. C'est ainsi que les désignent les Anglais. C'est surtout sous celte forme de contracture intermittente que les grandes articulations, du poignet, du coude et de l'épaule sont prises, en affectant les quatre formes de la contracture post-hémiplégique admises par MM. Cbarcot et Bouchard.
L'hémi-athétose n'apparaît jamais d'emblée ; toujours c'est quelques semaines ou quelques années après qu'une hémiplégie a frappé le côté paralysé et alors que les mouvements volontaires commencent à reparaître, soit après quatre à huit mois en moyenne. Ses progrès s'accentuent, en même temps que ceux de l'hémiplégie et de l'hômi-anesthésie s'atténuent. Elle apparaît à tout âge, et, si elle débute souvent dans la première ou la seconde enfance à la suite des attaques épileptiformes suivies d'hémiplégie de cet âge, elle se développe également dans l'âge mûr, chez les vieillards après 1 bémiplégie cérébrale vulgaire, et s'associe même à l'hémiplégie syphilitique, comme l'attestent les faits rapportés à l'appui. La symptomatologie de ces affections : contracture et atrophie musculaires, rigidité articulaire, accompagne et se confond ainsi avec celle de l'athétose et notamment la laxité des articulations athétosées en particulier.
□ne lésion cérébrale : atropbie, hémorrbagie, néoplasme, sclérose, est donc la cause primitive de l'athétose. Et comme elle provoque immédiatement la paralysie du côté opposé, il faut donc en placer le siège, d'après les récentes localisations cérébrales, dans les centres moteurs. On l'avait d'abord fixé dans les corps striés. Mais, tenant compte de l'bémi-anesthésie qui accompagne l'hémiplégie et précède
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rhémi-athétose, M. Oulmont croit pouvoir le découvrir et le tteer plus sûrement d'après celte indication. Or l'hémianesthésie cérébrale étant produite, d'après M. Charcot, par la lésion des faisceaux postérieurs de la couronne rayonnante cest là qu'il convient de placer le siège de l'hémi-athétosé comme de 1 kémi-chorée, en attendant que les autopsies le confirment. La réunion des faisceaux sensitifs et des faisceaux moteurs dans le pied de la couronne rayonnante et leur dissociation plus haut peuvent d'ailleurs expliquer les formes diverses de l'athétose, suivant que la lésion atteint telle ou telle partie circonvoisine.
Le plus grand nombre des cas sont congénitaux d'après le docteur Webber, qui en cite un exemple à l'appui chez un garçon de 21 ans avec un mouvement constant de la main gauche. Dans ces 33 faits publiés, le côté gauche était aussi souvent atteint que le droit, et, dans le plus grand nombre la maladie avait débuté dans l'enfance. Dans deux des trois autopsies faites, une hémorrhagie fut rencontrée dans le corps strié, et l'athétose n'avait duré, dans l'un et l'autre cas, que quelques jours et disparu avant la mort, comme si elle eût été due à l'irritation du caillot. Une tumeur fut rencontrée dans la troisième. La lésion était située, dans ces trois cas, près du noyau lenticulaire à sa partie postérieure, et la capsule interne du corps strié devait avoir été comprimée plus ou moins. Aucun rapport ne lui semble d'ailleurs exister entre l'athétose et la chorée. Le terme de chorée post-hémiplégique est impropre, caries mouvements consécutifs à l'hémorrhagie cérébrale ne ressemblent nullement à ceux de la chorée. (Soc. névrologique de New-York, juin, et Boston med. journ., juillet.)
C'est sous le titre de spasme unilatéral que le docteur Putnam en décrit un nouvel exemple observé sur une fille de 8 ans. Après une scarlatine à l'âge de deux ans, qui détermina des convulsions, elle fut prise de faiblesse que la mère attribuait à la maladie, lorsqu'une voisine remarqua que cette enfant traînait la jambe gauche. Des spasmes survinrent ensuite dans la main , surtout lorsque l'enfant s'en servait, les doigts placés comme dans l'athétose et le bras et l'avant-bras se tournant en dehors quand les spasmes étaient violents. Les muscles de la face se sont convulsés ensuite du même côté, ainsi que ceux du tronc et du mem-
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bre inférieur. Les orteils en marchant sont convulsés comme les doigts.
Soumise à l'électricité pendant son séjour à l'hôpital général du Massachusetts, cette enfant a éprouvé une certaine amélioration, sans qu'il soit possible de dire si c'en est la fraie cause. (Soc. médicale de Boston, octobre 1877.)
Un cas analogue est rapporté par le docteur Cabadé avec ;ette différence qu'au lieu de spasmes il s'agissait de tonus ;ataleptique. C'était chez une hystérique frappée d'aneshésie du côté gauche. Au milieu des accès et des attaques rystériques ou à la suite, le côté gauche anesthésié était )ris d'une sorte de léthargie. On pouvait soulever le bras gauche, qui restait dans la position qu'on lui faisait prendre, ans que rien de semblable eût lieu à droite. Il y aurait lohc une hémi-catalepsie, comme il y a une hémi-chorée. Tribune méd., 1877.)
Athétoso double. Tout en occupant les mêmes parties, e même siège d'élection, elle existe des deux côtés du corps it consiste de même en mouvements lents et involontaires, .es idiots, les imbéciles en sont presque exclusivement frapiés dès leur enfance. Elle ne se montre qu'exceptionnelleaent à un âge mûr .et chez des gens sensés , intelligents ; lais, dans aucun cas, elle n'est précédée de paralysie monte. Les mouvements sont moins exagérés que dans la ariété unilatérale, et ils s'atténuent davantage au repos , tisqu'à cesser parfois momentanément. La volonté n'a pas dus de pouvoir pour les arrêter que dans l'hémi-athétose, nais ils existent bien plus souvent à la face que dans la 3rme simple. Tous les muscles sont pris ensemble ou sépaément. De là des grimaces représentant toutes les variétés es sentiments impulsifs : le rire, la douleur, l'admiration, i curiosité. La parole est lente et confuse, souvent saccadée, omme si chaque mot était le résultat d'un effort. (Thèses e Paris, 1877, et Revue mens, de méd. et chir., février-.) C'est donc là une affection d'origine différente, puisque le louvement ni la sensibilité ne sont altérés. Il se rencontre e la faiblesse, de la contracture, et c'est tout. Elle ne peut b rattacher ainsi qu'à une hémi-athétose primitive, sans nesthésie ni paralysie. Heste à découvrir celle-là pour expli- ■ [uer celle-ci. Mais le tableau actuel est si différent de l'es-
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quiisse tracée par Ilaminond que l'on peut tout espérer <!<• l'avenir et de l'observation.
•Ses caractères sont, d'après le docteur Kinnicut, — qui en l'apporte un exemple comme type chez un enfant dont la tête était affectée aussi bien que les mains, les muscles de la face et du cou, avec une légère incoordination des membres, intelligence faible et parole difficile, — d'être primitive, congénitale ou originaire des premières années de la vie ; bilatérale avec absence de toute paralysie et de troubles sensoriels, diminution marquée des mouvements pendant le sommeil et accompagnée d'un certain degré d'imbécillité.
Dans 4 cas observés sur des idiots de l'hôpital royal de Lanças! re et relatés par le docteur J. ûreschfeld, les mouvements étaient de la même nature, aussi prononcés et aussi violents, bien que l'atbétose fût simple chez deux et double chez les deux autres. Dans ces derniers seulement, un côté était plus affecté que l'autre. Soumis à la gymnastique, ces malades en ont été si améliorés que, en l'espace de neuf mois, ils pouvaient maîtriser leurs mouvements à l'état de repos et même les faire cesser durant quelques minutes en supportant la partie affectée. C'est donc là une indication utile pour le traitement. (Revue mensuelle, octobre.)
AUSCULTATION. Appliquée au diagnostic des tumeurs du cou par M. Laboulbène, elle s'emploie en faisant parler le malade à haute voix et en recueillant les vibrations vocales qui sont perçues sur les vertèbres cervicales ou au sommet de la tête. Un malade portant une tumeur énorme a la partie postérieure du cou y fut ainsi soumis. Malgré plusieurs consultations, le diagnostic variait entre un sarcome, une tumeur liquide ou un abcès froid. Dans cette incertitude, M. Laboulbène eut l'idée de vérifier si, en faisant parler haut le malade, des vibrations en seraient transmises de dedans en dehors, comme dans les tumeurs solides, et perçues par la main appliquée dessus. N'en obtenant aucune, il conclut que c'était une collection liquide. Une tumeur solide aurait vibré à l'unisson et transmis les vibrations à la main. Une ponction fut faite qui donna issue à un liquide limpide, sans le moindre globule de pus. C'était un kyslc hydatique très-rare en cette région.