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BLENNORRHAGIE

BLENNORRHAGIE. Elle existerait à l'état latent chez un grand nombre d'hommes et de femmes, suivant le docteur Noeggerath, et serait la cause de la stérilité chez celles-ci. Une femme jeune, robuste et bien portante, mariée à un négociant américain, deux ans après qu'il était guéri d'une blennorrhagie, éprouva, trois mois après, des douleurs lombaires, ne pouvant s'occuper de son ménage ni se promener sans éprouver une grande fatigue. Les règles devinrent douloureuses, profuses et suivies de leucorrhée. La miction devint fréquente et même douloureuse. La leucorrhée, d'un jaune verdâtre, devint permanente. 11 y avait paramétrée aiguë avec douleurs dans le dos et le côté gauche. L'utérus était fléchi latéralement et en avant, douloureux, le col rouge, érodé et couvert de mucus jaunâtre, ce qui suffisait bien à expliquer la stérilité. {Amer, gynecol. Society, 1877.)

103 observations semblables ne prouvent donc pas plus que celle-ci la thèse de l'auteur qu'il y avait blennorrhagie latente chez l'un et l'autre des époux. Tant qu'il n'y a pas écoulement spécifique ou non par l'urèthre, on n'est pas autorisé à voir là une blennorrhagie, et la stérilité ne peut lui être imputée.

Manifestations rhumatismales blennorrhoïques. Les rapports étroits de l'arthritis avec l'urèthre ont souvent fait mettre en question si la blennorrhagie était la cause des douleurs articulaires, rhumatismales ou goutteuses, qui se manifestent coïncidemment, ou si celles-ci étaient la cause de celle-là. L'extrême rareté de ce dernier cas, c'est-à-dire d'une blennorrhée sans contagion directe, a fait admettre de préférence la nature blennorrhagique de l'aiihritis qui se développe simultanément, mais le fait contraire, opposé, peut aussi avoir lieu. Le docteur Debausseaux en relate un exemple concluant qui s'est manifesté à deux reprises chez un jeune soldat présentant comme symptôme primitif une conjonctivite aiguë double avec le caractère purulent. Il n'y

BLENNORRHAGIR

ivait cependant rien à l'urôlhre. L'uréthrite du méat n'apparut que le lendemain et l'arthrite du genou le surlendemain. Ce garçon n'avait eu aucun rapport sexuel. Son père, rhumatisant, avait présenté le même phénomène. (Bec. de néd.'et chir. militaires, mars.)

La manifestation primitive peut donc ne pas être l'affecion principale, et il y a lieu de subordonner cette manifes- ,ation accidentelle, passagère, à la diathèse principale, qu'elle soit rhumatismale ou goutteuse.

Complications cardiaques. Ce n'est plus seulement le rhunatisme ou plutôt l'arthrite que la blennorrhagie provojue, mais toutes les complications cardiaques de celle-ci. îxemples : le cas d'endocardite aiguë, observée par le doc- ,eur Marty sur un blennorrhagien exempt de rhumatisme et l'inflammation métastatique des articulations, et les 9 observations analogues collectées à l'appui. Mais, dans 8 de ïelles-ci, la complication cardiaque avait été précédée de la manifestation rhumatismale et 2 seulement en étaient exemptes. (Arch. de méd. 1876.)

Adoptant cette étiologie, M. Desnos a considéré comme le nature purement blennorrhagique une endocardite végé- ;ante considérable des valvules aortiques et de toute la ;avité du cœur, rencontrée à l'autopsie d'un homme entré lans son service de la Pitié, un mois auparavant, pour une jronchite aiguë. Il n'avait jamais eu de rhumatisme et le ;œur était intact. Une douleur de l'épaule se fait bientôt sentir et se localise dans l'articulation sterno-claviculaire, siège de prédilection du rhumatisme blennorrhagique, selon M. Fournier. On s'aperçut alors seulement de la blennorrhagie. De violents battements de cœur se déclarèrent, puis de l'œdème pulmonaire et de l'infiltration des membres inférieurs, sans albumine dans les urines, et enfin la mort. (Soc. méd. des hôp., novembre 1877, et Union méd., a? 4.)

Comment voir l' étiologie d'une altération si grave et si rapide du cœur dans un simple écoulement latent qui u'avait pas même été signalé par le malade ni remarqué du médecin? L'extrême rareté de cette complication du rhumatisme blennorrhagique, — des spécialistes comme Rollet et Fournier n'ont jamais rencontré de lésions car-

HRULURES

diaqaes — commandait au moins la réserve; surtout, en présonco d'une bronchite généralisée avec congestion œdémateuse se traduisant par la fièvre, une dyspnée intense; de très-nombreux râles sous'-crépitants des denx cuir-, en avant comme en arrière, tellement que l'asphyxie déteiv mina la mort. Ces accidents pulmonaires étaient si graves qu'ils n'ont pas môme permis de savoir si la douleur rhumatismale locale y prenait une certaine part, et l'autopsie montra les deux poumons rouges, ne revenant pas sur euxmêmes et laissant suinter 'partout, sous la pression, un liquide d'un rouge pâle extrêmement spumeux. Mais on ne tient aucun compte de ces symptômes ni de ces lésions, et, pour suivre la loi de Bouillaud, on ne veut voir là qu'une coïncidence rhumatismale produite par la hlennorrhagie pour expliquer la mort par les lésions mitrales et aortiques!! Esprit de système plutôt que d'observation.

Telle n'est pas la péritonite et le phlegmon péritonéal dontM. Faucon, après bien d'autres observateurs, relate deux cas. Cette grave complication ne saurait cependant s'expliquer par continuité, car il n'y a pas de rapport immédiat entre l'urèthre et le péritoine. Mais, en s'étendant à l'épididyme et aux vésicules séminales, l'inflammation peut gagner le péritoine par contiguïté, par propagation, et c'est ainsi que l'extension du mal se fait. De là la formation de collections purulentes.

Il faut prêter une attention sérieuse aux complications ordinaires de la hlennorrhagie. Si elles sont légères, elles peuvent en provoquer des plus dangereuses. Ces accidents tertiaires ne doivent pourtant pas être pris à la lettre. (Arch. de méd., octobre et novembre 1877.)

Traitement de la hlennorrhagie par le baume de Gurjun, par le docteur Vidal , médecin de l'hôpital Saint-Louis. Brochure in-8°, Paris.

BRULURES. Mort subite. On l'expliquait jusqu'ici par l'excès de la douleur et le choc, le trouble profond en résultant sur la circulation dans les brûlures graves. Les Allemands vont encore changer tout cela en y substituant une cause plus appréciable. Ponfick et Schmidt ont fait .des expériences à cet elïet en brûlant des animaux, comme

BRULURES

c'esi àê riguenE. Ils ne disent pas à quel degré, mais jusqu'à la mort sans doute, puisque c'était pour en connaître la cause. Or, dans tous les cas, ils ont trouvé le sang- altéré et les globules rouges séparés en de nombreuses petites granulations. Ils disparaissent même , après un certain nombre d'heures, en excitant des troubles apparents clans plusieurs organes. Une grande partie d'hémoglobine libre était ensuite éliminée par les reins, dont le parenchyme était très-enllammé dans les cas graves avec des fragments colorés dans l'urine, tandis que les tabules étaient obstrués et l'épithélium graisseux. Une partie des globules rouges décomposés était aussi entraînée par les cellules contractiles de la rate et de la moelle des os, où leur destruction s'accomplissait sans doute, comme le développement de ces cellules, leur rougeur intense et leur ramollissement l'indiquaient avec évidence.

De là cette conclusion que la mort et les plus graves symptômes en cas de guérison, après les brûlures graves, résultent de la destruction des globules rouges du sang. La suppression de l'urine, l'empoisonnement urémique peuvent aussi y contribuer; mais, le sang étant surtout altéré, on recommande la transfusion dans ces cas. Voilà aujourd'hui la médecine des Allemands. On ne dit même pas si les animaux ont accusé de la douleur. (Berl. Klin., Woch. 1877.)

Feu grisou. Une explosion survenue le 14 octobre dernier au puits Sainte-Barbe, à Rive-de-Gicr, a mis en évidence plusieurs phénomènes restés douteux jusqu'ici sur ce genre de mort. 3 mineurs tués sur le coup , dont deux adultes asphyxiés par l'hydrogène carboné et un enfant de 14 ans dont le crâne avait été fracassé par la déflagration, n'ont présenté à l'autopsie, faite par le docteur (iuinard, aucune trace de brûlure interne, comme quelques auteurs l'avaient admis jusqu'ici.

L'empoisonnement des survivants par l'air de la mine s'est également infirmé. Sur 12 brûlés plus ou moins grièvement et remontés vivants, 6 ont succombé du premier au troisième jour, on présentant une surexcitation extrême, avec insomnie, délire, un sentiment de froid intense, des spasmes épigastriques, avec soif inextinguible, pouls petit et fréquent, sans que le lait, donné en abondance comme

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contre-poison, ait amené la moindre rémission. L'amélioration rapide des G autres, dés qu'ils furent placés au grand air, prouve le peu de fondement d'une intoxication par les gaz délétères.

La mort par le feu grisou arrive donc comme les brûlures étendues par un liquide, la vapeur ou une flamme quelconque. La miction s'est pourtant faite normalement et sans douleur, contrairement à la brulûre par le pétrole. ( Voy. année 1873.) La langue a toujours été blanche et saburrale, jamais rouge ni sèche.

Ces brûlures sont aggravées par la dépression des mineurs, résultant du séjour plus ou moins prolongé dans la galerie, et la difficulté, l'incommodité de les remonter à l'air libre, l'enlèvement de la peau et la souillure des plaies par la houille. L'état général des mineurs influe également, car trois jeunes Piémontais de 18 à 22 ans, nouvellement arrivés, succombèrent les derniers, quoique plus gravement brûlés que les trois autres. Aucun ne présenta de trace de brulûre au delà des lèvres. Rien dans l'œsophage ni l'estomac.

Il faut donc soigner ces malheureux comme les brûlés ordinaires. L'impossibilité de maintenir un bandage en place suggère l'idée à M. Guinard de les plonger de préférence dans un grand bain doux et prolongé pour les calmer, en administrant des potions morphinées et chloralées, sinon des inhalations de chloroforme. (Lyon méd., n° 43.)

Pansement phéniqué. Comme le professeur Busch, de Bonn, M. Verneuil en retire les meilleurs effets dans lesbrulùres étendues. La réaction inflammatoire est modérée ; la septicémie aiguë et l'infection putride sont prévenues ; la suppuration est diminuée, ainsi que l'élimination des parties carbonisées. La cicatrice est lisse et extensMe. (Bidletin de thér. , octobre.)

CALCULS. Calculs vésicaux. Une collection de. 500, provenant de 420 hommes adultes dont l'âge moyen était de 61 ans et demi, a été soumise à la Société royale médico-

CALCULS

chirurgicale de Londres par sir H. Thompson, comme résultat général de sa pratique spéciale pendant les vingt années antérieures à 1877. Leur composition chimique est dans l'ordre de fréquence suivant :

Acide urique

— phosphatique

— formés sur des corps étrangers

Mixtes

Phosphate et carbonate de chaux....

Oxyde cystique

61 décès seulement sont résultés de l'opération dans les six semaines de son exécution, savoir :

32 décès sur 422 cas de lithotrities : soit 1:13

29 — ' 78 taille 1 : 2 3/4

Ces chiffres sont évidemment en faveur de la lithotritie, d'autant plus que 3 décès dus à des maladies de cœur après son exécution sont retranchés de son passif. Mais, comme l'a remarqué M. Cadge, les statistiques ne donnent que la moitié de la vérité et renferment beaucoup d'erreurs, que l'on trouvera indiquées plus loin. Voy. Lithotritie.

Diagnostic par le microphone. En alliant cet instrument au téléphone (voy. Auscultation), sir H. Thompson l'a fait servir au diagnostic de la pierre. Sur l'indication du professeur Hughes lui-même, il a établi un faible courant galvanique avec trois éléments d'une batterie Léclanché qu'il fit passer, à l'aide d'un très-petit fil flexible, à travers le téléphone et le microphone, celui-ci étant fixé à la poignée du cathéter. Le pôle opposé de la batterie était appliqué en arrière.

Une expérience ayant été publiquement faite en présence de plusieurs médecins et chirurgiens sur un homme anesthésié qui allait subir la lithotritie, le plus léger attouchement du calcul et le contact avec un petit fragment, qui n'étaient pas entendus par les auditeurs les plus rapprochés, furent distinctement perçus au contraire par ceux qui, trèséloignés, tenaient le téléphone; et, en le portant à l'oreille, le bruit était bien plus fort et distinct. Le son produit n'est pas le même que celui entendu en frappant la pierre ; c'est

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un rlich distinct donnant l'impression du choc d'un corps étranger qui, dans les mouvements explorateurs de la sonde dans la vessie, en révèle parfaitement la présence. Le frottement de l'instrument sur les parois de l'un thn el de la vessie produit aussi un bruit d'un caractère particulier, tout à fait subordonné au click et qui n'en empêche pas la perception. En disant que ce microphone spécial est assez sensible pourfaire entendre les pas d'une mouche sur un linge, c'est faire comprendre, dit M. Thompson, que le plus petit fragment de calcul , s'il est rencontré par la sonde, sera certainement révélé par un bruit.

C'est ainsi que, en plaçant une pointe d'épingle et un morceau d'ongle dans la vessie ouverte devant son auditoire, le bec de la sonde, mise en rapport avec un microphone ad hoc, donnait un bruit spécial en les rencontrant, tandis qu'elle n'en produisait aucun sur les parois de la vessie. (British med. journ., et Lancet, juin.)

Il n'est donc pas douteux que de grandes améliorations ne résultent de l'emploi de cet instrument pour le diagnostic de la pierre et pour en prévenu' les récidives. Son emploi suffira aussi, en substituant le stylet à la sonde pour explorer les sinus ou les plaies, à découvrir le plus petit séquestre, le plus petit fragment de balle ou tout autre corps étranger inaccessible au toucher, par un bruit analogue. [Lancet, juin, n° 23.)

Un nouveau microphone explorateur, appliqué spécialement à la recherche des calculs pierreux dans la vessie, a été imaginé par MM. Chardin et Berjot. C'est, une tige métallique légèrement recourbée à l'une de ses extrémités et adaptée à un manche à l'intérieur duquel le microphone est fixé. Il consiste dans une petite bascule de charbon de cornue, maintenue appuyée sur un contact de charbon par un petit ressort à boudin et reliée, ainsi que ce contact, aux deux fils d'un circuit téléphonique dans lequel une pile est interposée. Que la pointe de la tige rencontre un corps pierreux, un bruit sec et métallique se produit très-distinct des bruits de frottement de la tige sur les tissus. Employée par M. Thompson, celte modification est considérée aujourd'hui comme très-importante en Angleterre et devient ainsi un accessoire utile des autres instruments de lithotritie. (Acad. des sciences, août.)

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Calculs biliaires. Leur formation dans ]a vésicule biliaire est duo à deux causes, d'après le docteur Beneke : à l'Augmentation de la cholestérine formée dans le foie, de manière qu'elle paraît dans la vésicule en même temps que l'urate de soucie ou l'acide urique paraissent dans l'urine concentrée, ou bien à l'insuffisance des sels biliaires pour la tenir en solution. Après l'examen de 375 calculeux, il a trouvé que les calculs biliaires coïncident 70 fois sur 100 avec la dégénérescence atbéromateuse des artères, bien que ces calculs , rencontrés ordinairement à un âge moins avancé que l'athérome, soient plus fréquents cbez les femmes que cbez les hommes, tandis que l'athérome se rencontre presque également dans l'un et l'autre sexe. (Deutsch. Archiv f. Klin. medicin.)

Une preuve éclatante de cette coïncidence est donnée par M. Dunlop. Une vieille imbécile de 94 ans étant morte subitement, le 12 février, à l'asile. Saint -Paneras, l'autopsie montra non-seulement la rupture d'un vaisseau à la base du cerveau comme cause de la mort , mais des plaques crétacées sur le cœur, l'athérome des parois artérielles, l'épaississement et la pigmentation des bronches et 2011 calculs biliaires renfermés dans une énorme vésicule et pesant 48 grammes. Mais le foie énormément hypertrophié et dégénéré pouvait bien à lui seul avoir contribué à produire cette masse de calculs, la bile ne pouvant plus tenir la cholestérine en solution et celle-ci se déposant en . calculs de toute sorte et de tout calibre. (Lancet, 20 juillet.)

Eau de Carlsbad ou sel de Sprudel. Le professeur Goldsmith, ayant eu un membre de sa famille qui souffrait d'atroces coliques biliaires et qui ne pouvait tolérer l'opium ni la morphine pour les calmer, conduisit le malade aux eaux de Carlsbad, réputées à cet effet. Or il a vu là que ces eaux chaudes, de Sprudel en particulier, sont refroidies dans un gobelet jusqu'à ce qu'elles puissent être bues lentement et en se promenant. Le régime prescrit est surtout important pendant et après la cure : à déjeuner, un ou deux œufs à la coque suivant l'appétit, avec pain et café ou chocolat, sans rien de plus ; à dîner., un potage avec un peu de viande et quelques légumes. IJcurre, fromage, vinaigre sont absolument exclus, tandis tpie la promenade, l'exercice sont recommandés

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avant les repas. Il a vu tous les malades soulagés ou guéris Pour les calculeux qui ne peuvent se rendre en Bohême' û estime que les sels de la source de Sprudel, dissous dans de l'eau chaude, pris avec les mêmes précautions et le même régime, agiraient aussi efficacement sur le foie et la bile. Un gramme dissous dans trois verres d'eau chaude à boire lentement de 15 à 20 minutes d'intervalle, une demiheure avant de déjeuner et en se promenant comme à la source, est la dose ordinaire. On peut la diminuer si l'on en est trop purgé ou si les trois verrées produisent du mal de tête. 11 en a prescrit l'usage à plusieurs malades avec les meilleurs effets. Le catarrhe de l'estomac et le gonflement du foie, simple ou inflammatoire, surtout chez les buveurs, en sont également améliorés. Ces sels, comme les eaux mêmes dont ils proviennent, provoquent une abondante sécrétion de bile qui entraîne les calculs et en prévient ensuite la formation. (Boston med. and surg. journal, janvier, n° 5.)

CANCER. Hématémèse active initiale. Voy. Hémorrhagies.

Cancer des amygdales. Excision externe. La rareté de ce cancer est telle que, sur une statistique de 9118, Lebert n'en a trouvé que 3 cas ; Sibley en a rencontré 6 sur 520 et Baker 2 seulement. Mais sa gravité au contraire est excessive, et il ne laisse guère vivre plus d'un an s'il n'est pas enlevé de bonne heure. Quant à la voie à suivre pour rendre cette extirpation plus facile, complète et sûre, elle est interne et externe. D'après les auteurs anglais Biyant et Gross, le professeur Gheever, de Boston , est le premier qui ait exécuté cette excision par la voie externe en 1869. Mais le docteur Hueter a réclamé cette priorité en faveur de Langenbeck, qui, dès 1865, aurait employé cette voie en sciant le maxillaire inférieur et dont l'opéré guérit. Lui-même a renouvelé cette opération la même année ; mais aucun de ces cas n'a été publié.

M. Gheever a répété cette délicate opération le 4 janvier dernier en en modifiant le manuel. C'était chez un fermier vigoureux, de 37 ans et de 6 pieds de haut. La maladie remontait seulement à quatre mois et siégeait à droite. Mais, dès le 20 décembre, les progrès eu étaient si rapides qu'il

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fallut opérer. Les ganglions sous-maxillaires avaient triplé de volume et perdu leur mobilité, et l'amygdale droite repoussait la luette à gauche. Une incision commençant à deux pouces au-dessous de l'angle du maxillaire et s'étendant vers son bord inférieur permit d'abord d'enlever un ganglion ; puis l'incision fut continuée à. angle obtus sur le maxillaire et à deux pouces au delà de la joue. On disséqua ensuite, on écarta les tissus pour mettre le maxillaire à nu et le scier juste en face du muscle masséter. La trachéotomie fut pratiquée et le pharynx séparé de la trachée par une éponge ; puis le fragment antérieur du maxillaire porté en haut et en dedans, l'autre en haut et en dehors, de manière à livrer passage à la tumeur .

Le muscle mylohyoïdien étant divisé, l'index, passé dans la gorge, fit saillir l'amygdale en dehors. Une incision cruciale d'un pouce divisa le muscle constricteur supérieur et le pharynx, et la tumeur mise à nu fut ainsi excisée, sans hémorrhagie abondante. Aucune artère au-dessus de la faciale ne fut divisée, et la suite montra qu'aucun des nerfs de cette région n'avait été touché, sauf des filaments du facial.

Un drain fut placé, le maxillaire réuni, ainsi que la peau. Quatorze ligatures posées avaient leurs fils dans le fond de la plaie.

Tout alla si bien, sans complication, que l'opéré mangeait à table huit jours après, l'incision de la trachée étant fermée. 11 ouvrait mieux la bouche qu'avant, et, le maxillaire paraissant plus solide , une incision cruciale fut faite , le 24e jour, sur la ligature métallique pour l'enlever. L'os était réuni par un tissu vasculaire très-ferme. Aucun liquide ne s'échappait de la plaie en avalant ; de l'air en sortait seulement.

Malheureusement, la diathèse persistait ; une nouvelle tumeur externe apparut dès le commencement de février, et le malade demanda courageusement à en être débarrassé de oouveau. Mais, dès le mois de mars , de nouveaux boutons cancéreux se montrèrent sur le siège même de l'amygdale înlevée, et, malgré la cautérisation au fer-blanc répétée à Jeux reprises et portée aussi profondément que possible, la tumeur était devenue plus grosse que jamais en mai. Il fallut s'arrêter et conseiller à ce malheureux, qui avalait et

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respirait encore sans difficulté, à ne plus se soumettre à aucune opération. La récidive est si rapide et persistante, dans cette région vascularisée, que l'on peut se demander s'il est utile d'y porter le couteau. '

Cette opération a différé de la première en ce que, au lieu de diviser les muscles digastrique stylo-hyoïdien et styloglossc, le champ opératoire fut ouvert par la division du maxillaire et l'éca'rtement momentané des fragments. Cette manœuvre a paru préférable. Les piliers du voile du palais étaient restés intacts dans le premier cas ; ils durent être enlevés dans le second.

La crainte d'une fistule permanente est donc sans fondement dans la pharyngotomie comme celle-ci, et les résultats de l'œsophagofomic le prouvent. L'excision externe de cette tumeur est donc faisable, malgré les dangers et les difficultés inhérentes à son exécution. (Boston mcd. and swg. journal, août, n° S.)

Cancer da maxillaire. Injections sous-cutanées d'a> 7 /■ acétique. A l'appui des succès annoncés l'année dernière par ce moyen, il convient de citer ceux obtenus par le docteur Giess. Chez un homme de 62 ans, atteint d'un carcinome de la branche horizontale gauche du maxillaire inférieur et qui avait déjà subi l'excision de plusieurs noyaux cancéreux de la lèvre et de la langue, deux autres tumeurs s'étant développées sur le maxillaire inférieur et une autre dans le voisinage de la glande sous-maxillaire droite , il y pratiqua successivement chaque jour une injection avec une solution d'une partie d'acide sur 3 d'eau en dirigeant le bec de la seringue de divers côtés. Malgré les cataplasmes, un gonflement énoi^me s'ensuivit, et la suppuration se forma. Des incisions y donnèrent issue, et ces tumeurs disparurent en totalité ou en partie.

Pareil succès eut lieu contre une tumeur cancéreuse du sein grosse comme un œuf de poule. La malade craignant beaucoup le bistouri, une injection d'acide acétique fut pratiquée pendant dix jours consécutifs. Une incision donna issue à une abondante suppuration le onzième jour, et, un mois après , il n'y avait plus qu'un noyau insensible, gros comme une noisette.

On peut douter de la nature cancéreuse de ces tumeurs ;

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mais les succès répétés obtenus par divers praticiens avec l'acide acétique en usage externe contre l'épithélionia ulcéré, et l'usage interne des acétates font que ces injections hypodermiques méritent d'être tentées dans toutes les tumeurs suspectes. En développant la suppuration, elles ne peuvent être préjudiciables, car, en cautérisant les tissus, elles ne peuvent guère favoriser l'absorption du suc cancéreux. (Presse méd. chir. de Pesth, n° 47, 1877.)

Cancer du sein. Ischémie. En annonçant la guérison du cancer du sein par ce nouveau moyen , M. Boucbut cacbe tout simplement que c'est la compression, tant de fois essayée et répétée sans grand succès, comme nous en avons été témoin par le pulvér otopique de Tancbou. On l'a également employée avec des ballons en caoucbouc, des bandes et des bandelettes avec des morceaux d'amadou imbriqués entre elles.

C'est au moyen du caoutchouc vulcanisé , appliqué en cuirasse et doublé de plusieurs épaisseurs de ouate , que M. Bouchot, en comprimant la tumeur, y empêche l'arrivée du sang, suspend la nutrition et le développement du néoplasme. On détermine ainsi l'atrophie graduelle de la glande. Mais guérit-on mieux le cancer par ce mode de compression que par les précédents? L'auteur l'avance, mais ne le démontre pas. (Acad. des se. février.)

Cancer du pancréas. Ictère symptomatique. Il est si difficile de diagnostiquer une lésion primitive et essentielle de cet organe que les moindres faits doivent être mis à profit pour élucider cette question. Un cancer, intéressant à la fois le pancréas, l'intestin et le foie, observé par M. Gouguenheim chez une blanchisseuse de 56 ans, doit ainsi être utilisé. Malade seulement depuis un mois, lorsqu'elle entre à l'hôpital pour des coliques violentes avec diarrhée, constipation et ballonnement du ventre, cette femme présentait surtout un ictère intense : à l'examen, anurie depuis deux jours ; 200 grammes d'urine par le"calhétérisme.

Du 1er au 22 mai, le ventre reste ballonné avec constipation et ictère croissant; urines foncées avec biliverdine. Les purgatifs amènent des débâcles suivies de diarrhée sans fièvre. L'idée d'un caroinome de l'intestin et du pancréas

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fait donner du beurre sans que l'on en retrouve des traces dans les selles. Dès le 14, la malade maigrit visiblement et s'éteint dans la prostration la plus complète.

Une tumeur carcinomatcuse grosse comme le poing, parfaitement localisée, enserre le côlon transverse, qui adhère au bord antérieur du foie normal , imprégné de bile et de couleur jaune verdâtre. Un pont de tissu cancéreux existe entre lui et le pancréas, dont le tissu normal a presquedisparu et ne forme plus qu'une tumeur jaunâtre, très-dure à la coupe, avec induration marquée de la tôte de cet organe. Le duodénum est aussi englobé dans la tumeur et rétréci sur son trajet ainsi que le canal cholédoque, étreint aussi étroitement par la tumeur.

De là la complexité des symptômes. Mais comment, en présence de cet envahissement général, distinguer l'organe primitivement atteint? Ce n'est évidemment que par les symptômes. Or l'ictère n'étant apparu qu'après une huitaine de jours de malaise et d'affaiblissement, et les troubles abdominaux, les coliques, le météorisme n'étant survenus que consécutivement, l'observateur rattache ainsi le début du mal au pancréas. Pourtant l'absence de graisse dans les selles et aussi l'amaigrissement marqué qui distingue les lésions de cet organe manquent pour confirmer cette interprétation. (Soc. méd. des hôpitaux, mai.)

Un autre exemple de carcinome primitif du pancréas, pris pour une péritonite tuberculeuse, est relaté par Strumpell in Deutsch. Archiv fur Kl. med., t. XXII.

Cancer du rectum. Il n'est pas de nature aussi maligne là qu'en d'autres parties, d'après Volkmann, car, dans trois cas, il a obtenu une guérison définitive par l'excision, et, dans d'autres, il n'y avait pas de récidive après 6,5 et 3. années que l'opération avait été pratiquée. Un opéré est mort d'un cancer du foie 8 ans après l'opération, sans qu'il y eût récidive sur place. Un autre est en parfaite santé, depuis 1 1 ans que la première excision a été faite suivie de deux autres depuis.

Néanmoins, dans les cas graves, étendus, où il est allé jusqu'à exciser non-seulement l'anus et le rectum jusqu'à l'S iliaque, mais une partie du sacrum jusqu'au promontoire, et une partie de la paroi postérieure du vagin, il décline au-

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jourd'hui cette mutilation. Il conseille simplement la colotomie, comme la pratiquent les chirurgiens anglais, mais en la limitant à ces cas graves et en réservant l'excision des parties malades dans ceux qui sont moins étendus. (Volkmann's klin. Vortrâge, 1877.)

Cancer utérin. Contre les douleurs pulsatives atroces qu'il détermine, le docteur Ans-Lawrence a trouvé qu'une solution de seigle ergoté toutes les six heures, à la dose de 30 gouttes, soit 1 gr. 80, les fait céder mieux que tout autre calmant.

L'hydrate de croton-chloral réussit mieux contre les irradiations douloureuses des lombes, des cuisses, du dos.

CÉCITÉ. Guérison par l'électricité. Ce cas remarquable a été relaté par le docteur Rockwell à la Société névrologique de :New-York dans sa dernière séance annuelle/ Un accès épileptiforme fut immédiatement suivi d'une hémiplégie incomplète avec cécité absolue. L'amélioration de la paralysie eut lieu d'abord dans le membre supérieur, c'est-à-dire dans le sens inverse qu'elle se manifeste ordinairement, car le retour incomplet du mouvement se manifesta ensuite dans la jambe. Il y avait deux mois que cet état durait, la cécité étant, complète, lorsque l'emploi de courants induits fut prescrit par un consultant. A peine les mit-on en usage que la vision reparut instantanément. Si donc ce retour de la vue a été spontané, on ne peut guère douter que la cécité ne résultât d'une influence réflexe de la lésion cérébrale produite dans le. voisinage des tubercules quadrijumeaux et que l'influence stimulante du courant électrique n'ait agi de même pour la guérir. Ce fait est d'autant plus rare et remarquable que la plus longue durée de la cécité avait été de six semaines dans un cas de M. Bastian. {Boston med. and sur g. journal, 4 juillet.)

CHANCRES. A l'état primitif, leur aspect et leur gravité varient, d'après Cock, suivant leur siège, c'est-à-dire la texture de la région. Plus le tissu est serré , moins le pronostic est grave. Les ulcérations infectantes du gland s'accompagnent ainsi d'accidents secondaires sérieux, comme si l'infection était moins facile et moins intense. Quelques

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lâches de roséole, un peu d'adénopathie, et c'est tout. Si la règwaa est au contraire doublée d'une laine épaisse de tissu conjonctif lâche, trôs-extcnsible, comme au prépuce, sur le fourreau et surtout au voisinage du pubis, ils sont ordinairement plus graves, surtout en se rapprochant du cul-de-sac balano-préputial et du corps de la verge. Ceux de la base du gland sont intermédiaires. Mais ceux qui entourent la couronne ou qui correspondent à l'implantation du prépuce sont en général tenaces, s'indurent et sont suivis d'accidents secondaires interminables, de même que ceux de la base du frein. (Guy hosp. reports, 1877.)

Cette gravité ne va- pourtant pas jusqu'au piragédétaisme, car, topographiquement, celui-ci est beaucoup plus fréquent au gland que sur la peau de la verge, même en Angleterre, d'après Hutchinson. Il est vrai qu'il est surtout favorisé par un phimosis étroit et le défaut de propreté. Mais la nature du terrain est encore plus ici que celle du sous-sol. (Med. Times and Gaz. 1877.)

Tous les syphiliographes de Lyon s'accordent à reconnaître la disparition presque complète du chancre mou ou chancrelle actuellement dans cette ville. Il y a lo ans, M. Diday citait ce symptôme dans 45 cas sur 60. La proportion de 4 : 1, ajoute M. Rollet, a en effet changé, et l'on doit attribuer ce changement aux meilleures conditions hygiéniques et sanitaires. Le chancre syphditique est aujourd'hui plus fréquent que le chancre mou, ajoute M. Rodet, et M. Horand le prouve en montrant que, sur 22o chancres observés dans son service de l'Antiquaille en 1876, il n'y avait que 13 cas de chancres simples et 212 syphditiques. L'auto-inoculation des chancres est ainsi presque toujours positive, même avec le pus du chancre d'inoculation. L'alopécie et l'anémie syphilitique sont également en décroissance marquée, d'après les mêmes observateurs. (Soc. de méd. de Lyon, 7 janvier.)

La diminution du phagédénisme , des bubons et de l'herpès génital est, pour M. Diday, une preuve que ces complications tiennent de la chancrelle, puisqu'elles disparaissent proportionnellement avec- elle. Mais il est contredit à cet égard par tous ses collègues, qui ne voient dans cette diminution simultanée qu'un des effets de l'amélioration du régime sanitaire. Et cependant à Bordeaux, où ce régime a

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été également perfectionné, la fréquence du chancre mou a augmenté. Sur trente-six vénériens, M. Vénot a trouvé seize chancrelles dont treize avec bubon chancreux. (Idem, mai.)

Excision des indurations initiales. Des bubons et des chancres sclérosés ayant été enlevés par Auspitz chez 33 malades, de 1873 à 1877, il a pu s'assurer que, comme règle, aucune induration n'est survenue consécutivement au siège môme du mal et que les opérés ont été exempts de toute infection générale. Le phagôdénisme de la plaie n'a ni prévenu ni annoncé cette infection.

L'induration ou la sclérose initiale n'est donc pas toujours suivie d'infection générale et n'en est pas une preuve. Elle doit être regardée simplement comme le premier dépôt de l'infection, le seuil de l'organisme d'où elle peut avancer ensuite. Il en est de même des bubons indolores qu' Auspitz distingue de l'adénite ganglionnaire syphilitique. Presque tous les bubons excisés, qui n'ont pas été suivis de syphihs, présentaient de l'engorgement de Faîne.

L'induration consécutive à l'excision ne doit pas être tant considérée comme un signe d'infection générale que comme le reliquat local de la sclérose initiale.

L'excision peut atténuer cette infection lorsqu'elle ne la prévient pas. Elle doit donc être recommandée comme moyen protecteur, dans tous les cas de sclérose locale initiale de nature syphilitique, tant que d'autres symptômes d'infection générale font défaut, pourvu que cette excision soit facile, peu étendue et sans danger. Les chancres du gland et de sa couronne ne sont pas susceptibles de cette excision. Le siège de l'excision doit être traité comme une plaie simple. (Allg. Viener med. Zeitung, 1877.)

Ce ne sont pas seulement les chancres et les bubons initiaux qui peuvent être excisés avec succès, suivant le docteur Hardaway, mais tous les ganglions indurés du voisinage lorsqu'ils peuvent être enlevés sans danger. Fondé sur l'expérience de M. Raynaud qui réussit à inoculer le vaccin du cheval avec les ganglions lymphatiques contigus à la pustule d'inoculation (V. Vaccin), il en conclut que les virus en général , celui de la syphilis en particulier, ne sont pas absorbés par le sang, mais par les vaisseaux lymphatiques, qui le transportent dans le ganglion le plus voisin. Une

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nouvelle confirmation de ce fait a été donnée par M. Colin d'AIfort, qui, en inoculant du sang charbonneux, a vu les ganglions lymphatiques les plus voisins du point d'inoculation devenir virulents quelques heures après, alors qu'ils ne contenaient encore aucune bactéridie apparente, non plus que le sang(V. Charbon). De là la nécessité d'exciser ces ganglions pour prévenir plus sûrement l'infection générale. Autrement, le virus syphilitique, d'abord localisé pendant un certain temps dans ces ganglions, se répand dans la circulalion. La syphilis ne serait ainsi qu'une affection secondaire du sang. Et il donne comme preuves de cette interprétation que l'inoculation de la sécrétion du pus des chancres indurés peut ne produire que des chancres mous, suivant la disposition du malade. (Nexo-York med. journal, décembre 1877.)

Chancres mammaires. La forme phagédénique térébrante, très-rare dans cette région, a été observée par M. A. Fournier chez une nourrice infectée par un nourrisson. Un chancre à chaque sein, accompagné d'adénopathie axillaire, se sont montrés simultanément sur l'aréole et, dans l'espace de quinze jours, se sont élargis et creusés d'un centimètre à deux de profondeur, de manière à loger facilement une fève. Fond irrégulier, inégal, blafard, putrilagineux ; bords nettement entaillés et relevés circulairement en crêtes. Néanmoins , malgré cette gravité, ils guérirent en moins d'un mois, par les antiphlogistiques, sous forme de grands bains tièdes tous les deux jours, fomentations émollientes et cataplasmes de fécule répétés pendant la période aiguë inflammatoire, et des pansements à l'iodoforme ensuite, c'est-à-dire alors que toute trace d'inflammation a disparu.

Le second cas était aussi remarquable par la multiplicité des chancres. Il y en avait 7 sur l'aréole du mamelon gauche et 16 à droite, soit 23, tous parfaitement distincts et séparés. Ils étaient nés également au contact d'un nourrisson syphilitique atteint de plaques muqueuses labiales. Et cependant c'étaient bien des chancres syphilitiques , malgré leur multiplicité, comme l'a montré la série d'accidents consécutifs. Preuve qu'il ne faut pas plus faire de l'unicité le caractère de celui-ci que de la multiplicité le signe absolu du chancre simple. (Soc. mëd. des hôpit., novembre 1877, et Union méd., nos 17, 19.)

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