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CRÉOSOTE

L'autopsie montra une ouverture ovale de deux centimètres environ au-dessus do l'éminence iléo-pectinée, faisant communiquer l'articulation coxo-fémorale avec le foyer purulent qui a disséqué les muscles de la cuisse, en contournant le fémur jusqu'au grand trochanter, sans que l'artère fémorale ni le nerf crural, baignés dans cette collection, aient subi des lésions notables. Aucun point osseux n'était même dénudé; le périoste, recouvert d'une épaisse membrane, était partout intact. La tête fémorale, luxée en bas et un peu en arrière, est seule aplatie et presque détruite. La capsule articulaire n'existait plus ; trois brides membraneuses retenaient seules le fémur. Les cartilages de la cavité cotyloïde sont profondément détruits, mais aucune autre articulation n'est prise, et tous les organes étaient sains. Avec les faits analogues de MM. Parise, Broca, Verneuil, Morel-Lavallée et Padieu, c'est seulement le septième qui soit consigné dans la science; c'est donc un cas fort rare. (Lyonméd., n° 32.)

CRÉOSOTE. L'efficacité de ce produit végétal contre la pbtbisie pulmonaire n'a pas été plutôt connue (voy. année 1877), que diverses préparations pbarmacologiques en ont été faites et présentées au choix des médecins. La forme vineuse laissant beaucoup à désirer, on a d'abord remplacé le vin par l'huile de foie de morue; puis on l'a présenté ainsi dans des capsules molles. Ce sont donc là des préparations préférables au vin créosoté, en ce qu'elles sont mieux tolérées par l'estomac. Voici d'ailleurs une modification de ce vin, d'après la formule de M. Dujardin-Beaumetz :

% Créozote de hêtre 6 grammes.

Alcool de Montpellier 1Î5 —

Sirop de sucre • 400 —

Vin de Malaga. q- s.

Pour un litre.

Chaque cuillerée contient 10 centigrammes de créosote et se prend facilement dans un verre d'eau sucrée.

M. Vidau fait pressentir de nouvelles préparations de ce médicament énergique. Etant caractérisé par un phénol diatomique, le créosol, qui se dissout dans les alcalis en formant des créosolates, il suppose que la créosote du

CYSTITE

hêtre pourra ainsi se combiner, comme l'acide salicylique, avec la potasse et la soucie pour former des créosolates. Ceux de potasse cristallisent même facilement. L'usage interne en serait ainsi rendu beaucoup plus facile et moins dangereux. (Gaz. hebdomad., n° 49, 1877.)

CYSTITE. Solution de quinine. Vantée par M. Nunn contre l'irritation chronique de la vessie, cette solution a été employée par M. Knowsley Thornton, chirurgien de l'hôpital de la Samaritaine, chez trois ovariotomisées avec un succès éclatant. La fièvre persistait avec urines ammoniacales très-fétides et envies fréquentes d'uriner, malgré le lavage de la vessie avec une solution phéniquée. Il la remplaça alors par la solution suivante :

% Sulfate de quinine 30 centigrammes.

Eau 90 grammes

Acide sulfurique quelques gouttes.

Mêlez.

Injectée dans la vessie et gardée pendant quelques secondes, cette solution fut ensuite évacuée aux deux tiers ; l'autre tiers fut gardé pendant une heure, malgré quelques envies de miction. Dès le lendemain, l'urine était acide, de meilleure apparence, sans mucus ni fétidité. Deux jours après, la guérison était complète." (Luncet, juin, n° 22.)

Cystite pseudo-membraneuse. Elle se distingue seulement de la cystite chronique ordinaire, suivant M. Girard, par l'expulsion uréthi-ale de fausses membranes vésicales constituées par de la fibrine filamenteuse, englobant des corpuscules de pus, des cellules épithéliales et de la mucine avec des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien. Elles se distinguent ainsi de l'exfoliation vésicale observée dans la cystite cantharidienne ou produite par des calculs.

Autrement les causes et les symptômes sont les mêmes que ceux de la cystite simple : mictions fréquentes avec douleur, urines louches, purulentes, avec odeur anatomique spéciale causée par la macération des fausses membranes dans la vessie. La sonde d'argent, dans ce cas, est toute noire en la retirant.

De là la gravité de cette forme spéciale et nouvelle. Sur

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six observations rapportées, il y a eu quatre morts. On trouve alors, outre les fausses membranes, épaisses, adhérentes, d'un gris blanchâtre, une vessie à colonnes avec muqueuse parsemée de taches d'un gris noirâtre, et même des ulcérations.

Le traitement est le même que dans la cystite chronique : hygiène, repos, balsamiques, injections vôsicales au nitrate d'argent au 500e ou d'acide borique au 100e. Ces injections ne modifient-elles pas la couleur des fausses membranes, de la muqueuse, même du cathéter? (Thèses de Paris, n° 180, 1877.)

Ne pourrait-on pas employer, dans ce cas, la solution de quinine, usitée avec beaucoup de succès en Angleterre contre la cystite chronique ?

DENTISTES. Dangers de leur laisser employer Vanesthésie. Voy. Anesthésie.

DÉSARTICULATION COXO -FÉMORALE. Un succès de cette grave opération a été pour M. Verneuil l'objet de vues nouvelles sur son mode d'exécution. Dominé par ses études sur l'influence des états généraux des blessés et des opérés par le résultat du traumatisme, il pose en fait que la perte du sang est le principal écueil de cette désarticulation et la cause qui en fait tout le danger. Sur 193 désarticulations, 117 fois la mort est attribuée à l'anémie antérieure ou consécutive. Et considérant les moyens hémostatiques préconisés pour conjurer cette hémorrhagie : rapidité de l'exécution, compression ou ligature préalable des principaux vaisseaux, comme des expédients impuissants, il érige en règle, avec M. Rose, de Zurich, le procédé suivant comme le meilleur. Après refoulement du sang et application de la bande élastique, il enlève la cuisse, comme s'il s'agissait d'une tumeur volumineuse. Abandonnant le couteau pour le bistouri, comme M. Duval le fit dès 1858, il divise les tissus couche par couche et lie les vaisseaux à mesure qu'il les aperçoit, quel que soit leur calibre. C'est

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donc un procédé essentiellement lent et contraire à la chirurgie expéditive employée pour la désarticulation de la hanche, où le chirurgien, comme le bûcheron, abattait le membre à grands coups de couteau.

Ce n'est pas tout. Au lieu d'affronter et de réunir les lèvres de la plaie , comme pour la réunion immédiate , M. Verneuil laisse celle-ci béante, exposée, l'ouvre le plus largement possible, l'étalé et la panse à plat avec de petits carrés de tarlatane imbibés d'eau, sur lesquels il applique des plumasseaux trempés dans une solution phéniquée, antiseptique. Une couche de ouate recouvre le tout avec un morceau de taffetas gommé qui l'enveloppe et un bandage contentif aussi simple que possible.

Dès 1870, M. Verneuil avait déjà employé ce procédé dans huit grandes opérations, et il y a recours tous les jours dans sa clinique de la Pitié. Le succès qu'il en a obtenu dans sa dernière désarticulation coxo-fémorale lui semble en démontrer surtout les avantages, puisque, dans les trois autres cas précédents, les méthodes classiques ne lui ont donné que des insuccès. (Acad. de méd., 30 octobre 1877.)

Un toile général a accueilli ces prétentions. A ce succès unique sur quatre opérations, donné comme preuve de la supériorité de ce procédé, M. Rochard oppose ceux bien autrement éclatants obtenus en 1859 par J. Roux et Arlaud sur les blessés de l'armée d'Italie avec la réunion immédiate, ceux des chirurgiens américains et ceux qui sont obtenus tous les jours par cette méthode. M. Richet a obtenu ainsi deux succès sur trois désarticulations, suivant le procédé classique, en comprimant directement les vaisseaux ouverts avec de grosses éponges, imbibées ou non de liquides hémostatiques, et un pansement mixte ou intermédiaire, soit l'affrontement des lambeaux par la suture et la compression en laissant à la partie inférieure une ouverture pour l'écoulement des liquides. Des injections d'alcool sont aussi faites au besoin à l'intérieur par un tube à drainage. Ce résultat est donc la meilleure preuve, dit M. Trélat, qu'il n'y a pas à se prévaloir de ces petites séries d'opérations en faveur de tel ou tel procédé.

C'est surtout pour la chirurgie d'armée que le nouveau procédé a paru inapplicable. M. Legouest, qui a pratiqué trois fois cette désarticulation et a assisté à trois autres, a

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vu l'hémorrhagie conjurée facilement par le procédé à lambeau antérieur, surtout dans les amputations primitives, tout en considérant la réunion immédiate comme difficile à réaliser. Il n'admet donc l'indication du procédé de M. Vcrneuil que dans les désarticulations praticpiées pour des néoplasmes souvent très-volumineux et qui procèdent presque toujours de l'os ou ont avec lui des connexions intimes. Le nombre des vaisseaux est ainsi accru, et ceux dont la présence est normale sont dilatés. Le besoin de l'hémostase préventive est ainsi bien plus impérieux que dans l'amputation traumatique primitive.

Moins optimiste encore, M. Perrin ne lui accorde aucun avantage. En l'absence de toute compression préventive, comment aller ebereber les vaisseaux dans les interstices musculaires, sans déebirer les muscles et s'exposer à avoir une plaie déchiquetée? Des aides intelligents et habiles sont indispensables, et l'on en manque souvent sur le champ de bataille. L'hémostase est d'ailleurs assez facile, en suivant les anciens errements, pour qu'on n'ait pas tant à redouter Phémorrhagie. Il suffit de faire saisir solidement les faisceaux musculaires contenant les vaisseaux principaux pour tailler en toute sécurité des grands lambeaux ovalaires réguliers. Sur huit désarticulations de l'épaule en 1870-71, l'hémostase a été très-satisfaisante par ce moyen. (Idem, novembre i 877.)

Ce n'est pas l'hémorrhagie proprement dite, c'est à-dire la perte de sang, qui fait le principal danger de l'opération pour M. Le Fort, mais la soustraction du sang contenu dans le membre retranché et qui égale presque en poids le quart du corps. La désarticulation chez les amputés de la cuisse est ainsi relativement bénigne, et, sous ce rapport, l'ischémie du membre ou le refoulement du sang par la bande d'Esmarch peut être seul la cause du succès obtenu par M. Verneuil. (Idem, février.)

D'ailleurs, n'y a-t-il pas le thermo- cautère et le galvanocautère pour parer encore plus sûrement à l'hémorrhagie ? M. Tillaux, ayant à désarticuler la hanche d'une femme épuisée par un long séjour à l'hôpital, y recourut ainsi, le 9 janvier 1878, pour ménager le plus de sang possible. Ayant déjà pratiqué la désarticidation de l'épaule avec le thermocautère, sans que le jeune homme en perdît une goutte, il

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yi

se servit de cet instrument pour faire une amputation à lambeaux de la manière suivante :

Ayant passé un long trocart à la racine de la cuisse, en suivant le trajet que parcourt ordinairement le couteau, il introduisit un assez gros fil de platine dans la canule restée en place, et, les deux bouts ayant été mis en communication avec le pôle de la pile, il tailla ainsi le lambeau, en deux à trois minutes, par des mouvements de va-et-vient imprimés au fil et de dedans en debors.

Une ficelle passée entre l'os et les cbairs avant de détacher le lambeau servit à l'étreindre, mais sans réussir à effacer la lumière de l'artère fémorale qui y était comprise, car, en achevant la section du lambeau, un jet de sang bouillonnant s'écbappa. Il fut aussitôt arrêté ; mais il est évident par là qu'il faut lier préalablement l'artère pour avoir une bémostase complète, ou l'aplatir dans la fin du lambeau.

Le thermo-cautère servit à terminer l'opération, la section de la capsule articulaire et du ligament rond étant faite avec le couteau. On peut donc exécuter cette désarticulation sans effusion de sans-.

Cette opérée a, d'ailleurs succombé le onzième jour à une infection purulente. Deux opérations semblables, faites pendant la guerre, ont eu la même issue fatale. Mais une quatrième désarticulation faite par M. Tillaux avec le couteau en 1862 sur une fille de 13 ans, pour un ostéo-sarcome, eut un plein succès. C'est donc une guérison sur trois morts, comme M. Verneuil, suivant les procédés ordinaires. (Soc. de chir., février.)

M. Richet reproche au pansement à plat d'exiger un temps très-long pour la cicatrisation et de maintenir les opérés pendant tout ce temps exposés à tous les accidents des plaies; de donner des cicatrices irrégulières, des saillies coniques du moignon qui obligent parfois à des réamputations; de ne pas prévenir l'érysipèle ni l'infection purulente, même avec les liquides antiseptiques; d'être enfin, pour beaucoup d'opérés, une source de douleurs parfois insupportables. 11 le préférerait cependant dans la pratique hospitalière au pansement fermé ou par occlusion pour cette désarticulation. (Acad. de méd., 22 janvier.)

Si la pratique de M. Verneuil triomphait à cet égard et parvenait à se généraliser, dit M. Trélat, il faudrait renoncer

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a une foule d'opérations excellentes entrées dans la pratique journalière, comme la désarticulation par la méthode de Chopart, qui donne de si bons résultats, les procédés de Pirogoff modifiés par M. Le Fort, l'opération de Griffith, celle de Teale pour l'amputation de la cuisse, et tant d'autres. (Idem, 29 janvier.)

Le docteur Gilbrin, de Metz, s'étonne qu'il n'ait pas été question, dans cette revue, du procédé de Lacauchie, qui lui a donné deux succès chez deux enfants à l'hôpital Bon- Secours de Metz. Les chirurgiens savent qu'il s'agit ici de commencer sous les trochanters, ce qui permet l'hémostase préventive. On dirige alors une incision verticale vers le grand trochanter, qui permet de détacher les parties molles du fémur et de désarticuler ensuite celui-ci. Quelques chirurgiens, détachant le périoste du fémur, scié au niveau des trochanters, ont même fait l'ablation sous-périostée de la partie supérieure.

M. Gilbrin, pratiquant l'amputation de la cuisse pour une tumeur blanche ulcérée du genou, vit le fémur se fracturer en le sciant. Il procéda alors, facilement et sans désemparer, à la désarticulation par le procédé Lacauchie. La mutilation est ainsi moins considérable que par les autres méthodes , et l'hémostase est plus sûrement faite. (Journ. de méd. 'et chir. prat., mai.)

C'est aussi à peu près le procédé auquel s'arrête M. Farabœuf dans l'histoire des 45 qu'il rapporte. Après une incision au pli de l'aine pour lier préalablement les vaisseaux fémoraux, à l'exemple de D. Larrey et M. Verneuil, il dirige le couteau en dehors, presque suivant la direction du col du fémur, dissèque et coupe le couturier, le .triceps, l'insertion du psoas, découvre le col, détache les tissus fibreux, ouvre l'article, désarticule et coupe ensuite les tissus de la partie postérieure de la cuisse perpendiculairement. En rasant ainsi l'os, on diminue les chances d'hémorrhagie, tout en assurant la rapidité de la désarticulation. Il ne reste plus qu'à disséquer et réséquer le nerf sciatique à la plus grande hauteur possible. (Soc. de chir., 6 mars.)

A ces objections, qui se résument dans la difficulté et la longue durée de l'opération nouvelle, M. Verneuil n'a donné en réponse que ce fait : qu'elle est moins délicate que la dissection de beaucoup de tumeurs de la face et du cou .et

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ne nécessite ni le môme sang-froid, ni autant d'habileté opératoire, ni les deux aides exercés requis au moins par les procédés expéditifs classiques, tout en mettant bien plus sûrement à l'abri de l'hémorrhagie.

Quant à la durée, subordonnée au nombre de ligatures, elle ne dépasse pas 25 à 30 minutes. L'hémostase définitive des autres procédés est-elle complète avant ce temps ? (Acacl. de méd.)

La rapidité de la cicatrisation et la forme du moignon obtenu ne lui paraissent pas davantage contr'indiquer le pansement phéniqué ouvert que la plupart des chirurgiens ont combattu en lui préférant chacun le sien. Voy. Pansements.

TJeber die blutung bei der exarticulation des Oberschenkels und deren vermeidung (l'hémorrhagie et lès moyens hémostatiques dans la désarticulation de la cuisse), par A. Liining. Brochure in-8°. Zurich, 1877. Ouvrage statistique le plus complet qui ait paru sur ce sujet. 497 cas connus de cette grave mutilation y sont réunis en tableaux et analysés. Les résultats, sur 485, ont été 143 guérisons, soit une mortalité moyenne de 70 pour 100, qui va en diminuant, car elle est de 66 seulement pour ces dernières années. Et, tandis que sur les 239 cas pour coups de feu la mortalité est de 88 pour 100, elle descend à 42 sur 153 cas de désarticulations pathologiques.

Des causes de la mort à la suite de la désarticulation coxo-fémorale ; thèse inaugurale , par le docteur A. Hug; Paris, 1877.

DIABÈTE. Modifications du sympathique. L'examen microscopique des ganglions du grand sympathique , recueillis sur 5 diabétiques, fait après durcissement dans le liquide de Muller, par le docteur Poniklo, à l'Institut pathologique de Cracovie, lui a montré, dans tous les cas, une augmentation du tissu connectif, surtout dans les ganglions cervicaux supérieur et inférieur. t Le stroma normal était hypertrophié, et un nouveau tissu connectif était accumulé entre les éléments nerveux , si abondant dans certaines sections transversales que ceux-ci n'en pouvaient être dis-

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