‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 33 sur 117 · FACULTE DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

FACULTE DE MONTPELLIER

Boucbes-du-Rhône, Corse, Basses-Alpes, \ Alpes-Maritimes, Var, Vaucluse, Gard, V id. de plein exerc. Marseille. Aude, Pyrénées-Orientales. ]

Alger, Constantine, Oran. Id. préparatoire Alger.

Collation des grades. Un décret du 20 juin, donnant satisfaction aux vœux depuis longtemps formulés par la Faculté de médecine de Paris en supprimant les examens de fin d'année, fixe à quatre années la durée des études pour obtenir le diplôme de docteur. Les trois premières peuvent être passées dans les Facultés, les Écoles de plein exercice de Marseille et de Nantes, et même dans les Écoles préparatoires ; mais la dernière doit être passée, dit ce décret, dans

ENSEIGNEMENT

une Faculté ou une École de plein exercice. On verra plus loin comment 'cette dernière concession est éludée.

En produisant, lors de sa première inscription, renouvelable par trimestre, les diplômes de bachelier ès lettres et ès sciences restreint, l'élève est tenu de subir, devant une Faculté, cinq examens dont trois divisés en deux parties et une thèse sur les matières et dans l'ordre suivants :

1er. Physique, chimie, histoire naturelle médicale. Entre la 4e et la 5° inscription.

I Anatomie et histologie. Entre la 10" et la 12° inscription. * ' j Physiologie. De la 12° à la 14° inscription.

K Pathologie externe, accouchements, médecine opératoire. ' I Pathologie interne, pathologie générale.

4e. Hygiène, médecine légale, thérapeutique, matière médicale et pharmacologie.

I Clinique externe et obstétrique.

' j Clinique interne, épreuve pratique d'anatomie pathologique.

Ces trois derniers examens et la thèse sur un sujet au choix ne peuvent être subis qu'après la 16e inscription. Il ne peut être fait de changement pour le premier examen qu'aux élèves des Écoles préparatoires, et de plein exercice qui peuvent le passer, qu'en venant finir leur quatrième année d'études dans la Faculté qu'ils ont choisie après leur douzième inscription. De là les vives réclamations de l'École de Marseille, qui voit ainsi lui échapper ses élèves après cette inscription prise, car, obligés d'aller subir leurs premier et second examens pendant la quatrième année devant une Faculté, il est évident qu'ils auront intérêt à y faire le reste de leurs études. Tout en ayant la faculté apparente de rester à l'École de plein exercice, ils n'y resteront donc pas plus qu'à l'École préparatoire,. pour le succès même de leurs examens. C'est ce qu'a très-clairement prévu M. Seux, directeur de l'École de Marseille, en réclamant énergiquement contre cette subtilité qui prive la caisse municipale des droits d'inscriptions de cette dernière année.

Les travaux pratiques de laboratoire et de dissection sont obligatoires pendant un semestre au moins, ainsi qu'un stage de deux ans dans les hôpitaux.

Les droits à payer sont ainsi fixés ;

ENSEIGNEMENT

16 inscriptions à 32 fr. 50 c, y compris le droit de bibliothèque. 520

8 examens en épreuves à 30 fr 240

8 certificats d'aptitude à 25 fr 200

Frais matériels do travaux pratiques (première année, 60 fr.;

deuxièmo année, 40 fr. ; — troisième aunéc, 40 fr. ; — quatrième année, 20 fr.), soit J0O

Thèse m

Certificat d'aptitude 40

Diplôme 100

Total 1360

Ce décret, abrogeant toutes les dispositions contraires, sera exécutoire à partir du Ie1' novembre 1870 pour la rentrée scolaire et restera seul en vigueur à partir de l'année scolaire de 1885.

Faculté mixte de Bordeaux. Un décret du 16 juin a réglé définitivement son installation, retardée jusqu'ici depuis quatre ans par le défaut d'entente de la ville avec l'État.

Un arrangement par voie d'écbange est intervenu entre les deux parties intéressées et adopté par le conseil municipal, qui attribue les vastes bâtiments de la caserne Saint- Rapbaël, cédée par l'État, à l'appropriation des cliniques et des travaux anatomiques de la nouvelle Faculté. Par son adjonction à l'hôpital Saint-André, ce bâtiment complétera utilement les services cliniques, et il suffira de laisser subsister les cours et les laboratoires afférents à la pharmacie et aux sciences accessoires dans l'ancienne École secondaire pour constituer l'enseignement complet de la nouvelle Faculté dès la rentrée de 1878. Le service en est déjà fixé. 21 chaires sont instituées, dont deux de clinique interne et externe et une d'accouchements ; l'anatomie générale est alliée à l'histologie. Des cliniques complémentaires seront instituées au fur. et à mesure des besoins, ainsi que seize professeurs agrégés. Il n'y a plus qu'à choisir et promulguer les noms des titulaires pour les voir fonctionner.

Internat à Lijon. Par une délibération du 1er mai, le conseil général des hôpitaux de Lyon a décidé que le mode de recrutement des élèves internes serait à l'avenir conforme à celui en usage à Paris et que des conditions identiques de sta£?e seraient faites à ces élèves. C'est donc une grande

ENSEIGNEMENT

amélioration, car le temps d'internat n'était que d'une année jusqu'ici.

Jurys d'examen. Cette question, si agitée dans la presse en France dans ces dernières années, en est aujourd'hui au même point au delà de la Manche. Il est permis de croire que si la profession avait eu ici voix au chapitre, elle l'eût résolue dans le sens de l'exclusion du personnel enseignant, juge et partie dans la cause. Le Médical Council en Angleterre, quoique formé exclusivement de médecins, n'a pu encore s'entendre à ce sujet. Appelé récemment à donner son avis sur un projet de loi de ce genre, dû à l'initiative du duc de Richmond, il s'est réuni, en session extraordinaire, en avril dernier, et n'a pu arriver à un accord sur la formation d'un jury unique, au moins pour chacun des trois royaumes, les représentants de la province, c'est-à-dire ceux d'Ecosse et d'Irlande, ayant voté contre ce projet.

La raison en est que ces représentants émanent directement des grands corps enseignants, ayant droit de conférer séparément les grades à leurs élèves en vertu de chartes spéciales. Ils ne peuvent donc se désister de ce droit. De là la nécessité ou de former un autre conseil, ou de passer outre son avis, ou d'en appeler directement à la profession. Des pétitions ont lieu en ce moment par toutes les Sociétés locales pour obtenir cette réforme. Il est probable, selon la prédiction de lord Ripon, que la voix de la corporation tout entière se fera prochainement entendre directement à ce sujet au Parlement.

Admission des femmes. Un vote du Sénat de l'Université de Londres, sur la motion d'un de ses membres, non médecin, a définitivement admis, à la majorité de 241 voix contre 132, les femmes à s'inscrire pour suivre les cours, subir les examens et obtenir les diplômes des différentes Facultés. Ce n'est pas que la majorité des médecins soit en faveur de cette résolution. Des trois Facultés composant le Sénat, celle de médecine est la seule qui ait voté contre par 84 voix sur 22 pour. Sur les 8 membres présents, les docteurs Billing et W. Smith, sir W. Gull et sir J. Paget ont voté oui, tandis que sir W. Jenner et les docteurs Quam, Sharpey et Storrar ont voté non. Celles de droit et des arts

Kl'ANCHEMENTS

ont seules enlevé le vote. Leur admission dans la grande Association médicale britannique a élé égalemenl uepouasée par un vote formel de la dernière session. Le Mi dical Couneil s'est aussi déclare contraire à leur entrée. Ce n'est donc pas du consentement des médecins anglais qu'il y aura des doctoresses, et l'on prévoit plus d'une difficulté insurmontable à leur enseignement el leur admission.

ÉPANCHEMENTS. Influence sur la température locale. Voy. Pleurésie.

Épanchements pleurétiques. Dyspnée. Loin que l'oppression soit le signe constant, obligé, d'un épanchement môme assez abondant de la plèvre, M. Dieulafoy montre, par deux nouvelles observations très-démonstralives et concluantes, que des épanebements ebroniques de deux à cinq litres peuvent exister avec une respnation de 21 à 27 par minute sans dyspnée notable. Ce n'est pas l'épancbement, si abondant soit-il, qui détermine la dyspnée. C'est la douleur, le point de côté et la fièvre du début de la pleurésie. Dès que ces symptômes n'existent plus, l'oppression disparaît, et le malade se croit souvent guéri, alors que la plèvre est pleine de liquide, comme la tboracentèse immédiate le prouve.

Ce n'est donc pas sur l'intensité de la dyspnée qu'il faut se baser pour pratiquer la tboracentèse, mais sur les phénomènes stétboscopiques qui en décèlent l'abondance. Quand un épanebement, sans point de côté ni fièvre, est accompagné d'oppression, avec plus de 28 à 30 respnations, c'est un indice de complication. La pleurésie est secondane, l'épancbement s'est formé par suite d'une affection du cœur, des reins ou des poumons, et il s'agit alors d'exammer le malade plus soigneusement pour en découvrir la cause. (Gaz. hebd., n° 39.) Voy. Pectoriloquie aphone, Thoracentèse.

Épanchements ascitiques. Diagnostic par la nature du liquide. Analysant les liquides épanchés dans le péritoine, comme il l'avait fait des épanebements pleurétiques (voy. années 1872 et 1875), M. Mébu en a tiré des caractères différentiels propres aux lésions qui les produisent. Et comme ces lésions varient beaucoup de gravité, selon qu'elles siègent

ÉPANGHEMENTS

dans le cœur, le foie, l'utérus, les ovaires ou le péritoine lui-même, il importe surtout de fixer les caractères essentiels de ces liquides.

Légèrement alcalins et très-fluides, ces liquides ont toujours une teinte jaune plus ou moins intense. Sur 15b analyses citées, le liquide s'est trouvé franchement acide une seule fois dans un cas d'albuminurie. Il était d'apparence laiteuse dans un cas d'affection cardiaque, contenait jusqu'à 3 grammes de matières grasses sur 1,000 et graissait le papier. Il en contenait encore dans une autre affection cardiaque et dans un cas de cirrhose, mais en faible quantité.

Parfois ils ont une consistance assez visqueuse pour donner un fil de 10 à 12 centimètres de longueur à l'extrémité d'une baguette de verre. Ce caractère y indique la présence de leucocytes dissous, sinon de globules de pus qui rendent le liquide épais, blanchâtre, visqueux et précipitable par l'acide acétique.

En dehors de ces exceptions, ces liquides déposent, pendant les vingt-quatre heures qu'ils sont extraits, une petite quantité de fibrine sous forme d'un coagulum léger moins compact que celui de l'épancbement pleurétiquc aigu et qui se dépose ensuite au fond du vase. La présence des leucocytes l'exclue, et par conséquent elle ne se rencontre jamais dans les épanchements visqueux, filants.

Les matières fixes qu'ils contiennent varient de 67 grammes au maximum par kilogramme jusqu'à 14 grammes au minimum. Le poids des sels minéraux varie seulement de 7 à 9 grammes. Comme dans les épanchements pleurétiques, plus est faible le poids de ces matières solides, plus le malade court de dangers. Aussi se reproduisent-ils plus rapidement que les liquides riebes. Un rendement de moins de 7 grammes et demi de sels anhydres est un indice de mauvais état général.

La présence du sang, qui peut accroître le poids de ces matières fixes, n'apparaît ordinairement que douze à vingt heures après l'extraction. Les hématies, entraînées au fond du vase, donnent au liquide utte teinte plus ou moins rouge selon leur quantité.

Ces leucocytes et ces hématies sont assez souvent l'indice de tumeurs cancéreuses ou ovariques, mais n'en sont pas un caractère certain.

ÉPANCHEMENTS

Dans l' épanchement par affection cardiaque,le liquide ne se change guère en matières solides d'une ponction à l'autre, quand elles sont faites à intervalles égaux. Le maximum a été de 51 grammes et demi sur 28 ponctions, c'est-à-dire inférieur à celui des liquides épanchés sous l'influence des tumeurs abdominales.

Dans la cirrhose, au contraire, la proportion de ces matières est des plus variables. Elle diminue avec le nombre des ponctions en révélant la faiblesse croissante du sang. De là, reproduction rapide du liquide. Sa richesse en éléments fixes contr'indique le diagnostic.

Un liquide ictôrique, sans être caractéristique du carcinome hépatique ou d'un organe quelconque de l'abdomen, en est souvent le signe, surtout quand la fibrine, en quantité notable, se coagule spontanément.

Les liquides les plus riches proviennent d'épanchements résultant de kystes ou tumeurs de l'ovaire ou de fibromes utérins. Celui de l'albuminurie est au contraire assez pauvre, tandis que celui de la péritonite tuberculeuse est des plus riches, comme dans la pleurésie aiguë. {Arch. de méd., novembre 1877.)

Ces divers caractères pourront donc aider au diagnostic et au pronostic des épanchements péritonéaux, si souvent difficiles à porter, ou servir du moins à les rectifier.

Épanchement gazeux péritonéal. Cette espèce nouvelle de tympanisme par exosmose de l'intestin, prévue par Dance, et inférée des faits observés par lui, admise implicitement par M. Duplay, est reconnue explicitement aujourd'hui par M. J. Besnier, comme rendant seule compte de la très- grande abondance de gaz fétides, nonfécaloïdes, dans le foyer d'un phlegmon sous-péritonéal dont le pus ne contenait pas de matières fécales. Et la preuve que cet épanchement gazeux ne dépendait ni de la décomposition du pus ou des tissus, comme dans les abcès gazeux et fétides ordinaires, c'est que ceux-là sont ordinairement mortels, tandis que celui-ci a guéri, malgré son étendue sur presque toute la surface péritonéale. Par le ballonnement, le météorisme en peau de tambour, la sonorité qu'il détermine, il modifie profondément la symptomatologie des phlegmons, qu'il peut aussi faire confondre avec la péritonite suppurée par les nausées,

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