‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 37 sur 117 · DUODÉNUM · texte numérisé non relu

DUODÉNUM

qui en formait le plancher. Le duodénum était dense et fermement adhérent à l'intestin et au pancréas. Du sang liquide se trouvait dans l'intestin. L'estomac présentait une légère hypertrophie avec pigmentation du catarrhe chronique, sans aucune trace d'ulcérations.

Ce fait est remarquable par les hémorrhagies considérables que le malade éprouvait depuis vingt ans avant sa mort. Cè furent d'abord des vomissements, des hématémèses, revenant tous les deux ou trois ans, et si abondantes parfois qu'il restait sans pouls pendant douze heures et comme mort. Il les attribuait toujours à des indigestions, bien qu'elles survinssent ordinairement après une grande fatigue, celle d'un accouchement laborieux par exemple. Ce fut le symptôme prédominant jusqu'à sa mort,' bien que les selles continssent aussi du sans".

Une douleur gastrique était presque continue, surtout après les hématémèses, trois heures environ après le repas, ce qui avait fait placer le siège du mal dans le duodénum.'

Le pain et le lait constituaient la principale nourriture du malade, malgré sa grande clientèle. L'opium et la morphine calmaient seuls sa douleur. Le seigle ergoté seul était employé contre les hémorrhagies. Il se nourrissait alors exclusivement avec des lavements alimentaires. Le petit lait lui réussit souvent après ces hématémèses. Ces pertes énormes de sang, en se renouvelant de plus en plus fréquentes, réduisirent ainsi le malade au dernier degré d'anémie et déterminèrent définitivement la mort.

Un peintre en bâtiments de 50 ans, ayant eu des coliques de plomb à plusieurs reprises, entra à l'hôpital pour une douleur épigastrique qu'il éprouvait depuis deux mois. Elle survenait surtout la nuit avec crampes et fourmillements des membres. Nausées et vomissements le joui' avec dou leur de l'estomac s'étendant parfois dans l'hypochondre gauche. Eructations flatulentes. Pas d'hématémèses, constipation, miction normale. Maigreur, pâleur, langueur

Malgré une amélioration apparente pendant quelques jours sous 1 influence du régime lacté avec morphine et lavements, les vomissements et les douleurs d'estomac reparurent bientôt. Du sang apparut dans les vomissements et les selles, avec acuité de la douleur gastrique, même à la pression, dans la région pylorique, où l'on perçut une grosseur

DYSTOCIE

comme un œuf de moineau. Ictère; légères convulsions puis coma et mort.

L'ulcère du duodénum siégeait aussi sur la paroi postérieure en dehors du pylore, large comme le bout du pouce. Une artère s'ouvrait dans l'ulcère avec un caillot sortant de son ouverture. L'estomac était dilaté et hypertrophié, comme dans le catarrhe chronique, et était rempli d'un liquide couleur café. (Boston Society for med. imp., avril.)

La confusion avec les maladies de l'estomac s'explique par ces lésions autant que par les symptômes.

DYSPEPSIE. Ferment pancréatique. Il convient spécialement, selon le docteur Engesser, contre la dyspepsie atonique dépendant soit de la sécrétion, soit de la composition défectueuse des sucs sécrétés, et dans la dyspepsie acide par suite de la transformation anormale des aliments dans l'estomac par l'altération du suc gastrique; enfin dans la dyspepsie flatulente.

Il se sert à cet effet de la muqueuse gastrique et du pancréas de porc écrasés et mélangés ensemble avec du sel que l'on administre, au lieu de pepsine, par cuillerées à café.

Une femme de 40 ans qui vomissait ses aliments non digérés avec un liquide acide, ayant résisté aux lavages de l'estomac avec l'eau de Vichy, à la pepsine et l'acide chlorhydrique étendu, il suffit de trois cuillerées par jour du mélange ci-dessus pour que, dès le premier jour, les aliments fussent digérés rapidement. En quatre mois, par ce traitement, elle augmenta de neuf livres, et les vomissements furent arrêtés. (Stuttgart, 1877.)

Des dyspepsies, thèse d'agrégation en médecine, par le docteur Raymond. Monographie d'ensemble précisant surtout la question au point de vue des auteurs français.

DYSTOCIE. Dilatation partielle de l'utérus. Instruit par les deux cas de dilatation sacciforme de la paroi postérieure de l'utérus qu'il a eu à observer en 1864 et 1877, le professeur Depaul tend à ériger cette dilatation partielle de la paroi utérine, sous l'influence même de la grossesse, en une cause fréquente de dystocie. Elle était passée jusqu'ici

EPANCHEMENTS 133

les vomissements, la douleur abdominale généralisée et superficielle, communs à l'un et à l'autre. Le flot gazeux et la distension uniforme des parois abdominales, sans saillie des anses intestinales, en sont les seuls signes distinctifs en dehors de la marche des accidents. Voy. Phlegmon.

Épanchements huileux. Les cas en sont assez rares et résultent ordinairement de l'écrasement du tissu celluloadipeux ou de la moelle des os par des fractures directes et multiples des os longs produites par écrasement. Un petit épanchement huileux a été ainsi rencontré par M. Terrier, au siège même d'une fracture de la jambe, en enlevant l'appareil. Ponctionné, il donna issue à du liquide filant, ressemblant à l'huile d'olive transparente, et composé de margarine aux trois quarts. Une petite excavation existait dessous, creusée à la face interne du tibia.

A la suite d'une fracture multiple semblable, quatre à cinq centimètres cubes d'un liquide jaune , transparent , d'aspect huileux, onctueux au toucher, s'écoulèrent immédiatement par une petite plaie (Delens).

Une collection fluctuante, survenue au côté externe du genou à la suite d'une violente compression traumatique, donna à M. Gosselin un liquide huileux , tachant le papier et contenant de magnifiques cristaux d'acide margarique Le plus souvent, ce liquide est mêlé à du sérum ou du sang. M. Cbassaignac a trouvé aussi des globules huileux dans le pus de l'ostéo-myélite, et M. Broca dans celui de la gangrène du tissu cellulaire. L'épanchement huileux pur ne peut guère résulter que de la transsudation de la graisse de la moelle des os à la suite des fractures directes et multiples par écrasement ou broiement. {Revue mensuelle, juillet.)

Pneumono-dynamics (Dynamique pulmonaire), par le docteur Garland fils, chef du laboratoire de physiologie à l'université Harvard; un volume in-8» de 155 pages avec 20 planches. New-York et Boston, 1878.

« Le but de ce travail, dit l'auteur, est de donner une description exacte des vraies courbes de matité , d'enseigner Ja manière de les rechercher, d'exposer les expériences qui semblent en éclairer l'origine et discuter la valeur du diagnostic de ce symptôme tant contesté. » Et après l'historique

GARNIER. g

ÉPANCHEMËNTS

de la question et Ja relation de ses expériences sur les chiens, faites en 1874, en injectant dans la plèvre des solutions de colle, de plâtre, de paraffine et de beurre de cacao, il en figure les résultats par de belles planches, les compare et les discute ensuite avec ceux des autres cliniciens.

De grandes différences en résultent avec Les courbes de Damoiseau et des autres observateurs. C'est là le point original de ces expériences et de ce travail. N'allez pas les attribuer cependant, comme l'ont fait même des Allemands, à la pesanteur spécifique des liquides employés, leur injection artificielle d'un seul coup et leur rapide coagulation, ni à la position contre nature imposée à l'animal ou à la douleur en résultant, toutes conditions qui contrastent si diamétralement avec l'épanchement naturel, lent, insensible de la sérosité, dusangoudu pus. L'auteur rejette toutes ces causes, et, tandis que Ferber conclut avec raison, semble-t-il, que le siège de l'épanchement en général est indubitablement déterminé surtout par le poids du liquide et la position de l'animal, M. Garland y ajoute un troisième facteur : the lifting and distributing force ofthe lung, — la force d'élévation et de distribution du poumon. Son élasticité et sa force de résistance sont, pour lui, les principales causes de ces différences. Contrairement à la plupart des auteurs classiques qui n'attachent qu'une importance secondaire à ces forces sur la distribution du liquide, il en fait la base, the pith, de son travail.

Toutes ses expériences sont ainsi empruntées à la physique et basées sur ses lois. Il en emploie même les termes, le langage pour les expliquer. Les rapports immédiats entre le poumon et l'épanchement sont analogues, pour lui, à ceux d'une colonne d'eau avec le piston de la pompe. Esprit mathématique, il ne conçoit, agit et écrit que par A + B. Ses règles sont fixes, absolues, invariables, mathématiques en un mot. Il percute le corps vivant comme le cadavre et y trace les mêmes lignes immuables. Un espace triangulaire de la cinquième à la huitème côte en arrière et s'étendant sous l'aisselle est le siège constant de la matité. Seulement il distingue celle-ci de la résonnance sourde, — duhiess and

flatness, qui peut s'étendre au delà. Grâce à cette subtile

distinction, ses courbes en S ont une précision mathématique, comme son langage. De là son titre.

ÉPANCHEMENTS 135

Voici les conclusions do ce travail clinique et expérimental, telles qu'elles ont été soumises à la Société médicale de Suffolk, le 27 octobre 1877 :

[. La courbe en S de résonnance sourde a été décrite et tracée exactement dans ses diverses modifications par le professeur Calvin Ellis, de Boston, le premier.

IL Cette courbe peut être tracée seulement dans la position droite et quand le jeu des poumons n'est pas gêné par des adhérences. Sa persistance aux diverses périodes d'un épanchement indique l'absence d'adhérences dans la partie inférieure du thorax.

IIL Sa forme correspond au bord inférieur du poumon et sa position au bord supérieur de l'épanchement.

IV. Elle est ainsi pathognomonique d'un épanchement liquide dans la plèvre, sans qu'il soit possible de juger par ses variations de la nature du liquide épanché.

V. Le triangle de matité correspond à la partie inféropostérieure du poumon, laquelle n'est séparée de la paroi thoracique par l'épanchement que lorsqu'il est très-abondant.

VI. La reconnaissance de ce triangle est très-importante pour trouver la courbe de résonnance sourde , surtout dans 1 hydrothorax. La négligence de ce fait a conduit à cette idée erronée que la surface d'un épanchement pleurétique est horizontale.

VIL Au lieu de pénétrer immédiatement entre le poumon et la paroi latérale du thorax, le liquide n'y pénètre que tardivement, quelle que soit la position du patient.

Vllf. Loin de comprimer le poumon, comme on l'enseigne généralement, l'épanchement n'exerce qu'une pression négative en vertu de son poids.

IX. Au lieu que ce soit la partie inférieure du poumon qui soit d'abord comprimée et baignée dans le liquide le poumon tout entier se contracte symétriquement pour 's'y soustraire. 1 J

X. Loin donc que le poumon nage dans le liquide, il en supporte tout le poids, en vertu de sa rétractilité avec le diaphragme, jusqu'à ce que ce poids excède la force d'élévation du poumon.

XL La position et la forme du poumon en lutte avec l épanchement sont déterminées par la balance entre le poids de celui-ci et l'élasticité de celui-là

ÉPANCHEMENTS

XII. Celles de l'épanchement au contraire dépendent des différents degrés de rétractilité du poumon dans ses diverses parties, par la position du malade et d'autres complications.

XIII. L'excès de pesanteur d'un épanchement est libre d'agir sur le diaphragme suivant sa gravité spécifique.

XIV. Le diaphragme ne s'abaisse pas, tant que le poids de l'épanchement n'excède pas la force d'élévation du poumon^ et tient bon de môme contre l'oblitération de la dépression intercostale.

XV. Le cœur ni le médiastin ne sont pas déplacés par un épanchement gazeux ou liquide, mais surélevés par le poumon opposé. D'énormes épauchements peuvent seuls augmenter le déplacement.

XVI. L'interruption des bruits de frottement, dans la première période de a pleurésie, ne résulte pas de l'épanchement séparant les deux feuillets latéraux de la plèvre, mais de la faiblesse des muscles respiratoires du côté malade, incapables d'un mouvement suffisant pour la production de ces sons.

XVII. La pression négative du poumon favorise la résorption du liquide dans la plèvre.

XVIII. L'action des muscles intercostaux favorise l'absorption hors de la plèvre durant l'inspiration.

XIX. La pression négative du poumon favorise encore la réplétion diastolique du cœur, démontrée par Marey et d'autres ; mais l'obstacle à la rétraction du poumon doit cependant être accompagné de trouble cardiaque, tels que irrégularité des battements, affaiblissement de la tension artérielle, stagnation veineuse.

La plupart de ces propositions sont originales, comme on voit, et l'on en trouvera les raisons, sinon les preuves, dans cet ouvrage. Mais elles ont été contredites et infirmées dans ce qu'elles ont d'original par le docteur Hunt, devant la même Société, en montrant que l'auteur avait mal compris et interprété les expériences de Ferber et que les siennes ne sont pas concluantes de sa théorie. Dire que le poumon, qui est solide et qui a une forme et une structure, n'est pas un corps résistant, est un non-sens, comme le niveau hydrostatique qu'il attribue au liquide entouré de tous côtés par des solides. (Boston med. and surg. Journ., n° H.)

ÉPILEPSIE

ÉPILEPSIE. Asymétrie faciale. Ce nouveau signe physique, pas plus que le rétrécissement de l'orifice supérieur du canal vertébral, donné par Sœlbrig comme cause de l'épilepsie, ne parait devoir former une caractéristique bien certaine de l'incurabilité absolue de cette épouvantable maladie, comme M. Lasègue l'a avancé (voy. année 1877). Sur 94 épileptiques examinés à ce point de vue dans les divers asiles et hôpitaux de Lyon, M. Garel, interne, a constaté 52 cas d'asymétrie se divisant ainsi :

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