NOMBRE DES MÉDECINS. POPULATION. PROPORTION
Etats-Unis 62,383 44,S74,814 1: 600 hab.
France 19,902 36,100,000 1 : 1814 —
Grande-Bretagne. 19,385 32,412,100 1 : 1672 —
Allemagne 13,686 41,060,695 1 : 3000 —
Autriche-Hongrie. 14,361 35,904,435 1 : 2500 —
Canada 2,998 357,577 1 : 1193 —
Réglementation. Une loi, votée tout récemment par le Parlement de l'île Jersey, réglemente l'exercice de la médecine pour remplacer la liberté qui régnait à cet égard, comme elle existe encore à Guernesey, File voisine. Suivant l'article I, aucune personne ne pourra se livrer à l'art de guérir s'il n'en a reçu l'autorisation de la cour royale, et celle-ci ne doit l'accorder, d'après l'article II, qu'aux porteurs de diplômes anglais et français, c'est-à-dire émanant de toute université, collège, école ou faculté de ces deux pays. Les chirurgiens de l'armée et de la marine anglaises et les officiers de santé français seront également reconnus et autorisés, pourvu qu'ils aient pratiqué publiquement dans l'île dix ans avant le 1er janvier 1878.
Les pénalités contre les contrevenants, à partir de la Promulgation de la loi du 25 mars 1878, sont une amende de 500 francs ou l'emprisonnement et l'incapacité de recevoir aucune somme due pour exercice illégal. Les médecins français pourront donc aller désormais s'établir légalement dans les îles de la Manche.
De grands efforts sont faits en Russie pour l'abrogation de la loi qui oblige le médecin à visiter n'importe qui l'appelle, laquelle a été abrogée en Prusse en 1869. Au mépris de tous les droits de la liberté individuelle, elle expose à l'amende celui qui refuse, soit de 5 à 10 roubles la première fois, de 10 à 15 la seconde et de 50 à 100 la troisième. De plus, si le médecin ainsi condamné est au service de l'Etat il est révoqué. Et le pis est que, loin d'être lettre morte,' cette loi est en complète vigueur. Son abrogation serait donc une justice et un bienfait.
Système métrique. Il se vulgarise de plus en plus aux Mats-Unis, surtout par les efforts des médecins. La Société médicale de la Pensylvanie a voté ainsi la résolution, le 30
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mai dernier, de n'admettre à l'avenir que Je système métrique dans les travaux qui lui seraient présentés, en recommandant à tous ses membres d'en faire usage dans leur pratique et aux écoles publiques d'obliger leurs élèves à s'en servir exclusivement.
L'Association médicale américaine a également adopté le 30 juin, la recommandation faite à tous les médecins d'employer ce système dans leurs prescriptions, leur enseignement et leurs écrits, à cause de son caractère uniforme international et généralement applicable par sa simplicité et sa sécurité dans les usages scientifiques. Cette initiative fait grand honneur au corps médical et ne peut que lui profiter.
Enfin, par une circulaire récente émanée du docteur Woodworth, chirurgien en chef des hôpitaux de la marine des Etats-Unis, sous l'approbation du ministre, il est prescrit à tous les médecins de ce département de ne faire usage à l'avenir que du système métrique des poids et mesures dans leurs communications officielles , médicales et pharmaceutiques, conformément à la loi du 28 juillet 1866.
EXOSTOSES. Fracture sous-cutanée. Un second exemple en est offert par M. Maunder, qui a mieux réussi que le premier; C'est une jeune fille de 15 ans qui, deux ans auparavant, s'était fait une entorse violente du genou droit. Une telle douleur en résulta avec gonflement que la marche était impossible. Une exostose se forma au-dessous de la tubérosité interne du tibia avec un large pédicule. Une peau de chamois protégeant les téguments , le chirurgien saisit le pédicule avec de fortes pinces et le fractura par un mouvement brusque, sans solution de continuité des parties molles. Des applications de glace suffirent à résorber l'ecchymose produite. La douleur disparut, et la locomotion revint normale.
Présentée à la Société clinique de Londres, dix mois après l'opération, cette jeune fille offre une différence notable avec la première opérée en 1874, de la même manière et dans des conditions identiques, d'une exostose globuleuse de la partie inféro-externe du fémur, soumise comme terme de comparaison. Celle-ci, malgré des mouvements passifs, s'est rattachée au fémur et occupe dans le creux poplitô une nouvelle situation, qui ne trouble en rien la locomotion,
EXOSTOSES
tandis que, chez la seconde, cette exostose est restée parfaitement mobile. (Clinical Soc, 14 décembre 1877.)
Cette opération nouvelle, suggérée par M. Chassaignac dès 1853, d'après la rupture accidentelle d'une exostose de la partie inférieure du fémur observée par lui, mérite donc de rester dans la pratique, puisqu'elle réalise tous les avantages de la méthode sous-cutanée et évite les accidents du traumatisme à ciel ouvert. M. Gillette met pourtant les conditions suivantes à son emploi. C'est que le pédicule de l'exostose soit assez délié pour que sa fracture puisse s'effectuer facilement et sûrement, sans trop de résistance ni de dégâts ; des efforts trop puissants et une base trop large pourrraient entraîner la rupture de l'os môme au point d'implantation de l'exostose. Il croit en outre que, jouant le rôle de corps étranger après sa rupture , elle peut causer du trouble et de la gêne, surtout dans l'article et dans le jarret, où elle se trouve située, et qu'après leur enkystement dans les tissus il y aurait avantage à les extraire comme les autres corps étrangers. (Union méd., n° 28.)
Exostoses du méat auditif. Perforation et excision. Ce n'est pas seulement contre la surdité que l'ablation ou la destruction de ces excroissances osseuses est nécessaire, mais surtout contre les accidents mortels qu'elles peuvent déterminer en s'étendant au tympan ou aux parties voisines. Un exemple en est rapporté par le docteur Green, démonstrateur d'otologie clinique de l'Université Harvard à l'hôpital de Boston, chez le fils d'un médecin qui, dès son enfance, fut atteint d'une otorrhée à gauche. Examiné à 14 ans, après bien des alternatives de mieux et de pire, il présentait un écoulement muco-purulent épais avec occlusion de la partie inférieure du méat par deux exostoses à large base, situées l'une à la paroi antérieure du méat et l'autre à la paroi postérieure. Un espace triangulaire libre existait encore en haut qui permit de constater la destruction du tympan avec granulation de la muqueuse. Pas de carie appréciable.
Les soins paternels permirent de conduire ce jeune homme délicat jusqu'à vingt-un ans sans encombre, lorsque, l'écoulement et la surdité augmentant, un nouvel examen eut lieu. Les exostoses s'étaient beaucoup accrues, et c'est alors que la question de les enlever fut agitée. Mais l'écou*
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lement ayant diminué, on attendit, il avait même entièrement cesse depuis six semaines, lorsqu'un violent mal de tête se déclara, le 22 mars, avec douleurs continues qui se localisèrent bientôt dans la région temporale gauche et 1 œil, avec photophobic, pouls à 9G, délire, prostration
La rémission momentanée de ces graves symptômes firent encore différer l'opération ; mais les accidents locaux et généraux étant revenus avec plus d'intensité vingt-quatre heures après, sans aucun écoulement de l'oreille, M. Green pratiqua une ouverture en perforant les exostoses avec un loret de trois millimètres de diamètre. Un stylet découvrit alors une cane profonde. L'apophyse mastoïde fut dès lors mise à nu et trépanée dans la direction du tympan, qui permit par des injections de faire écouler une certaine quantité de matières grumeleuses, et, grâce au renouvellement de ces injections toutes les heures, un mieux sensible s'ensuivit Mais les méninges étaient prises ; le délire revint, puis les convulsions, le coma et la mort le 30 mars. ^ Ces accidents mortels furent évidemment produits par l'extension de l'inflammation tympanique au cerveau. Que la perforation et la trépanation de l'apophyse mastoïde hyperostosiée eussent été pratiquées plus tôt, et la mort eût peut-être été prévenue.
Il n'y a donc pas à hésiter en pareil cas, et surtout, quand les exostoses sont pédiculées, à les exciser de bonne heure ou à les perforer, comme M. Bonnafont l'a fait le premier, sinon à en faire l'ablation avec la gouge et le maillet, comme trois nouveaux cas en ont été pratiqués avec succès en Allemagne. (Ann. des mal. de l'oreille, mai, n» 2.)
Les exostoses à large base sont malheureusement les plus communes. 7 cas en ont été observés par M. Green en deux ans sur des hommes, sans aucun symptôme morbide ni accroissement sensible dans trois cas. Le tympan était normal et l'audition parfaite. Elles coïncidaient dans les autres avec une inflammation chronique purulente du tympan et surdité. Lorsqu'il y a accroissement dans ces cas, l'ablation est indiquée, surtout si l'occlusion empêche l'écoulement On peut y recourir avec la gouge et le maillet, le ciseau et la lime, le davier ou l'électrolyse. M. Clarke en a guéri un cas, par ce dernier moyen, en 1873; mais un autre, opéré de même en 1876 par M. Dalby, fut suivi de paralysie latérale de la face. Le da-
vier a été employé et vanté par Mathewson. (Boston med. and surg. journal, avril, n° 16.)
EXTEIVSIOIV CONTINUE. Voy. Tumeurs blanches.
FIÈVRES. Les progrès accomplis dans leur étiologie et leur symptomatologie n'empêchent pas que souvent encore il est bien difficile d'en distinguer les différentes espèces et de les caractériser, malgré la simplification de leur nomenclature, à cause de la simultanéité de leurs manifestations diverses et même de leurs lésions anatomo-pathologiques. Le prétendu antagonisme de Boudin entre la fièvre typhoïde et les fièvres intermittentes palustres est un mythe auquel personne ne croit plus. S'il est bien constaté qu'elles ont ordinairement des lieux d'élection différents et des causes tout opposées, il n'en est pas moins vrai que la première se manifeste souvent dans un milieu exclusivement palustre et à la suite d'accès purement intermittents ou rémittents. C'est ce que le professeur L. Colin, du Val-de- Grâce, démontre avec un luxe de preuves dans un travail sur la fièvre typhoïde palustre, connue déjà sous les noms de rémittente typhoïde, sub-continue typhoïde et de typho-malarial fever par les Anglais et les Américains. Les observations faites depuis trente années en Algérie, à Rome, dans l'Inde et la plupart des contrées palustres intertropicales ou à la suite de grandes chaleurs, en déposent démesurément.
Sans confondre l'action palustre tellurique, marécageuse, qui engendre les fièvres intermittentes et rémittentes simples ou pernicieuses avec le miasme humain, animal, qui provoque la fièvre typhoïde, M. Colin ne croit pas que dans les cas où ces deux manifestations coïncident symptomatologiquement et anatomiquement, comme il en cite des exemples, elles procèdent à la fois de ces deux causes du milieu ambiant, comme l'admettent certains observateurs. La première seule agit primitivement, d'après lui ; mais le mouvement fébrile violent, l'altération profonde des sécrétions et. les accidents gastro-intestinaux intenses, résultant
r m v ni^d
de la fièvre intermittente, peuvent bien produire ensuite le miasme humain au dedans du malade lui-môme et déterminer secondairement ainsi la fièvre typhoïde ou plutôt la substituer à la première. De là la fièvre typhoïde palustre. (Arch. de mèd., mars et avril.)
Telle est en résumé la nouvelle doctrine théorique que l'auteur s'efforce, par toutes sortes de raisonnements, de comparaisons et de répétitions, à faire accepter. Elle confirme ainsi son autre théorie de la spontanéité de la fièvre typhoïde. Mais comment les prouver autremenl que par l'interprétation systématique des faits qui peuvent, avec aulant de raison et de vraisemblance, être interprétés tout différemment. De là l'incertitude et l'indécision qui régnent à ce sujet.
Physiologie pathologique de la fièvre; thèse d'agrégation de médecine, par le docteur Ducastel. Résumé de tout ce que l'on sait aujourd'hui sur ce sujet complexe , d'après les recherches récentes des auteurs des différents pays. Tous ■ces documents, mis en bon ordre, serviront utdement à se faire une opinion sur ce sujet.
Do valor das investigaçôes termometricas no diagnostico , prognostico e tratamento das pyrexias que reinan no Rio de Janeiro (Valeur des investigations thermométriques dans le diagnostic , le pronostic et le traitement des pyrexies qui régnent à Rio de Janeiro). Thèse inaugurale soutenue â la Faculté de médecine de Rio de Janeiro par le docteur Ramos; un volume in-8° de 134 pages avec 11 tracés thermométriques et les tableaux thermométriques de 47 observations de pyrexies.
Comme tous les travaux de ce genre, celui-ci est surtout une œuvre de bibliographie , d'érudition. Sur un pareil sujet, elle ne peut être que très-vaste, et encore note-t-on de nombreuses omissions ; mais le choix est bien, fait, les citations topiques et les indications précises. Les auteurs français sont particulièrement visés. Rien d'original cependant que la confirmation de ce que l'on savait sur ce sujet.
La forme spéciale des observations mérite pourtant d'être signalée. Au lieu de ces longues histoires où les points essentiels se perdent souvent, l'auteur a fait des tableaux
avec le titre de la maladie et l'état civil du malade, en marquant, jour par jour, la température du matin et du soir avec le traitement présent. C'est simple et clair.
Fièvre typhoïde. ËHologie. En rapportant deux cas de refroidissement du corps par l'ingestion rapide d'une grande quantité d'eau froide et l'action extérieure de la pluie , chez deux jeunes soldats robustes et vigoureux, le docteur Czernicki, tout en distinguant le mode d'action différente du froid, montre très-bien que la spontanéité morbide est indispensable pour produire l'intoxication typhogène. La rétention de l'urée dans le sang lui en paraît la principale cause, et c'est surtout son excrétion par les reins et la peau que l'on doit surveiller et favoriser, notamment chez les individus fortement musclés et nourris, sanguins, actifs, soumis accidentellement à des causes déprimantes, de grandes fatigues, ou qui ont été surmenés. Que le refroidissement survienne alors, et, soit primitivement, soit secondairement, la fièvre typhoïde peut éclater par auto-infection, sans qu'aucune cause locale y participe. Il se demande même si la maladie est alors contagieuse et transmissible, comme dans les épidémies. De là l'importance d'établir rigoureusement ces conditions où la dothiénenterie prend naissance pour ne pas employer des mesures de préservation inutiles. (Recueil de méd. et chir. milit. juillet-août.)
Ferment figuré du sang. Sa présence a été démontrée par M. Feltz de la manière suivante : quatre ballons préparés selon la méthode de M. Pasteur, les 12 et 13 août, et ne contenant que de l'air pur ont reçu directement et séparément l'un du sang de chien, deux de l'urine ammoniacale filtrée sur le charbon, et le dernier le sang extrait de la veine d'une femme atteinte de fièvre typhoïde. Soumis dans une étuve à une température constante de 30 à 35<> jusquen novembre, le liquide des trois premiers ballons ne contenait aucune trace de fermentation ni de ferment organisé, tandis que le quatrième répandait une odeur sut genens moins pénétrante que celle de la putréfaction, le sérum d un brun foncé, le caillot pulvérulent sans nulle cristallisation. Globules déformés, quantité énorme de glo- Mhns ovoïdes, libres ou accolés en séries formant des
J'IEVRES
filaments granuleux, sans mouvements et donnant la réac tion par l'ammoniaque d'un ferment cryptogamigue D'où la preuve que le sang typhoïde le contient en suspension el que ce ferment est susceptible de végéter, de se multiplier dans des ballons ne renfermant que de l'air pur tandis que le sang veineux normal n'en renferm- pas' (Acad. des sciences, décembre 1877.)
Ulcércdions laryngiennes. L'ouverture des voies respiratoires doit être pratiquée aussitôt que possible, suivant le docteur Kocb, par crainte des rétrécissements consécutifs du larynx, comme il en a observé deux exemples. (Voy. Rétbécissements.) Elle ne peut être que d'une influence bienfaisante pendant toute la durée de la fièvre typhoïde en favorisant l'hématose. Mais l'opérateur peut rencontrer des obstacles très-sérieux qui doivent faire préférer la trachéotomie pratiquée le plus bas possible aux ouvertures faites plus haut. Le bistouri rencontre souvent en avant du cartilage cricoïde un sac rempli de pus et de grumeaux de cartilages qui cache le champ opératoire et l'introduction de la canule. Le chirurgien dirigera facilement l'instrument sur la surface antérieure du cartilage plus ou moins mobile et passera à côté du larynx sans y pénétrer. La lame peut ainsi suivre loin, et, si le sac communique avec le larynx, il sortira de l'air, et le chirurgien croira avoir ouvert la trachée. Il enfoncera ainsi la canule dans le sac, au lien de la trachée, et fera périr le malade par asphyxie.
Le décollement de la muqueuse laryngienne peut encore augmenter les difficultés, et c'est pour n'en pas avoir tenu compte que les meilleurs chirurgiens ont été autrefois induits en erreur. Textor père pénétra ainsi jusqu'à la colonne vertébrale sur une femme de 24 ans, sans ouvrir la trachée, comme l'autopsie le montra. Il enfonça de même la canule de Bretonneau dans un vaste espace situé derrière le cricoïde, et, comme la respiration ne s'effectuait pas, il prolongea l'incision jusqu'au cartilage thyroïde, sans que la trachée fût ouverte, comme l'autopsie le montra encore. La muqueuse laryngienne étant décollée dans un cas de crico-trachéotomie, Pitha enfonça la canule, qui s'infroduisit entre la muqueuse et les anneaux de la trachée dénudés, et l'opéré mourut. Demme perdit un jeune homme de 18 ans
par la même raison, et un bien plus grand nombre d'accidents pourraient être cités et sont pour ainsi dire inévitables quand on divise l'arc antérieur du cricoïde qui soutient les cartilages arythénoïdes et les muscles laryngiens. (Ann. des malad. des oreilles et du larynx, n° 3.)
Gangrène sèche. Depuis que Bourgeois d'Étampes, le premier il y a vingt ans, attribua explicitement ce formidable accident à la fièvre typhoïde, bien des obsei'vations sont venues confirmer cette profonde interprétation clinique, en infirmant celle de l'indépendance de ces deux manifestations morbides que Béhier voulut faire prévaloir contre elle. L'école anatomique s'est chargée elle-même de démontrer leur liaison intime et leur rapport de cause à effet contre celui-là même qui les niait en son nom. Que le caillot vienne du cœur provoqué par une endocardite, ou qu'il soit formé sur place par une endartérite locale, sur un point du parcours de l'artère, l'effet est le même et également sous la dépendance de l'état général. C'est donc seulement par les symptômes cliniques que l'on peut distinguer pendant la vie ces deux manifestations différentes de la gangrène sèche des membres et en prévoir, en annoncer la complication.
La présentation faite par M. Lereboullet de deux exemples de cette double origine tend à mettre ce fait nouveau en lumière. Dans le premier, l'exploration du cœur ne révélait ni bruit de souffle, ni altération notable du rhythme, ni de l'énergie des battements ; pas même l'affaiblissement du premier bruit noté par M. Hayem dans ces manifestations cardiaques de la fièvre typhoïde dont il fait dériver la gangrène ; mais il y avait un pouls mou, inégal, irrégulier, indiquant assez l'état anormal de la circulation centrale. De plus, l'artère crurale était remplacée par un cordon dur, noueux, et l'on s'aperçut que le malade ne pouvait se tenir sur ses jambes, comme dans les paralysies ischémiques. C'en était une, en effet, car l'autopsie montra la fin de 1 aorte abdominale remplie de gros caillots d'un blanc rose, fermes, élastiques, s'étendant dans les iliaques des deux membres et venant manifestement du cœur gauche, dont l'endocarde épaissi présentait encore les traces et les débris.
Rien de semblable au contraire dans le second cas. Malgré un très-léger affaiblissement du premier bruit du cœur, la gangrène s'annonce brusquement par une douleur vive, profonde de la région externe de la jambe droite provoquée par les mouvements. Bientôt il n'y a plus de pulsations dans les vaisseaux; mais on ne constate aucune induration provoquée par la présence de caillots. La crurale est vide et toutes ses branches. L'amputation est pratiquée sans hémostase préventive, ni aucun jet de sang artériel, malgré que les vaisseaux divisés fussent béants et vides de tout caillot. On constate au contraire, dans le membre amputé, tous les caractères d'une endartérite légère, incapable de déterminer l'obturation du vaisseau.
D'où l'auteur conclut, en rapprochant ce fait de guérison de celui de M. Bourguet et d'autres, que toutes les embolies déterminant la gangrène sèche des membres dans la fièvre typhoïde ne viennent pas du cœur consécutivement à une myo ou une endocardite, comme c'est le plus souvent le cas, mais que, par une circonstance accessoire, elles peuvent débuter par ces extrémités, dans les artères périphériques, et de proche en proche s'étendre aux gros vaisseaux, sinon se développer dans une grosse artère, comme dans les gangrènes séniles et celles des adolescents. En l'absence de toute lésion cardiaque et surtout lorsque les malades guérissent, il est bien difficile d'admettre un foyer embolique venant du cœur.
M. Potain a fortifié cette doctrine en relatant trois cas de fièvre typhoïde où il se manifesta, pendant la convalescence, une douleur dans la cuisse et le mollet, se propageant le long des vaisseaux fémoraux, dont les battements avaient sensiblement diminué, sans y percevoir de cordon dur ou saillant. Sans œdème, le volume du membre atteint était supérieur à celui de son congénère de un centimètre et demi de circonférence. La température s'éleva même dans le second.
Ces symptômes ayant disparu après quelques jours, sans le moindre trouble cardiaque, ni laisser la moindre trace, tous les trois malades ayant guéri, il est impossible de les interpréter autrement que par une artérite simple, sans formation de caillot ni de thrombose et par conséquent de gangrène. (Soc. méd. des hôp., janvier et février.)
Orehite. Quatre observations en sont relatées par le docteur Hanot, dont trois recueillies dans le service de M. Bucquoy à Cochin et une dans la clinique de M. Lasègue. La douleur, le gonflement, la rougeur ne sont apparus que du 16e au 3oe jour de la fièvre, c'est-à-dire au moment de la convalescence. Un abcès en est résulté dans deux cas et la guérison a été spontanée dans les deux autres. C'est donc là une complication rare et légère, mais dont il faut être prévenu pour n'y pas attacber trop d'importance et y donner les soins voulus. (Archiv. de méd. novembre.)
Réfrigération locale. Pour remplacer les bains froids, ledoctcur Clément a imaginé une ceinture en caoutchouc qu'il applique sur la région lombaire et la paroi abdominale dans les maladies fébriles à température excessive. Deux robinets supérieurs servent à introduire l'eau froide, et deux inférieurs servent à la vider. On peut doser la réfrigération à volonté en renouvelant l'eau tous les quarts d'beure. Régulièrement, la température est ainsi abaissée de deux dixièmes de degré, soit huit par heure. En deux heures et demie,, l'abaissement est de deux degrés. Un abaissement plus rapide est obtenu au besoin par un renouvellement plus fréquent de l'eau.
L'emploi de ce moyen est évidemment plus simple et facile que les bains froids et moins pénible pour les malades. L'application topique du froid sur le ventre peut même être utile, surtout dans la fièvre typhoïde ; mais n'en peut-il pas résulter aussi des lésions cutanées ? L'expérience le dira. (Association française.)
Seigle ergoté. Chez un garçon de 20 ans entré à Lariboisière le 10e ou 12e jour d'une fièvre typhoïde grave à forme adynamique avec langue sèche et brune, gencives fuligineuses, parole difficile, idées confuses, délire, ventre rétracté et autres signes de collapsus, M. Siredey administra l'ergot, suivant les indications de M. Duboué, contre l'ataxo-adynamie. Après deux grammes pris dans les vingtquatre heures, une amélioration sensible eut lieu. Les soubresauts musculaires avaient cessé, et, en en continuant l'usage pendant trois jours, tout danger disparut et ce malade guérit. C'est donc une indication précise pour les cas semblables. (Journal de méd. et chir. pratiques, février.)
J" PIÈVBES Injections morphinôes. Employées par le docteur RI =ue dans trois cas, suivait la méZd d ??£jiï£ contre la syncope, si redoutable dans cette maladte eUes ont été sûmes de gnérison dans deux, donl Z femml d 35 ans et un enfant de !3 ans. La troisième maLTsuc! comLa au quatorzième jour. Voy. INJEm0N8 HO^mÏL
la /WVje («pjotffl, par Charles Murchison, membre dû Collège des médecins et de la Société royale de Londres professeur à l'hôpital Saint-Thomas et médecin de l'hôpital
et de Un !t in"8° de 409 Pa^es avec des Poches
Ppttp t , ? tah GauX ; Paris> librairie G« BaOHire. Cette traduction française d'un ouvrage qui a eu un
grand succès en Angleterre, et que son retentissement euro-
S^nflS IT-i n°US 6St d0nnée dans les meilleures conditions Elle est faite par le docteur Lutaud, ex-médecin de 1 Hôpital français de Londres, fondé par M. Henry Guéneau de Mussy, le médecin de la famille d'Orléans, qui a présidé a cette traduction. Patronnée et exécutée ainsi par deux médecins français familiers avec la langue et la médecine anglaises elle présente toutes les garanties d'exactitude et a interprétation.
Par Y Aperçu de la théorie du germe contage, publié l'an dernier par M. H. Guéneau de Mussy et qui forme l'introduction de cet ouvrage, on peut savoir déjà qu'il est la plus haute et nette affirmation de l'origine fécale de la fièvre typhoïde et de sa distinction formelle d'avec le typhus typhus fever des Anglais, que plusieurs médecins célèbres confondent encore par tradition. Le. titre de fièvre typhoïde, diminutif de typhus, est ainsi inusité, délaissé par l'école actuelle et remplacé par celui de fièvre entérique, enteric fever, pour en marquer les lésions les plus constantes et apparentes, auquel l'auteur a substitué celui de fièvre pythogénique, pour mieux en faire comprendre 1 etiologie putride.
La longue discussion qui a eu lieu à ce sujet l'année dernière à l'Académie de médecine, et résumée ici, nous dispense d'y insister, aussi bien que la distinction du typhus et de la fièvre typhoïde , depuis longtemps reconnue et consacrée en France. Disons seulement que l'on en trouvera ici des preuves aussi précises et démonstratives que possible.
Ce Traité de la fièvre typhoïde a en effet toute la précision de celui de Louis, avec un caractère supérieur de généralisation, d'universalité, d'observation, qu'il a pu acquérir depuis 1841 parles nombreux travaux faits partout, en France en particulier. Une bibliographie universelle complète, depuis le xve siècle et contenant dix-huit pages, en donne la description. Sauf l'étiologie et la nosologie, on n'y trouvera rien de nouveau que la fréquence et la mortalité de cette fièvre en Angleterre, avec la manière spéciale de la traiter. C'est donc un livre de fond très-recommandable.
Fièvres intermittentes. Solution alcoolique d'iode. Devant la cherté de la quinine et le danger de l'arsenic, le docteur Nowodnitschauski, qui exerce dans un pays où les fièvres intermittentes abondent, emploie cette solution à la dose de 10 à 12 gouttes dans un demi-verre d'eau sucrée, toutes les huit heures, en en diminuant graduellement la dose dès que la fièvre est coupée. Il en obtient ainsi des succès depuis longtemps,- qu'il attribue à l'action élective de l'iode sur le système glandulaire. La malaria étant produite par des parasites daus le foie et la rate notamment, l'iode les tuerait?... (St-Petersburger med. Woch. n° 21.)
Quinoïdine. Le prix de plus en plus élevé du sulfate de quinine est un grave obstacle à son emploi dans les campagnes des pays à fièvre surtout, où son usage prolongé est nécessaire pour éviter les rechutes. C'est ainsi que le prix relativement minime de la quinoïdine, isomère de la quinine, a conduit le docteur Burdel, de Vierzon, à l'employer dans sa clientèle de la Sologne , à l'exemple des succès remarquables que M. Bouchardat en avait obtenus. C'est une substance de nature résineuse , incristallisable , qui se trouve dans les eaux-mères ayant servi à la fabrication du sulfate de quinine. Épurée par M. Duriez, pharmacien-chimiste, elle a donné dans les fièvres quartes notamment, avec ou sans cachexie, et dans la cachexie même, des résultats aussi favorables que le quinium. 40 fiévreux ont ainsi été guéris, dont 8 de fièvres quotidiennes, 6 de fièvres tierces, 12 de fièvres quartes, 6 de cachexie et 10 de fièvres périodiques mal déterminées. Sur 8 névralgies, au contraire, 3 sciatiques seules en ont été guéries.