GROSSESSE
érosion, exulcération du col, rougeur, gonflement ou ramollissement, comme c'est souvent le cas dans les premiers mois de la grossesse, il est permis de s'expliquer cette action efficace du nitrate d'argent, car, dans l'état de vacuité de l'utérus, cet état du col suffit à provoquer des accidents nerveux assez graves, que la cautérisation fait disparaître en guérissant le mal local. Mais il n'est pas fait mention de cette complication. Et d'ailleurs il faut ne cautériser alors qu'avec réserve et modération, car ces simples cautérisations ont suffi au docteur Giordano pour provoquer Favortement et même l'accouchement prématuré , comme nous l'avons signalé en 1863. (Union mécl., n° 23.)
C'est à la pulvérisation de Véther avec l'appareil Richardson que le docteur Lubelski , de Varsovie , a recours. Une douche ainsi faite sur l'estomac et sur la partie correspondante delà colonne vertébrale, pendant trois à cinq minutes ou plus, et renouvelée toutes les trois heures, lui a donné des succès presque constants. {Académie de méd. de Belgique.)
Essayé par M. Dujardin-Beaumetz sur une femme au deuxième mois de la grossesse, dont aucune médication ne pouvait empêcher les vomissements, ce moyen, employé cinq minutes après les repas, a suffi à les faire garder, et, huit jours après, les vomissements avaient cessé complètement. (Soc. de thérap.)
C'est avec les injections hypodermiques de morphine, à la dose de six à huit milligrammes, renouvelées trois à quatre fois par jour, que le docteur Crowell mit fin à des vomissements incoercibles que toutes les applications sur le col et les lavements avaient été incapables d'arrêter. Dès la première, les liquides purent être conservés dans l'estomac et le sommeil suivit. Aucun accident de morphinisme n'apparut, malgré l'usage prolongé de ces injections. Après un accouchement rapide, toutes les fonctions s'exécutaient normalement. (Boston med. and surg. journ. octobre, n° 15.)
C'est le bromure de potassium, à la dose de 2 à 4 grammes dans du thé de bœuf, de l'eau-de-vie et du landanum, donné en lavements toutes les quatre heures, jusqu'à cessation des vomissements, que le docteur Busey a trouvé le plus efficace. (American journ. of med. se, janvier.)
lu
HÉMATOCÈLE
HÉMATOCÈLE. Klebs ne s'explique pas la formationde l'èpanchement sanguin liquide dans l'espace de Douglas, qui constitue I'hématocèle rétro-utérine, si des adhérences primitives ne le ferment pas avant. Autrement, il envahirait tout l'abdomen en s'insinuant entre les intestins, comme après les ruptures de la trompe, car il ne s'agit pas ici de concrétions polypiformes, comme dans les métrorrhagies , mais de sang liquide ou séro-purulent. Il ne peut donc être contenu que dans un sac fermé.
L'augmentation progressive de la tumeur ne s'explique pas davantage, car il n'y a pas de vascularisation locale du péritoine, comme dans les couches fibrineuses de la duremère. Les exsudats péritonéaux se vascularisent et se soudent facilement.
Krieger admet deux formes d'hématocèle : aiguë et progressive. La première résulterait du sang menstruel et la seconde d'une grossesse tubaire, comme il en relate deux exemples qui viennent à l'appui des objections précédentes.
Un anévrysme faux, formé par la rupture d'une des nombreuses artères du tissu conjonctif qui relie le péritoine à la face postérieure du col de l'utérus, ne peut-il simuler I'hématocèle rétro-utérine ? Byford l'admet, d'après un exemple qu'il rapporte. (Chicago med. examiner, 1877.)
Aussi, pour éviter plus sûrement tout danger par l'incision de ces tumeurs suspectes, M. Cotelle préconise la ponctioa aspiratrice capillaire. Employée par le docteur Vaslin dans une énorme hématocèle, il en retira 1200 grammes de sang noir en vingt-cinq minutes. Une amélioration immédiate en fut le résultat. (Thèse inaugurale, Paris, 1877.)
C'est encore ainsi qu'à la suite d'une chute élevée d'une gymnaste de 17 ans, une tumeur arrondie, pyriforme,s'étant formée dans la paroi antérieure du vagin, le docteur Murray y plongea l'aiguille de Dieulafoy et en retira 3o0 grammes de sang noir non coagulé sans aucun accident. (Philadelphiu med. Times, 1877.)
De I'hématocèle péri-utérine, thèse d'agrégation à la Faculté de médecine de Paris, par le docteur Poncet. Exposition
HÉMATOCÈLE
méthodique et claire des théories pathogéniques de cette affection, discutées avec un grand sens pratique. L'exhalation sanguine aiguë du péritoine est ainsi rejetée comme impossible. L'épanchement entre les deux feuillets ne constitue qu'une exception. La rupture d'une veine ovarienne est beaucoup plus fréquente et le reflux du sang de l'utérus en est peut être encore plus souvent la cause. L'hémorrhagie de la trompe n'est qu'une exception rare, tandis que celle de l'ovaire, la ponte spontanée, est beaucoup plus vraisemblable. Évidemment ce sujet n'est pas épuisé, car, en dehors des épanchements sanguins chez la femme, il y a ceux de l'homme qui ne sont pas mieux connus dans leur pathogénie et dont les symptômes se confondent avec ceux des kystes abdominaux.
Hématocèle péri-vésicale. Le repli formé par le péritoine autour de la vessie, et surtout à la partie postérieure, est désigné sous le nom de loge ou cavité de Retzius qui l'a décrite le premier. Elle paraît être le siège d'inflammations, de phlegmons, d'hémorrhagies, d'épanchements peu connus jusqu'ici, en raison de leur profondeur et de leur localisation. Ils simulent la péritonite, sinon la rétention d urine, et ont été probablement confondus avec ces maladies depuis un temps immémorial. La coïncidence de plusieurs cas observés dans les hôpitaux tend pourtant à élucider ce sujet obscur. Un vieillard de 67 ans, entré à 1 hoprtal Saint-Antoine, le 20 mai 1877, pour une affection mitrale non compensée, offrit ainsi, six jours après, à M. Dujardm-Beaumetz, les symptômes suivants attribués à l'hématocèle péri-vésicale.
Sans douleur ni cause appréciable apparaît une petite ecchymose de couleur violette très-foncée, formant saillie au milieu même de la cicatrice ombilicale, et limitée par un reph arrondi On y fait peu attention, vu le bon état géné al du malade. Mais, dès le lendemain, l'ecchymose a envahi la région hypogastrique , le tissu cellulaire de la verge et du scrotum; elle se montre même au pourtour de i anus et Ion découvre, par la palpation, une tumeur arrondie ayant la forme et la situation de la vessie distendue On croit à une rétention d'urine; mais le cathéténsme démontre l'erreur. La vessie a ses dimensions nor-
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maies et contient une urine saine et limpide. Rien au toucher rectal; prostate peu volumineuse. Néanmoins l'ecchymose envahit la partie interne des cuisses, et, passant par toutes les phases de coloration des épanchements sanguins, elle disparaît peu à peu, en même temps que la tumeur vésicale, sous l'influence de l'usage interne du perchlorure de fer; le malade sort de l'hôpital, le 21 juillet, n'ayant plus qu'un peu d'induration à la région vésicale.
On crut d'abord à une rupture des veines du plexus prostatique; mais une consultation eut lieu avec Yoillemier et M. C. Paul, qui, d'après les rapports du péritoine avec la vessie et la communication du tissu cellulaire péri-vésical avec celui de la peau sur tous les points ecchymosés, conclurent à une hémorrhagie de la cavité de Retzius ou hématocèle péri-vésicale. C'est ainsi que, dans tous les cas de phlegmon de cette cavité éclairés par l'autopsie, une tumeur péri-vésicale est apparue comme premier symptôme et simulant la vessie distendue. (Voy. Phlegmons.)
Ce diagnostic est d'ailleurs confirmé par une observation suivie d'autopsie faite par le docteur Léon. Ayant à pratiquer l'uréthrotomie externe à un homme de 39 ans pour un rétrécissement, il avait fait préalablement une ponction aspiratrice de la vessie, qui paraissait volumineuse et distendue par l'urine. Au contraire, on n'en retira qu'une faible quantité. Cet homme ayant succombé, on trouva le péritoine péri-vésical très-épaissi, avec une masse molle, pultacée, aréolaire, gorgée de sang comme le placenta, y adhérant intimement et formant ainsi, tout autour de la vessie et surtout en avant et sur les côtés, une enveloppe qui atteignait en certains points plus de deux centimètres d épaisseur. [Bull, de thérap., Vô avril 1877.)
Ce fait, désigné sous le nom de fongus hématode perivésical, est donc la démonstration anatomo-pathologique du précédent; il en confirme et établit le diagnostic Soc. méd. des hôp., novembre 1877, et Union méd n° 13.) Le signe diagnostique, en pareil cas, est donc la tumeur vésicale ne diminuant pas par le cathétérisme et coïncidant avec des ecchymoses récentes de cette région.
l'on discute ardemment en France pour savoir si la toi ulacée
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de Van Thieghem, ou plutôt la diastase qu'elle sécrète, est la cause de la décomposition ammoniacale des urines, comme le soutiennent MM. Pasteur, Cazeneuve et Livon, d'après leurs expériences, c'est à décider si un ver nérnatoïde, un filaire, n'est pas aussi la cause parasitaire des urines hémato-ckyleuses des pays intertropicaux, que l'on s'occupe avec non moins d'ardeur en Amérique. Étudiant ce filaire dans son origine, sa génération, ses métamorphoses et ses pérégrinations de l'état embryonnaire à l'état adulte, comme on le fait ici de la bactéridie et de son germe, on le regarde aussi comme la cause parasitaire unique de plusieurs endémies graves et spéciales de ces pays, aussi distinctes jusqu'ici que la septicémie du charbon. Là-bas comme ici, comme partout, le parasitisme pathogénique est donc en vogue ; c'est la doctrine du jour. La panspermie, issue des recherches de M. Pasteur et soutenue, accréditée chaque jour davantage par ses ingénieuses expériences, lui donne une telle importance que chaque médecin est appelé à prendre parti pour ou contre elle. La nature parasitaire de l'hémato-chylurie a pu être soutenue récemment ainsi par le docteur J. de Moura, dans sa thèse inaugurale devant la Faculté de médecine de Rio-de-Janeiro.
L'uniformité, moins le volume, de ces vers filiformes dont le dragonneau est le type, tend malheureusement à introduire une fâcheuse confusion entre eux. Comme tous les infiniment petits, il est très-difficile de les distinguer l'un de l'autre, malgré le secours du microscope. Il échappent à ce puissant moyen d'investigation contemporaine, de même que la bactéridie, qui est aussi un bâtonnet filiforme, et il est à prévoir que l'on ne soit obligé, comme pour elle, à recourir à la culture expérimentale pour justifier de leur identité. Parasites ordinaires de l'homme et des animaux, ces vers sont d'autant plus intéressants à étudier, à différencier, d'après leur siège, leur évolution et leurs effets, que 1 on en fait, comme de la bactéridie, la cause déterminante des maladies les plus fréquentes et les plus graves. De là les recherches nouvelles et intéressantes faites sur le filaria sanguints hominis en particulier, la découverte des divers états de ce parasite, ses métamorphoses et son action morûide, dont il nous semble utile de faire l'exposé pour juger de la valeur de cette nouvelle étiologic parasitaire.
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L'origine en est dans la découverte du disto?num hemalobium, faite par Bilharz en 1851 dans le sang et l'urine des hématuriques d'Egypte. Confirmée par Griesinger, constatée de nouveau par Huxley au cap de Bonne-Espérance, et sanctionnée par l'helminthologiste anglais Cobbold , cette découverte fit rechercher ce filairo dans les autres contrées où l'hémato-chylurie est endémique. Une infinité de larves microscopiques de ce ver furent ainsi constatées, le 4 août 1866, dans les urines chyleuses ou laiteuses des hématuriques du Brésil par Wucherer, médecin allemand résidant à Bahiar avec des différences tendant à en faire une variété spéciale. Peu de temps après, Salishury le rencontrait aux Etats-Unis et le décrivait sous le titre de Trichina cystica. Lewis, l'observant dans l'Inde, lui donna le premier son nom de Filaria sanguinis hominis. Crevaux le rencontra de même aux Antilles françaises.
Soumis à l'examen de Leuckart par celui qui l'avait découvert au Brésil, ce ver fut surnommé Filaria Wuchereri, du nom de son compatriote allemand, et c'est ainsi que Wucherer en publia la première description dans la Gazeta medica da Bahia le 15 décembre 1868. (Voy. année 1809.) Depuis, il a toujours été désigné sous ce nom par les différents médecins brésiliens qui s'en sont occupés, notamment le docteur Silva Lima.
Mais le nouveau filaire fut bientôt observé dans d'autres liquides et sous divers états . Lewis le constata dans le sang et la lymphe des grands pachydermes de l'Inde, comme l'éléphant. O'Neill , chirurgien anglais , reconnut que le crawcraiv, maladie prurigineuse de la peau des nègres de l'Afrique occidentale, était aussi produit par un Pilaire différent du dragonneau. {Lancet, 4875.) En 1877, le docteur Félix dos Santos rencontra le fdaria Wuchereri dans le liquide d'une tumeur éléphantiasique du scrotum et, le 20 septembre, dans l'écoulement spontané d'une jambe éléphantiasique, comme en témoignent les faits communiqués à la Société de médecine de Rio-de-Janeiro.
Il était dès lors évident que la présence de ce parasite n'était plus seulement caractéristique des urines chyleuses, comme on le croyait ; son origine devait donc en être recherchée ailleurs que dans la vessie. Il n'était là qu'à l'état jeune et de développement. Il convenait donc de le trouver
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â l'état d'embryon pour constater son origine et à l'étal •adulte pour en connaître les pérégrinations.
La faveur dont le parasitisme est partout l'objet fit réaliser ces deux importantes découvertes presque simultanément. Le docteur Pierre de Malgalhâes ayant soumis au microscope le sédiment de l'eau potable de Carioca, déposé •sur le filtre de sa fontaine, y constata, au milieu d'une grande quantité de détritus végétaux, quelques fils et différents infusoires, un filaire à l'état embryonnaire, sans organes reproducteurs. Ce nématoïde était vivant et se mouvait en tous sens avec une grande rapidité. Sa ressemblance avec le filaire de Wucberer le fit examiner attentivement en présence de plusieurs collègues. 11 mesurait 52 centièmes de millimètre de long sur douze millièmes de grosseur. Incolore, demi-transparent et rendu visible par la réfringence de son corps avec le liquide où il se trouvait, il présentait quelques granulations à l'intérieur, même vivant. Ses extrémités cépbalique et caudale avaient la même conformation que celle du filaire de Wucberer, la première un peu arrondie et la seconde se terminant en pointe. Près de l'union du tiers inférieur avec le tiers moyen existait une petite tacbe linéaire, à peine sensible, qui paraissait être l'orifice anal. La boucbe était circulaire et un peu plus visible que sur le filaria Wuchereri, de même que l'œsopbage. Avec un grossissement très-considérable, on apercevait peu distinctement trois ou quatre petits appendices très-courts et fins à l'extrémité cépbalique, près de la boucbe, qui disparurent après la mort. Des vestiges de stries circulaires autour du corps en étaient une autre différence.
Sauf ces deux particularités exceptionnelles, cet embryon ressemblait à ceux qui se rencontrent dans les urines hémato-chyluriques. Leuckart dit d'ailleurs que ces filaires parasites peuvent subir des métamorphoses par le changement d'habitat. Ces appendices et ces stries pourraient donc bien être des caractères de transition.
Un examen ultérieur de l'eau sédimenteuse où avait été rencontré ce filaire embryonnaire montra, pendant six jours, un véritable vivier de ces embryons. Douze en furent examinés, dont dix vivants, plus petits que le premier. L'un des plus déliés mesurait seulement vingt-trois centièmes de millimètre de long sur huit millièmes de millimètre de grosseur.
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Tous étaient identiques au filaire Wuchercri, sauf quelques granulations intérieures ressemblant au détritus végétal de l'eau qui leur servait d'aliment. Un seul des plus volumineux fut trouvé pourvu des appendices signalés et les vestiges de stries rencontrés seulement sur quelques autres.
Mais une particularité plus remarquable est l'enveloppe en fourreau ou étui parfaitement constatée sur un nématoïde mort et semblable à celle que décrit Lewis chez le Filaria sanguinis hominis. Une rupture transversale de cette enveloppe s'était opérée sur l'animalcule entier, et les deux fragments écartés en dépassaient chaque extrémité correspondante, tout en conservant la même forme. Cette membrane embryonnaire fut rencontrée sur un autre filaire écrasé accidentellement et dont la démonstration fut moins évidente.
A ces différences du filaire, faut-il voir les caractères d'un âge plus avancé de son développement dans l'eau ou les traits distinctifs d'espèces différentes ? C'est ce qui reste à vérifier. Mais il n'est pas moins démontré que l'eau potable de Carioca contient des filaires semblables à celui de Wucherer et qui, ingérés par l'usage de cette eau, peuvent donner naissance à un hôte des plus incommodes et malfaisants pour l'organisme, comme le démontre sa découverte à l'état adulte.
C'est à Brisbane en Australie qu'elle a été faite, le 21 décembre 1876, par le docteur Bancroft. Il rencontra ce filaire adulte dans un abcès lymphatique du bras et le liquide d'un hydrocèle.Il mesurait trois à quatre pouces de long et avait la grosseur d'un cheveu humain. De là le nom de Filaria Bancrofti qui lui est donné .
Confirmée le 7 août 1877 à Calcutta par Lewis, cette découverte a été faite de nouveau au Brésil par le docteur Silva Araujo, le 16 octobre, et presque, simultanément, le 2 novembre suivant, par le docteur Félix dos Santos. Ouvrant un abcès lymphatique du bras conjointement avec le docteur de Moura, il rencontra dans le pus cinq grands vers dont un entier, ayant deux pouces de long , blanc et gros comme un cheveu. Au microscope, on distinguait parfaite ment ses extrémités céphalique et caudale, la première ayant la forme particulière des nématoïdes avec l'orifice
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buccal à l'extrémité et quatre palmes autour , comme chez les suceurs. Canal digestif unique s'étendant de l'une à l'autre exlrémité. Structure arôolaire. Le canal gynécophore, s'étendant sur les côtés du tube digestif sous forme variqueuse, est beaucoup plus développé au milieu du corps jusqu'à la queue. Des myriades d'œufs remplissaient les sacs et s'échappaient par les fentes latérales du tégument.
Le cas du docteur Araujo était encore plus curieux et nouveau. Des embryons et des adultes de ce filaire furent rencontrés chez son malade atteint des diverses maladies où il avait été trouvé séparément. Après plusieurs érysipèles et une première attaque de chylurie trois ans avant il fut pris de craiv-craio, après s'être baigné dans une lagune et présentait des urines chyleuses , un épanchement lymphatique du scrotum éléphantiasique lorsqu'il fut observé C'est donc là un cas type et qui résume en lui toutes les observations précédentes.
Ces constatations, faites en présence et avec le concours de plusieurs médecins, n'ont pourtant pas permis de découvrir la différence des sexes dans les fragments des autres fl aires. Mais il reste avéré que le Filaria sanguinis hominis est 1 adulte du Maria Wuchereri en voie de développement dans le sang et l'urine des hématuriques. Le doch mr tanson 1 a constaté par de très-nombreuses observations faites à Amoy et publiées dans la Customs Gazette sous le titre d Hematozoa. Et telle serait la fréquence de ce filaire adulte que cl après les observations de ce médecin , un huitièmê de la population en serait atteinte. me Le même ver parasitaire existerait donc sous trois états différents : embryon dans l'eau, en évolution dans le sa£ et 1 urine, adulte dans le pus et le sérum, dans l'intest n e°t sous la peau Mais il reste à savoir comment et pour^of en 1 absence d'organes sexuels, il se trouve dans un 1 Zdé distinct sous ces divers états. liquide
Voici, d'après Cobbold, le secret de ces fraT»mn+„r Par une lettre du 20 avril 1877, le docteu ^Z t^n
mliiTl T ' PT /aV°lr S'ils ne sucent Pas ainsi le tandis r ?g lG transP°rter dans l'eau ou à l'homme
anutc if'; 6 v n°Ve?brf SUlvant • 10 docteui> Manson lui annonçait sa découverte du filaire humain dans l'estomac
GAUNlEn.
III'IMATO-CMYLURIE
des moustiques ayant piqué et sucé des hématuriques atteints du Filaria sanguinis hominis. Il en donne trente-cinq observations additionnelles, suivant l'influence de l'âge, du sexe, des occupations et autres conditions des malades. II dit même, chose plus intéressante encore : que la femelle du moustique, après avoir ainsi aspiré le parasite du sang humain , le dépose ensuite avec ses œufs en les éjaculant, et qu'il devient le moyen de transmission et de propagation de la maladie. De là son apparition dans certains districts à l'exclusion d'autres, et tel serait le phénomène gônésique de ces métamorphoses que le célèbre belminthologiste anglais ne fait nulle difficulté de l'admettre pour l'accomplissement du cycle de la vie filarienne, — the complétai of the ftlarian life-cycle. Il a démontré, par la dissection des moustiques, qu'ils sucent les filaires du sang de l'homme et qu'ils les déposent dans les eaux des citernes et des puits , d'où ils sont absorbés ensuite par ceux qui font usage de ces eaux. Bien plus, il n'hésita pas, en communiquant ces faits à la Société de médecine de Londres, le 12 mars dernier, et d'accord avec MM. Araujo et Manson, à réunir toutes les maladies ayant cette origine parasitaire commune. La nosologie clinique est ainsi subordonnée à i'étiologie parasitaire, et voici rhémato-chylurie,réléphantiasis, le craiv-craw et certains abcès ganglionnaires, jusqu'ici séparés, réunis dans une même famille en vertu d'un simple filaire.
Mais ces découvertes successives ont soulevé bien des compétitions pour s'en attribuer la priorité. A côté des médecins brésiliens, M. Silva Lima en tête, réclamant énergiquement pour leur collègue Wucherer tout l'honneur de la découverte primitive faite dans leur pays, Cobbold tient bon pour ses compatriotes Lewis, Bancroft et Manson, qui l'ont complétée en montrant les diverses métamorphoses du filaire. Chacun a donc sa part dans cette découverte, mais il est évident que la priorité en remonte à Wucherer, qui, le premier, a appelé l'attention sur lui. Nous pouvons d'autant mieux en témoigner ici que nous avons été témoin de ses efforts. Dans son passage à Paris en 1868, il nous fit l'honneur de nous visiter de la part de notre confrère et ami Silva Lima et nous entretint de sa découverte, en allant la soumettre à Leuckart. Le nom de Filaria Wuchereri doit donc être conservé à ce ver parasite plutôt que celui de
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Filaria Bancrofti, comme le veut Cobbold , sinon celui plus générique et plus vrai de Filaria sanguinis hominis, qui met fin à toute contestation. (Lancet, nos 2 et 13.)
Voici donc, en résumé, d'après les méthodes actuelles d'examen, d'expérimentation, et en vertu des doctrines panspermistes eu vogue, les moustiques accusés d'engendrer et de propager l'hémato-chylurie et l'éléphantiasis des pays chauds, comme autrefois les mouches ont été accusées de communiquer le charbon à l'homme et aux animaux en leur inoculant , par leur piqûre , la bactéridie coupable. L'étiologie est la même dans des climats opposés. Et ces germes si graves et dangereux sont si fins, si ténus, qu'il suffit, pour leur donner passage, du suçoir d'un diptère quelconque. Quelle distance à la trompe d'un éléphant !
A la subtilité de cette explication , on se demande si le prétendu positivisme, dont se targuent les observateurs d'aujourd'hui, est beaucoup plus consistant que les théories vitalistes, si la ténuité de ces germes morbides, admis comme visibles et tangibles, n'équivaut pas à la valeur vague des mots de prédisposition, de hasard, de fatalisme, dont on se payait autrefois. Seulement, comme il faut donner un nom, un corps à toute théorie pour la faire accepter maintenant, on se sert du microscope ou du réactif pour trouver quelque chose, et au besoin du moustique pour lui servir d'intermédiaire et de milieu , le faire éclore et cheminer. Exemple frappant de l'extrémité où en est réduit le parasitisme pour trouver des preuves de sa réalité.
Aussi des négations formelles, des contradictions flagrantes n'ont-elles pas manqué de se produire aussitôt contre cette nouvelle théorie du parasitisme. Le docteur Tilbury Fox a positivement nié, devant la Société de médecine de Londres, que les filaires , qui se rencontrent en grand nombre et dans divers états d'irritation chez l'homme , soient 1 accompagnement obligé de l'éléphantiasis, comme il donne deux exemples à l'appui. Le docteur Magalhâes, qui a découvert l'embryon du Filaria Wuchereri dans l'eau de Carioca, y a constaté également la présence, simultanée d'acariens mâles et femelles, morts ou vivants, avec tous leurs caractères, de même que dans l'urine des hématuriques comme dans celle d'individus qui ne l'étaient pas et n'avaient pas de Maires, notamment dans l'urine albumineuse. Toutes ces
184 HÉMORRHAGIES constatations ont été faites avec le même soin, la même précision que les précédentes et en présence de plusieurs médecins micrographes de Bahia, qui ont très-clairement reconnu le sarcopte de la gale. Le docteur Araujo en a aussi constaté la présence dans la sérosité du scrotum éléphantiasique de son malade avec les fllaires. (Progresse» med., décembre 1877.)
Comment, après ces diverses constatations contradictoires, attacher l'importance étiologique exclusive au Filaria sanguinis hominis dans toutes les maladies où il se rencontre? Pour qui connaît la malpropreté habituelle des habitants des pays chauds, leur promiscuité avec leurs animaux, il est bien plus simple de penser que les filaires, comme les acariens rencontrés accidentellement dans ces liquides, provenaient d'une autre source. Il est plus logique de faire cette supposition que de renverser l'ordre naturel, au moins jusqu'à plus ample informé.
HÉMORRHAGIES. Elles sont assez souvent le signe initial, précoce, avant-coureur du cancer de l'estomac comme de la tuberculose pulmonaire. M. Dieulafoy le rappelle en mettant en parallèle plusieurs exemples de ce genre où des gastrorrhagies successives, hématémèses oumœlena, et des hémoptysies ont paru en pleine santé, plusieurs annéés avant le développement évident de la maladie, et alors que rien, sinon l'hérédité, n'en pouvait faire pressentir la signification. Il distingue donc ces hémorrhagies primitives, actives, fluxionnaires, congestives, prémonitoires qui sont les signes, les avertissements, les menaces de la tuberculose pulmonaire ou du cancer stomacal, des hémorrhagies secondaires ou passives consécutives , symptomatiques de ces graves altérations et qui, déterminées par la friabilité et la rupture des petits vaisseaux, en sont comme la conséquence et le dernier terme.
Et pour montrer que ces bronchorrhagies primitives ne sont pas la cause de la phthisie, suivant la théorie de Morton : Ab hemoptoe tabès, il signale l'existence de ces hémorrhagies de l'estomac survenant deux ou trois ans avant le développement du cancer , sans qu'aucun observateur ait jamais pensé à en rapporter la formation à ces hématémèses. L'une et l'autre doivent donc être considérées comme les prodromes menaçants de ces graves affections, surtout
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chez les gens prédisposés héréditairement, et servir d'avertissement pour en combattre l'invasion au moins par l'hygiène, sinon par la thérapeutique. {Gaz. hebd., n° 35.)
^ De l'hémostase définitive par compression excessive, par E. Kœberlé, brochure grand in-8° de 56 pages, avec 26 figures. Paris, 1877.
Il s'agit du pincement des vaisseaux par la forcipressure, dont l'auteur réclame la priorité, non dans l'application de ce moyen, dont l'historique montre l'origine ancienne, mais dans la manière de l'employer. Lu lieu de laisser les pinces en place pendant plusieurs heures et même plusieurs jours, selon Je calibre des vaisseaux, le chirurgien de Strasbourg, exerçant une compression très-forte, grâce au modèle de pinces hémostatiques qu'il représente et qu'il compare avec les autres, ne les laisse en place que durant l'opération. C'est donc là un grand avantage pour la réunion immédiate et même la cicatrisation définitive.
Un Epilogue a été ajouté par M. Kœberlé pour soutenir ses droits de priorité et se défendre des attaques injurieuses de son contradicteur. Mais ce débat personnel n'est pas de notre domaine.
Hémormagies cérébrales. Injections hypodermiques d'ergotme. L apoplexie cérébrale, dit M. Foster, est essentiellement une effusion de sang causée par la rupture des petites artères du cerveau. Guidé par l'emploi de Fergotine en pareil cas et par son action sur la contraction des petites artères il fut conduit à l'employer chez deux vieillards qui venaient d être frappés soudainement d'apoplexie. L'un avait 72 ans et l'autre 64. Ils étaient plongés dans le coma, qui augmentait pendant l'application des dérivatifs. Après s'être assure que le cœur était intact, il injecta profondément, dans les muscles du bras, dix gouttes d'une solution de dix grains dergotine pour un drachme d'eau (65 centigrammes pour ^ grammes) en renouvelant ces injections en plusieurs enaïoits. Dans les deux cas, le coma diminua graduellement, et es deux malades se rétablirent parfaitement. (Lancet, n° 12, septembre.) '
FIl [aiS°n de rinnocuité et de la facilité d'emploi de ce mcae, on peut au moins en essayer l'action quand on est appelé promptement.
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Hémorrhagies post-partum. Injections intra- utérine s dvau chaude. IQ, accouchées do L'hôpital Rotunda, de Dublin, âgées do 19 à 3G ans, dont six primipares et les autres multipares, soumises à ce moyen par le docteur AtlhiJ], du 20 novembre 1877 au 19 janvier suivant, n'en ont éprouvé aucun accident. Des contractions énergiques de l'utérus ont produit dans un seul cas des douleurs analogues à celles du travail. Chez toutes, l'hémorrhagie a été immédiatement arrêtée, alors que les applications froides, le seigle ergoté étaient restés inefficaces. Le pouls a constamment diminué aussitôt.
^ Ces résultats, justifiés par les observations, indiquent donc l'emploi de ce moyen. L'auteur ne le prescrit cependant qu'après l'insuccès du froid, en particulier cbez les femmes faibles, délicates, quand l'écoulement du sang persiste par la contraction et le relâchement alternatifs de l'utérus. Le tube de la seringue doit être introduit dans l'intérieur, et l'eau portée à la température de 110 à 11 S0 Fahr., soit 61 à 62 centigrades. Il est aussi applicable dans l'avortement, que l'œuf soit ou non expulsé. (Lancet, n° 6.)
Il en est tout autrement à Strasbourg. De l'eau chaude à 38 ou 40o R., employée contre 20 métrorrhagies profuses après l'accouchement, survenues à la clinique obstétricale de l'Université, n'a donné au professeur Bunge qu'un succès relatif contre l'atonie de l'utérus. Sur 10 cas de ce genre, il y a eu 2 succès éclatants et 6 moins concluants; 2 seulement n'en furent pas influencés. Au contraire, sur les 1.0 autres hémorrhagies par rétention du placenta ou des tumeurs, aucune n'en fut modifiée. Il n'y a donc lieu d'y recourir que dans le cas d'atonie simple. (Berl. Klin. Woch., n° 13, 1877.)
Injections hypodermiques d'ergoiine. Un succès remarquable en a été obtenu à Lyon par M. Icard avec la solution de M. Moutard-Martin, moins la glycérine. (Voy. année 1877.) C'était chez une femme de 40 ans qui, sans cause appréciable, était en proie, depuis quinze jours, à une métrorrhagie abondante, malgré l'usage de boissons froides acidulées , plusieurs potions avec six grammes d'ergotine , l'eau de Léchelle à haute dose, 40 gouttes de perchlorure de fer, 3 grammes d'ergot de seigle et un gramme de tannin restés sans effet. Un gramme de solution, soit 65 à 70 milligr., est
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injecté clans la région hypogastrique cinq à six fois dans l'espace de trois jours; après quoi, la femme perdait si peu de sang qu'elle put retourner dans son pays. 10 à 12 milligrammes par jour ont donc eu plus d'effet hémostatique dans ce cas que 6 grammes par la voie stomacale. L'action est ainsi 30 à 60 fois plus forte. Il n'est pas dit, il est vrai, que ce fut le même produit, et l'on sait qu'il varie dans sa composition suivant les pharmacies.
Pratiquées sur le col de l'utérus dans le cas de fibromes interstitiels, ces injections aqueuses ont produit au contraire des métrori'hagies immédiates entre les mains de MM. Delore et D. Molière. (Soc. des sciences méd. de Lyon, février.)
Injections d'éther. Pour éviter les effets de l'anémie aiguë à laquelle les accouchées succombent douze ou quinze heures après la délivrance, dans les cas d'hémorrhagie par insertion vicieuse du placenta, M. Ghantreuil fait des injections souscutanées d'éther et même de cognac quand l'estomac ne supporte rien. Sous leur influence, les femmes se raniment et la chaleur revient. Elles ont été efficaces dans cinq cas et peuvent ainsi remplacer la transfusion du sang, beaucoup plus grave et difficile, comme M. Verneuil l'a reconnu dans le collapsus des grandes opérations. (Voy. année 1877.) En relevant le pouls, la température et les forces, ce moyen acquiert de nombreuses applications, surtout après les hémorrhagies graves des femmes en couche. (Journ. de thérap., février. )
Quelques précautions sont cependant nécessaires, d'après les expériences de M. Luton. 1 ou 2 grammes d'éther, injectés chez un homme ayant une température normale, produiraient des vapeurs et une tumeur emphysémateuse qui s'étale peu à peu. Rien de semblable • chez un sujet froid. Des abcès, avec sjmacèle du tissu cellulaire, ont aussi été observés. (Union méd. du Nord-Est, 1877.) Il faut donc se borner à injecter quelques gouttes à la fois, sauf à multiplier les piqûres si le cas l'exige.
HERMES. Coïncidence avec le phimosis chez les enfants. Sur 50 enfants, âgés de 6 mois à 4 ans et demi, pris au hasard et examinés par M. Kempe, chirurgien interne à l'hôpital des Enfants de Londres, 31 avaient une hernie inguinale,
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double chez cinq; les autres en étaient exempts. Dans aucun cas, la hernie n'était congénitale, mais elle existait lo fois à 6 mois, * fois à un an et 5 fois à 18 mois. Les autres cas se r,partissaien jusqu'à trois ans. Il se demande donc si 1 effort que fait 1 enfant pour uriner, lorsque le phimosis est très-serré, ne peut pas déterminer l'issue de l'intestin hors de 1 anneau, surtout dans les premiers mois de la vie [Lancet, 27 juillet.)
Compression élastique. Employée avec succès dans deux cas, par le docteur Denis Dumont à l'Hôtel-Dieu de Caen comme dernière ressource pour la réduction. Chez l'homme,' âgé de 72 ans et atteint d'une vieille hernie inguinale gauche, étranglée depuis deux jours, la hande élastique d'Esmarch, fixée sur le pubis par le malade, est conduite dans l'aine gauche sous le scrotum, qu'elle enveloppe par trois ou quatre circulaires jusqu'au niveau de la verge; passe au-dessus et, par des renversés et sept à huit tours de bande, arrive jusqu'au pubis. Après une heure d'application, un bruit caractéristique se fit entendre par la rentrée spontanée de l'intestin, et des selles immédiates eurent lieu.
Chez une femme de 48 ans, porteuse d'une hernie crurale gauche, étranglée depuis quarante-huit heures et irréductible, une compresse graduée fut appliquée sur la tumeur, et la bande élastique la recouvrit par un spica modérément serré. Deux heures après, la hernie était complètement réduite. {Année méd. de Caen.)
Ce mode de compression, plus simple, facile et efficace qu'avec le sac de plomb employé par M. Lannelongue, en prouve au moins l'action très-réelle. (Voy. année 1870-71.)
Irrigations continues. Ce moyen énergique a été employé avec succès par M. Picheney, vétérinaire militaire, sur six chevaux atteints de hernies ventrales résultant d'un traumatisme récent ; il n'était ancien que dans un cas. La difficulté de maintenir ces hernies réduites chez ces animaux, en raison de leur position, rend donc ce moyen très-précieux, d'autant plus que^ en en continuant l'emploi, un travail cicatriciel des lèvres de l'ouverture paraît déterminer une oblitération aussi solide que par les moyens chirurgicaux. (Recueil de méd. vétérinaire, 15 juillet, n° 13.)
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N'y aurait-il pas lieu de tenter le môme moyen dans les éventrations de la femme, dans les hernies ombilicales irréductibles ou ne pouvant être maintenues réduites ? Les volumineuses hernies inguinales, dans le même cas, pourraient être soumises aussi à cette médication curative, s'il est vrai qu'après leur retrait graduel, sous l'influence de l'action astringente de l'eau froide, il se produise une oblitération de l'anneau qui leur donne passage. C'est à essayer avec persistance, surtout pendant l'été, où le contact de l'eau froide sur la peau est plus supportable et peut être continué sans danger plus longtemps.
Ergotine. En frictions sur la hernie, conjointement avec l'usage interne de 5 grammes dans 125 de véhicule, elle s'est montrée efficace dans deux cas de hernie étranglée irréductible. En moins de six heures, les vomissements et les coliques diminuèrent, la hernie devint moins sensible et se trouva réduite spontanément 12 à 15 heures après. D'où le docteur Planât conclut que l'application hypodermique de l'ergotine, sinon mieux son injection dans le sac herniaire, pourrait contribuer efficacement à la réduction des hernies étranglées. (Nice médical)
Kélotomie. Témoin de la répulsion qu'inspire à beaucoup de médecins une opération aussi utile, le docteur Arribaud a montré, par huit observations personnelles très-concluantes, que cette opération est accessible au chirurgien le plus timide, dans les conditions de milieu les moins favorables; que les difficultés opératoires qu'on lui attribue ont été exagérées; que le danger des hémorrhagies est forcément exceptionnel, et que l'on peut s'en mettre à l'abri par le débridement déchiré et multiple. Il n'a eu que trois décès. Cette opération devrait donc entrer dans la pratique courante, à l'égal de toute opération d'urgence, au même titre qu'une ligature ou une application de forceps. (Lyon méd n" 25 et 26.) '
Mort causée par la division de l'artère obturatrice. En divisant quelques fibres constrictives au collet du sac d'une hernie fémorale étranglée, chez une grosse femme de 56 ans, le 7 février dernier, à l'hôpital du Collège de l'Université, M. Barker nota une effusion sanguine anormale avant et
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après la réduction de l'intestin. Deux onces environ furent ainsi répandues, dont La couleur- ne permettait pas de dire s'd était urlôriel ou veineux. N'en recherchant pas la source, il lerma la plaie, et toute hémorrhagie cessa jusqu'au troisième jour, quand l'opérée perdit connaissance et mourut le lendemain d'une péritonite aiguë.
L'autopsie montra une épaisse couche de sang épanché dans le tissu sous-péritonéal. La source en était dans une artère obturatrice anormale qui passait sur le côté interne du collet du sac et qui avait été divisée à un pouce environ de son origine. La mort est donc due ici au défaut de ligature. De là l'enseignement de ne pas fermer la plaie sans que l'écoulement du sang soit tari. (Clin. Society, 2G avril.)
Hernie du poumon. Réduire ici est le précepte classique, car la section d'un lambeau de poumon semble devoir produire une hémorrhagie fatale. Et cependant des accidents mortels se déclarent aussi après la réduction. Est-ce donc que la hernie du poumon est inévitablement mortelle? Morel-Lavallée a dit, au contraire, qu'elle était une complication heureuse des plaies pénétrantes de poitrine, car elle empêche l'hémorrhagie et l'entrée de l'air dans la cavité jîleurale, et la plaie n'est plus pénétrante pour ainsi dire.
Un fait relaté par M. Cauvy, de Béziers, comme celui publié en 1872, tendent à confirmer cette interprétation et à montrer qu'il ne faut pas même chercher à réduire dans ce cas. Un garçon de 24 ans reçoit un coup de couteau dans le neuvième espace intercostal. Une plaie pénétrante et surtout oblongue en résulte, sur laquelle on applique des compresses d'eau froide. A la dyspnée, au pouls petit et lent qui y succèdent immédiatement, se joint bientôt la fièvre, et, le troisième jour, on n'entendait plus le murmure vésiculaire à la base du poumon gauche.
M. Cauvy constate alors une saillie du poumon, en forme de champignon, et ayant l'aspect du tissu hépatique, entre les lèvres de la plaie, sans que la respiration ni la toux y impriment aucune modification. Au heu de chercher à réduire, il pratique la ligature et l'excision de la partie herniée. 28 jours après, la cicatrisation était complète, et, sept mois ensuite, le blessé ne présentait plus aucune trace de ce grave traumatisme. (Soc. de chir., 13 février.)
HYDARTHROSBS
I ue pratique analogue a donné lieu au même succès dans deux cas en Allemagne. La hernie étant irréductible et le tissu hernie d'un rouge brun, sans fétidité, ni mouvements, ni pulsations le troisième jour, le docteur Scbolz, considérant ce fragment comme un corps étranger, le sectionna, après avoir enserré la base dans une ligature. Pansement pbéniqué. Cicatrisation lente de 72 jours pour une étendue de 2 centimètres de long sur 3 de large. Une pelote fut appliquée dessus pour la soutenir.
La plaie étant libre livrait passage à l'air avec dyspnée et bémorrbagie au début, mais tous ces accidents cessèrent, à mesure que la hernie se forma. La base en était si serrée dans la plaie qu'elle fut irréductible. La couleur devenant plus foncée et des granulations apparaissant à sa surface, Volkel la cautérisa avec le nitrate d'argent, ce qui la fit graduellement diminuer et disparaître.
II y a donc lieu, d'après ces faits, à ne pas tenter la réduction, surtout après un certain temps, et l'on peut même se demander si cette hernie n'est pas favorable au début, et si la réduction ne serait pas préjudiciable. (Archiv. de méd., septembre. )
Hernie de l'estomac après l'empyème. (V. ce mot.)
1IYD ARTHROSES. Traitement phéniqué. La ponction de la synoviale dans les épanchements articulaires n'est plus une nouveauté, qu'elle soit pratiquée avec le trocart ou le bistouri pour l'évacuation du liquide épanché. (Voy. années 1872 et 1873.) Par 200 aspirations du genou avec son appareil, M. Dieulafoy établit de nouveau que c'est une opération rationnelle et efficace dans les cas appropriés, quand elle est bien exécutée. Les épanchements séreux et sanguins, consécutifs au traumatisme, guérissent rapidement après une ou deux ponctions avec aspiration du liquide. Les exsudations séro-fibrineuses sont plus rebelles, mais l'hydarthrose blennorrhagique y résiste le plus longtemps.
Son procédé opératoire est des plus simples. Une bande de caoutchouc étant roulée sur l'articulation malade, en laissant à nu l'endroit où la ponction doit être faite, l'aiguille aspiratrice n° 2 est introduite dans la synoviale. Le lieu d'élection est le cul-de-sac externe au niveau du bord su-
HYD ARTHROSES
périeur de la rotule et à deux centimètres en dehors Le
bmàziïl 'uVT^l6 membre de ouate bande de flanelle «I, haut en bas pour la soutenir. Ce bandage est renouvelé tous les jours ainsi que la ponction, si
;78T ' el jusqu'à cinq ou six fois au
Malgré la condamnation portée dans ces dernières années en France contre 1 incision, par suite des accidents observés les chirurgiens allemands y recourent de plus en plus. Le docteur Scr.ba, de Baden, au lieu de la compression élastique recommandée contre les épanchements chroniques séreux ou avec granulations, emploie l'incision des deux côtes de la rotule et passe un drain dans l'article après l avoir lavée avec une solution phéniquée; celle de chlorure de zinc, à 12 pour 100 d'eau, est même usitée, si des sinuosités existent avec fétidité du liquide. Le drain n'est pas laisse plus dix jours, sauf à répéter l'irrigation phéniquée si l'écoulement continue. Il peut rester vingt à trente jours en place dans les cas chroniques. {Berlin. Min. Woch., 1877.)
Ce traitement, employé dans six cas, serait sans 'danger et n aurait donné que des succès, mais il reste à le vérifier.
C'est à l'emploi du nuage phéniqué pendant cette opération que Heinecke en attribue le succès, et il donne comme preuves 10 cas d'hydarthroses du genou ainsi traités à l'hôpital de Magdebourg. Le succès fut complet dans 7, dont un d'inflammation séreuse, un d'hydarthrose fibrine use , un d'effusion sanguine, avec un rétablissement complet 'des mouvements articulaires. Dans trois cas de suppuration avec nécrose du tibia et enlèvement du séquestre, il n'y eut que des mouvements limités. (Deutsche Zeitschr. fur Chir., n" 10.)
Schiiller a traité un cas de synovite séro-purulente du genou suivant cette méthode, avec succès; mais, dans un second d'inflammation suppurative, l'opérée mourut quatorze jours après. Dans son rapport de la clinique chirurgicale de Hueter à Greiswald, il cite 20 cas d'affections du genou: 11 synovites fongueuses et 5 séreuses et séro-fibrineuses, 2 hydarthroses et 2 arthrites rhumatismales, traitées par l'injection sous-cutanée, ou par les trajets fistuleux d'une solution phéniquée à 2 ou 3 pour 100 d'eau, qui, à l'exception de deux cas, ont tous été améliorés. Les jours , les semaines remplaçaient les mois par d'autres traitements . La
synovite purulente en est seule exclue. (Deutsche med. Woch., 1877.)
Hinne ponctionne avec un trocart et injecte ensuite cette solution. Sur M cas ainsi traités, il n'y eut aucune réaction dans 5, et un peu de fièvre et de liquide seulement dans 4. Ces 9 malades ont été guéris avec rétablissement des mouvements. Un est mort de tuberculose, et l'autre ne pouvait marcher qu'avec un bâton. (Centralblatt fur chir., décembre 1877.)
Si l'on ajoute à ces 47 cas les 17 faits de plaies ouvertes des grandes articulations traités antiseptiquement parRanke, et communiqués au dernier Congrès des chirurgiens allemands, on voit que le traitement phéniqué est aujourd'hui la grande panacée des hydarthroses au delà du Rhin. C'est donc une indication pressante d'en étudier les effets en deçà.
HYSTÉRIE. Injections de morphine et d'atropine. L'antagonisme de ces deux substances, l'opium et la belladone, a été utilisé par le docteur Czernicki chez une jeune hystérique qui, malgré tous les agents ordinaires, vomissait littéralement tous ses repas. L'ingestion d'une cuillerée de lait ou quelques gouttes d'eau provoquaient aussitôt une douleur violente, atroce, et une expulsion immédiate. Les injections morphinées ne suffisant plus, il y associa l'atropine pour enrayer les contractions musculaires. Un demimilhgramme de sulfate d'atropine fut injecté, cinq minutes après un centigramme de chlorhydrate de morphine, et la malade, pour la première fois depuis longtemps, conserva sans aucune douleur, la totalité de ses aliments. Mais, pendant plus de trois mois, il a été impossible de calmer la douleur sans la morphine, ni d'arrêter les vomissements sans 1 atropine. L'effet séparé distinct était des plus évidents C est donc là une précieuse ressource en pareil cas. (Gaz. hebd., n° 23.)
Hystéries périphériques. Ce sont, d'après M. Lasègue, des manifestations locales, limitées, asymétriques, se traduisant par des troubles de la sensibilité, des perversions du mouvement, sous la dépendance d'une hystérie franche ou se rattachant à des états analogues. Primitives ou consécutives, il est toujours possible d'assister à leur début et d'en
étudier l'évolution, tandis que la genèse des manifestations de cause centrale échappe presque toujours. De là celte division.
Il suffit ainsi a une jeune pensionnaire de recevoir quelques grains de sable dans l'œil pour que, provoquant une irritation légère et très-momentanée, elle soit atteinte d'un blôpharo-spasmc qui dure quatre mois consécutifs pour cesser spontanément une nuit. Une simple bronchite saisonnière est l'occasion, pour une autre, de mutisme et d'extinction de voix persistante et résistant à tous les traitements, sans aucune suite grave. Chez une troisième, un peu d'angine détermine une extinction de voix syncopale. Un spasme laryngé, sonore comme l'angine striduleuse la plus vibrante, en est la conséquence chez une quatrième jeune fille pendant six semaines, au point de ne pouvoir sortir. Chez une autre, une toux stridente, laryngée, rhythmôe, persiste pendant seize mois, sans aucun signe local, et cesse tout à coup par le déplacement.
Le spasme vaginal, celui des membres peuvent également se manifester chez des hystériques par la moindre irritation locale, au point de faire croire à des altérations graves, si l'on n'y fait attention, et provoquer des médications et des traitements actifs et douloureux. Le spasme, la contracture en résultant peuvent même simuler un accès de tétanos, comme l'auteur en signale des exemples frappants.
Le praticien doit donc se mettre en garde avec soin contre ces spasmes, ces contractures périphériques sans lésions appréciables chez les femmes. La moindre irritation traumatique peut en déterminer d'une gravité exceptionnelle chez les hystériques. Le torticolis survenant à la suite d'un refroidissement douloureux dure parfois des mois pour disparaître à l'improviste. L'œsophagïsme, le vaginisme peuvent avoir le même point de départ. Beaucoup de spasmes gastriques se perpétuent après une simple indigestion ou une crise de pyrosis.
Contrairement au spasme, à la contraction provoquée par une lésion ou une douleur intermittente, comme celui de la vessie, de l'anus, dans les cas de fissures de ces orifices, des paupières dans la blépharite, les spasmes, les contractures hystériformes persistent et durent sans rémission ni sans cause appréciable, si ce n'est celle du début. C'est en
distinguant leur nature par ce caractère autant que par l'âge et les antécédents des malades, et en s'abstenant de toute médication énergique, que l'on sauvegardera leur santé générale, en maintenant l'honneur de la science et de la profession. (Archiv. de méd,, juin.)
Hystéro-épilepsie. Névrose mixte qui, à un degré intense de l'hystérie, emprunte quelques manifestations de l'épilepsie et la simule parfois dans sa forme extérieure. De là la nécessité de la distinguer de l'une et de l'autre. Le docteur Moreau, de Tours, en a fait une entité sous le titre de folie névropathique. (Voy. année 1869.) Mais le professeur Charcot la distingue simplement par ses caractères ou ses symptômes permanents, qui sont : hypercsthésie ovarienne, hémi-anesthésie générale et spéciale, et accidents convulsifs à retour périodique constituant les attaques ou accès.
Si divers, multiples et désordonnés que soient les traits de ces attaques, M. Charcot les synthétise dans les quatre périodes suivantes :
Période épileptoïde, ressemblant à s'y méprendre à l'attaque d'épilepsie vraie avec convulsions toniques, cloniques, puis stertor. Des tracés sphygmographiques pris sur l'avantbras par MM. Regnard et Richer avec le myographe de Marey ont permis d'enregistrer et de rendre évidentes ces trois phases distinctes. Après quelques instants de phénomènes convulsifs variables et l'aura hystérique : — mouvement précipité des paupières supérieures, ondulation rapide du ventre avec borborygmes bruyants, tremblement général ou partiel, respiration bruyante, précipitée, — la phase tonique éclate avec mouvements analogues à ceux de l'épilepsie partielle, secousses générales d'abord lentes éloignées, se rapprochant de plus en plus, soulevant tout le corps ou l'un des côtés, sinon les membres supérieurs seuls. D autres fois, la malade est immobilisée par la tétanisation musculaire portée à son comble dans l'extension complète et le decubitus dorsal. Bientôt la clonicité y succède par de rapides et brèves oscillations des membres ou des parties tétanisées qui vont en s'étendant, jusqu'à ce que la respiration, arrêtée, suspendue, se rétablisse. A la congestion de la laee succèdent des contractions, des grimaces ; l'écume coule