‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 54 sur 117 · O A [INTER · texte numérisé non relu

O A [INTER

SWD KYSTES

duisit et donna du pus dans trois ponctions rapprochées de quelques jours. Le malade maigrissant et s'anémiant fut reformé et sortit de l'hôpital avec une tumeur encore grosse comme le poing. {Recueil de mèd. et ckir. militaires, octohre.) On ne peut donc guère en fixer le siège dans le tissu cellulaire sous-péritonéal plus qu'ailleurs.

Rupture par la palpation. Une femme nyant eu deux enfants et quatre fausses couches, dont la dernière, assez laborieuse, remontait à six ans, se présente au dispensaire du docteur Chadwick, à Boston, le 8 octobre 1877, se plaignant d'une métrorrhagie légère depuis six semaines avec douleurs dans le bassin, constipation et hémorrhoïdes. Au toucher, l'utérus est immobilisé en antéversion par une induration générale des tissus et une masse irrégulière, de consistance variable, formant une saillie arrondie dans la région ovarienne droite, donnant la sensation d'un kyste à parois si minces, qu'il semblait dangereux de le rompre par la manipulation. Obliquement en arrière et à droite du col, était un corps dur, immobile, arrondi, simulant l'ovaire. Une inflammation du tissu cellulaire fut diagnostiquée avec hydropisie de la trompe de Fallope ou un épanchement enkysté du péritoine.

Quatre jours après, la malade se représenta, un peu soulagée. Pendant un examen pelvi-abdominal fait avec précaution, l'index repoussant la saillie du côté droit de l'abdomen, tandis que la main percevait une grande partie de la masse au-dessus de l'utérus, la poche se rompit soudainement. L'expression de la malade ne changea pas cependant, et aucun écoulement de liquide n'eut lieu.

A la visite du lendemain, M. Chadwick, au lieu des symptômes de péritonite qu'il redoutait, ne trouva que des troubles gastriques et un météorisme douloureux. Le 28 novembre suivant, le liquide ne s'était pas reproduit, l'induration cellulaire était disparue et l'utérus avait presque replis sa mobilité naturelle. Des règles abondantes sont venues depuis, et cette femme jouissait six mois après d'une bonne santé. (Boston med. and surg. journal, n° 16.)

Kystes de l'ovaire. Confusion avec ceux du rein par la cellule caractéristique. Ce signe s'est montré en flagrant dé-

faut là même où son infaillibilité a été proclamée, il y a moins de cinq ans, sur la foi du plus célèbre ovariotomiste américain, Atlee. (Voy. année 1874.) Une célibataire de vingtsix ans, dont la menstruation s'était suspendue pendant un an, de 18 à 19 ans, ayant vu son ventre grossir à vingt-un ans, avec douleur et cbaleur, fut reconnue atteinte d une tumeur dans la région lombaire droite, s'étendant dans le bassin et entièrement séparée de l'utérus. Une ponction permit d'aspirer six onces d'un licfuide épais , glaireux , incolore, dans lequel le docteur Danfortb constata la cellule ovarienne. Un kyste de l'ovaire droit fut ainsi diagnostiqué, et l'extraction en fut pratiquée par le docteur Jackson. L'opérée mourut le même jour, et l'autopsie, faite par le docteur Steele une heure et demie après, montra le pédicule formé de l'artère rénale, de veines et de nerfs. Ces vaisseaux étaient plus petits qu'à l'état normal. L'uretère droit était rempli d'une matière épaisse, caséeuse, purulente. C'était un kyste dégénéré du rein droit qui avait été extrait par méprise. Le rein gauche et l'uretère étaient triplés de volume, et les deux ovaires étaient le siège de chacun un petit kyste.

Comment une telle méprise a-t-elle pu être commise, après que la cellule granuleuse, regardée comme le caractère infaillible des kystes de l'ovaire par la plupart des ovariatomistes américains, avait été constatée par le docteur Danfortb, qui l'avait rencontrée constamment dans 15 à 20 examens microscopiques précédents? C'est ce qu'il a expliqué dans une leçon faite à l'hôpital de Cook, à Chicago, en soumettant les pièces anatomiques à ses élèves. Les kystes de l'ovaire sont presque toujours , dit-il, sinon toujours, le résultat de changements survenus dans les vésicules de Graaf , doublées de leurs propres cellules épithéhales, qui ont à remplir évidemment un rôle dans l'ovulation. Or, si au lieu d'une ovulation normale, il y a dégénérescence kystique , ces cellules se multiplient et subissent rapidement la dégénérescence graisseuse. De là leur état granuleux variant de forme et de volume, sans nucléole, toujours détruit parla dégénérescence graisseuse, bien que parfois on puisse en faire reparaître des linéaments par la réaction du carmin naissant ou tout récemment préparé. Les cellules granulaires ne sont donc en réalité que les cellules

épithéliales des vésicules de Graaf, détachées avant leur déve oppement complet et ayant subi la métamorphose graisseuse Leur transparence dépend du sérum albuminei* où elles tombent et séjournent. Les kystes eux-mêmes ne sont que les vésicules de Graaf distendues, entourées d'une plus ou moins grande quantité du stroma fibreux de l'ovaire, distendu et épaissi de même, et contenant une multitude de leurs propres cellules épithéliales aux divers degrés de développement, mais toujours granuleuses.

Le même état de choses se rencontre dans le rein kystique. Le rem n'est pas seulement composé de tubes empilés et serrés comme pour économiser l'espace. Ces tubes sont encore doublés de cellules épithéliales analogues à celles des vésicules de Graaf, et qui ont la même origine entre le îeuillet moyen de la membrane germinale , à une période très-rapprochée de son développement intra-utérin. Elles sont donc essentiellement soumises aux mêmes lois de développement, à des conditions pathologiques identiques, aux mêmes lois de dégénération.

La connaissance de ce fait seul suffit à faire prévoir les résultats constatés. Dans l'hydronéphrose, il y a une rétention lente et graduelle de l'urine, causée par un obstacle à son élimination, d'où la distension du bassinet. Puis les pyramides sont repoussées, les calices distendus, et tout l'organe devient un sac lobulé. Graduellement déformé, effilé, il ressemble à un gros rein fœtal ou au patron du rein des mammifères inférieurs. En même temps, la circulation, gênée, s'arrête partiellement; la nutrition s'altère, et la dégénérescence graisseuse des cellules épithéliales des tubuli comprimés, altérés, en est la conséquence pathologique. La veine rénale étant aussi plus facilement comprimée que l'artère, les glomérules de Maipighi s'injectent mécaniquement, et la transsudation du sérum amène ainsi l'hydropisie rénale. Et si le liquide provient d'une bydronéphrose non compliquée, il contient des cellules granuleuses semblables à celles de l'ovaire. Leur identité était ainsi complète dans le cas précédent. [Boston med. and surg. journ. n° 6.)

Le diagnostic des kystes de l'ovaire n'est donc plus absolument infaillible par la cellule caractéristique que l'on constate dans le liquide, comme ce fait le prouve. Ceux du rein peuvent en contenir une semblable ; mais c'est le seul

organe dans cette région du corps qui puisse donner lieu à cette méprise.

Coïncidence avec la hernie ombilicale. Voy. Ovariotomie.

Mort subite par embolie. Voy. ce mot.

Kystes du foie. Outre les deux espèces admises : kystes hydatiques et kystes biliaires, une troisième tend à être distinguée : les kystes coexistant avec la cirrhose, signalés par MM. Gombault et Cbarcot comme paraissant étrangers à la première et à la seconde. Un cas en a été ainsi observé à l'Hôtel-Dieu de Lyon par M. Gourbis, qui en a fait une étude spéciale. Le malade présentait en même temps toutes les altérations d'une sclérose bépatique, et cette lésion paraissait une conséquence de l'bépatite chronique. Aucune trace d'élément biliaire n'existait dans les collections liquides après un examen minutieux, et jamais , dans les kystes d'origine biliaire, on ne la trouve complètement absente. D'ailleurs ces kystes étaient sans communication avec les voies biliaires. Il faut donc chercher l'explication de leur développement ailleurs.

L'étude microscopique a montré à l'auteur que l'inflammation qui précède la cirrhose détermine, en même temps que la prolifération du tissu conjonctif, l'hypergenèse du tissu épithélial des canalicules biliaires, qui, à un certain degré, produit les tumeurs kystiques observées.

Au premier degré de cette hypergenèse, les nouvelles travées fibreuses sont sillonnées de cellules épithéliales agglomérées, formant des cordons cylindriques, dont l'aspect rappelle tout à fait l'état des tubes glandulaires dans une glande en voie de formation chez l'embryon ; ce sont des canahcules biliaires de nouvelle création, se développant par la prolifération du bourgeonnement de l'épithélium des anciens canaux.

Plus tard, les cellules centrales subissent la dégénérescence muqueuse et se transforment en une masse finement granuleuse. On trouve alors, au lieu d'un cordon plein, un tube dont les parois sont formées de cellules épithéliales non encore dégénérées et contenant une substance analogue au mucus, sans aucune trace d'élément biliaire. Le nouveau

canaliculc, formé eu dehors des anciens canaux biliaires se remplit ainsi par la suite d'un exsudât séreux ou séromuqueux qui le distend, le dilate au point de former tes kystes observés.

Les mêmes transformations ont été observées dans les reins atteints simultanément des mêmes kystes comme c'est souvent le cas. (Voy. année 1877.) Telle serait pour l'auteur comme pour Cornil et Ranvier, l'origine épitbéliale, véritables aberrations glandulaires qu'il rapproche des adénosarcomes.

Contribution à l'étude des kystes du foie et des reins ei êa kystes en général, par le docteur E. Courbis, ex-interne des hôpitaux. Paris, 1877, in-8 de 04 pages avec une planche hthographiée.

Mort subite après la ponction. Cet accident est arrivé à M. Bryant, comme à M. Martineau. (Voy. année 187o.) C'était chez un homme de 40 ans qui, depuis trois ans, portait une tumeur occupant tout le côté droit de l'abdomen et débordant la ligne blanche de deux pouces à gauche. Cet extrême volume en était le seul inconvénient. Le 21 janvier dernier, une ponction fut faite avec un trocart capillaire, qui donna issue à neuf onces d'un liquide hydatique clair, sans vider le sac. Aucune douleur ni trouble n'en résulta ; mais, dès que la canule fut retirée , la face de l'opéré prit une teinte scarlatiniforme, avec une violente douleur uans les mâchoires. La face pâlit bientôt, avec vomissement et respiration stertoreuse, et, en cinq minutes, la mort était définitive.

Une paralysie réflexe du pneuno-gastrique pouvait donc bien être invoquée ici, comme dans les cas de M. Martineau, pour expliquer la mort. Mais un immense kyste hydatique, comme une tête d'homme , fut rencontré à l'intérieur du foie, rempli d'un liquide légèrement sanguin. La veine porte passait au-devant, et le trocart avait transpercé l'une de ses grandes collatérales. La veine-cave inférieure était aussi oblitérée en partie par la compression du kyste et ses parois adhérentes. C'étaient les seules lésions. (Clin. Society of London, mai.)

Un examen critique des différents procédés employés pour l'ouverture des kystes hydatiques a conduit le docteur Ricklin à n'en adopter aucun exclusivement, mais à y re-

courir suivant les circonstances, à l'exception de la ponction simple exploratrice ou curative et les injections irritantes qu'il rejette absolument comme trop dangereuses pour le peu de profit qu'elles peuvent donner. Voici l'indication des autres procédés.

Fonction capillaire aspiratrice dans les cas douteux ou peu marqués.

Emploi du caustique, large et espacé, quand l'ouverture est rendue nécessaire, car on peut ensuite l'agrandir à volonté, suivant les indications, en variant les procédés et en permettant de panser le kyste à fond.

Incision en deux temps de Bégin, si le kyste est profond ou multiple.

Ponction avec le gros trocart, quand il y a compression du kyste ou purulence. Llncision simple peut le remplacer si des adhérences existent. (Archiv. de méd., septembre.)

Kystes thyroïdes. Yoy. Goitre.

Kyste bénin du cubitus. Injections iodées. Une institutrice de cinquante ans portait, depuis plusieurs années, à l'avant-bras droit une tumeur osseuse qui, en augmentant graduellement, menaçait de l'empêcher d'écrire. Elle s'étendait depuis un centimètre au-dessous de l'olécrâne jusqu'à deux centimètres au-dessus du poignet. Dure et résistante, sauf aux deux extrémités, où la fluctuation est manifeste' elle donne à l'avant-bras le triple de son volume avec des douleurs sourdes. La rareté des kystes bénins des os et l'âge de la malade firent conseiller la ponction par M. Ollier. Le 10 juillet 1870, une ponction est faite par le docteur Carie qui donne un demi-verre d'un liquide épais, citrin, demitransparent, avec des gouttelettes graisseuses. La tumeur ne diminuant pas ensuite, il pratiqua, matin et soir, des iujections aqueuses avec un tiers de teinture d'iode. Une vive inflammation en résulta bientôt; du pus phlegmoneux s écoula en abondance, et ce n'est que plus de quinze mois après qu fi se tant. Mais la tumeur diminuait graduellement, et la guenson était complète au mois de mai 1872, avec deux pro ondes dépressions au niveau des fistules. Les fonctions cm bras sont restées parfaites. (Lyon méd., n° 27.)

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LAH\XX. Persistance de la voix après Vexcision des cordes vocales Un laboureur de 49 ans souffrait, depuis sept à huit mois, de douleurs intenses dans le côté gauche de la poitrine avec orthopnée, raucité de la voix, sans toux et émaciatron. Entré à l'hôpital, il présente au laryngoscope une tumeur verruqueuse, grosse comme une noisette, avec un large pédicule sur la commissure antérieure du larynx. jSe pouvant l'exciser par les voies naturelles, M. Lister pratique la cncotomie,le 23 novembre 1877, et trouve plusieurs verrues recouvrant les cordes vocales. L'incision est dès lors prolongée en haut, après fixation préalable d'une canule dans la trachée, et, le cartilage thyroïde divisé, la tumeur est entièrement excisée avec les cordes vocales et la plaie cautérisée avec le chlorure de zinc. Un fil métallique réunit ensuite le cartilage, et les lèvres de la peau furent suturées par dessus. La canule fut retirée six heures après, lorsque tout suintement sanguin eut cessé, et, en huit jours, l'opéré se sentait mieux qu'il n'avait été depuis longtemps, par la facilité de sa respiration et de sa voix.

Soumis à la Société clinique de Londres, le 22 février, cet opéré montra qu'il pouvait non-seulement tousser, mais parler à voix basse, comme tout le monde, malgré l'absence de ses cordes vocales, ce que M. Lister attribue à la vibration des replis ary-épiglottiques. Des expériences personnelles, remontant à 1861, lui ont montré que les cartilages arythénoïdes, en se mouvant latéralement, d'après Czermak, peuvent être ainsi amenés à la base de l'épiglotte, de manière que la membrane muqueuse forme entre eux une sorte de valvule vibrante. Le stertor qui s'entend pendant la chloroformisation, dans certains cas, serait dû à la vibration de ces replis. Il suffit de les effacer en attirant fortement la langue hors de la boucTie pour le faire cesser en livrant un plus libre passage à l'air. Il considère ainsi l'obstacle qu'ils forment comme la cause de la toux. Et ils peuvent de même servir à la parole, car, si un son stertoreux résultant de l'obstruction de ces replis peut être volontairement produit, pourquoi n'en produirait-on pas d'autres? Et, comme exem-

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