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INSOLATION

nerveux, essentiel, sec, sans catarrhe bronchique ni emphysème bien entendu.

Deux femmes observées par M. Potain, et que les moyens ordinaires laissaient dans un état de dyspnée et d'orthopnée effrayant, éprouvèrent comme une résurrection d'une injection d'un centigramme de morphine. Dix minutes après, la respiration devint plus régulière, plus facile, ainsi que la parole, le sommeil calme et paisible, et les accès d'asthme ultérieurs furent ainsi jugulés par ces injections. Deux autres asthmatiques de M. Huchard en furent de même soulagés. Outre son action hypnotique, la morphine a donc une action eupnéique incontestable : elle fait respirer et dormir à la fois.

Et il est d'autant plus fondé à admettre cette action sédative sur le système nerveux que le docteur Vibert (du Puy) en a obtenu la même efficacité, et que les injections d'atropine, si astringentes, ont également réussi. Leur action topique a, dans l'asthme, un effet bien plus immédiat et direct que les mêmes substances prises à l'intérieur. (Soc. clinique et Union mécl., noS 80, 87 et 121.)

Tout en confirmant ces effets de l'opium et la morphine, M. Ferrand n'en comprend pas aussi simplement le mécanisme. Ce n'est pas seulement à l'anémie cérébrale qu'il faut avoir égard pour les employer. Là n'en est pas la principale indication. Elle est surtout dans l'hyposthénie qui en résulte et qui joue, suivant lui, le rôle important dans la pathogénie des accidents à combattre. Il faut donc distinguer pour ne pas subir de mécomptes. (Union mèd., février.) V. Cancer, Épilepsie, Héhorrhagies, Hystérie.

INSOLATION. Effet de l'action directe des rayons solaires et désignée sous le nom de coup de soleil, elle ne doit pas être confondue avec le coup de chaleur, résultant de la température élevée de tout le corps et caractérisé par l'altération du sang qui en résulte, tandis que le coup de soleil agit primitivement sur le cerveau seul . L'insolation s'observe ainsi principalement dans les pays tempérés, et le coup de chaleur dans les pays chauds. Distinction essentielle à faire pour le pronostic, la prophylaxie et le traitement. Rendant compte des cas d'insolation observés à la revue du 1er juillet 1877, le docteur Lacassagne reconnaît ainsi trois degrés

IODISME PÉTÉCHIAL

différents du coup de soleil, d'après les symptômes et surtout la gravité.

Le premier est le plus fréquent et le plus léger; il se présente sous trois formes différentes : asphyxique, caractérisée par la lassitude, douleurs dans la poitrine, dyspepsie, puis syncope avec congestion faciale ; syncopale, avec chute subite, douleur à la base de la poitrine, sans toux, ni crachats, ni dyspnée, et pâleur de la face; mixte, caractérisée par la lassitude, la céphalalgie, la faiblesse et l'oppression. Il suffit, dans tous ces cas, que les malades se retirent des rangs, qu'ils se débarrassent, se déshabillent et se couchent, pour être remis le lendemain après un sommeil réparateur. Une douleur épigastrique et la constipation constatée chez la plupart de ces malades semblent indiquer un trouble des voies digestives comme prédisposant à cet accident.

Le deuxième degré se rapproche de la forme syncopale. Il est marqué par la perte de connaissance, la pâleur de la face couverte de sueur avec respiration fréquente, courte, pénible, battements de cœur faibles, imperceptibles, pouls fréquent, petit et inégal. L'un de ces malades a eu une fièvre consécutive avec constipation opiniâtre pendant plusieurs jours. Il peut même survenir de la cholérine ou l'aliénation mentale.

Les accidents du troisième degré peuvent résulter du précédent chez certains individus prédisposés, nerveux, qui résistent et ne se retirent pas aussitôt des rangs. On voit alors éclater des convulsions épileptiformes avec face blême ou livide, regard fixe, pouls insensible, peau froide, visqueuse ; absence de respiration. Ces accidents sont souvent mortels, et l'autopsie a montré qu'il s'agit alors de congestion pulmonaire et méningée, et même de foyers apoplectiques.

Il y a évidemment, dans ces accidents mortels, action unie de la chaleur générale à celle de l'insolation. Les altérations anatomiques sont ainsi mixtes. (Union méd n°s 5 6, 9, 10 et 23.)

IODISME PÉTÉCHIAL. L'histoire qui en a été faite l'année dernière par M. Fournier n'a pas manqué de fixer aussitôt l'attention et d'amener de nouvelles observations. Le professeur Durhing, de Philadelphie, a relaté ainsi un

202 JURISPRUDENCE exemple de cette exception sur les mains, les bras, les fesses et les pieds d'une malade qui prenait de l'iodure de potassium pour un eczéma. C'étaient des vésicules de toute grosseur, depuis celle d'un pois, et formant des bulles par leur confluence. Comme dans la dy.siênosis, elles contenait un liquide clair, séreux, sur une base lryperémiée ; elles devenaient ensuite semi-opaques et se desséchaient sans croûtes. Il suffit de cesser l'usage de l'iodure pour voir disparaître cette éruption. (Philadelphie/, Reporter, 1877.)

Il n'en fut pas de même chez un enfant de cinq mois présentant une syphilis congénitale, auquel le docteur Mackensie ordonna une solution d'iodure de potassium à deux grains et demi par dose. Trois quarts d'heure après avoir pris la première, la face devint noirâtre, et on le porta à l'hôpital trois heures après. Toute la face était gonflée, d'un rouge pourpre, les paupières fermées par l'extravasation du sang; les lèvres et le cou, gonflés, étaient noirâtres. Taches de purpura sur les pommettes, s'étant étendues ensuite aux bras, avec quelques pustules avortées sur le corps. Tout cet appareil augmenta le lendemain, et l'enfant mourut soixante-huit heures après avoir pris le médicament.

L'autopsie confirma l'existence de la syphilis congénitale sans autres lésions. La solution prescrite fut analysée et ne contenait en effet que la dose d'iodure indiquée. A moins qu'il n'y ait eu coïncidence avec un état grave de la syphilis, on ne s'explique pas une action pareille d'une si faible dose! (Med. and chir. Society, 28 mai.)

JURISPRUDENCE. Anesthésie par les dentistes. V. Anes-

THÉSIE.

Autopsies. Un médecin d'hôpital a-t-il le droit de la pratiquer sans le consentement de la famille du défunt? Telle était la question soumise au tribunal civil de Montpellier. Il a repoussé la demande de la famille à condamner le professeur E... à des dommages-intérêts, simplement parce

qu'elle n'avait pas réclamé le corps explicitement dans les délais voulus et fixés par le règlement, mais sans discuter si le directeur de l'hôpital était responsable en pareil cas ou le médecin. La question reste donc sub jadice.

Expertises en Amérique. Le juge Clark, du Texas, a émis cette opinion que le médecin ne peut être contraint à négliger ses malades pour se présenter devant la justice comme expert sans indemnité. Aucune loi, dit-il, ne peut forcer un docteur à déposer devant la cour malgré sa volonté.

La cour suprême de l'Alabama a décidé qu'un médecin peut être appelé comme témoin et obligé de donner une opinion médicale sans compensation. Au contraire, il est exposé à une amende s'il se refuse à témoigner gratuitement. Voilà comme la liberté du médecin est interprétée auxÉtats-Unis et comme la valeur de son savoir est appréciée.

KYSTES. Pathogénie. A propos de la formation des kystes folliculaires multiples des mâchoires, M. Magitôt a émis des doutes sur la réalité des kystes des os. Pour lui, le mal kystique n'affecte pas tous les tissus. Une cavité close ou du moins une paroi membraneuse est indispensable à sa production. Les cavités normales et accidentelles, les organes à parois, comme l'ovaire et l'ovule, les culs-de-sac glandulaires accidentellement oblitérés, les lambeaux invaginés d'un feuillet blasto dermique sont dans ce cas, tandis que le tissu osseux échappe à cette pathogénie, car il n'a ni cavités, ni parois membraneuses propres. Tout kyste essentiel est donc toujours progène. La variété néogène, c'est-à-dire des os, n'est pas démontrée, et c'est pourquoi ceux des mâchoires proviennent soit du follicule dentaire, soit du périoste. Que ce follicule se déplace, et le kyste apparaît au point où celui-ci évolue, la fosse temporale ou la cavité crânienne, sinon le sinus maxillaire. (Soc. de chir., juillet.)

( Éledrolyse. Ce moyen est employé au Canada et aux Etats-Unis pour obtenir non-seulement la résorption des

tumeurs solides, mais des kystes. Le docteur Semelder en a rapporté huit succès, dont trois obtenus à Montréal. Le docteur "Wheeler en a relaté un autre, et le docteur Marcy un dixième à la Société médicale du district de Suffolk. C'était chez une femme de 24 ans, ayant un kyste uniloculaire de l'ovaire gauche s'étendant jusqu'à L'orabilic. Plusieurs séances d'électrolyse de dix minutes, deux fois par semaine, suffirent. La fluctuation diminua graduellement avec la tumeur, et, après six à huit séances, elle était beaucoup plus ferme, dure et considérablement réduite. Elle n'était pas augmentée six semaines après la cessation de ce traitement. (Boston med. and surg. journal, juillet.)

Kystes folliculaires des mâchoires. Leur gravité s'affirme à mesure qu'on les connaît mieux et que l'on en distingue les cas. Aux faits de MM. Magitôt et Duplay, le docteur Herbet, chirurgien de l'Hôtel-Dieu d'Amiens, en joint deux autres, observés chez des femmes qui, pendant de longues années, ont eu à en souffrir. Chez l'une, ce furent des abcès répétés s'ouvrant dans la bouche et à l'extérieur, depuis l'âge de 5 ans jusqu'à 25. Une ouverture pratiquée fît reconnaître une poche remplie d'un liquide citrin. Un corps dur adhérent à la paroi se trouvait au fond. C'était une dent molaire, qui fut extraite. Un drain fut placé en permanence. Ce drain ayant été retiré trop tôt, une nouvelle tumeur se forma au siège primitif du kyste. Elle mesurait 18 centimètres d'avant en arrière et 17 de haut en bas. L'os était si désorganisé que l'ablation complète en fut pratiquée. 12 loges communiquant ensemble tapissaient l'intérieur de cette cavité. C'était donc un kyste multiloculaire.

C'est seulement dix ans après avoir reçu un coup de pied ■de cheval à l'angle gauche de la mâchoire qu'une tumeur dure apparut chez la seconde femme. Elle avait 1S ans. En deux ans, elle acquit le volume d'un œuf de dinde, limitée par une coque osseuse dépressible sur un point, comme les os du crâne d'un fœtus. L'ouverture dans la bouche v montra de même une dent molaire qui fut extraite et dont les racines étaient recourbées sur elles-mêmes. Trois mois après, la tumeur était fermée.

Mais à défaut d'un drainage suffisamment prolongé, comme dans le premier cas, la récidive eut lieu. Dix-huil

mois après, la tumeur avait le volume du poing, et il fallut enlever toute la branche gauche de la mâchoire inférieure. (Soc. de chir., juin.)

Ces exemples montrent donc le soin à apporter de bonne heure à ces kystes et les dangers qui en sont la conséquence.

Kystes abdominaux. Leur siège varie tellement qu'il est bien difficile de le fixer avec précision, sinon par l'autopsie. Le nom générique d'hydropisie enkystée , donné par Morgagni, leur a été ainsi conservé dans le Dictionnaire encyclopédique. C'est bien vague et les faits récents de M. Richet permettent d'être un 'peu plus précis. (V. année 1877.) Mais tant que le malade vit, on ne peut guère en indiquer le siège que par la cavité qu'ils occupent. Leur fréquence et leur gravité les feront sans doute distinguer par la suite.

Un cas en a été observé par M. Duplay à l'hôpital sur un charretier de 30 ans, dont le ventre fut contus par le timon de sa charrette. Péritonite consécutive, puis hydropisie enkystée contenant deux litres de sérum hépatique. Ponction suivie de récidive, puis injection iodurée amenant la guénson en six mois. (Arch. de méd. janvier.)

Le phénomène clinique de la migration en masse par la palpation est donné par M. Ramonet, médecin major comme un signe de kyste sous-péritonéal, d'après l'exemple observé sur un jeune soldat pris subitement de douleurs sourdes et vagues dans le ventre. Une tumeur globuleuse, mate rénitente, irréductible, est rencontrée à la place de la vessie un peu plus à gauche qu'à droite. On croit à une rétention d urine, mais le cathétérisme ne la diminuant pas, on pratique ,1e soir même, une ponction aspiratrice qui donne •380 grammes de liquide brun, couleur café au lait

Ce garçon n'avait jamais souffert du ventre et se rappelait avec peine avoir reçu un violent coup de pied dans le bas-ventre six ans avant.

La récidive fut immédiate et une ponction pratiquée quinze jours après donna 500 grammes de liquide lactescent. 800 grammes s en écoulèrent un mois après et, malgré une injection consécutive d'alcool, le liquide se reproduit de nouveau. La quatrième ponction est suivie d une injection loouree, mais, malgré une inflammation intense et tous les phénomènes d'une péritonite localisée, la tumeur se repro-

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