LARYNX
Des expériences ultérieures seront d'ailleurs faites pour la modulation de la voix. De doubles anches pourront ainsi se prêter à la combinaison de deux notes.
Voilà donc un larynx perfectionné qui va permettre de tenter la résection du larynx avec conservation de la voix et de la parole. C'en est assez de ce succès pour la faire admettre dans la pratique. Aussi le docteur Morel Mackensie comprend que, après ce perfectionnement instrumental, elle est parfaitement justifiée, malgré sa mortalité élevée. Il suffit d'avoir vu l'anxiété causée par une obstruction du larynx pour reconnaître la valeur de cette opération radicale, surtout avec la suggestion de Bottini de se servir d'un couteau électrique pour prévenir l'hémorrhagie. Il la conseille donc non-seulement dans le sarcome ou cancer du larynx, mais aussi dans quelques cas de sténose syphilitique. (Lancet, janvier, n° 3.)
Laryng-opathies syphilitiques. Elles peuvent apparaître à toutes les époques après l'infection, selon M. Krishaber, depuis quelques mois jusqu'à plusieurs années. Ces accidents sont aigus ou chroniques. Après un simple érythème des voies respiratoires, un catarrhe laryngé dont la spécificité n'est souvent révélée que par la gravité des accidents ultérieurs, il peut se développer, par suite d'un refroidissement accidentel, un œdème qui donne lieu de suite à des accidents formidables d'étouffement qui semblent réclamer immédiatement la trachéotomie. Dans ces cas, le traitement spécifique a une action prompte et parfois même absolument curative, comme l'auteur en rapporte plusieurs observations. Le danger ici, pour être plus immédiat, n'est pas le plus grave. Seulement il faut insister longtemps sur le traitement après la disparition des accidents, car les rechutes sont fréquentes. La liqueur de Van Swieten donnée les huit premiers jours du mois, et l'iodure de potassium les huit derniers pendant un an, sont nécessaires pour les prévenir et rendre la guérison définitive.
Bien plus graves sont les laryngopathies qui se développent lentement, comme les végétations syphilitiques, les rétrécissements cicatriciels, les tumeurs. La trachéotomie doit souvent être pratiquée si le traitement spécifique n'a pas une action immédiate. La meilleure prophylaxie consiste
LEUOOCYTHÉMIE
donc à examiner ou faire examiner la gorge dès que des accidents suspects se déclarent. (Ann. des mal. de Voreille et du larynx, n° 4.)
LARYNGOTOMIE IIVTER-CRICO-TIIYROIDIEÏVIVE.
Voy. Goître, Trachéotomie.
LEUCOCYTHÉMIE. Ce mot indiquant la prédominance des éléments blancs du sang, c'est-à-dire des leucocytes ou globules blancs, ne peut évidemment désigner une maladie unique, spéciale, de la rate, puisque la leucocytbose est une affection spéciale du sang qui se rencontre dans des maladies et des lésions très-diverses. De là le vague qui. règne sur sa signification, malgré la distinction en leucocytbémie splénique et leucocytbémie lymphatique, spécialisée encore sous les noms de maladie d'Hodgkin, d'adénie, lympbome ou lympbadénome . Mais toute altération leucocytique du sang ne coïncide pas toujours avec une lésion de la rate ni des lymphatiques; le foie, l'intestin, la moelle des os peuvent être seuls atteints, et l'on ne sait même parfois où en placer le siège.
Une discussion solennelle, soulevée sur ce sujet à la Société pathologique de Londres, cette année, donne une certaine importance à ce groupe des maladies de nutrition du sang, confondues sous cette appellation. Elles ont ainsi été divisées en quatre espèces : leucocythémie splénique et leucocythémie par maladie d'autres organes, lympbome et anémie progressive. Mais, comme s'il était impossible de définir les différentes variétés des maladies des organes hématopoiétiques, on voit qu'il ne s'agit ici que des principaux types qui, en se confondant à l'infini, forment souvent un ensemble inextricable. S'il est possible de fixer un siège spécial aux trois premières espèces, où placer celui de la quatrième'? L'altération du système lymphatique, beaucoup plus rare que celui de la rate, peut aussi avoir lieu ailleurs que dans les ganglions. Sur 97 cas de lympbadénomes, recueillis par le docteur Gowers à diverses sources, la rate était malade dans 77, dont 57 fois avec l'infiltration caractéristique et hypertrophie marquée dans les 20 autres. Dans 8 cas observés par le docteur Greenfield, la rate était intacte dans un seul, et, dans 5, l'infiltration était typique. L'observation de 9 cas
LEUC0CYTHÉM1E
à l'hôpital Londoi), relatés par le docteur Turner, montre que, dans 7, on rencontra, en outre, des tumeurs lymphatiques dans les reins, le foie, les intestins, et, dans les deux derniers, on n'a pu montrer que les autres organes en étaient exempts, à défaut d'examen.
Ces témoignages des principaux représentants des grandes écoles de Londres s'accordent donc à établir que le plus souvent la leucocythémie existait dans la rate. Le sang présentait seulement une anémie marquée dans les cas rares où elle siégeait exclusivement dans les ganglions. Quand la rate et les ganglions étaient pris simultanément, les statistiques ne montrent pas si la leucocythémie dépendait de l'infiltration typique ou de l'hypertrophie simple. Elle est donc au moins douteuse dans les simples engorgements ganglionnaires, comme Virchow l'a inféré de la différence des leucocvtes dans ce cas.
Par cette nouvelle classification, l'école anglaise se montre animée des tendances actuelles à tout analyser, distinguer, séparer, par des nuances imperceptibles, des états morbides qui se confondent et qui ne sont probablement que de simples variétés d'une origine commune. On individualise chaque symptôme pour en faire une entité distincte, en prenant pour base des conditions toutes différentes, opposées même. Ici, c'est le siège de la lésion; là, la lésion même ou le symptôme. De là une leucocythémie splénique et une leucocythémie lymphatique qui se divise en leukémie et en anémie, ici suivant le degré de celle-ci, là d'après le nombre des leucocytes. Il y a de plus la leukémie associée aux lésions de la moelle des os et le lymphome simple.
Si ces distinctions arbitraires, artificielles et factices peuvent être utilisées pour l'enseignement clinique, nul doute qu'elles ne soient contraires et préjudiciables à l'esprit philosophique qui doit présider au traitement.il serait préférable d'élargir notre point de vue sur tout le sujet et d'étendre nos investigations à toutes les branches du tronc commun dont elles émanent, en recherchant s'il n'y a pas une cause commune à toutes les variétés de la leucocythémie. Sans pouvoir en expliquer l'origine ni le mécanisme, on en viendrait probablement à regarder toutes ces maladies des organes hématopoiétiques comme l'expression locale d'une tendance constitutionnelle, se manifestant par une lente et