MÉNINGITE
lent ouvert dans la région du muscle rhomboïdal. Un fragment d'os nécrosé s'en échappa qui provenait sans doute du scapulum, car une crépitation de cet os avait été perçue précédemment.
Tous ces accidents furent lents. La paralysie dura plus d'un an, surtout dans le membre inférieur. Le mouvement et la sensibilité reparurent d'abord dans le bras, puis dans la jambe, et, après 21 mois de séjour à l'hôpital et l'emploi de l'électricité, ce garçon marche et se sert de ses membres aussi parfaitement qu'avant sa maladie ; la main atteinte est aussi forte que l'autre. (Boston med. and surg. journal, janvier, n° 4.)
A quoi donc attribuer cette hémiplégie passagère, sinon à l'inllammation de la dure-mère du côté paralysé et aux nerfs qui la traversent? Le processus inflammatoire des tissus superficiels peut en rendre compte, et son extension par continuité à la moelle peut seule en expliquer la localisation et la guérison. Ce serait donc là une variété peu connue et rarement observée de pachy-méningite spinale. Les détails cliniques manquent sans doute dans cette observation, mais la guérison suffit à la rendre intéressante et à en faire préjuger la cause externe.
Ergotine. Guidé par cette assertion émise par M. Gubler dans ses Commentaires que l'ergot de seigle amène une forte contraction des capillaires du cerveau, le docteur Dumolard a administré l'ergotine de Bonjean chez une jeune fille de 16 ans, atteinte de méningite. Les dérivatifs sur la peau et le tube intestinal, les réfrigérants, le silence n'avaient empêché ni le délire, le coma et même les convulsions toniques, lorsque, le sixième jour du traitement, l'ergotine fut administrée à la dose de 2 grammes par jour dans 200 grammes d'eau pendant deux jours consécutifs. Un mieux sensible se déclare aussitôt; la connaissance et le sommeil reparaissent; mais une douleur se montre sur le côté droit du cou descendant vers l'épaule, qui augmente le lendemain. Elle traverse les deux oreilles et s'accompagne de contraction tonique des muscles de la mâchoire, du sterno-mastoïdien et du trapèze. Suivant Arnal et Trousseau, ces phénomènes sont attribués à l'ergotine, et l'on en cesse immédiatement l'usage. Le mieux se maintient et augmente: la guérison a lieu.