‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 66 sur 117 · MICROPHONE · texte numérisé non relu

MICROPHONE

Il parait donc évident que cet agent a été utile contre les phénomènes cérébraux, mais qu'il n'y a plus lieu d'insister sur son emploi dès que les phénomènes d'ergotisme se manifestent. (Lyon méd. n° 46.)

Méningo-encéphalite expérimentale. Symptômes d'après les lésions. Ayant cautérisé la surface convexe du cerveau par l'introduction de nitrate d'argent solide dans la cavité de l'arachnoïde de dix chiens anesthésiés par injection intraveineuse d'hydrate de chloral, MM. Bochefontaine et Viel ont observé les différences symptomatiques suivantes. Chez sept de ces animaux, où la cautérisation portait sur la circonvolution sigmoïde et en arrière d'elle, c'est-à-dire dans les deux tiers antérieurs de la face convexe des hémisphères cérébraux, des mouvements ataxiques se sont montrés, trois à quatre jours après, dans les membres du côté opposé à la lésion, suivis de faiblesse paralytique, ainsi que dans les muscles peauciers de la face et du cou, avec diminution ou perte de la sensibilité, de l'ouïe et de la vue du même côté. Une seule fois, la patte antérieure a pris une attitude vicieuse du côté cautérisé. Des attaques épileptiformes, précédées ou suivies de manifestations délirantes, avec salivation abondante, accidents choréiformes, ont aussi été notées, et six ont succombé épuisés par les convulsions et la maigreur.

La cautérisation ayant porté sur le tiers postérieur d'un lobe cérébral, chez les trois autres, aucun d'eux n'a présenté de trouble cérébral. Sacrifiés jm mois après, ils ont offert, les mêmes altérations anatomiques que les précédents et consistant dans une inflammation irritative de l'écorce grise cérébrale accompagnée parfois de ramollissement, avec ou sans exulcération de la partie cautérisée. La dure-mère adhérait parfois à l'écorce grise, et, deux fois, on a constaté des pseudo-membranes entre elles. Aucune trace de méningite n'existait en dehors des points indiqués. (Acad. des se, décembre 1877.)

Ces expériences sont donc favorables à la localisation des fonctions cérébrales et permettent de distinguer la méningite localisée en arrière et en avant.

MICROPHONE. Voy. Auscultation, Calculs VÉSICAUXi

MVDMATlui ES

Le microphone et ses applications en médecine, par l<- docteur Giboux. Brochure de 50 pages avec figures intercalées dans le texte.

MOUT. Des causes de la mort prompte après les grands traumatismes accidentels et chirurgicaux, thèse d'agrégation à la Faculté de médecine de Paris, par M. Vincent. Paris. 11 la rapporte principalement à l'action réflexe, en s'appuyant sur les nombreuses expériences de physiologie expérimentale qu'il groupe avec beaucoup de soins et détails. Toutes les autres causes, comme hémorrhagies, refroidissements, entrée de l'air dans les veines, septicémie aiguë, chloroformisation, états constitutionnels, ne sont indiquées que par surcroît, car 260 observations, résumées très-habilement, en montrent bien mieux l'action que de vaines descriptions. C'est donc là une monographie importante de la mort subite.

Mort par l'introduction de l'air dans les veines. Ce

fait, si bien connu et tant redouté des chirurgiens, se manifeste également chez les chevaux. En enlevant une tumeur mélanique de la région parotidienne gauche, M. Peuch, ayant sectionné une branche de la jugulaire qui traversait la tumeur, observa aussitôt, avec l'écoulement du sang, des mouvements convulsifs de tout le corps et des masséters avec respiration irrégulière et sueurs. Mort immédiate.

Sur 60 fois qu'il a employé cette insufflation de l'air dans les jugulaires pour tuer des chevaux vieux ou morveux destinés aux dissections, le même vétérinaire les a constamment vus mourir, les uns rapidement foudroyés, les autres beaucoup plus lentement. Une quantité d'air plus ou moins grande est nécessaire. Un seul s'est montré réfractaire à cet agent. (Soc. des se. méd. et Lyon méd., n° 2.)

Mort subite. Voy. Kystes de l'ovaire, Syphilis cardiaque.

MYDRIATIQUES. Un nouveau succédané de l'atropine, ayant toutes les propriétés de cet alcaloïde à un degré plus prononcé, vient d'être découvert en Australie : c'est le Duboisia myoporides, grand arbrisseau indigène de la Nouvelle- Galles du Sud, du groupe des Salpiglossidées, intermédiaire entre les Solanées et les Scrofulariées, mais définitivement

MYDRIÀTIQUES 253

placé dans les premières et que l'on rencontre à Queensland et dans la Nouvelle-Calédonie. Des expériences tentées avec l'extrait par le docteur Bancroft, qui l'a découvert il résulte, d'après son mémoire lu à la Société philosophique de Queensland en octobre 1877, que les chiens et les chats auxquels on l'administre marchent aussitôt difficilement en trébuchant au moindre obstacle, comme les aveugles' s endorment dès qu'on les laisse en repos, ayant la pupille très -dilatée. Deux gouttes d'une solution aqueuse, instillée dans l'oeil sain sur des malades des hôpitaux de Brisbane et de Sydney, ont dilaté largement la pupille, en dix minutes avec paralysie complète de l'accommodation en une demiheure. Quatre jours après, une mydriase considérable persistait encore avec quelques troubles de la vue.

Des expériences renouvelées à Londres, par le professeur .Sydney Ringer, il résulte que six gouttes d'une solution aqueuse d extrait au 5e, injectées dans la peau d'un chat, ont produit, en qumze minutes, la dilatation des pupilles avec sécheresse de la gueule au point d'affaiblir ses cris. Il y avait aussi une faiblesse générale. Tous ces symptômes persistaient à un degré très-marqué quarante heures après l'iniection

Une injection hypodermique avec un demi-grain de cet extrait, pratiquée sur un homme, amena aussitôt la dilatation de la pupille et la sécheresse de la gorge. Ces effets physiologiques furent bien plus marqués et intenses après 1 injection d un gram sur un autre homme. Pendant cina heures, il put à peine parler. La somnolence se manifesta un quart d heure après et dura deux heures avec céphalal-

mZTÏÎ?**' !! aUSSi Un Peu de faiblesse c*ez.le

minute ? § 6nSUlte ^ 66 à 120 Pulsations P*r

Pour déterminer son action sur la transpiration, un grain d nitrate de pilocarpine fut injecté sous la peau d'un phthT

XtlonSav r " T Pr°VOqUa --«tune ^2 salivation avec sueur. Les gouttes perlaient sur le visage

L eZfiTt'.11"0" S°Uttes d'une soMon aquefsé

a V + t !Ta aU qUart étant inJectées s°us la

peau celle-ci était sèche sept minutes ensuite, et la salivation diminua. En dix minutes, ce malade se plaignait de sé-

mST ? ° " S°rëC Gt 165 PUPilles se dilatai<^- En vingt minutes, la langue était sèche et le malade somnolent. Le

OARNIER. .

MYDRIAT1QUES

lendemain, dix-neuf heures après l'expérience, la sécheresse de la houche et la dilatation des pupilles persistaient encore.

Comme l'atropine , cet extrait est aussi antagoniste de la muscarine sur le cœur de la grenouille, d'après les expériences suivantes. La moelle épinière de trois grenouilles étant divisée en avant de la membrane occipito-atlas, une cheville est introduite, qui détruit le cerveau sans aucune hémorrhagie, et, le cœur de ces batraciens insensibilisés étant mis a nu, une petite quantité de muscarine est déposée sur les oreillettes et les sinus veineux. Les battements diminuèrent bientôt et tombèrent de 31 à 6 par minute chez la première, de 34 à 26 chez la seconde, et de 32 à 14 chez la troisième, d'une faiblesse extrême. Or, dans ces trois cas, il suffit d'appliquer une solution aqueuse de l'extrait de duboisia pour que les battements se relevassent instantanément à 28 chez la première grenouille et à 30 chez les deux autres, en persistant ensuite avec force pendant plusieurs heures.

Cinq gouttes du même extrait, injectées sous la peau d'une grenouille pesant 30 grammes, ont produit, en quarantehuit heures, un état tétanique avec les pattes convulsées et étendues. Mais deux autres expériences semblables restèrent sans résultat.

Il est donc bien établi que si le principe actif de cette plante n'est pas absolument identique à l'atropine , il en est très-ressemblant, et qu'on peut l'employer comme son succédané le plus immédiat, comme mydriatique surtout. Des expériences précises faites à ce sujet par M. Twedy. chef de clinique à l'hôpital ophthalmique, sur des malades et sur lui-même , lui ont démontré qu'il avait une action bien plus rapide que l'extrait même le plus concentré de belladone. Dissous dans 20 parties d'eau distillée et instillé dans l'œil, cet extrait du Duboisia myoporicles a amené une rapide et complète dilatation de la pupille, qui a persisté de six à dix jours après, avec perte de l'accommodation durant trois à quatre jours qui revenait complète ensuite. C'est donc sous ce rapport surtout qu'il peut être introduit avec avantage dans la hérapeutique oculaire. (Lancet, 2 mars.)

NÉCROLOGIE

NÉCROLOGIE. La guerre et la fièvre jaune, qui ont été les deux plus grands fléaux de l'année, ont sévi cruellement sur les médecins. Car si c'est leur devoir privilégié de se porter au secours de ceux qui souffrent, pour les préserver ou les sauver de la mort qui les menace, ils y sont aussi plus exposés que personne par l'infection et la contagion, qui les entoure. C'est là leur champ de bataille et leur péril. Plus que dans toutes les autres professions, ils payent un lourd tribut à la guerre et aux épidémies. La guerre turco-russe a fait ainsi un nombre considérable de victimes, dans le service de santé militaire surtout, par suite du typhus qui a sévi en dernier lieu dans l'armée victorieuse. Suivant un rapport du délégué russe au Congrès international des secours aux blessés, 150 médecins militaires ont succombé, dont 14 sur les champs de bataille.

Les pertes dans l'armée turque n'ont pas été moins considérables, car sur 105 chirurgiens anglais, tous jeunes et robustes, envoyés par des comités de secours, 3o furent atteints de fièvre et 10 sont morts à la peine, sans compter les autres chirurgiens étrangers qui étaient allés spontanément prêter leur secours.

Plus impitoyable encore s'est montrée la fièvre jaune, qui s'est déclarée dans la Louisiane aux États-Unis et dans nos possessions françaises du Sénégal. Les médecins de la marine française, qui y exercent en grande majorité, y ont été décimés. Le médecin en chef Bourgarel a été, l'un des premiers,victime de son dévouement, ainsi que celui qui l'a remplacé. Les docteurs Bellom, Guillot, Chénier n'ont pas tardé à les suivre, et l'on évalue ainsi à un nombre élevé les médecins et pharmaciens français victimes de cette cruelle épidémie.

Aux dernières nouvelles d'Amérique, plus de 100 médecins étaient tombés victimes de leur dévouement, car plusieurs, comme le docteur Kibbe, de l'Ohio, étaient accourus spontanément au secours des malades. Quand tous les habitants s'enfuyaient épouvantés, pas un seul n'a quitté son poste. D'abondantes souscriptions ont été faites par les Sociétés médicales en faveur de leurs familles

NÉCROLOGIE

Et , outre ces jeunes et vigoureux confrères , glorieusement tombés au champ d'honneur, combien ont terminé plus obscurément leur carrière qui s'étaient depuis longtemps distingués par leurs travaux ! C'est le docteur Menzeî, à Berlin, l'un des élèves les plus distingués de Billroth ; le" professeur Bartels, à Kiel ; Fonteret, le protecteur dévoué des petits enfants de Lyon ; et... et tant d'autres que, à défaut de pouvoir citer leurs noms, nous répéterons ici l'éloge confraternel prononcé le 1" mars a ]a. Royal médical and chirurgical Society de Londres par son président M. Charles West :

« Une chose me frappe, en retraçant ces courtes notices sur les collègues perdus cette année ; on peut dire presque de tous sans exception « qu'ils ont servi leur propre génération au lieu d'eux-mêmes ». La sphère dans laquelle ils ont travaillé était plus large pour l'un ; plus étroite pour l'autre ; celui-ci a usé son énergie au bien-être de la paroisse où il vivait; celui-là s'est dévoué aux intérêts de ses compatriotes sur le grand continent de l'Inde , un troisième à la défense des principes qui lui semblaient soutenir les plus hauts intérêts de notre profession , tandis qu'un quatrième, sans souci du gain qu'il aurait pu faire ni des distinctions publiques qu'il aurait pu obtenir, a soutenu le pauvre et enseigné presque jusqu'à son dernier jour. Louer les jours qui ont fui, vivre dans le passé plutôt que dans le court avenir qui nous reste, je le sais, c'est une disposition naturelle à mesure que la vie s'en va, que le soleil décline. Mais je ne puis m' empêcher de m'élever contre l'esprit du jour , l'empressement à s'avancer, et le désir des richesses pour se livrer à des prodigalités inutiles, ce qui tend à émasculer le caractère en plaçant le moi , et non pas un moi élevé, à la place de quelque chose de plus large, de plus noble et de meilleur. »

Anglada, professeur célèbre de pathologie interne à la Faculté de Montpellier et que de savants travaux sur les virus avaient associé à l'Institut de France, a succombé après une longue et douloureuse maladie à 69 ans. Il illustrait par son nom la Faculté, qui voit de plus en plus disparaître ses sommités avec ses traditions. Aussi a-t-elle rendu des honneurs éclatants à sa dépouille.

NÉCROLOGIE 257

Asson Michel-Ange, célèbre chirurgien du grand hôpital de Venise et professeur d'anatomie à l'Académie des beauxarts, a cessé de vivre en 1877, âgé de 7b ans. Frappé d'apoplexie en 1872, il était plus mort que vivant depuis lors. Opérateur habile et savant distingué , il cultivait les lettres avec amour, comme son Histoire de la physiologie de Gallini et son Discours sur Dante et les belles-lettres en sont les témoignages.

Atlee Washington, le célèbre ovariotomiste américain, a succombé d'un cancer du rein gauche, à Philadelphie, le 7 septembre, âgé de 70 ans. Trois ovariotomies avaient encore été exécutées par lui en mai dernier, dont l'une, de mauvaise nature, est regardée comme la cause de sa mort prématurée. Très-fatigué à son retour, il ne s'est pas rétabli depuis.

Simple apprenti avec le professeur Gross en 1826 dans le cabinet du docteur M° Clellan, fondateur du Jeferson médical Collège, Atlee, destiné comme tant d'autres chirurgiens illustres à être un modeste praticien de campagne, s'éleva rapidement par son goût pour l'étude, son activité et sa parfaite honorabilité. La spécialité qu'il choisit lui valut surtout une grande célébrité. Il en était à sa 400e ovariotomie lors de sa mort. Toutes les Sociétés médicales se l'étaient associé comme personnifiant l'honneur de la profession.

Bardy-Delisle, chirurgien de l'hôpital de Périgueux, a succombé aux suites d'un ictus apoplectique le 19 janvier dans sa 57° année seulement. Intelligence hors ligne, habile' actif, dévoué , il avait acquis de bonne heure un ran^ distingué dans sa profession et fut élu président de la Société locale des médecins delà Dordogne. Nommé maire pour ses opinions politiques, il fut décoré. A l'apogée de toutes ces distinctions, la mort est venue le surprendre.

Bernard Claude, l'éminent physiologiste que toutes lesnations enviaient à la France par la gloire et le génie de ses immortelles découvertes, a cessé de vivre le 11 février, a bo ans, quand l'on pouvait encore attendre beaucoup dé son activité et de son influence sur l'avenir de la physiologie expérimentale, qu'il avait fondée et dont il dirigeait

NÉCROLOGIE

les destinées. Comme l'astre éclatant qui disparaît, ce brillant génie, si simple et lucide, si lumineux, a cessé d'éclairer l'humanité de ses rayons, de guider la jeunesse par ses conseils bienveillants. Quelle perte pour la France, pour l'Europe, pour le monde entier, qu'il remplissait de sa renommée !

Sans avoir à tracer une biographie complète de ce grand homme , dont les siècles conserveront précieusement le nom et les travaux, il est un trop grand honneur pour le corps médical auquel il appartenait pour ne pas rappeler ici ses œuvres principales. Né le 12 juillet 1813 dans le département du Rhône, il hésita longtemps à entrer dans la .voie où il devait tant s'illustrer. Son puissant esprit naissant, en se portant sur divers objets, comme s'il voulait les embrasser tous, ne pouvait se fixer. Après un court stage en pharmacie, il se livra à la poésie, deux genres bien différents, et arriva à Paris en 1 83 1 avec une grande tragédie en poche. C'était tout son espoir d'avenir. Il fut désillusionné par un littérateur positif, M. Saint-Marc Girardin. Il se mit dès lors à étudier la médecine et fut nommé interne des hôpitaux en 1839. Deux ans après, il était préparateur de Magendie au Collège de France. Reçu docteur en médecine en 1843, à l'âge de 30 ans, il s'attacha définitivement à l'étude de la physiologie, en suivant les leçons et les expériences de Flourens et de Longet avec Mateucci et Brown- Séquard. Trois ans après, en 1846, il donnait lui-même des leçons et des démonstrations particulières à l'École pratique. Son habileté fut bientôt remarquée, et ses premiers travaux sur la digestion avec Barreswill, en l'amenant à découvrir une substance fermentescible dans le foie, furent la voie qui le conduisirent rapidement aux plus grandes découvertes : le foie comme siège de la fabrication du sucre de l'économie, le suc pancréatique comme digestif des matières grasses. Dix ans d'expériences physiologiques, de vivisections avaient suffi à son génie pour mener à bonne fin ces deux œuvres principales de son activité, dont il promulgua les lois de 1853 à 1856, sans compter les découvertes intermédiaires qu'il faisait chaque année, notamment la production du diabète par la piqûre du quatrième ventricule, la découverte des vaso-moteurs, et tant d'autres, dont la moindre suffirait à illustrer un homme.

NÉCROLOGIE

Les places, les honneurs, les distinctions, les dignités vinrent bientôt récompenser de si grandes découvertes. Docteur ès sciences en 1853, il fut nommé professeur de physiologie à la Faculté des sciences, puis au Collège de France, puis au Muséum. L'Institut, l'Académie de médecine et l'Académie française se l'associaient à l'envi, comme toutes les Sociétés savantes étrangères, en lui décernant des couronnes et des prix. Pendant trente ans, il marcha ainsi au premier rang des physiologistes, en touchant à tous les sujets et en y laissant sa trace ineffaçable. Le titre de sénateur de l'Empire lui fut conféré avec le cordon de commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur.

C'est dans la série de ses Leçons, publiées d'année en année, que l'on peut connaître dans son ensemble l'œuvre de Cl. Bernard. Les vues et la méthode de l'auteur s'y trouvent en entier. Après son Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, il faut lire ses leçons sur l'effet des substances toxiques et médicamenteuses, sur la physiologie et la pathologie du système nerveux , sur les propriétés des tissus vivants, sur la pathologie expérimentale et la physiologie générale, sur les anesthésiques et la chaleur animale. On peut juger, par cette simple énumération, de l'étendue et de la variété de l'œuvre immense de Cl. Bernard et les profonds regrets que sa perte a causés dans la nation tout entière. Aussi ses funérailles ont-elles été faites aux frais de l'État, pour reconnaître les mérites d'une vie entièrement consacrée au service de la science et dont les découvertes profitent à l'humanité.

Blundeli James, le célèbre professeur de physiologie et d'obstétrique à Guy hospital, le contemporain et l'élève de sir A. Cooper, Cline, Babington, Bell et tant d'autres illustrations passées à la postérité, a terminé sa longue carrière de 87 ans, le 15 janvier. Retiré depuis longues années, son nom était presque oublié. Sa mort l'a fait revivre, car c'est à lui que se rattache la transfusion du sang. Le premier, à Londres, il agita et résolut cette question pratique. Après diverses expérimentations, il la pratiqua avec succès, en 1818, après les hémorrhagies post partum, que sa spécialité d'accoucheur lui permettait d'observer. Le premier aussi, en 1823, il montra, par l'expérimentation sur les lapins, que le

NÉCROLOGIE

danger du traumatisme du péritoine avait été fort exagéré Il en fit la démonstration, le 12 février 1828, par l'extraction de u erus. Il encouragea ainsi la chirurgie abdominale et contribua puissamment à l'inspiration de l'ovariotomie, la gastrotomie et tant d'autres opérations qui ont confirmé sa prédiction et sont la gloire de la chirurgie contemporaine. A tous ces titres, le nom de celui qui en a été l'initiateur mérite d être conservé.

Churchill Fleettwood, le chef illustre de l'école gynécologique d'Irlande, dont les travaux d'obstétrique à la Maternité de Dublin ont eu tant de retentissement, a terminé sa laborieuse carrière le 31 janvier, à 70 ans. Professeur dès 1856, il ne cessa toute sa vie de s'occuper spécialement d'obstétrique et des maladies des femmes et contribua puissamment, par son enseignement et ses ouvrages, à faire progresser cette branche de l'art. Son Traité d'accouchements, ceux sur les maladies des femmes et des enfants, traduits en toutes langues, sont encore classiques et dans toutes les mains. Son nom restera ainsi à juste titre attaché indissolublement à la gynécologie du xvniie siècle.

Clarke Edward, professeur de matière médicale à l'Université Harvard et l'un des médecins les plus consultés de Boston, a succombé le 30 novembre 1877, âgé de 57 ans, aux progrès d'un cancer du rectum dont il souffrait depuis deux ans. C'est une grande perte pour la Faculté de médecine, où il enseignait la thérapeutique avec un grand succès. Malgré l'heure hâtive de ses leçons en hiver, huit heures du matin, son auditoire était toujours complet. C'était un professeur soigneux. L'action du médicament sur les animaux et l'homme, l'effet des doses fortes et faibles, leur usage persistant et les circonstances modifiant leur action, étaient exposés séparément et clairement, et il traitait avec le même soin de .l'action de la lumière, de la chaleur, de l'air, de l'imagination.

C'était le Trousseau américain. D'une taille élevée, svelte et le regard pénétrant comme lui, ainsi que nous le vîmes en 1869, il s'exprimait clairement et laconiquement. D'une grande initiative, il releva en 1846 la Société médicale d'observation et fonda en 1850 l'école médicale de Boylston.

NÉCROLOGIE

L'Université Harvard se l'agrégea ainsi en iS'6'à, et il en fut bientôt l'un des membres les plus distingués.

Il ne laisse que quelques monograpbies sur les bromures et la médecine pratique. Son Essai sur l'éducation médicale des femmes, en 1873, est celui qui eut le plus de retentissement.

Donné Alfred, l'ancien inspecteur général des Facultés et Ecoles de médecine et l'ex-recteur des Académies de Strasbourg et de Montpellier, a disparu de la scène médicale, à Paris, aussi obscurément qu'il s'y montra brillant et retentissant au début. Cbef de clinique du professeur Bouillaud, qui lui survit, il s'adonna à l'enseignement privé sur le microscope et l'allaitement des enfants avec un grand succès. Mais ses attaches avec le gouvernement de Juillet le dévoyèrent bientôt de ces études pratiques pour entrer dans l'administration, et c'est ainsi qu'il parcourut sa carrière.

Ehrmann Charles-Henri, ancien doyen et professeur de la Faculté de médecine de Strasbourg et qui, par son âge, son activité et ses travaux, personnifiait le mieux cette ancienne Faculté, a succombé à Strasbourg, le 19 juin, dans sa 86e année. C'est lui qui le premier, en 1841, pratiqua la laryngotomie pour l'extirpation d'un polype, considéré comme incurable. Son mémoire sur cette ' opération lui ouvrit les portes de l'Institut, dont il était correspondant. Il venait de prendre sa retraite, après 56 années de services, lorsque la guerre d'Allemagne éclata, et lui ravit le fils qu'il chérissait et qui soutenait si bien son nom ; il- eh fut atterré, mais il resta là néanmoins, où il avait' passé toute sa vie active, pour être enterré dans sa terre natale. C'est une des sommités chirurgicales françaises de l'Alsace dont la France conservera le souvenir comme l'un de ses glorieux enfants.

Gintrac Henri, doyen et professeur à la nouvelle Faculté de médecine de Bordeaux et qui, à ces titres hérités de son dlustre père, était destiné à y continuer longtemps les services et les savantes traditions, l'a suivi à une année près dans la tombe. Ni l'un ni l'autre n'ont ainsi pu jouir des honneurs qui leur étaient réservés, de l'inauguration

NÉCROLOGIE

de cet établissement, qu'ils avaient tant contribué à fonder. Une maladie du cœur l'a emporté, peu de jours après, à la lleur de l'âge. Il est vivement regretté de ses confrères et de ses concitoyens, car, s'il n'égalait pas son père par l'étendue de ses connaissances et de ses travaux, il le dépassait par son activité et ses qualités d'administrateur.

Ghinozzl Charles, professeur de clinique médicale à l'Institut supérieur de Florence, a succombé en 1877, à 66 ans seulement. Disciple de Bufalini, il devint le principal représentant de l'école de ce maître célèbre, dont il était si aimé qu'il en devint comme le fils adoptif, en ne cessant de l'assister jusqu'à sa mort. Ces deux noms , intimement liés pendant la vie, sont maintenant réunis dans la tombe avec leur célébrité commune.

Gromier Emile, le médecin zélé, actif, disert de Lyon, l'esprit ouvert à tout, progressif, encourageant, a succombé cette année à 67 ans. Secrétaire particulier de Broussais, il avait comme bérité de la vivacité, de la promptitude et de l'étendue d'esprit du grand réformateur. Médecin de l'Hôtel-Dieu, puis professeur de patbologie interne à l'École secondaire, il venait d'être nommé à la cbaiïe de médecine légale de la nouvelle Faculté , en raison même de ses travaux comme médecin expert pendant vingt-cinq ans près les tribunaux, lorsque son suppléant, le docteur Français, étant mort, il le suivit aussitôt dans la tombe. Grande perte pour la Faculté naissante, qui ne pourra y suppléer que difficilement.

Hawkins Francis, l'un des médecins les plus distingués de Londres, s'est éteint à la fin de 1877, âgé de 84 ans. Son rôle fut considérable dans la pratique et l'enseignement. Médecin de l'bôpital Middlesex, il devint professeur au Collège et contribua ensuite, comme médecin de Georges IV et de la famille royale, à la fondation de l'école de médecine de King's Collège, dont il remplit pendant de longues années la ebaire de patbologie interne. Il ne laisse qu'un Traité des maladies rhumatismales.

Hilton John, le célèbre chirurgien anglais, a succombé après une courte maladie, le 14 septembre, dans sa 74e an-

NÉCROLOGIE

née. Ses nombreux travaux, en contribuant aux progrès de la chirurgie, le portèrent de bonne heure aux premiers emplois. Professeur d'anatomie et de chirurgie à l'hôpital Guy, dont il fut chirurgien consultant jusqu'à sa mort, il devint successivement membre, examinateur et président du Collège des chirurgiens et de l'Université de Londres et chirurgien extraordinaire de la reine. Et il fut toujours à la hauteur de ces grandes fonctions.

Hirtz, le professeur si renommé et bienveillant de la Faculté de Strasbourg, a cessé de vivre en janvier, âgé de 69 ans seulement. C'est encore une victime de la Prusse, qui, en le séparant violemment de ses études, de son foyer et de ses malades, a brisé sa carrière et sa vie. La maladie ne l'a plus quitté depuis, et il dut cesser son enseignement. L'Académie de médecine l'accueillit aussitôt en l'élisant membre titulaire dans la section de patbologie. L'éclat qu'il avait jeté sur la Faculté française de Strasbourg comme professeur de clinique médicale, notamment par ses études sur la fièvre et l'action de la digitale, fut ainsi récompensé. Il jeta encore ici quelques lueurs de son esprit et de son talent d'observation, mais ce fut tout. Il avait été frappé à mort par la Prusse victorieuse.

Jephson Henry, l'un des plus remarquables médecins anglais de ce siècle, est mort à Leamington, le 14 mai, âgé de 80 ans. Condisciple de sir Benjamin Brodie à l'hôpital Saint-Georges, dont il demeura l'ami jusqu'à sa mort, il commença à pratiquer la médecine à Leamington, sous M. Chambers, en 1818. Reçu docteur à Glasgow dix ans après, il eut un tel succès, pendant vingt ans, que des malades de toutes les parties du royaume, des colonies et du continent venaient le consulter dans cette petite localité. Il était occupé nuit et jour et avait fait établir des relais de postes spéciaux pour ses consultations. Ses honoraires s'élevaient à une somme fabuleuse, c'est-à-dire de 5 à 600,000 chaque année. Sa santé en fut bientôt atteinte; dès 1846, sa vue faiblit, et, malgré les bons soins de Siebel, une cécité absolue le força à se retirer en 1848. Mais il employa son immense richesse à fonder plusieurs institutions publiques, et, en dehors de la profession, il fut l'homme le plus admiré et le plus estimé.

2(3/1 NÉCROLOGIE

Kovacs Sebestenx-Endre, le célèbre praticien hongrois, a succombé subitement, le 18 mai, à la rupture d'un anévrysme de l aorte âgé seulement de 63 ans. Il était auprès d'un de ses malades quand il se plaignit d'un mal de tête subit • il tomba et mourut instantanément. C'était la grande autorité de Duda-Pesth, depuis qu'il était devenu le médecin du grand patriote Dcak et de l'empereur. Ses funérailles ont été faites par le gouvernement.

Lebert Hermann, le célèbre pathologiste, successivement professeur à Paris, à Zurich, et à Breslau, où il prit sa retraite en 1874, a succombé subitement le 1er août, âgé de 65 ans seulement. Ses nombreux et importants travaux ne peuvent être énumérés ici. Ils sont d'ailleurs bien connus et portent principalement sur l'anatomie pathologique et la clinique. Ils lui valurent en France d'être nommé correspondant de 1 Institut et officier de la Légion d'honneur.

Livi Charles, le médecin aliéniste et légiste le plus distingué de l'Italie et qui a le plus fait pour le perfectionnement des asiles et le bien-être de leurs hôtes, a succombé subitement à Livourne, en 1877, âgé seulement de 5i ans. Directeur de l'asile de Sienne et professeur de médecine légale e^ d'hygiène à l'Université, il publia là ses Leçons de phrénologie. Il fit ensuite de l'asile de Reggio le modèle des manicômes itahens. A défaut de chaire officielle, il fonda la Rivista sperimentale di medicina légale, en rapport avec l'anthropologie, et la Gazzetta del Frenocomio où il ne cessa d'enseigner publiquement en faveur des réformes et du progrès. C'est donc une grande perte pour l'Italie.

Michaud Jules, chirurgien-major désigné de la Charité de Lyon après un brillant concours, a succombé, plein d'espérance et d'avenir, à la consomption, que son ardeur au travail avait peut-être provoquée. D'une intelligence et d'une activité hors ligne, surtout par la netteté et la précision de son esprit, qui le firent distinguer par tous ses maîtres, il avait triomphé successivement dans tous ses concours scolaires, à Paris comme à Lyon, où il fut nommé chirurgien en chef des hôpitaux de Saint-Étienne. Il venait de remporter un nouveau triomphe pour le majorât, lorsque

NÉCROLOGIE 265

la mort le saisit à 35 ans. Fils et petit-fils de médecins dont il était la joie, l'espérance et l'orgueil, il est descendu dans la tombe avant eux, victime, comme le grand Bichat son compatriote, de son amour pour la science et de son ardeur au travail.

Peaslee Edmwid-Randolp, le célèbre gynécologiste américain, l'un des fondateurs de l'hôpital des femmes de New- York, a succombé le 21 janvier à une pneumonie résultant des fatigues d'un travail professionnel exagéré , résultat fatal qu'il avait observé et déploré quelques mois auparavant chez son collègue Crosby. Professeur de gynécologie au collège médical de New-York, il s'était créé une pratique si étendue dans cette spécialité qu'il n'y pouvait suffire. Il succomba à la peine pour n'avoir pas su mettre en pratique les conseils de modération qu'il donnait lui-même à ses confrères surmenés.. C'était le plus habile et célèbre ovanotomiste des Etats-Unis. Ses principaux travaux roulent sur ce sujet et sur l'histologie, car il avait débuté par 1 enseignement de l'anatomie et la physiologie.

Ritchie Charles, le gynécologiste renommé de Glasgow a succombé à un âge très-avancé, le 27 janvier. Tour à tour docteur, professeur et doyen de la Faculté de médecine et de chirurgie de cette ville, dont il était l'âme et l'illustration il s y distingua par de nombreux travaux, notamment sur la physiologie des ovaires, dont il montra les modifications moléculaires incessantes dès 1845. Cet ouvrage a été revu et augmenté par son fils en 1865 et dédié à Spencer Wells. (V. année 1865.)

Rokitansky Charles, le célèbre anatomo-pathologiste viennois, surnommé le Cruveilhier autrichien, a terminé sa glorieuse et laborieuse carrière à la fin de juillet, âgé de 74 ans. Adonné toute sa vie à l'étude et à l'enseignement de lanatomie pathologique, il y fît faire de grands progrès et lut ainsi nommé membre et président de l'Académie des sciences de Vienne et recteur de l'Université. Comme député, il contribua même à l'élaboration de la Constitution libérale de 1 Empire et fut ainsi le rival ou l'émule de Virchow en Prusse Son Manuel d'anatomie pathologique est son principal

NÉCROLOGIE

lilrc de gloire, car, comme professeur, il était encore moins lucide et disert que Cruveilhier. Aussi ne laisse-t-il pas d'école. Son meilleur titre fut d'éclairer la pathologie, la clinique par l'anatomie pathologique, et de contribuer ainsi à la guérison des malades en étudiant les morts. 30,000 autopsies furent faites par lui ou sous son inspection .

Smith Francis-Gurney, le professeur éméritc des institutions médicales (pathologie générale) à l'Université de Philadelphie, est mort subitement, le 6 avril, des suites de l'affection rénale dont il souffrait depuis plusieurs années, âgé seulement de 61 ans. Il arrivait d'Europe, où il avait fait un séjour prolongé pour se rétablir; il venait de goûter le plaisir de serrer la main de son ami Brown-Séquard, lorsqu'une attaque d'apoplexie termina cette brillante carrière de vulgarisateur de la science par la plume et la parole. Rédacteur du Philadelphia médical examiner, auteur du Compendium de médecine, éditeur des ouvrages de Carpenter et Marshall sur la physiologie, traducteur du Manuel d'auscultation de Barth et Roger, fondateur et membre de plusieurs Sociétés médicales, il laisse en mourant un grand vide dans l'enseignement de son pays et le regret au cœur de tous ceux qui l'ont connu.

stokes William, qui se partage avec Graves le sceptre de la médecine irlandaise, et auquel une statue a été élevée à Dublin le 19 décembre 1877, a succombé le 7 janvier, âgé de 74 ans, comblé de tous les titres et les honneurs dus à ses brillants travaux. Fils d'un médecin déjà célèbre et dont il hérita, il illustra encore son nom, en lui succédant, par une série d'ouvrages qui le rendent impérissable. Son Traité des maladies du thorax, ses Etudes sur la médecine physiologique et ses Leçons sur la fièvre resteront comme des monuments de son ingénieuse et sagace observation, de son profond savoir et de son zèle pour la science et la profession. Aussi était-il placé à la tête de toutes les institutions chargées d'en favoriser et d'en promulguer les progrès.

Trench William-Steward, le médecin sanitaire et hygiéniste, si actif et dévoué, du port de Liverpool, a succombé dans cette ville, le 5 décembre 1877. Par ses rapports éclairés,

NÉCROLOGIE

il a contribué plus que personne, à l'amélioration morale et physique de la population ouvrière de cette grande cité et de toutes les grandes villes, en provoquant partout des réformes pour l'hygiène et la salubrité. Il fut, sous ce rapport, un grand bienfaiteur de l'humanité.

Tyler John-Eugène, médecin aliéniste très-distingué des États-Unis, est mort à Boston, le 9 mars, âgé de 58 ans seulement. L'activité fébrile qu'il déploya toute sa vie dans ses devoirs comme dans ses plaisirs, aussi hien dans les exercices physiques étant jeune, que dans ses études et ses travaux d'esprit lorsqu'il avança en âge, avait usé, épuisé son corps. Successivement médecin directeur des asiles du New Hampshire et de Mac Lean de 1 853 à 1 871 , il se distingua surtout par ses rapports. Obligé alors de résigner ces fonctions par défaut de forces, il se retira à Boston, où il fut nommé aussitôt professeur des maladies mentales à l'Université d'Harvard. Son élocution facile et agréable l'avait rendu très-populaire parmi les élèves. Mais ses forces le trahirent encore une fois, et il expira entouré d'estime et d'honneurs de ses concitoyens.

Voillemier, le chirurgien hahile, ingénieux, actif, à l'esprit fin et vif comme sa personne, a succombé, le 16 février, à une hémorrhagie cérébrale, à 69 ans environ. Entré tard dans la carrière et après avoir cultivé les lettres comme tant d'autres médecins, il s'y distingua rapidement. La relation d'une épidémie de fièvre puerpérale, observée pendant son internat, révéla son esprit sagace et observateur au monde médical. Ses travaux en chirurgie sur les luxations du poignet et les fractures du radius eurent le même retentissement. Devenu docteur et agrégé de la Faculté, chirurgien des hôpitaux en quelques années, il conquit rapidement une grande situation de praticien, surtout dans le traitement des maladies des voies urinaires, sur lesquelles il laisse un ouvrage estimé. Chirurgien de l'Hôtel-Dieu, il fut élu membre de l'Académie de médecine, où il ne signala son passage que par quelques rapports. Il était commandeur de la Légion d'honneur. Malgré tous ces titres, il ne laisse qu'un éclat éphémère parmi ses contemporains et sans durée pour la postérité.

Page 1