‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 68 sur 117 · NÉPHRITE · texte numérisé non relu

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tricule qui répond si bien à l'hypertrophie musculeuse des artères, sans rappeler que M. OUivier a démontré le fait dès 1865. (Archiv. de mécl. août.)

Et voilà comment les discussions s'éternisent et restent insolubles, parce que les jeunes négligent ou ne tiennent pas compte de l'observation des anciens. Ils infirment leurs opinions par des faits dissemblables et adoptent les opinions modernes en interprétant autrement les faits. Et c'est ainsi que la science marche !

Injections morphinées contre la dyspnée. Quand l'empoisonnement du sang par l'urée vient à en paralyser les hématies et en diminuer le nombre, et que la difficulté des échanges gazeux de l'hémoglobine avec l'oxygène produit une anémie véritable et le spasme des vaisseaux, au point de déterminer une violente dyspnée que les inhalations d'oxygène sont même impuissantes à calmer, ces injections amènent une sédation très-efficace en diminuant l'anémie cérébrale et bulbaire.

Quatre observations des plus concluantes témoignent de leur efficacité, alors que les diurétiques, la digitale associée au bromure du potassium , les opiacés à l'intérieur , les révulsifs locaux étaient restés insuffisants. La dyspnée augmentait, l'insomnie et l'agitation étaient persistantes, malgré le vin diurétique, la teinture de lobélie, la belladone, l'arsenic, etc., lorsqu'une injection d'un centigramme de chlorhydrate de morphine, associé à un milligramme neutre d'atrophme, amena le sommeil et un bien-être consécutif extraordinaire. (Union méd., no H6.) Voy. Urémie.

Étude comparative des néphrites chroniques, thèse d'agrégation soutenue à la Faculté de médecine de Paris par le docteur Rendu.

Entre la néphrite interstitielle et la néphrite parenchymateuse, qu'il étudie comparativement dans toutes leurs différences, l'auteur propose une troisième variété mixte, à laquelle il assigne trois variétés anatomiques distinctes.

Dans l'une, le rein est volumineux, de couleur brun foncé, yasculansé, d'un tissu ferme et résistant , avec des lésions epithéhales et une notable hyperplasie conjonctive au microscope. Elle correspond à un début obscur.

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Dans la seconde, il a l'apparence extérieure du gros rein blanc avec sa pâleur, sa consistance pâteuse et son aspect exsangue ; c'est le rein de la scarlatine et des néphrites brusques, aiguës.

Le petit rein gras granuleux de Jobnson forme la troisième et ne se rencontre guère que dans les néphrites parenchymateuses passées à l'état chronique

Quant à l'hypertrophie cardiaque, attribuée par Bright et Traube à la destruction et l'imperméabilité du rein par la tension circulatoire et la suractivité du cœur en résultant, l'auteur ne l'admet pas. Il cite à l'appui un cas d'hydronéphrose double avec sclérose du parenchyme rénal, où le cœur examiné était sans hypertrophie. La néphrite parenchymateuse et tuberculeuse ne la détermine pas davantage. Toutes les expériences et les raisons contraires à cette étiologie sont citées à l'appui.

NERFS. Cellules motrices et sensitives. Des examens comparatifs de tous les noyaux ganglionnaires moteurs ou sensitifs, faits par M. Pierret, lui ont permis de formuler cette loi : que les dimensions des cellules nerveuses sont en raison directe des distances que doivent parcourir les incitations motrices qui en partent ou les excitations sensitives qui y arrivent. De là les deux termes suivants : la longueur des nerfs est en rapport avec le volume des cellules et la distance entre la cellule de première réflexion et son analogue des circonvolutions. Les plus grosses cellules de l'écorce cérébrale se rencontrent ainsi, dans les régions pariéto-frontales, en relation avec les membres inférieurs. On en rencontre de presque aussi volumineuses en certains points des circonvolutions occipitales. (Acacl. des sciences, juin.)

Tache motrice. A l'aide de sa nouvelle méthode de préparation dans le chlorure d'or au d00e, M. Ranvier a constaté que dans les muscles lisses, comme dans les muscles striés, les nerfs se terminent, à la surface des éléments musculaires, par un épanouissement plus ou moins arborisé du cylindreaxe. Dans les muscles lisses volontaires des mollusques gastéropodes, les nerfs moteurs se divisent et se subdivisent jusqu'à donner des fibrilles qui vont se perdre à la surface des cellules musculaires en s'épanouissant et formant une

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arborisation terminale minuscule et mal dessinée sous forme de tache noire. (Acad. des se. mai.)

Leçons sur l'histologie du système nerveux, par L. Ranvier, professeur au Collège de France, recueillies par Ed. Weber; deux volumes in-8°, avec figures et planches chromolithographiées ; Paris.

Elongation ou étirement. Ce mode de traitement nouveau des lésions nerveuses est à peine employé depuis 1869, comme nous en avons signalé plusieurs applications, que déjà il est entré, par sa simplicité, son innocuité et ses succès, dans le domaine de la chirurgie courante. Dix-huit observations en sont à peine connues, publiées, que le docteur Blum , qui s'en est servi l'année dernière avec tant d'habileté et de succès, a collecté, réuni, ces faits et en a tiré les règles et les indications principales de cette opération. En voici l'exposé succinct :

L'incision doit être faite parallèlement au trajet du nerf douloureux et loco dolenti, dans une étendue proportionnée à sa profondeur, soit cinq à six centimètres , en employant la bande d'Esmarck. Après l'avoir découvert, on l'isole avec le doigt ou la sonde cannelée dans une étendue suffisante. Son élongation, son étirement ou sa distension se fait ensuite en le soulevant sur le doigt ou le dos de la sonde par un mouvement lent et doux de va-et-vient, de haut en bas et de bas en haut, en déployant une certaine force et en élevant l'anse formée à une certaine élévation au-dessus de la plaie. En le plaçant sur les bords tranchants de la sonde, M. Verneuil le comprime, l'écrase même fortement avec le pouce et le broie, pour ainsi dire, lorsqu'il s'agit de supprimer toute communication entre les tubes nerveux du bout périphérique avec le bout central. Mais, sauf cette indication spéciale, pour obtenir la paralysie du mouvement et de la sensibilité, il s'agit, aussitôt que le nerf a été distendu, étiré suffisamment, de le replacer au fond de la plaie, que l'on réunit autant que possible par première intention, afin de prévenir la formation du tissu cicatriciel.

Cette opération, redoutable en apparence,, est des plus bénignes. 3 morts ont suivi son emploi, mais sans qu'elle en ait été la cause , une fois par hémorrhagie de la jugulaire au douzième jour, une fois du tétanos, contre lequel

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l'opération avait 616 faite, et la dernière d'un érysipèle consécutif. De semblables complications peuvent donc se présenter; mais la disparition des accidents, sinon la guérison complète, en a été le résultat dans les 15 autres cas.

9 fois, c'était contre des névralgies des membres, traumatiques ou non, dont une des mâchoires, et, dans tous ces cas, la suppression de la douleur a été complète et immédiate. Les deux décès survenus ensuite sont accidentels. Aucun acciden t de paralysie ni de lésion du tronc nerveux ne s'est présenté consécutivement. Sa rupture n'est pas plus à craindre. Les expériences de Tillaux, de Vogt et d'autres montrent que les nerfs médian et cubital supportent une force de 20 à 25 kilogrammes avant de se rompre et une élongation de 15 à 20 centimètres, et plus du double pour le sciatique, tandis que la force employée dans l'élongation thérapeutique ne dépasse pas 15 kilogrammes en moyenne et 10 à 15 centimètres en longueur. Cette extensibilité normale des nerfs, qui diminue du centre à la périphérie, est en rapport avec les mouvements, et permet de recourir sans danger à leur étirement.

L'élongation est donc préférable à la névrotomie, qui ne supprime pas constamment la douleur et condamne toujours à la paralysie des parties innervées par le nerf réséqué. L'injection du névrilème, la rougeur du nerf et son intrication dans les tissus ne la contre-indiquent pas. Elle est ainsi indiquée dans les névralgies rebelles, surtout celles d'origine traumatique , nettement délimitées à un département nerveux. On doit la pratiquer rapidement quand les nerfs voisins tendent à être envahis , comme à la suite d'adhérences cicatricielles , à la condition de la faire à une certaine distance de la cicatrice dans les névralgies des moignons.

Pratiquée huit fois contre des convulsions toniques ou cloniques , comme l'épilepsie, la contracture , le spasme, le tétanos, à la suite de lésions du système nerveux périphérique, elle n'a été suivie de mort que dans le cas de tétanos ; les sept autres malades ont guéri. C'est donc une proportion bien supérieure à celle de la névrotomie, qui, employée par M. Letiévant dans 24 cas de ce genre, n'a donné que 17 succès. Elle lui est encore préférable contre les spasmes traumatiques, qu'ils aient pour point de départ une plaie

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récente ou cicatrisée, douloureuse surtout, et lorsque ces spasmes locaux tendent à se généraliser. M. Blum l'a même pratiquée avec succès contre la paralysie du nerf médian, et, comme Nussbaum, il vit reparaître immédiatement la sensibilité. Une distension légère du tronc nerveux, en augmentant son excitabilité, peut donc aussi combattre avec avantage certaines paralysies de la sensibilité et de la motilité.

Quant à la force, la distension à opérer dans les différents cas, l'auteur conclut, des expériences faites et des faits cliniques, qu'une élongation légère doit être obtenue dans les paralysies où les fonctions nerveuses sont diminuées ou abolies, tandis qu'elle doit être violente, au contraire, contre les névralgies et les spasmes pour combattre l'exagération de la sensibilité. Il résulte en effet des expériences de Valentin que la traction allonge les faisceaux primitifs en diminuant leur diamètre et que le nerf revient rapidement à ses dimensions et ses propriétés normales, si elle n'est pas prolongée pendant plusieurs beures ou répétée un certain nombre de fois. M. Terrillona étiré jusqu'à cinq centimètres le sciatique d'un cbien, et néanmoins la sensibilité est revenue graduellement à l'état normal en peu de jours, malgré les lésions apparentes du nerf. Ces fonctions se rétablissent d'autant plus lentement que la traction a été plus longue et plus forte.

Si l'élongation agit parfois en dégageant le nerf des tissus voisins qui le compriment, son efficacité principale est donc dans les modifications de structure et de circulation qu'elle lui imprime, non-seulement où la distension est faite, mais dans les points plus ou moins éloignés de la plaie. (Archiv. de mécl. janvier et février.)

Employée avec succès dans la sciatique. (V. ce mot.)

Die Nerven - dehnung als Opération in der chirurgischen Praxis, eine experimentelle uncl klinische Studie (Etude clinique et expérimentale sur l'extension des nerfs comme moyen thérapeutique), par le professeur P. Vogt, de l'Université de Greifswald; Leipzig, 1877. Travail plus expérimental que clinique, suivant la mode allemande, et qui ne vise même pas les travaux français antérieurs sur ce sujet, notamment la thèse de M. A. Duvault, — Sur la distension des nerfs comme

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moyen thérapeutique, Paris, 1876, - publiée sous l'inspiration de M. Verneuil. Après le résumé précédent du travail de M. Blum, û n'y a d'ailleurs rien à en dire comme moyen thérapeutique, sinon qu'il est sans nocuité... chez les .mimaux.

Névrotomie du sciatique sans paralysie consécutive. Voy. Elépiiantiasis.

Régénération. De nouvelles expériences sur les changements histologiques et les résultats fonctionnels qui suivent la division des nerfs et leur réunion par suture ont été faites par le docteur Gluck à l'Institut pathologique de Berlin. Le sciatique chez les oiseaux, et le nerf vague chez le lapin en ont été l'objet. Sans rappeler les modifications observées et déjà signalées par M. Ranvier en 1874, il est resté confirmé que, à moins d'un écartement d'un à deux centimètres des deux bouts divisés, sans réunion, la régénération est possible si les extrémités sont rapprochées. Des cellules fusiformes apparaissent en vingt-quatre heures dans leur intervalle, et, en huit, elles sont réunies. La réunion est moins simple et moins rapide si les extrémités écartées sont suturées. Ce n'est que vers le cinquième jour que les cellules fusiformes apparaissent. Mais Gluck n'a pas vu, comme Eichhorst, le cyUnder axis des extrémités disparaître ; un pont de nouvelle formation s'établit rapidement entre elles sans qu'il y ait dégénérescence des bouts divisés.

C'est par ce tissu granulaire, et avant qu'il ait acquis le caractère de fibres nerveuses, que le rétablissement de la fonction a lieu directement. L'auteur a vu ainsi le mouvement se rétablir quatre jours après la division du sciatique. Et il s'est assuré que la communication n'avait pas lieu par les anastomoses, en divisant ensuite le nerf au-dessus de la réunion, en le disséquant jusqu'à sa bifurcation péronéo-tibiale. En l'exposant dans toute cette étendue sur une lame de verre, il lui a suffi d'irriter mécaniquement ou d'électriser l'extrémité supérieure pour voir les contractions se produire dans les muscles innervés par ce tronc. Une expérience analogue sur le nerf vague a donné le même résultat. Ce sont donc là des données précieuses pour la chirurgie des nerfs. (Virchow Archiv.)

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Les nerfs et les muscles, par J. Rosenthal, professeur de physiologie à l'Université d'Erlangen ; traduit de l'allemand, avec 75 figures dans le texte; un vol. in-8" de 268 pages, XXVe de la Bibliothèque scientifique internationale; Paris, librairie Germer Bailliére.

Ce titre ne doit pas être pris dans un sens purement physiologique ni médical. Emanant d'un Allemand, il est employé exclusivement dans le sens expérimental. C'est l'exposé, sous une forme très-élémentaire, des connaissances acquises sur le rôle de ces deux grands systèmes d'après les résultats obtenus, avec la description minutieuse des expériences faites, et la représentation graphique des instruments et appareils qui ont servi à les exécuter. L'interprétation des phénomènes produits est toute physique, chimique, mécanique et... microscopique. Rien ici n'est induit ni déduit de l'observation de l'homme ni de l'animal sain ou malade ; tout est fait sur la nature morte, que l'on interroge et analyse à volonté. L'électricité y remplace la vie ; nerfs et muscles sont assimilés aux fils de l'appareil dans lesquels circule le courant remplaçant l'élasticité, l'irritabilité et toutes les propriétés vitales, et les résultats sont ainsi appréciés, comptés et calculés mathématiquement, sans que les réactions de la vie réelle, si diverses et multiples, viennent arrêter ni embarrasser l'observateur. Aussi les conclusions en sont-elles simples, précises, absolues et réduites en lois.

Pour rendre l'accord plus complet, sensible et frappant, les effets plus constants et uniformes, du moins en apparence, on n'invoque que les expériences similaires, analogues, de quelques compatriotes de la même école. Les noms et les instruments de Weber, Dubois-Reymond, Helmholtz, Henke, Kiihne, Pfuger, Bernstein et quelques autres, sont seuls représentés, comme s'ils étaient l'alpha et l'oméga de cette partie de la science, et comme si leurs expériences en constituaient toute la loi et les prophètes. Les autres ne viennent qu'à titre d'appui ou de confirmation, comme témoins ou appoints de la démonstration, sinon lorsqu'il est facile de les réfuter. Aucune objection ni contradiction n'est soulevée, et il n'y a qu'à enregistrer purement et simplement les conclusions de l'auteur.

Cette physiologie des nerfs et des muscles est donc faite

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exclusivement au point de vue de la science allemande moderne. Un premier livre, consacre à leur constitution et à leurs propriétés, est suivi d'un second sur leur électrisation. Le troisième contient la théorie de l'auteur sur la spécialisation et l'indépendance des cellules nerveuses, promulguée, dès 1875, dans ses Remarques sur l'activité des centres nerveux automatiques, qu'il prend pour exemple. Citer le passage relatif à ce point particulier suffira donc à donner une idée exacte de cette doctrine et de l'économie de l'ouvrage •tout entier :

« Cet organe est placé dans la moelle allongée, sur le plancher du quatrième ventricule ; il consiste en un amas de cellules nerveuses, où se produit l'excitation, qui est ensuite transmise aux muscles respiratoires par l'intermédiaire des nerfs. On l'appelle centre respiratoire, ou encore noeud vital, à cause de son importance pour la vie. C'est l'endroit où le tauréador doit habilement enfoncer son poignard pour abattre d'un coup le taureau rendu furieux par le combatc'est aussi l'endroit qui, écrasé dans une chute, entre la première et la seconde vertèbre cervicale, amène instantanément la mort, d'où l'expression : se casser le cou. Quelle est la cause de l'activité permanente des cellules de ce centre nerveux? On a prouvé qu'elle réside dans la composition du sang. Lorsque le sang est complètement saturé d'oxygène, Je nœud vital suspend son activité ; lorsque le sang est, au contraire, peu chargé d'oxygène, les mouvements respiratoires deviennent plus forts.

« On peut faire sur soi-même une expérience qui prouve l'exactitude de ce fait. Que l'on observe pendant quelque temps ses propres mouvements respiratoires, et que l'on note leur profondeur et leur fréquence. Si l'on fait alors huit à dix respirations bien profondes et bien lentes, on introduit ainsi beaucoup plus d'air dans les poumons que par des inspirations ordinaires, et le sang peut par conséquent se saturer complètement d'oxygène. Si l'on vient alors à cesser ces respirations volontaires, on constatera que vingt secondes et plus s'écouleront avant une nouvelle inspiration : cet intervalle représente le temps que dure la réserve d'oxygène inspirée en excès. Alors les inspirations recommenceront, très-faibles d'abord, puis de plus en plus fortes, Jusqu'à ce que la respiration normale soit enfin rétablie.

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« Les cellules nerveuses du nœud vital sont donc loin de puiser leur force en elles-mêmes et en dehors des influences extérieures ; ce sont, au contraire, des causes externes qui les stimulent. Mais elles sont bien plus sensibles que les fibres nerveuses, de sorte que de petites modifications dans la composition des gaz dissous dans le sang suffisent pour les impressionner. Les autres cellules nerveuses automatiques se comportent absolument de même que les cellules du nœud vital. Ces cellules présentent cependant quelques petites différences de sensibilité, car les unes sont excitées par la quantité ordinaire d'oxygène contenu dans le sang, tandis que d'autres le sont par une proportion moindre, qui se présente quelquefois pendant la vie. » (Pages 232 et 233.)

On pourrait objecter que la fatigue musculaire résultant des mouvements accélérés, et invoquée précédemment par l'auteur, peut bien être la cause de cette suspension, de cet arrêt. En en confirmant la réalité par leurs expériences, Cl. Bernard, Brown Séquard, Vulpian n'ont pas expliqué la manifestation de ce phénomène par la suroxygénation des cellules du centre respiratoire. L'expérience fameuse de Goltz, arrêtant soudainement le cœur de la grenouille en lui tapant sur le ventre, a-t-elle aussi pour raison la suroxygénation des cellules du nerf d'arrêt ? Au contraire, c'est à la diminution de la respiration chez les hydrophobes que le docteur Curtis attribue l'arrêt du centre respiratoire dans l'accès de la rage. (Voy. ce mot.) Mais sa théorie de la suroxygénation cellulaire paraît si chère à M. Rosenthal et rendre si facilement compte de la variété des effets produits, qu'il serait cruel de le contredire pour si peu ; d'autant plus qu'il pourrait répondre que cette suractivité musculaire étant produite par le nerf moteur, qui se fatigue lui-même' provoque la suroxygénation de ses cellules. Quand on pénétré si profondément dans l'intimité des tissus pour en expliquer tous les phénomènes, on a facilement réponse à tout. La contraction involontaire des petits muscles lisses s'explique bien par les nerfs vaso-moteurs, comme la contraction volontaire des grands muscles striés par les fibres des nerfs moteurs périphériques ; ceux des glandes expliquent même la sécrétion de ces organes ; mais comment expliquer les sensations diverses et variées des nerfs sensitifs?

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Leur direction centripète ne suffit pas à montrer cette différencie, car leur constitution microscopique est absolument identique a celle des nerfs centrifuges. Les uns et les autres sont môme pourvus de cellules ganglionnaires, de renflements, sur leur trajet. Il faut pourtant trouver une différence quelconque pour expliquer la diversité d'action. On constate alors que celles des nerfs périphériques sont toujours régulièrement sphériques, tandis que celles des nerfs centraux, tout en l'étant aussi, ne le sont pas au môme degré et diffèrent surtout par des prolongements qui se divisent, se réunissent, s'enchevêtrent entre eux. Tout le mystère s'explique dès lors par cette simple différence, et c'est dans l'indépendance, la composition, la qualité de ces cellules des nerfs sensitifs que M. Rosenthal place la cause de la variété et la différence des phénomènes sensoriels. Il attribue même certaines idées à l'activité des cellules grises de la couebe corticale du cerveau, et il irait jusqu'à expliquer les perceptions diverses par des phénomènes moléculaires de ces cellules, si l'impossibilité de constater le fait ne l'arrêtait.

N'est-ce pas assez montrer tout ce qu'il y a de suppositions et d'hypothèses dans ce livre, malgré son cachet de positivisme expérimental ? Il en est souvent abstrait, subtil et difficile à comprendre, sous sa forme élémentaire et ses explications prolixes. Comme celui de Bernstein sur les sens, analysé en 187S, il donnera bien aux lecteurs de la Bibliothèque scientifique internationale le dernier mot de la science allemande et de ses prétentions ; mais réussira-t-il mieux à les persuader et à les convaincre? Comme tous les expérimentateurs, il analyse, expose et ne conclut pas, ayant conscience sans doute que les phénomènes qu'il provoque artificiellement ne sont pas ceux de la vie réelle, mais seulement des tentatives pour en découvrir le mécanisme secret. Quel contraste avec celui de M. de Quatrefages sur Y espèce humaine, empruntant ses raisons pour et contre sa thèse à l'universalité des observateurs ! La vérité ne se trouve et ne se démontre que par cet ensemble de preuves prises à toutes les sources et non à celles de l'expérimentation seule.

Le système nerveux; nerfs rachidiens, nerfs crâniens et système nerveux périphérique ; en deux grands tableaux

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