NOURRISSONS
jections avec 15 à 20 centigrammes d'ergotine en solution dans un gramme d'eau ou de glycérine. La douleur s'est dissipée en une ou deux injections.
Nevralgias, thèse inaugurale soutenue à la Faculté de médecine de Rio-de-Janeiro par le docteur Cyp. de Freitas ; un volume in-8° de 163 pages ; 1875. Véritable traité succinct des névralgies sous forme classique et d'après les auteurs français les plus modernes. L'étude en est encore à ce point au Brésil que le futur docteur, au lieu de se borner à approfondir un sujet bien limité, embrasse tout ce qu'il y a de plus général et de plus vague, comme les fièvres, les névralgies, en faisant un exposé bibliographique de la science d'après les auteurs étrangers. Une seule espèce de ces fièvres ou de ces névralgies, bien étudiée au point de vue local, dans ses diverses manifestations, ne serait-elle pas une œuvre plus intéressante et plus utile?
NOURRISSONS. Nourrices et nourrissons syphilitiques, leçons professées par le docteur Alfred Fournier. Paris.
Guide pour le médecin sur ce qu'il doit faire lorsqu'il s'agit de l'allaitement des enfants syphilitiques. L'allaitement au biberon ou avec une chèvre est le plus simple; mais, la syphilis ne se i-évélant pas le plus souvent sur le corps de l'enfant au moment de la naissance et ne se manifestant ordinairement qu'au second ou troisième mois, la mère ou la nourrice pourra être infectée quand le mal apparaîtra. Dans l'affirmative, le médecin, sans violer le secret médical, doit faire cesser l'allaitement et faire désintéresser la nourrice en la faisant rester dans la maison comme bonne de l'enfant. S'il n'y a pas apparence d'infection, il faut au moins l'observer pendant le temps maximum de l'incubation, en conservant le lait par la succion d'un petit chien.
Quand le nourrisson est seulement suspect ou que le médecin, par sa connaissance des parents, a lieu de craindre son infection, il doit le faire nourrir par la mère, pendant les trois à quatre premiers mois, et ne le confier qu'ensuite à une nourrice mercenaire, si rien ne paraît.
Telles sont les règles principales à observer; mais on peut juger combien il sera délicat et difficile le plus souvent
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pour le médecin de les prescrire et de les faire suivre, sans en dire la véritable raison, sans révéler le secret. Aussi sera-t-il utile pour le médecin de prendre connaissance des détails professionnels minutieux dans lesquels entre l'auteur, pour lui permettre d'éviter les écueils de son rôle.
OBSTRUCTION INTESTINALE. Dans une discussion solennelle à la dernière réunion générale de l'Association médicale britannique, le docteur J. Hutcbinson en groupe toutes les causes sous les titres suivants :
Amas de matières fécales, noyaux et os compris ;
Invagination ;
Étranglement interne par des adbérences ;
Rétrécissements organiques et spasmodiques.
Des tumeurs et la grossesse même peuvent déterminer en outre cette obstruction par compression, comme la discussion l'a démontré.
Ces cas sont plutôt du ressort du chirurgien que du médecin, autant pour l'exploration que pour le diagnostic et l'emploi des moyens curatifs. On n'y recourt à tort qu'à la fin et souvent lorsqu'il est trop tard.
La première règle à suivre, au début, est de s'abstenir d'administrer des aliments et des médicaments par la boucbe et de recourir promptement à l'anesthésie pour faire un examen minutieux du ventre et du rectum, d'administrer de grands lavements dans la position renversée du corps et de pratiquer le taxis abdominal par des manipulations, pour réduire les anses tordues déplacées ou étranglées. Tel est le traitement de tous les cas incertains. On doit y persister longtemps, en plaçant le malade sur le ventre et en élevant fortement le bassin ou en le chargeant par les jambes sur les épaules, la tête en bas.
L'insufflation d'air peut remplacer les lavements quand il n'y a pas de rétrécissements. L'amas de scybales ou de corps étrangers réclame les laxatifs salins en lavements. L'opium ou la morphine comme calmant doivent être administrés de préférence par la voie hypodermique.
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Il est absolument opposé aux ouvertures exploratrices, car, dit-il, il y a une grande différence à ouvrir le ventre dans Fovariotomie pour en extraire une tumeur qui en diminue la capacité, à le faire quand il est distendu par des gaz. Quels que soient les soins de l'opérateur, il est certain que la moitié des intestins sera bientôt dehors. Cette ouverture n'est légitime qu'en cas d'invagination bien constatée, ce qui arrive très-rarement. Le chirurgien sait alors ce qu'il a à faire et peut tenter l'opération de bonne heure. Le sphacèle possible de la partie invaginée n'autorise jamais à temporiser, et quand les grands lavements, l'insufflation répétée n'ont pas réussi, il n'y a pas à hésiter à ouvrir l'abdomen.
Enkystement. Dans un cas d'obstruction chez une femme de 65 ans, prise subitement d'une violente douleur dans le flanc droit le 22 avril, le docteur Debord, après avoir essayé en vain les lavements d'eau de Seltz et employé les ponctions pour diminuer le tympanisme, vit une tumeur locale se former avec fluctuation manifeste, le 3 mai. Elle était assise sur le psoas et se prolongeait sous l'arcade de Fallope. Il incisa couche par couche, suivant le trajet de la fémorale, et ouvrit un énorme abcès entre cette artère et les ganglions. Après la sortie du pus, des gaz et des matières stercorales, une anse intestinale de huit centimètres se montra formée par un nœud à l'une de ses extrémités. Il suffit de panser à plat pour que le cours naturel des matières se rétablît en douze jours, et, le 1er juin, cette femme était guérie. Cette heureuse terminaison d'un si redoutable accident n'estelle pas le résultat de la temporisation apportée dans le traitement et ne peut-elle servir d'exemple pour l'imiter ? (Recueil de mécl. vétérin., n° 17.)
Lavement gazeux. Un notaire dyspeptique, de la Loire, à la suite de coliques hépatiques, était, depuis quatre jours, en proie à des symptômes d'obstruction intestinale : vomissements alimentaires et bilieux, non fécaloïdes, douleurs intestinales, absence totale de selles ou de gaz par l'anus, ventre ballonné, peu douloureux; peu de fièvre. Plusieurs purgatifs, des grands bains, des pommades et des cataplasmes sur le ventre ont été vainement employés.
Une consultation est provoquée.
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On essaye deux gouttes d'huile de croton en pilules, et, à défaut de succès, le docteur Aribaud prescrit pour le soir même un lavement gazeux projeté dans l'intestin au moyen d'un appareil à eau de Seltz artificielle et d'une longue canule. A quatre heures du soir, le malade a vomi ses pilules, son état s'aggrave, le pharmacien de la localité charge un appareil à houles, et le lavement est administré au moyen d'une canule longue introduite très-profondément. Le malade, à ce moment, perçoit, comme on l'en avait prévenu, une sensation de déchirure intérieure accompagnée d'une violente douleur cpii le faisait hondir de son lit sur le parquet de sa chambre.
Au bout de quelques secondes, cette angoisse s'apaise; il se recouche, et, vingt minutes après, une abondante débâcle met fin à ces symptômes alarmants. Il ne reste plus qu'un peu d'irritation gastro-intestinale, conséquence des purgatifs ingérés. (Lyon méd., n° 21.)
Ce n'est pas que ce moyen convienne dans tous les cas. Il peut même être dangereux d'y recourir. Il a échoué ainsi dans deux cas d'obstruction mortelle chez des hommes atteints de squirrhe à l'origine du rectum et que le toucher n'avait pu découvrir. Son succès dépend donc de la nature et du siège de l'obstruction. Il convient surtout dans les cas d'invagination, de spasme et de torsion de l'intestin, qu'il distend et excite, stimule utilement. Il ne peut rien contre les rétrécissements organiques, les obstructions par adhérences ou amas de matières solides. Les purgatifs sont bien préférables dans ce dernier cas.
Gastrotomie. Elle a été pratiquée à l'hôpital, par M. Cripps, chez un garçon anémique de 17 ans qui, cinq mois après avoir reçu un coup sur l'abdomen, fut pris de vives douleurs, surtout dans la fosse iliaque droite. Vomissements le lendemain, fécaloïdes dès le quatrième jour. Les lavements, l'inversion échouèrent; mais 25 gouttes d'opium ayant été administrées avec un bain chaud, les vomissements cessèrent, et un sommeil réparateur put avoir lieu. Vingt-quatre heures après, les vomissements fécaloïdes reparurent, et l'on se résolut à ouvrir le ventre pour détruire l'obstruction.
Une incision de trois pouces de long fut faite sous le nuage phéniqué. Introduit par cette ouverture, l'index ne
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perçut aucune trace d'étranglement. L'intestin fut dés lors attire doucement au dehors par la partie inférieure de l'incision, en même temps qu'on le rentrait par la purtie supérieure, de manière à n'en exposer que quelques pouces à la fois. Plusieurs mètres furent ainsi examinés de cette manière, quand, arrivé à la partie inférieure de l'iléon, on le trouva étranglé par une bande fibreuse provenant du feuillet pariétal du péritoine. Elle fut aisément déchirée , l'intestin libéré et la plaie fut fermée.
Les vomissements cessèrent aussitôt et une selle copieuse, liquide, eut lieu six heures après. Le malade allait bien, quand la diarrhée se déclara et amena la mort le huitième jour, sans qu'aucune trace de péritonite ait été observée à l'autopsie.
C'est surtout sur la facilité de ce mode d'examen de l'intestin et son innocuité que l'auteur a insisté. Il a un grand avantage pour trouver le siège de l'étranglement avec sécurité, suivant M. Marsh, car, en plaçant la masse intestinale à découvert, le mésentère peut être lésé, tiraillé, comme on l'a reconnu dans deux cas. M. Smith a employé le même procédé et a été frappé de sa facilité. (Soc. clinique de Londres, 24 mai.)
On peut rapprocher de ce fait la gastrotomie faite par M. Terrier chez un hernieux de 63 ans, présentant tous les signes de l'étranglement interne, quoique la hernie inguinale gauche sortît et rentrât comme d'habitude. On constatait seulement, à la palpation, un point douloureux avec empâtement entre l'orifice interne du canal inguinal gauche et le bord externe du muscle droit. Des vomissements fécaloïdes ayant lieu, une bride ou un volvulus furent diagnostiqués dans le point douloureux. Une incision médiane fut pratiquée sous le nuage phéniqué et le ventre ouvert. On trouva deux ou trois centimètres d'intestin engagés sur le bord externe du muscle droit. L'anse intestinale, étant en assez bon état, fut réduite et la paroi abdominale suturée, toujours avec la méthode Lister.
Quatre jours après, il y eut une selle normale, et l'opéré guérit, sans complication péritonéale ; ce que l'auteur attribue au nuage phéniqué. (Soc. o3e chir., mai.)
Obstruction du rectum. Colotomie ou rectotomicl Cette question a été soulevée à la Société clinique de Londres,
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par M. Holmes, à propos d'une extirpation du rectum, dans l'étendue de six centimètres, faite par lui avec succès chez une femme pour une tumeur adénomateuse. Une autre femme, opérée par sir J. Paget depuis un an, peut ainsi retenir ses matières. Deux autres opérés par M. Furneaux Jordan ont également guéri. L'un se porte bien depuis deux ans; l'autre est mort vingt mois après.
On sait que la colotomie ou l'ouverture du gros intestin au-dessus est en général préférée par les chirurgiens anglais. Au lieu de chercher à vaincre l'obstacle, à le supprimer, ils passent par-dessus, comme avec la gastrotomie dans le cancer de l'oesophage. C'est donc là un simple palliatif; bien que, dans certains cas, en supprimant ainsi la défécation, la marche de la dégénérescence rectale se soit arrêtée et que les opérés aient pu survivre six mois, un an et même plus, suivant M. Hulke.
Il y a donc cette grande différence entre les deux opérations, que la première est purement palliative et la seconde curative. Celle-ci a certainement plus de difficultés et de dangers ; mais, quand la vie du malade- est en jeu et que la dégénérescence le permet, il est plus rationnel et chirurgical sans doute de tenter une guérison radicale qu'une survie à courte échance avec un anus contre nature. (22 février.)
La colotomie, pratiquée hâtivement contre le cancer du rectum , sur laquelle nous insistons ici depuis plusieurs années, d'après l'exemple des chirurgiens anglais et américains, paraît devoir se généraliser et se naturaliser parmi nous. En même temps qu'elle est préconisée en Allemagne, un chirurgien français s'est enfin rencontré pour en entrevoir toute l'utilité et la recommander en France. Dans une communication, M. L. Labbé a parfaitement vu et indiqué, comme Volkmann, que, malgré les perfectionnements apportés depuis quelques années dans les opérations sur le rectum, cette intervention directe, loin d'être toujours utile dans les cancers graves, étendus, a parfois le danger de hâter la marche de la maladie. (V. cancer du rectum.) La plupart des observations démontrent, en effet, que le plus souvent la récidive a lieu au bout de quelques mois, tandis qu'en laissant évoluer la maladie sur place par la colotomie, c'est-à-dire l'ouverture d'un anus contre nature dans la région lombaire, suivant l'exemple d'Amussat, on sus-