‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource] (volume 5)Chapitre 71 sur 117 · OESOPHAGE · texte numérisé non relu

OESOPHAGE

pend, on arrête parfois le mal, en supprimant la douleur par la suppression de la fonction de l'organe, et l'on n'a plus à en redouter l'obstruction, qui oblige souvent à y recourir lorsqu'il est trop tard.

Trois colotoniies , pratiquées dans ces dernières conditions, si elles n'ont pas empêché la mort, ont montré du moins à M. Labbé, par la suppression de la douleur, des souffrances, le retour du sommeil et la prolongation de l'existence, tous les avantages que l'on pouvait attendre de cette opération en la pratiquant à une époque relativement rapprocbôe du début de la maladie. Ces prévisions sont justifiées par les résultats obtenus en Angleterre et publiés ici. Maintenant que le grelot en est attacbé en France par un chirurgien autorisé, on peut donc espérer les voir s'y renouveler. (Acacl. de mêd. novembre.)

OESOPHAGE. Danger du cathétérisme . Quoique bien connu, ce grave danger mérite d'être rendu de plus en plus évident, pour mettre les praticiens en garde contre son emploi. Une femme entrée à l'Hôtel-Dieu de Lyon , en février dernier, avec des symptômes de rétrécissement de la partie moyenne : dysphagie, vomissements, coarctation apparente, ayant été soumise au cathétérisme deux fois par jour, le docteur Chappet vit bientôt des accidents formidables éclater et déterminer la mort en huit jours. Et l'autopsie, au lieu d'un rétrécissement, révélait une énorme dilatation fusiforme de l'œsophage, de sept à huit centimètres de diamètre, avec épaisseur des parois présentant un phlegmon diffus, déterminé probablement par le cathétérisme et ayant causé la mort.

Cette dilatation par inflammation chronique est très-rare, il est vrai. Quatre à cinq observations en sont seulement relatées ; mais on voit, par celle-ci, que les symptômes peuvent s'y confondre avec ceux du rétrécissement. Elle est assez fréquente , au contraire , chez les grands animaux, peut-être en raison de leur gloutonnerie. Provoquée par l'inflammation chronique de l'estomac, elle donne lieu aux troubles d'une gastro-œsophagite chronique, c'est-à-dire difficultés de la déglutition, vomissements. Ceux-ci ne sont donc pas spéciaux aux rétrécissements. ÇLxjon méd., n<> 3o.)

Gastrostomie. Un nouveau succès de celte redoutable opération a été obtenu, d'après l'exemple de M. Verneuil ("V. année 1876), par le professeur Trendelemburg, de Rostock, sur un garçon de 8 ans qui avait avalé par mégarde de l'acide sulfurique au mois de juillet 1877. La difficulté d'avaler fit recourir au catbétérisme, dont on obtint d'abord de bons résultats. Mais, dès le 18 décembre suivant, le rétrécissement était infranchissable, et l'enfant fut envoyé à Vbôpital.

Les tentatives de catbétérisme ici restèrent aussi infructueuses. Les bougies flexibles, comme les cathéters métalliques, butaient invariablement contre l'obstacle situé à la partie inférieure de l'œsophage. La présence du sang et quelques accidents firent même croire à une fausse route.

On parvint à nourrir l'enfant jusqu'au mois de mars dernier; mais il était alors si faible et si maigre, qu'il fallut tenter la gastrostomie et former une bouche artificielle à l'estomac pour digérer les aliments.

L'opération fut faite le 28 mars, suivant les règles posées par M. Verneuil, et il est à remarquer que, après la fièvre traumatique passée, l'enfant avalait mieux le lait qu'auparavant. Mais, dès le 12 mai, l'œsophage était complètement imperméable, et il fallut recourir à la digestion gastrique. Des œufs, du lait, du bouillon, des bouillies étaient introduits dans l'estomac avec une seringue ; mais la diarrhée en résulta bientôt. On habitua dès lors le petit opéré à mastiquer préalablement ses aliments, et, au lieu de les avaler, il les envoyait par un tube placé dans sa bouche et dont l'autre extrémité était fixée dans l'estomac.

Grâce à ce mode d'alimentation, l'enfant se rétablit rapidement et gagna du poids. De 16 kilogrammes avant l'opération, il s'éleva graduellement jusqu'à 20 à la fin de juillet, et aujourd'hui l'enfant, après son repas fait, va jouer gaiement avec ses camarades. (Lancet, 31 août.)

Ce nouveau succès est donc un encouragement à recourir à la gastrostomie, surtout chez les jeunes gens, en raison des forces digestives et de la facilité d'assimilation à cet âge.

Epithélioma extirpé par la voie externe. Comme dans le cancer des amygdales, le professeur Langenbeck a exécuté

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