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CONGELATION

plication no fait pas de mal inspirent rarement confiance, tandis que le plus souvent un collyre violent sera préféré à celui dont l'emploi ne se traduit pas par une vive douleur instantanée. (Tribune méd., G juin.)

CONGÉLATION. Pilocarpine. Cette nouvelle application thérapeutique s'est réalisée à l'occasion du rude et terrible hiver de 1879, chez un soldat de vingt et un ans, du 10e régiment de chasseurs, en garnison à Moulins. Chargé du pansage des deux chevaux près desquels il couchait, il se leva le 10 décembre à six heures, bien portant comme d'habitude, quand, saisi par le froid — le thermomètre à mininia marquant alors 27° au-dessous de zéro — il sentit sa tête s'alourdir, eut du vertige, perdit connaissance, tomba. Pendant une heure environ, il resta ainsi sans secours, il était sept heures et demie quand on le découvrit, et, jusqu'à huit heures, un pharmacien s'employa des plus activement à le ranimer et le réchauffer par d'actifs stimulants, externes surtout.

A l'arrivée du docteur Méplain, la face était rouge, vultueuse; raideur tétanique des membres et du tronc, avec trismus et grincement des mâchoires. Peau sèche et froide, excepté au front. Pouls misérable; respiration faible et rare. Immobilité et insensibilité générale. Des stimulants plus énergiques furent renouvelés; notamment les inhalations d'ammoniaque, rendant la respiration plus sensible; mais, devant leur insuccès, deux injections hypodermiques furent dès lors pratiquées avec une solution au o0e de chlorhydrate de pilocarpine, soit 3 centigrammes.

Dès la première minute, la raideur musculaire diminuait sensiblement; le trismus cessait bientôt, en faisant place à un violent claquement de dents, qui lui-même dura peu de temps. Les paupières ne tardèrent pas à s'ouvrir, et, en quelques instants, les pupilles se dilatèrent largement. Le pouls, tout à l'heure serré et misérable, prenait l'amplitude et la souplesse qu'il présente au dernier stade d'un accès de fièvre intermittente. Enfin, dix minutes environ seulement après la seconde injection, la transpiration perlait au front d'abord, puis au cou, sur la poitrine, et peu à peu se généralisait. Dès la troisième ou quatrième minute, une amélioration très grande s'était manifestée dans les carac-

tùrcs de la respiration, qui prit, en peu de temps, l'ampleur et le rhvthme normal du sommeil. Ce garçon se rétablit après quelques jours d'hospitalisation d'un état évidemment très grave, causé par le refroidissement.

Mais faut-il attribuer ces bons effets de calorifi cation à l'action de la pilocarpine seule ? Evidemment non; il 3- avait une réaction manifeste quand elle fut employée et nul doute qu'elle ne produise pas des résultats aussi prompts au début des accidents. C'en est cependant une nouvelle indication précise. (Bull, dethérap., janvier.)

CONTRACTURES. Hémi-contracture traumatique de la face. Depuis que le traumatisme a été signalé par le professeur Cbarcot comme une cause de contracture musculaire dans l'hystérie et l'hémiplégie, les exemples s'en multiplient (Voy. Hémiplégie), et l'on a même observé une hémi contracture essentielle des muscles de la face paraissant sous son influence exclusive. M. Duplay a été le premier à attirer l'attention sur ce sujet, à propos d'un garçon de dix-neuf ans, entré à l'hôpital, le 7 mars 1877, pour un coup de pied de cheval reçu trois semaines avant au niveau de l'os malaire droit. Dans sa chute sur le côté gauche de la face, il s'est fendu le sourcil, sans présenter d'autres complications qu'un gonflement douloureux de tout le côté droit de la face, disparu huit jours après.

C'est alors que, éprouvant de la difficulté à ouvrir la bourbe, il entre à l'hôpital. Asymétrie complète du côté gauche, offrant sa physionomie naturelle, avec le côté droit, grimaçant et présentant le rire sardonique. Les mâchoires de ce côté s'écartent incomplètement; le massétef est dur et fortement contracturé, de même que la joue, légèrement douloureuse à la pression. Picotements dans la lèvre supérieure et contraction indolore dans les autres muscles du côté droit; sensibilité normale.

L'écartement mécanique des mâchoires et l'emploi de l'électricité pendant six semaines ont été nécessaires pour guérir cette contracture.

Le docteur Terrier a observé un cas analogue chez un charretier de quarante-neuf ans, entré à l'hôpital Beaujon par suite d'une chute dans un escalier faite environ un mois auparavant, Une plaie du cuir chevelu, de 4 centimètres de

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long, en résulta, à 3 centimètres au-dessus de la protubérance occipitale externe du côté droit.

La plaie était presque guérie, lorsqu'il ressentit, en se réveillant, une vive douleur dans le côté droit du cou, surtout au niveau des attaches occipitales du sterno-mastoïdien. Il ne pouvait tourner la tête à droite ni ouvrir laboucke, et les mâchoires étaient serrées l'une contre l'autre de ce côté. La contracture de la face est ainsi très manifeste à son entrée; plis et rides du front, œil fermé, ouverture difficile de la bouche, contractions toniques du masséter et du ptérygoïdien interne, tête tournée à gauche et ne pouvant être ramenée à droite. Le sterno-mastoïdien forme une corde rigide apparente et facile à saisir.

Aucun antécédent n'expliquant ces accidents; force esl bien de les rapporter à sa blessure. L'ablation de cinq racines de dents cariées augmente encore la contracture. Le malade est soumis à des bains tièdes tous les deux jours, avec des frictions sur le cou qui font graduellement disparaître le torticolis, et il quitLe l'hôpital dix-huit jours après, complètement guéri.

Un troisième cas semblable est rapporté par le professeur Nicolaysen, de Christiania, observé chez un garçon de vingt-trois ans s'étant fait dans une chute une plaie de la région temporale gauche, avec lambeau détaché de l'aponévrose. Six jours après, cette plaie était complètement guérie; mais, cinq jours plus tard, une contracture des muscles mimique et élévateurs de la mâchoire gauche se manifesta. Il ne pouvait ouvrir la bouche qu'avec difficulté, n'ayant qu'un écartement d'un centimètre et demi. Dureté douloureuse des muscles temporal et masséter. Aucune diminution de la sensibilité.

L'électrisation du nerf facial a lieu au commencement de décembre. Il faut recourir au spéculum de Heister pour l'ouverture de la bouche et la contracture n'est disparue que le lo janvier. Aucune lésion du facial n'ayant pu être découverte, l'origine réflexe de la contracture est donc encore ici la seule explication possible.

Un quatrième fait est rapporté par le docteur Dumolard chez un cultivateur de cinquante-cinq ans qui, étant ivre, tombe de sa hauteur sur la tête contre une pièce de bois. On constate, le lendemain 11 janvier, une large plaie qui.

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