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haut du corps en avant, de façon à faire arriver les mains sur le bout des orteils; la tête ainsi violemment abaissée se congestionne aussitôt, et les palpitations cardiaques cessent immédiatement. On met encore à profit l'ancienne expérience de Weber, qui a montré que l'arrêt de la respiration, après une longue expiration, ralentit et arrête même les battements du cœur. Laideur a pu observer une trentaine de cas dans lesquels ces deux moyens réunis, l'attitude congestive et la suspension de la respiration, ont fait cesser des palpitations cardiaques parfois fort pénibles et qui duraient depuis longtemps. (Soc. de méd. de Nimcy, janvier, et Revue méd. de l'Est, nos 16 et 17.)

Action de l'érythrophlcine. Ce nouveau poison du cœur, découvert par Gallois et E. Hardy en 1876, est le principe' actif de l'écorce de VErythrophleum Guinense, de la famille des légumineuses. C'est un alcaloïde auquel ces auteurs ont reconnu expérimentalement un pouvoir toxique considérable et une action remarquable sur le cœur. MM. Sée et Bochefontaine, avant de l'introduire dans la thérapeutique des affections cardiaques, ont contrôlé ses principaux effets physiologiques par les expériences suivantes.

Les recherches ont été commencées sur les batraciens et les lapins et continuées sur les chiens, à l'aide d'injections hypodermiques. Un centigramme d'érythrophléine, introduit sous la peau d'un chien pesant 9 kilogrammes, est demeuré sans effet appréciable; 2 centigrammes ont tué en deuxheures un autre animal du poids de 14 kilogrammes 1/2.

Plusieurs expériences comparatives établissent que le pouvoir toxique de l'érythrophléine est à peu près le même que celui de la digitaline amorphe de MM. Homolle et Quévenne.

Les premiers signes de l'intoxication consistent dans un peu d'agitation, d'inquiétude, suivies d'une période d'affaissement précédant les efforts de vomissement ou les vomissements. Ces derniers phénomènes sont, en réalité, ceux de l'intoxication, et, si la dose de poison n'est pas trop' considérable, ils peuvent cesser; l'animal revient alors assez promptement a son état normal. Le fonctionnement de l'appareil circulatoire est troublé, comme celui de l'appareil digestif

On observe l'augmentation de la pression sanguine°intra-

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artérielle, L'irrégularité, puis le ralentissement du pouls, déjà notés par Gallois et -Hardy. La période de ralentissement es1 remarquable par la régularité des battements cardiaques, l'énergie de chaque pulsation et L'uniformité de la pression sanguine intra-artérielle. Celle-ci n'est pas modifiée par les mouvements respiratoires, comme à l'état normal, car, sur les tracés hémodynamomélriques ou sphygmoscopiques, 1rs ondulations qui résultent de l'influence de la respiration sur la pression sanguine, chez l'animal intoxiqué, ne s'observent plus chez l'animal sous l'action de l'érythrophléine. Le pouls devient ensuite extrêmement faible et accéléré; les oscillations de la pression sous l'influence de la respiration reparaissent; cette pression diminue graduellement; les battements du cœur, de plus en plus faibles, cessent par moments, puis s'arrêtent définitivement, tandis que la pression sanguine devient nulle.

Les mouvements respiratoires semblent influencés directement par l'érythrophléine, en même temps qu'ils le sont secondairement par les troubles cardiaques. D'une manière générale, ils sont, au début, légèrement ralentis et plus amples.

Lorsque les pulsations cardiaques sont accélérées, dans la période terminale de l'empoisonnement, les mouvements respiratoires sont extrêmement énergiques et plus fréquents. Dans presque toutes les expériences, sinon dans toutes, les mouvements respiratoires ont cessé au moment de l'arrêt du cœur. Plusieurs fois, à ce moment, l'animal a poussé un grand cri. Une, deux, et même trois minutes après la cessation des battements du cœur, les mouvements respiratoires ont reparu moins énergiques pendant deux ou trois minutes, pour s'arrêter alors définitivement.

Les fonctions de diverses parties du système nerveux paraissent troublées par l'érythrophléine. Ainsi l'excitation faradique des bouts thoraciques des nerfs vagues à la région cervicale n'a pas déterminé l'arrêt du cœur chez l'animal intoxiqué, comme il le produit sur l'animal sain. La chute brusque de la pression sanguine, survenue sous cette influence, s'est, au contraire, également manifestée dans les deux cas.

L'action frénatrice ou modératrice du nerf pneumogastrique sur le cœur est donc modifiée par l'érythrophléine. et l'on peut, avec cette substance, dissocier pour ainsi dire

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physiologiquement les deux phénomènes circulatoires résultant de l'excitation des bouts périphériques des filets cardiaques des vago-sympathiques.

L'excitation faradique des bouts céphaliques des pneumogastriques, dans une période avancée de l'intoxication, n'entraîne pas l'accélération du pouls, qu'elle détermine tout d'abord dans les conditions normales; elle ralentit, au contraire, le pouls; mais elle agit sur la tension artérielle comme d'ordinaire, c'est-à-dire en l'augmentant par une disjonction des effets physiologiques.

La faradisation des bouts cardiaques ou des bouts céphaliques vago-sympathiques entraîne donc, chez l'animal à l'état normal, les mêmes modifications de la pression que chez celui qui a reçu de l'érythrophléine. Le rhythme du cœur, au contraire, est respecté par les mêmes excitations faradiques chez l'animal intoxique par cet alcaloïde.

A la mort de l'animal, le cœur est en diastole llasque et cependant rempli de sang. Quelquefois, les ventricules cardiaques sont animés d'un mouvement de trémulation semblable à celui qui succède à la faradisation de ces ventricules. Généralement, le coîur n'a pas perdu sa contractilité électrique. Le nerf pneumo-gastrique a conservé son action sur l'estomac.

L'excito-motricité des'nerfs phréniques, ou de l'un de ces nerfs, est ordinairement diminuée ou abolie, tandis que celle du sciatique ou du sympathique cervical n'est pas amoindrie.

En résumé, la physiologie démontre que l'érythrophléine agit non seulement sur le cœur, mais encore sur l'appareil respiratoire, et cette double action sur ces appareils si importants doit conduire à ôn faire l'application à la clinique, et plus particulièrement au traitement des affections cardiaques ou respiratoires. (Acad. des sciences.)

Régime lacté. Il est particulièrement efficace, selon M. Potain, dans les maladies secondaires du cœur, hypertrophies ou dilatations simples ayant une origine rénale ou gastrique. Ce régime modifie dans un cas l'état du rein, dans l'autre celui de l'estomac, en ce sens surtout qu'il apporte à ces organes un repos plus complet. De plus, pour être véritablement efficace, il doit être absolu et plus ou moins

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prolongé. Il peut intervenir utilement dans les cas de simples palpitations réflexes, quand le point de la perturbation réflexe est gastrique. On peut utiliser son action diurétique dans les cas d'hydropisie surtout, et peut-être exclusivement quand l'iiydropisie est la conséquence d'un trouble rénal secondaire ou d'une phlogose intercurrente des séreuses. Enfin, ce régime ne peut être efficace qu'à la condition d'être bien toléré et de trouver des facultés digestives et assimilatrices capables d'utiliser convenablement le lait. (Assoc. française, août.)

Action des bains. Scbott, après une assez longue expérience de leur emploi, en confirme les bons effets annoncés sur les néoformations de l'endocarde, mais en expliquant autrement leur action. Ce n'est ni comme dissociants Di comme résorbants qu'ils agiraient, mais simplement comme toniques de premier ordre pour le muscle cardiaque. Que l'affection soit ou non accompagnée de souffle, c'est à la dilatation ventriculaire que s'adresse spécialement l'action du bain, et elle ne manque jamais ni contre les lésions valvulaires ni dans les insuffisances relatives. Il s'agit là d'une espèce de gymnastique du cœur, et les bains se rapprochent de la digitale à cet égard.

Les bains alcalins, naturels ou artificiels, à une température de 24 à 26° et une durée de dix à vingt minutes, pris quotidiennement, avec un jour de repos par semaine, sont tout le secret de cette médication (Berl. Klin. Woch., n° 26.)

COLLYRES ANTISEPTIQUES. Pour désigner à la fois toutes les variétés de conjonctivites, catarrbales, purulentes, pustuleuses, granuleuses, aussi bien que les kératites, pblycténulaires, plastiques ou même suppuratives, en un mot toutes les affections oculaires externes paraissant susceptibles d'être traitées avec succès par un moyen commun, le docteur Fieuzal, médecin en chef de l'hospice des Quinze-Vingts, les réunit sous le titre générique et ancien d'ophthalmies externes. Cette unification a pour but de leur opposer un agent unique, incapable de provoquer des exaspérations de la maladie, comme tous les oculistes en observent journellement par suite d'un traitement intempestif.

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Un collyre employé au début d'une ophthalmie simple du segment antérieur de l'œil peut devenir ainsi très préjudiciable lorsqu'elle se complique d'iritis ou de choroïdite, car ce sont là les complications eontre-indiquant le plus formellement les traitements astringents ou catbérétiques, en usage de temps immémorial dans la tbérapeutique des affections oculaires externes.

Afin de mettre dans les mains du plus humble comme du plus éminent des praticiens un moyen uniforme, souvent très efficace et jamais nuisible de ces affections sécrétantes de la conjonctive, il a substitué à ces collyres les pansements antiseptiques destinés à remplacer désormais le traitement banal qui produit si souvent des complications irrémédiables.

En voici l'indication, communiquée le 14 avril à la Société médicale des bureaux de bienfaisance de Paris et signalée dans une circulaire du ministre de l'intérieur aux préfets du 6 septembre dernier :

« 1° Emploi de l'eau phéniquée à l/2o0 en lotions fréquentes, dans toutes les hyperémies conjonctivales, conjonctivites catarrhales, purulentes, granuleuses;

« 2° Eau phéniquée et sulfate neutre d'éserine (o centigrammes pour 10 grammes d'eau distillée), dans les conjonctivites pustuleuses, vésiculeuses, ulcéreuses, et les abcès de la cornée;

« 3° Eau phéniquée et atropine (5 centigrammes pour 10 grammes d'eau distillée), lorsqu'il y a en même temps iritis ;

« 4° Enfin la glace méthodiquement appliquée dans certains-cas particuliers, mais exceptionnels, et plus habituellement, au contraire, l'eau chaude. Tels sont, dans leur ensemble, les moyens locaux qui devraient être employés par tous les médecins, en attendant un traitement institué par un spécialiste, dans le cas où la maladie tendrait à prendre un caractère de gravité nécessitant la mise en œuvre de tels ou tels autres que celui-ci jugerait utiles, avant que la maladie se fût déjà terminée par une perforation, comme c'est la règle avec les collyres métalliques instillés dans les culs-de-sac de la conjonctive. »

Il les emploie journellement dans sa clinique, et, sans en revendiquer l'extension comme une panacée, il s'est as-

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suré, à sa consultation des malades externes de l'hôpital, que la. plupart des autres collyres étaient nuisibles. Bien des médecins ordonnent des collyres sans trop se rendre compte de leur action sur une muqueuse irritée et dont l'épilhélium est desquamé par places. Beaucoup même ne s'assurent pas préalablement, par l'examen de l'œil à l'éclairage latéral ou à l'éclairage faible avec un miroir plan, si les membranes profondes sont enflammées. Une hyperémie coujonctivale simple ne peut cependant se distinguer d'une iritis au début que par ce moyen. Des complications graves résultent de cette erreur, et les malades ont trop souvent à payer non seulement de douleurs cuisantes, mais de synéchies postérieures insurmontables, qui auraient été évitées si le médecin n'avait par habitude, et d'une façon banale, ordonné un collyre plus inoffensif en apparence qu'en réalité. L'essentiel étant de ne pas nuire, il est préférable de s'en tenir aux collyres antiseptiques. Les études spéciales des médecins les plus instruits ne sont pas toujours suffisantes pour donner des soins raisonnés aux malades atteints d'ophthalmie profonde. La pratique journalière des maîtres dans les hôpitaux en est l'exemple. Velpeau traitait tous ses malades atteints de kératite par le collyre au nitrate d'argent, vulgarisé dans un Manuel publié sous son patronage. Tout en apportant le premier la lumière dans l'étude et la description des ophthalmies, en les distinguant suivant le siège occupé par l'inflammation, en isolant les blépharites, les conjonctivites, les kératites, les iritis, il faut reconnaître qu'il fut moins bien inspiré dans son traitement, quand on se rappelle que ce grand clinicien traitait les iritis par un collyre composé : eau distillée 120 grammes, sulfate de zinc 0,20, extrait de belladone 0,50. Pour la kératite, c'était le nitrate d'argent; pour la conjonctivite, le sulfate de cuivre.

Ce que cette pratique a entraîné de taies de la cornée est incalculable, car il est surabondamment prouvé que, dès que l'épithélium de la cornée est enlevé, le nitrate d'argent, transformé par les larmes en chlorure insoluble, se fixe indéfiniment à cet état dans le tissu propre de cette membrane, de façon à y jouer le rôle de véritable corps étranger et à devenir à tout instant l'occasion de poussées inflammatoires' nouvelles. Il en est de même des sulfates de

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zinc, de cuivre, de cadmium, du sucre de Saturne et en général de tous les métalloïdes et métaux que les oculistes ont, ajuste titre, bannis depuis longtemps de leur pratique dans le traitement de la kératite.

L'influence exercée par l'école de la Charité dans le traitement des ophtkalmies externes se fait encore sentir de nos jours. Sans tenir compte des travaux faits sur la physiologie pathologique des kératites, la pluralité des médecins ordonne encore , dans ces maladies, en le croyant classique, le traitement par le collyre au nitrate d'argent ou bien celui de sulfate de zinc et de cuivre et laudanum, comme celui de sucre de Saturne. Quelques-uns, et non les moins illustres, ont remplacé l'extrait de belladone par le sulfate neutre d'atropine, qu'ils associent à ces sels métalliques, comme nous en avons tous les jours la preuve dans les ordonnances que les malades apportent des consultations hospitalières.

Rien assurément ne justifie l'emploi de cette pratique que la routine la plus détestable. Elle engendre des résultats de nature à acquérir la portée d'une véritable calamité sociale, si ton songe au nombre de malades qui, par suite de taies ou de leucomes imputables au mode de traitement mis en usage, sont rendus impropres au service militaire, ou incapables d'entreprendre ou de poursuivre telle ou telle carrière civile.

Quand on voit, comme tous les oculistes sont à même de le constater trop souvent, hélas ! les déplorables résultats d'une thérapeutique meurtrière, le devoir s'impose de réagir; l'indifférence serait coupable, et il importe absolument de contribuer de toutes ses forces à faire rejeter à jamais une pratique qui n'est pas seulement celle des médecins, entre les mains desquels elle offre des dangers relativement beaucoup moindres, mais aussi et surtout celle des pharmaciens et des sages-femmes, sans parler des nombreux marchands de vin et restaurants ayant la renommée d'une eau souveraine pour les yeux. Il ne se passe pas de semaine où l'on ne voie à l'hôpital des malades victimes de traitements absurdes conseillés impunément dans notre bonne ville de Paris par des charlatans.

Il existe, dans le public, à l'endroit des collyres, un sentiment trop répandu, en vertu duquel les collyres dont l'ap-

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