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COQUELUCHE

gaz a fait aussi merveille, il y a quelques années, Lien que délaissée depuis et remplacée par l'évaporalion du phéaate de soude (Voy. année 1877). C'est la méthode la plus rationnelle de traitement. En voici de nouvelles applications.

La belladone, la quinine et les bromures ayant échoué sur les nouveau-nés de l'asile de New-York, le professeur Smith fit pratiquer trois fois par jour, dans la salle des coquelucheux, des pulvérisations de deux à cinq minutes de durée avec Ja solution suivante :

Douze enfants furent soumis à ces inhalations pendant quinze à vingt jours. Sans être concluants, les effets furent assez favorables pour continuer ce traitement. Une amélioration sensible eut lieu dans les quintes, et sept des petits malades, âgés de huit mois à cinq ans, éprouvèrent une diminution notable des paroxysmes par l'emploi de ces inhalations. Et, comme la toux convulsive spasmodique est le principal danger et la cause des complications les plus redoutables, ce traitement est recommandé de préférence à out autre quand aucune contre-indication n'existe. L'acide phénique, allié au chlorate de potasse, paraît agir surtout comme un anesthésique des surfaces muqueuses.

Ces résultats sont parfaitement conformes à ceux obtenus en Allemagne. Birch Hirschfeld, ayant placé ses petits malades dans une chambre parfaitement ventilée, en satura l'air d'acide phénique, en faisant pulvériser une solution à 20 pour 100 avec un atomiseur. Des inhalations furent également pratiquées par le docteur Thoruer, de Berlin, avec une solution de 1 à 2 pour 100 seulement, et, dans les deux cas, il en résulta uu effet très salutaire sur le nombre et la violence des accès. (Boston med. and surg. journ., 22 janvier.)

Pulvérisations bromurées. Pour rendre plus sensible l'action sédative du bromure de potassium, si efficace par l'usage interne, le docteur Wintrebert fait usage d'une solution au vingtième, en pulvérisation directe dans la gorge.

% Acide phénique.... Chlorate de potasse

Glycérine

Eau

K gr.

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11 y recourt après chaque quinte lorsque la muqueuse des voies respiratoires, débarrassée des mucosités qui l'obstruent habituellement, est accessible à l'action immédiate du médicament. Chez une enfant de quatre ans, les quintes, de 24 par jour, tombèrent à 9, puis 7 et même à 5. Sous l'influence d'un écart de régime et de la fièvre qui en fut la conséquence, les quintes remontèrent à 27, pour revenir de nouveau à 9, 8, 7, dès que les pulvérisations furent reprises. Huit ou dix jours après, la coqueluche avait presque complètement disparu. (Journ. des sciences méd. de Lille.)

CRANE. Périostose chez les scieurs de long. On sait que les scieurs de long ont l'habitude de soulever fréquemment pendant leur travail, de lourdes pièces de bois qu'ils appuient directement sur la tête. Sous l'influence de ces pressions lourdes et répétées, le docteur Poncet (de Lyon) a observé qu'il se développe sur la voûte crânienne une tumeur osseuse, méritant, par son siège et ses caractères, d'être prise en considération. Cette périostose professionnelle, sorte de durillon osseux, forme une saillie facilement appréciable au doigt, longue de plusieurs centimètres située sur la suture sagittale. Sur 14 scieurs de long examinés au hasard, la déformation a été trouvée douze fois très nette et deux fois moins marquée, ce qui tient à ce que es derniers ouvriers plaçaient habituellement le bras sur a tete. Cette plaque osseuse est fixe, non douloureuse, et le plus souvent il existe à ce niveau une plaque de calvitie, cie iorme ovalaire, ayant les dimensions d'une pièce de cing francs. (Acad. de méd.) 1 Vernois avait déjà signalé , dit le docteur Diday, une bourse séreuse sur le vertex de ces scieurs de long, au siège même de leur périostose professionnelle. C'était probablement la même affection. Il rappelle également que les hiercheurs, qui font circuler les wagons dans les galeries de mine en s'aidant de la fête, sont affectés d'une dureté squammeuse du vertex avec épaississemejit de la peau II resterait à déterminer la désion anatomique qui caractérise ces altérations probablement analogues. {Lyon méd., février.)

CYSTITE. La cystite cantharidienne, qui semblait être un des eilets immédiats de l'absorption de la cantharidine

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par l'usage des vésicatoircs, n'en serait plus que L'effet secondaire, d'après les nouvelles expériences de M. Cornil. Les anciens anatomo-pathologistes — Morel-Lavallée entre autres, qui obtint une récompense de l'Institut pour ses constatations précises sur la morphologie des lésions rencontrées à l'autopsie d'individus soumis récemment à l'emploi des vésicatoires — n'avaient pu voir qu'imparfaitement les lésions primitives des autres organes. Les reins sont les premiers lésés, et ce n'est que par l'action secondaire et peut-être topique de l'urine intoxiquée sur la vessie que la cystite secondaire se manifeste.

La cantharidine , dont l'action se produit en même temps sur d'autres organes, détermine d'abord dans le rein, presque aussitôt après son introduction sous la peau, la sortie des globules blancs et des globules rouges des vaisseaux glomérulaires, avec imprégnation et gonflement des cellules de la capsule des glomérules et des tubes contournés par un liquide contenant des granulations hématiques. Peu de temps après se manifeste l'inflammation des tubes droits et collecteurs, caractérisée par une modification de la forme de leurs cellules et la migration des leucocytes. Cette modification de forme des cellules, dont la configuration est fixe à l'état normal, et qui, sous l'influence de l'inflammation, deviennent indifférentes ou irrégulièrement polyédriques, est un fait à peu près constant dans tous les organes.

La vessie, après la première émission d'une quantité notable d'urine, qui a lieu quinze ou vingt minutes après l'empoisonnement, revient sur elle-même et reste contractée. Sa surface est rouge ; elle renferme quelques gouttes d'une urine trouble, contenant des leucocytes et de très grandes cellules sphériques ou allongées et plates. Une heure après l'intoxication, ces grosses cellules, à deux jusqu'à huit ou dix noyaux ronds, sont, les unes libres dans l'urine, les autres encore adhérentes à la surface de la muqueuse et en train de se détacher. Les cellules allongées sont irrégulières à leurs bords; elles oflrent des prolongements à angles mousses. Leur protoplasma, granuleux, solide, homogène, se colore en jaune par le picrocarmin, tandis que les noyaux deviennent rouges. On voit assez souvent un noyau en voie de division ou des

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noyaux nias petits que les autres situés à côté d'un noyau plus gros. (Acad. des sciences, janvier.) Voy. Empoisonne-

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Cystotomie. Une des principales règles en ck.iu igie, toutes les fois qu'un obstacle s'oppose à 1 exercice d une fonction indispensable à la vie, est de 1 enlever et, à défaut de pouvoir le faire, de le surmonter en créant une voie artificielle à la fonction même. La trachéotomie, la gastrotomie la kélotomie et bien d'autres opérations n'ont pas d'autre principe. Il est surtout appliqué par les chirurgiens an-lais et allemands, afin d'atténuer ou de guérir le mal par le repos de l'organe, dont la fonction est supprimée. La colotomie a été ainsi érigée par eux en méthode générale contre les obstructions du rectum, le cancer entre autres, et M Krishaber recommande et emploie au môme titre la trachéotomie contre le cancer du larynx (Voy. ce mot). Lahtkotomie n'a pas été imaginée dans un autre but, et 1 on est encore forcé d'y recourir quand la lithotritie ne peut en remplir directement l'indication. Et, de même que la ponction de la vessie est couramment employée aujourd'hui contre la rétention d'urine, dès que le cathétérisme offre des difficultés ou présente des dangers de fausse route, il est question de créer une voie artificielle à l'urine, quand son émission par la voie naturelle est douloureuse, insupportable, comme dans la cystite aiguë. Les chirurgiens américains tendent ainsi à ériger la cystotomie en méthode générale contre cet accident.

Aucune autorité chirurgicale n'a pris encore la responsabilité de conseiller explicitement cette opération en pareil cas. Bryant dit pourtant, à propos de l'ulcération de la vessie, qu'il serait d'une pratique rationnelle, dans les formes les plus graves, d'inciser cet organe, comme dans la taille, — as for lithotomy, — afin de fournir une libre issue à l'urine aussitôt sa sécrétion. Cette opération, ajoute-t-il, fournirait une chance pour la guérison spontanée de la vessie et donnerait en tout cas du soulagement. Le docteur Robert Battey a pratiqué ainsi la cystotomie dans un cas de cystite en 1869 et, d'après le Médical Record, le docteur Powell, dans son enseignement au Collège médical de Rush, n'a cessé, depuis 1866, de recommander ce mode de traite-

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ment contre la cystite chronique, non en dernier ressort comme un moyen extrême, mais de bonne heure afin dé prévenir l'épaiss.sscment et l'altération des parois vésicales"

C'est d'après ces enseignements que le docteur Barss a été conduit à pratiquer la cystotomie contre u„c cystite chronique chez un alcoolique, âgé de 44 ans, dont les souffrances étaient intolérables. Après des douleurs persistantes dans le rein gauche, de 1866 à 1872, survint une hématurie soudaine et abondante qui y mit fin; mais une urine épaisse gluante, y succéda, en déterminant de fréquentes et douloureuses envies d'uriner . Malgré divers moyens employés jusquen 1878, en ville et à l'hôpital, notamment le lavage de la vessie, cet organe était devenu si irritable que les mictions se répétaient toutes les deux à trois minutes avec des douleurs intenses tout le long de l'urèthre.

Le 1er avril 187g) en présence de qUatre 'médecins ce malade fut éthérisé et placé dans la position de la taille Un cathéter étant introduit dans la vessie, la taille latéralisée fut pratiquée par une incision étendue de la vessie, de manière à donner un libre cours à l'urine. Le doigt, introduit à l'intérieur, ne rencontra ni calcul ni tumeur, mais une muqueuse très épaissie.

Sept heures après l'opération, l'urine coulant librement de la plaie, le malade déclara qu'il se trouvait mieux qu'il n avait été depuis plusieurs années. La température s'éleva le lendemain jusqu'à 103 degrés Fahr., et de l'urine s'écoulant par l'urèthre ramena les douleurs; mais un tube en caoutchouc, placé dans la vessie, mit rapidement fin à ces accidents.

L'urine continua néanmoins à être alcaline et purulente, malgré les lavages répétés de la vessie. Elle ne devint neutre que sous l'action de l'acide benzoïque, porté graduellement jusqu'à l'extrême dose de 6 grammes par jour. Mais, en troublant la digestion et en irritant la gorge, cet acide dut être cessé, et l'urine revint alcaline.

Néanmoins, quatre mois après l'opération, l'opéré commença à sortir et à reprendre ses occupations, en portant son tube urinai. Il n'était pas guéri, car l'urine contenait toujours du mucus en grande quantité, et il ne pouvait s'en écouler la moindre quantité par l'urèthre sans provoquer de vives douleurs. Il souffrait toujours des reins, mais il

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trouvait néanmoins sa position plus supportable par l'écoulement artificiel de l'urine.

La mort survint le 2 septembre 1879, dix-sept mois après l'opération. En tentant d'enlever le rein gaucbe, il se brisa en une masse de détritus et de pus. Le rein droit, au contraire était à l'état normal. Les parois de la vessie étaient épaissies et contractées, l'uretère gaucbe était atrophié et imperméable, taudis que le droit était dilaté. Prostate à l'état normal. Une petite tumeur muqueuse se projetait dans l'urètbre à son point de jonction avec la vessie. (Boston med. and surg. journal, n° 23, décembre 1879.)

La cystotomie n'a évidemment pas reçu clans ce cas sa véritable application. La cystite n'était que symptomatique et consécutive à l'altération du rein gauche. C'était celui-ci qu'il eût fallu exciser comme moyen curatif; la néphrite primitive était l'origine de tout le mal. La tumeur uréthrale, cause des plus grandes souffrances, n'était peut-être même que secondaire. Et cependant cette ouverture artificielle de la vessie pour l'écoulement de l'urine a prolongé la vie, en la rendant plus supportable, pendant dix-sept mois! Cette expérimentation, pour ainsi dire, permet donc de prévoir qu'elle eût été bien plus utile et curative dans un cas de cystite essentielle, et c'est là un exemple propre à y faire recourir, surtout avec les perfectionnements actuels du nuage phéniqué.

Cette opération radicale est surtout employée chez la femme par les gynécologistes américains. Le docteur Emmet l'exécute avec des ciseaux, et le docteur Bozeman excise un fragment circulaire du diamètre d'une pièce de cinq francs. C'est du moins ce que dit le docteur Byrne, en proposaut un nouveau procédé d'exécution avec le galvanocautère, qui semble un perfectionnement sur les précédents. Sans une excision aussi étendue, la cicatrisation est empêchée. Aussi en préconise-t-il l'emploi dans tous les cas de cystite chronique, car il n'en a jamais vu de guérison par les acides, les alcalins, les balsamiques ou toute autre injection. (Gynecological transactions.) La chirurgie française est heureusement trop conservatrice pour se laisser aller à de telles excentricités.

Elle semble surtout indiquée dans la nouvelle variété de cystite dite scléreuse, où la rétraction de la vessie est telle

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qu'elle ne peut plus contenir d'urine, comme en bèmowme I exemple suivant : J "

, »**ipt*ll. Ut (Mil,. I

ment à 2 ou 3 centimètres du méat n admet que la bougie n- AS, un autre à 11 centim. 1/2 n'admet que le n» 1 I Des phénomènes de cystite intense , avec miction toutes les cinq minutes de quelques gouttes d'urine purulente et douleur a la fin, maigreur, perte d'appétit, fièvre vespérale indiquaient la gravité de son état.

Aussi la dilatation et le traitement interne n'àmenèrenl aucune amélioration. Le passage le plus doux des boueies provoquait le frisson. La vessie, n'admettant que quelques gouttes de liquide, rendait les injections inutiles, et, maleré le succès du régime lacté sur l'estomac, l'état local restait des plus graves.

L'urétbrotomie externe fut pratiquée, le 16 mai, avec Je thermo-cautère. Une sonde en gomme rouge n" 19 placée à demeure, fut bien supportée, et la plaie se cicatrisa bien Le 25 juillet, il n'existait plus qu'une fistulette, donnant une goutte d'urine dès que la sonde était enlevée. Les souffrances apparaissaient aussitôt et forcèrent ainsi, à plusieurs reprises, de la replacer et même de la laisser débouchée pour l'écoulement continu de l'urine. La vessie continuait à être des plus intolérantes. Le malade s'affaiblit graduellement et mourut en pleine connaissance, comme un phtbisique, le 12 septembre, quatre mois après l'urétbrotomie externe.

Aucune autre lésion que celles de la vessie ne put expliquer la mort. Rétracté sous la symphyse, cet organe formait une saillie à peine visible, comme celle d'une noix, sous le péritoine. D'une dureté remarquable au toucher' son volume n'excédait pas celui de l'utérus, et sa cavité ne pouvait admettre qu'une noisette. Ses parois avaient 15 millimètres d'épaisseur, étaient dures et comme sclérosées à la coupe, ainsi que le tissu périvésical et les vésicules séminales. Muqueuse lisse, injectée et d'un rouge vif, sans hypertrophie des fibres musculaires, comme dans les vessies à

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rétention et à stagnation. Une couche de tissu Fibreux blanc, lardacée, existait sous la muqueuse, avec des travées de même apparence pénétrant clans la substance musculaire.

Des lésions analogues se propageaient aux uretères, très dilatés jusqu'à la moitié de leur hauteur. L'hyperémie s'étendait jusqu'aux bassinets, moins dilatés. Les reins, bosselés, étaient de volume normal. Du pus était disséminé dans tous ces organes.

L'hyperémie vésicalc s'étendait de même à la prostate, sans hypertrophie ni dilatation du col vésical.

Ce n'était donc pas là de l'hypertrophie vésicale, comme les auteurs classiques désignent ces cas. Seul, le docteur Jean fait exception, en les réservant. Dans certains cas de cystite chronique s'accompagnant de pyélo-néphrite, on trouve, dit-il, une diminution de la cavité du réservoir urinaire. Il n'y a pas alors stagnation d'urine, la vessie est intolérante et ne peut supporter que quelques grammes de liquide; les mictions ont lieu à chaque instant avec une force de projection assez grande. (De la rétention incomplète d'urine, thèse inaugurale, Paris, 1879.)

L'impossibilité de la rétention, de la stagnation de l'urine est donc la distinction clinique de ces cas, de même qu'au point de vue anatomique le défaut d'hypertrophie des fibres musculaires en est le caractère. Cette hypertrophie avec sclérose existe toujours dans la cystite avec rétention et porte spécialement sur la couche interne chez les prostatiques. Elle soulève la muqueuse, comme dans le catarrhe chronique, ou bien n'envahit que la couche externe de la couche musculaire, comme chez les rétrécis. Rien de semblable n'existait dans le cas actuel.

Histologiquement, la différence est encore plus tranchée, suivant M. Reynier. Les éléments inflammatoires : cellules embryonnaires, fibres conjonctives nouvelles, sont d'autant plus nombreux dans la cystite avec rétention et stagnation que l'on se rapproche de la muqueuse. On peut suivre ainsi la marche de l'inflammation de dedans en dehors. Au contraire, dans le fait actuel, toutes les tuniques vésicales étaient uniformément altérées et les traces d'inflammation aussi manifestes intérieurement qu'extérieurement, l'induration du tissu périvésical et des vésicules séminales en est la dreuve. L'intkunmalion est donc bien plus générale, pro-

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fonde et rapide ici que là. C'esl une cystite interstitielle se généralisant rapidement, tandis qu'elle est lentement progressive dans les cas de rétention d'urine. Les mictions fréquentes, répétées, et l'extrême intolérance de la vessie seraient donc les signes indiquant spécialement la cystotomic des chirurgiens anglo-américains. (Arch. de méd., janvier.)

cystite du col. Voici la médication indiquée et suivie par le docteur Diday, de Lyon :

Boire trois ou quatre fois par jour un grand verre de tisane de lin émulsionnée d'orgeat, de manne, de feuilles d'oranger, de queues de cerises, de pariétaire, de marchanda, d'eau d'Evian ou de Contrexéville.

Délayer, dans chaque verre de tisane, l'un des paquets suivants :

Sucre pulvérisé 15 gr.

Poudre de feuilles de jusquiame 2

Mêlez, faites 20 paquets.

On produit ainsi une narcose lente, insensible, que l'on favorise par des onctions au périnée avec une pommade belladonée ou par un suppositoire rectal avec un ou deux décigrammes d'extrait de belladone. Si la douleur persiste, on peut porter les narcotiques jusqu'à dose toxique en exerçant une active surveillance. Le café est l'antidote de la jusquiame.

Appliquer au bas des reins un emplâtre stibié de 10 centimètres de côté; ne l'ôter que lorsqu'il aura produit quelques boutons. Résister à l'envie- de pousser fortement les dernières gouttes d'urine ; précepte important et dont la pratique exerce une influence immédiate et heureuse sur le ténesme et l'exhalation sanguine. (Lyon méd.)

Instillations de nitrate d'argent. Elles sont pratiquées directement sur le col enflammé par le professeur Guyon, depuis une dizaine d'années, avec une solution au 50B. Il se sert à cet effet d'une seringue analogue à celle de Pravaz, munie à son extrémité pénétrante d'un explorateur en gomme formé par une boule olivaire et perforé dans toute son étendue. Elle est assez volumineuse pour qu'à la liberté de

CYSTOCÈLE INGUINALE

L'instrument ou soit averti de son entrée dans la vessie. Dès qu'elle est parvenue à la région prostatique, il suffit de fane jouer le piston, et, chaque tour de celui-ci correspondant à une goutte de liquide, ou instille 20, 25 ou 30 gouttes, à volonté. Le liquide agit sur place, directement, en s'étalant sur le col vésical enflammé, sans être projeté au dehors, à moins que l'instillation n'ait été faite en avant ou au niveau de la région membraneuse. Il n'agirait pas non plus s'il était injecté dans la vessie, où il se mélangerait avec l'urine.

On doit toujours agir avec une très grande lenteur, car on provoquerait un spasme de la région membraneuse qui arrêterait la boule et amènerait une miction immédiate avec rejet du liquide caustique. Les douleurs ne sont pas très vives et n'apparaissent guère qu'au moment de la miction. La durée du traitement est relativement très courte; sept à huit jours en moyenne suffisent généralement pour faire cesser hématurie, douleurs, spasmes, envies fréquentes d'uriner et épreintes convulsives après la miction.

S'il n'y a pas amélioration prompte des symptômes, c'est que l'on n'a pas affaire à une cystite simple du col. Le traitement par les instillations de nitrate d'argent au niveau du col guérit rapidement la cystite blennorrhagique. Toutes les fois que la guérison ne sera pas rapide et complète, il y aura une lésion autre que la cystite franchement inflammatoire, par exemple une cystite tuberculeuse. Dans les cas douteux, les instillations seraient un excellent critérium pour reconnaître la nature de l'affection. (Frcuice méd. et Gaz. des hôp., mai 1879.)

Cystite de la grossesse. Voy. ce mot.

CYSTOCÈLE INGUINALE. A la variété secondaire par glissement de cette hernie de la vessie dans le scrotum, si clairement décrite par Verdier, M. Leroux admet un autre mécanisme par bascule, d'après une observation recueillie dans la clinique du professeur Verne uil et une autre publiée par Kronlcin et qu'il rapporte à l'appui de sa théorie. Dans ces deux cas, en effet, la vessie herniée était recouverte de son péritoine, lui formant un nouveau sac dans le sac luimême. La partie postérieure de la vessie, avec ses annexes,

GARNIER. XYI. — 1 1

CYSTOCÈLE INGUINALE

devient ainsi antérieure; elle sort entièrement de l'abdomen, et Ton comprend que le diamètre de l'anneau inguinal acquière des dimensions considérables. Il n'avait pas moins de huit centimètres dans le second cas.

Autant le mécanisme par glissement de la cystocèle consécutive est simple et compréhensible, suivant Verdier, autant celui par bascule est obscur et compliqué. A moins d'admettre des adhérences anciennes avec l'intestin hernié, on ne peut comprendre ce renversement total, cette culbute de la vessie. N'est-il pas plus vraisemblable que le glissement a lieu dans les deux cas, et que de l'excès, de la totalité même de l'issue du réservoir urinaire avec le péritoine adhérent résultent ces nouveaux caractères d'antéversion, par le fait même de l'amplitude et des contractions qui ont lieu pour l'émission de l'urine?

Le volume extrême de cette hernie, se confondant dans les deux cas avec une masse d'intestin et d'épiploon qui lui donnait le volume d'une tête d'adulte, est donc le caractère clinique le plus saillant de cette variété. Des troubles urinaires, en fréquence et en quantité, l'accompagnent forcément par ce déplacement et les tiraillements opérés sur les reins. De là la douleur de ces organes. En dehors de ces signes, le diagnostic est si difficile qu'il n'a pu être fait dans aucun de ces deux cas que par l'opération et l'autopsie.

Les caractères de la cystocèle inguinale secondaire et compliquée de la hernie antéro-épiplocélique diffèrent complètement de la cystocèle primitive et isolée. Ceux-ci sont aussi simples et clairs que les autres sont obscurs, masqués qu'ils sont par les parties solides. Ne pourrait-on pas tirer cependant un enseignement clinique de ces deux faits méconnus? ce serait de mesurer comparativement le volume de la hernie avant et après la miction ou le cathétérisme. Et, de même que le cocher allemand a déclaré qu'il urinait plus facilement quand il comprimait ses bourses avec les mains, ne serait-il pas aussi d'une bonne pratique de recourir à cette épreuve pour asseoir son diagnostic? C'est en perdant de vue tous ces petits détails, dans la nouvelle école, et en ne voyant que la néphrite, que l'on néglige de différencier le contenu d'une hernie si volumineuse, au point de confondre la partie solide avec la partie liquide, la vessie avec l'intestin. Il suffira, en pareil cas, de

DERMATOLOGIE

s'inquiéter des troubles urinaires, d'en étudier le mécanisme, pour ne pas retomber dans ces grossières erreurs, probablement plus communes qu'on ne le suppose. (Revue mensuelle, n° S, mai.)

DERMATOLOGIE. Dans l'impossibilité de ranger sous un nom précis diverses affections de la peau que les ■observateurs n'ont pu même étiqueter plus précisément, nous les placerons sous ce titre générique. Tels sont les tumeurs multiples de la peau, certains sarcomes désignés d'après leurs caractères Listologiques. Le cas suivant, observé par M. Vidal, en est un exemple frappant.

Femme de trente et un ans, extrêmement nerveuse, réglée difficilement à treize ans et demi; à quatorze ans, début de la maladie par une urticaire, à laquelle ont succédé des tacbes rouges sur la peau, devenant violacées à la moindre impression de froid ou à la moindre émotion, tacbes multipliées aux membres supérieurs, à la face, au tronc, mais respectant les jambes, qui sont seulement atteintes d'une dilatation veineuse superficielle. Le caractère Je plus curieux est la relation de cet état de la peau avec le système nerveux, dont la moindre excitation suffit à augmenter l'érytbème. La peau présente un état mamelonné dont les saillies se dépriment et s'affaissent sous la pression, comme des tumeurs érectiles, et sont le siège de démangeaisons plus ou moins vives. De là le nom provisoire de tangélectiasie qu'il lui a donné.

M. Vidal a réussi à modifier l'aspect de la face au moyen •de scarifications linéaires.

Jusqu'ici, ce cas paraît unique, sauf celui d'un médecin napolitain observé chez une fillette de onze ans, au moment de la menstruation. D est désigné comme une dermatose veineuse générale et idiopathique. Bazin avait autrefois donné le nom de lichen lividus à cette éruption, mais elle n'a nullement le caractère lichénoïde. L'examen bistologique serait donc indispensable pour la classer définitiveaiient, bien que, en raison même de l'influence nerveuse sur

DERMATOLOGIE

cette éruption, il soit peut-être difficile de se prononcer catégoriquement.

M. Hillairet conseille, comme traitement, l'essai d'une compression avec la tarlatane plâtrée, qui lui a donné des résultats remarquables sur un nez variqueux. Il ne s'agit que de surveiller l'appareil contre les accidents possibles de gangrène. (Soc. méd. des hôp., 11 juin.)

Altération des nerfs cutanés. L'examen d'une plaque de vitiligo fait par M. Leloir lui a montré une grande quantité de tubes nerveux présentant les lésions de la névrite atropbique. Le cylindre-axe de quelques-uns avait complètement disparu; la myéline était fragmentée en gouttelettes et même entièrement absente en certains points, avec multiplication notable des noyaux et matière jaunâtre dans le tube nerveux. Ceux-ci étaient beaucoup moins nombreux que les autres et dégénérés complètement, par la disparition totale de la myéline, avec gaine vide monoliforme. Ce processus avait donc été extrêmement lent.

Un morceau de peau d'ichthyose serpentiiie congénitale, pris sur un malade de l'hôpital Saint-Louis, a montré des altérations analogues. Après macération dans l'acide osmique, un grand nombre des tubes nerveux présentaient une dégénération presque complète, avec les lésions ultimes de la névrite atrophique, précédemment relatées. (Acad. des sciences, décembre 1879.)

Au-dessous d'une pustule d'ectbyma et dans un rayon d'un centimètre autour, cbez un homme qui venait de succomber à une paralysie générale, les tubes nerveux étaient altérés dans la proportion de deux à trois sur dix. La myéline était segmentée, le cylindre-axe disparu; gonflement des noyaux et apparition d'une substance se colorant en jaune par le picro-carminate. M. Dejerine a constaté des lésions semblables dans le pempbigus. (Soc. de biol, janvier.)

Scarifications linéaires de la peau. Les succès qu'en a obtenu le docteur Vidal contre le lupus l'ont incité à les employer contre d'autres affections cutanées rebelles. Un homme était atteint, depuis dix ans, d'une séborrhée huileuse du nez extrêmement prononcée, qui avait résisté à tous

DERMATOLOGIE

les traitements. Une rougeur très intense le défigurait. Les scarifications faites à un millimètre ou un millimètre et demi de profondeur, séparées par une distance égale, amenèrent une amélioration si rapide que le malade consentit à plus de 40 séances pour être complètement débarrassé de cette infirmité. Aucune cicatrice ne peut faire soupçonner ce traitement. L'acné fluente en serait donc justiciable au même titre.

Un eczéma pilaire de la lèvre supérieure, avec fissures de l'orifice nasal et de tubercules plus ou moins volumineux, a été guéri de la même manière, sans épilation préalable et avec le même succès. Six séances de scarifications en trois semaines suffirent à amener la guérison. Si ces scarifications assez douloureuses étaient insupportables, on pourrait recourir à l'anestbésie locale pour leur emploi. {Jourri. de méd. et chir. pratiques, février.)

Traité pratique des affections cutanées ou maladies de la peau, basé sur un nouveau traitement, par le professeur Ch. Brame de Tours. Fascicule in-4° de 125 pages avec une planche de l'eczéma en chi'omo-lithographie.

La facture de ce travail diffère entièrement, dans Je fond et la forme, des ouvrages scientifiques. Ce sont des énonciations sommaires, sans démonstration. Il se réfère aux auteurs classiques quant à leurs divisions, leurs classifications, et en rejette sans preuves les principales doctrines, comme l'hérédité, la diathèse, le traitement interne, l'usage des bains, etc. Localisateur exclusif, M. Brame reconnaît et proclame que le siège de la plupart de ces affections est encore indéterminé, et cependant il n'emploie qu'un traitement externe. Une statistique de plus de 700 cas de guérison est invoquée à l'appui de son efficacité, — 585 d'affections non parasitaires, 85 d'affections parasitaires et le surplus de lésions diverses de la peau — et aucune des nombreuses citations données ne contient la date ni les caractères cliniques de la maladie, seules preuves d'une observation authentique. Il ne s'agit jamais que du traitement local et de la guérison, guérison toujours rapide, surprenante, merveilleuse, à rencontre de ce qui s'observe généralement. Le traitement même n'est pas précisé. Les mêmes moyens s'appliquent indifféremment aux affections les plus disparates, et

DILMITHliRITE

le formulaire do co Iraitcment si précieux est résumé à la fin en quelques lignes. C'est donc à n'y rien comprendre du commencement à la fin, car cet ouvrage ne peut être d'aucun enseignement pratique pour les lecteurs, pas plus pour les étudiants que pour les praticiens.

DIPIITIIÉRITE. Ses ravages croissants en Russie ont mis le gouvernement en mesure d'agir contre elle. Elle a pénétré en Pologne et envahit spécialement les écoles. Le collège de Chelm a eu plusieurs victimes. D'après le professeur Jacobi, elle est particulièrement fatale aux enfants et se propage non seulement par contact immédiat, mais aussi par les vêtements des malades. De là la prescription, par la Faculté de Kharkow, d'isoler ceux-ci et de détruire ceux-là. Des maisons de refuge sont aussi préparées pour les malades. Les cérémonies religieuses sont même soumises à des mesures de précaution.

Cette maladie sévit de préférence dans les localités humides et marécageuses, les maisons mal ventilées et encombrées. De là l'indication de marquer d'un papier jaune, écrit ou imprimé, la porte des maisons infectées. Des détachements sanitaires de la Société de la croix rouge ont été envoyés dans les districts de Poltawa, où elle sévit avec le plus d'intensité, pour exécuter les précédentes prescriptions. La mortalité, qui était de 40 pour 100 la première année, s'est ainsi graduellement élevée depuis à 60 et même 85 pour 100 dans certaines localités. La Gazette de Kiew dit qu'il en est où tous les enfants, au-dessous de six ans, ont été enlevés.

Tels ont été les ravages de cette épidémie du 27 janvier au 13 mars que, sur 269 villages du gouvernement de Poltawa, dont la population est de 451 937 habitants, 908 nouveaux cas de diphthérite ont été constatés avec une mortalité de 520.

Sa décroissance graduelle est au contraire manifeste à Paris. De 1799 pour les neuf premiers mois en 1877, les décès ont tombé à 1630 en 1879 et à 1571 en 1880 pendant le même temps. Il est vrai que, cette année, les décès par le croup ont été de 210 sur 296 cas dans les hôpitaux. Preuve de son extrême malignité.

DIPHTHÉRITE 18 '

Albuminurie. Elle a une si grande importance sur la gravité de la maladie et importe tant au pronostic que le docteur Archambault en fait la recherche journalière sur tous ses diphthéritiques. Sa disparition rapide est d'aussi bon augure que sont mauvais sa persistance ou sou retour et son augmentation, après la trachéotomie surtout. 11 soumet ainsi tous ses albuminuriques au régime lacté pur, en boisson potages et chocolat au lait. Le résultat en a été assez satisfaisant pour v soumettre au début même ceux qui ne le sont pas. (Joum. de médecine et ohir. prat., juillet.)

lésions rénales. Dans deux cas où aucune maladie antérieure ni concomitante ne pouvait avoir produit les lésions rencontrées à l'autopsie que le poison diphthéritique , M. Brault constata des lésions très analogues à celles de l'empoisonnement par la cantharidine (Voy. Néphrite canthawdienne). Les lésions, plus apparentes dans le second cas que dans le premier, ne pouvaient être soupçonnées à l'œil nu; il n'existait qu'une congestion générale. Mais des recherches microscopiques très minutieuses faites sur les reins de cinq victimes de la diphthérite albumineuse lui ont montré, outre cette congestion, une poussière granuleuse des cellules des tubes contournés, paraissant de nature hématique, ce qui indiquerait une altération primitive du sang.

L'intensité de l'exsudat rencontré permettrait d'expliquer l'anurie qui s'observe parfois et qui peut aller jusqu'à produire l'urémie, d'après Béhier. Ces lésions s'observent d'ailleurs dans d'autres maladies infectieuses. (Soc. de biol. et Joum. de Vanatomie, novembre.)

Dangers de Vaccumidation des malades. Ils semblent exister pour la diphtbérite comme pour la variole en particulier. 29 décès se sont ainsi produits, pendant les mois de janvier et février, dans le quartier des Quinze-Vingts, avoisinant l'hôpital des enfants Sainte-Eugénie à Paris. Au lieu d'avoir un quarante-cinquième des morts par diphthérite, suivant sa population, soit 7,4, c'est donc quatre fois davantage que la moyenne générale. Le docteur Bertillon admet que ce surcroît est causé par la propriété diffusible des agents de propagation que renferment les hôpitaux, comme cela est

DIPHTIIÉRITE

rendu de plus ^ en plus évident pour la variole. {Bull, de statistique munlcip.)

Quinze cas en ayant été observés exceptionnellement par le docteur Daly dans l'espace d'un mois, il a été frappé de les rencontrer presque exclusivement dans des familles sans rapports entre elles, mais vivant dans des conditions insalubres identiques par l'usage d'une citerne unique pour l'eau à boire et à laver et la communication directe de la cuisine avec les lieux d'aisances.

Néanmoins, en faisant isoler les malades et en prescrivant à ceux qui les entouraient de désinfecter largement l'atmospbère avec l'acide phénique et de se gargariser fréquemment avec la liqueur Condy, il n'observa que peu de cas de contagion. Dans une famille de 11 membres, un seul fut frappé, et dans une autre de 8, il y en eut deux. Il est vrai que la maladie n'était pas très-grave en général, car il n'y eut que deux morts et aucun des survivants ne fut frappé de paralysie consécutive. L'observation de ces mesures peut donc être avantageuse. (Lancet, 11 novembre.)

Prophylaxie. Elle consisterait, suivant le docteur Gellé, dans l'examen périodique de la gorge des enfants, surtout chez ceux qui vont à l'école, en pension ou au collège, car, lorsque le médecin examine le dipbtbéritique dans son lit, il présente déjà, depuis plusieurs jours, des manifestations nasales ou pharyngiennes sournoisement développées. C'est durant cet intervalle de l'incubation de la maladie que les enfants allant en classe peuvent la communiquer et la communiquent en effet, sans que l'on en connaisse souvent la source.

Action topique du bromure de potassium. Les succès si vantés de ce sel par MM. Bouchut et Peyraud ont été contrôlés par le docteur Cadet de Gassicourt sur 25 diphthéritiques, à l'hôpital Sainte-Eugénie, pendant les mois de janvier et février derniers. Les croups en avaient été soigneusement séparés, ainsi que les cas d'angines désespérées, afin de savoir mieux à quoi s'en tenir sur la valeur de ce médicament. Il était employé en applications topiques, soit sous forme de cristaux, soit de solution ou en pulvérisations aqueuses.

Or, de ces 25 malades, 7 sont morts, et c'étaient tous des cas de diphthérite toxique. Les 18 autres étaient bénins, dont

D1PHTHÉR1TE

la moitié accompagnés de croup léger. Tous ont guéri, et c'est ainsi qu'en rencontrant ces cas où le mal est limité à la gorge, sans extension au larynx, à la trachée ni aux bronches, tous les remèdes guérissent. La glace, le cubèbe, le perchlorure de fer, le chlorate de potasse, le nitrate d'argent, l'acide salicylique ont également réussi dans ces cas, et c'est ainsi qu'ils ont été prônés de bonne foi, comme des spécifiques ; mais ils échouent le plus souvent aussi, comme le brome et le bromure de potassium, contre la diphthérite généralisée ou toxique, maligne.

Après cette épreuve solennelle, il n'y a donc pas de meilleurs effets à en attendre, dans ces cas graves, que de tous les autres. Une médication générale convient alors mieux qu'un traitement topique local et a plus de chances d'amener la guérison. (Soc. méd. des hôpitaux, avril, et Bull, de thérap., 30 août.)

Acide tartrique. C'est le topique le plus actif, suivant M. Vidal, car il réduit rapidement la fausse membrane à l'état gélatineux. Des fausses membranes épaisses, plongées dans la solution suivante , n'ont plus formé qu'une masse pulpeuse :

% Acide tartrique 10 gr.

Eau distillée de menthe 25

Glycérine 25

Mêlez.

Badigeonner les parties malades toutes les trois heures, et faire des lotions dans l'intervalle avec du jus de citron. (Soc. de thérap. , 22 mai.)

Action du benzoate de soude. En administrant ce sel à douze malades adultes, suivant la méthode du docteur Letzerich (Voy. année 1879), le docteur Kien dit les avoir tous guéris. Il attribue cet avantage aux propriétés antiseptiques de ce sel, qui les réalise mieux que l'acide phénique. Bien supporté par les malades, il peut être donné à haute dose sans inconvénient, de façon à en saturer l'organisme, et être continué fort longtemps sans aucun danger.

Localement, il exerce sur les produits diphthéritiques une action antiseptique directe et dissolvante, sans cautériser

DIURÉTIQUES

ni produire de croûte sous laquelle les micro-organismes pourraient continuer à pulluler.

A l'intérieur, il détruit l'agent septique et arrête tous les désordres que celui-ci est en voie de déterminer dans le sang et les tissus : la résultante en est la chute de la fièvre et le retour des grandes fonctions à leur jeu normal.

Il est donc jusqu'à nouvel ordre, pour l'usage interne, le médicament antiseptique par excellence. (Gaz. méd. de Strasbourg, janvier.)

Injections de coaltar. Une émulsion au 20e est employée par M. Bouchut à l'hôpital des Enfants, de la manière suivante, avec une simple seringue à hydrocèle. La tête du malade étant tenue inclinée au-dessus d'une cuvette et le corps recouvert d'une cuirasse de coton, on fait ouvrir la bouche et on lance le jet aussitôt avec une certaine force pour détacher plus sûrement les fausses membranes. La suffocation n'est pas à craindre. Le nombre de ces injections varie selon l'intensité de l'angine : toutes les heures dans les cas graves et de moins en moins souvent dans les autres.

Le traitement interne, toujours précédé d'un purgatif, renouvelé au besoin, se compose du mélange suivant :

% Cognac 60 gr.

Salioylate de soude 3

(Journ. de méd. et de chir. prat.)

Traitement local de l'angine diphthéritique par les injections directes de coaltar saponiné; par le docteur John Lemoine.. Brochure in-8° de 40 pages. Paris, 1879.

DIURÉTIQUES. La polyurie. obtenue par les injections d'eau sucrée (Voy. année 1879) a incité MM. Richet et Moutard-Martin fils à continuer leurs expériences pour en confirmer les résultats. Ils ont constaté que l'eau distillée, injectée dans les veines, loin d'être diurétique, arrête la sécrétion ordinaire , même à la dose de 10 grammes par kilogramme de l'animal. A 5 grammes seulement, elle diminue la sécrétion sans l'arrêter. A dose plus forte , l'arrêt est définitif, et la fonction du rein ne peut plus être rétablie.

DIURÉTIQUES

Toutes les substances qui, accidentellement ou normalement, passent dans l'urine, sont diurétiques dès qu'elles se trouvent dans le sang en quantité supérieure aux proportions normales. En elfet, leur élimination entraîne celle d'une certaine quantité d'eau.

Le début de la diurèse coïncide exactement avec celui de l'élimination.

Que ces substances soient injectées concentrées ou diluées , le résultat est à peu près le même au point de vue de l'excrétion urinaire, car la polyurie paraît due uniquement à l'élimination des sels injectés. D'où cette prévision que, au point de vue tbérapeulique, les médicaments diurétiques doivent être surtout recherchés parmi les substances qui se trouvent normalement dans l'urine (urée, chlorures, phosphates) ou les substances qui y passent facilement comme le sucre. (Acad. des sciences, janvier.)

Toutes ces expériences et ces prévisions, d'une si grande portée thérapeutique, auraient bien plus de valeur si elles étaient appuyées de quelques essais chez l'homme. Comment se fait-il que les pères de ces jeunes expérimentateurs, ayant de grands services à leur disposition, ne leur fournissent pas les moyens de contrôler ces prévisions. Est-ce que leur confiance ne va pas jusque là ?

Stigmates de maïs. Outre leur action sur la cystite, le catarrhe vésical et la gravelle, c'est-à-dire sur la vessie même (Voy. Gravelle, 1879), le docteur Landrieux leur attribue une action diurétique sur le rein , démontrée par plusieurs observations recueillies à l'hôpital Beaujon, service de Gubler.

Un malade couché salle Saint-Louis, n» 8, était atteint de cirrhose, avec épanchement ascitique abondant. On lui administra trois cuillerées à soupe de sirop d'extrait de maïs fait avec une infusion de 8 grammes de stigmates pour 500 grammes d'eau.

La quantité des urines, à peine de 500 grammes par jour, s'éleva progressivement et rapidement à 800 et jusqu'à 12 et 1500 grammes. L'amélioration survint bientôt; le liquide épanché dans le péritoine disparut , et, quatre semaines après le début de cette médication, on ne pouvait plus constater qu'une très légère submatité, limitée aux parties les plus inférieures de la cavité péritonéale.

DIURÉTIQUES

Le lait principal, c'est la tolérance remarquable avec laquelle cette médication fut supportée : pas de nausées pas de vomissements, aucun trouble digestif et cependant effets thérapeutiques incontestables. Un mois après, ce malade pouvait remplir, dans le service, les fonctions d'infirmier. Le régime alimentaire n'avait pas eu à subir, ce qu'il redoutait beaucoup, une nouvelle condamnation passagère, à l'usage exclusif du lait, si difficilement supporté dans certains cas.

Un autre malade, au n° 15 de la salle Sainte-Marthe, était atteint d'une asystolie très prononcée, avec œdème considérable des membres inférieurs, ascite énorme, congestion pulmonaire et rénale, se traduisant par une diminution considérable de l'excrétion urinaire et la présence d'une petite quantité d'albumine. Les toniques furent d'abord administrés, en même temps que l'infusion de digitale. Mais, en raison même de l'albuminurie secondaire, la digitale détermina promptement ses effets toxiques et n'exerça, en revanche, aucune action diurétique.

Enhardi par les résultats précédents, j'ordonnai les préparations de stigmates de maïs, et la quantité d'urine monta progressivement. De 200 grammes, en vingt-quatre heures, elles s'élevèrent à 500, puis 800 grammes, en même temps que s'amendaient les phénomènes dus à l'asystolie ; l'œdème des membres inférieurs, l'ascite , l'œdème pulmonaire s'affaiblirent progressivement, et l'albumine disparut. Cette observation est extrêmement remarquable par les résultats obtenus, car la malade était âgée de 68 ans, et l'examen du système artériel traduisait cependant une athéromasie des plus manifestes.

De ces observations résulte donc ce fait évident : que les stigmates de maïs exercent une action diurétique dans les cas où la quantité des urines excrétées est au-dessous du chiffre normal. Mais en est-il de même dans l'état de santé? Plusieurs expériences et analyses faites à l'hôpital Saint- Eugénie, par M. Ledos, sont à cet égard des plus concluantes. Chargé d'un service en 1879, il fit prendre à de jeunes enfants, âgés de douze à quinze ans et qui étaient entrés pour quelques plaques d'eczéma circonscrit, les préparations de stigmates de maïs, dont voici les résultats :

DIURÉTIQUES

Quantité d'uricie

Densité

Réaction

Urée par litre

Acide phosphorique anhydre Urine du 15 septembre

850 gr.

Neutre.

15 gr. 116 1 gr. 300 1050 gr.

Avant.

Après.

1200 gr.

Alcaline.

8 gr. 326 0 gr. 82

Urine du 16 septembre 1000

Dans un autre cas, de 1500 grammes, les urines, cinq jours après l'emploi de la médication, s'élèvent à 1800 grammes, le régime alimentaire n'ayant été nullement modifié. Dans ce fait, la quantité d'urée n'avait subi, contrairement à l'analyse précédente, qu'une très légère modification. Du l'esté, les analyses chimiques n'ont pas encore été assez nombreuses pour en tirer des conclusions suffisantes sur le mode d'action de ce médicament.

Le Dictionnaire des analyses chimiques donne les chiffres ■ suivants de deux analyses. Les cendres de maïs (graine) donnent 0,189 de potasse pour 100 ; les cendres de tiges donnent la quantité énorme de 11,46 de potasse et 34,41 de soude pour 100.

On est donc encore obligé de se tenir sur la réserve, tout en admettant l'action incontestable d'une semblable quantité de potasse et de soude combinées. Une résine spéciale ■existe-t-elle dans les stigmates '? Cela peut être vraisemblable, mais n'est pas encore démontré. Il est donc prudent de se borner aux conclusions suivantes à ce sujet :

1° Non seulement les préparations diver-ses de stigmates de maïs sont utiles comme agent modificateur des sécrélions des voies urinaires, mais ces mêmes préparations peuvent être également considérées comme un agent diurétique incontestable.

2° La diurèse s'obtient rapidement, et, dans l'espace de trois à quatre jours, l'augmentation des urines devient évidente et considérable.

3° Les effets diurétiques s'observent non seulement dans les maladies des organes de l'excrétion urinaire, mais aussi dans les perturbations apportées à la circulation sanguine.

, 4° Le pouls se régularise, la tension artérielle augmente, alors que la tension veineuse diminue.

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