‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource]Chapitre 20 sur 74 · DRAINAGE · texte numérisé non relu

DRAINAGE

5° Le médicament n'exerce aucune perturbation soit sur le système nerveux, soit sur les fonctions du tube digestif.

6° La tolérance pour ce médicament est complète absolue, et la médication, dans les maladies chroniques/peut être continuée sans inconvénient pendant un mois, six semaines. (Journ. de tkérap.)

DRAINAGE. Nouveau tube en os. Imaginé par Neuber et approuvé par Esmarch, ce nouveau drain aurait l'avantage, comme le catgut, d'être absorbé par les tissus récemment divisés et en voie de granulation plastique. L'usage n'en a été rendu public qu'après trente-six applications, dont voici les résultats. Placé dans une plaie fraiche cbez un sujet sain, ce tube en os ne présente aucun changement appréciable le premier jour; mais sa surface externe perd bientôt après sa dureté et offre une apparence vermoulue, et il diminue graduellement d'épaisseur, comme par une lente fusion. Sa solidité est si diminuée du quatrième au cinquième jour qu'il plie sous la pression, et, du sixième au septième, il est réduit à une masse pulpeuse plus ou moins cylindrique. Toute trace tubuliforme a disparu dès le dixième, excepté la partie exempte de l'action des tissus vivants et qui tombe ordinairement dans les pièces de pansement au delà de ce terme. La rapidité de l'absorption varie suivant la constitution de l'individu et l'état de la plaie. Dans une amputation de jambe cbez un albuminurique très affaibli par une longue maladie, le tube n'était pas absorbé au quinzième jour, quoique la plaie fût réunie presque entièrement par première intention. Au contraire, dans un cas d'excision d'une grande partie du scrotum, cbez un individu vigoureux, le tube était complètement absorbé le dixième jour. Il disparaît ainsi plus rapidement dans les plaies suppurantes et convient spécialement à celles qui n'exigent que de rares pansements, sa présence ne déterminant aucune irritation- [Archiv fur Min. Chirurg., t. XV.)

Employé par le docteur Bantock à l'hôpital de la Samaritaine, après l'excision d'un sarcome kystique du sein chez une fille de trente-sept ans, ce drain a parfaitement confirmé , tous les résultats annoncés. Le pansement n'a été levé que le septième jour, et, n'eût été l'anxiété du chirurgien, il eût pu rester une quinzaine. La cicatrisation était.

DRAINAGE lJ0

si parfaite que la peau glissait sur les tissus sous-jacents ainsi que le tube. La seule différence, c'est que sa présence était encore perçue le vingt-sixième jour, avec son volume primitif, quoique ramolli. Est-ce un bienfait qu'il se soit ainsi organisé, au lieu d'être absorbé ou excrété? Le résultat fut très satisfaisant, car les lèvres de la plaie étaient parfaitement réunies dès le vingt-quatrième jour. L'opérée ne ressentit pas le moindre trouble ni même le sentiment du contact de ce corps étranger, et le cours de la cicatrisation peut se comparer favorablement avec celle qui est obtenue par les autres méthodes de drainage, où le tube est retiré dès le cinquième jour.

Ce tube convient-il de même dans toutes les opérations? Des trois ovariotomies où le docteur Neuber l'a employé, une seule a guéri. Employé une seconde fois par M. Bantock dans une kélotomie, ce tube s'est organisé, comme dans le premier cas, fermement fixé dans les tissus et très perceptible au toucher. Il faut donc attendre les suites pour se prononcer. (Lancet, i" mai.)

Ces tubes-drains avec les os décalcifiés sont très en usage dans l'Inde anglaise, d'après M. Deakin, et il est plus facile de se les procurer que tout autre. La manière de les préparer est beaucoup plus simple que la métbode indiquée par le docteur Neuber dans la chirurgie antiseptique de Mac Cormac. Voici ce procédé simple :

Les os longs des membres de la volaille et des petits oiseaux, recueillis par les cuisiniers, sont d'abord soumis à l'ébullition prolongée pour en séparer les parties molles, puis macérés pendant dix heures, pas plus, dans une solution d'une partie d'acide chlorhydrique pour deux d'eau. Ils sont alors suffisamment mous et flexibles pour être taillés avec des ciseaux, et le canal médullaire étant nettoyé avec une petite broche" et soutenu par ce corps étranger, on les fait bouillir dans une solution d'acide phénique à 5 pour 100 avec addition de borax. Séchés, ils sont d'une introduction facile dans les plaies et assez fermes et résistants pour que la lumière en reste perméable. (Idem, 30 octobre.)

Drainage péritonéo- abdominal. Voy. Ovariotomie.

196 DYSMÉNORRHÉE MÉCANIQUE

DYSMÉNORRHÉE MÉCANIQUE. Incision bilatérale ou ablation du col. Les signes distinclifs de cette forme spéciale de menstruation douloureuse sont, d'après le docteur Hardon, des coliques ou douleurs expulsives, douze à vingtquatre heures avant l'apparition du sang, et l'expulsion douloureuse de caillots pendant l'écoulement des règles. Trois causes principales y sont attribuées : la sténose ou étroitesse du canal cervical, la flexion du col sur lui-même ou sa longueur anormale. Ces altérations mécaniques, en causant des douleurs insupportables, obligent les femmes à garder le lit pendant deux ou trois jours, comme six observations rapportées à l'appui en témoignent. Ce sont quatre femmes mariées de vingt-huit à trente-quatre ans, restées stériles, et deux célibataires du même âge.

Un col petit, long et conique, et une ouverture externe admettant à peine le stylet, furent les seules difformités constatées. Dans un cas seul, l'allongement du col était de 5/8 de pouce, et, dans un autre, il était courbé à angle aigu sur lui-même, l'ouverture placée en avant contre la paroi vaginale .

Au lieu de tenter préalablement la dilatation du canal, M. Hardon a traité quatre de ces cas par l'incision bilatérale du col, avec des ciseaux ou le bistouri, suivant la méthode de Sims. Il se borna même dans un cas à diviser au milieu la lèvre postérieure. Il place ensuite, dans l'ouverture agrandie, un tampon de ouate fixé à demeure et renouvelé tous les deux jours. La femme étant maintenue au lit, la cicatrisation s'opère en douze à quinze jours. Dans un seul cas, il amputa les deux lèvres.

Les résultats ont été des plus satisfaisants. Dès la menstruation suivante, les douleurs ont diminué et les caillots ont disparu. L'une des quatre nullipares, opérée le 28 juillet 1875, et mariée depuis sept ans, est devenue enceinte quatorze mois après l'opération. Cependant l'auteur ajoute que cet heureux résultat ne doit pas être donné comme un fait constant, sans s'exposer à de nombreux mécomptes, les trois autres femmes ne l'ayant pas encore obtenu deux ou trois années ensuite.

Cette opération est conseillée toutes les fois qu'il n'y a pas d'autres lésions de l'utérus expliquant la dysménorrhée. Elle est pratiquée du cinquième au sixième jour après

DYSPEPSIES

\es règles, afin de permettre la cicatrisation complète avant leur retour. La douleur étant très légère, l'anesthésie n'est nécessaire que chez les femmes pusillanimes. (Boston mecl. and surg. journ., n° 19, novembre 1879.)

DYSPEPSIES. Vhyperesthésie en est un signe très fréquent, selon le docteur Leven. Elle siège, le plus souvent, du côté gauche en différents points du corps. Sur 90 dyspeptiques, 10 seulement en étaient exempts. Les femmes y sont plus sujettes que l'homme dans la jeunesse, mais, passé 40 ans, c'est surtout chez l'homme qu'elle s'observe. (Soc. de Mol., novembre.)

Par leurs formes protéiques, et en n'étant souvent qu'un symptôme d'autres maladies locales ou générales, celles-ci échappent le plus souvent à toute classification. Les re- . mèdes à opposer à leurs formes différentes en sont ordi- ' nairement la principale contribution. De là le grand nombre et la diversité de ceux-ci.

La pepsine en est le plus usité par son action locale sur les aliments à digérer. Sa mauvaise préparation et ses falsifications en ont seules discrédité l'emploi. La préparation suivante, parfaitement limpide, est employée avec avantage par le docteur Larmande dans les dyspepsies compliquées

Une cuillerée à bouche aux repas.

Chloroforme. Dans les cas si fréquents où la dyspepsie s'accompagne d'une sorte de fermentation des aliments et d'un rapide dégagement de gaz après les repas, 15 à 20 gouttes de chloroforme dans un peu d'eau sucrée à prendre à ce moment agissent magiquement, d'après le docteur Wills. En quelques minutes, les gaz sont expulsés, et la fermentation s'arrête absolument, comme une ou deux pincées de bicarbonate de soude, dans un peu d'eau, neutralisent aussitôt les renvois ou éructations acides de la digestion.

de constipation :

% Pepsine ,

Teinture de rhubarbe

Sirop d'écorce d'oranges amères Vin de Madère

6 gr.

DYSPEPSIES

Ptyaline et diastase. Des études comparatives do. M. Defresno sur ces deux principes digestifs de la salive et de la maltine.il résulte que, en jouissant l'un et l'autre de la propriété de saccharifier l'amidon, ce pouvoir n'est pas identique, d'après la résistance vitale bien différente qu'elles éprouvent dans des milieux acides, comme l'estomac et les voies digestives. Tandis que la ptyaline déploie son maximum d'activité dans un milieu à acides organiques, comme l'eslomac, un milieu neutre, peu acide ou peu alcalin, convient surtout à la diastase. Elle ne dissout nullement l'empois dans un milieu acide et reste ainsi sans action dans l'estomac (Acacl. de mécl., décembre 1879.)

Pancréatine. Elle est spécialement indiquée dans l'anémie et la eblorose, suite d'bémorrbagies ou de maladies longues, où il existe un alanguissement de toutes les fonctions, celles de l'estomac surtout dont l'exercice régulier est indispensable pour ranimer la vie, lorsqu'il n'existe pas de diathèse. C'est dans ces cas que le professeur Potain emploie avec grand succès dans sa clinique la composition suivante, désignée sous le nom de bouillie Potain :

Viande crue hachée menue, très maigre 200 gr.

Eau ordinaire 200

Vinaigre 1» gouttes.

Pancréatine en poudre 8 gr.

Après un séjour de deux heures en vase clos, à une température de 40% et plusieurs agitations prolongées, le mélange devenu liquide est passé au tamis très fin, et le brouet qui en résulte, assaisonné de poivre et de sel, est administré pur ou mêlé avec du tapioca.

Cette préparation obtient beaucoup de succès à l'hôpital Necker, dans les cas de dyspepsies par atonie et de dépérissement résultant d'une nutrition insuffisante.

Cette bouillie est même utile dans les dyspepsies diathésiques et de cause organique, en facilitant la digestion et en prévenant les douleurs, les coliques sinon les vomissements ou la diarrhée résultant de la non-assimilation des aliments. Elle a été d'une efficacité réelle dans les cas suivants :

DYSPEPSIES

Dyspepsie par cancer intestinal. La marche extensive et inexorable de la diathèse s'opposait à des résultats longtemps affîrmatifs. Pourtant, sous l'influence du ferment pancréatique, les digestions furent, pendant deux mois, moins laborieuses. Avant d'en faire usage, la malade souffrait tous les jours dans les deux heures qui suivaient, ses repas. Dès qu'elle prit de la pancréatine, les coliques furent moins intenses, les selles plus régulières, réchauffement intestinal plus tempéré. En somme, la pancréatine a joué le rôle d'un palliatif répondant à une indication symptomatique.

Dyspepsie tuberculeuse. Dame de trente ans, malade depuis un an de tuberculose avec dyspepsie simple, c'est-àdire sans trace de réaction inflammatoire dénotant des lésions intestinales. Depuis deux jours, manque absolu d'appétit; langue un peu saburrale. Traitement : pancréatine, un gramme par repas. Le premier est supporté passablement, le second l'est mieux. Au bout de deux jours, les fonctions digestives allaient à merveille. Huit jours après, l'estomac avait repris son activité et la médication était suspendue.

Dyspepsie chloro-anémique. Une fille de seize ans, mince, grande, de croissance rapide, est prise de chloroanémie se compliquant d'accidents hystériformes. Malgré le fer, le quinquina, les eupeptiques, l'état ne cesse d'empirer. La pancréatine en poudre, la pepsine et divers autres médicaments appropriés ne donnent pas de meilleur résultat. On recourt alors à la bouillie Potain, et, dès le premier jour, la digestion est améliorée surtout à midi et le soir. Les règles sont revenues et malgré la persistance des troubles nerveux, cette dypepsie, avec déchéance organique, s'est trouvée guérie en peu de temps. [Scalpel.)

Dyspepsie des enfants. Voici, d'après le nouveau Compendium du docteur Steiner, les formules employées par le savant médecin de Prague contre ces dyspepsies, provenant souvent d'une surcharge de l'estomac par des aliments difficiles à digérer et mal appropriés, condition fréquente dans l'élevage artificiel des enfants. Après la régularisation du

Page 1