ÉPIDÉMIES
Des vingt-trois enfants atteints, neuf garçons et quatorze filles, dix-neuf avaient succombé dans un espace moyen de trente-deux heures, soit l'énorme proportion de 82 0/0. La plupart avaient été pris du cinquième au septième jour de leur naissance, un seul le premier jour, et un le douzième. Un seul est sorti guéri et trois ont été emportés encore malades. La malignité de cette épidémie est donc presque équivalente à celle du choléra des nouveau-nés.
Tous ces enfants étaient nés dans de bonnes conditions et bien développés. Deux jumeaux seuls n'étaient pas à terme,, et celui qui fut atteint en naissant pesait 4280 grammes. L'intervention de l'art fut nécessaire dans un seul accouchement, quoiqu'il y eut huit primipares.
L'absence de fièvre fut le trait général, à une seule exception près : ce fut le dernier enfant atteint dont la température rectale s'éleva à 38°, 1. Au contraire, elle était abaissée dans tous les autres. L'urine épanchée dans les langes était d'un brun pâle ou foncé et évacuée fréquemment. Un échantillon recueilli par le cathétérisme aussitôt après la mort renfermait de l'épithélium normal, en grande abondance, de la vessie et des bassinets, des cylindres granuleux et des corpuscules sanguins et surtout des masses de micrococcus et de détritus, de l'urate d'ammoniaque et un peu d'albumine. C'était donc de l'hémoglobinurie.
Du sang obtenu par la pression d'une piqûre montra en effet des altérations sensibles. Il avait une consistance; sirupeuse, une couleur d'un brun noir, avec augmentation notable des globules sanguins incolores, de petites granulations, qui en étaient comme le détritus, et enfin des corpuscules animés de mouvements moléculaires sous forme de spirilles.
Yeutre souple, dépressible, sans ballonnement ni douleurs, selles normales et fréquentes dans quelques cas. Foie un peu tuméfié, sans paraître douloureux; bruits du cœur sourd& à 136, sans rien dans les organes thoraciques. Des convulsions avec contractions cloniques des extenseurs des membres gauches se montrèrent dans tous les cas. Une très forte convulsion, avec tremblement des muscles oculaires et strabisme convergent, rotation du globe en dedans et en bas, survenait ensuite. Le plus souvent, les fentes palpébrales étaient, en même temps, assez largement ouvertes, et la coloration
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jaune qui, dans ]e plus grand nombre de cas, était très distincte, n'en apparaissait que davantage. Dès lors, le processus ne durait plus que peu d'heures, et l'enfant succombait alors, au milieu de fortes convulsions générales.
Une artérite partant de l'ombilic fut rencontrée dans un seul cas; le foie était très tuméfié et d'un noir brun, avec des raies jaunâtres ici et là à la section. Pas de dégénérescence graisseuse du cœur. Rate volumineuse et épaisse, très consistante sans exception. La substance corticale des reins était brune avec injection d'hémoglobine dans les tubes urinifères. Ecchymoses dans toute l'étendue du canal intestinal, au-dessous du duodénum, de même que dans les poumons, le cœur, le diaphragme et la plèvre. Développement énorme des glandes mésentériques et des plaques dePeyer et byperémie légère de la muqueuse des bronches et du larynx. Hémorrhagies multiples dans l'œsophage et la paroi postérieure du pharynx; œdème considérable du cerveau, avec dilatation des ventricules.
Ces lésions ne pouvant provenir d'une infection puerpérale ni de l'alimentation, l'auteur, en l'absence de toute étiologie, propose de l'appeler : Cyanose apyrétique ictérique pernicieuse avec hémoglobinurie. {Deuts.med. Woch., nos 24 et 25 et Tribune méd. n° 584.)
Une épidémie semblable est survenue à la Maternité de Boston en 1873 et décrite par le docteur W. Bigelow. L'inllammation diphthéritique de toutes les muqueuses en était le caractère proéminent, sans trace des micrococci signalés dans le sang par Winckel. (Boston med. and surg. journ., 11 mars 1875.)
EPILEPSIE. Pathogénie de l'émotion. Une série de leçons, dites Gulstonian lectures, du nom de son fondateur, ont été faites sur l'épilepsie, devant le Collège royal des médecins de Londres, par le docteur W. Gowers, médecin de l'hôpital national pour les paralysés et les épdeptiques. Aussi longues et diffuses qu'indigestes, elles sont basées sur la statistique d'un millier de cas observés et recueillis sous l'influence d'une tradition séculaire, et elles admettent ainsi la frayeur, l'émotion, comme l'une des principales causes. 119 cas, comprenant 71 filles et 48 garçons ou 10 pour 100 de la totalité, en seraient justiciables, dont 70 se dé-
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clarèrent entre dix à vingt ans, 30 seulement au-dessous et 3 au-dessus de cet âge. Et c'est sur ce thème facile et usé que l'auteur discourt le plus amplement. (Lancet, du n° IX au n° XV.)
Il est difficile de réunir en si peu de lignes, dit le professeur Lasègue, tant de naïves assertions, et l'on s'étonne qu'un médecin rompu à l'étude des épileptiques se soit fait, au nom du numérisme, le défenseur ou le rénovateur des vieux préjugés populaires.
Non, l'épilepsie n'est pas plus provoquée par la peur que par l'anxiété ou par ce moteur de haute fantaisie qu'on appelle l'émotion sans le définir. Tantôt il faut des heures et tantôt des mois d'incubation pour que la frayeur porte ses fruits ; quant à l'anxiété et à l'émotion, comme il est absolument impossible d'en constater la réalité, on ne parle du temps écoulé entre la conception et l'éclosion que pour mémoire. Les statistiques, déjà si défectueuses quand il s'agit d'établir des pathogénies fermes, deviennent des jeux d'enfant lorsqu'on les met au service des plus capricieux antécédents et surtout des partis pris populaires.
Pour ma part, je ne suis pas un statisticien et ne me fie pas aux assertions des relevés hospitaliers ; mais je déclare n'avoir jamais rencontré un cas d'épilepsie franche qui , après enquête personnelle et sérieuse, me paraisse avoir dû naissance ni à la peur, ni à une émotion d'aucun genre. (Archiv. de méd. juillet.)
Hospitalisation des aliénés. Voy. Prix.
Picrotoxine. A l'exemple de M. Planât, qui a étudié le premier l'emploi de cette substance sous forme de teinture alcoolique au cinquième (Voy. année 1875), le docteur Hambursin, de Namur, l'a employée chez plusieurs malades avec succès. Seulement, il estime que les doses de 30 à 60 gouttes au maximum sont trop f aibles, et, admettant que cette substance agit sur les nerfs vaso-moteurs, il en double les doses avec ou sans l'emploi simultané du bromure de potassium.
Il commence par prescrire la teinture à la dose de 10 gouttes matin et soir , en augmentant de 2 gouttes chaque jour , de manière à atteindre 60 gouttes. Puis il augmente graduellement de 10 gouttes par mois jusqu'à 100 gouttes.
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Si les accès disparaissent , il s'en tient à cette dose ; s'il y a réapparition d'accès , il n'hésite pas à la porter à 150 gouttes. A cette dernière dose, le médicament ne provoque pas plus d'inconvénients que n'en occasionnerait l'ingestion d'une perle d'éther; on ne devrait donc pas craindre de le dépasser de beaucoup, si cela était nécessaire. Il ne faut pas non plus d'interruption dans son emploi, et, au lieu d'en diminuer la dose, il faut l'augmenter. On voit, en effet, combien l'organisme s'habitue vite à l'action des poisons végétaux ; l'assuétude en diminue singulièrement les effets. Voici le résumé des observations à l'appui.
I. Fille de dix-huit ans, fortement constituée, sans antécédents héréditaires. Premier accès à huit ans, se rapprochant d'année en année, malgré l'emploi des préparations de zinc, de belladone et de bromure de potassium à haute dose. Le caractère est devenu sombre, aigri , irritable; abaissement des facultés intellectuelles.
En septembre 1873, aux préparations martiales et au traitement moral et diététique, 10 gouttes de teinture alcoolique de coque du Levant sont ajoutées matin et soir, avec augmentation de 2 gouttes par jour jusqu'à 60. La diminution et l'atténuation des accès font élever progressivement la dose jusqu'à 100 gouttes et même loO. Depuis lors, il n'y a plus d'accès, le caractère et l'intelligence sont revenus à l'état normal.
IL Garçon de vingt-trois ans, lymphatico-nerveux et épileptique depuis onze ans. Deux accès par mois. Intelligence normale. Après l'insuccès du bromure de potassium à haute dose, la teinture est prescrite en mai 1876. Les accès diminuèrent d'intensité ; le coma et l'abattement consécutif furent moindres. Néanmoins, après deux ans, quelques accès persistaient encore.
III. Fille de vingt-deux ans, délicate et nerveuse, avec anémie profonde , ayant des accès depuis huit ans, survenus à la suite d'une frayeur, liares au début, ces accès augmentent, malgré divers traitements suivis. Elle était soumise depuis quelques mois à la teinture, lorsqu'une phthisie aiguë l'enleva, sans être débarrassée de ses accès.
IV. Une autre fille de treize ans, dans les mêmes conditions que la précédente, était atteinte d'accès épileptiques depuis quatre ans, sans antécédents héréditaires. Après l'in-
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succès du bromure de potassium, l'usage de la teinture est commencé en février 1877. Il n'y a eu que trois accès faibles jusqu'en janvier 1878. La santé générale s'est améliorée et la puberté s'est établie sans orages. Clilorose, somnambulisme et épilepsie, tout a disparu. Cette jeune fille continue le traitement : elle prend actuellement la teinture de coque du Levant à la dose de 120 gouttes par jour.
V. Un fermier de vingt-cinq ans, lympbatico-nerveux, sans antécédents béréditaires, était épileptique depuis l'âge de treize ans, ce qui l'avait fait renvoyer du collège. Augmentant de force et de fréquence, les accès éclataient ordinairement après le lever du malade. Le bromure de potassium à baute dose éloigne les accès, sans dépasser jamais plus de trois mois. Au mois d'août 1878, il est soumis à la teinture, et, depuis lors, il n'a eu qu'un seul accès. Il s'est marié depuis et dirige une exploitation importante.
VI. Le dernier sujet est une fille de treize ans, épileptique depuis son enfance, avec un certain degré d'idiotie. Elle présente les grandes attaques et le vertige épileptique, avec diminution sous l'influence du bromure de potassium à la dose de 6 grammes. En décembre 1878 , elle est soumise à la teinture, et, depuis lors, elle n'a pas eu une seule attaque (Acad. de méd. de Belgique.)
La coque du Levant ou son alcaloïde a donc une supériorité marquée sur le bromure de potassium. Ce fait important résulte des observations précédentes et se trouve confirmé par la suivante.
Un enfant épileptique depuis l'âge de deux ans, avec accès caractérisés, diurnes et nocturnes, se reproduisant tous les deux ou trois jours, est soumis au bromure de potassium, sans aucun succès. Les reconstituants, donnés en raison de l'anémie profonde, ne diminuent pas les accès. On élève le bromure à 3 grammes, avec un vésicatoire volant sur l'ombilic, d'où partait l'aura. Les accès continuent. Une violente attaque, survenue le 6 janvier 1877, en présence du docteur Couyba, fait prescrire des pilules d'un demi-milligramme de picrotoxine, dont une à prendre graduellement matin et soir. L'enfant avait alors cinq ans et demi. Il n'y eut plus qu'une attaque complète, le 26 avril et le 16 novembre suivant, de même qu'en 1878, les pilules étant continuées de 2 à 5 par jour avec suspension alternative. Ces-
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-sation complote des accès depuis, en continuant toujours la picrotoxine par intervalles.
Le nervosisme a disparu. Plus d'élancements sur les nerf crâniens ni au nombril. Le caractère s'est modifié, les accè ■ •de colère sont devenus rares.
L'enfant a actuellement neuf ans et demi, et il est à espérer ■que les modifications de la croissance consolideront la guéa'ison et donneront à la constitution un équilibre définitif. (Journ. de méd. et chir.prat., mai.)
Epilepsie traumatique. Trépanation. Depuis un eoup de pierre reçu sur la tête en 1871, avec fracture du crâne, une fille de quatorze ans était prise d'accès épileptiformes, augmentant de fréquence et de gravité chaque année. Elle était réduite à un état d'idiotie, sans contrôle sur la vessie ■et le rectum, et presque aphasique. Deux couronnes de trépan furent appliquées, avec les précautions antiseptiques, par M. James West, le 25 novembre 1878, sur la dépression ■de la fracture. L'état s'améliora bientôt : la parole revint, ainsi que le pouvoir excréteur des urines et des fèces. A la fin de l'année, l'enfant quittait l'hôpital de la Reine, sans .retour des accès d'épilepsie ni récidive ultérieure. D'où l'efficacité évidente de ce moyen de traitement, tel qu'il a été préconisé en France par les jeunes chirurgiens, contre les lésions cérébrales localisées, et notamment par le docleur Echeverria dans l'épilepsie. (Voy. Trépan, 1876, 1877.)
Cette communication à la Société royale médico-chirurgicale de Londres a montré que les chirurgiens anglais diffèrent aussi beaucoup sur ce sujet. L'épilepsie traumatique •est si rare pour M. Althaus que, sur plus de 3000 cas observés à l'hospice spécial, il n'a pas trouvé un seul malade présentant de dépressions crâniennes. Mais, par contre, M. Bellamy signale le succès obtenu à l'hôpital de Charing- Cross sur un épileptique dont les accès étaient très fréquents, par ?uile d'une blessure à la tête reçue treize ans auparavant. Avec l'aide du docteur Ferrier, on détermina le siège de la blessure sur la scissure de Rolande Le docteur Lees ayant appliqué une couronne de trépan, les accès n'ont pas reparu depuis. Voici le résumé de cette observation, présentée à la Clinical Society le 8 octobre :
Fille de quinze ans, ayant reçu à sept ans un coup de
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fourgon sur la tête, qui produisit un gonflement de la région pariétale droite, sans aucune dépression appréciable. Le mal de tête en résultant ne cessa jamais, et les accès commencèrent un an après. Malgré divers traitements, ils augmentèrent de fréquence, avec exacerbations intermittentes durant deux à trois semaines et ne reparaissant que plusieurs mois ensuite.
C'est en devenant plus fréquentes et plus graves que ces exacerbations appelèrent l'attention en 1879. Le serrement de la main gauche et même des douleurs dans tout le bras étaient notés après chaque crise; et, devant l'embarras de la parole, résultant d'une parésie labiale, M. Ferrier, ayant constaté la sensibilité à la pression du pariétal droit, conseilla la trépanation à la partie inférieure de la scissure de Rolando .
Elle fut pratiquée le 14 juin 1879, sous le nuage pbéniqué, et l'os excisé fut trouvé normal. Aucune complication ne s'ensuivit : la température s'abaissa, la céphalalgie disparut, et les accès cessèrent dès le lendemain pendant deux mois. Une coxalgie se déclara alors, si intense que la résection de la tête du fémur fut pratiquée le 2 août. Des abcès se formèrent ensuite, et l'arthrite du genou indiquait l'amputation, qui fut pratiquée le 9 octobre.
L'enfant se rétablit néanmoins; mais les accès d'épilepsie reparurent avec la santé, et, quoique moins fréquents et moins intenses, ce fut encore sous la première forme d'exacerbations intermittentes. Cependant l'état est assez amélioré pour que la trépanation soit considérée comme un véritable bienfait.
MM. Adams et Hutchinson ne voient pas d'indication assez précise pour une opération aussi grave, et les lésions trouvées sur la dure-mère, dans plusieurs cas, sont, pour M. Holmes, la meilleure raison de s'en abstenir. M. Bryant ne la croit pas plus nécessaire, et il lui a suffi, dans trois cas semblables, d'inciser le cuir chevelu sur la dépression pour obtenir la guérison de la douleur et des accès convulsifs. Dans un cas où le trépan fut appliqué, le crâne et la duremère étant épaissis, l'opéré mourut trois ans après avec une récidive de ses accès.
M. Douglas Powell croit que le succès de cette opération est purement réflexe. Il a vu à l'hôpital Middlescx un jeune
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épileptique présentant une exostose du tibia survenue à la suite d'un coup de bâton. Des accès épileptiformes étaient survenus ensuite, l'aura partant toujours de l'exostose. M. Hulke enleva l'exostose, et, quelques semaines après, les accès avaient disparu. (Lancet, 29 novembre 1879.)
La conclusion de ces faits est l'indication manifeste du trépan, quand des accès épileptiformes succèdent irrégulièrement à une lésion apparente du crâne. L'attente peut entraîner des lésions de la dure-mère sous-jacente, et l'expectation est la condamnation même des malades et de l'art.
Epilepsie syphilitique. Un homme de trente-cinq ans ayant eu, dix ans auparavant, un chancre infectant, suivi bientôt des différentes manifestations de la période secondaire, est pris, en mai 1873, d'une céphalée vive, persistante, réfractaire à la quinine. Deux mois après surviennent des vomissements incoercibles et un affaiblissement des facultés intellectuelles, surtout de la mémoire. Au mois de novembre de la même année, le malade est pris d'une attaque d'épilepsie ne différant en rien de l'attaque franche idiopathique.
Sous l'influence d'un traitement antisyphilitique, prescrit par le docteur Puy Le Blanc (frictions mercurielles, iodure de potassium à hautes doses), on vit disparaître la céphalalgie et la torpeur intellectuelle. Plus d'attaque d'épilepsie. Quelques aura avortées se manifestèrent seulement pendant les quinze premiers jours qui suivirent le début du traitement.
En 1876, la guérison est complète; le malade, marié depuis deux ans, a un enfant bien portant.
L'auteur résume ainsi ses conclusions :
1° L'épilepsie peut survenir chez des adultes qui n'ont jamais eu d'attaques dans leur jeunesse.
2° Elle est toujours symptomatique : ses symptômes ne diffèrent pas de ceux de l'épilepsie idiopathique.
3° Neuf fois sur dix, d'après A. Fournier, elle est symptomatique de la syphilis.
4° Elle est incurable.
Il s'en faut, pourtant, que la syphilis ait une sorte de prédilection exclusive pour les formes franches de l'épi-
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lepsic : dans bon nombre de cas, au contraire, elle se manifeste par des accidents simulant les formes larvées de l'épilepsie, auxquels peuvent s'ajouter des troubles de la motilité et de la sensibilité qui reproduisent l'ensemble symptomatique si varié des tumeurs cérébrales. (Ann. de dermatol, n° 3, 1879.)
M. J. Viard (Epilepsie d'origine syphilitique, thèse inaugurale, Paris, 1878) fournit plusieurs exemples de cette catégorie.
ÉPISTAXIS. Voy. Rhumatisme.
ÉRYTIIROPIILÉIIVE. Voy. Cœur.
ESTOMAC. Lavages. Ce procédé thérapeutique, imaginé par Kussmaul en 1867 (Voy. année 1870-71), négligé d'abord en France, s'y est promptement répandu avec avantage depuis que M. Faucber, frappé des inconvénients de la sonde rigide, lui a substitué un tube flexible en caoutchouc de un mètre et demi de long. L'introduction en est ainsi facile, surtout si son calibre est d'un centimètre de diamètre environ. Après l'avoir mouillé ou enduit d'huile ou de glycérine, il suffit d'en placer l'extrémité percée d'yeux au fond du pharynx du malade. Celui-ci n'a plus qu'à faire des mouvements de déglutition pour que le tube soit facilement avalé, tandis qu'on le soutient légèrement avec la main. Un point de repère indique quand il est arrivé dans l'estomac. La longueur de 65 à 70 centimètres est leplus souvent nécessaire à cet effet. Rien donc de difficile ni de dangereux dans ce procédé, que tout malade intelligent peut exécuter lui-même dès qu'il en a vu et éprouvé la démonstration.
Le tube ainsi introduit sert à faire pénétrer le liquide dans l'estomac. Deux méthodes sont employées à cet effet : le siphon et la pompe à deux tubulures. La première consiste, après avoir versé le liquide destiné aux lavages dans un entonnoir adapté à l'extrémité libre du tube élevé audessus du niveau de l'estomac, à y amener le sipbon vulgaire en pinçant le tube entre les doigts avant de l'abaisser. Le liquide sort en abondance dans le siphon, et l'on peut renouveler l'injection autant qu'il est nécessaire et jusqu'à ce que le liquide sorle limpide et clair. C'est ce procédé
ESTOMAC
•simple que M. Bucquoy préfère, à cause des dangers du suivant.
L'emploi de la pompe permet, par le jeu d'un robinet à deux voies, d'injecter directement dans l'estomac le liquide aspiré du récipient et d'aspirer le contenu du viscère pour de rejeter à l'extérieur. M. Dujardin-Beaumetz lui donne la préférence, à cause de la projection du liquide et du remous circulaire produit dans l'estomac, ce qui permet d'en laver les parois avec moins de liquide que n'en exige le siphon. Trois litres d'eau sont parfois nécessaires avec celui-ci, dans un estomac très dilaté, tandis que 6 à 800 grammes suffisent avec la pompe. Mais les précautions indispensables à prendre pour l'injection et l'aspiration ne rendent pas ce procédé aussi facile à son emploi par les malades que le siphon.
L'eau de Vichy naturelle, coupée de moitié d'eau, est le meilleur liquide pour ces lavages. L'usage du siphon, en •exigeant une grande quantité de liquide, a l'avantage de retirer de l'estomac tous les résidus du repas antérieur, incomplètement digérés, de dissoudre les mucosités formant vernis à la surface de la muqueuse et de solliciter, par cette hydrothérapie interne, les contractions de la couche musculaire de l'estomac. C'est là le véritable pansement de l'estomac, que l'on peut pratiquer tous les deux jours et même tous les jours dans certains cas.
Ces lavages conviennent particulièrement dans la gastrite chronique avec dilatation de l'estomac et épaississement de ses parois. Une dame atteinte de gastrite avec dilatation ■et qui pouvait à peine digérer deux potages au lait par jour, ayant appris, sous la direction de M. Bucquoy, à pratiquer ■elle-même le lavage de son estomac, peut digérer maintenant tous les aliments en petite quantité, ce qui lui a donné une augmentation de poids de neuf livres. Ce traitement ■est souverain contre la dyspepsie des buveurs, et la guérison en est très rapide. Il donne aussi de très bons résultats dans les vomissements incoercibles des hystériques, et il ne faut pas hésiter à l'employer contre le cancer même, toutes les fois que la sonde pourra pénétrer. L'état du malade peut •en être très amélioré. M. Bucquoy en a retiré de grands avantages dans les cancers avec rétrécissement pylorique ■et dilatation stomacale. Contre une gastrite toxique ulcé-
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reuso chez un homme de trente-deux ans et dont les vomissements présentaient des débris noirâtres et même du sang coagulé, ces lavages permirent la digestion du lait, puis du pain, des œufs et de la viande. Renouvelés régulièrement deux fois par jour, ils permirent une telle assimilation que le poids du corps augmenta de 2 kilog. 8. Malheureusement, une tuberculose, avec pneumothorax, annihila les excellents effets de cette méthode. L'autopsie montra une vaste ulcération au niveau de la petite courbure et un rétrécissement pylorique ayant produit une dilatation considérable de sa cavité, avec hypertrophie notable de ses parois. Malgré toutes ces lésions, l'estomac avait repris ses fonctions, sous l'influence des lavages.
Par sa facile exécution, son innocuité absolue et les résultats excellents qu'elle procure, cette méthode, en grande vogue en Allemagne, mérite donc d'être vulgarisée en France. Plusieurs médecins l'emploient dans les hôpitaux, et elle peut servir à préciser le diagnostic de certaines affections obscures. Elle est surtout applicable dans les em poisonnements pour retirer le liquide toxique de l'estomac.
Plusieurs malades ainsi traités ont été soumis à la Société de thérapeutique pour exécuter publiquement ce lavage. La première est une femme de vingt-quatre ans, atteinte de dyspepsie putride, avec dilatation de l'estomac, et qui vomissait continuellement depuis six mois. Sous l'influence des lavages avec l'eau de Vichy et une solution d'acide borique, ses vomissements ont cessé, et l'assimilation a été telle qu'une augmentation du poids du corps de 4 kilogrammes en est résultée en quatre semaines.
Une jeune fille de seize ans, atteinte de dyspepsie simple avec vomissements, procède elle-même au lavage de son estomac avec le siphon. La déglutition du tube et l'opération tout entière se sont accomplies, dans ces deux cas, avec la plus grande facilité.
Une femme de vingt-un ans, entrée à l'hôpital Cochin au mois d'août, présentait des symptômes gastriques faisant penser à un ulcère simple de l'estomac remontant à trois ans. Sous l'influence du lavage, les vomissements ont cessé, et son poids, qui était de 52 kilogrammes le 7 août, en atteignait 60 dix jours après. Elle sortait de l'hôpital en septembre, entièrement guérie. Elle pratique ces lavages avec une ha-
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bileté extrême et en a perfectionné le manuel en se secouant vivement, après avoir ingurgité le liquide, pour mieux laver les parois de l'estomac.
Plusieurs cas de gastrite alcoolique, traités de la même manière, ont aussi guéri rapidement. (Soc. dethér., octobre, et Gaz hebd., uos 43 et 46.)
Dans un faux cancer avec douleurs vives, vomissements noirs, amaigrissement considérable, cacbexie très marquée, mais sans tumeur épigastrique, les meilleurs résultats en ont été obtenus. Le malade était si faible que le premier lavage dut être pratiqué dans le décubitus dorsal, à cause de l'imminence d'une syncope dans la position assise. Des détritus de toutes sortes, entre autres des pépins de raisin ingérés cinq mois auparavant, furent expulsés dans cette première séance. Un grand bien-être, la cessation des douleurs, des vomissements, de la gastrorrbagie, et le reLour de l'appétit s'ensuivirent, en employant de l'eau additionnée de 10 gouttes de percblorure de fer par litre, puis du lait de bismutb et des lavements de peptone.
A la Maison de santé, un malade atteint de douleurs stomacales très vives, avec vomissements répétés régulièrement après tous les deux repas et renfermant parfois <des matières noires, était arrivé à un état de cacbexie profonde, lorsque ce traitement fut institué avec le sipbon par M. E. Labbée. Une amélioration inespérée en fut le résultat. Si l'on ne peut en conclure la non-existence du cancer, on peut espérer du moins que ce sont là des cas d'induration pylorique simple, comme Kussmaul en a publié. (Idem, novembre.)
Die peristaltische Unruhe des Magens (sur les contractions péristaltiqucs continues de l'estomac), par le professeur Kussmaul, de Leipzig.
Observation de deux femmes nerveuses présentant des mouvements péristaltiques très énergiques et continus à travers la paroi abdominale, sans qu'il existât un rétrécissement pylorique. Ils s'observaient même à jeun et s'exagéraient après les repas au point de se communiquer au canal intestinal, avec une sensation de contraction fort pénible. Un peu de dilatation et de verticalité de l'organe avec des symptômes dyspeptiques en étaient les seules ano-
EXERCICE
malies. De là le diagnostic d'une névrose de la motilité plutôt que d'un catarrhe de l'estomac.
L'abaissement de la grande courbure de l'estomac au-dessous de l'ombilic, soit qu'il conserve sa forme normale, soit qu'il prenne une direction verticale si le pylore "s'abaisse, est une cause fréquente d'erreur d'une dilatation qui n'existe pas.
La plénitude de l'estomac par le poids des matières logées dans la grande courbure peut, en exerçant une traction sur l'anneau pylorique, le transformer en une fente imperméable et produire une dilatation, comme dans l'oblitération du pylore. La disparition des symptômes par le vomissement ou le lavage suffit à déceler l'erreur.
La présence de la matière colorante de la bile dans le liquide du lavage exclut l'existence d'un rétrécissement du pylore, car son écoulement du duodénum est provoqué par l'introduction du tube ou de la sonde œsophagienne, qui -s'accompagne presque infailliblement d'un léger effort de vomissement. Son absence au contraire n'implique pas absolument ce rétrécissement. (Revue mens., n° 10.)
ÉTRANGLEMENTS INTERNES. Laparotomie. (Voy. ce mot.)
EXERCICE. Une convention internationale entre la France et le roi des Pays-Bas règle l'exercice de la médecine sur les frontières limitrophes du grand-duché de Luxembourg avec l'arrondissement de Briey (Meurthe-et- Moselle) y confinant. Les médecins, chirurgiens, accoucheurs, sages-femmes et vétérinaires français et luxembourgeois, établis et exerçant légalement dans les communes limitrophes, auront le droit réciproque d'exercer de l'autre côté de la frontière dans les limites suivantes :