COMMUNES FRANÇAISES
Canton de Longivy.
BréUaiQ-la-Ville.
Haucourt.
Herserange.
Hussigny .
Lon gwy .
Mont Saint-Marlin.
Sâulnes.
Thil.
COMMUNES LUXEMBOURGEOISES
Differdange.
Wesquenhof.
Airsain.
Gras.
Rœbachermuhl.
Lasauraze.
Niedercom.
Obcrcorn.
EXERCICE
Thiercelet.
Villers-la Montagne.
Vilerupt.
Canton de Longuyon.
Petange.
Cons-la-Granville .
Longuyon.
Joppecourt.
Pierrepont.
Lamadeleine.
Arthusmùlh.
Grundmûlh.
Rodange
Airsain.
Blanberge.
La Moragole.
Canton d'Audun.
Sanem.
Audun.
Crusnes.
Fiilières.
Belvaux.
Ernshof.
Ehlérange.
Arsdorferbof .
Neulocher.
Soleuvre.
Scheuerhof.
Gaderscheuerhof.
Cette convention avec l'étranger appelle la réciprocité dans la législation française. Pourquoi la loi n'édicte-t-elle pas explicitement, par addition à celle de ventôse an XI, le droit pour les officiers de santé d'exercer dans les communes limitrophes de leurs départements respectifs? L'usage en •étant consacré dans la pratique, il serait logique de le sanctionner par la loi.
Exercice en Algérie. Conformément à la loi du 20 décembre 1879, un décret présidentiel, rendu sur la proposition du ministre de l'instruction publique, a autorisé l'école pré-' paratoire de médecine et de pharmacie d'Alger à organiser un enseignement en vue d'un troisième ordre de médecins indigènes, appelés les sous- officiers de santé de l'Algérie, et à leur décerner le certificat d'aptitude à l'exercice. Le gouverneur général déterminera les circonscriptions d'exercice par des arrêtés individuels qu'il aura toujours la faculté de rapporter.
Ce certificat ne pourra être délivré à un Européen, et les candidats, pour se faire inscrire, doivent avoir vingt ans accomplis et subir un examen préalable constatant qu'ils parlent et écrivent le français et possèdent les éléments de calcul. L'enseignement pour l'obtenir dure quatre trimestres
232 EXERCICE
consécutifs, et le programme, fixe par un arrêté, devra répondre à celui des deux examens à subir. Le premier, sur la connaissance élémentaire des parties du corps humain et de leurs fonctions, et le second sur la connaissance des principales maladies externes et internes, l'emploi des médicaments usuels, des soins chirurgicaux et sur les règles élémentaires d'hygiène.
Ils peuvent être subis dans la môme session, et, en cas d'échec, le candidat est remis à six mois d'intervalle pour le premier et trois mois seulement pour le second. Les droits en sont de trente francs pour chacun.
Exercice en Russie. Un rapport officiel du ministre de l'intérieur de Russie, section médicale, établit que le nombre total des médecins exerçant dans l'empire était seulement de 13 476 dont 2033 docteurs. 371-étant morts dans le courant de cette année et 690 ayant été autorisés à exercer, la liste se trouvait donc portée à 13795 au commencement de 1879. Il y a en outre 5100 sous-chirurgiens, 2,666 sagesfemmes et 1652 pharmaciens. Pour une population évaluée à plus de 80 millions, on comprend que les secours médicaux fassent défaut, surtout en temps d'épidémie, de diphthérite et de typhus, comme cette année. Avis aux périodeutes .
Exercice en Amérique. D'après une loi promulguée au mois d'avril dernier, nul ne pourra exercer la médecine ni la chirurgie dans l'État de New-York, s'il ne justifie qu'il "est pourvu d'un diplôme ou d'une autorisation d'un Collège médical de cet État ou d'un jury d'examinateurs de l'Université. La date du 1« octobre a été fixée comme le dernier terme pour faire cette justification. Or, à cette date, 1980 médecins seulement s'étaient fait inscrire, sur plus de 4000 qui exercent dans la seule ville de New-York. Les autres sont maintenant passibles d'une amende fixée de 50 à 200 dollars, soit 250 à 1000 francs, et de 500 à 2300 francs plus un à trois mois d'emprisonnement, s'ils donnent lieu à des poursuites comme non autorisés à exercer. C'est donc la guerre au charlatanisme et aux faux diplômes, là-bas comme ici. (Boston med. and surg. journal, octobre.)
Un bill ou projet de loi a été déposé à la législature cah-
fomienne tendant à prohiber la remise que les pharmaciens ou druggists sont tenus actuellement de faire aux médecins sur leurs ordonnances. On peut juger par ce fait à quel degré d'abaissement et de mercantilisme se trouve encore l'exercice de la médecine au pays de l'or.
FERMENTATION. Eau oxygénée. En voyant M. P. Bert arrêter les phénomènes de putréfaction par l'action du gaz oxygène sous pression, le docteur Regnard s'est demandé si les liquides contenant de l'oxygène sous tension n'auraient pas le même effet. Et il a dès lors expérimenté avec l'eau oxygénée au 100°, c'est-à-dire une partie d'eau oxygénée purifiée avec le sulfate d'argent pour 100 parties d'eau simple.
Du lait, de l'urine et d'autres liquides contenant des ferments figurés, ont été placés dans des éprouvettes. Quelques^ gouttes d'eau oxygénée versées dans celle-ci en ont empêché la fermentation, tandis que celles qui en étaient privées comme témoins ont fermenté aussitôt.
Une seule goutte d'eau oxygénée dans une proportion considérable de levain de bière mélangé au sucre a prévenu tout dégagement de gaz acide carbonique.
De l'urine et du lait placés dans des flacons débouchés, avec quelques gouttes d'eau oxygénée , n'étaient ni fermentés, ni putréfiés, ni coagulés dix jours après.
Du vin détestable, susceptible de tourner, et des cerises, soumis à l'action de l'eau oxygénée, se sont dépouillés rapidement de leurs matières étrangères et sont devenus d'une grande limpidité en se conservant, tandis que les flacons témoins étaient couverts de mousse, et qu'un monde d'organismes y pullulait en développant une odeur nauséabonde.
Il a suffi d'introduire dans toutes ces préparations un. fragment de fibrine, qui décompose rapidement les liquides oxygénés, pour que des phénomènes de décomposition s'y manifestent aussitôt.
Telle est la puissance de l'eau oxygénée sur la fermentation qu'elle détruit même les algues. Elle peut avoir de
nombreuses applications en médecine, comme antiputride dans les pansements. II ne s'agit que d'empêcher son contact avec l'a fibrine du sang. (Soc. de Mol., 12 juin.)
Cette action avait été signalée dès 18Ei8 par le docteur W. Ricbardson dans ses leçons à la Société des arts de Londres, dont voici un extrait : « Je prends une forte bouteille avec un goulot étroit, et j'y introduis de la viande de bœuf avec du gaz oxygène. On y fait pénétrer ensuite une solution de peroxyde d'hydrogène, de manière qu'elle ne soit pas en contact avec la viande, jusqu'à ce que le bouchon soit placé dans le goulot et fixé, comme pour le Champagne ou l'eau de Selz. La bouteille étant alors agitée, il se fait un rapide dégagement d'oxygène et une pression de gaz égale à 3 atmosphères. Dans cet état, de petits spécimens de bœuf ont pu être parfaitement conservés pendant un voyage à Rio-de- Janeiro, aller et retour. » (Lancet, 4 septembre.)
FERMENTS. Depuis le jour où, renversant la théorie de Liebig sur la nature des fermentations, M. Pasteur a montré que les véritables agents de ces phénomènes sont des organismes inférieurs, des êtres vivants qui, placés dans des conditions spéciales, provoquent, pour vivre, la décomposition •de la matière fermentescible leur servant d'aliment, une révolution a commencé dans le domaine des sciences biologiques, dit M. Talamon, révolution dont les conséquences sur le terrain de la pathologie se développent lentement, mais sûrement. La doctrine des germes dans les maladies n'est en effet que le corollaire de la théorie des ferments animés dans la fermentation. La liaison est si vraie qu'à la .théorie pathogénique des maladies contagieuses par les virus de la doctrine de Liebig correspond la théorie des germes dans celle de Pasteur. Cette voie si logique était prévue dès le milieu du xvn<= siècle par R. Boyle, qui l'annonçait prophétiquement en ces termes, dans son Essai de physique pathologique : « Celui qui pourra sonder jusqu'au fond la nature des ferments et de la fermentation sera, sans doute, beaucoup plus capable qu'un autre de donner une juste explication des divers phénomènes morbides des lièvres, comme d'autres affections, phénomènes qui ne seront peut-être jamais bien compris sans une connaissance appro-
fondie de la théorie des fermentations. » (Rev. mensuelle, mai.)
Le rôle du microbe dans l'organisme humain et vivant ou seulement animal, sur la production des maladies, est malheureusement encore loin d'être aussi positivement démontré que celui des ferments alcoolique, tartrique, butyrique, dans l'altération des vins et de la bière et même de certains liquides animaux comme le lait, l'urine, le sang. Que d'inconnues encore sur la production du charbon par la bactéridie et qui oserait dire qu'elle agit par fermentation plutôt que par empoisonnement? On n'est même pas d'accord sur la nature végétale ou animale de ces microbes organiques placés à la limite extrême de la vie dans les deux règnes. Au contraire, un dissentiment complet existe à cet égard entre les deux plus éminents naturalistes français. Au lieu d'être, suivant M. Pasteur, des animalcules vivants préformés, vibrions ou microbes, déterminant par la fermentation la vie ou la mort, ce ne sont pour M. Robin que des spores, des cellules cryptogamiques végétales libres, des moisissures, des champignons, qui, en tombant dans tel ou tel milieu, se développent et prolifèrent. Leur résistance aux réactifs, l'acide acétique et l'ammoniaque en particulier, en est la preuve par la cellulose qu'ils contiennent. Si rien n'est moins surprenant, dit-il, que de voir des plantes vivre dans un courant d'acide carbonique, sans oxygène libre, il est impossible de découvrir aucun animal quelconque dans le même cas, comme les anaérobies de M. Pasteur. La vie latente de ces corpuscules-germes cache ainsi un profond mystère, comme il l'a écrit, car en produisant, par leur ensemencement, des vibrions vivants et semblables à ceux dont ils proviennent, c'est une véritable génération spontanée, puisqu'ils ne vivaient pas auparavant.
Les ferments animaux de M. Pasteur sont ainsi purement végétaux d'après M. Robin. C'est, dit-il, la désassimilation du sucre de ces plantes, par dédoublement en alcool et en acide carbonique, qui est la fermentation et la représente comme unité physiologique dans chaque unité anatomique. Là est toute la théorie des fermentations. (Journal de Fanât, et de la physiol., janvier.)
Quoi qu'il en soit de la nature de ces germes, il est évi-
dent que c'est dans les phénomènes de fermentation qu'ils développent que résident aujourd'hui les plus vastes problèmes de la vie et de la mort.
Carica papaya, plante exotique récemment importée en France et dont l'activité fermentescible a vivement intéressé l'attention médicale. M. Bouchut paraît s'en être occupé le premier en France en faisant venir un échantillon de Bahia qui lui fut adressé par le docteur da Silva Lima le 15 mai 1877. Mais sa première note à ce sujet à l'Académie des sciences est du 24 août 1879, tandis que, dès le mois d'avril précédent, le docteur Moncorvo publiait un mémoire étendu, botanique et thérapeutique, sur cette plante dans le Progressa medico de Rio-Janeiro, traduit dans le Journal de thérapeutique, dès le 10 juin suivant, et présenté ensuite à la Société médico-pratique de Paris.
Il serait superflu de chercher à résoudre cette question de priorité, car, dès 1850, le docteur Hoefer a signalé les singulières propriétés du suc laiteux de cette plante. Etendu d eau et mélangé avec de la viande de bœuf hachée, il était susceptible, d'après lui, de désagréger complètement celle-ci et de la dissoudre comme la pepsine. Un médecin anglais, le docteur Roy, a confirmé, par de nouvelles expériences très détaillées, la réalité de ces faits. (Union méd., février 18, o.) Il n'v a donc de nouveau que les applications thérapeutiques faites avec ce suc et les accidents auxquels il peut
donner lieu. „i„„*fl D'après le docteur Moncorvo, deux genres de cette plante, de la famille des Papayacées, existent au Brésil. Le Carica papaya en est le type et se cultive dans presque toutes les provinces : il est connu sous le nom de mamoeiro.
Il atteint une hauteur de 2 à 12 mètres, tandis que 1 autre, espèce sauvage,le Carica spinosa, s'élève à 25 ou 30 mètres. L'aspect en est caractéristique, par son tronc simple, vertical non ramifié, diminuant graduellement de diamètre de la base au sommet, couronné de feuilles longuement pétiolées et palmées. Les fleurs, groupées au commet du tronc, sont ordinairement dioïques, les femelles étant dnn jaune pâle et les mâles blanches. Le fruit appelé est d'une couleur verte et prend la teinte du jaune dœuf a sa maturité comme la citrouille.
De l'écorce du tronc, lisse et cendrée, s'écoule, de la plus petite solution de continuité, un suc laiteux, utilisé par les indigènes du pays, qui, de temps immémorial, en ajoutent une petite quantité à la viande dure et coriace pour l'attendrir, la rendre plus agréable à manger et de digestion plus facile. Les Indiens ont même l'habitude de suspendre, à la partie supérieure de l'arbre, les viandes, les volailles et le gibier qu'ils veulent attendrir.
En répétant ces expériences sur la viande, M. Moncorvo a constaté que le suc laiteux du tronc ou du fruit exerce une véritable action dissolvante ou digestive sur les substances azotées. La solution aqueuse produit le même effet, tandis que la solution alcoolique est complètement inerte. Les substances féculentes ou amylacées résistent à son action. Appliqué sur la peau, il la rend lisse et moelleuse et fait disparaître les éphélides; sous le derme, il produit une action extrêmement irritante, douloureuse, arrachant des cris à l'animal et aboutissant à un abcès. Une infection purulente, mortelle en trente-six heures, en a même été la suite.
Un gramme, dissous dans 2 grammes d'eau, introduit dans l'estomac d'un cabiais, a déterminé des évacuations sanguinolentes et une profonde ulcération hâtive de l'estomac.
Les semences du fruit ont les mêmes propriétés, tandis que la décoction des feuilles en est exempte.
Traité par le double de son volume d'alcool concenti'é, le suc donne un précipité floconneux, verdâtre, amorphe, qui serait une véritable pepsine végétale, appelée caricine par l'auteur. Elle est soluble dans l'eau distillée, tandis que l'alcool et les acides forts n'ont pas d'action sur elle. (Soc. médico-pratique, septembre 1879.)
Papaïne. Avec la collaboration de M. Bouchut, M. Wurtz, en précipitant le ferment soluble du suc de papayer par l'alcool, n'a pas trouvé sa composition constante. Il renferme •une proportion de matière minérale pouvant s'élever à 10 0/0 et même plus. L'emploi du sous-acétate de plomb et de l'hydrogène sulfuré ensuite forme une solution qui, précipitée par l'alcool, donne une matière d'une composition ;ï peu près constante. C'est la papaïne ou ferment
digestif du suc du Carica papaya, dont voici la composition :
Carbone 52,36 52,19 52,9
Hydrogène 7,37 7,12 »
Azote 16,94 16,40 16,44
Ceudres 2,60 4.22 3,49
Ce corps a donc la composition des matières albuminoïdes et en offre tous les caractères. Il paraît se rapprocher du ferment pancréatique nommé trypsine par M. Kûhne. A la différence de la pepsine, la trypsine paraît se rapprocher des matières albuminoïdes ; son action sur ces dernières parait plus énergique que celle de la papaïne. Celle-ci dissout rapidement de grandes quantités de fibrine, même en liqueur neutre; mais, pour que la liqueur ne précipite plus par l'acide nitrique, il faut faire intervenir une quantité relativement assez forte de papaïne, par exemple 0 gr. 3 pour 10 grammes de fibrine humide, et prolonger la digestion à 50° pendant quarante-huit heures. (Acad. des sciences.)
En poursuivant ces expériences avec le suc de papayer dilué ou avec la papaïne, non plus sur des matières albuminoïdes mortes, mais sur des tissus vivants, sains ou pathologiques, d'adénomes et de cancers, M. Bouchut est arrivé à des résultats intéressants. Il a vu les tissus se digérer et se convertir en peptones, comme les matières albuminoïdes mortes.
Dans trois cas de cancer du sein et un cas de cancer des ganglions de l'aine après castration, rencontrés à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. Péan, des injections de papaïne ont amené le ramollissement et la digestion de tumeurs dures, énormes. Le produit liquide, retiré par aspiration d'un de ces cancers, gros comme le poing, examiné au laboratoire de la Faculté par M. Henuinger, a paru être un véritable peptone. Cela démontre que l'action de la papaïne sur le tissu cancéreux a été une vraie digestion.
Une grosse grenouille vivante, en partie dépouillée de sa peau et mise tout entière dans un vase rempli de suc de papayer dilué au cinquième, est morte après douze heures, en partie digérée au bout de vingt-quatre, et, après deux jours, il n'en restait plus que le squelette.
De là la conclusion que la papaïne est capable de digérer
tous les tissus organisés, même lorsqu'ils sont vivants. Ce serait une pepsine végétale agissant sur les tissus d'un animal vivant, de même façon que sur les matières albuminoïdes déposées dans l'estomac ou dans un vase de laboratoire. (Idem.)
Cette pepsine végétale doit être employée avec la plus grande réserve, d'après un fait d'empoisonnement mortel observé par le docteur Moncorvo. Une malade ayant fait usage du suc du tronc du carica, sur le conseil d'une voisine imprudente, succombait quelques jours après, avec tous les symptômes d'une péritonite subaiguë, consécutive à une enlérite. Bien que le défaut d'autopsie n'ait pas permis de constater directement les lésions, il est probable que le suc laiteux pur agit sur l'bomme comme sur les animaux.
La papaïne, dépouillée des principes toxiques etoléorésineux, n'a donc pas les mêmes dangers. Du sirop et du vin préparés par un pbarmacien de Paris, avec cet alcaloïde, digèrent assez rapidement un bifteck, sans que l'on puisse dire s'il y a dissolution simple ou production de peptone assimilable. Quoi qu'il en soit, la digestion artificielle est bien plus complète avec ces préparations qu'avec la pepsine ordinaire. Leur emploi thérapeutique pourra donc être d'un précieux secours. (Soc. de thér,, février et mars.)
D'après M. Boucbut, ce n'est pas seulement dans l'écorce et le fruit du carica que cette pepsine existe. Un grand nombre de végétaux auraient la même propriété. Le ficus contient ainsi, dans son latex, la ficoïne, et le suc du figuier, recueilli en avril sur des arbres de la Provence, a montré les mêmes propriétés.
5 grammes de suc laiteux en partie coagulé ont été mis dans un verre avec 60 grammes d'eau distillée et 10 grammes de fibrine humide, à l'étuve de o0°. Au bout de quelques heures, la fibrine était attaquée, ramollie, et, le soir, elle était digérée, en laissant un petit résidu blanchâtre au fond du verre.
On a ajouté successivement, dans ce même verre et dans le même liquide, d'abord 10 grammes de fibrine humide, qui ont été digérés en douze heures, puis 12 grammes, puis i:i grammes, et cela huit fois à un ou deux jours de dislance, ayant toujours soin de remettre le vase dans
§40 FIBROMES UTÉRINS
l'étuve. Ces différentes additions ont employé 90 grammes
de fibrine pour un mois d'expérience.
Chaque quantité de fibrine a été digérée en moins de vingt-quatre heures et a laissé un résidu blanchâtre homogène, qui s'ajoutait au résidu de la digestion précédente. La solution donnait une odeur prononcée de bon bouillon, sans la moindre putridilé, et avec une odeur agréable, due au coagulum résineux du suc de figuier, laissé à dessein dans le verre.
Au bout d'un mois, ces digestions de fibrine n avaient pas fermenté, elles conservaient une bonne ■ odeur de viande digérée, plus l'arôme de la résine de figuier. (Acad. des se. et Journ. de pharm. et de chim., août.) Voy. Génération.
FIBROMES UTÉRINS. La méthode thérapeutique du professeur Courty, de Montpellier, contre les fibro-myomes utérins, se résume en deux ordres de moyens, locaux et généraux Les premiers sont des injections à une température aussi élevée que la malade peut la supporter, soit de 45° environ, d'eau additionnée de 25 grammes d'acide phénique par litre, et des injections sous-cutanées d'ergotine faites dans le voisinage de l'affection. Les premières sont anticongestives •et antihémorrhagiques.Il applique de plus l'action électronique du courant continu par intermittences réglées avec, un métronome. Il administre concurremment les toniques, des altérants, iodure et bromure de potassium a l intérieur Ce n'est pas que l'on puisse obtenir la résolution de tous les fibro-myomes par ce traitement. Ceux qui sont anciens et très durs y résistent. Mais les fibromes a forme congestive, qui forment environ les deux tiers des cas en sont rapidement modifiés, améliorés, sinon guens. Le . hémoi rha-ies graves et les points douloureux correspondant aux ovaires font surtout calmés par les injections hypodermiques de morphine. Il est donc rationnel de recounrà» traitement avant de songer à leur excision ou leur extirpation. (Assoc. française.)
Injections pâteuses. Au lieu des injections Mdes, ^topiques ou interstitielles et les autres m^^îlZZ les tumeurs fibro-interstitielles de l'utérus, dont û/appelle l'histoire, le docteur A. Tripier, après divers essais pom j
FIBROMES UTÉRINS
substituer des topiques sous forme de crayons, s'est arrêté au vulgaire savon de Marseille ou au savon amygdalin pour en faire l'excipient. Un mélange de savon en copeaux et de solutions plus ou moins concentrées de substances actives , communément employées comme modificateurs locaux dans les affections des muqueuses : l'iodure de potassium, le chlorate de potasse, le sulfate de cuivre, des sels de zinc, de fer, des chromâtes, des sulfures et surtout les alcaloïdes, lui servent à cet effet. La morphine, la conicine, la digitaline, l'aconitine, l'atropine et surtout la quinine sont aussi incorporées dans ces excipients, en les tenant pendant un ou plusieurs jours sur un bainmarie à une température voisine de 40°, jusqu'à ce que le mélange , fréquemment remué, ait acquis la consistance convenable. On l'aspire alors dans des tubes de verre de 1 2 à 13 centimètres de long et d'un calibre un peu inférieur à celui de la sonde qui sert à en faire l'injection ou plutôt à les introduire dans l'utérus. Après leur refroidissement, on les chasse avec un mandrin sur une feuille de verre, où ils sèchent durant quelques heures avant d'être mis en flacon. Toute une série de topiques sont ainsi obtenus d'une manière uniforme, et chaque crayon, de moins de un centimètre cube de volume, renferme une dose bien déterminée du médicament. C'est la dosimétrie appliquée à la muqueuse utérine.
L'injection de ces topiques se fait avec une sonde droite bien calibrée, de 4 millimètres de diamètre, munie d'un piston intérieur. Deux anneaux sont fixés à l'extrémité libre et un troisième au piston, tandis que l'extrémité pénétrante, longue de 3 centimètres, est conique, en filière, et se visse sur le corps cylindrique. On introduit le topique en enlevant le piston, qui le pousse ensuite doucement, sans qu'il soit nécessaire de décrire le moclus faciendi, comme le fait minutieusement l'auteur.
On comprend qu'un cathétérisme préalable du col soit toujours indispensable, car il n'est pas de praticien qui ne connaisse les difficultés qu'il y a à pénétrer dans l'utérus. Le manuel opératoire n'a donc rien de spécial.
Tout en signalant les bons effets obtenus avec les crayon? au chlorate de potasse et surtout l'iodure de potassium contre la dysménorrhée membraneuse, ainsi que du savon
GARNIER. XVIi 14
FIÈVRES
cuprique, contre les ulcérations tenaces et l'état fongueux de la muqueuse utérine, l'auteur s'est attaché surtout au traitement du fibrome interstitiel. Et relatant les divers agents usités contre lui : iodure de potassium, ergot et er- «otine, gastrotomie, électricité, dont il fait le procès à main levée pour en laisser subsister le moins d'indications possibles, il montre l'avantage de ses crayons de savon ioduré sur ces tumeurs par l'indication des résultats obtenus chez 15 malades toutes avec une diminution notable après un très o-rand nombre d'injections, mais sans une seule guérison complète. Par compensation, les douleurs réflexes et surtout les hémorrhagies provoquées et entretenues par ces tumeurs cèdent et diminuent rapidement par la révulsion faradique ou l'addition de la digitale, sinon de l'ergotine, aux crayons.
La douleur causée par ces topiques est très faible, courte, sinon nulle. Les malades retournent ainsi facilement chez elles après leur introduction. Le nombre et la concordance des résultats joints à la rapidité de leur manifestât. on sont les témoignages de l'action efficace de ces crayons. L honorabilité scientifique de l'auteur peut bien inspirer confiance à cet égard et faire expérimenter cette nouvelle médication, mais les faits ne nous semblent pas suffisamment concluants pour convaincre. (Bull. dethérap.,\o octobre.)
FIÈVRES. Dans plusieurs cas de fièvres intermittentes graves ou larvées, observés à Nantes, le docteur Bonamy a constaté les avantages immédiats de l'administration de la quinine dan du rhunfau début de l'accès. Plusieurs fois d* été ainsi enrayé. Ce mode d'administration, employé a 1 Hôtelmeu Par M. Hérard, serait donc une dernière ressource a ÏÏLr dans les formes pernicieuses, pour détourner un péril imminent qu'il est impossible de vaincre autrement. (Bull, de thérap., lo août.)
Etioloqie parasitaire. De nouvelles observations par M. Laveran Z ont fait constater des éléments figures dans le ang des malades atteints de fièvre palustre. Ces orgasmes sont de trois sortes. Il ne paraît pas quils se re p oMsenï dans le sang des personnes inoculées ce seraien des parasites inféconds. Tout en ayant combattu cette etio logte autrefois, M. Colin, professeur d'épidémiolog.o au Val-
FIÈVRES
de-Grâce, recommande ces recherches à l'attention de l'Académie de médecine. (Séance du 23 novembre.)
La fcbbre continua epidemica. Fièvre épidémique continue ayant régné à Catane depuis septembre 1878 jusqu'en avril 1879. Dans ce mémoire de vingt-deux pages in-folio, lu à l'Académie Gioenia en 1879, le professeur Salv. Tommaselli discute le caractère nosologique d'une fièvre épidémique qui a sévi sur toute la population durant les mois de décembre, janvier et février surtout, c'est-à-dire les moins chauds de l'année. Les enfants âgés de deux à six ans, et les individus au-dessus de cinquante ans n'ont été frappés que par exception, même dans les maisons, les familles où elle sévissait, tandis que, entre ces deux âges, la plupart des habitants étaient atteints sans choix de sexe ni de position. Après une invasion lente, irrégulière de cinq à huit jours, le pouls s'élevait rapidement de 39 à 41° avec des rémittences et des intermittences irrégulières du matin au soir ou à plusieurs jours d'intervalle, en persistant de quinze jours à trois ou quatre mois, malgré l'usage de la quinine. Absence d'aspect typhoïde, de météorisme et de gargouillement dans la fosse iliaque, malgré la diarrhée ordinaire. Presque tous les malades accusaient des douleurs à la nuque, augmentant par les mouvements de la tête. Aucune hémorrhagie, sauf de légers épistaxis, ni accidents respiratoires; malgré de grands troubles nerveux : abattement, adynamie profonde, l'intelligence restait intacte.
Quatre formes principales en ont été distinguées : gastrique, où les purgatifs réussissaient le mieux; intermittente, c'est-à-dire avec exacerbations ; nerveuse et paralytique. Celle-ci était la plus grave avec météorisme et diarrhée, délire et mort du dixième au douzième jour. Dans ces deux dernières formes, des sueurs partielles ou générales, parfois profuses et prolongées, acides, marquaient la rémission et étaient suivies d'éruptions miliairessur le thorax et les épaules ou de roséole généralisée, sans influence sur la fièvre.
L'auteur ne pouvant voir là les caractères des fièvres continues ordinaires : typhoïde ni typhus exanthématique, pas plus que rémittentes ni intermittentes, s'ingénie àenfaire un type particulier, selon l'école napolitaine, une fièvre spéciale du sud de l'Italie. Mais le défaut absolu d'observations cliniques et d'autopsies ne permet pas de se prononcer et l'exis-
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1encc simultanée de fièvres paludéennes des marais et de fièvre typhoïdes franches commande une réserve encore plus grande. La fièvre typhoïde est assez protôiforme pour que, en certains climats et sur certaines populations exposées à la malaria, elle affecte des types particuliers se rapprochant plus ou moins de la forme classique et que l'autopsie seule permettrait de reconnaître par la lésion caractéristique. Celle-ci pouvant seule trancher la question, elle devait être le principal sujet du débat, tandis qu'elle n'y figure que pour mémoire. Le succès des purgatifs ici, du quinquina là et de l'acide salicylique ailleurs, pas plus que la théorie de l'empoisonnement miasmatique du sang, ne peuvent rien élucider sans ce facteur indispensable. Il est inutile de disserter en dehors de ce signe spécifique et à peu près infaillible dans toute fièvre typhoïde.
Plus que les autres parties de l'Italie, la Sicile peut donner naissance à ces fièvres protéiformes, bâtardes, mixtes ou neutres La nature de son sol, couvert de marais et étangs aux eaux stagnantes, d'irrigations agricoles persistantes avec une température très élevée sont autant de conditions crui en favorisant la décomposition végétale et animale, provoquent des fermentations et des émanations miasmatiques. La présence des micro-organismes, comme les algues et iusqu'au microbe spécifique de la malaria a même été constaté. De là l'infection paludéenne, le règne endémique des fièvres intermittentes de tous les types et de toutes les formes se mêlant et se confondant ensemble, s aggravant et se dénaturant à la longue par l'anémie miasmatique qui en résulte et les altérations organiques qui en sont la con-
SeGesncomplications sont d'autant plus fréquentes que l'infection malarienne agit d'une manière incessante sur des populations ayant une prédisposition congénitale ou individuelle à la malaria par leur anémie native. Les réc dives s'ensuivent ainsi et déterminent une véritable cachexie palustre avec engorgement, hypertrophie de la rate ^ sur laquelle l'antipériodique par excellence : la 2™^^ effet. Au contraire, elle manifeste son action Py™Ç»P» une véritable intoxication dont les caractères sont le trem blement convulsif, le vomissement, la diarrhée, 1. ^tune ou plutôt l'hémoglobinurie et l'ictère, qui en est le sj mp-
FIEVRES
tome prédominant. C'est là du moins ce qui résulte d'un autre mémoire de l'auteur, basé sur douze observations cliniques, où ces faits sont démontrés, quoique l'autopsie manquant dans h plupart des cas ne permette pas toujours d'être aussi afflrmatif. Le sujet de l'observation X montra par exemple à l'autopsie, deux à trois ans après les symptômes de cette intoxication quinique, un cœur de bœuf avec insuffisance de la valvule tricuspide et dégénérescence graisseuse, sans aucune lésion rénale ni splénique. De là des erreurs possibles dans le diagnostic au début de ces profondes altérations, encore inappréciables, et qui sont mises inévitablement sur le compte de l'infection palustre ou l'intoxication quinique. (La intossicasionc chinica et Vinfezione malarica, par le docteur Salv. Tomaselli; in-folio de 116 pages, Catane, 1877.)
Fièvre typhoïde. Cette pyrexie se rencontre dans tous les pays, cbez toutes les races, à toutes les époques de l'année, dit le docteur E. Besnier. C'est un des types nosologiques les plus fréquents et l'un des mieux caractérisés. La France en est la terre classique, et sa capitale le foyer principal. En l'étudiant avec sagacité et persévérance depuis quinze ans dans ses rapports trimestriels à la Société médicale des hôpitaux, sur ce théâtre de ses principales manifestations et d'après les documents les plus authentiques, il croit pouvoir tirer de ses recherches statistiques les règles certaines et précises qui suivent sur sa marche et sa prophylaxie. ^ 1200 décès en résultent en moyenne chaque annnée, soit 12 pour 100 de la mortalité totale, en variant de 800 à 2000. Sa morbidité annuelle s'étend de 6 à 17 000 personnes.
Le minimum de la mortalité annuelle est exactement limité de novembre à mai et juin, et le maximum de juillet à la fin d'octobre. Les chilfres de cette dernière période dépassent presque ceux de la première. Tel est le fait précis et incontestable qui ressort, avec toute la rigueur d'une démonstration scientifique, des tableaux statistiques. C'est donc la manifestation éclatante de la loi qui préside aux rapports des conditions cosmiques, telluriques, c'est-à-dire locales et saisonnières, avec cette fièvre.
Le pronostic varie suivant ces périodes de l'année La chaleur ramène et aggrave la fièvre typhoïde, et. les con-
o,jG FIÈVRES
Citions atmosphériques et telluriques de l'automne maintiennent cette aggravation. Le froid la fait cesser, au contraire La valeur d'un traitement ne saurait donc être appréciée sans tenir compte de ces influences
La prophylaxie se trouve ainsi éclairée : c est à 1 époque où le danger de propagation et d'intensité du mal est le mus accusé qu'il faut redoubler de précautions pour se mettre à l'abri. Les travaux d'assainissement et de terrassement, toujours susceptibles d'amener dans l'atmosphère des miasmes telluriques, surtout au voisinage des habitations ne doivent donc être exécutés qu en hiver ou au printemps, avant les grandes chaleurs. C'est au mépris de ces indications précises que le sol des rues de Pans n a iamais été plus fouillé et bouleversé en ete que dans ces dem ers temps au grand dommage de l'industrie et du Immerce autant qu'au péril des passants, des habitants
et£ assis— * vt ie r
exposé à contracter la fièvre typhoïde est celai que les Sunes gens passent sous les drapeaux, c es surtout du cftS de l'armée que ces efforts de la prophylaxie doivent ête dirigés. Et, comme c'est de même en été et en automne an'écYa eut les grandes épidémies dans les casernes et parmi S trfupeV agglomérées, l'hygiène et la dispersion sont égabment prefcrites a cette époque de l'année. (Acad. de méd., 23 novembre.)
rnntaaiosité Elle a été spécialement recherchée par le doct euTlSon dans sa circonscription médicale des Vosges comprenant vingt-sept petites communes d'une population S de îb O00ghabitants; Baccarat et Deneuvre - dont la populatn condensée de 7000 habitants ne perme pas d suivre avec certitude les traces du contage - ajant été exclues de ce recensement.
De 1870 à 1878 inclusivement, 21 communes ont été envahies par le fléau, en formant 49 foyers ou centres tyohoïdiques divisés en :
9 épidémies généralisées;
22 foyers circonscrits;
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totale, avec une mortalité de 124 ou I mort sur 10 malades.
Sur ces 49 centres typkoïdiques, la contagion a été manifeste dans 33 cas et moins évidente dans les 16 autres, quoique certaine pour l'auteur parce que c'étaient des cas de réapparition de la maladie, consécutifs à des foyers d'importation contagieuse antérieure, La contagion serait donc un des éléments constants de la genèse de la fièvre typhoïde.
Mais, en praticien éclairé, l'auteur est loin de n'admettre que cette seule cause. Il y réunit, au contraire, toutes les autres causes contingentes d'individualité, comme l'encombrement, les fatigues extrêmes, les chagrins profonds, la mauvaise alimentation, la détérioration organique, aussi bien que celle de laputridité et des conditions atmosphériques. D'où la division étiologique suivante montrant la fréquence prédominante et relative de ces différentes causes sur ces 49 foyers.
Contagion seule 19 cas.
Associée aux conditions individuelles et putrides 12
Conditions individuelles seules 8
Associées à la contagion et à la putridité 12
Putridité seule 9
Associée à la contagion et aux conditions individuelles. 40
Conditions atmosphériques seules 12
Oui, c'est bien ainsi que s'accumulent, se multiplient et s'ajoutent les causes de cette redoutable maladie, dans les campagnes, pour la produire et souvent en déterminer la terminaison fatale. Mais, la contagion en est certainement la première et la plus puissante, d'après cette savante et laborieuse enquête, et c'est contre elle que les populations rurales ont le plus à se prémunir. (Arch. de méd., janvier à mars.)
Taches bleues, ardoisées ou ombrées. Longtemps regardées comme l'un des caractères de la lièvre typhoïde, ces taches viennent d'être radicalement déchues de leur valeur symptomatique et réduites, par M. Duguet, à l'état de simple pou parasite. On peut s'étonner de cette déconvenue pyramidale, car, depuis plus d'un demi-siècle, ce prétendu signe, ce pou était l'objet de l'attention des plus célèbres observateurs. Monneret a signalé les taches bleues dans l'état bilieux, les fièvres typhoïdes légères et les fièvres synoques. Béhier
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affirme que les lâches bleues se rencontrent chez les individus atteints de fièvre typhoïde et coïncident avec les lésions intestinales. Pour Trousseau, elles sont l'indice d'une fièvre typhoïde à forme bénigne. Jaccoud les a signalées dans les fièvres intermittentes tierces.
En 1878, parurent les Nouvelles recherches sur les taches ombrées de M. Moursou, chirurgien de marine, qui, après neuf années d'observations et d'études sur plus de 250 cas de taches ombrées, en est arrivé à conclure qu'il a toujours trouvé, dans ces cas, des poux du pubis, et cela sous toutes les latitudes, non-seulement chez des malades atteints de fièvre typhoïde, mais encore chez les malades présentant les affections les plus diverses, telles que synoques, fièvres bilieuses, embarras gastriques, fièvres jaunes, pleurésies, pneumonies, diarrhées, dysenteries de Cochinchiue, et même dans des cas de blessures et de maladies vénériennes, et parfois chez des hommes bien portants. Inversement, il a vu chez la plupart des sujets atteints de poux du pubis, sinon tous, en les observant pendant une vingtaine de jours, apparaître des taches ombrées.
Il y aurait donc des sujets réfractaires à l'action de l'animal.
Bien persuadé qu'il existe une relation complète, absolue, entre les poux du pubis et la présence des taches bleues, l'auteur montre comment la distribution de ces taches sur les différentes parties du corps n'a pas lieu au hasard; il fait voir qu'elle répond à merveille aux chemins parcourus habituellement par les poux du pubis; ces chemins sont commandés par la direction générale des poils répandus à la surface du corps et qui tourbillonnent principalement autour de deux foyers principaux, l'aine et l'aisselle.
Ces détails précis sur la coïncidence des poux du pubis avec les taches ombrées constituaient donc bien la découverte de cette grossière erreur symptomatique. Mais on y fit à peine attention, ou ce fut pour en sourire. L'observation d'un homme inconnu ne pouvait être mise au-dessus de celle des plus grands cliniciens. Il fallut qu'un médecin des hôpitaux de Paris se convainquît de la réalité de cette découverte et la présentât sous une nouvelle forme, plus convaincante, pour lui donner le crédit qu'elle mérite. Voici donc le récit de M. Duguet :
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L'an dernier, dans mon service à l'hôpital Saint- Antoine, je pus observer, dans les huit derniers mois de l'année, onze à douze malades chez lesquels la coïncidence des taches bleues et des poux du pubis fut facile à constater.
Depuis le commencement de cette année, j'en ai observé quatorze nouveaux cas, dont j'ai pris note avec soin.
Frappé de cette coïncidence constante, j'eus la pensée que le phthirius devait introduire dans Je derme quelque chose de comparable à un venin et que, si je parvenais à introduire moi-même ce venin, je produirais les taches bleues à volonté, à moins de tomber sur des sujets réfractaires. De là l'idée d'insérer ou plutôt d'inoculer cette substance sous l'épiderme, à la manière du vaccin.
Ayant recueilli vingt-cinq poux du pubis, je les broyai, les pilai et en fis une pâtée étendue de deux gouttes d'eau pour la rendre moins sèche. En ayant chargé à sept reprises une lancette à vaccin, je fis successivement sept piqûres, six placées sur une ligne horizontale et une septième au-dessus, distantes les unes des autres de 3 à 4 centimètres, sur la région thoracique antérieure de mon treizième malade, immédiatement au-dessus de la région épigastrique. L'interne ne vit rien le soir, en dehors des piqûres faites le matin; mais le lendemain, à la visite, les élèves constataient avec moi sept taches bleues magnifiques, circulaires, larges de un centimètres et demi environ, légèrement déprimées, ayant à leur centre un petit point noirâtre surmontant une légère papule et résultant de mes piqûres de la veille; en un mot, sept taches bleues offrant absolument tous les caractères classiques. La différence du point central tenait sans doute à la grossièreté de l'instrument dont je m'étais servi, comparé à celui plus fin, plus délié, dont se sert l'animal pour introduire son venin par une piqûre qui reste invisible pour nous.
Ces taches ont été constatées le lendemain et le surlendemain par mes collègues Rigal et Beaumetz; les jours suivants, elles pâlirent, puis, s'éteignant peu à peu, finirent par disparaître au bout de dix jours.
La contre-épreuve fut faite, le lendemain de mes sept insertions, sur le même malade. Avec une lancette bien nettoyée et sèche, j'avais piqué la peau du thorax, sur une ligne horizontale un peu élevée, en sjx points différents. Je
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n'introduisis rien dans les piqûres, mais aussi je n'obtins rien qu'une petite papule surmontée d'un point noirâtre, résullat de la blessure faite par la lancette; je n'obtins rien, ni au bout de vingt-quatre heures, ni les jours suivants. C'était donc manifestement l'inoculation de la matière des poux qui avait produit les taches bleues dans les sept piqûres précédentes et non la maladie.
L'expérience confirmative en a été faite directement par M. Buret, externe. A deux reprises et à deux jours d'intervalle, il s'inocula le broiement de deux poux, sans addition d'eau, au bras et au poignet, et, douze heures après, il montrait de belles taches bleues, absolument semblables à celles des malades. Un autre externe, s'étant également inoculé, se montra pourtant réfractaire, comme pour expliquer que des malades peuvent avoir des poux sur le corps sans jamais présenter de taches bleues. Ce sont des réfractaires à la piqûre de l'animal ou du moins de son venin.
Ces animaux ont d'ailleurs été pris en flagrant délit d'insertion, en confirmation d'une expérience déjà signalée par M. Moursou. Un médecin de la marine, M. Coquiard, trouvant un jour un pou du pubis sur le ventre d'un malade, l'avait entouré d'un cercle de nitrate d'argent, et, vingtquatre heures après, le pou avait disparu, laissant, comme trace de son passage, une tache ombrée très nette.
Le troisième malade de M. Duguet, si infortuné dans la même rencontre, présentait, le lendemain de son entrée à l'hôpital, immédiatement au-dessus de l'ombilic, une belle tache bleue arrondie, large de un centimètre et demi, avec un magnifique phthirius inguinalis cramponné au centre. Immédiatement au-dessus de l'ombilic, le même malade présentait encore une tache bleue, ayant environ 3 centimètres de diamètre, irrégulièrement arrondie, composée sans doute de trois à quatre taches bleues primitives, mais fondues par leurs bords réunis, et sur le milieu de laquelle se trouvaient installés, à quelque distance les uns des autres, quatre poux du pubis également très adhérents a la peau du malade. Tout porte à croire que ces animaux étaient semblablement restés au centre des taches ombrées qu'ils venaient de produire.
La preuve inverse s'est offerte également, un matin, sur la face externe de la cuisse droite du quatorzième malade,
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atteint de fièvre éphémère, avec taches bleues péripubiennes très abondantes et accompagnement de nombreux poux du pubis. Ayant constaté la présence d'un phthirius inguinalis, arrêté dans sa promenade et fixé à la peau, je le laissai précieusement en place, l'entourant d'un cercle de nitrate d'argent, grand comme une pièce de cinq francs. Le lendemain, l'animal avait disparu; mais on trouvait, au centre du cercle, deux taches bleues côte à côte, larges de 5 à 6 millimètres, qui n'existaient point la veille et qui mirent sept à huit jours pour s'effacer complètement.
De là la preuve qu'il est possible de déterminer artificiellement des taches bleues ou ardoisées à volonté avec le pou du pubis, et que ce signe n'a pas d'autre valeur diagnostique que la présence de ces parasites. Elles n'ont donc aujourd'hui que cette indication restreinte et celle de l'emploi de l'onguent napolitain chez ces malades. (Revue méd., o juin.)
Forme rénale. Outre les signes locaux pouvant la déceler, les éruptions anormales, dans leur apparition, leur forme ou leur marche, peuvent en être l'indice et en annoncer la forme grave, comme M. Quinquaud l'avait prévu par ses analyses du sang et de l'urine. Je ne serais pas éloigné de penser, dit-il, que certains exanthèmes d'affections fébriles ne soient dominés par des troubles des fonctions rénales. Une observation rapportée par M. le docteur Amat, dans sa thèse inaugurale, en est la confirmation.
Un chaudronnier de vingt-trois ans, venu à Paris depuis deux mois, entre le 31 janvier à la clinique de la Charité, présentant tous les symptômes d'une fièvre typhoïde adynamique, notamment une profonde stupeur, avec une tache rosée sur l'abdomen. Dès le 2 février apparaissent quatre ou cinq taches rosées. Le lendemain, l'urine sanguinolente est rendue et de nombreuses taches rosées couvrent le ventre et la poitrine. Le 11 apparaît une éruption vésiculeuse cl papuleuse, avec un peu d'hémorrhagie interstitielle cutanée, représentée par des pustules blanches, très saillantes, au milieu d'une aréole rosée. Cet érythème s'étend le lendemain au ventre et aux bras par traînées; des nodosités furonculeuses se montrent aux fesses; puis l'abdomen se couvre de furoncles, le 22 février, qui envahissent bientôt
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toute la surrace cutanée, jusqu'à la mort, qui a lieu dans le coma, le 26 février, c'est-à-dire au vingt-septième jour de la maladie. *
L'autopsie révèle sur deux plaques de Peyer, au niveau du cœcum, deux ulcérations comme une pièce de cinquante ' centimes, à bords légèrement décollés et à fond gris jaunâtre coloré par les matières fécales. Ce sont les seules lésions rencontrées sur toute la longueur de l'intestin. La rate n'est ni tuméfiée ni ramollie : elle mesure environ cinq travers de doigt.
Mais, par contre, les reins sont augmentés de volume; le gauche est injecté. Les pyramides tranchent par leur coloration violette sur la substance corticale, dans laquelle les pyramides de Ferrein sont marquées par l'injection des veines interlobulaires. Les lésions rénales sont plus marcmées à droite, ou il existe une pyélite suraiguë; la membrane du bassinet, au lieu de présenter son aspect mince et nacré habituel, est épaissie, d'un blanc mat, couverte d une injection veineuse admirable.
Les capillaires de la muqueuse dessinent des mailles polygonales, émanant de points nodaux et se ramifiant autour d'eux La surface des papilles du rein, d'une part, et, de l'autre le tiers supérieur de l'uretère, sont remplis par la même injection. En pressant le sommet des pyramides de Malpigbi, on voit sortir par leurs pores urinifères une substance lactescente, analogue à du pus et a 1 enduit catarrhal qui recouvre le bassinet injecté. Il existe donc une propagation de la pyélite aux tubes droits de Bellim Iniection très intense des deux substances du rem, et, sur deux ou trois points, dans la direction des irradiations médullaires se voient des traînées de liquide purulent, placées au milieu d'un point de ramollissement rouge 11 existe donc non seulement une pyélite et une néphrite des tubes droits (néphrite catarrhale), mais encore une néphrite interstitielle avec points de suppuration. Le cerveau n est point altéré. (De la fièvre typhoïde à forme rénale, thèse inaugurale, Paris, 1878.)
Inflammation généralisée des muqueuses. Un seul l fait .a suffi à M. Gornil pour promulguer cette nouvelle doctrine que la fièvre typhoïde détermine le plus souvent, et poui
ainsi dire sur toutes les muqueuses des voies respiratoires el digestives, une véritable inllaramation catarrhale, consistant dans l'infiltration de leur tissu conjonctif. C'est le contraire des grands observateurs, comme Louis, qui n'érigeait jamais une règle, une toi que sur un grand nombre de faits.
Il s'agit d'un homme entré à l'hôpital le 12 mai, malade depuis près de trois semaines et présentant tous les caractères d'une fièvre typhoïde, accompagnée de nausées et de vomissements glaireux qui se répétaient chaque jour et durèrent jusqu'à la fin. La courbe de la température oscilla de 39°, 1 le matin à 40° le soir. Dans les derniers jours, il fut pris d'une pneumonie lobaire franche, pneumonie qui a caractérisé la dernière épidémie de fièvres typhoïdes et à laquelle il a succombé.
L'autopsie a démontré une pneumonie fibrineuse circonscrite au lobe inférieur. Comme lésions intestinales, trois plaques de Peyer seulement malades. Du côté de l'estomac, des lésions caractérisées par un épaississement du tissu conjonctif à sa partie terminale formant bourrelet, autour des glandes de l'estomac, ayant leurs dimensions normales. Au-dessous des culs-de-sac glandulaires, entre eux et la couche musculeuse de la muqueuse, vaisseaux congestionnés, remplis de sang, et infiltration de cellules lymphatiques. C'était une véritable gastrite, dans toute l'expression du mot.
La fièvre typhoïde ne serait donc pas seulement caractérisée par une lésion localisée sur l'intestin, mais bien généralisée sur la muqueuse des autres organes. (Soc. méd. des hôp., juin.)
Parotidite. Cette complication rare s'est montrée pendant la convalescence, comme elle le fait ordinairement, d'un jeune matelot de dix-huit ans, dans la clinique du professeur da Costa, à Philadelphie. C'est le troisième cas qu'il rencontre. Cbomel et Trousseau n'en ont chacun observé qu'un seul, et Murchison en rapporte seulement six. C'est donc une curiosité, tandis qu'elle est assez fréquente dans le typhus fever. Sur un total de cinquante malades observés en 1864- 1865, il en a signalé cinq cas. Différence attribuée à la tendance plus grande de la suppuration.
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Tous Les topiques résolutifs, jusqu'au vésicatoire, s'étant montrés à peu près sans efficacité pour diminuer la rougeur et le gonflement dans les cas précédents, un sac de glace a été appliqué dans celui-ci avec grand avantage. La glande a diminué immédiatement, et un vésicatoire a achevé la résolution. (Boston mcd. and sur g. journ., n° 15, avril.)
Ces topiques énergiques n'ont-ils pas le danger de provoquer une rétrocession sur le testicule? La fréquence et la gravité de cette rétrocession, observées chez les jeunes soldats en France , doivent au moins en pareil cas mettre les "praticiens sur la réserve.
Attaques épileptiformes symptomatiques. Un garçon de treize ans fut amené dans le service de M. J. Guyot, à la suite d'une attaque épileptiforme et dans le coma. Les renseignements recueillis apprennent qu'il avait toujours joui jusque-là d'une bonne santé. Rien n'avait pu faire soupçonner chez lui aucune disposition diathésique, lorsque, quelques jours avant l'attaque, il avait été pris de malaise et de diarrhée, ce qui, du reste, ne l'avait pas empêché de continuer a travailler et à faire les courses dont il était chargé. C'est pendant une de ces courses qu'il avait été atteint brusquement d'une attaque épileptiforme. Une deuxième altaaue s'était produite au moment de son entrée a Ihopitai. Le lendemain, à la visite, il était dans l'état comateux, avec contracture des membres supérieurs, raideur du cou, trismus et dilatation des pupilles. Il avait uriné dans son lit et n'avait plus d'urine dans la vessie; température à 38' . Le soir le coma persistait, la température était à 40». Le lendemain, c'est-à-dire quarante-huit heures après le premier accident, il succomba. . ..... , c
A l'autopsie, on ne trouva, qu'une simple injection des méninges; mais, en examinant les organes abdominaux, on ,onstata, dans la région-iléo escale, l'existence de plaques de Peyer dont le développement paraissait correspondre au quatrième jour de l'évolution dothiénenténque. (Soc. mol. des hopit., novembre 1879.)
Muguet. Cette complication rare, qui ne se manifeste ordinairement qu'à la fin des maladies longues et graves,
et comme l'expression d'une profonde débilité de l'organisme, a été observée au début de la fièvre lyphoïde épidémique qui a régné à Rouen en juillet et, août. Sur vingt-huit cas graves, observés en ville par le docteur Ch. Deshaycs, vingt-quatre ont présenté du muguet vers la fin du premier septénaire ou au début du second, alors que la fièvre était dans toute son intensité, avec une température de 39 à 40'. Tous ces malades étaient adultes, de dix-sept à cinquantesix ans, dans une aisance relative, et sans que la débilité puisse être admise comme cause productrice ni même prédisposante. L'apparition s'est faite sans rougeurs prémonitoires ni desquamation épitbéliale de la muqueuse. Le siège le plus fréquent était au voile du palais, sur les piliers antérieurs, sous forme de semis, et parfois toute la cavité buccale. Le borate de soude et le eblorate de potasse, simultanément administrés, ont suffi à le faire disparaître en trois ou quatre jours et la fièvre typhoïde n'en a été nullement aggravée. La mortalité a été de trois seulement, dont un seul cas avec muguet.
A quoi donc attribuer cette complication? Au génie épidémique seul. Deux médecins ont observé les mêmes particularités dans leur clientèle. Il se manifestait* simultanémenl aussi chez d'autres malades, non avec la même régularité et la même ténacité, mais éclatait spontanément parfois chez des enfants en apparence bien portants. Ce ne fut donc là qu'un épisode épidémique enté sur un autre, (Gaz. hebd., n° 43.)
I) ^infection des selles par l'administration du charbon. Outre l'inconvénient de l'odeur fétide des selles rendues par les typbiques, il y a danger que leur rétention, dans l'intestin malade, ne produise des accidents d'infection. Leur désinfection est donc toute rationnelle. Les sulfites et l'byposulfite de soude en particulier ont été employés à cet effet. Des lavements froids d'hyposulfite de soude suffisent, d'après M. Constantin Paul, à désinfecter les selles. Chomel administrait le chlorure de chaux. 1 à 2 grammes d'acide salicylique dans de l'eau de riz ont donné d'excellents résultats ii M. Guéneau de Mussy : les selles perdaient leur odeur nauséabonde.
Un médecin de la marine, M. Maurcl, préconise à eet effet
I gr. 30 à 2 grammes par jour de poudre de charbon.
II supprime ainsi l'odeur et croit éviter l'absorption des matières putrides.
Mais cette médication, employée par M. Bouchard depuis plusieurs années, n'a pas donné ces résultats, à aussi faible dose. Il administre la poudre de charbon par cuillerées à bouche toutes les trois heures dans un verre d'eau rougie. L'odeur fétide des selles disparaît alors rapidement. Aucune hémorrhagie intestinale n'est survenue par l'action topique des globules de charbon sur les plaques de Peyer, et, sur de nombreux cas traités de cette manière depuis deux mois, il n'y a eu que deux décès, malgré l'intensité de l'épidémie. Les lavements au permanganate de potasse, essayés par M. Gouraud, ont paru désinfecter aussi les garde-robes et combattre efficacement la tympanite. (Soc. méd. des hôp., février et mars.)
Action de Vacide phénique sur la température. Si l'on donne à un fébricitant, dit le professeur Desplats, en lavements, en boissons ou en injections sous-cutanées, 50 ou même 25 centigrammes d'acide phénique, un abaissement rapide de la température en résulte. Des injections et des lavages de la plèvre avec une solution phéniquôe ont été l'occasion de cette découverte. La température qui oscillait entre 39° et 4-0° s'abaissa à 37°, pendant trente-six heures, par suite d'une absorption d'un à deux grammes d'acide pnénique. Les typhiques et les tuberculeux, sans en éprouver des effets aussi persistants, présentent également cet abaissement thermique. Cinq observations en témoignent chez deux typhiques, un varioleux, unphthisique et une fièvre puerpérale. Un abaissement de plusieurs dixièmes en est constamment résulté dans ces cas.
Des différentes voies d'introduction, l'auteur donne la préférence aux lavements, en commençant par la dose de 1 o-ramme et même au dessous pour les adultes jusqu'à deux grammes au maximum, dissous dans 100 à 150 grammes d'eau- 15 à 30 centigrammes suffisent pour les enfants. L'administration en est indiquée par l'état de la fièvre. Un siphon a même été installé chez un sixième malade, atteint d'un fièvre rémittente, pour exercer une action continue. La quantité d'acide s'est élevée ainsi quotidiennement de o
à 12 grammes par jour sans inconvénient. Un typhique en a absorbé 113 grammes durant sa maladie et jusqu'à 91 grammes en onze jours. Mais ce ne sont pas là des exemples à imiter. (Acucl. de méd.,-8 septembre, et Gaz. hebd., n° 39.)
Bains continus. Aux bains froids intermittents de Brandt, dont justice a été faite, un autre médecin allemand, le docteur Reiss de Berlin, substitue les bains tièdes continus. Une réfrigération persistante lui semble plus efficace qu'une réfrigération transitoire et il soumet ses malades à une immersion continue en les suspendant ,• sur une espèce de bamac, dans un bain à 88° Fahr. Dès le début, il les y maintient pendant vingt-quatre heures, à moins que l'abaissement de la température soit trop grand et, dès le second jour, la règle est de ne l'en sortir que si la température rectale descend au-dessous de 99", 2 et de le réimmerser dès qu'elle s'élève à 101°, a. A l'exception de quelques cas, la température revient à l'état normal en douze ou vingt-quatre beures, mais elle remonte promptement, surtout au début, dès que les malades sortent du bain. De là la règle do mettre beaucoup moins d'intervalle entre les immersions au commencement de la fièvre qu'à la fin.
47 cas graves de fièvre typhoïde ont été traités de cette manière, du troisième au douzième jour de la maladie. Sur 42 des plus ressemblants, la durée du bain a varié entre sept et trente-huit jours, soit une moyenne de 18,2; 3 décès seulement sont survenus , soit une mortalité de 6,2 pour cent. La pneumonie en a causé 2, ce qui montre assez que cette méthode excentrique n'est pas exempte de dangers. Mais l'influence de ces bains continus a été si favorable sur les autres symptômes que l'auteur n'hésite pas à en recommander l'emploi. Le pouls est pourtant resté fréquent, contrastant avec l'abaissement de la température ; mais la somnolence, le délire et tous les accidents cérébraux ont cessé rapidement. Aucune complication intestinale ne s'est manifestée. (Lancet, 4 septembre.)
Ru admettant l'avantage de ce refroidissement continu, L'application de l'appareil de M. Dumontpallier serait beaucoup plus commode et supportable. Voy. Température.
Ventouses sèches. Sauf les cas dont la bénignité n'implique aucun traitement actif, lëdbcteur Huchard les emploie systématiquement contre les congestions qui se manifestenl chez la plupart des typhiques vers 1ns poumons, les Peins, l'intestin, le cerveau même. Par la dérivation sanguine quelles provoquent en activant la circulation ^ capillaire, elles libèrent d'autant les organes internes et l'on voit la stupeur diminuer, l'état général s'améliorer et la température s'abaisser. A cet effet, on les applique au nombre de 90 à 30 chaque jour, matin et soir, à la base de la poitrine sur le ventre et le haut des cuisses, en les laissant un quart d'heure en- place. Elles agissent dès lors comme un puissant stimulant et l'on comprend que l'on en retire de grands avantages, comme des faits nombreux, recueillis depuis deux ans, en sont la preuve. (Journ. de méd. et dur. prat., août.)
Salicyîate de soude. Donné à faible dose par le docteur Hallopeau dans 20 cas de fièvre typhoïde à l'hôpital Tenon il a constamment déterminé un abaissement notable de la température au niveau de la normale et qui se maintenait deux ou trois jours environ. Après un purgatif au calome , 2 grammes en sont administrés alternativement avec le sulfate de quinine. De là l'absence d'accidents, tels que la dyspnée, les congestions, les bémorrhagies. Il est même prudent de s'en abstenir dès que cette tendance se manifeste. A ces doses faibles et alternantes, il rend non seulement la fièvre plus' bénigne, mais plus courte et l'adynamie diminue manifestement par son emploi.
Des 20 malades ainsi traités, 3 seulement ont succombe , l'un à une perforation intestinale, l'autre à une pneumonie et le dernier à sa sortie de [l'hôpital. (Soc. méd. des hop., 13 août.)
Potion tonique. Devant la difficulté et l'impossibilité même parfois do se procurer des préparations pharmaceutiques dans la pratique rurale, le docteur Auger présent la boisson simplifiée suivante : Une tasse de café non dans une tasse d'eau avec quatre cuillerées à bouche de qmnquma et une à deux d'eau-de-vie, s'il y a adynam.e, et quanUté suffisante de sucre. A prendre par cuillerées a café d heure en heure. (Journ. de méd. et chir. prat.]
Mort subite. Dans une épidémie de fièvre typhoïde qui a sévi à Al-er l'hiver dernier, le docteur Marvaud constate que sur 90 malades entrés à l'hôpital du Dey, d'octobre 18/ J au mois de février suivant, 22 sont morts, soit un décès sur quatre. Les complications thoraciques précoces en turent un caractère distinctif pour expliquer cette mortalité. Dans 10 cas des concrétions fibrineuses, ayant tous les caractères de caillots formés pendant la vie, tarent rencontrées dans les cavités droites, avec des lésions pulmonaires très accusées. De là le rôle attribué à cette cause dans 4 cas de mort subite, laquelle peut se confondre avec la syncope, qui en est o-énéralement regardée comme la principale. " Un double enseignement ressort de ce fait : c'est de savoir si les lésions thoraciques ne provoquent pas la formation de ces concrétions fibrineuses dans les cavités droites et si dans les cas de mort subite, môme par syncope apparente, ces caillots fibrineux n'en sont pas la cause directe. (Archiv. de méd., août et septembre.)
Des altérations organiques et fonctionnelles de l'appareil auditif dans la fièvre typhoïde, par le docteur Hasseler, médecin stagiaire au Val-de-Grâce. Quarante et un malades observés dans le premier semestre de cette année prouvent que les bourdonnements d'oreilles et la dysécie sont la règle durant le premier septénaire, un fait encore fréquent dans les deux suivants, et une exception plus tard.
C'est une erreur de considérer l'apparition de la surdité comme d'un pronostic favorable ; l'otite externe se propage le plus souvent à l'oreille moyenne; elle peut être durable si le malade est faible, maladif, scrofuleux et disposé aux suppurations. La congestion du labyrinthe peut aussi s'ensuivre et même s'étendre des méninges au cerveau.
Les altérations fonctionnelles de l'oreille interne sont le plus fréquentes au début, quelle que soit la cause sanguine ou uerveuse qui les détermine. De là l'indication de combattre ces causes. Les gargarismes ouïes lavages du pharynx avec une éponge, pour empêcher les mucosités d'obstruer les trompes ou en combattre le catarrhe, sont surtout efficaces pour prévenir ces complications.
Essais d'urologie clinique dans la fièvre typhoïde, par le docteur A. Robin. Un vol. in-8° de 264 pages.