VI. Un homme de cinquante- trois ans entre à l'hôpital, le
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29 mars, avec de la toux, de l'amaigrissement, de la matité aux deux sommets du poumon en arrière, du tympanisme en avant, du gargouillement et de gros râles muqueux aux deux sommets, surtout à droite.
Le 12 avril, hémoptysie violente el subite. On fait une injection d'ergotine de 10 centigrammes. Mais les crachements de sang persistent, et, pendant la nuit suivante, une seconde hémoptysie, très abondante, amène la mort dans l'après-midi du 13.
L'ergotine ne pouvait avoir aucun effet dans ce cas, n'ayant pu être administrée qu'une fois, et l'on a vu qu'il fallait répéter l'injection deux ou trois fois pour réussir. D'autre part, la probabilité d'une lésion des ramifications de l'artère pulmonaire, fondée sur des hémorrhagies abondantes, survenant pour la première fois à vingt heures d'intervalle, chez un homme de cinquante-trois ans, présentant des cavernes à parois ramollies et friables, mettait ce cas tout à fait audessus des propriétés hémostatiques de ces injections.
En résumé, dans quatre cas d'hémoptysie intense et opiniâtre, chez des tuberculeux fort avancés, avec formation de cavernes, l'hémorrhagie s'est arrêtée après trois injections au plus. Dans un cas, l'ergotine, donnée à haute dose par la voie stomacale, est restée sans action; tandis que, en injection hypodermique et en très petite quantité, elle a produit un effet immédiat remarquable. Ce résultat est donc une indication positive de chercher à les provoquer. Restent à déterminer les conditions où cette pratique pourrait être plus nuisible qu'utile. A côté des indications, il y a à considérer les contre-indications. Des cas de gangrène ont été observés en saturant l'économie d'ergotine. (Voy. Injections.) C'est à déterminer l'opportunité ou L'inopportunité du moyen, d'après les résultats obtenus sur une plus grande échelle , qu'on devra s'attacher surtout désormais. {Gaz. des hop.)
Un succès semblable a été obtenu à l'Hôtel-Dieu de Toulouse, par le professeur Noguès, chez un homme de cinquante-deux ans, atteint de phthisie aiguë en novembre 1879. Il était depuis trois semaines à l'hôpital, avec une amélioration assez marquée pour qu'il songeât à sortir, lorsqu'une hémoptysie foudroyante a lieu. Un gramme d'ergotine en potion avec 30 grammes de sirop de ratanhia, la limonade sulfurique et la glace ne parviennent à suspendre le cra-
HÉMOPTYSIE
chement de sang que Je lendemain, et, vingt-quatre heures après, le crachement se renouvelle plus abondant. Une injection hypodermique est faite aussitôt sur le devant de la poitrine avec la solution suivante :
% Ergotine 2 grammes.
Glycérine 15
Eau distillée 20
Mêlez.
Les crachements de sang s'arrêtèrent immédiatement, et, quelques gorgées ayant paru le lendemain, une nouvelle injection les fit cesser définitivement. (Gaz. méd. de Toulouse.)
Hémoptysie parasitaire. Cette nouvelle espèce vient du Japon par l'entremise des médecins allemands, qui y pratiquent en maîtres. Le professeur Boelz a observé ainsi un crachement de sang précédé de toux chez des gens bien portants et qui ne deviennent nullement phthisiques après plusieurs années de ce crachement sanguin se renouvelant à divers intervalles.
Ces crachats sont d'un rouge sale caractéristique et très visqueux. Le sang les colore principalement, car ils sont pales parfois ; mais la présence d'organismes en est le caractère distinctif. Ce sont des corps ovoïdes, d'un jaune brun, de 13 millimètres de long sur 7 de large, dont la paroi transparente a 2 millimètres d'épaisseur. Il est rempli d'une gelée gluante, contenant 4 à 5 grumeaux incolores, d'un volume double des leucocytes et dont l'intérieur est en mouvement constant. D'autres corps semblables, infiniment plus petits et sans mouvements appréciables, forment la plus grande partie de ces crachats, que l'auteur assimile aux psorospermes rencontrés dans l'intestin et le foie de la souris et du lapin par Waldenburg et Eimer. Or, ces psorospermes n'étant qu'une phase du développement des iré-arines, celle-ci serait donc le parasite de cette nouvelle hémoptysie, dont 19 exemples ont déjà été observés exclusivement sur des hommes, la plupart de quinze à vinst cinq ans. 12 ont été ainsi rencontrés l'année dernière D'où la présomption que l'expectoration de ces crachats sangui
310 HÉMORMAGIES
nolents est, très fréquente parmi les Japonais. (Centra Iblutl fur die medic. Wîssenseh., n" 39.)
HÉMORKIIAGIES. Eau chaude. Frappé des bons résultats obtenus par les injections d'eau ebaude contre les métrorrhagies, le docteur P. Brown en a étendu l'usage aux hémorrhagies en nappe, consécutives à l'application de la bande d'Esmarcb dans les opérations. Au lieu des applications de glace, ou d'une éponge imbibée sur la plaie, recommandée par M. Nicaise, des courants induits, ou de la compression digitale de l'artère principale, parfois inapplicables ou impuissants, il applique de l'eau bouillante à la température brûlante de 71° C. ou 160° Fabr. Il dit en avoir obtenu de bons effets, mais c'est évidemment en rubéfiant les chairs. (Philad. med. Times, août 1879.)
Hémorrhagies utérines. La solution Yvon est titrée de façon qu'un centimètre cube représente exactement un gramme d'ergot en poids. C'est aussi la dose d'une injection ordinaire.
On les multiplie jusqu'à deux, trois et même quatre, dans les cas d'inertie utérine et d'bémorrbagie coïncidante.
Dans son service de la Maternité, M. Lucas-Championnière les emploie comme un adjuvant souvent nécessaire, selon le mode déjà préconisé et consistant à comprimer l'utérus entre la main sur l'abdomen et un petit tampon placé sur le col; il en résulte une excitation directe du tissu utérin, déjà préparé et rendu irritable par les injections sous-cutanées d'ergotine.
L'administration de l'alcool, sous une forme quelconque, lui paraît favoriser aussi l'action de l'ergotine. Il administre ainsi une ou deux cuillerées d'eau-de-vie, rhum ou kirsch S'il s'agit d'une femme en danger, épuisée et incapable de déglutition, il ajoute une ou plusieurs injections d'alcool intercurremment à celles d'ergotine.
Les avantages de cette médication hypodermique sur la voie gastrique sont considérables. Ces injections peuvent être faites sans le consentement et même sans la connaissance de la patiente. C'est ainsi qu'avant toute grande opération obstétricale, nécessitant l'anesthésie complète, une
HÉMORRHAGIES 311
injection sous-cutanée d'ergotine est toujours faite après la délivrance. Au lieu de hâter le réveil de la malade pour lui faire avaler l'ergot ou l'alcool, on fait ces injections sans la bouger ni la remuer, et elle peut dormir jusqu'au réveil naturel, assuré que l'on est que l'utérus se contracte régulièrement. Aussi les opérées sont-elles reportées dans leur lit, après injection vaginale phéniquée, après injections souscutanées d'ergotine, bien pansées et préparées au repos, sans pouvoir se douter qu'elles ont accouché et encore moins qu'elles ont subi une intervention laborieuse.
C'est aussi un grand avantage pour les femmes non endormies, qui ont perdu du sang, de ne pas avoir à les remuer pour administrer un paquet d'ergot. Aussi bien observe-t-on moins souvent des coliques utérines après ces injections. Peut-être est-ce parce qu'il est ainsi plus facile de doser 1 ergotine. (Considérations sur le traitement des hémorrhagies post-puerpérales et en particulier sur les injections d'ergotine, thèse inaugurale, par le docteur P Hubert Paris, 1879.)
Suppositoires d'ergotine. Employés par M. Dujardin-Beaumetz dans deux cas de métrorrhagies symptomatiques de fibromes utérins, ils ont fait cesser l'écoulement du san<* comme dans le cas d'hémorrhoïdes, après deux ou trois . applications. Ils provoquent parfois une sensation de brûlure en raison de la sensibilité du rectum. En voici la 1 or mule :
% Ergotine 0 M
Beurre de cacao 5 „
Pour un suppositoire.
Ces topiques sont donc destinés à remplacer les in jections hypodermiques, dans un certain nombre de cas. (Soc de thérap. , juin.) ^ e
mtrite dompte. L'inhalation de cinq gouttes contre „„P bémorrhagxe postpartum, par le docteur Ker, «ra?mmé^
arrêta I hémorrhagie. L'action dilatatrice de cet agent sur le* vaxsseau, du cerveau et son action stimulante* u/ï
312 HEilMES
cœur paraissent avoir produit cet heureux effet. {British med. journal, novembre 1879.)
HERNIES. Une loi tend aujourd'hui à s'établir parmi les chirurgiens : c'est de ne jamais quitter un malade atteint de hernie étranglée avant qu'elle ne soit réduite ou opérée, c'est-à-dire rentrée. Ce précepte, posé par M. Gosselin, l'un des premiers, est rappelé par M. Polaillon à l'occasion d'un étrangement herniaire suivi d'anus contre nature, de gan- *rèneDd'un pied et d'aphasie, observé par le docteur Mignot (de Chantelle). L'expectation est ainsi la source des plus graves accidents et même de la mort. Un décidément hâtif, surtout avec les précautions de la méthode antiseptique, offre aujourd'hui beaucoup moins de dangers. (Acad. de mèd., octobre.)
Chaque jour, ce précepte reçoit la confirmation de sa iustesse. Une hernie crurale mal contenue s'étrangle un soir chez une femme de cinquante-deux ans. Appelé le lendemain, 8 avril, le docteur Guillaume fait inutilement le taxis et la douleur locale s'étant calmée, les accidents généraux étant presque nuls, il différa l'opération, pensant qu'il s'agissait d'une hernie épiploïque. Toujours la tempo-
L'état reste stationnaire jusqu'au 12, et un vomissement survient dans la nuit du 13. Un purgatif donné le endemam reste sans effet, et dès lors on fait la kélotomie le 16, en employant le procédé de Lister, moins la pulvérisation Une £TntestinPale de 8 centimètres de long était étomg ee £ une perforation intestinale se produisit. Le danger ttait ^nd mais le chirurgien fit l'avivement et une suture au caWt enduisit le tout. Heureusement, le cours desmatiefsfe rétablit sans accident, et la malade était guérie bu, ours après- mais il est évident qu'elle avait couru les plus g^ands'dan'gers par la temporisation même du chirurgien. (Soc. de chir., 28 juillet.)
. t ,i -,r.i i la nression au-dessus de la hernie avec Taxis abdominal. A.I& piessiou du u vomnlarant le
Hp, sacs de Plomb et à l'inversion du corps lemplaçant le taxis le docte ui Henrot ajoute un troisième moyen, consisa^nunf &î de maîUon ou ^e^ j i a™;™ Ho la hernie. Ce procédé lui a réussi ucuu nage de la région cie la neunc. w t
les deux cas suivants :
HERNIES 313
Femme de soixante ans; hernie étranglée avec cordes, allant des parties profondes de l'abdomen à l'orifice péritonéal de la hernie; insuccès du taxis méthodique ordinaire pendant douze ou quinze minutes; réduction rapide parla pression brusque exercée immédiatement au-dessus de l'arcade crurale à l'aide des doigts.
Etranglement interne, instantané, chez une femme de vingt-sept ans. Douleurs abdominales, besoin d'aller à la selle, sans possibilité de rendre des matières ni des gaz ; vomissements fécaloïdes, sueurs froides, menaces de syn- |cope; tumeur dure, irrégulière, bosselée, remontant au-
1 dessus de l'ombilic. Malaxation de l'abdomen pendant ; quatre ou cinq minutes; disparition de la tumeur et des t accidents.
On peut d'ailleurs combiner ce taxis abdominal au taxis ! ordinaire, et cette malaxation de l'abdomen permettra de .détruire l'obstacle, suivant M. Ollier, quand la cause de d'étranglement n'est pas connue. Mais il ne faut l'employer ! que dans les hernies récentes, lorsque l'intestin ne peut encore être lésé. (Assoc. française, août.)
Cure radicale. Voy. Injections.
Injections d'alcool. Quatre cas de hernie inguinale ont été soumis à ce moyen pour la cure radicale par le docteur Perez Ortiz, cbirurgien-major à Madrid.
I. Le premier était une hernie gauche datant de cinq mois. Deux injections furent pratiquées, le 21 novembre 1878, avec
2 grammes d'alcool à 30 degrés, dont l'une pénétra dans le canal inguinal et l'autre au pourtour de l'anneau et dans les mailles du tissu conjonctif environnant. Le malade accusa de légères douleurs; on lui conseilla de garder le décubitus dorsal, et l'on plaça sur la région inguinale des compresses triangulaires, assujetties par un spica et soutenues à l'aide de la main pendant les efforts de défécation ou de miction.
Le 24, en enlevant le bandage, on constata une inflammation modérée au siège de l'opération, avec légère doueur à la pression. Le même appareil est remis en place et inlevé seulement le 30 novembre; à ce moment, on s'assura par les moyens ordinaires que la hernie était parfaitement réduite. Par précaution, un brayer est appliqué, et le
GARNIER. TVI jc
HERNIES
malade sortit le 20 décembre de l'hôpital de Saragosse, complètement guéri.
II. Hernie droite, plus grosse qu'un œuf de poule. Le 28 décembre, on fit une injection avec 2 grammes d'alcool dans l'intérieur du canal inguinal, et l'on plaça le bandage comme dans le cas précédent.
Le 1er janvier, la hernie était réduite; mais, pendant les ell'orts de toux, elle paraissait vouloir se reproduire. Deux nouvelles injections d'alcool sont faites aussitôt, de 2 grammes chacune, la première dans l'intérieur du canal et la seconde au pourtour de l'anneau. Le 3, l'inflammation était assez considérable; mais le malade était sans fièvre et avait bon appétit. Le 12, la pblegmasie locale avait disparu; mais pendant la toux on sentait une pointe de hernie au niveau de l'anneau inguinal, où Ton fit une nouvelle injection, suivie de l'application du spica. Le ier février, la hernie était complètement guérie et le malade recevait son exeat.
III. Hernie gauche. Injections avec 2 grammes d'alcool dans le siège occupé par les organes déplacés; il survint une inflammation très modérée, et la hernie parut bien contenue. Mais le 1er janvier, en faisant tousser la malade, on. la vit se reproduire. On fit une seconde injection aveçj 2 gram. 50 d'alcool à 35°, on appliqua le bandage accou^i tumé, et le 19 du même mois le sujet sortit guéri.
IV. Enfin, dans le quatrième cas, il ne survint de notable que la formation d'un petit abcès à la suite de l'injection. (Siglo med. et Gaz. des se. méd. de Montpellier.)
Ces observations ne sont rien moins que concluantes quant à la guérison radicale. La tendance à la récidive, témoignée dans ces cas, montre que les opérés n'ont pas été suivis un assez long temps pour être certain que la hernie ne sere* produira pas. Elles confirment simplement l'innocuité de ces injections.
Laparotomie. Cette redoutable opération a été employée avec succès à l'hôpital Beaujon sur un enfant de quatorze ans présentant des vomissements et de la fièvre depuis près de quarante-huit heures. Les internes avaient constaté, à la visite du soir, la présence d'une tumeur dans la région inguinale, et, diagnostiquant une hernie étranglée, ils firent la réduction séance tenante. Mais les accidents ne se calmé-
HERNIES
rent point. Appelé à neuf heures du soir, M. Blum trouva le canal inguinal absolument libre; la persistance des vomissements fécaloïdes et l'absence de selles donnaient à penser que l'obstacle au cours des matières persistait toujours. Il fallait donc intervenir rapidement. Le chirurgien n'hésita pas à pratiquer la laparotomie pour lever l'étranglement interne , s'il en existait un. Une incision de 8 centimètres fut faite au-dessous de l'ombilic, le long de la ligne blanche: les intestins étaient rouges et enflammés; la péritonite manifeste. En explorant la cavité abdominale, M. Blum découvrit une anse d'intestin engagée dans l'anneau inguinal interne ; il tirailla sur une bride qui la retenait fixée à l'anneau, et parvint à réduire l'anse. Il referma ensuite la cavité abdominale.
Le soir même, les vomissements cessèrent; le lendemain survint une fièvre vive qui ne dura que vingt-quatre heures. Au bout de huit jours, le malade pouvait être considéré comme guéri. Ce beau résultat a été obtenu sans pansement de Lister. (Soc. clechir., décembre 1879.)
Hernies irréductibles anciennes. Contre-indication du taxis. Leur irréductibilité en indiquant ces adhérences anciennes entre l'intestin et le sac et surtout la constatation de ces adhérences sont des contre-indications formelles du taxis, en cas d'étranglement, d'après M. Bourguet, d'Aix, dont la compétence est très grande à ce sujet. Il conseille de recourir de suite à la kélotomie, car le taxis forcé et prolongé ne peut qu'augmenter l'inflammation de la poche, en diminuant les chances de guérison. Mais comment distinguer et reconnaître les adhérences, si l'on n'exerce le taxis ? La règle est donc de ne pas y insister.
Reste à savoir s'il convient, après l'ouverture du sac, de disséquer les adhérences pour réduire l'intestin ou réduire en masse. M. Le Dentu préfère ce dernier procédé, tandis que iM. Terrier ne craint pas de répandre du sang à cet effet, dans le péritoine surtout, si les adhérences sont anciennes. (Snc. de chir., juillet.)
Hernies propérltonéales. C'est la variété en bissac des anciens auteurs, appelée ainsi en raison de sa configuration en sac double, l'un externe, l'autre interne, et réunis
HERNIES
par un canal très étroit. M. Parise, de Lille, l'a appelée intra-iliaque, et Birkett, de Londres, intra-pariétale. Le professeur Kronlein, de Berlin, en en constatant récemment et j pour la première fois un exemple sur le vivant, chez un j garçon de vingt-deux ans, s'étant assuré que la hernie était i située au devant du péritoine, en arrière de la paroi abdominale, a cru devoir lui donner ce nouveau nom, pour indiquer ses rapports anatomiques. Cette nouvelle dénomination a surtout l'avantage d'indiquer l'irréductibilité absolue de la hernie, c'est-à-dire sa gravité si exceptionnelle que tous les cas, opérés ou non, ont été jusqu'ici < constamment mortels, par le défaut même de diagnostic exact des rapports de l'intestin herniéavec le péritoine.
Sa production est heureusement fort rare. Streubel, il y 1 a seize ans, n'avait pu en réunir que 14 observations avecH autopsies dans sa monographie des fausses réductions de I hernies. 9 autres faits en ont été publiés depuis, ce qui, 1 avec l'observation personnelle de l'auteur, forme un total» de 24 observations, dont le résumé sert de base à une étude d'ensemble sur cette grave variété.
A la seule exception de la hernie crurale de ce genre observée par Teissier sur une femme de trente ans, en 1834, 1 tous les autres cas étaient des hernies inguinales, dont unem seule chez la femme. L'âge des 22 hommes atteints variait* de trente à quarante, le plus jeune ayant dix-neuf ans etl le plus vieux soixante-treize.
Le siège, indiqué dans 20 cas, était 13 fois à droite et! 7 fois à gauche. La hernie était congénitale chez 15 indi-J vidus et accompagnée chez 9 d'une descente incomplète du testicule correspondant, notamment chez le sujet observé I par l'auteur. Dans un cas même, l'autre testicule était \ absent du côté sain. La castration, proposée dans ces der-| nières années contre l'ectopie testiculaire, ne doit donc êtrel pratiquée qu'avec réserve dans ces cas exceptionnels où l'on j pourrait léser l'intestin. (Voy. Castration.) Les plus grandes précautions doivent surtout être prises à droite, dont le testicule descend le dernier et dont le conduit ne s'oblitère j souvent que plusieurs années après la naissance, d'après les I recherches de Wernher. {LangenbecK s archiv.)
Dans 21 cas, ces hernies étaient étranglées, les deux autres ayant été constatées fortuitement, et, dans aucun, le dia-
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gnostic ne fui exactement porté, que la réduction apparente ait été obtenue ou non, avec cessation ou persistance des accidents. Un simple étranglement inguinal fut diagnostiqué dans lb cas et l'étranglement interne dans 6. La kélotomie a été pratiquée 17 fois, et l'on s'en est abstenu dans les 4 autres cas, par suite de la réduction apparente; mais dans aucun cas celle-ci n'était réelle. Elle a donc pu passer inaperçue dans des cas où l'opération n'a pas été faite ni l'autopsie après la mort.
Tout hypothétique que soit encore le mode de formation de ces hernies, il est discuté avec profusion, car là n'est pas l'important dès qu'elles existent. Le diagnostic en est bien plus utile pour les reconnaître et y remédier. Les symptômes en sont si variables, qu'ils ne se distinguent guère le plus souvent de la hernie ordinaire. La forme en est le plus distinct à la; palpation. Elle repousse la paroi abdominale en avant, au-dessus du ligament de Poupart, et la poche interne est couchée immédiatement en arrière de la paroi et au-dessus du ligament de Fallope ou bien dans la fosse iliaque. Une tumeur propéritonéale lisse, arrondie, diminuant à la pression ou disparaissant si elle n'est pas étranglée, mais très douloureuse si elle Test, ne sont donc guère des signes différentiels propres à la caractériser. Le doigt introduit dans le vagin ou le rectum et percevant le sac postérieur, quand il est plongé dans la cavité du petit bassin, serait un signe bien plus sûr.
En raison de ses fréquentes anomalies, le testicule correspondant doit être consulté dans son siège et son état, pour aider au diagnostic, comme la tension pénible de la région inguinale, des douleurs dans le scrotum, alors que la hernie n'est pas étranglée. La marche lente de l'étranglement, ses accidenls subaigus, que le sac inguinal soit ou non vide d'intestin, doivent aussi éveiller l'attention. La vacuité du sac ou la présence d'une sérosité limpide lorsqu'il est découvert sont aussi des présomptions. L'écoulement subit d'une grande quantité de liquide par le débridement, ou son agrandissement avec le doigt, est d'une valeur presque patbognomonique. Lehmann l'a observé trois fois, et il l'a été aussi deux fois par Teissier et Kronlein.
Le point essentiel est de savoir, à ce moment suprême, si l'on réduit en effet l'intestin dans la. cavité abdominale ou