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roaine est ainsi plus vive et exquise eu été qu'en hiver. Gubler a maintes fois montré à sa clinique de l'hôpital Beaujon, chez des cholériques algides et anesthésiques dont la peau était absolument insensible aux piqûres d'épingle, qu'il suffisait d'appliquer un sinapisme pour la rendre sensible aussitôt dans l'aire limitée de la tache rouge produite par ce sinapisme. La même insensibilité, marquée et dessinée d'avance à la peau froide, sèche et pâle des saturnins, disparaissait de même par une friction rapide sur les avantbras avec la paume de la main. (Journ. de thérap., avril, n° 8.)
En réalité, c'est donc simplement par l'hyperémie cutanée produite par ces excitants et l'activité de la circulation en résultant, manifestes par la rougeur et l'élévation locale de la température, que l'anesthésie disparaît momentanément. Son retour immédiat en est la preuve. La pilocarpine n'agit pas autrement en provoquant la sudation. Ce serait donc une erreur de croire à l'action esthésiogène de ces agents et d'en faire une classe à part avec l'électricité, les aimants, la métallothérapie, dont l'action paraît toute différente ; par conséquent, ce serait aussi une erreur égale d'attribuer exclusivement l'anesthésie au système nerveux.
Contre cette interprétation, M. Grasset revient longuement sur l'observation de son malade, dont il analyse les moindres détails avec une prolixité incomparable — Basile étant un vrai sujet d'expérimentation à cet égard. A l'appui de l'action esthésiogène du vésicatoire et de la pilocarpine, il montre la sensibilité ne revenant que lentement, successivement, sous leur influence, à des distances et dans une étendue variables, et après un temps plus ou moins long, sans partir régulièrement du point irrité. L'action du vésicatoire est ainsi étudiée sur chaque membre séparément, comme celle de la pilocarpine, sur le tronc, le cou et la face. Elle n'est donc, pour lui, ni simple ni locale; d'autant moins que le vomissement, un purgatif, des sueurs ou une secousse quelconque suffisent à ramener la sensibilité et l'entretenir quand elle tend à disparaître spontanément. Le retour irrégulier de l'anesthésie, sans parallélisme avec la distribution des nerfs ni de la marche de la sensibilité, lui en offre une nouvelle preuve. Et il persiste ainsi dans sa première opinion.
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Qui ne voit, dans ces irrégularités du retour artificiel de la sensibilité et de sa disparition alternative, un effet ordinaire du trouble profond de la vitalité de l'innervation des tissus et des organes anestbésiés? Vouloir juger de leur rôle comme dans l'état physiologique et normal et interpréter leurs manifestations thérapeutiques à ce point de vue est illogique. La preuve que le résultat est proportionné au degré d'excitation, d'irritation produite, c'est que le sinapisme appliqué expérimentalement sur l'avant-bras, le 9 février, a eu moins d'action sur la sensibilité que le' vésicatoire appliqué sur Je bras le 5 avril suivant. Celui-ci la ramena jusque dans l'épaule et sur le côté correspondant de la face, ce que le premier n'avait pas produit. Tout est donc instable et variable, transitoire dans ces manifestations morbides. Elles ne se répètent jamais d'une manière uniforme comme à l'état normal.
L'effet temporaire et passager de ces moyens montre encore leur action commune. Car il résulte de ces nouvelles expérimentations que le vésicatoire n'a pas d'action durable. Elle semble même diminuer, s'user en se répétant. Elle n a donc rien de spécifique ni d'esthésiogène sur le système nerveux. (Idem, juillet, n° 14.)
La preuve des différences existant à ce sujet est la découverte des propriétés esthésiogènes de certains bois appliqués sur la peau par M. Jourdanis. Il a emplové aussi, comme Hughes Bennett l'avait fait dès 1878, des plaques de bois au heu de métaux, et il en a obtenu des effets analogues D'où Je nom de xylothérapie pour désigner cette méthode et la distinguer de la métallothérapie.
Tous les bois n'agissent pas avec la même intensité. Au point de vue de l'efficacité de leur action, on les classe dans J ordre suivant : quinquina, thuya, bois de rose, aca- |ou petit pin, noyer, érable, pommier. On n'obtient aucun fettet sensible, au contraire, avec le peuplier, le frêne Je palissandre et le sycomore. Le marbre ou une pierre nu'elbnque employés de la même manière, ne donnent aucun tsultat. Ce n es donc pas un simple effet de pression ni de -^'rature, puisque tous les bois n'agissent pas de même.
ailleurs, 1 auteur n'a obtenu dans aucun cas, avec ses Jaques de bois, les phénomènes de transfert produits par es métaux. La peau devient rouge, et les piqûres faites au
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paravant pour constater l'anesthêsie s'entourent d'une aréole érythémateuse et laissent parfois écouler un peu de sang. En moins de dix minutes, La sensibilité cutanée se généralise, mais d'une manière très fugace et beaucoup moins durable qu'avec les autres esthésiogènes.
On peut donc ne voir là qu'une action légèrement excitante, sans rien de semblable aux courants électriques résultant de l'emploi des métaux impurs. H. Bennett n'y voyait qu'un effet de l'imagination ; mais la vascularisation de la peau, la rougeur, l'écoulement sanguin en sont le démenti.
Ces pbénomènes estbésiogènes des bois sont expliqués par le docteur Sonnes par les propriétés électriques dont jouit la cellulose ainsi que les résines qu'ils contiennent Le collodion et un certain nombre de résines ont en eilet ramené la sensibilité chez plusieurs malades anestbésiques, d'après M. Dujardin-Beaumetz. (Soc. de thérap., octobre.)
Une hypothèse toute différente a été émise par le processeur Schiff, en se fondant sur ce fait physique incontestable nue tous les corps sont animés de vibrations moléculaires continues et transmissibles ; ces différents corps n agiraient qu'en produisant des vibrations moléculaires très rapides en Apport avec le mouvement vibratoire moléculaire du système nerveux. Ces vibrations variant pour chaque substance et suivant l'appareil nerveux de chaque individu, on corn- i prend l'affinité de celui-ci pour tel corps ou tel métal.
M Mageiorani a confirmé en quelque sorte ceUe théorie! en interposant entre le mêlai et la peau une lame decaoutj chouc ou plusieurs épaisseurs d'une étoffe de soie. Les effet* oMenus ont été les mêmes qu'avec l'eau chaude ou a laine surchauffée. L'absence de courants électriques chez diverses hystériques, très influencées par des plaques d'or ou de zm tend de plus à infirmer l'action de ceux-ci. Chez km hydriques non anestbésiques, le bras ayant été introduit Sans la caisse d'harmonie d'un instrument, des fourni 1 ements et de l'algidité se sont produits, comme les effets des votions du diapason. L'imminence d'une attaque convul- I v a obligé deP suspendre l'expérience, les phénomènes étant les mêmes qu'au début d'une crise hystérique provoauée par Te bruit du diapason. D'autre part, la sensibilité TÂ Amenée chez une femme "sthé.que p«r na aimant placé à 6 mètres de distance et dont le pôle sud
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reliait par un lil de zinc à un gobelet de ce métal, tenu par la malade et isolé de sa peau par une étoffe de soie. Aucune modification ne se produisit avant la fixation de ce fil, tandis qu'en le fixant au gobelet, à l'insu de la malade, elle accusa, un quart d'heure après, la réapparition progressive de la sensibilité. Delà le discrédit de l'action directe des courants électriques. (Idem, 28 juillet.)
Hémianesthésies paralytiques. Efficacité des aimants. Les succès obtenus par M. Cbarcot contre l'hémianesthésie de cause organique par la métallothérapie (Voy. année 1877) ont incité 11. Debove à renouveler ces applications. Un homme de trente-cinq ans est atteint d'une attaque d'apoplexie dont la cause n'a pu être bien définie. Apporté sans connaissance à l'hôpital, il ne revient à lui que le lendemain matin. On constate une hémiplégie incomplète rendant impossible la marche et la station debout; il y a en même temps insensibilité à la douleur de tout le côté gauche, anesthésie de la conjonctive et de la rétine, certaines couleurs ne pouvant être perçues. On met alors un aimant au contact du bras gauche; vingt minutes après, la sensibilité cutanée commence à revenir, puis la perception des couleurs et la force augmente rapidement dans le côté gauche. Une heure après environ , le malade peut marcher sans appui avec facilité, tout en boitant. Se trouvant guéri le lendemain, il demande son exeat et sort de l'Hôtel- Dieu.
Une femme de soixante-deux ans, après une attaque d'apoplexie, était atteinte d'une anesthésie complète de la moitié droite du corps, y compris les organes des sens, avec contracture des membres supérieur et inférieur, mouvements choréiques, c'est-à-dire d'hémichorée post-hémiplégique. La force était aussi beaucoup diminuée. L'application d'un aimant sur le bras droit amena en une heure la disparition complète de l'insensibilité, de la contracture, de la chorée et de la paralysie. Il y eut une rechute quelques jours après; mais une nouvelle application de l'aimant donna un résultat durable.
Ce résultat fut beaucoup plus lent chez un homme atteint d liémianesthésie gauche, avec hémiplégie, produite probablement par une tumeur cérébrale d'origine syphilitique
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Il fallut des applications fréquemment répétées sur différents points pour la disparition complète de la paralysie et de l'insensibilité.
Dans un autre cas semblable, d'origine saturnine, l'action n'était que temporaire. Une application de l'aimant pendant vingt-quatre heures consécutives la rendit seule durable, et la guérison fut complète en renouvelant cette application pendant une heure les jours suivants.
Dans aucun de ces cas, le phénomène de transfert ne s'est produit, contrairement à ce qui s'observe dans les maladies purement nerveuses. Mais un accident sérieux et même très pénible pour les malades s'est manifesté : c'est une céphalalgie très intense se prolongeant après le rétablissement du mouvement.
De tous les procédés esthésiogènes, l'aimant étant le plus commode et le plus sûr, M. Debove l'emploie de la manière suivante. Un aimant de 2b à 30 kilogrammes est placé sur une table, et le membre malade disposé à quelques millimètres des pôles. La durée de cette application peut être prolongée et répétée à volonté, en faisant porter successivement l'action esthésiogène sur les différents points insensibles. L'emploi de ce moyen nouveau n'a donc rien de difficile, mais son action ne s'exerce que sur l'insensibilité, l'anesthésie. Les paralysies exclusivement motrices y sont absolument réfractaires.
Le même résultat a été obtenu à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. Moutard-Martin, sur un placier de cinquantesept ans ayant eu une première attaque apoplectique avec hémiplégie gauche deux ans auparavant. Le 3 septembre dernier, tout le côté gauche est immobile, langue comprise, avec insensibilité complète. La vue, l'odorat comme le tact sont absolument abolis de ce côté. Dès le lendemain, une première application d'aimants sur la jambe et la cuisse o-auches, fixés à l'aide d'une bande, amènent, après deux heures et demie, des fourmillements, des douleurs et des crampes légères. Et ces phénomènes s'accroissent tellement que le malade en éprouve de violentes palpitations. Il enlève les aimants et tout rentre dans l'ordre.
Même expérience le lendemain matin et même résultat en douze à quinze minutes. La partie externe du membre inférieur, en contact avec l'aimant, est plus sensible que la
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partie interne. Les pincements de la jambe provoquent des contractions réflexes du côté opposé, de même que dans le bras.
Promenés ainsi sur les divers endroits du côté paralysé, les aimants y ramènent si bien la sensibilité et le mouvement que, dès le 12 septembre, le malade marche seul et sans appui. Il quitte l'hôpital le 44. (Revue méd., décembre.)
Un succès semblable a été obtenu parle docteur C. Paul, à l'hôpital Lariboisière, chez un peintre en bâtiments, saturnin, sans trace de syphilis ni d'alcoolisme. Hémiânesthésie complète du côté droit, avec contracture de la main et perte absolue de toute sensibilité du membre. Le 24 janvier 1879, quatre plaques d'or sont appliquées sur l'avantbras. Le soir, à la contre-visite, la sensibilité est revenue partout et sans transfert. Le lendemain, non seulement la sensibilité recouvrée la veille persiste, mais la contracture des doigts et du poignet n'existe plus. Il ouvre la main étend le poignet et donne au dynamomètre 3o kilogrammes à droite (côté paralysé la veille) et 40 kilogrammes à gauche. Seulement if serre à droite le dynamomètre avec un tremblement très marqué. Les plaques restent appliquées encore deux ou trois jours et sont enlevées ensuite, l'amélioration persistant. Jusqu'au 27 février, c'est-à-dire pendant un mois, la sensibilité s'est toujours maintenue et la contracture ne s'est pas reproduite. Mais des accidents urémiques étant survenus avec une dyspnée extrême, le malade succomba quinze jours après, en conservant jusqu'au dernier moment l'intégrité rétablie des fonctions de son côté droit.
L'autopsie, faite avec grand soin, ne révéla aucune lésion dans le cerveau, notamment dans l'hémisphère o-auche La capsule interne pas plus que l'externe et toutes Fes parties du corps strié, l avant-mur de la couche optique ne présentaient de lésion appréciable.
Ce fait prouve une fois de plus que les saturnins peuvent être atteints, à plusieurs reprises, d'une hémiplégie dont la lorme et les symptômes ressemblent aux hémiplégies symptomatiques d'une lésion cérébrale, sans qu'on trouve de lésion en foyer. Il prouve, en outre, comme ceux de M Debove : que cette forme spéciale d'hémiplégie, avec hémianesthés.e et trouble de la sensibilité spéciale, peut guérir
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par les armatures métalliques et magnétiques. 11 ne faut 'loue plus considérer les hémiplégies avec contracture comme dépendant seulement de la sclérose descendante des cordons latéraux, et, par conséquent, comme incurables. Au lieu de les abandonner, comme on était tenté de le faire, on trouvera dans les armatures métalliques ou magnétiques le moyen de les guérir. (Soc.rnéd. des hôp., novembre
Des courants faradiques, appliqués sur des points limites de la peau la face dorsale de'l'avant-bras notamment, ont donné les mêmes résultats à M. Vulpian dans des cas absolument semblables. Ils ont cependant une supériorité sur les aimants : "c'est d'agir contre l'hémiplégie sans anesthésie Sous leur influence, on voit les hémiplégies récentes curables s'améliorer plus rapidement qu'en laissant la maladie suivre son cours naturel. L'aphasie passagère, 1 affaiblissement des facultés intellectuelles s'amendent rapidement C'est alors sur le bras hémiplégie qu il convient d'employer des courants de moyenne mtensité, afin de ne pas déterminer, par une trop vive souffrance, un trouble dangereux de la circulation cérébrale. L intensité du courant employé et sa durée sont si importantes que le médecin ne doit laisser à nul autre, pas même aux élèves, le soin de ces applications. (Bull, de Mrap., décembre.)
HÉMIPLÉGIE. Œdème du côté hémiplégié. Cette complication rare et grave s'est montrée avec des troubles circulatoires très curieux chez un homme, frappé d'apoplexie le 14 juillet, avec hémiplégie droite et aphasie consécutive. Malgré une amélioration très sensible, un œdème considérable se montra dès le 6 août, avec prédominance aux membres et se généralisa ensuite au tronc du côte droit
eulement. La masse infiltrée constituait une ^masse ^tremblotante, limitée en arrière par la colonne vertébi aie. La mensuration comparative donna le 17 août, au niveau de
rcuïse Luche, 37 centimètres de circonférence et 46 du côf Pa afysé. La différence à l'avant-bras était de même de 20 à 26 centimètres. Une dilatation vasculaire très nette existait aussi du côté paralysé, avec hypersècréUor i sudorato très prononcée et une température de quatre dixièmes plus élevée que du côté sain.
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Une nouvelle attaque ayant amené la mort le 22 août, l'autopsie montra une congestion œdémateuse considérable du poumon droit, marquée surtout intérieurement. Il est plus volumineux et résistant à la coupe que son congénère. Une grande quantité de liquide séro-sanguin s'en écoule, et les parties détachées vont au fond de l'eau. Foie également volumineux et congestionné, ainsi que le rein droit.
Toutes ces différences avec le côté sain dépendent, suivant le docteur Huchard, de la paralysie des vaso-moteurs, d'après les expériences faites sur les animaux. L'irritation traumatique des couches optiques, des corps striés, de la protubérance et du bulbe amenait ainsi des ecchymoses et même des hémorrhagies des viscères. Cet hémiœdème posthémiplégique est précoce ou tardif, suivant qu'il est produit parla paralysie immédiate des vaso-moteurs ou par l'altération des parois veineuses consécutive à la stase veineuse qui en résulte. Il est toujours d'un pronostic grave, car, en dénotant des troubles profonds du côté des vaso-moteurs, il prédispose aux congestions viscérales, qui, en se répétant vers le cerveau surtout, est une cause rapide de mort. (Journ. de mêd. et chir. pratiq., août.)
Réflexes tendineux et contracture. Après une attaque d'apoplexie, au moment où la vie du malade peut être considérée comme sauve, bien qu'il y ait encore flaccidité des membres, une question se pose : à savoir non seulement si les mouvements reviendront, mais s'il ne se produira pas de contracture, car c'est là le grand ennemi des hémiplégiques. Au bout de deux mois, le membre supérieur se prend, puis le membre inférieur ; le premier est ordinairement dans la flexion et le second dans l'extension, et les positions vicieuses prises ainsi vont en s'aggravant ou restent dans un état stationnaire d'une façon presque fatale. Or il y a un moyen de prévoir souvent cette complication: c'est l'exploration des réflexes tendineux ; si l'on trouve ces réflexes augmentés, c'est là un mauvais signe, car on peut dire que cette exaltation est presque le prodrome de la contracture. Il y a d'ailleurs peu d'hémiplégies permanentes dans lesquelles il n'y ait pas un certain degré de contracture, laquelle porte, c'est un de ses caractères, sur les fléchisseurs et sur les extenseurs en même temps, les
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muscles antagonistes étant souvent atteints au même degré. Cet état, qui est sous la dépendance d'une excitabilité particulière de la moelle, donne lieu à une conséquence thérapeutique importante : c'est que, dans cette situation, si l'on vient à donner un excitant de la moelle, comme la strychnine, on augmente la contracture, et l'on peut transformer une contracture plus ou moins llasque en une contracture rigide ; on obtiendrait le même résultat par une faradisalion exagérée. Cette excitabilité est telle, d'ailleurs, que des circonstances, en apparence sans importance, peuvent provoquer la contracture : ainsi une femme atteinte d'une hémiplégie sans contracture bien prononcée, et pouvant marcher facilement, vient à tomber et se fait une contusion à la cuisse ; aussitôt la contracture se produit dans le membre inférieur et gagne bientôt le membre supérieur. Le traumatisme a agi comme un excitant de la moelle. (Journ. de méd. et chirurgie, février.)
Depuis que cet effet du traumatisme sur la contracture a été signalé par M. Charcot, chez les hystériques en particulier, cette interprétation se confirme, comme en voici un exemple frappant : Une femme hémiplégique et aphasique depuis huit ans, avec quelques manifestations de contracture dans la main et l'avant-bras paralysés, est prise d'un étourdissement, le 29 mars 1879, et tombe sur le siège, la jambe droite fléchie sous elle. La paralysie fut dès lors complète de ce côté, compliquée d'une contracture intense surtout du membre inférieur droit, présentant ecchymose diffuse, sans autre trace de traumatisme. Un mois après, tous ces accidents étaient très atténués, sinon disparus. [Revue mens, décembre 1879.)
Ce premier fait a servi du moins à en éclairer deux autres plus obscurs et qui fussent sans doute passés inaperçus sans ce précédent.
Une femme de 67 ans, paralysée du côté gauche depuis novembre 1878, par suite d'une attaque apoplectique, et qui avait eu un commencement de contracture trois mois après, tombe de son lit le 1« mars 1880. L'examen ne décèle qu'une simple contusion de la peau au niveau de la crête iliaque gauche, et c'est ainsi que, comme contrôle du fait précédent, on la garde en observation.
Dès le 5 mars, la tête reste appliquée sur l'épaule gauche
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par une contracture intense des muscles de la moitié gauche du cou, et les membres paralysés offrent une rigidité bien plus grande que la veille. Ces phénomènes augmentent encore le lendemain. Le sterno-cléido-mastoïdien et le faisceau claviculaire du trapèze font corde sous les téguments, en inclinant la tête sur l'épaule gauche, tandis que la face regarde à droite. L'avant-bras, la main et les doigts sont dans l'extension forcée, ainsi que le membre inférieur, et le tronc lui-même est infléchi de ce côté. La percussion des tendons rotulien, inférieur du biceps et des muscles abducteurs met en évidence l'exagération des réflexes tendineux. Aucune modification de la sensibilité.
L'application de courants continus et de quelques aimants a suffi pour modifier ces contractures qui avaient disparu un mois après.
Une fille de vingt-neuf ans, névropathe et imbécile, tombe dans la cour, le 31 mars 1880, et se contusionne violemment le dos de la main. Peu de jours après, on constate que la main et les doigts sont immobilisés dans une extension incomplète, et les tentatives de redressement ou de flexion sont des plus douloureuses.
Un courant de dix éléments est appliqué contre cette contracture, qui cesse dès le lendemain, mais une rétention d'urine se manifeste par une sorte de transfert sur la vessie. (Idem, juin, n° G.)
Moins accentués que dans le premier cas, en raison même de la différence du traumatisme, ces phénomènes passagers de contracture n'en témoignent que mieux de son action directe. Le traumatisme est donc doublement à redouter chez les hémiplégiques.
HÉMOGLOBINUME PAROXYSMALE. Cette singulière manifestation morbide préoccupe encore plus les médecins allemands que les Anglais (Voy. année 1879). La diversité de ses symptômes, selon les cas, sa forme paroxystique surtout, s'opposent à la constituer en unité morbide distincte, par la difficulté, l'impossibilité de lui fixer un siège précis. Elle se manifesta sous forme d'accès irréguliers, pendant plusieurs mois consécutifs, chez un charretier de cinquante-neuf ans, observé par Kuessner, avec les caractères suivants : violent frisson, suivi de chaleur et de
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fatblesse sans sueur. Fourmillements dans les doigts et la plante des pieds. Absence de céphalalgie et de douleurs lombaires, coloration ictérique intense des téguments pendant l'accès, sensibilité de l'hypogastre et émission d'une urine claire et transparente, d'un rouge veineux, donnant un sédiment abondant, d'un brun rouge. Réaction acide, avec un peu d'albumine. Le sédiment montre, au microscope, une masse brune amorphe, de l'acide urique et des cylindres fibrineux sans oxalates ni hématies. Au spectroscope, l'urine filtrée donne néanmoins les raies caractéristiques de l'hémoglobine.
Ces accès duraient vingt-quatre heures et reparaissaient, sans aucune cause appréciable, ou coïncidaient avec un refroidissement, une ou deux fois par semaine, ou seulement une fois tous les quinze jours. La température ne dépassa pas 38° 6 et ne s'élevait pas au-dessus de la normale le plus souvent. Le foie ni la rate n'étaient modifiés, et le fond de l'œil était normal. On ne dit pas si le malade a guéri. (Deutsch med. Woch., n° 79.)
Une altération des globules rouges ou hématies est évidente, quoiqu'ils n'aient pas été numérés comparativement. On avait d'abord songé à une atïection rénale. Mais le sérum du sang, tiré par des ventouses pendant l'accès par Kuessner, a toujours été d'un rouge vif, tandis qu'il avait sa couleur jaune normale dans l'intervalle. La dissolution semble donc avoir lieu, dans le sang même, sous l'influence de l'accès.
Malgré l'analogie de ces symptômes avec certaines intoxications arsenicales, paludéennes, la nature de cette affection reste donc inconnue. La rattacher à l'ictère hémaphéique de Gubler n'avancerait guère la question, car on sait seulement qu'il siège dans le sang, sans eu connaître la cause ni le mécanisme. La vie extra-utérine en paraît être la principale origine, puisque, sur 198 nouveau-nés ictériques, 195 présentaient cette forme, aussi légère et passagère chez eux qu'elle est grave et persistante chez les autres enfants ouïes adultes. (Voy. année 1878.)
Un autre cas remarquable en est relaté par M. John Neale qui l'a recueilli à l'hôpital Westminster, sur un charpentier de trente-un ans, entré, le 26 juillet, pour une douleur fixe, profonde et comme rongeante, delà région lombaire gauche,
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et devenant lancinante par le mouvement. Il a subi, trois mois auparavant, un si violent choc dans les chantiers de Woolwich qu'il en a été renversé et a perdu connaissance, en sentant une vive douleur sur le dos et les flancs en se relevant. Aucun gonflement apparent ni diminution du pouvoir des extrémités ; absence complète de désirs sexuels. Léger frottement pleurétique à gauche du cœur, dont les battements sont normaux, sans bruits. Langue humide et chargée ; peu d'appétit, sans nausées ni vomissements ; selles normales. Mictions douloureuses en commençant, avec fréquence la nuit. Douleur vive au toucher de la région rénale gauche, sans tumeur ni gonflement appréciables. Urine acide, couleur de porto, claire et sédimenteuse. Un précipité formé par l'ébulïition se redissout par l'acide nitrique et résiste à l'acide acétique. Pas de trace de corpuscules sanguins au microscope, nombreux cristaux d'oxalate de chaux et urates amorphes, avec des débris granuleux contenant parfois des cristaux rhomboïdes d'hémoglobine. La filtration de l'urine n'en change pas la coloration, et l'analyse spectrale révèle une bande très légère d'oxyhëmoglobine. 25 centigrammes de quinine trois fois par jour, deux vésicatoires sur les parties latérales de la colonne vertébrale.
Dès le lendemain, les urines étaient normales ; mais elles reparurent noirâtres le 28, pour cesser le 29, sans que la douleur rénale et thoracique ait changé. Cet état persista sans changement jusqu'au 20 août, l'urine émise variant de 1200 grammes au double chaque jour, sans aucun caractère particulier. Le sang, examiné à plusieurs reprises, contenait une proportion considérable de leucocytes sur les hématies.
La température était restée constamment normale, lorsqu'elle s'éleva subitement à 103°, 4 F. le 28. C'était le début d'une pleurésie gauche très grave, qui exigea le transport du malade en médecine. Jusqu'au 30 septembre, la température ne s'abaissa pas au-dessous de 99°, en augmentant de 2 à 3 degrés le soir, à la suite d'un violent frisson survenu, sans cause connue, le 25 octobre, sans changement de coloration de l'urine. Quatre jours après au contraire, et sans aucun symptôme ni élévation de température, l'urine présenta sa couleur de fumée — smoking, — avec tous les caractères précédemment décrits, sauf les cristaux d'oxalate
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de chaux, et, dès le lendemain, elle avait repris ses caractères normaux.
Un nouveau frisson, survenu le 12 novembre, n'amena aucun changement dans l'urine, malgré l'èlévalion consécutive de la température, tandis que l'accès, qui se renouvela quatre jours après, fut suivi de 8 à 10 minces d'une urine rouge comme les précédentes, sans contenir jamais aucune trace d'albumine. Aucune apparence ophthalmoscopique anormale ne fut jamais signalée, et au départ du malade, le 18 novembre, on constata un gonflement sensible et douloureux de la dixième à la douzième vertèbre dorsale. (Lancet, 15 novembre 1879.)
C'est donc bien là l'hématinurie paroxystique signalée par le docteur Robert en 1876 ; mais quelle en est la cause ? Attribuée tour à tour au refroidissement et au traumatisme, elle peut être rapportée à ces deux causes à la fois, dans ce cas, sans que l'on puisse en faire la démonstration positive.
Sous la dénomination (L'hémoglobinurie paroxystique, le professeur Lépine en relate un cas qui peut servir à éclairer toutes les obscurités de l'étiologie, car les accès, au lieu de revenir sous l'influence du froid, avaient lieu dans le lit, au milieu de la nuit, après des excès divers, et, au lieu d'être brune, noirâtre, l'urine était d'un rouge clair. Ce n'est donc plus une unité qu'il s'agit d'ériger, mais une dualité distincte.
Il s'agit d'un corroyeur de quarante ans ayant commis, dès l'âge de quinze ans, des excès d'alcoolisme, vénériens et de travail, lui ayant imprimé de bonne heure un aspect sénilique. Sujet, depuis plusieurs années, à rendre des urines sanglantes à la suite de ses excès, il n'y faisait aucune attention, sinon à cause de douleurs de reins persistantes survenues depuis trois ans.
C'est après avoir voyagé à pied pendant plusieurs semaines, l'hiver dernier, qu'il est pris de céphalalgie, frisson et maux de reins. Cet accès se répète pendant cinq jours à la même heure de l'après-midi, puis les paupières s'infiltrent avec dyspnée et point de côté à droite jusque dans la région lombaire. L'urine devient rare et sanguinolente, et l'anasarque se montre aux pieds. Il entre dans ces conditions à l'hôpital, le 13 mars, rendant des urines très albumineuses. Dilatation du cœur et bruit de galop très net, sans fièvre; artères athéromateuses, 2,810.000 globules.
HÉMOPTYSIE
C'est seulement huit jours après que l'urine de la nuit est trouvée sanguinolente, d'une coloration rutilante, comme par le mélange d'une faible quantité de sang, avec dépôt muqueux, composé de cellules épithéliales et de cylindres granuleux, sans aucun globule rouge ni cristaux. C'était donc une hémoglobinurie produite par une affection rénale ancienne, avec hypertrophie cardiaque.
Soumis au perchlorure de fer, 1 gramme par jour, le malade sortit de l'hôpital le 7 avril , avec un chiffre de 't-,410,000 globules.
Aux caractères distinctifs de ce fait : couleur rouge de l'urine au lieu du rouge foncé brun, couleur de porto, à l'accès survenant dans le lit et pendant le sommeil, sans malaise ni frissons, comme dans la plupart des cas, l'auteur voit au moins une seconde espèce d'hémoglobinurie. Il juge dès lors que les globules ne se détruisent pas toujours dans le sang, mais dans l'appareil urinaire même, et, se livrant à un examen des diverses opinions à ce sujet, il n'admet pas qu'une substance spéciale dans l'urine soit nécessaire à cet effet, comme on s'est ingénié à l'imaginer. Il croit, au contraire, que, en s'échappant par diapédèse ou rupture de la membrane glomérulaire, les globules rouges y sont dissous simplement par un certain degré de dilution de l'urine. C'est ainsi qu'ils se dissolvent chez les anémiques et les cachectiques, les enfants et les vieillards, en raison de leur moindre résistance dans ces divers états. (Revue mens., n° 9.) Voy. Sang.
HEMOPTYSIE. Injections d'ergotine. LÎDe série d'expérimentations, faites dans des cas variés à l'hôpital Lariboisière, sous la direction de M. C. Paul, ont donné des résultats qui, sans être absolument décisifs sur l'efficacité de ces injections, semblent du moins en encourager l'usage. Il serait si commode d'arrêter ces épouvantables crachements de sang par une simple piqûre; ce serait le triomphe de l'art.
I. Un homme de trente-neuf ans entre à l'hôpital, le 23 mars 1879, malade depuis le mois de janvier. Le début des accidents fut marqué par des frissons, de la toux et un état fébrile; vers le 15 février, le malade commença à cracher quelques filets de sang, qui devinrent bientôt plus considérables et se répétèrent pendant un mois, tous les deux ou trois jours. La percussion dénotait une diminution de sono-
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rité dos doux côtés eu arrière dans les fosses sus-épineuses, des râles muqueux aux deux sommets; expiration rude et soufilante.
Le 24 au matin, injection de lui gramme de solution d'ergotine, étendue de moitié d'eau, sans résultat sppréciable.
Deuxième injection le lendemain, sans plus de résultat.
Le 26, dans l'après-midi, deux injections sont pratiquées à une heure d'intervalle, soit 2 grammes de la solution pure. Le malade rend des crachats sanglants pendant les injections. Il en rend encore deux ou trois dans la nuit; mais, à partir de ce moment, il n'y a plus d'hémoptysie.
Autant les doses faibles sont manifestement restées sans effet contre cette hémoptysie persistante, autant l'efficacité des doses fortes est évidente.
IL Femme de vingt ans, entrée dans le service le 24 mars, avec tous les symptômes d'une bronchite capillaire assez intense. La température varie de 39 à 40 degrés jusqu'au 3 avril, jour où la fièvre décroît. La percussion dénoie une matité' légère aux deux sommets, avec de gros râles humides. .
Le 10 avril, une première hémoptysie se manifeste. On fait deux injections de 1 gramme chacune , d'une solution au 1/10, soit 20 centigrammes d'ergotine. La malade crache encore deux ou trois fois, et l'hémorrhagie est complètement arrêtée en dix minutes.
Les trois jours suivants se passent sans accidents. Lo 14, hémoptysie très légère (quelques crachats). Le 17, nouvelle hémoptysie, peu abondante. Le 18, hémoptysie abondante. Le 19, malgré l'état très grave de la malade, on pratique deux Injections, soit 2b centigrammes d'ergotine; l'hémorrhagie ne se reproduit plus jusqu'à l'époque où la malade, dont la faiblesse avait été toujours croissante, succombe.
III. Jeune homme de vingt ans, pris vers le 20 mars, à la suite d'un refroidissement, d'accès de toux précédés de
frissons. .
Le 3 avril, il crache du sang en quantité notable, et continue à en cracher, mais moins abondamment, les jours suivants. Il entre à Lariboisière le S avril, crachant le sang. Il le crache encore le 6 et le 7. L'examen de la poitrine donne une matité dans tout le sommet droit en avant, avec absence presque complète du bruit respiratoire et des gros
HÉMOPTYSIE
râles humides dans les deux tiers supérieurs en avant et en arrière.
Le 8, une hémoptysie sérieuse a lieu. On administre 25 centigrammes d'ergotine en quatre injections pratiquées au bras et à la poitrine. L'hémoptysie ne se reproduit ni ce jour-là ni le lendemain.
Le 10, le malade rend quelques crachats sanguinolents. On pratique deux injections de la solution au 1/10, soit 20 centigrammes d'ergotine. L'hémoptysie ne se renouvelle que dans la soirée du lendemain.
Le 12, hémoptysie sérieuse dans la matinée; injection de 10 centigrammes. L'hémorrhagie ne se reproduit plus jusqu'au 22. On fait ce jour-là une dernière injection et l'hémorrhagie cesse. Mais, l'état général du malade s'aggravant, on cesse les injections, et les hémoptysies se reproduisent chaque jour du 25 jusqu'au 29, où le malade succombe.
IV. Jeune homme de vingt ans, atteint de phthisie tuberculeuse au deuxième degré. Il entre à Lariboisière le 7 mai, crachant le sang depuis huit jours. Le lendemain de son entrée, on pratique deux injections d'ergotine, et l'on applique vingt ventouses sèches; l'hémorrhagie cesse complètement.
Le 9, hémoptysie abondante. Deux nouvelles injections l'arrêtent immédiatement.
Le 21 , hémoptysie légère arrêtée définitivement par deux piqûres.
V. Le même jour entrait dans le service un homme de vingtneuf ans, malade depuis un an environ, ayant craché le sang pendant plus d'un mois, tous les deux ou trois jours, l'été précédent. A son entrée, il crachait le sang tous les jours depuis deux semaines. On constate de la bronchite des deux sommets et une excavation à droite.
L'hémorrhagie persistant, le 8, on fait deux injections d'ergotine, sans résultat immédiat, elle ne diminue que le 10 et s'arrête le 11, sans récidive les jours suivants. ^ En regard de ces succès à divers degrés, suivant que l'exhalation sanguine est plus ou moins intense, M. Bénard, comme pour montrer qu'ils ne sont pas constants, cite un dernier fait d'hémoptysie foudroyante et mortelle, résultant probablement de la rupture d'une artère anévrysmatique.