ABSORPTION
chyme. De là la difficulté du diagnostic et l'impossibilité même de le faire dans certains cas. {Tribune med., p. 2*0. j
ABSORPTION par les voies biliaires. Une expérience aussi simple que concluante à ce sujet a été faite par le professeur P. Picard, de Lyon. Il injecte directement dans l'estomac de deux chiens en digestion une solution de prussiate de potasse à 10 grammes de ce sel pour 100 volumes d'eau. L'un en reçoit 40 centimètres cubes et l'autre 20 seulement. Les plaies fermées, on constate que ni l'un ni l'autre ne manifeste des phénomènes morbides pouvant être attribués à la substance injectée, quoique positivement absorbée, comme le démontre sa présence dans l'urine.
20 centimètres cubes de la même solution sont introduits dans le canal cholédoque d'un troisième chien, sans que le piston de la seringue éprouve la moindre résistance. Le liquide pénètre aussi facilement que dans un espace, et instantanément l'animal succombe ; il est foudroyé avec tous les signes de l'empoisonnement par le prussiale de potasse, aussi°manifestes que si le poison avait été injecté dans le bout central d'une veine. L'autopsie immédiate montre en effet le cœur arrêté et le ventricule gauche rempli d'un sang rouge artérialisé, signe certain d'un arrêt primitif du cœur entraînant celui de la respiration et de toutes les autres fonctions à sa suite.
La signification de ces résultats diamétralement opposés, négatifs et positifs, est donc bien claire : c'est l'absorption rapide et intense par les voies biliaires dans les deux cas. De là l'explication de ces résorptions biliaires soudaines , se manifestant par l'ictère, lorsqu'un obstacle même faible s'oppose à l'écoulement de la bile dans l'intestin. Elle donne aussi la raison de la présence si fréquente des matières colorantes de la bile dans l'urine, même chez l'individu sain.
Toute la différence de l'action toxicologique du poison est donc son accumulation clans le sang. Il y passait très lentement chez les deux premiers chiens, car on a constaté directement sa présence dans l'urine de l'un d'eux vingtcinq minutes après son absorption, alors que l'on ne pouvait encore la déceler dans le sang ; tandis qu'il s'y trouva immédiatement entraîné chez le troisième. Entraîné rapide-
ACCOUCHEMENTS
ment par les reins, il n'a pu ainsi produire d'effets toxiques dans les deux premières expériences, tandis qu'en pénétrant d'emblée dans le sang, il a déterminé la mort soudaine par l'arrêt du cœur.
Il ne suffit donc pas d'introduire une substance toxique dans les voies digestives pour produire l'empoisonnement. Tout dépend de son absorption et de son mode d'élimination, qui, en compensant la première, peut en annibiler les effets. Une substance n'est innocente que si, après s'être accumulée dans le sang, elle ne détermine pas d'effet toxique. (Soc. cleméd. de Lyon, mai.)
ACCOUCHEMENTS. On s'est souvent émerveillé de l'accoucbement facile des sauvages, indiennes ou négresses, pour condamner la civilisation, qui réduit les femmes de nos grandes cités à se faire assister et à être si souvent ainsi les victimes innocentes de la Maternité. Eb bien, devant ce fait vrai, il y avait une interprétation erronée. M. Hamy, en établissant des courbes sur le développement de la taille des embryons et des fœtus selon la race, a constaté que le nègre, pendant la vie intra-utérine, est toujours plus petit que le blanc. De là le secret de l'observation faite par les médecins des pays cbauds que l'accoucbement était toujours très facile cbez les négresses en raison de la petitesse de la tête. Celle des mulâtres est intermédiaire entre celle du nègre et du blanc. Ce n'est donc pas la civilisation qui fait la différence, c'est la nature. (Soc. de Mol., 21 février.)
Lacérations du col de l'utérus. Elles sont si fréquentes en Amérique que le docteur Goodell les a rencontrées chez un sixième de ses malades. Il les attribue surtout à l'intervention trop active et empressée des accoucbeurs américains. La rupture prématurée de la pocbe des eaux, l'application du forceps et les tentatives manuelles pour repousser la lèvre supérieure sur la tête de l'enfant, lui en paraissent les principales causes. Une grande réserve doit en effet être gardée dans toutes ces manœuvres.
Effets de l'isolement. Sur 710 accouchements effectués au pavillon Tarnier de la Maternité de Paris, du 3 juillet 1876 au 8 janvier 1880 , on compte :
ACCOUCHEMENTS 9
Accouchements naturels 653
Applications de forceps 41
Version 5
Cràniotomie 1
Rachitomie 1
Bassins viciés 9
Sur ce nombre, il y a eu six décès, dont quatre par péritonite et deux par infection purulente.
De ces six femmes, l'une avait une tumeur fibreuse qui se désorganisa après l'accoucbement ; cbez une autre, on fut obligé de pratiquer la délivrance artificiellement, et une troisième eut une grossesse gémellaire, et l'extraction d'un des enfants avait nécessité quelques manœuvres. Les trois autres avaient eu des accouchements spontanés et normaux.
La proportion de mortalité est ainsi réduite à 1 sur H 8, tandis que, pendant le même laps de temps, à la grande Maternité, elle a été de 1 sur 42,6.
L'explication de cette énorme différence se trouve dans l'isolement des accouchées dans des chambres séparées, quatre au rez-de-chaussée et quatre au premier étage, dans un pavillon séparé, dont Lout l'ameublement est en fer, muni d'eau chaude et froide. La femme y est comme chez elle et y accouche. Jamais elle n'en sort sans que la chambre soit nettoyée, ventilée et remise à neuf avant qu'une autre y rentre.
Quand une femme accouchée devient malade, sa porte est rigoureusement interdite au personnel ordinairement chargé du service. Un médecin de l'hôpital du Midi soigne cette malade, qui a, par exception, une garde spéciale, avec défense pour celle-ci de pénétrer dans les autres chambres.
Aussi M. Tarnier est-il encore étonné de cette mortalité. Il l'attribue au linge plus ou moins bien lavé de la maison et se propose à l'avenir de le faire désinfecter par l'air chaud pour plus de sécurité. (Soc. de mcd. publique, 28 avril.)
Constriction de l'orifice interne. Cette complication rare est d'autant plus remarquable dans le cas du docteur Stone, que l'anesthésie permit la délivrance. C'était chez une primipare, qui, malgré une dilatation complète après douze heures environ de souffrances, présentait un col long et
K) ACCOUCHEMENTS
nullement effacé. Présentation de la tête en occipito-antérieure gauche. Le forceps fut appliqué dans le col, et, malgré de fortes tractions, il glissa à deux reprises. Le toucher perçut alors un cercle dur, rigide, de l'orifice interne, serré sur le cou du fœtus et empêchant l'expulsion des épaules. On éthérisa la patiente, et une troisième application étant renouvelée amena heureusement l'expulsion d'un enfant
mort. . ., ,
L'effet sédatif de l'anesthésie, en pareil cas, peut être comparé à celui de la saignée, préconisée par Dewees, mais il en est de rebelles à ces moyens. Le docteur Hosmer en a observé un, en 1876, où la constriction sur le tronc du fœtus était si intense — tke firm band holding like iron — que l'anesthésie fut employée en vain; il fallut recourir a l'opération césarienne. (Obstétrical Soc. of Boston, 11 octobre 1879.) „„«,.■, -
Dans un cas analogue (V. Grossesse, 1864) ou les fibres circulaires de l'orifice interne, placé très haut sous le pubis, étaient hypertrophiées, dures et comme métalliques, il suffit à M. Depaul, après avoir constaté cette disposition anormale d'inciser cette bride avec un bistouri convexe et boutonné, dans l'étendue de deux centimètres environ, pour introduire la main, saisir l'enfant mort, putréBé et l'extraire N'a-t-on pas confondu avec cette constriction de l'orifice interne la disposition de l'utérus en sablier ou compte-minute? Comment admettre que la tête puisse franchir cet obstacle pendant le travail pour se fermer ensuite tétaniquement sur les épaules ou le tronc? De la probablement les deux espèces différentes de cette constriction en dilatable et non dilatable. Il est ainsi indiqué de bien s'en rendre compte avant d'agir et d'opposer 1 anesthésie à la première, qui ne saurait être que spasmodique,. tandis que l'incision convient seule à la seconde par sa nature organique.
Action de la belladone. Chez une Française en travail de son cinquième accouchement, le 14 août dernier, le docteur L. Smith (du Connecticut) trouva des douleurs fortes et régulières sans dilatation appréciable. Au contraire le col semblait devenir de plus en plus rigide et dur. Let état ne changeant pas après douze heures d'examen, il fit une-
ACCOUCHEMENTS
application de pommade belladonée sur le col de l'utérus pour en neutraliser la rigidité. Cette pommade était préparée selon le formulaire des États-Unis. La femme se plaça dans un fauteuil, et, en moins d'un quart d'heure, elle se plaignit de vertiges, puis d'une grande soif, avec sécheresse et brûlure de la gorge, envies de vomir, mouvements spasmodiques des bras, comme pour attraper des fantômes. Le pouls devint faible, les extrémités froides et les pupilles très dilatées.
Ces symptômes s'étaient succédé, malgré une douche abondante d'eau chaude dans le vagin dès le début. Leur progression alarmante fît recourir à une injection hypodermique avec la milligrammes de sulfate de morphine. Les convulsions diminuèrent aussitôt et disparurent en une heure ; mais la soif et la sécheresse de la gorge persistèrent dix à douze heures, sans progression du travail ni de la dilatation, tellement que l'accoucheur quitta la femme à six heures du matin.
Il n'y eut plus dès lors trace de douleurs pendant dix jours, quand elles reparurent soudainement, et, en trois heures, provoquèrent spontanément la naissance d'un gros garçon bien portant.
Cet exemple de susceptibilité individuelle à l'action de la belladone n'y doit donc faire recourir qu'à doses croissantes, car son action délétère peut donner lieu aux plus graves embarras. (Boston med. and surg. journ., décembre 1879, no 25.)
Anesthésie obstétricale. Il convient d'en montrer l'efficacité sur la rigidité après le cas précédent. C'était chez une primipare de vingt ans, entrée le 3 mai à la clinique d'accouchements. Un col très épais, dur, résistant et dilaté à cinq centimètres, est constaté à cinq heures du matin. Quatre heures après, l'état était le même, malgré des douleurs rtroces. La face est rouge, vultueuse, couverte de sueur, avec anxiété extrême. La femme accepte d'être chloroformisée,et, dès le début des inhalations par M. Budin, la contraction est moins sensible, et bientôt la douleur a complètement disparu. Deux heures après, et sans que la femme eût éprouvé la moindre perte de connaissance, en répondant à toutes les questions, la tête était à la vulve. On cesse Fanes-
ACCOUCHEMENTS
thésie, et les cris recommencent, aussi perçants que le matin. L'agitation est telle pendant l'expulsion que, malgré les précautions prises, une déchirure s'ensuit à la fourchette.
On est donc obligé de reconnaître que la rigidité de l'orifice utérin a disparu sous l'influence de l'anesthésie. (Journ. des connaiss. mèd.) N'en eût-il pas été de même avec un simple lavement avec deux à quatre grammes de chloral?
Impaludisme. En imprimant à l'économie tout entière un cachet de débilité, de cachexie, il prédispose les nouvelles accouchées à des complications fâcheuses, comme les hémorrhagies, l'écoulement prolongé des lochies et la récidive des accès, dont le docteur Bureau relate des exemples. C'est pour prévenir ces accidents qu'il fait administrer, après la délivrance des femmes habitant des pays marécageux ou sous l'influence manifeste de l'impaludisme, 2 grammes de seigle ergoté en quatre doses à un quart d'heure d'intervalle. Il prescrit ensuite 3 grammes de sulfate de quinine en six doses, une prise tous les trois jours. Les bons effets qu'il en a obtenus sont une indication pour tous les praticiens d'imiter sa conduite. (Revue mens., mars.)
Accouchement provoqué. Injections de pilocarpine. Une appheation en a été faite à Bruxelles par le docteur Lucien Wilmart, dans des conditions qui semblent la rendre concluante sur l'action ocytocique de cet agent énergique. C'était sur une indigente de trente-cinq ans environ, petite et maigre, atteinte d'un rétrécissement du diamètre sacropubien réduit à sept centimètres et une légère fraction. Appelé deux ans auparavant dans un accouchement laborieux, il avait été obligé d'appliquer le forceps-scie, comme on l'avait fait déjà dans un précédent accouchement à l'hôpital Saint-Jean sur la même femme. Elle vint donc au sixième mois de sa troisième grossesse, pour être soumise à un accouchement prématuré, comme il lui avait été recommandé.
Ce fut le 15 septembre 1879 que, arrivée à sept mois et demi de grossesse, elle fut soumise à une première injection de 2 centigrammes de chlorhydrate de pilocarpine sous la peau de la cuisse.
ACCOUCHEMENTS
11 était neuf heures du matin. Dix minutes s'étaient à peine écoulées, que cette femme éprouve une sensation de chaleur générale. En même temps, la face, les épaules, le ventre, les cuisses prennent une teinte rosée, pour se couvrir ensuite d'une sueur dont la production va en augmentant. Elle perle sur la face, elle ruisselle des cheveux.
Le pouls bat régulièrement, légèrement accéléré. La respiration ne se modifie pas ; aucune trace de cyanose. Le système nerveux ne manifeste rien de remarquable. Quelques vomissements de mucosités annoncent la fin de l'orage, qui se dissipe par degrés.
La même injection est renouvelée à une heure de l'aprèsmidi, puis à quatre heures et à neuf heures du soir, avec la répétition exacte des mêmes phénomènes, sans aucune douleur véritable. Une dilatation du col existait cependant au toucher; l'orifice interne admettait facilement l'index.
La nuit se passe sans encombre. Le lendemain, les opérations de la veille sont répétées, sans astreindre la patiente à une diète aussi rigoureuse. Dans le courant de la journée, des douleurs de reins se manifestent, et le col, se dilatant toujours, atteint les dimensions d'une pièce de deux francs.
Le troisième jour , les injections étant continuées , les vomissements sont moins abondants et le col utérin s'ouvre de plus en plus. Enfin vers dix heures du soir, les eaux s'écoulent en masse. L'accoucheuse est mandée en hâte et ne parvient qu'au bout d'une heure à extraire l'enfant, qui avait cessé de vivre.
La cause de ce retard fut que la mère n'éprouvait pas de vraies douleurs expulsivcs et que le col n'admettait pas facilement l'introduction de la main entière, en raison de son élévation et d'une dilatation encore incomplète.
Les suites de couches furent des plus favorables. Le dixième jour, la femme Parmentier se levait pour vaquer aux soins de son ménage. (Scalpel, n° 34.)
Outre que l'on peut accuser ici la pilocarpine d'avoir contribué à la mort du fœtus, il est impossible de lui reconnaître une action locale énergique, suffisante pour l'employer, surtout à cause des effets généraux qu'elle détermine et qui pourraient être plus nocifs sur des organismes très excitables.
Injections d'ergotine. Voy. ce mot.
ADÉNOPATHIE BRONCHIQUE
ACIDE PHÉNIQUE. Action sur la température. Voy. Fièvres.
ADÉNOPATHIE BRONCHIQUE. Compression. Contre la suffocation qu'elle provoque dans certains cas, convientil de pratiquer la trachéotomie ? C'est ce que le docteur Rayoaud se demandait en présence d'un homme apporté à l'hôpital de la Charité dans un accès de dyspnée si violente que l'asphyxie paraissait imminente. Absence complète de la respiration avec tuméfaction douloureuse du cou. On pouvait croire que l'obstacle à l'entrée de l'air siégeait dans le larynx ; mais un certain degré de matité sous-sternale et la conservation de la voix firent surseoir à l'opération, d'autant plus que le malade dit avoir éprouvé brusquement le même phénomène un an auparavant. On apprit de plus qu'une angine couenneuse datant de deux ans avait été suivie de paralysie diphthéritique, d'aphonie et d'ulcérations des cordes vocales. Absence de toux et de signes de scrofule ni de tuberculose. La submatité à la partie supérieure du sternum, sous l'articulation sterno-claviculaire gauche et dans la région inter-scapulaire, avec exagération des vibrations thoraciques, et la faiblesse du murmure respiratoire firent admettre une compression des bronches et de la trachée par les ganglions hypertrophiés.
Cet ensemble symptomatique suffit, en effet, à justifier ce diagnostic, car si cette affection comporte un bien plus grand nombre d'accidents de compression suivant son siège, chaque cas particulier ne les représente jamais tous. Qu'elle siège sur l'aorte ou les veines pulmonaires, et il y aura del'œdème du poumon ; la compression de la veine cave supérieure produit l'œdème de la face, celle du pneumo-gastrique la toux coqueluchoïde, qui est un des meilleurs éléments de diagnostic chez les enfants. Le nerf récurrent comprimé entraîne la paralysie des cordes vocales , tandis que c'est celle du diaphragme quand le phrénique est atteint, ou le myosis si c'est le grand sympathique. De là la variété symptomatique de la même cause.
Restait donc à déterminer la cause de cette adénopathie, le plus souvent secondaire. En l'absence d'un état scrofuleux ou syphilitique permettant de l'expliquer, on supposa qu'elle était consécutive aux altérations du larynx. Et pour
expliquer dès lors la production subite des accès de suffocation, il faut admettre qu'au lieu de la paralysie par compression, il peut y avoir au contraire de l'excitation. Il y a ainsi spasme de la glotte dans la compression produite par les anévrysmes de l'aorte. Un phénomène analogue peut se passer dans l'adénopathie trachéo-bronchique et tandis qu'en temps normal un très petit espace libre laissé par la compression suffit au passage de l'air, un spasme glottique, survenant sous une influence très légère, peut déterminer un violent accès de suffocation. Le fait est important, parce que , s'il est démontré que la suffocation est sous la dépendance du spasme, la trachéotomie est indiquée, bien que la compression siège en réalité plus bas que le larynx. On devra donc s'attacher, autant que possible, à établir cette distinction dans tous les cas de compression de la trachée ou des bronches. (Journ. de méd. et chir. pra£.,mai.)
Action sur la laryngite striduleuse. Voy. ce mot.
ALBUMINURIE . Elle est d'autant plus grave dans la grossesse qu'elle passe inaperçue et n'est pas traitée par le régime lacté. Elle persiste ainsi à l'accouchement et même à l'allaitement et peut ensuite déterminer la mort de différentes manières. M. Debove a observé une gangrène mortelle des extrémités, survenue six mois après une fausse couche, provoquée par l'albuminurie chez une femme de vingt-cinq ans. Une nourrice albuminurique est également morte dans le coma urémique au huitième mois, dans le service de M. Duguet, qui constata une néphrite interstitielle. (Soc. méd. des hôp., février.)
Ce n'est donc plus seulement l'éclampsie de l'accouchement qu'il faut redouter de ces infiltrations de la grossesse. Que les convulsions se manifestent ou non, le rein peut continuer à être malade, à ne pas fonctionner, et c'est toujours là une menace de mort pour la suite.
Division. Trois facteurs président, selon le professeur Semmola, au passage de l'albumine dans l'urine : les conditions chimiques du sang, le degré de pression et la condition des éléments histologiques du rein. De là trois espèces distinctes de la maladie de Bright :
I. Albuminuries dyscrasiques, par excès ou altération des albuniinoïdes;
II. Albuminuries mécaniques, par nôvropatbies, grossesse ou maladie du cœur ;
III. Albuminurie irritative, résultant des divers processus irritatifs.
Cette division originale et purement clinique est justifiée par de longs développements, qui placent le refroidissement de la surface cutanée à la base de l'étiologie, et le régime lacté exclusif à la base du traitement. (Revue mens., mars.)
Dualité. La simple réaction des urines albumineuses suffit à. prouver que l'albumine n'est pas toujours identique , dit M. Maurel. Les urines des sujets brigbtiques ou cardiaques, sous l'influence d'un réactif cupro-potassique, donnent un précipité violet, tandis que le coagulum albumineux des fébricitants de pneumonie, fièvre typboïde, fièvre jaune ou récurrente ne présente pas cette coloration. Dans une épidémie récente de fièvre typboïde observée à Cherbourg, les urines des malades, traitées par la liqueur de Febling et une solution de glycose, ne réduisaient pas l'oxyde de cuivre ; mais cette réduction avait lieu, au contraire, en débarrassant préalablement ces urines de l'albumine qu'elles contenaient par la précipitation et la filtration. (Soc. de biol., janvier.)
En traitant les urines albumineuses avec une solution saturée de sulfate de magnésie, le docteur Estelle en a séparé par la filtration deux substances albuminoïdes distinctes : l'une qui est précipitée par ce sel, et l'autre qui ne l'est pas. Or la quantité de la première est souvent supérieure à la seconde; elle paraît exister constamment et constituer l'albuminurie chez l'homme. Sur un poids de 6 gr. 10 d'albumine par litre, obtenu chez un meunier de quarante-cinq ans, atteint de maladie de Bright chronique, l'analyse donna 3 gr. 60 de la première et seulement 2 gr. iiO de la seconde. Une seconde analyse cinq jours après donna, sur un total de 2 gr. 84 d'albumine, 1 gr. 79 de la première et 1 gr. 03 de la seconde. La différence csi donc très sensible.
Au contraire, l'albuminurie artificielle, expérimentale, provoquée chez les animaux par l'injection dans le sang
de cette matière albuminoïde dissoute par le sel magnésien, n'en contient pas. La solution magnésienne n'en décèle de nouveau aucune trace, tandis qu'elle apparaît en quantité notable dans l'albuminurie toxique. 10 grammes d'alcool amylique dans 30 grammes d'eau étant injectés dans l'estomac d'une jeune cbienne, sur 116 gr. 8 d'albumine totale par litre, l'analyse donne 52 grammes de la première et 64 de la seconde; mais, sur 100 grammes d'urine recueillie après la mort de l'animal peu de temps après, on ne retrouve plus que 8 décigrammes de celle-ci sur 3 gr. 4 de la première.
Conduit à admettre, d'après ces faits, une concordance entre cette première matière albuminoïde des urines albumineuses et la quantité existant dans le sérum sanguin, l'auteur a fait quelques expériences sur le sang des albuminuriques. Trois saignées lui en ont fourni l'occasion, et constamment la partie traitée par la solution du sulfate de magnésie a donné une quantité bien supérieure au précipité obtenu par l'acide nitrique. Voici les résultats comparatifs du sang et de l'urine de deux malades :
Sang. Urines.