HYPNOTISME
ligne de craie, ce qui montre suffisamment que des phénomènes physiques suffisent à produire cet état.
En reprenant ses expériences sur ses amis, le professeur Heidenhain a pu déterminer l'hypnotisme chez certaines personnes, en les obligeant à regarder fixement un objet brillant ou à écouter attentivement un son monotone, ] comme le mouvement d'une montre. La friction douce et rhythmique de la peau agit de la même manière. Certaines personnes très excitables réussissent surtout dans cette : expérience. On attribuait autrefois ce pouvoir au magné- J tisme. Il est dû simplement, suivant l'auteur, à certaines ] conditions physiques qu'il est nécessaire de prendre en con- | sidération. La chaleur et la moiteur des mains, leurs mou- | vements, la modulation de la voix y contribuent surtout. Il s est ainsi difficile d'hypnotiser un homme qui ne le sait pas, j car l'hypnotisme est surtout provoqué par une excitation ( faible, prolongée et uniforme des nerfs de l'œil et de ) l'oreille qu'il suffit de renforcer ou varier soudainement pour | le faire cesser. Aucun pouvoir, aucune force magnétique j secrète n'existe dans l'opérateur ; toute son habileté con- ! siste à produire et maintenir une stimulation rhythmique. Des divers phénomènes résultant de l'hypnotisme, la mimique est le plus appréciable. Les mouvements des hypnotisés ressemblent à ce qu'ils voient et entendent. Ils ferment ou serrent le poing, marchent, courent à travers les sièges, mangent une pomme de terre pour une reinette et ainsi beaucoup d'autres choses, comme des automates, sans connaissance ni souvenu-. D'où l'auteur en infère cette théorie que la communication entre l'écorce cérébrale et les ganglions de la base est interrompue, suspendue, puisque l'impression reçue par l'œil ou l'oreille est directement transmise aux centres moteurs et convertie en mouvements sans entrer dans le domaine de la conscience. Une stimulation trop facile pour l'impressionner peut aussi en rendre compte.
Chaque sensation correspond à un certain degré d'excitation sans lequel elle reste nulle. Si l'intensité de la lumière sur la rétine ou du son sur le tympan est trop faible, on n'en ressent aucune impression. C'est ce degré, déterminé par Fcchner à l'état normal, qui serait bien plus élevé chez les hypnotisés, puisque les impressions qu'ils reçoivent,
GARN1ER. YV] ,Q