‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales [electronic resource]Chapitre 44 sur 74 · ICTÈRE · texte numérisé non relu

ICTÈRE

ques. Le 19, somnolence, épistaxis; la somnolence conlinue les jours suivants ; paracentèse le 22, qui donne 2400 grammes de sérosité. Les gencives deviennent saignantes; taches ecclrymotiques sur le corps. Urines involontaires ; pouls petit, fréquent; teinte ictérique. Mort le 24, cinq jours après le début des accidents graves.

Autopsie : cirrhose atrophique du foie ; 6 litres de sérosité sanguinolente dans le péritoine ; cœur dégénéré.

III. Drouot (Antoine), trente-sept ans, cordonnier, entre le 19 octobre 1875. Alcoolisme ; anciennes fièvres d'Afrique. Depuis deux mois, faiblesse progressive, anorexie, vomissement. Depuis un mois, ictère ; depuis quinze jours, ascite et œdème des jambes. Ictère intense avec décoloration des selles, ralentissement du pouls, urines acajou. Le 16, urines involontaires, épistaxis,- selles un peu colorées; le 18, vomissement marc de café, urines sanguinolentes. Délire la nuit ; puis agitation, grincement de dents, coma. Mort le 2--i, neuf jours après le début des accidents graves.

Autopsie : cirrhose atrophique du foie ; ecchymoses souspleurales. Cœur tlasque et friable.

En rappelant trois terminaisons de ce genre signalées par Frerichs sur trente-six cirrhoses, un cas de Wunderlich et un de Magnan, l'auteur est disposé à croire, surtout d'après ses souvenirs personnels, que l'ictère grave est plus fréquent qu'on ne le dit dans cette forme de cirrhose, surtout comparativement à la cirrhose hypertrophique. Il en voit la cause dans la résorption des principes biliaires, les troubles hématopoïétiques résultant de l'absence de sécrétion de la bile et de la destruction ou de l'insuffisance fonctionnelle du foie en tant qu'organe dépurateur du sang. La dégénérescence graisseuse du cœur, constatée dans les trois cas, en abaissant le chiffre des urines, ne permet pas une élimination suffisante des principes nuisibles, dont la concentration dans le sang provoque la complication ultime. L'intoxication paludéenne dont ces trois malades étaient atteints peut d'ailleurs, selon la remarque de M. Démange, contribuer autant que la cirrhose à cet ictère hématique plutôt que biliaire, par l'altération primitive plutôt que secondaire du sang. (Soc. de méd. de Nancy, 12 mai.)

Etude sur l'ictère grave, par le docteur A. Mossé. Un vol.

1GNIPUNCTURE

jn-H" de IT.'l pages, Paris, 187'.). Exposition des diverses [ormes cliniques de ce syndrome, reposant sur les travaux précédents et sur trois observations recueillies k L'H6tel-Dieu. De là les trois formes suivantes :

Ictère typhoïde primitif, avec toxicohémie hépatique secondaire, qui, malgré son extrême gravité, est susceptible de guérison.

Mère, grave secondaire, véritable syndrome de la désorganisation du foie.

Ictères aggravés; primitivement catarrbale et bénigne, cette forme emprunte toute sa gravité à une condition morbide antérieure. Le rein surtout joue un rôle important.

Mais, loin d'exister toujours séparément, ces trois formes, dont la pathogénie est si complexe, peuvent se succéder.

IGIVIPUJXCTUJRE . Ce perfectionnement du feu des anciens , surtout réalisé par le thermo-cautère Paquelin , a donné des résultats très satisfaisants au docteur P. Koch, de Luxembourg, contre les affections buccales et pharyngiennes. L'emploi dé cet instrument doit nécessairement se limiter à la partie antérieure des fosses nasales , des lèvres, de la langue, des amygdales, du voile du palais, de la luette et notamment du pharynx. Au début des cancroïdes labiaux, alors que les tissus profonds, non encore atteints , n'exigent pas l'emploi du bistouri, il suffît de le promener à plat sur les parties superficielles dégénérées, en faisant une courte pause quand la chaleur rayonnante produit de la douleur dans les tissus sains pour en obtenu la destruction. Deux ou trois applications suffisent alors. La cicatrice est à peine visible, et, dans aucun cas, il n'y a eu récidive.

Des tumeurs fibreuses des gencives, dont la majeure partie avait été enlevée préalablement avec des ciseaux courbes, ont été détruites dans trois cas avec ce thermo-cautère. Mais des névralgies insupportables en ont été la conséquence, et la dent voisine est même tombée en morceaux par le fait de la chaleur intense. De là le danger d'employer le métal chauffé au rouge blanc à proximité du périoste, des ramifications nerveuses et des dents.

Contre l'hypertrophie commençante des amygdales, quelques cautérisations énergiques avec le thermo- cautère

INOONTl.MRNC.E D'UNI NK

pointu suffisent à les réduire de volume. Jamais l'ignipuncture ne doit être renouvelée avant la chute de l'eschare. L'engorgement du moignon, résultant de l'amygdalotomie, est détruit aussi efficacement par ces cautérisations, qui en sont pour ainsi dire le complément. L'œdème et le gonflement chronique de la luette en sont également justiciables. En tenant l'instrument à plat sous l'organe, sans le repousser, on est plus sûr d'agir à point qu'avec le bistouri, qui sectionne souvent trop ou pas assez. 11 suffit d'y revenir à plusieurs reprises pour opérer le raccourcissement voulu et défini.

C'est surtout contre la pharyngite granuleuse et glanduleuse des chanteurs, des prédicateurs, des fumeurs, qui forme la majorité des maux de gorge, que ce moyen est précieux. Les caustiques chimiques, en s'étendant, ne peuvent être employés qu'à dose trop faible pour détruire ; ils n'agissent alors que comme astringents et ne guérissent pas. Mis en contact instantané avec chaque granulation séparée , le thermo-cautère la détruit et agit efficacement sur les vaisseaux afférents. De là les excellents effets obtenus depuis un an. La réaction et la douleur en résultant sont si faibles que six granulations peuvent être détruites dans la même séance. Répétées deux fois par semaine, ces cauté^ risations en ont fini en quinze jours avec le pharynx le plus granuleux. L'ignipuncture est ainsi le meilleur remède contre cette affection rebelle. (Congrès laryngol. de Milan et Ann. des malad. du larynx, novembre.)

Ignipuneture dans l'œdème (Voy. ce mot).

INCONTINENCE D'URINE. En procédant de causes très diverses , cette infirmité a provoqué l'emploi des moyens les plus divers et même opposés. De là le nombre considérable de médicaments prônés à tort comme spécifiques, car il ne saurait en exister, puisque la nature même de la maladie varie. L'atonie de la vessie la provoque comme son extrême irritabilité. L'électricité, la strychnine et les stimulants, qui réussissent dans le premier cas, seraient non seulement inefficaces, mais dangereux dans le second, tandis que la belladone, si utile dans celui-ci, serait préjudiciable dans le preinier. De là l'importance et la nécessité

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