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NÉVRALGIES

Un pareil succès mérite l'attention des chirurgiens, pour renouveler celte opération au besoin. Les succès de la néphroctomie la justifient beaucoup mieux aujourd'hui par les incisions préalables du tissu rénal faites dans plusieurs cas, comme dans la seconde observation de Czcrny. (Voy. Népiirectomie.) L'incision Lombaire est peu de chose, dit M. Cl. Lucas, et l'incision du rein n'a rien de dangereux. Une objection plus sérieuse est la possibilité d'une fistule urinaire permanente et il s'agirait de viser à la prévenir en plaçant l'opéré dans une position convenable.

Quant au diagnostic du calcul, M. Barker a montré qu'il est possible de l'établir sûrement par une ponction exploratrice dans uu cas analogue. (Voy. Calculs rénaux.) Dawson en a diagnostiqué un autre de la même manière, et Peters n'a pas agi autrement. Des symptômes de calcul rénal existant, il en vérifia la présence en enfonçant un trocart avec sa canule dans le rein. Et, rencontrant une pierre, il laissa la canule en place, dilata l'ouverture jusqu'à admettre l'index, et, introduisant un litbotriteur, il saisit le calcul et en fit l'extraction. La fistule guérit ensuite parfaitement. (Berl. med. Woch., septembre.)

La relation de ce fait incita M. Barker à tenter directement l'extraction, comme M. Coupland. Le rein fut découvert et incisé. Mais le calcul était si volumineux et ramifié qu'il n'en put extraire que des fragments. Du pus même s'échappa. Il tenta l'excision totale de l'organe, et l'opéré succomba. (Glinical Society, 22 octobre.)

Cet ensemble de faits témoigne hautement que cette nouvelle opération est à l'ordre du jour, puisque des tentatives en ont été faites simultanément en Allemagne et en Angleterre et qu'un brillant succès l'a couronnée ici.

NÉVRALGIES. Symétrie chez les diabétiques. C'était dans les nerfs dentaires inférieurs et dans les sciatiques qu'elles ont été observées par le docteur Worms, chez deux diabétiques. Leur caractère symptomatique est une intensité spéciale, en rapport exact avec l'intensité de la glycosurie et cpii en marque toutes les variations. Leur résistance au traitement habituel en est un autre caractère qui montre bien leur nature spécifique. Il reste à vérifier si ces douleurs ne sont pas provoquées par des incrustations de

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glycose dans le névrilème ou les centres nerveux, analogues à celles d'urate de soude observées dans la goutte.

La fréquence bien connue des névralgies dans le diabète tend à affirmer qu'elles en dépendent, dit M. Hardy, mais jamais je ne les ai rencontrées symétriques et deux faits sont insuffisants pour en faire un phénomène symptomatique de cotte grave affection. La névralgie bilatérale peut être un symptôme de diabète sur lequel les praticiens doivent fixer leur attention pour le diagnostic, mais il serait prématuré de l'établir aujourd'hui comme tel. (Acad. de méd., septembre et décembre.)

Névralgie faciale. Pathogénie. Deux Irypothèses sont en présence, d'après M. Cartaz : l'irradiation par les anastomoses périphériques, et l'irradiation d'un centre sur un autre centre contigu. Dans le premier cas, les névralgies de la face s'irradieraient vers le plexus cérébral par la périphérie. Mais les expériences concluantes de MM. Laborde et Math. Duval, en prouvant que le centre du trijumeau est très voisin et presque juxtaposé aux nerfs cervicaux, tendent à ne laisser au contraire que la dernière hypothèse debout. En ce qui concerne le trijumeau en particulier, sa racine sensitive ou bulbaire est reliée au point d'origine des nerfs cervicaux par un cordon de fibres très excitables cttrès sensibles, qui constitue un centre vaso-moteur agissant à la façon dû cordon sympathique cervical. (Soc. de bioloqie, novembre 1879.)

Ligature de la carotide primitive. Un homme de cinquante ans, atteint depuis plusieurs années d'une névralgie des trois branches du facial droit et contre laquelle toutes les dents de ce côté avaient été successivement extraites sans soulagement, était entré à l'hôpital allemand de Philadelphie, au mois d'octobre dernier. Le docteur Ferdinand Gross, s'étant aperçu que la pression sur la carotide primitive suspendait les douleurs atroces auxquelles ce malheureux était en proie presque constamment , résolut de tenter la ligature redoutable de cette artère, selon le con se.l de Nussbaum. Deux ligatures furent ainsi appliquées sur e tronc principal, et le soulagement immédiat qui en résulta, quoique interrompu par de légers et courts élan

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céments douloureux pendant quinze jours, fut suivi d'une guérison çomplètei Un mois après, une pneumonie survint par un refroidissement pris en sortant de l'hôpital; mais la guérison s'ensuivit, sans que les accès spasmodiques douloureux aient reparu. (Boston med. and sury. journal , 11 novembre.)

Etirement du nerf facial. Cette opération, moins dangereuse que la précédente, a été pratiquée pour la première fois en Angleterre, le 20 juillet, par M. Godlee sur une femme de soixante-douze ans, atteinte depuis six ans d'un spasme nerveux de tous les muscles du côté droit de la face ayant résisté jusque-là à tous les moyens. Une incision partant derrière l'oreille, au niveau du méat externe, alla jusque près de l'angle du maxillaire. Le sterno-mastoïdien et la parotide furent refoulés de chaque côté opposé, en mettant à découvert le 'bord supérieur du digaslrique, près duquel le nerf fut trouvé émergeant du trou stylo-mastoïdien. Soulevé sur le stylet avec une force modérée, il détermina, après une certaine élongation, une paralysie complète du côté droit de la face. Pansée antiseptiquemenl, la plaie se cicatrisa, sans une goutte de pus ni le moindre trouble.

Peu de jours après, des douleurs reparurent à droite et en ditt'érentes parties de la tète, malgré la paralysie persistante. Dès le l'J octobre cependant, la face était presque symétrique, malgré l'insuffisance du mouvement des muscles à droite. Mais chaque semaine amena ensuite une légère amélioration , et la guérison était complète un mois après. (Soc. clinique de Londres, 12 novembre.)

C'est le cinquième exemple de cette opération, praliquée trois fois en Allemagne et une fois aux États-Unis par le docteur J. Putnam. La paralysie temporaire en résulta constamment durant quinze jours dans le cas de Baum et cinq mois dans celui d'Eulembcrg. Elle varie donc probablement suivant le degré d'élirement. Chaque fois, elle a été efficace, et le tic douloureux a disparu, tandis que cette élongation des nerfs contre le spasme d'autres régions n"a pas eu le même effet, ce que l'auteur attribue à l'origine unique du nerf lésé et à une lésion même du centre cérébral d où il émerge. Mais c'est encore là une simple supposition, contredite par d'autres faits montrant que la lésion peut exis-

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ter sur le trajet même du nerf ou l'une de ses branches, comme la discussion l'a établi. (Luncet, 20 novembre.)

Nitrate d'aconitine. 11 fait merveille dans toutes les névralgies faciales rebelles non symptomatiques d'une lésion cérébrale, d'une carie du rocher ou d'une carie dentaire, c'est-à-dire celles qui sont dues à une inflammation ou congestion du nerf ou qui succèdent à une impression du froid. M. Mary publie ainsi 8 cas de névralgie faciale traités avec succès par le nitrate d'aconitine; dans quelques-uns d'entre eux, la maladie remontait à plusieurs années, et toute autre médication s'était montrée impuissante.

On a employé le nitrate d'aconitine en injections hypodermiques ou sous la forme de granules. Ces deux modes d'administration donnent les mêmes résultats; cependant l'emploi des granules est beaucoup plus commode pour le praticien et le malade. Voici l'indication des formules constamment adoptées :

1° Solution pour injections hypodermiques :

Nitrate d'aconitine 25 milligrammes.

Eau distillée 50 grammes.

2° Granules de nitrate d'aconitine :

Nitrate d'aconitine 25 milligrammes.

Sucre de lait \

Gomme arabique [ Q. S.

Sirop simple )

F. S. A. 100 pilules contenant chacune 1/4 de milligramme. On donne un granule toutes les quatre heures, sans dépasser la dose maxima de quatre granules dans les vingt-quatre heures. (Soc. de biol. février )

Tonga. Un habitant des îles Fidji ayant remis au professeur Sydney Ringer et au docteur Murrell, de Londres, une poudre employée sous ce nom depuis trois siècles par lès indigènes contre les douleurs névralgiques, ceux-ci, sans pouvoir en déterminer la nature, en ont préparé un extrait, qu'ils ont expérimenté sur 8 névralgiques, à la dose de 4 grammes trois fois par jour, une demi-heure avant chaque repas Les douleurs disparurent rapidement chez six malades et

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dirai allèrent chez le septième. Un seul résista. Ce remède serait d'autant plus précieux qu'il ne produit aucun changement de la pupille, ni de la salive, ni de la transpiration. L'intérêt serait donc de le connaître cl de s'en procurer. (Lancet, 6 mars.)

OBSTRUCTION. Paralysie intestinale. L'obstruction intestinale peut être simulée par l'atonie et la paralysie d'une portion de l'intestin donnant lieu à tous les symptômes sinon de l'étranglement interne , au moins d'un obstacle absolu au cours des matières fécales. Les accidents se développent lentement et succèdent d'ordinaire à une constipation habituelle, une grande paresse de l'intestin, qui se rencontre souvent chez les femmes âgées. L'absence de vomissements en est le meilleur caractère différentiel, et il est d'autant plus important de tenir compte de ce signe qu'à l'exclusion de tous les autres : absence absolue de selles, tympanite considérable, coliques douloureuses, refroidissements, il marque une conduite toute différente. Les vomissements étant l'une des manifestations les plus constantes d'un obstacle siégeant dans l'intestin grêle, leur absence indique tout d'abord que l'obstacle est plus bas, c'est-à-dire dans une portion quelconque du gros intestin, et que c est exclusivement là qu'il faut agir.

Une vieille femme, placée dans la clinique chirurgicale de la Charité, était atteinte d'obstruction intestinale depuis douze jours, sans vomissements. Le professeur Gosselin, après avoir lutté avec persévérance et énergie contre les accidents par les douches ascendantes et les drastiques, pratiqua enfin une incision exploratrice dans la région lombaire droite, où les douleurs étaient plus vives, pensant trouver là un anneau sarcomateux ou épithehomateux du -ros intestin. On ne trouva rien, au contraire, et le colon lut ouvert pour donner passage aux matières. Mais un erysipèle traumatique gangreneux survint bientôt et emporta 1 opérée.

L'autopsie, faite avec soin, ne découvrit aucune lésion mécanique quelconque : bride, coude, adhérence m anneau

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cancéreux. L'épiploon était réduit ; absence (te liquide étranger et de matières fécales dans Je péritoine, pas d'épanchement séreux ni purulent. Pas d'exsudat ni défausses membranes; aucune adhérence avec le tube intestinal. A peine est-il hyperemié et vascularisé, c'est-à-dire pas de péritonite adhésive, hydropique ni purulente.

Pas la moindre perforation de l'intestin ni aucun amincissement de ses parois. Mais toute la portion droite et la portion transversale du gros intestin, c'est-à-dire , à partir du ctecum, le côlon ascendant et le côlon transversc, ainsi que la plus grande partie du côlon descendant, étaient modérément dilatées par des gaz. Cette dilatation n'était rien ou peu de chose, auprès de la distension énorme de l'S iliaque, devenu beaucoup plus ample, plus flexueux et plus long, distension qui lui donnait un volume triple de l'état ordinaire, et telle qu'il dépassait, dans sa migration, la ligne médiane, se dirigeant vers la fosse iliaque droite.

Cette ampliation n'a pu s'effectuer que par suite d'un obstacle mécanique situé au-dessous et ayant produit l'obstruction de l'intestin, comme la présence d'un corps étranger, l'existence de brides, suite d'anciennes adhérences réunissant plusieurs anses intestinales, ou la présence d'un anneau sarcomateux.

En l'absence de ces obstacles, on ne peut comprendre ni expliquer cette obstruction que par l'inertie, la paralysie intestinale, l'intestin se continuant en ligne droite avec le rectum dans cette partie. Autrement, il faudrait admettre qu'une coudure morbide s'est effacée parle transport du cadavre à l'amphithéâtre. A défaut de cette obstruction mécanique, elle ne peut résider que dans l'état adynamique de l'intestin, comme l'admettait M. Henrot, dès 1865, dans sa thèse remarquable sur les x>seudo-êtranglements. 11 est parfois si profond que, malgré une réduction parfaite de la hernie, les opérés succombent par défaut de contraction de I intestin, mais alors on trouve ordinairement une péritonite adhésive infléchissant les anses de l'intestin grêle, les empêcbant de se déplisser, pour expliquer cette inerlie.

Il faut donc faire intervenir l'élément paralysie, atonie ou inertie, de l'intestin, pour expliquer ces faits insolites d'obstruction intestinale et qui se traduisent par des phénomènes réflexes ou des accidents locaux. Il faut se souve-

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nir dans la pratique que L'arrêt des matières dans le gros intestin peut être du à une paralysie de cet organe plutôt qu'à un obstacle mécanique, et qu'à l'autopsie on ne découvre absolument aucune lésion. (Revue méd,, 10 avril.)

De là l'indication thérapeutique, avant de pratiquer l'entérotomie, d'appeler à son aide tous les moyens capables de combattre l'obstruction intestinale et de redresser la coudure qui pourrait exister : les drastiques, la douche ascendante avec la sonde rectale ou œsophagienne même. Le massage et l'électricité peuvent aussi, essayés avec management, contribuer à produire des contractions de l'S iliaque. Mais il est un moyen topique plus sûr et radical : c'est la ponction capillaire de l'intestin dans la portion Lympanisée, dont voici un exemple de succès remarquable.

Mme de S..., sexagénaire, sans garde-robe depuis huit jours, malgré les pilules Dehaut, la magnésie et le sel de Chanteaud, des lavements au miel de mercuriale, etc., appelle le docteur Leblois, le 12 octobre dernier. Cette constipation avait été précédée d'un état légèrement diarrhéique (2 à 3 selles par jour), durant plusieurs semaines.

État général excellent : bon visage, nulle oppression, pas de fièvre, pouls normal, ni nausées ni vomissements, appétit conservé dans une certaine mesure.

Ventre très développé et uniformément arrondi, tendu jusqu'à la dureté, mais non douloureux, résonnant exagérément et faisant entendre des borborygmes incessants, voire même un véritable gargouillement.

Le toucher rectal décèle un volumineux bol fécal, qui est divisé séance tenante et extrait en partie. Croyant l'obstacle enlevé, on se borne à prescrire du café, du bouillon additionné de graines de lin et des lavements purgatifs.

Aucun soulagement ne se manifeste pendant les quatre jours suivants, quoique la présence de quelques graines de lin dans les matières liquides rendues avec les lavements donne la preuve qu'il n'y a pas occlusion. Une tasse de café au séné est rendue aussitôt; c'est le seul vomissement survenu pendant les trois semaines qu'a duré cet état.

Le malaise augmentant, une consultation a lieu, le 20 octobre, avec le docteur Dezanneau, qui constate une tympanite au plus haut degré.

La question de la ponction intestinale fut agitée, mais ré-

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servée, et l'on prescrit l'huile de ricin, boissons glacées et douches rectales froides avec la sonde oesophagienne.

Le 2o octobre, les gargouillements sont devenus plus bruyants que jamais, et les borborygmes ont acquis un timbre métallique témoignant de l'extrême tension des gaz et de l'excessive dilatation de l'intestin, réellement paralysé de ce chef. Un peu d'oppression survenant, la ponction fut décidée et exécutée le lendemain, dans l'espérance que l'intestin, débarrassé des gaz qui l'emplissaient, pourrait recouvrer sa tonicité.

La malade étant dans le décubitus dorso-latéral droit, le chirurgien enfonça le trocart Dieulafoy n° 1 dans le point le plus sonore de l'abdomen, un peu au-dessus et à gauche de l'ombilic. La canule, mise en communication avec un tube élastique plongeant dans une cuvette d'eau, donna issue tout d'abord à un petit volume de gaz. La canule, un peu retirée et réarmée du poinçon, fut replongée dans une nouvelle direction, oblique de bas en haut. Un bruit, appréciable à distance, lit juger que l'instrument avait dû pénétrer dans une anse servant de véritable collecteur. Un dégagement de gaz, à peu près inodore, durant plus de dix minutes, amena un complet affaissement du ventre, comparable à celui d'un asci tique qui vient d'être vidé : ce qui, en procédant par comparaison, permet d'évaluer à au moins 8 à 10 litres la quantité de gaz évacué.

Moins d'une heure après, spontanément, Mme de S... avait une garde-robe solide, suivie de huit autres liquides, dans les douze heures, et n'eut plus désormais qu'à récupérer ses forces épuisées et son embonpoint, ne prenant d'autre médicament que du charbon, pour combattre une certaine tendance à la reproduction du météorisme.

Le 14 novembre, l'opérée quittait la campagne, complètement guérie, et sans avoir éprouvé de son opération le moindre accident. (Journ. de méd. et chir. pratiques, août.)

Ces cas sont probablement plus communs que l'on ne pense, caril peut, arriver que l'obstruction disparaisse spontanément par le mouvement, l'exercice ou l'ingestion de quelques excitants, sinon de causes extérieures. C'est un danger de la constipation habituelle, surtout avec rétention dos gaz.

Plus étonnant encore est l'exemple relaté par le docteur

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Lambai'L, de Liverpool. C'était chez un vieillard de soixantequatre ans, habituellement constipé, qui, ne pouvant aller à la garde-robe, le il septembre, pril des pilules de rhubarbe, suivies lu lendemain et le surlendemain de trois à quatre purgatifs qui restèrent tous également sans effet. Appelé le 15j le docteur Lambart constata une tympanite considérable, avec borborygmes et des vomissements toutes les dis minutes. Un lavement savonneux amena le lendemain une déjection de scyballes. Les vomissements continuant, des injections morphinées furent dès lors pratiquées tous les jours, pour calmer les douleurs eL obtenir du sommeil, et, jusqu'au 17 octobre suivant, le malade n'eut aucune selle. Pendant trente-neuf jours consécutifs, il ne rendit que les scyballes provoquées par le lavement savonneux. Quelques gaz s'échappaient pourtant dans les efforts de vomissements, comme pour montrer qu'il n'existait pas d'étranglement, et les vomissements, au lieu d'augmenter, diminuaient de plus en plus, sous l'influence des doses croissantes de morphine. On crut, comme M. Gosselin, à la présence d'une tumeur formant obstacle aux déjections, sans soupçonner la paralysie intestinale, que les injections de morphine, répétées tous les jours, ne pouvaient qu'augmenter et entretenir.

Heureusement, la tympanite devint si considérable qu'elle fît un devoir au chirurgien d'intervenir. Owen Thomas praliqua une ponction capillaire et, les jours suivants.il n'y eut ni vomissements ni déjections de gaz. Mais ceux-ci se formèrent de nouveau et obligèrent de revenir à la ponction à plusieurs reprises. C'est sous l'influence de ces ponctions, et sans soupçonner la véritable nature de l'obstacle, qu'une petite quantité de liquide noirâtre fut suivie le lendemain d'une énorme débâcle. Le patient fut débarrassé et ne tarda pas à se rétablir, sans que ni lui ni ses médecins aient seulement pensé à la cause réelle de cette obstruction passagère. (Lancet, n° 26, juin.)

Aspiration exploratrice. Nouveau moyen de préciser le siège de l'obstruction, quand les moyens physiques ne permettent pas de le reconnaître, afin de ne pas ouvrir 1 intestin au-dessous. C'était le cas chez une, femme de quarantetrois ans, enceinte de sept mois, et dont les garde-robes, mêlées parfois de sang et de mucus, avaient été irréguhères

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depuis six mois. Le 20 avril dernier, n'ayant pas élé à la selle depuis cinq jours, malgré des purgatifs, et étanl prise de vomissements, le docteur Maclaren, de CarJisle, fut appelé. Dés le lendemain, une fausse couche eut lieu, sans modifier les autres accidents, malgré les moyens employés. Persistance des vomissements, avec abdomen dur et dis- (endu, pouls petit, urines abondantes.

Le 23 avril, huit jours après la dernière selle, le ventre est uniformément tympanitique et résonnant, sans aucune dureté ni tumeur appréciable. Les lavements sont rendus sans matières. Pas de vomissements fécaloïdes, aucune apparence de cachexie, la malade étant grasse et vigoureuse. Si incertain était le siège de l'obstruction, que, hésitant à ouvrir l'intestin près du cœcum ou à pratiquer la côlotomie, M. Maclaren, dans la crainte de pratiquer l'ouverture au-dessous du rétrécissement, résolut de plonger préalablement une aiguille aspiratrice dans le côlon droit, moins résonnant que le gauche à la percussion, pour s'assurer s'il contenait des matières. La ponction eut lieu sous l'influence du chloroforme, et, l'aspiration ayant donné des gaz et des matières fécales liquides, la côlotomie fut pratiquée aussitôt, avec quelque difficulté, à cause de l'embonpoint de la malade et de son épiploon graisseux. Immédiatement une abondante émission de gaz et de matières s'ensuivit, et, dès le cinquième jour, une selle naturelle eut lieu. Six semaines après, l'opérée se levait, rendant des selles si naturelles qu'il ne s'agissait plus que de fermer la plaie fistuleuse du côlon,

Ce fut clans la quinzaine suivante, alors que la canule ou l'entérotome, inséré sur l'intestin, était tenu fermé une grande partie du temps, que la fille de cette dame, qui couchait avec elle, la trouva morte le matin dans son lit. L'autopsie, faite le soir même, montra le cœur enveloppé de graisse, avec pâleur des fibres musculaires et sans striafion au microscope. Tous les autres organes étaient sains. Le gros intestin était distendu d'air et d'une quantité considérable de matières solides; le mésocôlon, libre et très développé. Mais à deux pouces environ au-dessus de la valvule sigmoïde était une masse cancéreuse, d'un pouce d'épaisseur sur deux de hauteur, occupant presque toute la circonférence de l'intestin. C'était une dégénérescence col-.

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loïde, avec du pus à l'intérieur. L'ouverture inférieure du rétrécissement était très libre. (British med. Association et lancet, 13 novembre.)

Entëroclisme. Imaginé par le docteur Cantani en 1878, cet irrigateur italien, imité sans doute de celui d'Eguisier, obtient un grand succès en Italie pour l'emploi des lavements forcés contre les occlusions intestinales et toutes les maladies du gros intestin. Il est employé avec grand succès contre la dyssenterie et la diarrhée chronique, les étranglements herniaires et l'obstruction intestinale. Quatre guérisons en sont rapportées par l'usage de ces injections forcées d'eau ou d'huile, dont on peut faire pénétrer jusqu'à trois litres avec cet instrument. Il est surtout admirablement disposé pour l'administration des lavements alimentaires, en les faisant pénétrer très haut. La vogue dont il jouit pour ces usages multiples le rend comparable au tube de Faucher pour les lavages de l'estomac.

Inversion du corps. Le docteur Logie relate deux cas d'occlusion intestinale dont les symptômes ont rapidement disparu sous l'influence de la simple inversion du corps. Un jeune officier, arrivé au dixième jour d'une obstruction complète, était presque à l'agonie.^On commença par lui placer le siège sur un coussin, en laissant pendre en arrière la tête et les épaules; dans cette position, on lui administra un copieux lavement à l'huile, puis on pratiqua le massage de tout l'abdomen. En quelques minutes, la débâcle avait lieu et le malade était sauvé.

Un nègre déjà vieux avait été abandonné par les médecins militaires, lors de l'insurrection des Indes. Un médecin indigène le fit pendre la tête en bas, par les talons; puis il se mit à le secouer violemment dans tous les sens. La guérison fut si rapide et si complète que, dès le lendemain, le patient se remettait en marche à la suite de l'armée.

M. Richard Neale rapporte un fait semblable, emprunté à la Lancet. Il s'agissait d'un homme atteint de hernie inguinale étranglée et chez lequel on avait employé tous les procédés de réduction. Le docteur Jessop fit placer le patient, sur les épaules d'un aide, dans une position exactement semblable à celle des moutons fraîchement tués sur les

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épaules des bouchers ; un taxis de quelques instants suffit alors à réduire complètement la tumeur. (British médical journal et Gaz. médic.) Voy. Laparotomie.

De l'intervention chirurgicale dans l'obstruction intestinale. Thèse d'agrégation à la Faculté de Paris, par le docteur J. Peyrot, chirurgien des hôpitaux. Un vol. in 8° de 300 pages Après une division en quatre classes de l'obstruction : vices de position, compression, obturation, rétrécissement l'auteur passe au moyen direct et capital de traitement : la laparotomie. 125 observations en sont visées, avec 40 guénsons. 23 pour invagination ont donné 9 guérisons et 1* morts, tandis que les autres, faites en dehors de cette cause, ont donné le surplus, savoir :

Cas. Guér. Morls.

Réduction de hernies en masse 14 9 5

Hernies internes g 2

Brides, diverticules 29 7 29

Anneaux accidentels . ~7.

Adhérences ou anses 7 4 „

Volvulus, torsions ' 13 2 ..

Compression externe, péritonite 3 3

Corps étrangers ' ^ 4 !

Concrétions intestinales 1

Tumeurs et rétrécissements , ,2 g

Etranglements 9 3 (i

Totaux 102 ~ÏÔ ~êï

On peut juger, par cette statistique, des cas où la laparotomie peut être appliquée avec plus ou moins de chances de succès. Le même tableau est fait pour l'entérotomie et la côlotomie lombaire. De là l'importance de ce travail, à la lois clinique et statistique, permettant de saisir d'un coup dœil les indications et les contre-indications de ces opérations formidables. 1

Obstruction intestinale calculeuse. Le 5 avril le docteur Galloupe fut appelé près d'une dame de soixante aris Z souffrait, depuis trois jours, de coliques biliaires 'avec vomissements, constipation opiniâtre, malgré l'usage des dtast.ques. Les accès précédents avaient été moins -raves Il y avail tympanite, vomissements fécaloïdes, prostration

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extrême, avec de telles coliques que des injections multipliées de morphine pouvaient seules calmer. Ces accidents persistèrent jusqu'au 11, que la mort arriva par faiblesse, inanition.

L'autopsie montra un calcul biliaire, mesurant 3 pouces 1/4 sur 7 1/4 de circonférence, arrêté dans le petit intestin, à huit pieds au delà du pylore. D'un brun noirâtre à l'extérieur, son apparence interne était de la cholestérine pure. La partie de l'intestin au-dessus du calcul avait le calibre du côlon, et le reste était réduit au tiers de son volume normal. L'appendice caecal , de 6 pouces de long , était attaché à la vésicule biliaire par des adhérences anciennes. {Boston mecl. and surg. journ. 11 mars.)

Un cas analogue, dont l'issue a été plus heureuse, s'est offert au docteur Logerais, chez une dame de quarante-sept ans, très obèse, venue pour prendre les eaux de Pougues en 1879. Souffrant de flatuosités et de digestions difficiles, elle était atteinte en outre de diabète. Ses urines catarrhales donnaient 22 grammes de glycose par litre.

Tous ces symptômes s'étaient améliorés après neuf jours, lorsque des vomissements survinrent avec absence de selles. Il n'existait pas de hernie, mais une dureté au niveau du côlon ascendant avec matité environnante. Malgré les purgatifs divers, les cataplasmes, les frictions belladonées et les lavements les vomissements jaune verdàtre persistaient avec tvmpanite' croissante. Dix pilules, contenant chacune 10 centigrammes d'huile de croton avec de l'extrait de belladone, Turent administrées d'heure en heure avec lavements forcés d'eau de Selz.

C'est alors qu'une débâcle eut lieu dans la nuit, persistant durant trois jours. On percevait encore néanmoins la dureté du côlon ascendant, et c'est après un lavement que la malade, allant à la garde-robe, sentit un corps dur el résistant sur l'anus, qu'elle ne pouvait expulser. Le médecin seul put en faire l'extraction. C'était un corps jaunâtre, dur, ovoïde de 6 centimètres de long sur 10 de pourtour. Scie dans sà longueur, il était formé de couches concentriques de cholestérine, avec un corps brillant et comme vitreux, gros comme une noisette, au centre et en formant le noyau. C'était un calcul composé principalement de cholestérine, avec un novan central. (Gaz. hebd,, n° "22. )

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Obstruction calculeuse incomplète des voies biliaires.

D'après une analyse clinique très minutieuse et sans preuves anatomiques d'un cas de cholêlithiase, observée sur un homme de cinquante-deux ans et suivie de mort après dix-huit mois, le docteur J. Besnier lui attribue les symptômes suivants : troubles gastro-hépatiques accompagnés d'uricémie et d'une anémie de plus en plus intense (Voy. ces mots), puis accès violents et répétés de fièvre intermittente hépatalgique, avec coliques légères suivies de l'expulsion de nombreux calculs biliaires et d'une gravelle biliaire abondante. Par l'interprétation savante de ces divers symptômes, d'après les données les plus récentes, l'auteur en montre la relation, les rapports étroits avec la destruction des globules rouges dans le foie et l'expulsion de leurs débris sous forme d'urée et d'acide urique dans les urines. D'où l'indication de tenir compte de ces phénomènes à l'avenir dans les cas de lithiase biliaire. (Arch. de méd., avril et mai.)

OEDEME. La ligature des veines n'ayant pas produit l'œdème passif du membre, M. Ranvier en a conclu que l'altération des nerfs était indispensable à sa formation. De nombreuses expériences ont été faites par M. Solnitschewski, sous la direction du professeur Cohnheim, pour vérifier cette théorie. Tous les troncs veineux principaux et même secondaires qui pouvaient être atteints ont été liés en effet sans amener l'œdème. Mais une injection de matière colorante dans les artères ayant montré que la. circulation én retour se faisait par des collatérales, l'absence d'œdème s'est clairement expliquée. Cette circulation collatérale a dès lors été obstruée par l'injection d'une bouillie de plâtre dans l'une des origines de la saphène, et l'œdème se forma en quelques heures d'une manière durable. La ligature des veines sans collatérales, comme la veine-porte suffit ainsi à le produire, pourvu que l'arrêt de la circulation soit suffisant.

Mais si la lésion des nerfs n'est pas indispensable à la formation de l'œdème, elle peut la favoriser. La section des nerfs, en amenant immédiatement une dilatation artérielle par la paralysie des vaso-moteurs, en est la démonstration Dans ce cas, la ligature d'un tronc veineux principal peut

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