PHÏ H ALMO LOG LE
C'est leur bien même qui leur est L'endu, car lorsque, le •{ I décembre 1779, Louis XVI autorisait L'expropriation de l'enclos des Quinze-Vingts et ses dépendances, situe rue Saint-Honoré, à proximité du Louvre et des Tuileries, pou.' ouvrir de nouvelles voies de communication, le produit de La vente s'éleva à G 312 000 livres, qui devaient être employées exclusivement au traitement et au secours des aveugles, nauvres 450 000 livres furent seulement consacrées a 1 acquisition du bâtiment actuel, et, de tous les progrès que e iu te et bon roi avait dès lors décrétés pour le bien de ces Infortunés et de la science, rien ne fut fait. La tourmente révolutionnaire et ses conséquences immédiates en empêchèrent la réalisation. C'était donc un devoir de juste réparation pour la République de satisfaire à ces intentions du monarque qui en a été la plus grande victime.
"fin de satisfaire à tous ces besoins et de réparer ces grandes injustices, une Société nationale d ^s.stance pour les aveugles travailleurs a été fondée, au capital de 8 000 000, sous le patronage du ministre de l'intérieur, qui a pris •inUia ive de ces grandes innovations. La souscription anniellè est de 12 francs seulement, amortissable au eap ialT 300 francs, que l'on peut adresser au Trésor publie.
Vrovhvlcme. L'ignorance, l'incurie, la négligence ou parfois un 'zèle inopportun sont souvent * de la nerte de la vue, surtout chez les enfants. L ophtnalmie nurulen e des nouveau-nés n'est, le plus souvent, si grave Te par e défaut de soins intelligents, et l'abus de, collyre actifs cbez les adultes, ordonnés souvent banalement e Lus examen, alors qu'il y a des lésions ^ P-^es, H souvent plus de mal que de bien. De ûj
ment par la municipal té à ton! i ceux qui j une déclaration tle naissance poiu prévenu ml des nouveau-nés.
OPHTHALMOLOGIE 433
Elle contient les indications suivantes : Essuyer les yeux de l'enfant, dès qu'il est arrivé, avec un linge sec en toile, €t laver la figure et la tête avant le reste du corps. Éviter le froid et ne pas laisser la tête découverte. Dès que les paupières enflent et laissent échapper une matière jaune verdâtre après la naissance, recourir de suite au médecin plutôt qu'au lait de la mère ou à l'eau de sureau pour nettoyer les yeux, car c'est le début d'une maladie très dangereuse. Cet exemple devrait être suivi dans toutes les mairies de France.
Des lotions antiseptiques avec des solutions étendues d'acide borique ou salicylique suffisent ainsi dans la plupart des ophthalmies externes. 2 grammes d'acide salicylique dans 1000 grammes d'eau distillée est la formule du docteur Masse, pour les lavages fréquents, les compresses et les instillations contre l'ophthalmie purulente des nouveau-nés. (Gaz. des se. méd. de Bordeaux.)
L'acide borique se généralise surtout dans la thérapeutique oculaire, depuis que le professeur Panas en a indiqué l'usage. Il est particulièrement efficace, d'après le docteur Théobald, contre la conjonctivite purulente, quelle qu'en soit la nature, spécifique ou non, le catarrhe conjonctival l'asthénopie et l'hyperémie conjonctivale qui s'y joint ordinairement. Les inflammations diffuses de la cornée, la kératite ulcéreuse et le pannus en sont également justiciables. Des onctions faites avec une pommade contenant 65 centigrammes d'acide borique pour 4 grammes de cérat simple sont très efficaces dans la blépharite marginale et le catarrhe de laconjonctive palpébrale. {New-Yorkmed. Record.)
Troubles de la menstruation. Leur retentissement sur l'appareil oculaire a été observé par le docteur Swanzy chez des jeunes filles de onze à dix-sept ans, dont il rapporte sept exemples. Un iritis était la conséquence de l'absence ou de i insuffisance des règles, avec douleurs, injection et photophobie. Il y a tendance à la formation de synéchies posté rieures et à l'opacité du corps vitré. C'est une iridocho roidite a marche lente, très difficile à guérir et récidivant souvent. Une hémorrhagie sous-choroïdienne dans un cas ■en montrait l'étiologie directe. On ne connaît pas d'exenmles -de cette lésion chez les garçons.
gaunier.
xvi. — 2o
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La rétinite et l'apoplexie rétinienne ont succédé également à la suppression des règles. L'aslbénopie se lie souvent a des accidents hystériques : 'il y a impossibilité de lire, d'écrire ou de coudre, ni de faire un travail quelconque à courte distance; il y a surtout pholophobie à la lumière artificielle, sans injection, ni rougeur, ni gonflement des paupières.
Ces accidents sont ordinairement des signes de lésions utérines plus ou moins graves cbez les femmes nerveuses. C'est une indication de les examiner. (Dublin joum. ofmed. sciences.)
Cbez une dame dont la menstruation élait difficile, le docteur Romiée a observé, pendant quatre périodes successives, la formation de pblyctènes conjonctivales précédant son apparition et disparaissant aussitôt l'écoulement établi. (Ann. de la Soc. méd. de Liège.)
Cbez l'homme, les excès génitaux ou la masturbation déterminent aussi les troubles de la vue : mouches volantes,, lésions de la choroïde et de la rétine. Chez la femme, ces accidents sont plus communs lors de la ménopause. (Ann. d'ocidistique.)
Un moyen de prévenir ces accidents chez les femmes qui ont une menstruation difficile, c'est surtout de ne pas lire au Ut et de protéger l'œil contre une lumière excessive ou des couleurs trop brillantes, surtout à l'époque des règles. Lire couché est dangereux pour tout individu affaibli. {New- Yordmed. Record, 187 '9.) •
Les femmes atteintes d'affections génitales soutirent d un affaiblissement considérable de l'accommodation, suivant le docteur Noyés. Elles ne peuvent lire ou coudre et même fixer leur interlocuteur sans être prises de douleurs névralgiques. Les femmes affaiblies y sont plus exposées que lesautres; ce qui indique le traitement à suivre pour y remédier.
Ophtbalmie sympathique. Éncrvation de l'œil. Cette opération est définitivement entrée dans la pratique courante, comme en Allemagne. (Voy. année 1878.) Le docteur Aiadie l'a pratiquée dix-huit fois en une seule année, dont la plupart des observations sont consignées dans u thèse de M. Redard, son chef de clinique. Voici le procédé employé .
OPHTHALMOLOGIE 435
Le tendon du droit externe étant sectionné comme pour la strabotomie, on dénude la sclérotique en haut et en bas, sans intéresser les muscles. On se fraye ainsi un passage jusqu'au nerf optique, que l'on coupe d'un coup de ciseau, comme dans l'énucléation. Le globe jouissant d'une certaine mobilité est luxé hors de sa cavité, et, par une rotation en dedans, son pôle postérieur est amené dans le champ opératoire. On achève la dénudation de la sclérotique avec des ciseaux courbes, en ne laissant subsister ni nerfs ni vaisseaux du moignon. L'œil est ensuite replacé dans l'orbite à sa position normale, et un fil de suture passé à la sclérotique et au muscle droit, l'y fixe. Un bandeau compressif est maintenu pendant quarante-huit heures en l'imbibant avec quelques gouttes d'une solution phénkruée au 100° et glacée.
Le soin pris pour la dénudation complète du globe est la distinction de ce procédé. On jugera de sa valeur par les expériences sur les animaux. Les suites de l'opération ont été des plus simples et sans réaction inflammatoire notable Un rapport sur ce travail fait par M. Giraud-Teulon et adopté par la Société de chirurgie, tout en maintenant les avantages de cette nouvelle opération, a pourtant introduit une distinction capitale sur ses indications. C'est pour avoir confondu l'ophthalmie sympathique avec des phénomènes bénins et purement sympathiques de celle-ci que l'on a toujours cru la diriger avec succès contre elle. Mais il convient de les distinguer avec soin, sous le rapport des symptômes comme de la fréquence.
Une personne dont les yeux étaient sains et normaux est blessée dans un œil, et, quelques jours ou quelques semaines après 1 accident, l'autre œil intact devient sensible à la lumière, s injecte, s'enflamme; les milieux se troublent l'iris se décolore, et des exsudats apparaissent dans la chambre antérieure. C'est l'ophthalmie sympathique vraie, maligne dont le danger est si grand que, si l'on ne recourt pas aussitôt a 1 énucleation de l'œil blessé, une cécité irrémédiable en résultera promptement. Agir autrement sur uu œil profondément désorganisé, dont rien ne peut calmer les inflammations et les douleurs répétées, c'est s'exposer à des re vers graves, car aucune autre opération régulière ne peut mettre fin a ces symptômes. *
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Bien différents sont les phénomènes sympathiques. Un œil perdu depuis longtemps, par une cause quelconque, et n'ayant plus qu'une nutrition défectueuse, s'enflamme, devient douloureux, s'injecte par une cause interne quelconque, et un retentissement sympathique se produit du côté opposé. L'œil sain devient larmoyant, sensible à la lumière, l'acommodation s'effectue péniblement, et l'acuité visuelle faiblit.
Il y a donc une différence sensible. Une inflammation manifeste du tractus uvéal, se traduisant par des altérations de tissu, exsudats, décoloration, troubles, oblitération pupillaire, existe dans le premier cas, tandis que le second consiste uniquement en troubles fonctionnels , larmoiement, sensibilité et diminution de la vue. Ces derniers symptômes seuls indiquent l'énervation de l'œil plutôt que son énucléation. Il n'y a pas à redouter la fonte purulente de la cornée, et si elle est assez bien conservée, si le globe n'est pas trop déformé, l'organe pourra rester en place et tenir lieu avec avantage d'un œil artificiel. Le globe et la cornée conservent leur forme et leur vitalité. Une observation prolongée pendant plus d'un an est la démonstration péremptoire et d'autant plus certaine que la réunion du nerf optique se rétablit, comme les expériences ci-après relatées l'ont montré. Ce nouveau procédé de l'énervation peut donc rendre de grands services en dispensant les malades de porter un œil artificiel. (Soc. de chir., novembre 1879 et janvier 1880.)
Réunion des nerfs. D'après quarante expériences de cette •opération, faites par M. Redard sur des chiens et des lapins, les nerfs ciliaires se sont montrés sensibles dès qu'on les excite. Après la section totale, la cornée perd immédiatement sa transparence et son éclat habituel. De plus, elle est insensible. La pupille se dilate. Chez les lapins, on observe au début une contraction, suivie bientôt de dilatation de la pupille. La section partielle produit une anesthésie et une dilatation partielles; la pupille est alors irrégulière. Si l'on sectionne les filets ciliaires en dehors, la pupille est paralysée en dehors seulement et peut se contracter encore en dedans sous l'influence de la lumière. La nutrition de la cornée et de l'œil se fait régulièrement avec une
OPHTHALMOLOGIE 437 côcité complète. La pupille est dilatée pendant quatre à cinq mois. La sensibilité revient vers le troisième mois par place d abord, pour devenir générale. Chez les animaux opérés depins un an, la sensibilité de la cornée est parfaite Chez plusieurs des animaux expérimentés, la vision est restée
f,nnlCt7Ui P1'0?™ ,qUf ]'0n Peut Priver ]e nerf ^tiq^ a son entrée dans 1 œil, de ses nerfs ciliaires et de ses vaisseaux sans qu'd en résulte des troubles sérieux du côté de la vision. Chez quelques autres, on observe de Ta névrite avec atrophie partielle consécutive, irrégularité des bords de la papille, taches noires hémorrhagiques ■ les veines sont dilatées, les vaisseaux irrégulièrement disposés
Dans le plus grand nombre de cas, la cornée a gardé sa transparence, et, chose plus importante, le globe oct lave a conservé sa forme et ne s'est nullement atté ré. Chez les animaux présentés, opérés depuis un an et demi h> globe oculaire n'offre pas la moindre atropUe Le cSllin est transparent. Après trois à quatre mois, le corps viSé e trouble légèrement. L'ophthalmoscope montre des point
Zrs 'm7hagiqT aUt°Ur dG la PaPilIe atrophiée En divers points, on observe des plaques d'atrophie choroï
P ndant six Si "* ^ U PUPiUe "este ^ suit Itl hiïï w an e'rePre^ sa contracté ensuite très faiblement. La sensibilité revient par place trois à
règénèrèT U& ncr/* dUaires Passent
18-^?%^*^°^ exPériences de M. Boucheron en façon h .TC / -I C UnJ' " C0DStaté au ^roscope, de la eu ment^ ! évfn e>.une régénération complète, non seulement des nerfs cihaires sectionnés, mais du nerf onti-
Sito: r"VfeS réaPP-issent après féTevation de 1 œd sont évidemment dues à la régénération des nerfs cihaires, car, d'après de récents travail! entrepris en Allemagne, on a vu l'humeur aqueuse se coaguler à la suite de la section du sympathique. D'où il conclut que, dans tous cé cas, es lésmns cornéennes observées ne sont nue consé
Motl Lt)16810118^0'0^68'10^0^ Pn-itives (So0cnt La valeur de cette opération est donc loin de donner
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toutes les garanties qu'on lui attribuait. D'après le docteur Meycr et M. Dor (de Lyon), elle n'est applicable que si les phénomènes d'ophthalmie sympathique ne sont pas imminents. Dès que celle-ci se montre, au contraire, l'énucléation est de règle absolue, car la régénération de la substance nerveuse, la soudure des extrémités coupées a été constatée irréfutablement. Deux opérations successives de névrotomie opto-ciliaire, faites par M. Hirschberg, n'ont ainsi pu prévenir les progrès d'une ophthalmie sympathique combattue ensuite efficacement par l'énucléation. (Arch. de Knapp). Elle n'est donc applicable que dans les cas, encore très nombreux, où une irritation de l'œil sain se reproduit sous forme d'accès névralgiques et commande d'agir. 11 applications ainsi faites et déjà rapportées par M. Meyer ont donné 9 succès et six nouvelles observations confirment parfaitement cette interprétation. (Congrès d'ophthalmol. de Milan, septembre, et Journ. de thér., n° 20.)
Ciseaux écraseurs. Imaginés par M. Warlomont exclusivement pour l'énervation, afin de prévenir l'effusion sanguine de l'artère centrale de la rétine, qui compromet le succès de l'opération dans ses conséquences et la possibilité de la réunion des nerfs divisés. Forts et offrant une courbure sur le plat correspondant au globe de l'œil, ces ciseaux à énucléation sont pourvus d'un cliquet entre les anneaux qui les empêche de s'écarter. Une pièce surnuméraire et concentrique adossée à la branche inférieure est seule tranchante. La section s'opère en avant des pièces comprimantes, qui sont laissées en place et maintenues par un aide pendant la toilette de l'œil. Tout danger d'hémorrhagie et d'épanchement sanguin est ainsi prévenu, et, par cet écrasement, les bouts nerveux sont dans des conditions opposées à leur réunion. {Bull, de VÈcole de méd. de Belgique, mars.)
Ophthalmie blennorrhagique. La difficulté de combattre efficacement cette inflammation spécifique par les résolutifs ordinaires a conduit M. Bader à employer la pommade suivante à l'hôpital Guy :
OSTÉITE DOULOUREUSE
% Vaseline 30 grammes.
Oxyde nitrique de mercure 65 milligrammes.
Daturine 13 milligrammes.
Mêlez.
En badigeonnages sur le bord libre des paupières avec xin pinceau, de manière à la faire pénétrer sur la surface de la conjonctive.
Cinq observations, chez trois jeunes gens et deux enfants, sont rapportées à l'appui. Dans tous, l'effet de ce nouvel ■ointement s'est montré rapidement efficace après d'autres traitements antérieurs. (Lancet, Ie' mai.)
Une solution de 1 gramme d'acide borique dans 30 grammes d'eau en instillations et en lotions ne cause qu'une irritation momentanée et tarit rapidement l'écoulement, comme dans la plupart des inflammations purulentes. {New-York med. Record.)
OSTÉITE DOULOUREUSE. Trépanation. Il y a lieu de distinguer, entre les douleurs que provoque l'ostéite des os longs des membres inférieurs surtout, celle qui est caractérisée par des douleurs névralgiques, si bien étudiée par le professeur Gosselin (Voy. année 1875), et celle produite par la présence du pus dans les os. Au point de vue symptomatique surtout, cette distinction est capitale, bien que les chirurgiens ne paraissent guère occupés de l'établir, en raison de la similitude du traitement. C'est ce qui résulte de la discussion suivante.
Un jeune homme de vingt et un ans souffrait, depuis cinq ans, de douleurs extrêmement vives au niveau de l'extrémité supérieure du tibia avec augmentation fusiforme de l'os au-dessous de la tubérosité antérieure. Le diagnostic avait été : hypertrophie de l'os, ostéite condensante et abcès enkysté probable. L'iodure de potassium n'ayant produit qu'un soulagement momentané, une couronne de trépan se trouvait indiquée. Elle fut pratiquée le 28 avril par le docteur Delens, qui trouva le périoste épaissi, un tissu osseux éburné très dense et consistant. Une rondelle osseuse de 0 m. 022 d'épaisseur fut enlevée, sans aucune trace de pus dans la cavité sous-jacente, mais seulement un point un peu plus vasculaire. Aucun accident consécutif, et aujourd hui la perte de substance est à demi comblée
440 OSTÉITE DOULOUREUSE
La relation de ce cas a provoqué le rappel de plus de vingt faits analogues où la trépanation a été également pratiquée, sans qu'aucun caractère distinctif de la présence du pus ait été indiqué. M. Després s'est ainsi guidé sur le point tuméfié et sur l'endroit le plus douloureux pour trouver le foyer purulent ; tandis qu'en trépanant une. tumeur du tibia peu saillante, longue de 15 centimètres,, située au milieu de la diaphyse, M. Verneuil ne trouva aucune trace de pus. Il n'en rencontra pas davantage dans une ostéite de l'extrémité inférieure du fémur, chez un individu venu d'Orléans pour se faire amputer. M. Perrier n'en trouva pas non plus dans trois couronnes de trépan faites sur le grand trochanter pour une ostéite ancienne. Malgré un gonflement assez considérable et fort douloureux au même siège du fémur, M. Lucas-Championnière n'en trouva pas davantage, quoique les mailles osseuses fussent très larges, comme dans l'ostéite chronique. M. Cruveilhier lui-même, dont la thèse sur les abcès des os est restée célèbre, n'a rencontré du pus que deux fois sur cinq trépanations du tibia. Sur dix ou douze trépanations semblables, M. Duplay ne parle pas non plus des symptômes différentiels de l'ostéite purulente ou non. Il ne semble donc pas en exister de bien tranchés, malgré la lenteur de cette affection. (Soc. de chirur., 2 juin.)
Un nouveau fait clinique, observé par le docteur Fiessinger, à la fin de janvier 1880, et rapporté avec détails, permet cependant d'en constater le caractère purement névralgique. C'était chez une femme de vingt-sppt ans, grande et bien constituée, avec une paralysie faciale droite, dernier vestige d'une hémiplégie croisée qui l'avait frappée à quatre ans. Les membres primitivement paralysés avaient repris peu à peu leurs fonctions, si bien qu'à dix-huit ans, toute trace de parésie avait disparu. A vingt-deux ans la malade s'est mariée, sans avoir- eu d'enfants jusqu'ici. Son état général est bon et ne s'est jamais ressenti de 1 influence de ses douleurs dans la jambe droite, survenues brusquement en décembre 1877. Elle habitait alors un logement très humide, lorsqu'après une bonne nuit, elle ressentit une douleur aiguë dans la jambe au moment de se lever. Le maximum était à la partie moyenne du tibia et augmentait par la pression. Elle n'a jamais disparu depuis..
OSTÉITE DOULOUREUSE 44} sTativf 7?? circoûscrite> " semble à la malade que trouvant a 1 intérieur, distendait le tibia outre mesure
aDles, mai, la douleur a notablement augmenté denni, quelques mois. Elle est continue le inm Jt T * P . nnit par le frottement des couvert ires du 1 t T^ r^ n ayant p,us de repOS, a consulté bon nomfar d m ^ Les uns se sont moqués d'elle et ont ™7tLil franees à un état névropatbiqL les anî P? + T ^ constatant aucune lésion phSo on nr*l ?\ m "e potassium à l'intérieur et i ordonné l'iodure de
diode sur le trn^ nîaîade iadl&e0Ma^s de teinture La pression est très pénible au niveau Ho in
tibia, que l'on J l , m app"yant sur '» "n empâtement 0™™ " ."°™? !° pr0,0.?dj> ou p,»Mt de fondés de Part™, „" 7 X?CS disparaît sous l'influence d'nnn ~ • empâtement mande un certaStemnî 1 P SS1°n Prolon^e et deinférieure dutang mqPu 8 ZZ ZT^ A ^ Pai,tiG tion considérable du volume dé lof. ^ au^raenta-
La trépanation est pratiauée Ia w ™™ , ,
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Phéoiooé, amfatoSïïj^^SS^ Pansement
la plaie. J">qua Ja moelle et réunion de
Dès son ,-évei!, ,'opérée dit „ue ses donleors „„, cllangé
442 OTORRHÉE
de nature, Elles vont en diminuant avec la cicatrisation de la plaie, sans aucune complication anormale, et, dés le 27 mars, le drain fut enlève. L'opérée passe d'excellentes nuits, marche et se promène sans douleurs et a repris ses occupations. (Soc. de mêd. de Nancy, 28 avril, et Revue méd. de l'Est, 15 juillet.)
De V ostéite épiphysaire des os longs de la main et du pied. Thèse inaugurale, par le docteur Cottin. Pans, 1880.
Cinq observations, recueillies dans le service de M.DupIay, témoignent que cette forme spéciale se développe ordinairement chez les enfants ou les adolescents, spontanément ou à la suite d'un traumatisme, au niveau d'un espace articulaire des doigts ou des orteils ou aux extrémités des métacarpiens ou des métatarsiens. Le détachement de la diaphyse en est la conséquence ordinaire, sinon la nécrose même de l'os. De là l'indication de traiter énergiquement et de bonne heure cette ostéite toute locale et plus tard de recourir à l'ouverture et à la résection sous-périostée des parties nécrosées, pour obtenir une prompte guènson, réalisée dans tous ces cas.
OTORRHÉE. Formation de séquestres de la région mastoïdienne. Cette complication serait assez fréquente dans l'enfance, d'après le docteur Hartmann, en raison meme des dimensions considérables de la cavité J^e^ chez les jeunes enfants. Qu'un processus !nflan™a^ intéresse les cloisons des cellules et la cane la née ose peuve it en résulter avec d'autant plus de gravité que 1m- Tammation peut se transmettre à la cavité cranienn e p r l'intermédiaire des sutures qui ne se ferment que vers
deuxième année. j'„np ma-
L'écoulement abondant, ^belle et prolongé d une ma tière puriforme par le conduit auditif externe est le caiac ère commun de ces séquestres intra-mas oïdien . D e là l'indication de trépaner cette apophyse, ^f "*™^ vient à acquérir la certitude de la pr sence de ce êques re en le mobilisant avec la sonde ou le sty 1 et Mais ce d^a gnostic est suffisamment établi dès qu'i exis e; a^c °^es rhée purulente chronique, fétide et rebelle au l™*^™8 végétations de la caisse repullulant après leur ablation, et
OTORRHËE i43
de petits séquestres osseux dans l'écoulement. Des fistules derrière l'oreille exlerne, dont la sécrétion est particulièrement fétide, accompagnées surtout du gonflement de a région mastoïdienne, avec infiltration diffuse, inflammation aiguë ou tuméfaction des ganglions, en sont aussi des signes, surtout s'ils coïncident avec une dépression des forces liée à la scrofule, la tuberculose ou le rachitisme
Des complications mortelles peuvent ainsi résulter de la présence de ces séquestres, si l'on n'en fait l'extraction. L est pourtant là une opération dangereuse. Sur trois cas elle a été suivie de mort de six semaines à huit mois après' chez des enfants de un an et demi à deux ans, tandis crue la guenson s en est suivie chez une fille de trois ans Un quatrième cas, récent et encore en observation, chez un enfant de vingt-sept mois, promettait un succès semblable. (Archw fur Augen in Ohrenheilk. et Ann. des maladies de l oreille, n° 2, mai.)
La justesse de ces prévisions s'est confirmée à l'autopsie •de quatre enfants atteints d'otorrhée et morts de maladies intercurrentes Chez une fille de dix-neuf ans, dont l'écoulement libre du pus était obstrué par de nombreux polypes, le docteur Burckhardt-Mérian rencontra une carie de l'apophyse mastoïdienne, avec pénétration du pus dans le sinus pelreux supérieur et méningite circonscrite de la base. Une cane de 1 oreille moyenne et de la cavité mastoïdienne fut •également constatée chez un enfant de sept ans et demi ^yant succombe a une péritonite tuberculeuse. Le pus s était frayé une issue au dehors, en passant sous le périoste •de la région temporale. Une tuberculose généralisée avant emporté un enfant de deux ans et neuf mois at tett d'une otorrhée purulente à la suite d'une chute sur le côté -auche
tnvl r 4i° Q -tr0+UVa aJUSSi Une nécrose de Apophyse mastoide. L élimination du séquestre eût infaimblement été mortelle en dénudant le sinus veineux correspondant
Les bons effets de la trépanation préventive de l'apophyse masto.de dans ces cas et son indication précise sont d ailleurs démontrés par l'observation suivante'du doc eS Gillette. Un terrassier de cinquante-quatre ans entre k 1 infirmerie de Bxcêtre pour une épidiclymite tubeicu eUse compliquée d'une caverne volumineuse au sommet ; dû pou-
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mon gauche. Un écoulement purulent fétide assez abondant existe aussi dans l'oreille droite, par suite d'un coup de pierre reçu à la région occipitale quinze mois auparavant. Cet écoulement augmente d'une manière intermittente et comme par débâcles, à la suite de la guérison de l'hydrocèle. Bourdonnements, sifflements, surdité. Rougeur prononcée et douleur à la pression de la région mastoïdienne .
La trépanation est pratiquée le 11 mai 1879, et, pénétrant avec la gouge et le maillet dans l'antre mastoïdien à travers une ostéite condensante, une injection d'eau phéniquée,. poussée par la plaie, revient par le conduit auditif externe, en décelant la perforation du tympan. Un stylet aiguillé, introduit ensuite, sort de même par le conduit auditif, et un drain fixé au chas du stylet est ramené par l'ouverture artificielle. Le drainage auriculo-mastoïdien fut ainsi établi et pansé antiseptiquement comme un séton. Sauf quelques accidents convulsifs survenus le cinquième jour par une poussée congestive manifeste du côté des méninges, cette opération eut une issue des plus favorables. La suppuration cessa complètement, et l'ouïe se rétablit parfaitement. La diathèse tuberculeuse et même la cachexie ne sont donc pas des contre-indications à l'emploi de cette trépanation. (Ann. des malad. de l'oreille, novembre 1879.)
L'otoirhée, causes, effets et traitement, par le docteur V. Grazzi. Un vol. in-8°. Milan. L'écoulement chronique de l'oreille est l'effet ou la cause de la plupart des maladies de cet organe. Il forme ainsi le symptôme prédominant de la pathologie otologique. Il existe chez le cinquième environ des malades reçus dans les diverses cliniques. La même proportion des sourds-muets en France et à l'étranger le présentent également, par suite d'otorrhées négligées dans l'enfance, d'après Bonnafont. Aucune cavité du corps humain aussi étroite que la caisse du tympan ne confine de toutes parts à des organes aussi importants, dit Trceltsch.
Sous ce titre simple se trouve un véritable traité, qui a été couronné par le Collège médical de Florence et où tous les meilleurs travaux publiés en Europe sont utilisés. 1! représente parfaitement l'état actuel de la science sur ce sujet important.
OVARIOTOMIE. Succès en Angleterre . Spencer- Wells a pratiqué sa millième ovariotomie en juin dernier, avec succès. Depuis la huit cent quatre-vingt-huitième qu'il emploie le pansement phéniqué, les résultats ont été meilleurs qu'auparavant. Plus rapides ont élé les guérisons et la fièvre. moindre. Peu de chirurgiens ni même de spécialistes n ont jama1S été capables de présenter l'histoire d'un travail aussi original et de sauver tant de vies. Une série extraordinairement heureuse a marqué la fin de sa pratique, dit le British med. journal : 40 ovariotomies consécutives ont été exécutées, sans perdre une seule opérée !
Les succès du docteur Keith, à Edimbourg, ne sont pa< moins remarquables depuis 1862 qu'il a exécuté sa première ovariotomie. Ceux de la première centaine ont surpasse la pratique de tous les autres ovariotomistes. 97 guensons ont été obtenues dans la troisième centaine, dont b3 forment une série continue sans un seul décès On attribua ces succès à l'usage du cautère actuel sur le pédicule, suivant la méthode de Baker Brown. Depuis le mois de mars 1877 qu'il a adopté la méthode de Lister, il l'omit dans ses plus minutieux détails, comme un préventif contre 1 infection. Il éthense au lieu de chloroformiser et place le pulvérisateur à gauche de la tête de l'opérée, à 8 ou 9 pieds, du siège de 1 opération. Il incise rapidement jusqu'au péritoine, enlève le kyste de même et ferme aussitôt la plaie
Srnr ^ 16 Pluf ^ Sdn à Uer tous Ies vai^aux.
péritoine. C est la base principale de sa pratique depuis le commencement. ri i
Deux ovariotomies laborieuses sur de vieilles femmes faible,, ayant des kystes multiloculaires et des adhérences intimes, exécutées en présence de Marion Sims, en juillet 1879 ont permis à celui-ci de faire les remarques suivantes. Son
1 éSnaU11,def11"i:0UCe dG diamètre- Dans un cas, il sépara épiploon adhérent par douze ligatures au catgu et le détacha ensuite de la tumeur. Puis il la sépara des intestins et 1 enleva, en appliquant immédiatement des ligatures sur tous les points saignants de l'intestin, du mésentère et de parois, au nombre de quarante au moins. Le pédicule est saisi avec le clamp caustique, qu'il serre étroitement e sectionne a ras, en appliquant immédiatement sur la p Je
le cautère actuel chauffé au brun seulement. Il fait alors la toilette du péritoine en cherchant minutieusement et en liant au besoin tous les points humides ou suintants, — oozing. 11 se distingue ainsi de tous les autres opérateurs, en cherchant et en liant les points saignants longtemps après qu'ils auraient déjà fermé la plaie, en comptant sur le repos et la compression pour résorber le suintement. Il ne suture les deux angles de la paroi abdominale, comme Spencer-Wells, qu'après l'épuisement et l'assèchement complets du péritoine. C'est là la distinction essentielle de sa pratique, d'après M. Sims, et le secret de ses succès. (Boston med. and surg. journ., 4 mars.)
Résultats en Italie. Ils sont beaucoup moins grands, malgré leurs progrès et les modifications antiseptiques apportées au manuel opératoire. On renonce de plus en plus à la fixation du pédicule à la paroi abdominale. Sa ligature isolée avec des fils de soie phéniquée, ainsi que les adhérences intra-abdominales, le font ensuite abandonner dans le ventre. Les 77 dernières ovariotomies ont donné 55 guérisons, proportion beaucoup plus favorable que dans la première centaine. Mais quelle distance encore avec les succès des ovariotomistes anglais et français !
Dangers du nuage -phèniqué. Le listerism est surtout critiqué et battu en brèche dans son pays d'origine. La chirurgie abdominale et l'ovariotomie en particulier offrent les principaux arguments à ses détracteurs. Une congestion des reins, rendue évidente par l'émission d'une urine rare, sanguinolente ou brunâtre, est signalée par M. Thornton, surtout lorsque l'emploi en est prolongé. Ayant observé cette complication plus fréquente et plus grave depuis qu'il emploie le listérisme dans toute sa rigueur, il l'attribue à cette cause. (Voy. Néphrectomie.)
D'autres l'accusent de produire l'hyperpyrexie en agissant comme un poison irritant sur toute la surface irriguée. M Lawson Tait et le docteur Bantock ont notamment réuni des observations pour prouver ce fait. La température la plus élevée, observée par Keith, l'aurait été dans trois ovariotomies faites antiseptiquement. Mais de deux séries comparatives de 36 ovariotomies chacune, faites par M. ban-
tock, avec ou sans le nuage phéniqué, il résulte que la température a été de quatre dixièmes moins élevée avec cet agent. Néanmoins, la plus basse température observée l'ayant été dans une ovariotomie aseptique, il conserve toutes ses préventions contre ce moyen. Tous les témoignages sont ainsi invoqués contre cet agent : c'est un véritable acte d'accusation.
Mais les statistiques de l'hôpital de la Samaritaine, invoquées par M. Tbornton, et les revendications personnelles de Spencer-Wells ont fait justice de ces accusations passionnées et injustes. M. Lawson Tait a avancé ainsi que les plaies faites sous le nuage pbéniquô, rimer head by jirst intention, alors que le contraire est parfaitement établi. Et il donne comme preuve de sa nocuité que, sur 137 laparotomies qu'il a exécutées, 48 faites, avec des précautions extrêmes, par ce moyen, ont donné 5 morts, tandis que les 91 autres, où il n'a pas été employé, n'en ont amené que 6. Comme si l'on pouvait conclure de là qu'il en est plus dangereux !
Quant aux lésions rénales invoquées, M. Dovan, sur 41 autopsies faites après l'ovariotomie, n'a trouvé les reins normaux que 7 fois. Ce n'est donc pas le nuage phéniqué qui les altère; ils sont souvent malades d'une manière latente avant son emploi. {Royal mecl. and chir. Society, 14 décembre.)
De cette longue discussion, dirigée contre le listérisme, il ne restera donc, encore une fois, que les efforts impuissants de ses détracteurs venant échouer contre l'évidence même des faits.
Sur 7 ovariotomies pratiquées successivement par le •docteur H. Clarke, les 6 premières furent suivies de guérison, dont deux seulement avaient été faites sous le nuage phéniqué. Dans tous ces cas, le pédicule fut laissé à l'intérieur de l'abdomen, lié avec des fils de soie. L'une des opérées accouchait, un an après, de son premier enfant, et une autre, jeune fille impubère de quatorze ans, pesant 65 livres seulement, atteinte d'un kyste dermoïde contenant des fragments d'os, des dents et des cheveux, se promenait trois semaines après. Une péritonite générale, causée par la rupture d'un kyste, existait même dans un cas. C'était donc là une série de succès remarquables.
Au contraire, la septième, pratiquée en novembre 1879, avec toutes les précautions antiseptiques, sur une femme do quarante-deux ans, ayant un kyste uniloculaire très volumineux, de 55 livres, fut suivie de mort au onzième joui', sans tympanite ni douleur de l'abdomen. La plaie était presque entièrement cicatrisée, et l'autopsie ne montra que les traces d'une péritonite astbénique, attribuée par l'auteur au vide laissé par l'extraction d'une -tumeur si considérable et une ligature trop serrée posée par un aide sur le pédicule. Le séjour de l'air causé par le vide et la mortification du moignon au-dessus d'une ligature trop serrée lui paraissent les conditions les plus dangereuses à cet effet. Il suffit que le nuage pbéniqué cesse accidentellement quelques secondes, comme dans ce cas, pour que l'air contaminé des germes septiques détermine une issue funeste. Il appelle donc l'attention spéciale des ovariotomistes à ce sujçt. {Boston med. and surg. journ., n° 15, avril.)
Danger du drainage. La difficulté de savoir quand la présence d'un tube est nécessaire pour l'écoulement des liquides et les graves dangers dont il peut être la source en font rejeter l'usage à M. K. Tbornton. Il annibile en effet l'action de la métbode antiseptique, en ouvrant un passage à l'air, c'est-à-dire à la putréfaction, et retarde la cicatrisation et la convalescence. Le séjour à l'hôpital des opérées avec le tube est plus long que les autres. Il peut aussi causer une obstruction intestinale et une péritonite chronique. Il en rejette donc l'usage, comme celui de la ponction préalable, à moins d'une indication urgente. (Lancet, août et septembre.)
Drainage pêritonéo-abdominal. C'est surtout au drainage péritonéo-vaginal, pratiqué avec un tube en verre, que les ovariotomistes ont eu recours jusqu'ici pour l'écoulement des liquides stagnants dans le petit bassin après l'ablation de l'utérus ou des ovaires. M. Kœberlé, de Strasbourg, a le plus contribué à le faire admettre en en montrant l'indication. Mais ce n'était là qu'une exception, et la nécessité d'inciser la paroi vaginale pour donner issue au tube empêchait de l'ériger en méthode générale, proposée par le professeur Nussbaum. (Voy. année 1874.)
OVARIOTOMIE 44g>
On comprend néanmoins qu'il y ait le plus souvent exsudation de liquide après ces grandes manœuvres opératoires, ces mutilations de la femme, soit qu'il provienne directement des tissus divisés, soit des tissus ambiants par le vide lésultant de l'ablation de la tumeur. La rupture des adhérences, donnant lieu le plus souvent à des hémorrhao-ies capillaires consécutives, doit surtout faire redouter ce danger du suintement après la fermeture de l'abdomen
L est en constatant la présence d'un litre au moins d'un liquide séro-sangumolent franchement septique, à l'autopsie d une de ses ovariotomisées, dont la mort était inexplicable autrement, que M. Léon Labbé comprit tout le danCi de ces épanchements intra-péritonéaux, comme foyers défection meurtrière. Et de là sa résolution de laisser à l'avenir dans la cavité péritonéale de ses opérées, un gros tube à drainage de 8 millimètres de diamètre et à paro s épais-
8 Urrtl4Uddeeh°t7 Pa%Une l0ngUe ^ ^-erTnt. Le lesultat de cette pratique a montré, d'après plusieurs
nen^t ,°nS^Ue ^ liquideS divers s'éc°u1^ parcedraS pendant les deux à trois jours qui suivent l'opération. L'ac tion penstaltique des intestins et la contractée insensible des tissus paraissent suffire à cet effet, malgré la direction
à 1 influence du pansement phéniqué. Les suites en ont oujours été favorables, alors qu'en s'accumulànt dans e
m ent amonM? TΙ T réS°rbéS °USsent infailliW- "atri^e1our.SePtlCémie- °n **« CG d™» ^ *
Il est ainsi indiqué toutes les fois que l'on a lieu de
dente p u h^ec^ La présence d'une ascite coïnci-
Adhérences. Elles étaient si nombreuses et solides dans un kyste ovanque volumineux que le docteur Gaz n n e Z 1 extirper complètement. Il laissa alors h nlnin T P ; ouverte, en déterminant des escîat s nJ^SZ fragments du kyste avec une solution d'acid"
phonique. L'élimination n'eut lieu qu'un mois après, et c'est en maintenant un gros tube à drainage à chaque angle de la plaie que la réunion secondaire des deux parois du kysle pût être obtenue. En diminuant la suppuration, l'acide phénique a permis d'obtenir la guérison dans ce cas compliqué. (Acad. de méd., juin.)
Dans un cas où le grand épiploon adhérait en masse au kyste, le docteur Derville, de Roubaix, en a fait l'excision complète avec succès. {Bull. méd. du Nord, n° 6, juin.)
Grossesse consécutive. Voy. Grossesse.
Ovariotomie extra-péritonéale. Une femme de vingtsept ans, mariée, sans enfant, et toujours très irrégulièrement réglée, fut admise à l'hôpital de la Samaritaine, le 2 juin, portant une tumeur élastique et obscurément fluctuante, s'étendant entre l'ombilic et le cartilage xyphoïde. Son immobilité fait diagnostiquer un kyste du ligament large, avec adhérences à la paroi abdominale et à l'utérus. L'ovariotomie est pratiquée le 20 juin par M. Thornton, qui, après l'incision de la paroi abdominale sur la ligne blanche, met la tumeur à nu, recouverte seulement d'un tissu connectif vasculaire lâche, sans trace de péritoine. Toutes les recherches furent vaines pour en trouver la cavité. Le kyste fut ponctionné et vidé, mais sans pouvoir l'énucléer ensuite de sa capsule, intimement adhérente à sa paroi. Il fut de même impossible de le faire basculer, et il fallut le réséquer en masse. Au-dessous se trouvaient plusieurs petits kystes solides provenant évidemment de l'ovaire droit. L examen montra, en effet, un kyste multiloculaire, à parois extrêmement épaisses, enveloppé dans une capsule de tissu connectif lâche et ayant un ovaire kystique à sa base.
Malgré quelques accidents consécutifs, 1 opérée quitta l'hôpital le 20° jour, les ligatures ayant tombé dix jours auparavant. C'est le premier cas où M. Thornton, malgie son immense pratique, ait rencontré un kyste en dehors du péritoine. {Lancet, 21 août.)
Ovariotomie normale double. Persistance de la menstrua-\ Mon. Au mois de novembre 1879, M. Tillaux a pratique sur. une fille de vingt-deux ans l'ablation des deux ovau-es, qui
PARALYSIES 451 étaient malades. L'opérée a parfaitement guéri, et, depuis ors, elle a eu très exactement ses règles chaque mois. C'est le premier exemple de ce genre qu'il rencontre. Toutes les lois quil a exécuté lovariotomie double, les règles ont cessé. °
Il en a été de même dans le cas d'hystérectomie pratiquée 1 année dernière. Malgré l'excision complète de l'utérus et des trompes, sauf la portion intravaginale du col et un très petit moignon de la portion sus-vaginale, les règles on t continué chez l'opérée et reviennent exactement chaque mois, plutôt en avance, pendant trois ou quatre jours quoique moins abondantes qu'avant l'opération
uZr t °0nCll,rf ' COmme rauteur> <ïue ces faits sont coni;'1';3 av^? la fj»^ de la menstruation dans ses onf é il i pT l07Iatl?n? NulIement- Si les deux ovaires n'eli IV 16 Premi6r CaS' il reste a s^oir s'il
montréèVr T Surnuméraire. dont l'existence, dé-
ZT resft aUt°PSie' n'^t pas absolument rare. Lenr excision auée \ vZ p T ftmC0mPlète' quand elle est prati-
lambenn r i° tG -Ie 11 Suffit ^e le oindre
m£*Z a T** Pereiste PO«r déterminer une exhalation TJZ i m{îMCe' COmme Ie docteur Kœberlé l'a
Cas gdn rln-P^mier- 1 * ^ d° d™S 1(5 "COnd
étant rZ iambeaU sus"vaSinal du col, les ovaires
étant conserves, PDur que l'exhalation sanguine s'y fasse guhèrement chaque mois. Loin d'être des exceptions à la règ^e physiologique, ces faits en sont donc plutôt la con-
m"' C°mme n0US ravons établi l'année dernière (voy. Menstruation.)
TÉRirrl0t°mie n°rmale °bez une hystéri5»e. Voy. Hys-
PARALYSIES. Le diagnostic différentiel de la narays.e de la face peut être obtenu instantanément, d'apS le docteur Strauss, pour savoir si elle est de cause centrale 1 Pénphénque. Sous l'action d'un courant constant "es mus-
cles paralysés se contractent quand la lésion est centrale ; ils restent immobiles quand le nerf facial est lésé. L'épreuve du jaborandi ou une injection sous-cutanée de pilocarpine est aussi décisive. Si la lésion est centrale, la sueur apparaît également sur les deux côtés de la face ; elle ne se manifeste pas, au contraire, du côté paralysé si le nerf facial est seul atteint. L'expérience est donc aussi concluante que facile à faire .
Co7inexité des réflexes tendineux avec la contracture spasmodique. Ces deux phénomènes sont rarement inséparables^ d'après M. Cbarcot : l'un annonce l'autre, celui-ci est l'avant-coureur, le prodrome de celui-là. Le phénomène bien connu du genou en est le type dans l'ataxie locomotrice, mais il existe différemment dans la plupart des autres paralysies.
Il est ainsi un signe précieux dans la paralysie avec contracture et atrophie musculaire, connue sous le nom de sclérose latérale amyotrophique, produite par l'altération symétrique des cordons latéraux de la moelle. Les réûexes tendineux se manifestent, dans ce cas, en fixant le genou; il suffit alors de redresser brusquement le pied, une fois ou à plusieurs reprises, pour voir aussitôt une trépidation de tout le membre se produire, tandis que, sur plus de quatorze cents expériences faites par Berger sur des individus différents à l'état sain, elle ne s'est produite que deux fois. C'est le phénomène du pied.
Dans certains états morbides, il suffit de percuter légèrement les tendons fléchisseurs de la main au niveau du poignet, ou le tendon du triceps un peu au-dessus de l'olécrâne, pour déterminer la flexion du poignet ou l'extension de l'avant-bras, ce qui n'a jamais lieu à l'état sain. C'est lephénomène de la main.
Ce signe, constaté des deux côtés, suffit à confirmer anatomiquement la sclérose latérale de la moelle qui paraîtra plus fréquente à mesure qu'on l'observera mieux.
La pachyméningite cervicale hypertrophique donne aussi lieu à des phénomènes analogues; mais sa longue durée en différencie cliniquement le siège. Us existent de même dans; la paraplégie spasmodique et hystérique, sans siège précis ni fixe L'existence des réflexes tendineux est même un indice-
4e la contracture. On doit redouter cette complication chez les hystériques, quand ces phénomènes réflexes sont très prononcés.
Mais ils peuvent aussi faire complètement défaut dans les cas même où ils sont donnés comme type. Le phénomène du genou manque complètement chez certains ataxiques sans incoordination motrice. (Journ. de méd. et chir. février.)
Action des aimants. Un exemple remarquable en est re-
£ ,i°oteUr NothnaSe]- Un homme frappé de la foudre en 873, en revenant à lui cinq heures après, s aperçut qu il ne pouvait plus se servir de sa main droite devenue insensible et sur le dos de laquelle se trouvait une brûlure du volume d'un florin. Traité vainement par™ galvanisme et les frictions pendant dix semaines il recouvra subitement la sensibilité et le mouvement ensuite.
Cette guénson persistait en octobre 1879, quand soudainement, étant a son travail, sa main devint insensible et sans mouvement, exactement comme après son premier accident. La galvanisation fut de nouveau sans effet et au commencement de 1880, M. Nothnagel trouva l'épaule et le coude a l'état normal, tandis que le poignet était consi d rab ement affaibli et les doigts presque sans mouvement Atrophie sensible des inter-osseux, comme dans la première* attaque, et diminution de l'irritabilité électro-musculdre anesthésie complète de la main et perte de k ens bUité limitée au-dessus du poignet. Des courants farad ques et voltaïques furent employés pendant plusieurs jours sans résultat On appliqua alors un gros aimant en fer à cbevaT employé pour des expériences sur l'anesthésie cérébrale' Les pôles furent placés sur la moitié ulnaire de î mat Une heure et demie après, le malade accusa des fourmihe' rnents puis des picotements, et, en enlevant et réaSaS alternativement l'aimant, la sensibilité et la motildé é?a en
^^aïïi'it Japt^t^6 dr
tonnerre dans ses formes les pl^fes^^ Paralysie générale syphilitique. Niée ou mise encore
en doute par certains cliniciens, en raison même du défaut de preuves anatomiques, cotte forme doit trouver sa démonstration par les faits. En voici un des plus concluants, observé par le docteur Buzzard, à l'hôpital national des paralysés de Londres.
Un homme de quarante-quatre ans est pris, il y a un mois, sans coup ni blessure préalable, ni refroidissement ni aucun mal de gorge, d'un affaiblissement de la face à droite. A l'examen, la paralysie de la face est complète, ce qui lui ôte toute expression. Il ne peut ni siffler ni froncer les sourcils. Les muscles droits des deux yeux sont aussi paralysés. La salive s'écoule constamment. Langue tremblante non atrophiée. Il ne peut avaler d'aliments solides qu'avec difficulté ; liquides non régurgités. Flaccidité des sterno-mastoïdiens, n'aidant pas les mouvements respiratoires. Selles involontaires. Il se sert à peine de ses bras pour manger et ne peut se tenir debout. Flaccidité sans atrophie des muscles. Le phénomène réflexe du tendon de la rotule fait défaut dans les deux jambes.
Perte de la sensation tactile à la face, mais le froid et la chaleur sont différenciés. Anesthésie partielle sur les membres.
L'assa fœtida et l'ail sont reconnus par la narine droite et non par la gauche.
Myope ; diplopie ; fond de l'œil normal. Audition normale.
Le goût du sel ni celui du sucre ne sont perçus. Douleur lancinante dans la cuisse droite. Pas d'albumine dans l'urine.
On pensa d'abord à la paralysie ascendante de Landry sans atrophie musculaire ; mais le malade ayant révélé qu'il avait eu la syphilis à vingt-quatre ans, bien qu'il n'en portât aucune trace, dix grains d'iodure de potassium ou 65 centigrammes furent prescrits toutes les quatre heures. Une amélioration rapide s'ensuivit, et la dose de l'iodure, élevée à un gramme toutes les quatre heures, fut accompagnée d'onctions mercurielles.
En dix jours de ce traitement, l'anesthésie avait disparu et le pouvoir musculaire était croissant. Le malade marchait bientôt, et, après trois mois de traitement, toute trace de paralysie avait disparu. Il ne peut donc y avoir aucun
doute sur son étiologie syphilitique, suivant la conclusion au docteur Greenhow, président, malgré sa ressemblance avec la paralysie diphthéritique. {Clin. Society, 12 mars.)
Paralysie pseudo-hypertrophique. Hérédité (?) Sur une famille de sept enfants vivants, deux filles et cinq garçons, M. Moore a observé trois cas de cette maladie chez ceux-ci. Le père et la mère, mariés très jeunes, sont bien portants quoique d'une faible santé, et n'ont jamais présenté aucun symptôme de cette maladie, ni leurs parents ni leurs frères et sœurs. Les deux derniers enfants sont morts tout jeune de convulsions, et l'aîné, Joseph, âgé de dix-sept ans es très bien portant. Le cadet, au contraire, âgé Vmimï ans a commencé à éprouver de la difficulté^ se relever dès 1 âge de huit ans, en plaçant ses mains sur ses genZ pour se tenir debout. Il a graduellement perdu InTuTe 1 usage de ses membres et ne marche plus depms quatre an
Le quatrième, Abraham, âgé de dix ans, a présenté les premiers signes de la maladie il y a troi ans c'est ùn garçon intelligent, frais et bien portant; ses muscles fes siers et les fléchisseurs de la cuisse et d'u bra^ son Z . et fermes; mais, pour se mettre au lit, il ne peut s'aider n de ses bras m de ses jambes, pas plus qu'il ne peut les lever ni la tête, dès qu'il est assis ou couché. La moindre pre - Poe i sur ses cuisses ou toute autre partie charnue du corps laisse une emprunte d'un rouge bleuâtre en quelques secondes. Il a une incontinence d'urine dont rfiSï
Georges a sept ans ; c'est l'avant-dernier de la famille et, depuis deux ans déjà, il a augmenté ou plutôt "o s! rapidement. Il marche encore et court assez bien su un
BïïUT '' raiS' dèS qa'il S'arrête ou V* ™nte™ est obligé de placer ses mains sur ses genoux. Il se faW très vite et réclame la voiture dès qu'il a parcouru qulue en s mètres Légère courbure des lombes. Sous l'ffinS de 1 arsenic et l'application de courants continus une amé horat.on est survenue, tandis que son frère Abraham Zen a éprouvé aucune. L'hérédité est ainsi évidente danT cette malheureuse famille. (Lancct, n° o5 juin } QanS cette
IeUfrè^lamalÏÏ! * -T^ * ^ Par M- ^mil Le nue du malade, soumis le premier à la Société médi-
4^6 PEPTONES
cale des hôpitaux en 1867 par M. Bergeron, s'est présenté à l'hôpital Saint-Antoine atteint de la même alfection. Son frère est mort, en 1870, et à l'autopsie, faite avec soin, les muscles hypertrophiés furent reconnus graisseux, avec atrophie des faisceaux primitifs. Rien ne fut trouvé dans les nerfs ni dans la moelle. C'est donc là une paralysie essentielle des muscles.
Comme dans le cas précédent, les parents de ces enfants sont bien portants. Il n'y a donc pas hérédité, dit M. Corail. Comment admettre cependant que cette dégénérescence graisseuse des muscles se montre sur plusieurs membres de la même famille, s'ils n'en avaient reçu le germe en -naissant et par le fait même de la génération ?
A un degré très avancé de cette dégénérescence musculaire, les os voisins, comme la rotule, peuvent même s'atro- „ ■phier. M. Dujardin-Beaumetz en observe un exemple, et le même fait a été constaté par M. Moore. On doit donc y .faire attention. (Soc méd. des hôp., juin.)
Paralysies intestinales simulant l'obstruction. Voy. -Obstruction.
Des paralysies dans les maladies aiguës. Thèse d'agrégation à la Faculté de médecine de Paris, par Landouzy. 1 vol. in-8° de 400 pages. Paris.
Après la paralysie diphthéritique, qui est la mieux connue ..et dont il cite les exemples les plus graves et exceptionnels, viennent celles de la fièvre typhoïde, générale et localisée, sinon hystérique et agitante, de la fièvre rémittente et intermittente, des fièvres pernicieuses, éruptives, comme Ja variole et la scarlatine, de la dyssenterie, des ententes, du choléra Elles peuvent même se manifester dans toutes les autres pyrexies, lorsque, par leur intensité ou la prédisposition des malades, elles exercent surtout leur influence sur le système nerveux. De là l'intérêt de cette monographie.
PEPTONES au suc de Caricapapaya, On obtient despeptones avec le suc extrait du tronc, des feuilles ou des iruits du Carica papaya, arbre cultivé dans différentes contrées du nouveau monde. (Voy. Ferments.)
Ce suc contient essentiellement comme matière active :
PÉRIOSTITE EXTERNE
Un principe, nommé papaïne par Wurtz, dont les propriétés se rapprochent beaucoup de celles de la pancréatine animale ;
Une substance huileuse, d'une odeur et d'une saveur désagréables, très tenaces, qui, à la dose de 2 à 4 centigrammes, est un excellent vermifuge. Ce liquide possède une action extrêmement irritante, et ses effets sur la muqueuse gastrique sont à redouter.
Le pouvoir dissolvant du suc de Carica est très faible; il faut de 25 centigrammes à un gramme de suc pour peptoniser 10 centigrammes de viande.
Au point de vue pratique, ces peptones offrent donc peu d'intérêt. Dans les essais faits sur la viande avec le suc de Carica papaya, le seul résultat obtenu après l'opération, c'est que les liqueurs peptonisées précipitent indéfiniment par l'acide nitrique, ce qui indique que la viande est plus ou moins transformée, mais non pas complètement digérée.
La papaïne peut être employée dans la dyspepsie et" les maladies chroniques des voies digestives, de préférence à la pepsine animale, si souvent de mauvaise qualité et infidèle. Du sirop, du vin et de l'élixir de papaïne sont préparés à cet effet. Une solution de ce suc pourrait même être injectée dans les tumeurs cancéreuses, les adénomes, les myxomes, pour les ramollir et les détruire sur place, dans la zone imbibée par le ferment. Ces expériences ont déjà été faites avec succès. (Assoc. française, août.)
Des peptones au point de vue thérapeutique, par M. A. Catillon, pharmacien. Brochure de 16 pages in-8°. Extrait du Bull.de thérap., février.
Indications scientifiques, claires et précises, pour l'emploi des peptones à la digestion des aliments, aussi bien en lavements que dans l'estomac, avec des expériences et des observations à l'appui. De là le succès des produits de l'auteur, sous forme de vin et sirop.
PÉRIOSTITE EXTERNE. En désignant exactement l'inflammation de la surface externe du périoste* (Voy. année 1878), cette nouvelle dénomination n'est pas encore définitivement acceptée. Tout en reconnaissant l'exactitude de ce siège limité, les observateurs persistent à faire de son
458 PÉR10STITE EXTERNE
exsudation séro-albumineuse une distinction spéciale qui la séparerait de tous les autres modes d'inflammation : séreuse, fibrineuse, plastique, purulente. M. Nieaise la range ainsi parmi les abcès séreux (Voy. année 1879), comme MM. Ollier et Poncet l'ont distinguée par l'adjectif albumineuse. Mais toutes ces distinctions subtiles s'elt'acent et restent vaincs, depuis que de nouveaux faits ont démontré que cette exsudation variait d'aspect et de nature suivant les périodes ou les degrés de l'inflammation même. A son premier stade anatomique, l'exsudat est en effet séro-albumineux, comme au début de toute autre inflammation légère, lente, et si elle reste telle dans quelques cas, malgré l'abondance parfois considérable du liquide, c'est le signe qu'elle ne cbange pas, tout en s'étendant parfois.
Mais l'exsudat peut se modifier et change même dans la plupart des cas. Si l'inflammation tend à se résoudre, les J parties liquides se résorbant, l'exsudat se concentre et devient filant comme de la synovie. Plusieurs observateurs l'ont caractérisé par ce mot. S'il y a des poussées congestives, il deviendra louche par le passage des globules blancs en quantité variable, et il peut même devenir purulent par la présence de ceux-ci en grande quantité. M. Cazm en a observé un cas par la formation d'un abcès purulent qui, aussitôt ouvert, s'est guéri, sans carie ni nécrose de l'os : preuve qu'il n'était pas atteint.
A l'appui de cette interprétation et pour la corroborer, M. Duplay publie in extenso l'observation d'un cas bien plus concluant, observé sur un ouvrier de vingt-sept ans, entré, le 29 avril 1879, à l'hôpital Lariboisière, pour un orifice fistuleux à la partie externe du tiers supérieur de la cuisse droite. Après des douleurs du genou droit, provoquées par le travail dans un sous-sol très humide, les pieds toujours dans l'eau, il lui était resté une grosseur de la cuisse a laquelle il faisait peu d'attention, lorsque de nouvelles douleurs étant survenues, deux ans après, dans les articulations du coude, du poignet et du genou, avec fièyre, qui le tinrent couché quatorze jours, il s'aperçut que la grosseur de la cuisse avait augmenté. Le 14 mars, elle avait e volume d'une tête d'enfant avec peau rouge et tendue. Llie perça spontanément deux jours après, et il s en écoula un liquide filant comme de la gomme avec des grumeaux
PERIOSTITE EXTERNE
blanchâtres. Il continua néanmoins de marcher pendant dix jours ; mais les douleurs, en se localisant, déterminèrent la fièvre, qui le fit entrer à l'hôpital plus d'un mois ensuite.
L'orifice, très étroit, ne présente ni rougeur ni chaleur. Le stylet introduit remonte jusqu'au grand trochanter, sans dénudation appréciable. Une sérosité jaunâtre très fluide s'en écoule et se coagule par la chaleur et l'acide nitrique. Amaigrissement du membre, dont le diamètre, au milieu de la cuisse, est de 3 centimètres moins qu'à gauche. La région trochantérienne semble aussi plus volumineuse. Mais l'absence de douleur spontanée, en frappant le pied ou en refoulant la tête fémorale, indique assez que l'articulation est intacte. De là le diagnostic de périostite rhumatismale externe. L'absence de fièvre permet l'expectation, et, dix jours après, la sécrétion est seulement plus visqueuse, analogue à de la sérosité provenant des kystes de l'ovaire. L'analyse chimique la montre composée de :
Jusqu'au mois de juin, la sécrétion diminue et permet au malade de se lever et de marcher sans douleur, lorsque, le 2 juin, des douleurs, avec fièvre, surviennent dans l'épaule gauche, et se propagent au poignet les jours suivants, puis dans la hanche droite, malgré le séjour au lit. Bientôt, la sécrétion devient trouble et plus abondante et même séropurulente, puis complètement purulente le 10. C'était manifestement une nouvelle attaque rhumatismale, avec élévation de température à 38° le matin et augmentation le soir.
La fistule est alors agrandie, et le doigt arrive dans une poche limitée par l'os, trouvé sans dénudation sensible. Malgré le pansement de Lister et l'usage du salicylate de soude, une pleurésie survient à droite, et c'est ainsi que l'écoulement delà plaie est alternativement séreux ou purulent, suivant les phases de la maladie, par suite du passage de la pleurésie de droite à gauche, pleurésie que l'on peut taxer de rhumatismale. Pendant plus d'un mois, le malade reste dans cet état fébrile, et l'écoulement, de purulent, redevient ensuite définitivement séreux, puis filant comme de
Eau
Matières organiques Sels inorganiques . .
PHTHISIE
la synovie; enfin la fistule se ferme, et ce garçon sort complètement guéri le 14 août.
C'est surtout au point de vue de l'étiologie évidemment rhumatismale que cette observation est remarquable. La concordance d'attaques articulaires avec poussées congestives vers la tumeur explique manifestement les modifications, les ebangements du liquide sécrété par le périoste enflammé. Il reste séreux tant qu'il n'y a pas de fièvre, et celle-ci le fait devenir purulent. L'exsudation de la périostite externe peut donc être alternativement séreuse et purulente.
Au début, elle est séreuse le plus souvent, car ce fait vient s'ajouter à ceux de M. Nicaise. Éclairé par celui-ci, M. Duplay attribue cette sécrétion particulière à la nature rhumatismale de l'inflammation externe du périoste. L'influence du froid bumide est, en effet, notée explicitement dans presque tous les autres cas, notamment celui de M. Poncet. Le rhumatisme ayant fort peu de tendance à la suppuration, on comprend que cette inflammation reste au premier degré et que des abcès séreux paraissent ainsi naître spontanément. Le tissu conjonctif est souvent pris dans la diatbèse rhumatismale, et MM. Guyon et Davenne ont signalé récemment ces œdèmes rhumatismaux envahissant un membre et formés anatomiquement par l'infiltration de la sérosité dans les mailles du tissu sous-cutané , dont une couche fine et lamelleuse assez serrée se trouve sur le périoste. [Archiv. de méd., décembre.)
PHTHISIE. Fréquence à Paris. La pbthisie pulmonaire prélève, sur la population des hôpitaux de Paris, un tribut mathématiquement réglé de 200 à 300 décès par mois. Lesvariations saisonnières sont peu considérables, mais également bien réglées. La mortalité s'abaisse ainsi normalement au plus bas de sa courbe pendant le trimestre d'été, s'élève ensuite graduellement pendant les deux trimestres d'hiverr puis atteint son point culminant au printemps, pendant le deuxième trimestre de chaque année. Sur 6128 phthisiques entrés dans les hôpitaux de Paris en 1879, 3152 sont morts, d'après la statistique officielle suivante du docteur E. Besnier :
1" trimestre H32 entrées. 778 décès.
îe trimestre 1857 — 880
3o trimestre 1633 — 744 —
4e trimestre 1506 — 750 —
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Ces chiffres montrent que la population pauvre et malheureuse est beaucoup plus cruellement frappée de cette terrible maladie que la population aisée. La supputation des sept dernières années a donné une moyenne exacte de 8005. La mortalité hospitalière de 1879 donne donc une proportion de 37 0/0 de ce nombre total. Or la mortalité générale, à Paris, étant de 311 624 décès de 1872 à 1878 inclusivement, dont 83 182 dans les hôpitaux, il s'ensuit que la proportion est de 26 0/0 seulement. C'est donc 11 0/0 de victimes en plus que la phthisie fait sur la population pauvre que sur les autres maladies.
« Si j'ai réuni tous ces chiffres, dit le rapporteur, ce n'est pas par amour pour la statistique, ni même pour fournir à la pathologie actuelle des données précises et établir les lois de la mortalité par tuberculisation pulmonaire, à Pai'is, à la fin du xixe siècle, ou pour fixer le tracé précis de sa courbe obituaire. C'est pour montrer à leur place et bien mettre en saillie des faits que ne semblent pas connaître exactement tous ceux qui ont charge de la santé publique; c'est pour montrer une fois de plus, aux yeux de tous, cette plaie terrible des classes déshéritées; c'est dans l'espoir, toujours déçu jusqu'ici, de voir instituer enfin une organisation de l'assistance humanitaire et médicale aux phthisiques, c'est-à-dire des services hospitaliers en nombre suffisant pour mettre fin aux lamentables pérégrinations des phthisiques, partout refusés, faute de place; le rapatriement facilité à tous ceux qui peuvent en bénéficier; peutêtre, enfin, des asiles maritimes sur les plages méridionales, pour affirmer l'égalité du pauvre et du riche devant le droit à l'existence, » (Soc. mécl. des hôpit, 23 janvier.)
Contagiosité. Sa démonstration, faite par le docteur Tappeiner, en faisant inhaler à des chiens une solution aqueuse de crachats tuberculeux (Voy. année 1878), a reçu une contreépreuve confirmative. L'identité qu'il est de mode d'admettre aujourd'hui entre la scrofule et le tubercule lui a suggéré l'idée de l'éprouver expérimentalement. Le pus provenant des ganglions suppurés d'un garçon scrofuleux de cinq ans fut recueilli journellement, et 50 centigrammes mêlés à 100 grammes d'eau furent inhalés durant un quart d'heure, pendant dix jours successifs, à trois chiens, tandis
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que deux auLrcs témoins étaient soumis séparément à l'inhalation des crachats de phthisiques.
Vingt-trois jours après, ces deux derniers chiens furent sacrifies en même temps que l'un des premiers. Celui-ci n'offrait rien à l'autopsie, quoiqu'ayant toussé et maigri pendant l'expérience, tandis que des noyaux tuberculeux furent constatés dans les poumons et la rate des deux autres. L'examen microscopique en mit la nature spéciale hors de doute. Les deux autres chiens, sacrifiés vingt-neuf jours après l'inhalation du pus scrofuleux, donnèrent le même résultat négatif. D'où la preuve que l'inhalation du pus caséeux des ganglions scrofuleux ne produit aucune infection, contrairement aux crachats tuberculeux; ce qui montre une différence essentielle entre la scrofule et la tuberculose.
Pour déterminer la durée de l'incubation du tubercule ainsi communiqué, trois chiens furent soumis à l'inhalation des crachats tuberculeux. L'un fut tué le treizième jour. Il toussait depuis huit jours et avait diminué notablement de poids. Aucun tubercule ne fut trouvé dans les organes. Le second, tué le dix-neuvième jour, n'en avait pas davantage, mais le dernier, tué le troisième mois, présentait de nombreux tubercules dans les poumons et les plèvres. D'où la preuve que la durée de l'incubation varie seulement du dix-neuvième au vingt- troisième jour de l'inhalation.
A la suggestion du professeur Waldenburg, des inhalations avec 16 grammes de crachats d'une simple bronchite chronique furent également pratiquées à deux autres chiens, qui furent tués le vingt-huitième jour de l'expérience. L'autopsie montra des poumons parfaitement sains, sans aucune trace de tubercule. Ce qui démontre l'action spécifique des crachats tuberculeux.
Ces expériences, faites à Berlin sous la direction du professeur Virchow, ont eu leurs résultats pathologiques confirmés par Grawitz , Israël et Friedlander, pour les rendre plus concluants et hors de toute contestation. (Virchow archiv.)
Respiration saccadée. M. Peter accorde une valeur décisive à la constatation de ce signe du premier degré. Elle s' entend1 parfois, dit-il, chez les hystériques; mais elle est
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éphémère et semble due à une certaine émotion de la respiration. Cette saccade nerveuse a d'ailleurs un caractère de douceur que ne possède pas la respiration saccadée d'origine tuberculeuse. Celle-ci est attribuée à la différence de souplesse des diverses tranches du poumon. Les parties saines se déplissant les premières dans l'inspiration et les parties envahies par les granulations se déplissant ensuite, selon leur degré d'altération, il en résulte ces saccades de la respiration.
Température locale. C'est en avant, dans le deuxième espace intercostal, qu'il faut la rechercher, suivant M. Peter. Dans les cas de lésions tuberculeuses, on constatera dans ce poiut une élévation relative de la température, atteignant parfois plus d'un degré. Il n'est pas nécessaire que la lésion ' tuberculeuse soit fort avancée, car, dans la tuberculisation commençante, chaque granulation est le siège d'un travail intime, trophique, qui produit du calorique. L'hyperthermie locale la plus élevée se rencontre surtout dans la pneumonie caséeuse. On trouve parfois 39 à 39°,5 et même 40°,5 au lieu de 36<>,8, qui est le chiffre normal de la température de la paroi thoracique. Elle peut ainsi dépasser d'un demi-degré à un degré et demi la température axillaire voisine. (Leçons de clinique médicale , par le professeur Peter tome II, Paris, 1879.)
^ En s'afflrmant de plus en plus par le contrôle clinique, ce signe acquiert une nouvelle importance pour marquer'les points hypérémiés, congestionnés, et les différencier de ceux qui le sont moins. Comme l'avaient déjà constaté MM. Planat et Hugues (Voy. année 1879), M. Brebion a confirmé cliniquement et anatomiquement, par plusieurs observations faites dans le service du professeur Lépine, de Lyon, que, de deux poumons tuberculeux, c'est celui dont les lésions sont le moins avancées qui offre toujours la température la plus élevée. Le bras correspondant participe même à cette élévation, ce qu'il attribue à une action vasomotrice de nature réflexe. La thermométrie locale peut donc servir doublement au diagnostic de la congestion locale du poumon et, indirectement, de la tuberculisation. (Revue mensuelle, juillet.)
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Le pouls veineux, sur le dos de la main, où 41 est plus apparent qu'ailleurs, serait, d'après M. Peter, un signe de mort prochaine chez les phthisiques. Les veines deviennent hleuâtres, torpides, flexueuses, et les battements en sont surtout visibles aux angles de courbure. On les augmente encore en comprimant le poignet légèrement. Bien que rare, ce signe indiquerait la paralysie commençante de la tunique musculaire, permettant de passer si rapidement des artèresdans les veines, que son cours n'a pas le temps d'être modifié. Sa progression saccadée est alors transformée en progression continue. (Soc. de méd. clinique.)
Injections contre la toux. Une pleine seringue d'eau distillée, avec quelques gouttes d'hydrolat de laurier-cerise, injectée sous la peau dans les régions sous-claviculaires ou cervicales les plus rapprochées des lésions internes, a suffi, à M. Landouzy pour arrêter la toux qui se produit soit lors de la digestion, soit avant le premier sommeil. Et ce n'est pas seulement dans la phthisie pulmonaire que le calme est ainsi obtenu. Il se produit de même dans la phthisie laryngée, en faisant la piqûre sur les côtés du larynx. De même dans les pleurésies circonscrites ou dans les bronchites des sommets, en injectant surtout les points douloureux. Si intense, répétée ou rebelle que soit la toux, dans tous ces cas, elle cesse ordinairement aussitôt. Tout le danger est d'éviter l'accoutumance. [Progrès méd.) Confirmation de l'action sédative des injections d'eau simple contre la douleur.
Inhalations de benzoate de soude. Le mode d'action supposé de cet agent est la destruction des bactéries spécifiques produisant la tuberculose. Mais, les preuves de cette théorie faisant encore défaut, on peut s'en tenir aux effets, et les seuls connus jusqu'à ce jour sont des expérimentations sur les lapins. En les soumettant à ces inhalations dans une boîte le professeur Klebs et le docteur Schneller ont vu ces animaux être réfractaires ensuite à l'inoculation de la tuberculose. Rien ne montre jusqu'ici qu'il en soit de même chez l'homme , et ce n'est que par l'application directe de ce moyen sur les phthisiques que l'on pourra en juger.
En faisant inhaler cette solution plusieurs fois par jour
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à douze phtbisiques, le docteur Glosson en a observé les effets suivants : Par l'irritation qui en résulte, l'inhalation ne peut durer que quelques minutes, dix au plus. Les efforts d'inspiration et la fréquence de la toux amènent rapidement la fatigue. Une bien faible quantité de liquide peut donc pénétrer dans les voies respiratoires. Chez tous, l'expectoration fut très abondante, et l'irritation du larynx obligea de suspendre à plusieurs reprises chez deux malades. La rougeur de l'épiglotte et des replis épiglottiques était plus vive ensuite. Au contraire, deux autres ont pu les continuer pendant trois mois sans aucune irritation. La durée des inhalations a varié de cinq à cinquante-quatre jours, avec une moyenne journalière de 3 à 400 grammes de liquide, soit 15 à 20 grammes de benzoate.
Un seul malade a éprouvé des hémoptysies à deux reprises. La fièvre n'en a été ni diminuée ni augmentée dans aucun cas. Ce moyen est donc sans effet sur la cause qui la produit et semble ainsi sans action destructive sur le microbe de la phthisie.
Quelques malades ont accusé un certain bien-être après ces inhalations. La toux s'apaisait et l'expectoration diminuait ; mais ce fut toujours momentanément, excepté dans un seul cas. L'examen de la poitrine n'a jamais donné aucun signe évident d'amélioration. Un malade ayant succombé pendant le traitement, les vastes cavernes rencontrées dans les lobes supérieurs étaient remplies de pus, sans que leurs parois montrassent aucune trace d'un travail réparateur. (Soc. méd.-chir. de Liège.)
Il dima di Catania, contribution à la climatologie médicale de la Sicile, par le docteur Ughetti. Brochure in-12 de 85 pages. Palerme, 1879. Des tableaux synoptiques de la température journalière par mois et saisons, pendant la période de 1867 à 1878, forment la base de ce travail, avec la comparaison de celle des autres stations hivernales. La moyenne des pluies et des vents en est également indiquée. Il en résulte que, pendant l'hiver surtout, Catane peut offrir aux malades de la poitrine une température constante, de 10 à 11» au dessus de zéro, sans variations très sensibles' avec un vent dominant du sud-ouest et une humidité très modérée. Ce sont là sans doule des conditions avanta-
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geuses. Et, si la Lempérature n'est pas si élevée qu'à Nice et à Madère, elle est plus élevée qu'à Menton et moins humide et variable.
Mais, en fait de stations sanitaires, la salubrité générale du lieu est un facteur essentiel, et l'auteur est à peu près muet à cet égard. Il ne parle pas des maladies régnantes et fort peu de la mortalité. Mais en ayant indiqué, d'après le professeur Tommaselli , que les fièvres intermittentes y sont endémiques et que des fièvres continues peuvent y régner épidémiquement, même en hiver, c'est là une contreindication formelle pour y envoyer des valétudinaires, plus exposés, par leur faiblesse même, à contracter les maladies régnantes. Les phthisiques en particulier pourraient y courir des risques plus grands que dans leur1 domicile, car l'antagonisme des fièvres avec la phthisie, imaginé par Boudin, ne se réalise pas plus en Sicile qu'en Algérie ni ailleurs.
PILOCARPINE. Action œsthésiogène . Chez un hémi-anesthésique qui ne suait pas du côté anesthésié, le professeur Grasset, de Montpellier, fit prendre une infusion de 6 grammes de jaborandi. En provoquant la sueur, ce précieux sudorifique ramena en même temps la sensibilité générale et spéciale.
Un saturnin, frappé d'anesthésie cutanée sur plusieurs points, reçoit une injection de 1 centigramme de pilocarpine. L'anesthésie disparaît bientôt sur plusieurs points, à mesure que la sueur apparaît. Certains îlots restés insensibles sont traités localement par des injections de 3 milligrammes seulement. Une zone rouge apparaît, et l'anesthésie cesse aussitôt.
Loin de voir là une action spécifique, le docteur A. Bordier juge que c'est simplement le résultat de l'hyperémie des glandes sudorales. En provoquant une suractivité de la circulation, celle-ci ramène momentanément la sensibilité disparue, comme le font un sinapisme, le vésicatoire et même une simple friction. La rougeur et la sudation déterminées par le jaborandi ont ainsi débuté sur la trace d'un vésicatoire datant de quinze jours et s'y montrèrent plus prononcées, au rapport de M. A. Robin. Il a de même constaté le retour momentané de la sensibilité des bras chez deux saturnins, à l'hôpital Beaujon, sous la seule influence du
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jaborandi. A plusieurs reprises, elle reparaissait, dès que ce médicament était employé, pour disparaître, un ou deux jours après. (Joum. de thérap., 1879, janvier et avril 1880.)
En confirmant que ces anestbésies sont d'origine humorale et vasculaire, c'est-à-dire sous l'influence en grande partie de l'anémie de la peau, ordinairement froide et pâle, ces faits dévoilent l'action simple de certains médicaments que l'on pourrait croire doués de propriétés testhésiogéniques spéciales, comme les aimants, l'électricité. (Voy. Hémi- Anesthésie.)
Emploi ocytocique. De graves accidents en ont été observés en Amérique qui seraient une objection formelle à son emploi. C'est une sécrétion bronchique excessive, une broneborrbée profuse déterminant l'asphyxie. Le professeur Gaillard Thomas, l'ayant administrée contre un coma urémique après l'accouchement, observa ensuite ces graves accidents. Trois éclamptiques, ayant reçu des injections de pilocarpine, éprouvèrent des phénomènes de suffocation par l'impossibilité d'expectorer le mucus sécrété dans les bronches. Deux succombèrent et présentèrent de l'œdème des poumons à l'autopsie. La troisième fut traitée par des injections sous-cutanées d'atropine et guérit. (Archiv. de gynécol.)
Chez un enfant atteint d'anasarque scarlatineuse compliquée de symptômes urémiques, ces injections furent également suivies de troubles pulmonaires graves, d'après le docteur Napier. Il fut pris subitement de dyspnée intense, avec toux fréquente, gonflement de la tête et de la facei cyanose de la peau, de la poitrine et de l'abdomen ; râles bulleux gros et fins. Sous l'influence des diurétiques à haute dose, le malade guérit- (Glasgoio med. journal, décembre 1879.)
Antagonisme avec l'atropine. L'action sudorifique de la pilocarpine étant neutralisée directement par l'atropine, on s'est demandé si rationnellement celle-là ne pourrait'pas neutraliser à son tour les effets toxiques de celle-ci. Sydney Hinger et Gould l'ont ainsi employée avec succès dans un cas d'empoisonnement par l'atropine. Le docteur Chouppe, qui indique ce fait dans la Gazette hebdomadaire du 27 fé-
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vricr 1880, n'en donne pas la vraie source dans la Lancet, car le numéro du 20 janvier 1880 n'existe pas. Quoi qu'il en soit, les fréquents accidents toxiques provoqués par l'emploi de l'atropine en collyre, ou autrement, contre les sueurs par exemple, peuvent être combattus rationnellement par une injection sous-cutanée de pilocarpine, dont l'innocuité permet de l'employer sans crainte en pareil cas.
Inférant de son action sudorifique et de ses effets sur la pousse des cheveux et des poils, le docteur 0. Simon l'a employée dans son service clinique des maladies de la peau, à l'Université de Breslau. Il en a obtenu d'excellents effets contre le prurigo, en pratiquant tous les jours, chez les adultes, une injection sous-cutanée de un gramme d'une solution de 2/100 de chlorhydrate de pilocarpine. Le sirop de jaborandi, à la dose de deux à trois cuillerées par jour, peut la remplacer. Dès les premiers jours, les démangeaisons diminuent et disparaissent bientôt complètement, mais les récidives sont toujours à craindre.
Essayée contre le pemphigus, le psoriasis et d'autres maladies de la peau, la pilocarpine n'a donné aucun résultat. (Berl Min. med. Woch., décembre 1879.)
Elle a aussi été introduite dans le traitement des scarlatines. Une injection hypodermique en a été faite avec succès à l'hôpital des fièvres de Cork.
PLAIES CAVITAIRES. Nouvelle classe ajoutée à l'ancienne division des plaies qui régnait depuis John Hunter, en 1786, et rééditée en France par M. J. Guérin, en plaies exposées et plaies sous-cutanées. Les plaies ou déchirures, les ruptures de la vessie produites par les fractures du pubis, comme celles du poumon et de la plèvre résultant de la fracture des côtes, celles des ouvertures naturelles, comme la bouche, le pharynx, le rectum, l'anus, ou celles des organes profonds produites par un mécanisme analogue, ne son souvent ni exposées à l'air ni sous-cutanées. Elles participent à la fois de ces deux caractères dans d'autres cas, et c'est ainsi que, pour combler les desiderata de cette division systématique, le professeur Verneuil proposait dans son enseignement, dès 1872, de réunir sous le nom de plaies cavitaires toutes les lésions de ces organes, qu'elles communiquent ou non avec l'air atmosphérique. (Considérations
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sur le siège des lésions traumatiques, avec proposition d'une nouvelle classification, thèse inaugurale, par Mascarel ; Paris, 1872, n° 45).
La fièvre qui succède aux plaies cavitaires et ses différences avec celle des plaies exposées ou non justifient surtout cette nouvelle classification. Au lieu de la fièvre simple ou traumatique succédant à une amputation par exemple, caractérisée essentiellement par* son développement lent et graduel, n'atteignant son maximum que du deuxième au troisième jour, et qui fait défaut ordinairement dans les plaies interstitielles et sans accès avec l'extérieur, elle s'allume, au contraire, vive et intense, presque aussitôt et sans refroidissement intermédiaire dans les plaies cavitaires. Le thermomètre monte subitement à 39 ou 40" dans les douze heures, comme dans l'érysipèle, la lymphangite et les fièvres éruptives. Du matin au soir, l'aspect a changé complètement. D'où le nom spécial de fièvre cavitaire qui lui est appliqué par le docteur Maurice Jeannel pour la distinguer de la fièvre traumatique ordinaire. Et il démontre péremptoirement ce fait distinctif, en mettant en parallèle les relevés thermométriques d'une résection du poignet pour une ostéo-arthrite non ulcérée, où la température ne s'est élevée graduellement à 39°,i que le troisième jour, tandis qu'elle est montée immédiatement de 2° à 39", 9 et 40,2 le jour même, après de simples débridements fistùleux. D'où la preuve qu'il y a, dans ces traumatismes cavitaires, une absorption immédiate, par la plaie, des principes septiques ou putréfiés préexistants dans la cavité. De là l'intoxication et la fièvre en résultant aussitôt, qu'il y ait ou non communication avec l'air extérieur.
Ce n'est donc pas l'air qui produit la fièvre traumatique, comme le supposait gratuitement M. J. Guérin, en faveur de ses ténotomies et myotomies sous-cutanées, et contre lequel il a imaginé bien gratuitement aussi un appareil compliqué et dispendieux pour mettre les plaies à l'abri de l'air. Tout cela devient inutile et superflu, dès que les liquides septiques sont les seuls coupables. Il suffit d'en empêcher l'absorption pour prévenir la septicémie et ses redoutables conséquences.
Tel est le but principal d'un travail très compendieux de M. Jeannel indiquant les divers moyens à employer quand
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le traumatisme porte sur les cavités naturelles, comme la bouche et l'estomac, c'est-à-dire les cavités muqueuses, où la réunion immédiate, possible quelquefois, ne s'impose pas au chirurgien, et où le pansement de Lister ne peut être appliqué. Il ne s'agit donc ni des cavités pathologiques, comme les abcès et les kystes, ni des cavités naturelles devenues pathologiques, comme la pleurésie purulente.
Faire des plaies non absorbantes au moyen des divers instruments aujourd'hui au pouvoir du chirurgien et que tout praticien connaît, ou, si ces plaies sont devenues absorbantes, les empêcher d'absorber par la cautérisation, l'escharification, l'application médiate ou immédiate des divers antiseptiques, avec des observations cliniques à l'appui, telle est la thèse de l'auteur, en passant successivement des opérations sur la bouche, l'œsophage, l'estomac et l'intestin, le rectum, à celles de la vessie et de l'urèthre, du vagin et de l'utérus. Au point de vue spécial de la fièvre consécutive à ces opérations et des divers moyens antiseptiques à leur opposer, cette revue a sans doute de l'intérêt et de l'utilité, du nouveau même parfois ; mais ce chapitre de pathologie et de thérapeutique externe est trop étendu pour qu'il y ait lieu de s'y appesantir ici. [Revue mensuelle, nov. et déc.)
PLEURÉSIE . Abus de la ponction. Une réaction croissante se manifeste contre ce puissant moyen par l'abus qui en a été fait. Comme le professeur Peter, M. Arnould trouve que les jeunes générations s'occupent trop de l'épanchement et pas assez de la plèvre malade, et il voudrait aussi crue le traitement médical par les saignées locales, les cataplasmes et les purgatifs, reprît une plus grande impor-| tance, comme par le passé.
Mais il tombe dans un excès contraire, en condamnant absolument le vésicatoire. Nuisible au début, dit-il, impuissant dans la période d'état, il est inutile dans la phase de régression. (Bec. de méd. et de chir. milit.,n° 1, janvier.) Ce n'est pas en proscrivant, en excommuniant aussi légèrement des moyens qui ont conquis une place si importante, mie l'on parviendra à les détrôner. La diminution de 1 épanchement coïncide trop souvent avec l'emploi de ce moyen pour convaincre qu'il ne sert à rien qu'à donner du prestige au médecin et de la confiance au malade.