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PLEURÉSIE

Mort subite. La Ihoracentèse en est regardée comme une cause déterminante, par M. Leichtentern, quand il existe des thrombus ou des concrétions fibrineuses dans le cœur droit. Elles peuvent en être détachées soudainement par l'accélération circulatoire résultant du vide de l'épanchement. Mais celui du côté gauche n'influe pas plus directement à cet égard que le droit, comme l'a dit Bartels. Dans les 32 cas relatés dans la science, l'épanchement siégeait 31 fois à droite et 21 à gauche. Le cœur, repoussé au maximum à droite par un épanchement gauche, ne détermine jamais un coude appréciable de la veine-cave inférieure ; elle est à peine tordue, avec exagération de sa courbure. Ce danger est donc purement imaginaire.

L'embolie des artères cérébrales, provenant de thrombus de 1 oreillette gauche ou des veines pulmonaires comprimées, peut également la déterminer, comme il en donne une observation personnelle. Mais, dans beaucoup d'autres cas, 1 autopsie ne révèle aucune cause de mort subite, comme la dégénérescence du cœur, l'œdème pulmonaire ou cérébral. Reste l'anémie cérébrale, dont l'action ne peut être mortelle que parle défaut de pression aortique, comme dans les épanchements volumineux ou l'insuffisance musculaire du cœur C'est donc toujours, en somme, une mort subite par le cœur, dont la cause paralysante échappe. (Deutsch. archiv fur clin, med.)

Pleurésie purulente. L'albuminurie étant une condition favorable à sa production, M. Bucquoy admet, d'après 1 observation d un jeune garçon entré dans son service que 1 application réitérée des vésicatoires, en déterminant la néphrite cantharidienne, pourrait bien provoquer la purulence de 1 épanchement. Huit vésicatoires avaient été successivement appliqués en ville. De là une albuminurie persistante et la purulence de l'épanchement, constatée par

1 amvée à mpitaL [Journ- de — «

Inversion du corps. Depuis 1877 que le docteur Raynaud a le premier employé ce procédé, plusieurs autres malades y ont été soumis. En voici un exemple •

Un homme ayant subi une opération d'empyème avec

POLYPES NASO-PHÀRYNGIENS

un plein succès en 1 872, et bien portant depuis, fut repris en 1879 d'une vomique abondante. Depuis, sa santé s'est altérée de nouveau, et il entre à l'bôpital de la Cbarité, dans un état cachectique très prononcé. En temps ordinaire, il tousse peu et ne crache que rarement. Mais si on le fait coucher sur le ventre en travers de son lit, la tête et les bras pendant en avant sur le bord, il est bientôt pris d'une toux convulsive, avec issue d'une quantité considérable de matières muco-purulentes, provenant évidemment d'une collection purulente interlobaire, inaccessible à une ponction, et qui ne peut se vider que dans certaines positions, soit à cause de sa situation, soit à cause de la présence de fausses membranes faisant soupape. Il y a dans ce fait une indication thérapeutique de premier ordre, car il existe beaucoup de ces pleurésies suivies de vomiques et dans lesquelles l'évacuation par les moyens ordinaires est impossible. Dans tous les cas de fistules pleuro-bronchiques de cette espèce, le moyen peut donc être essayé. La position varie du reste avec chaque malade; tantôt il suffit d'incliner légèrement le thorax; d'autres fois, il faut arriver à une inversion presque complète du corps. L'opération est répétée plusieurs fois par jour, et les foyers, ainsi vidés fréquemment, finissent par se rétracter et se combler complètement. Tel est, du moins, le résultat obtenu déjà dans six cas analogues. (Idem, mai.)

POLYPES NASO-PHARYNGIENS. Injections interstitielles. Les opérations employées contre ces tumeurs sont si redoutables et s'accompagnent de délabrements si épouvantables, que les chirurgiens ne devraient y recourir qu'à la dernière extrémité. De là les méthodes de douceur et les opérations parcimonieuses mises en usage en vue de les remplacer. Telles sont les injections interstitielles avec le perchlorure de fer, tentées, sur l'invitation de Nélaton, dans l'intérieur de ces polypes. M. Th. Anger les a employées deux fois avec un succès relatif, car, à son avantage hémostatique astringent, le perchlorure joint celui de produire une eschare noire et dure qui diminue le volume de la tumeur, au lieu de l'augmenter.

C'est le chlorure de zinc qui a été choisi par M. Barthélémy. Le malade était un enfant de quatorze ans, entré à

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l'hôpital de Toulon, le II octobre 1878, dans un état d'anémie considérable, résultant d'épistaxis abondantes et répétées. Il n'avait plus d'odorat. Le malade ayant refusé l'opération radicale, le chirurgien perfora d'abord la voûte palatine et enleva la partie la plus saillante de la tumeur. Le lendemain, il pratiqua une première injection de cinq gouttes de chlorure de zinc liquide. Les injections furent renouvelées huit fois dans l'espace de quatre mois. Au bout de ce temps le malade était considérablement soulagé ; la tumeur était presque entièrement détruite. Toutefois, quelques mois après, une petite récidive avait lieu dans l'épaisseur du maxillaire supérieur.

M. Verneuil n'a eu qu'à s'applaudir d'avoir procédé de même dans un cas analogue au précédent, sans le connaître. C était chez un garçon dans un état d'anémie profonde causée par des épistaxis continuelles. On constata 1 ex.stence d un polype descendant jusque près du larynx Après avoir essayé l'ergot de seigle, le fer, etc., M. Verneuil lendit le voile du palais avec le thermocautère, et, avec un écraseur linéaire, réséqua près de 5 centimètres du polype Les hemorrhagies cessèrent, la respiration se rétablit régulièrement On poursuivit alors la guérison par les cautérisations à 1 acide chromique, tous les deux ou trois jours Les applications furent à peine douloureuses; elles ont suffi pour réduire le volume du polype, en changeant sa nature d une façon remarquable : d'une dureté excessive il s'est ramolli peu à peu, sous l'action caustique, et s'est atrophié Aujourdbui, le malade se mouche assez facilement Lacide chromique constitue un moyen de cautérisation bien supérieur à ceux d'autrefois.

Les injections interstitielles de chlorure de zinc ont donné un succès aussi remarquable à M. Duplay dans un cas semblable Après avoir opéré de la même manière le 20 juin à hôpital Saint-Louis, un jeune polisseur de quatorze ans, très lymphatique et peu développé, il observait une tendance très manifeste à la reproduction, dès le mois de septembre, par des bourgeons volumineux vers le pharvnx Une première injection de chlorure de zinc fut faite dans a masse le 26 septembre. La douleur fut modérée et courte Une eschare grisâtre, comme une pièce de un franc, envahit la partie postérieure de la tumeur ; en répétant successi-

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vemcnt ces injections une douzaine de fois, et après quatre à «inq mois, la tumeur, presque disparue, laissait les voies libres, sans tendance à s'accroître.

Ces exemples peuvent donc conduire au traitement de ces polypes par les méthodes de douceur, c'est-à-dire sans opération préalable, ni ces affreux délabrements, ces traumatismes étendus qui compromettent la vie. Il suffirait d'injecter directement dans la tumeur deux à trois gouttes d'une solution aussi concentrée que possible de chlorure de zinc pour la voir disparaître. (Soc. de chir., décembre 1879, et Arch. de méd., mars.)

Acide acétique. Pour les polypes muqueux des fosses nasales, beaucoup plus bénins, le docteur Caro emploie un agent moins puissant. C'est quatre à cinq gouttes d'acide acétique injectées directement dans la substance même du polype, à l'exemple du docteur Ceccarini, qui en use depuis fort longtemps. Une seule injection suffit; deux sont rarement nécessaires. Le polype se détache généralement en quatre ou cinq jours, et quelques injections désinfectantes suffisent pour éviter toute mauvaise odeur.

Suivant cette indication pour un polype muqueux dans la narine gauche, sur un homme de soixante ans, le 12 août dernier, M. Caro injecta six gouttes d'acide acétique pur. Quatre jours après, le polype tomba. Il restait le 2 septembre une petite masse sur le cornet moyen. Quatre gouttes y furent injectées, et, trois jours après, elle était éliminée. Aucun incident désagréable ne s'était produit. L'odeur du polype mortifié avait été corrigée par l'emploi d'une injection légèrement phéniquée. (Neio-York med. Record, 1879.)

PRIX. Chaque année en marque davantage le délaissement, au moins à l'Académie de médecine de Paris. C'est ce que le rapport sur les prix de 1879 a exprimé de nouveau par l'organe de son secrétaire annuel. Sur les dix prix qu'elle avait mis au concours et dont les récompenses s'élevaient ensemble à la somme de 27 500 fr., trois seulement ont été décernés , pour une somme de 6500 francs. Deux autres ont été divisés et partagés entre divers auteurs, et une somme totale de 13 500 fr., soit la moitié, a été ainsi

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accordée en récompense de nombreux travaux. Sur 51 mémoires envoyés, 12 seulement ont été jugés dignes de récompense ou d'encouragement. La plupart étaient donc d'une valeur insuffisante.

D'où vient ce peu d'empressement des travailleurs sérieux à concourir à ces prix du premier corps médical? Le rapporteur l'attribue principalement à Létroitesse des programmes imposés par les bienfaiteurs. S'il en était ainsi, l'empressement et le zèle qui se manifestaient, il y a vingt ans, pour les remplir n'eussent pas existé. La véritable raison nous paraît être plutôt dans les questions même, peu en rapport avec le courant des études bistologiques et microscopiques actuelles. Voilà pourquoi les jeunes n'y répondent plus qu'en très petit nombre. Si, avec la latitude qui lui est laissée pour satisfaire au programme, l'Académie modifiait ses questions, en faisant une part plus large à l'expérimentation, à l'histologie et au microscope, nul doute qu'un plus grand concours de jeunes ne répondissent à son appel.

Au contraire, aux questions restées sans réponse ou sans solution, elle se borne à les maintenir telles que au programme, sans changement ni modification. Les questions posées en 1879, et non résolues pour les prix de l'Académie et le pria; Portai, sont ainsi remises au concours pour 1881, sans le moindre changement. Qu'espérer d'une telle persistance, si ces questions sont jugées trop vagues ou insolubles? Mieux vaudrait en préciser un point seulement, pour en avoir la solution partielle.

Académie de médecine de Paius.

Prix de l'Académie. 1881. Déterminer la valeur clinique des procédés antiseptiques dans la pratique chirurgicale. 1000 francs.

Prix Portai. Etat de l'utérus et de ses annexes dans la fièvre puerpérale. 1200 francs.

Prix civrieux. Des accidents épileptiformes dans l'hystérie. loOO francs.

Prix Capuron. Indication et contx-e-indications des eaux

l'IUX

minérales, des bains de mer et de l'hydrothérapie pendant la grossesse. 2000 francs.

Prix Barbier. 6000 francs. (Voy. année 1878.)

prix Godard. Au meilleur travail sur la pathologie externe. 1500 francs.

Prix Desportes. Au meilleur travail de thérapeutique médicale pratique. Des récompenses pourront, en outre, être accordées à l'auteur ou aux auteurs des travaux de même nature. 2000 francs.

Prix Daudet. De l'épithélioma des lèvres et de son traitement. 1000 francs.

Prix Lefèvre. Au meilleur ouvrage contre la mélancolie. 2b00 francs.

Prix d'Argenteuil. A l'auteur du perfectionnement le plus notable apporté aux moyens curatifs des rétrécissements du canal de l'urèthre pendant la sixième période (1876 à 1881), ou subsidiairement à l'auteur du perfectionnement le plus important apporté, durant ces six ans, au traitement des autres maladies des voies urinaires. 10 000 francs.

Prix de l'hygiène de l'enfance. Faire connaître, par des observations précises, le rôle que peut jouer dans la pathologie infantile le travail delà première dentition. 1000 francs.

Prix Buignet. Au meilleur travail, manuscrit ou imprimé, original et français, sur les applications de la physique ou de la chimie aux sciences médicales. 1500 francs.

Prix Saint-Paul. A la personne, sans distinction de nationalité ni de profession, qui aura trouvé la première un remède reconnu par l'Académie comme efficace et souverain contre la diphthérite. 25 000 francs.

Jusqu'à la découverte de ce remède, les arrérages de la rente à provenir de cette donation seront consacrés à un prix d'encouragement qui sera décerné tous les deux ans, par l'Académie, aux personnes dontles travaux et les recherches sur la diphthérie lui auront paru mériter cette récompense.

PRIX 477

Fondation Auguste Monbine. Allocation annuelle de loOO francs (ou biennale de préférence) pour des missions scientifiques d'intérêt médical, chirurgical ou vétérinaire. Dans le cas où ce fonds n'aurait pas à recevoir sa destination, le montant pourra en être employé comme fonds d'encouragement ou d'assistance.

Prix Saint-Lager. 1500 francs, pour l'expérimentateur qui aura réussi à produire la tumeur thyroïdienne.

Prix Alfaro. 2000 francs, au meilleur mémoire sur l'extension du traitement moral dans les asiles d'aliénés Indiquer surtout, par des faits assez nombreux et bien constatés, es inconvénients d'un isolement rigoureux dans les affections mélancoliques.

Prix Amussat. Recherches basées simultanément sur J anatomie et sur l'expérimentation, qui auront réalisé ou prépare le progrès le plus important dans la thérapeutique chirurgicale. 2000 francs. 1 1

Prix de thérapeutique. Un prix sur ce sujet vient d'être fondé par 1 illustre observateur Louis et qui portera son nom Sa veuve, en mourant, a laissé par testament, selon la volonté de son mari, une rente annuelle de mille francs à cet eflet, destinée à former un prix triennal de 3000 francs avec les intérêts accumulés sans doute. Une note de Imminent praticien, datée du 20 septembre 1867, jointe à cette fondation, contient les considérations suivantes qui peuvent en être considérées comme le Dro°ramme ■

Nous n'avons, dit-il, que des notions imparfaites sur les agents de la matière médicale, principalement sur ceux dont 1 influence est lente 11 faudrait réaliser sur ce domaine ce qui s est fait sur le terrain de la pathologie. Il est très désirable qu on parvienne à déterminer rigoureusement l'action des substances qu on emploie chaque jour. C'est moins des ravaux d érudition que d'observation que M. Louis a entendu provoquer et récompenser ; il constate les grands résultats et les progrès récents de l'observation. Toutefois il croit quon a trop souvent conclu de faits particuliers à la générahté de certains phénomènes; il demand £ conclure l'observateur recueille un grand nombre de fait!

PRIX

Précisant ce qui a rapport au sujet, il conseille à ceux qui prendront part au concours de s'assurer de la qualité des médicaments, de leur ingestion ou de leur utilisation dans les circonstances voulues, de l'état concomitant des sécrétions et des excrétions, etc. Enfin, il désigne trois sujets qui pourront servir de programme pour les premiers concours, à savoir : 1° l'action du mercure; 2° l'action du nitrate de potasse; 3° l'action de la digitale.

Les mémoires et ouvrages destinés à ces prix doivent être envoyés à l'Académie avant le 1er juillet 1881. Ecrits en français ou en latin, ils seront accompagnés d'un pli cacheté avec devise indiquant les noms et adresses des auteurs des travaux manuscrits. Les concurrents aux prix Godard, Barbier, Desportes et Buignet sont exceptés de cette disposition.

Académie des sciences.

Prix Lacaze. Ouvrages ou mémoires ayant le plus contribué aux progrès de la physiologie. 10 000 fr., à décerner en 1881.

Prix Monthyon pour 1881.1. Mémoire, imprimé ou manuscrit, ayant pour objet une ou plusieurs questions relatives à la statistique de la France. Médaille d'or de 500 francs.

IL Ouvrage, imprimé ou manuscrit, ayant le plus contribué aux progrès de la physiologie expérimentale. Médaille d'or de 750 fr.

III. Invention ou perfectionnement d'instruments utiles aux progrès de l'agriculture, des arts ou des sciences. Médaille d'or de 700 fr. .

IV. Ouvrages ou mémoires réalisant une découverte jugée la plus utile à l'art de guérir ou une invention propre a rendre moins insalubre un art ou un métier quelconque.

Envoyer au secrétariat de l'Institut de France avant le 1er juin de chaque année.

Prix Jecker. Travaux propres à hâter les progrès de la chimie organique. 10 000 francs chaque année.

Prix Barbier. A la découverte la plus précieuse dans les

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sciences médico-chirurgicales, pharmaceutique ou botanique, se rapportant à l'art de guérir. 2000 fr. chaque année.

Prix Alhumbert. Eclaircissement sur un point important de la physiologie des champignons. Médaille d'or de 2o00 francs, à décerner en 1881.

Prix Desmazières. An meilleur ouvrage, français ou étranger, publié en 1880 sur un point de la cryptogamie; 1600 francs, à décerner en 1881.

Prix Bréant. Moyen de guérir le choléra asiatique ou les dartres. 100 000 francs. La rente de cette somme est décernée, en attendant, aux découvertes sur la production ou la propagation des épidémies, ou la guérison des dartres.

Prix Godard. Au meilleur mémoire sur l'anatomie, la physiologie et la pathologie des organes génito-urinaires. 1 000 francs de récompense chaque année.

Prix Serres. Embryologie générale appliquée à la physiologie et à la médecine. 7300 francs, à décerner en 1881.

Prix Chaussier. Au meilleur ouvrage publié dans les quatre années précédentes. 10 000 fr., à décerner en 1883.

Prix J. Raynaud. Au travail le plus méritant, publié dans les cinq années précédentes, sur un point des sciences naturelles relevant de l'Institut.

Société de chirurgie.

Prix Gerdy. De la réunion par première intention: histoire et doctrines.

Prix Demarquay. Du rôle étiologique de la contusion dans le développement des néoplasmes.

Les mémoires doivent être remis avant le 1er novembre 1881.

Société française de tempérance.

Les alcools introduits- dans l'économie y subissent-ils des modifications? 2000 fr, de récompense. Adresser les mé-

PRIX

moires, avant le l01' janvier, 6, rue de l'Université, à Paris.

Les ouvrages, imprimés et manuscrits, traitant de la tempérance et des boissons alcooliques, peuvent également concourir.

Conseil général du Rhône.

Histoire de l'hospitalisation des épileptiques non aliénés, de son état actuel chez les différentes nations et les meilleures conditions à remplir pour l'institution d'une œuvre de ce genre dans le département du Rhône. 1000 fr. de récompense au meilleur travail.

Adresser les mémoires à la préfecture du Rhône avant le 1<"- juillet 1881.

Société de médecine de Bordeaux.

Prix Fauré. De l'alimentation de la première enfance dans ses rapports avec la situation des classes peu aisées. 300 francs à décerner à la fin de 1881.

Les mémoires, écrits très lisiblement, en français ou en latin, doivent être adressés franco, à M. Douaud, secrétaire général de la Société, allée de Tourny, 10, jusqu'au 31 août 1881, limite de rigueur.

Société de médecine de Toulouse.

1881. Des maladies de croissance. 300 francs.

Prix Jules Naudin. Des doctrines panspermistes étudiées au point de vue de la pathologie générale et de la clinique. 1200 francs.

1882. Étude comparative de l'uréthrotomie interne et externe. En démontrer les avantages et les inconvénients. 300 francs.

Les mémoires, écrits lisiblement, en français ou en latin, doivent être adressés, francs de port et dans les formes académiques, au secrétariat général de la Société, avant le 1er janvier de l'année dans laquelle le prix doit être décerné, terme de rigueur.

M. Lefranc de Pompignan a légué, en mourant, à la ville

PRIX

de Toulouse, une rente annuelle de 1500 francs, destinée à fournir à l'élève de troisième année de l'Ecole de médecine de cette ville, le plus méritant et le moins favorisé de la fortune, toutes les facilités de compléter ses études à la Faculté de médecine de Paris.

Académie royale de médecine de Belgique.

I. Etude comparative du rachitisme, de l'ostéomalacie et de la cachexie ossifrage — étiologie, symptomatologie, nature et traitement — chez les animaux domestiques, et joindre autant que possible des pièces d'anatomie pathologique, à l'appui des opinions qui seront établies. Médaille d'or de 800 francs. Clôture du concours : 1er mai 1881.

II. Déterminer la nature de l'influence de l'innervation sur la nutrition des tissus. Médaille de 1000 francs. Clôture du concours : 1er janvier 1882.

III. Déterminer expérimentalement l'influence que la dessiccation, employée comme moyen de conservation, exerce sur les médicaments simples du règne végétal. Médaille de 600 francs. Clôture du concours : le'- février 1882.

IV. Exposer le rôle des germes animés dans Tétiologie des maladies, en s'appuyant sur des expériences nouvelles. Médaille de 2000 francs. Clôture du concours : l<r janvier 1883.

Deux prix de 300 francs chacun sont en outre décernés aux meilleurs mémoires manuscrits concernant les sciences médicales envoyés à l'Académie pendant l'année.

Les mémoires, lisiblement écrits, en latin, en français ou en flamand, doivent être adressés, franco, au secrétaire de l'Académie, à Bruxelles, avant la clôture indiquée cidessus.

Académie de médecine de Turin.

Prix Rlberl, de 20000 francs. La physiopathologie du sang.

Il convient de rappeler que la période quinquennale de ce prix international expire le 31 décembre 1881. Les concurrents de tous les pays peuvent y prendre part, en envoyant une double copie ou exemplaire de leurs travaux,

PROLAPSUS RECTAL

écrits en italien, en français ou en latin. Les travaux manuscrits couronnés devront être publiés avant de recevoir le montant du prix.

Prix d'hygiène. Le Conseil de la province de Turin a mis au concours un prix de 2S00 francs à décerner en 1882, au prochain Congrès d'hygiène , au meilleur livre utile à l'hygiène des populations des campagnes.

Prix Boylston. 1881. I. Effets des médicaments sur la mère et le nourrisson durant l'allaitement.

II. Des blessures du siège sans lésion apparente, au point de vue chirurgical et médico-légal. 1500 francs de récompense.

1882. I. Enquête expérimentale sur les effets physiologiques du gaz des égouts sur les animaux et les végétaux. 1500 fr. de récompense.

IL De la valeur de l'alimentation administrée contre l'appétit ou au delà. 1000 francs de récompense. Tous les étrangers peuvent concourir, pourvu que les mémoires soient écrits en anglais et adressés à Boston, Massachusetts.

PROLAPSUS RECTAL. Injections d'ergotine. A la communication secrète de l'emploi de ce nouveau moyen, faite à l'Académie de médecine, sous forme de paquet cacheté, par le docteur Vidal, de l'hôpital Saint-Louis, a suivi la communication verbale, qui nous permet de relater les trois observations suivantes.

I. Consulté en 1876 par un homme de trente-neuf ans, d'un tempérament nervoso-sanguin, atteint de spermatorrhée depuis deux ans par suite d'un prolapsus rectal permanent remontant à huit ans, M. Vidal constata un bourrelet annulaire, en saillie de 2 centimètres au moins en dehors de l'orifice anal. La muqueuse de l'intestin, chroniquement enflammée, était d'un rouge foncé, exulcérée et saignante, sauf sur quelques points limitrophes à la peau, où elle paraissait recouverte d'épiderme et comme cutanisée par un long séjour à l'air.

Elle était bornée en arrière par le relief de deux mamelons hémorrhoïdaires turgescents et violacés. L'orifice anal était notablement dilaté et très douloureux au toucher.

PROLAPSUS RECTAL

Assujetti depuis de longues années à des congestions héniorrhoïdaires et à des alternatives de constipation et de diarrhée, le malade avait remarqué que la chute du rectum s'était produite après des efforts de défécation. Au début, il pouvait faire rentrer la tumeur; mais graduellement cette réduction était devenue inutile, le prolapsus se reproduisant presque immédiatement. Un écoulement incessant de muco-pus, en dernier lieu, presque toujours mélangé de sang, souillait le linge et obligeait à des pansements fréquents. La douleur rendait la marche pénible et gênait singulièrement la position assise.

Cette infirmité exerçait une influence fâcheuse sur l'état général. S'ajoutant aux effets débilitants de la spermatorrhée, elle contribuait à l'amaigrissement et à une irritabilité extrême.

Des quarts de lavement à l'eau froide, en se couchant, puis des lavements de ratanhia, n'ayant donné aucun résultat satisfaisant, les injections hypodermiques furent pratiquées.

Enfonçant l'aiguille de la seringue de Pravaz dans la peau, à 5 millimètres en dehors de l'anus, et dirigeant la pointe profondément vers le sphincter, une première injection eut lieu avec 15 gouttes d'une solution d'ergotine au sixième.

Une douleur assez vive en résulta, suivie, pendant environ trois heures, d'une sorte de ténesme rectal et vésical.

Après cinq injections, à deux jours d'intervalle, la muqueuse rectale faisait à peine saillie à l'extérieur, le bourrelet avait diminué des deux tiers de son volume primitif, et la réduction, une fois opérée, se maintenait pendant plusieurs heures.

Après la onzième injection, la procidence n'avait plus lieu que pendant la défécation et se réduisait d'elle-même, dès que le malade quittait la position accroupie.

Cédant aux instances d'un homme auquel les longues tortures de son infirmité faisaient entrevoir, avec terreur, la possibilité d'une rechute; obéissant, d'autre part, au désir d'obtenir une guérison durable et d'assurer le succès d'un nouveau mode de traitement, onze injections, distancées de trois ou quatre jours, furent encore faites, soit un total de vingt-deux.

PROLAPSUS RECTAL

Depuis lors, ce monsieur a repris toutes les habitudes d'une vie active et mondaine, sans la moindre apparence de récidive du prolapsus rectal. Il paraît définitivement guéri, comme l'a constaté deux ans après, en janvier 187K, le professeur Guyon, appelé à le traiter d'une cystite aigur.

II. Le succès fut plus prompt chez une dame de soixantequatre ans, atteinte, depuis deux ans et demi, d'un prolapsus rectal permanent, consécutif à des hémorrhoïdes. Le bourrelet de la muqueuse formait une saillie de 2 centimètres, au centre d'une couronne d'hémorrhoïdes.

Le 4 décembre 1876, je fis une première injection avec Ib gouttes de ma solution d'ergotine, et ensuite, à deux jours de distance l'une de l'autre, cinq nouvelles injections, en augmentant d'une goutte chaque fois.

Dès la quatrième séance, la réduction se maintenait, et la procidence n'avait lieu que pendant la défécation.

Après la sixième injection, la guérison semblait parfaite.

Elle fut assurée par trois nouvelles injections, éloignées graduellement de trois, quatre et cinq jours d'intervalle. Le traitement avait duré vingt-quatre jours.

Revue dans le courant de juillet dernier, deux ans et demi après sa guérison, cette dame présentait l'orifice anal, entouré de marisques, pâles et flasques, ayant repris sa tonicité normale, sans la moindre tendance à la réapparition de la chute du rectum.

III. Une troisième guérison de prolapsus rectal a été obtenue à l'hôpital Saint-Louis, en juin 1877, sur une femme de quarante-cinq ans, affectée, depuis deux ans, de cette infirmité. Elle fut guérie en quinze jours par six injections, de 20 à 2o gouttes chacune.

Toutes ces injections ont été faites à travers la peau, à 5 millimètres environ de l'orifice anal, soit dans la direction du sphincter, soit dans celle des hémorrhoïdes. Il est remarquable en effet que celles-ci existaient à un degré très prononcé dans les deux premières observations. La laconicité de la troisième peut même les faire supposer. La coïncidence de ces hémorrhoïdes pourrait même expliquer le succès de l'ergotine, si le prolapsus en était la conséquence.

Cette coïncidence est également remarquable dans l'ob-

PROLAPSUS RECTAL

servation du docteur Ferrand, chez une dame de trentecinq ans, atteinte, depuis plus de trois ans, d'un prolapsus hémorrhoïdaire et rectal, l'empêchant de sortir de chez elle autrement qu'en voiture. Elle ne pouvait descendre son escalier ni circuler dans son appartement, sans qu'une tumeur, grosse comme le poing, ne se montrât à l'anus. On la trouvait composée d'hémorrhoïdes groupées en un bourrelet saillant, à divers états de congestion et d'évolution, depuis la simple marisque jusqu'à la tumeur violette, turgescente et fluctuante. La muqueuse rectale, rouge et foncée, pendait de 1 centimètre environ au milieu de ce bourrelet. Tout mouvement et le moindre contact y déterminaient des douleurs très cuisantes.

Cette tumeur était réductible en totalité par un taxis prolongé et douloureux. Il était nécessaire après chaque défécation. Suppositoires, astrigents, lavements, fomentations, ne pouvaient la maintenir en place , lorsque, le 27 avril 4879, une première injection dans le bourrelet hémorrhoïdal, dirigée vers la paroi externe du sphincter et du rectum, fut pratiquée avec la solution suivante :

Une notable amélioration s'ensuivit par le séjour au lit et un repos absolu. Trois autres injections suivirent à quinze jours d'intervalle environ, et, à la fin de juin, le prolapsus était complètement réduit. La malade pouvait marcher, monter, descendre ses cinq étages sans souffrir. Six mois après, cette dame se déclarait guérie, bien que les hémorrhoïdes n'aient pas complètement disparu. Elles sortaient à chaque défécation, mais rentraient spontanément aussitôt. (Soc. de thér., 12 décembre 1879.)

Une modification favorable sur les tumeurs hémorrhoïdaires est en effet signalée par M. Vidal, mais il a observé de même les contractions du sphincter et des fibres musculaires de l'intestin, ce qui est d'accord avec l'action de l'ergotine sur les fibres des muscles lisses, constatée avec la solution Yvon. (Voy. Hémorrhagies, 1879.)

% Eau

Glycérine

Extrait hydraté alcalin d'ergot.

Mêlez.

Sa 15 grammes.

2 grammes.

PROLAPSUS RECTAL

Le t6nesme vésical et rectal est ainsi un effet ordinaire de ces injections pratiquées contre les corps fibreux de l'utérus, suivant la méthode d'Hildebrandt. C'est cette observation qui a conduit M. Vidal à les essayer contre le prolapsus rectal. Les contractions du sphincter, appréciables au toucher, se manifestent presque aussitôt et persistent durant quatre à cinq heures consécutives. C'est donc une action locale et directe. (Acad. de méd.)

L'ergotine de Bonjean provoquant une douleur cuisante assez vive, il est préférable d'employer la solution Yvon, qui est la mieux tolérée. (Voy. Injections, 1879.)

Un succès confirmatif a été obtenu par le docteur G. Laurent, chez un cantonnier de quarante-cinq ans, ayant des hémorrhoïdes internes depuis vingt ans, qui sortent en masse avec le rectum à chaque défécation, en rentrant aussi facilement. A la fin de 1879, la tumeur augmenta de volume, avec un relâchement manifeste du sphincter, et, au moindre effort, au plus léger travail, la tumeur sortait, du volume d'un œuf de poule. Elle s'ulcéra ainsi et ne rentrait plus qu'en provoquant de vives douleurs.

Le 3 janvier, les injections sont commencées dans les tumeurs hémorrhoïdaires, à droite et à gauche, avec 25 gouttes d'une solution de 1 gramme d'ergotine Bonjean pour S d'eau distillée. Après chaque injection, le malade réduisait la tumeur et éprouvait ensuite de très vives douleurs durant une à deux heures. Elles furent néanmoins renouvelées tous les deux jours, et, à la onzième, la masse était légèrement réduite et les ulcérations disparues, et tout rentrait plus facilement. Au 1er février, le prolapsus rectal ethémorrhoïdaire ne se reproduisant plus à la défécation, l'opéré put reprendre son service, qu'il n'a pas cessé depuis. (Gaz. hebd., n° 20, mai.)

Prolapsus utérin. Elytrorhaphie ou suture vaginale. Un troisième succès de cette opération véritablement radicale a été envoyé par M. Zancarol, avec pièces anatomiques à l'appui. C'était chez une femme de trente-six ans, ayant eu trois enfants dans l'espace de six années. Le dernier accouchement, survenu à vingt-neuf ans et compliqué d'une déchirure du périnée dans une assez grande étendue, fut suivi de la chute complète de l'utérus.

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Pendant sept ans, cette femme supporta son infirmité, qui, en devenant de plus en plus insupportable, l'obligea à recourir à ce moyen extrême, la réduction étant impossible autrement. Le procédé radical, imaginé par M. L. Le Fort, fut employé en suturant l'orifice vaginal. Après avoir excisé dans une certaine étendue la paroi antérieure et la paroi postérieure du vagin, le cbirurgien les réunit transversalement par douze points de suture métallique. Un pont fut ainsi établi, qui servit de soutien à l'utérus. Après vingt-sept jours seulement, le cbirurgien eut beaucoup de peine à enlever ces fils ; ce qui incite M. Panas, pour éviter cet inconvénient à l'avenir, à proposer de les remplacer par des fils de catgut ou la soie pbéniquée. Pas plus dans ce cas que dans les deux précédents, aucun accident n'eut lieu pendant ni après l'opération. La femme fut guérie parfaitement de son prolapsus, et sa mort accidentelle, survenue plusieurs années après, a permis de justifier, par la pièce auatomique, la sécurité du résultat de cette opération. (Soc. de chir., décembre 1879.)

j PUSTULE MALIGNE. Les découvertes importantes sur l'éliologie et la prophylaxie du charbon des animaux (Voy. ce mot) doivent nécessairement contribuer à l'élucidation de cette terrible pustule, qui en est la manifestation cbez l'homme. L'un ne peut être séparé de l'autre, et c'est ainsi qu'un grand retentissement a eu lieu sur l'anthrax en Angleterre, où il est confondu avec la pustule maligne et le charbon. De là la double importance des travaux publiés spécialement à ce sujet.

Contre l'étiologie spécifique de la bactéridie, généralement admise aujourd'hui, M. J. Guérin oppose les recherches et les expériences faites à Chartres par Manoury et Salmon, de 18bo à 1857, affirmant comme un résultat acquis définitivement : 1» que la sérosité de la pustule maligne, quand elle était inoculée seule, demeurait inefficace dans tous les cas, c'est-à-dire qu'elle ne transmettait pas le charbon- 2» que pour opérer la transmission, il fallait introduire la pustule elle-même dans le tissu cellulaire. D'où la conclusion que le caractère charbonneux, c'est-à-dire virulent, de la pustule, réside seul dans la tumeur solide à l'exclusion de la sérosité, et que le charbon ne se communiquait de

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l'homme aux animaux qu'à l'aide de la pustule excisée el introduite sous le derme.

Ce serait comme le charbon symptomatiquc du bœuf, qui, d'après MM. Arloing, Cornevin et Thomas, ne s'inoculerait que par la tumeur môme, où le microbe pullule, comme au deuxième degré de la pustule maligne, sans que le sang en soit infecté. D'où sa distinction avec le sang de rate ou charbon infectieux.

Telles sont les objections faites aux nombreuses expérieuces récentes et positives de MM. Davaine et Pasteur montrant l'inoculation de la bactéridie seule comme la cause et l'agent de la virulence. La méthode microscopique, dit M. J. Guérin, n'a pu rien changer aux faits; ce qu'ils étaient en 18So, ils le sont en 1880; la bactéridie ne date pas du jour de sa découverte. Et, sans tenir compte de ce qu'il y a d'incertain, au point de vue de l'inoculation de ce microbe, entre les expériences macroscopiques anciennes et la précision inéluctable des inoculations actuelles, ce généralisateur à l'infini cherche à les confondre, pour mieux en troubler les résultats et porter ainsi atteinte à la doctrine moderne.

Mais c'est en vain, car voici, d'après l'analyse expérimentale de la pustule maligne et de l'œdème charbonneux, faite par le professeur Colin d'Alfort, ces deux formes morbides ramenées à l'unité, quant à la virulence et à la transmission.

« Les animaux réputés réfractaires au charbon contractent parfaitement la pustule maligne, accompagnée ou non d'œdème, dit-il, et cette pustule ou cette tumeur prend des formes très variées, suivant les points du corps où elle se développe. Elle avorte dans les parties à. peau épaisse, à tissu cellulaire dense; elle évolue, au contraire, avec rapidité et prend d'énormes proportions dans les parties à peau mince, riches en lymphatiques, au voisinage des ganglions, particulièrement à l'aine et sur les mamelles; elle est le plus souvent achevée de la vingt-quatrième à la quarantehuitième heure.

Dans tous les cas, sans aucune exception, la tumeur charbonneuse est virulente, par la sérosité de son pertuis, par son sang, ses liquides extravasés, comme par son œdème; cette virulence dure quelques jours et s'éteint pro-

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gressivement, à partir de la cinquante-deuxième à la quatrevingtième heure, souvent même de la quarante-huitième heure. La pustule disparaît, soit par résolution simple, sans s'ouvrir, soit après avoir laissé suinter de la sérosité, en donnant une escharc sèche, en suppurant ou en s'ulcérant dans une grande étendue. Elle guérit spontanément avec l'un quelconque de ses modes de terminaison, dans les neuf dixièmes des cas sur les sujets adultes.

Toutes les fois que la tumeur charbonneuse entraîne des lésions graves dans les ganglions lymphatiques, elle tend à produire un état général qui devient souvent mortel, surtout chez les jeunes sujets.

Au point de vue du diagnostic, l'examen microscopique îles éléments et des produits de la tumeur est loin de fournir des indices certains, car la tumeur de nature sûrement charbonneuse peut ne montrer aucune hactéridie dans plusieurs de ses produits ou de ses couches, et l'inoculation de ces mêmes produits ou des divers débris de tissus peut être absolument stérile. D'ailleurs, la virulence étant éphémère dans les tumeurs qui ne tuent pas, elle s'affaiblit et s'éteint, sans cause appréciable, avant le moment de la résolution de l'ulcération ou de tout autre mode de terminaison.

Sous le rapport du pronostic, les caractères physiques et micrographiques des tumeurs laissent aussi l'observateur dans l'embarras.

La tumeur, petite, à évolution lente, dont on ne s'inquiète pas, entraîne des accidents généraux et la mort, aussi bien que la tumeur la plus volumineuse développée avec rapidité.

Toutes ces objections, ces chicanes, tombent donc en présence de ces constatations précises faites sur l'homme comme sur les animaux. Le professeur Gosselin a rencontré des individus, ayant subi de la manière la plus évidente l'inoculation du virus charbonneux, qui ont guéri sans cautérisation, tandis que d'autres, inoculés et cautérisés, -Hérissaient ou ne guérissaient pas. Ces particularités, dont il était difficile de se rendre compte, s'expliquent aujourd'hui par le résultat des recherches, puisqu'il est des sujets, hommes ou animaux, où la virulence s'éteint spontanément et dont la guérison s'effectue, sans l'intervention d'aucun traitement.

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La disparition spontanée de la bactéridie dans les tumeurs charbonneuses est un autre fait important. Si sa présence n'est plus ainsi un moyen certain de diagnostic, un signe distinclif irrécusable, sa disparition est l'assurance de la guérison et un encouragement pour tout tenter l'extinction de la virulence du charbon ou de la pustule maligne encore localisée. La cautérisation en est le principal et le meilleur moyen, et s'il est difficile, dangereux même de l'appliquer en certains endroits comme les paupières, on pourra la remplacer par les injections antiseptiques indiquées plus loin.

Le docteur Chippeau, d'Orléans, a guéri, par ce moyen, une pustule maligne siégeant sur l'avant-bras droit d'une femme âgée de trente-quatre ans, sous l'influence d'un pansement antiseptique et d'injections hypodermiques de 40 gouttes par jour d'une préparation composée de : iode 0 gr. 25, iodure de potassium 0 gr. i>0, et eau un litre. Quoique enceinte, cette femme n'a été nullement troublée dans sa grossesse, ni par la maladie, ni par le traitement. L'authenticité de la pustule maligne a été confirmée par l'inoculation à un cobaye de la sérosité prise sur les ulcérations du bras de la malade; l'animal est mort en trentesix heures ; son sang renfermait un grand nombre de bactéridies. Dès que l'amélioration a commencé à se dessiner nettement, cette sérosité n'avait plus la même virulence; inoculée dans les mêmes conditions à un second cobaye, celui-ci a parfaitement résisté.

Un cas de pustule maligne s'étant rencontré sur un individu qui l'avait contractée en portant sur ses épaules la peau d'une vache morte du charbon qu'il venait de dépouiller, M. Toussaint, de concert avec le médecin de la localité, a excisé la pustule et scarifié l'œdème qui s'étendait de l'épaule à la hanche. Des moyens antiseptiques, intus et extra, ont complété ce traitement, qui a amené la guérison.

La sérosité de l'œdème, soumise à l'examen du microscope, a révélé la présence des bactéridies, et ce liquide, inoculé à un lapin, en a amené la mort. Le sang même du lapin, inoculé à un cobaye, l'a fait également mourir aussitôt. Ce n'est donc plus la pustule seule qui est inoculable aujourd'hui, comme du temps de MM. Mauuoury et

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Salmon ; la sérosité de l'œdème est aussi virulente par les baetéridies qui y sont répandues.

Traitement. C'est à la seconde période, caractérisée par l'œdème environnant la pustule et s'étendant plus ou moins loin, que M. Davaine en fixe l'application, la bactéridie étant encore localisée dans cet œdème à ce moment, sans avoir pénétré dans le sang. La limite est peut-être hasardée, et mieux vaut y recourir plus tôt que plus tard, d'autant mieux que l'action des remèdes employés n a rien de spécifique. C'est seulement à titre d'antiseptiques que M. Davaine préconise les suivants, dont il précise la dose d'après les expériences qu'il en a faites sur les cobayes.

L'iode, introduit en 1873, paraît le plus sûr et le plus puissant. Expérimentalement, une solution d'iode iodurée détruit le virus charbonneux, c'est-à-dire la bactéridie, en une demi-heure. La solution suivante a été employée avec avantage en injections sous-cutanées matin et soir, en boisson et en pansement.

%Ioie---- 30 centigrammes.

lodure de potassium { gramme.

1 litre.

Mêlez.

Le sablimé corrosif, employé topiquement en poudre sur la pustule ouverte par les médecins de la Beauce, peut être administré de même à l'intérieur, à la dose d'un 150° à 160 millième de liquide. Il agit de même antiseptiquement

L'acide sahcylique, le plus puissant antiseptique après les deux précédents, ne doit pas dépasser un 120 millième

Le suc des feuilles de noyer est aussi doué de propriétés antiseptiques, comme de nouvelles expériences l'ont prouvé conformément aux anciens résultats obtenus. Bien que son action soit inférieure aux précédents, les applications de leuilles de noyer sur la pustule maligne doivent être encouragées, d'autant plus qu'on les trouve partout sous la main, sauf à employer ensuite l'iode ou le sublimé (Acad de méd., août.) ' v

Quelques faits de guérison, cités à l'appui, montrent que le succès est possible; mais il est si rare, qu'il est impossible de dire si l'action est due au remède ou seulement à la bénignité du mal. (Idem, septembre,)

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