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altérations du rein; mais les urines ne deviennent que tardivement albumineuses et ne contiennent pas le poison. (Soc. de biol., 6 mars.)

Albuminurie diphthéritique. Aucune maladie antérieure ou concomitante n'ayant pu s'ajouter à la diphthérite, dans deux cas, l'un d'empoisonnement lent, l'autre rapide, où M. Brault a vu la substance rénale congestionnée dans son ensemble, il rapporte les lésions bistologiques rencontrées au poison même, comme dans diverses autres maladies infectieuses, la scarlatine et la variole notamment. Mais, en admettant que le principe toxique s'élimine par les reins, il est permis de douter que l'action soit mécanique et topique pour ainsi dire, comme dans les albuminuries toxiques. Il semble plutôt à M. Rabuteau que l'albuminurie résulte d'une altération de la nutrition générale. (Soc. de biol.) Voy. Diphthérite.

ALCALINS. Effets nutritifs de l'eau de Vichy à petite dose. L'extrême divergence des médecins sur l'action des alcalins a conduit les docteurs Martin-Damourette et Hyades à instituer des expériences sur quatre adultes bien portants, trois bommes et une femme soumis à une bygiène et à un régime identiques pendant l'observation. Le bicarbonate de soude, à la dose de o grammes en deux fois aux repas, ou l'eau de la source Elizabetb de Cusset, à la dose d'un demi-litre à un litre aux repas et en debors, ont été seuls employés. D'où l'impossibilité de résultats très concluants à ce sujet. Leur uniformité impose cependant l'attention.

L'hématimétrie pratiquée avant et pendant l'expérience, ainsi que le dosage des urines, de l'urée et de l'acide urique, ont permis de constater mathématiquement que le nombre des globules s'élève constamment , soit d'une moyenne de 680 000 en quatre jours. La quantité d'urine augmente aussi notablement, ainsi que l'urée, qui de 5,61 pour 100 s'est élevée jusqu'à 88,23.

Au contraire, l'acide urique a toujours diminué en proportion de l'augmentation de l'urée. Cette diminution avarié de 4,63 pour 100 à 71,2.

Ces résultats concordants montrent sans doute une action nutritive réelle; mais, de même que le bicarbonate de

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soude, chez le premier sujet d'expérience, a bientôt troublé les digestions, rien ne prouve qu'il n'en serait pas de môme d'autres alcalins, chaux ou potasse. Le relèvement du chiffre des hématies par une saison aux eaux de Vichy, chez des anémiques souffrant de dyspepsies ou d'autres maladies entravant la nutrition, n'est pas davantage une preuve directe de son action nutritive. En agissant sur la maladie principale, elle peut avoir contribué à rétablir secondairement la nutrition, que le changement de lieu et de régime peut aussi favoriser. Il n'y a donc pas d'autre conclusion positive à en tirer que l'eau de Vichy, à faible dose, loin d'être anémiante et débilitante, est plutôt reconstituante, tandis que le contraire résulterait de l'usage du bicarbonate de soude. (Journ. de thérap., n° 12.)

ALIÉNATION MENTALE. Causes effectives. C'est une faute, dit le professeur Lasègue, de borner son enquête aux causes dites morales, tout au plus déterminantes, sans remonter aux causes vraiment effectives et chercher celleslà dans les antécédents cérébraux du malade. Sous ce titre de cérébraux, il désigne ceux qui ont reçu une lésion morbide ou traumatique du crâne ou du cerveau, pour montrer que la pathologie du cerveau s'unit à la médecine mentale et par elle à la pathologie tout entière. De même qu'à la suite d'un traumatisme ou d'une affection spontanée, il reste de la maladie initiale assez de traces pour fournir occasion à des maladies analogues, les lésions cérébrales peuvent donner lieu à l'aliénation. Voici ses exemples.

Un enfant du premier âge est dans les bras de sa bonne, qui le laisse tomber. Il s'en trouve un peu écloppè, mais on le soigne : des compresses froides, des sangsues sont appliquées, et, après un jour ou deux, on le considère comme guéri. C'est une erreur. On s'aperçoit quelques mois ou quelques années après qu'il dort mal, qu'il est bizarre. Cela passera avec l'âge, dit-on, et on le met en pension. Mais, soit de sept à huit ans ou de quinze à dix-huit, époques décisives, il survient des accidents cérébraux qui étonnent le médecin et lui font dire : Je ne connais pas cela. Sous des aspects insolites, c'est le reliquat de sa blessure primitive.

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Un homme de vingt-cinq ans fait une chute de cheval où il est jeté à terre, et on le relève sans connaissance. Après avoir constaté qu'il n'y a ni fracture ni lésions graves, et quelques jours desoins et de repos, on dit encore qu'il est guéri Mais six mois, un an, dix ou quinze ans après, la famille vous parle de troubles cérébraux, d'accès mal caractérisés, et, sans connaître le traumatisme primitif, on ne peut se rendre compte de ces symptômes bizarres.

Le crâne, vicieusement conformé, donne lieu aux mêmes phénomènes. Comme le poumon de l'enfant bossu ne peut fonctionner normalement et que les bronchites sont plus «raves chez lui que sur les poitrines bien conformées, le crâne déformé, surtout dans sa portion faciale, entraine des compressions du cerveau incompatibles avec son fonctionnement normal. L'épilepsie en provenant dans l'adolescence est ainsi absolument incurable.

Le délire par accès s'observe aussi de préférence chez les individus victimes d'une lésion cérébrale , traumatique ou non. Un officier est frappé, par exemple, d'un coup de soleil pendant une revue. Tout lui a manqué autour de lui. il a eu un nuage devant les yeux, et il est tombé. C'est une simple défaillance, dit-on. On le ramène, on le saigne, on lui applique des sangsues, et il guérit si bien, en apparence, qu'il reprend son service quatre jours après. Mais, si vous interrogez ses supérieurs ou sa famille quelques mois ensuite, ils répondront qu'il est devenu drôle, bizarre, avec des habitudes qu'il n'avait pas auparavant. Un jour viendra où des symptômes plus accentués, des crises de délire ou d'excitation se montreront.

De même d'un enfant pris de convulsions essentielles de quatre à six ans. On le considère à tort comme guéri; vers treize à quatorze ans, on le voit changer subitement d'habitudes, de goûts ou de caractère. De bon élève ou de bon apprenti , il devient très mauvais en se butant contre ses maîtres. 11 faut le reprendre, et plus tard, comme l'officier il commettra soudainement des actes repréhensibles. Accès épileptiformes ou épileptoïdes, dit-on, et, si l'acte le nécessite, on l'internera peut-être momentanément dans une maison de santé, pour le laisser sortir après un mois, comme parfaitement guéri. C'est encore une erreur, car cet homme appartient aux crises qui, sous la forme intel-

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Icctuellc ou physique, ne cesseront plus de se manifester. Et comme des circonstances accessoires, des éléments nouveaux, l'alcoolisme par exemple, peuvent se présenter, on en fera autant de causes, au lieu de s'en tenir à la lésion primitive.

Dès que la santé cérébrale a été troublée un seul moment par une blessure, une lésion encéphalique, une malformation du crâne, le malade supposé guéri acquiert ainsi une diathèse morbide qui décide du reste de son existence. Sujet à des désordres physiques et intellectuels, se produisant ordinairement sous forme de crises incomplètes, irrégulières, il doit être observé à part dans ses manifestations cérébrales.

Deux directions se présentent à cet effet. C'est d'abord d'établir la simultanéité ou la concordance des lésions physiques avec les perversions intellectuelles. Les types de la paralysie générale, de l'épilepsie, les délires accompagnant certaines aifections aiguës, se rapportent à cet ordre. Courte ou longue, fébrile ou non, la folie consécutive à ces lésions a le délire pour caractère essentiel.

La seconde consiste, au lieu de s'en tenir aux investigations psychologiques qui font la notoriété de l'école française, à rechercher la lésion de l'organe préposé à la fonction. Cela est surtout indispensable quand le désordre mental ne rentre ni dans la classe des névroses ni dans celle des maladies cérébrales dénommées. Cette étude à peine ébauchée est celle que l'on doit avoir principalement en vue.

Dans la première catégorie sont les délires impulsifs, instantanés, qui constituent une variété des vertiges épileptoïdes, dont voici un exemple. Un homme brun, robuste, âgé de vingt-six ans, sans déformation du crâne ni d'aucune partie du corps, reçoit un sac de sucre brut sur la tête. Il entre à l'hôpital seulement deux jours après et en sortait trois mois ensuite, pour reprendre plus tard son rude métier d'homme de peine. Depuis son accident, des maux de tête assez fréquents le tourmentent par intervalles ; il ne supporte plus le vin et éprouve des étourdissements. Il pensait à se marier, lorsqu'à la fin d'octobre 1869 il est refusé. Il marche dès lors comme un fou et se porte deux coups de couteau en rentrant chez lui. Six mois après, il

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est repris de la même pensée du suicide, cl, devant un poste de police dont on lui avait refusé l'entrée, il se porte de nouveau un coup de couteau et se jette ensuite sur le factionnaire. C'est ainsi qu'il arrive à la préfecture, où M. Lasègue constate un état parfaitement lucide, sans trace de folie ni de déviation intellectuelle : c'étaient des crises vertigineuses avec tentatives de suicide, survenant cinq ans après la commotion cérébrale.

Bien des larcins insignifiants, des divagations sans portée ont la même origine. L'impulsion emprunte quelques-uns des éléments de l'épilepsie sans une épilepsie réelle. Le travail intellectuel n'est ni annulé ni suspendu, mais réduit à sa plus simple expression.

Un second type moins accentué laisse dans les périodes lucides une infériorité intellectuelle plus marquée. Le sujet en a même conscience le plus souvent. L'assiduilé le fatigue; il n'est plus capable de persévérance, et sa curiosité, qui en est un stimulant, s'amoindrit. Après une heure ou deux de travail, il éprouve la sensation particulière d'une lassitude cérébrale. C'est sur ce fond d'impuissance seule que se développent des accès aventureux. On découvre bientôt une attaque d'éblouissement, soudaine, transitoire, avec ou sans perte de connaissance. Le malade ne souffre pas, mais jamais il ne s'est trouvé ainsi. Les crises d'irritation sans motif augmentent; les conseils et les remontrances restent sans effet. Mais, un jour, l'accès bénin se transforme en une crise maniaque courte, et le malade, déclaré aliéné, n'appartient à aucune des classes admises, parce que l'aliéniste n'a pas assisté au commencement. On fait dater la maladie du jour de l'explosion, comme si elle n'avait pas été préparée par une incubation insidieuse. Les symptômes délirants éveillent seuls la sollicitude, et les phénomènes physiques sont relégués au second plan, alors qu'ils devraient occuper le premier. C'est pour être trop nombreux que ces exemples ne se comptent plus et que tant de variétés morbides, en aliénation mentale, sont inexplicables. (Archiv. de méd., avril.)

Protoosydc d'azote. C'est dans la mélancolie et certaines affections nerveuses de forme asthénique que les docteurs Blake et Harnillon ont eu l'ingénieuse idée d'expérimenter

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les propriétés excitantes du gaz hilariant. Mélangé d'air, c'est-à-dire sous forme liquide, ce gaz a été inhalé surtout par des femmes atteintes de prostration nerveuse et de névroses hystériques. Une stimulation passagère en est résultée, comme le point de départ d'une amélioration notable dans les symptômes nerveux. Il ne faut jamais chercher à obtenir des effets plus accentués ni arriver à l'anesthésie. Par l'excitation agréable et l'hilarité qui en résultent, ces inhalations, administrées au milieu de la journée, paraissent surtout efficaces contre l'insomnie des malades. De bons résultats en ont été aussi obtenus contre certaines vésanies chroniques. (New-York med. Record, janvier.)

ALCOOLISME. En constituant l'une des causes principales de la mortalité, de l'aliénation et de la dégénérescence de l'espèce humaine, comme le démontrent de plus en plus clairement les recherches faites à ce sujet, ce terrible fléau devrait être combattu plus activement que tous les autres, puisqu'il est au pouvoir de l'homme d'y mettre fin. On doit s'applaudir que la Société de Tempérance, — fondée en France en 1872, sous le coup de ses malheurs, pour travailler à la répression de l'abus des boissons -ilcooliques, — soit enfin reconnue d'utilité publique par le gouvernement; car, malgré la loi dont il est armé contre l'ivrognerie, il semble se relâcher de jour en jour davantage de sévir contre ceux qui s'en rendent coupables. Le nombre des ivrognes titubant dans les rues, surtout les samedis et les lundis de chaque semaine, est revenu presque aussi honteux qu'avant la promulgation de la loi. Son application est ainsi manifestement négligée, au grand détriment de la morale et de la santé publiques.

Une Association contre l'abus des boissons alcooliques a été fondée à Bruxelles en 1879, et un Congrès international a eu heu dans cette ville cette année pour réveiller la torpeur des gouvernements à sévir utilement contre ce lléau, en examinant et discutant les mesures propres à l'atténuer. A quoi bon édicter des mesures et des lois d'hygiène contre les épidémies et les maladies contagieuses, quand on en laisse une si épouvantable s'étaler à tous les regards, dans son affreux et horrible épanouissement?

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Fréquence en Angleterre. C'est surtout dans les contrées du Nord que ce fléau exerce ses ravages. Un rapport de M. Onslow montre que l'ivrognerie du dimanche est surtout fréquente en Angleterre et le pays de Galles. Sur une population s'élevant à 22 712 266 habitants, il y a eu 47 401 condamnations de ce chef, du 29 septembre 1876 au 29 septembre 1879, soit 15 800 chaque année. Ces chiffres sont la critique des réformateurs moralistes qui veulent supprimer l'usage des boissons alcooliques.

Ces condamnations prédominent surtout dans les villes manufacturières. Elles s'élèvent à 4721 à Liverpool , dont 4381 résidants, sur 493 405 habitants. À Manchester, qui compte 351 189 âmes, il y en a eu 3282, dont 3066 résidants. Elles ont été de 4227 dans le comté de Laucaster sur 1 318 632 habitants. L'ivrognerie du dimanche est beaucoup moins commune à Londres , Birmingham et surtout Sheffield, dont les condamnations sont de 175 seulement sur une population de 239 946. La police sage d'une ville peut donc atténuer ce redoutable fléau. (Lancct, 21 août.)

Influence sur l'aliénation mentale. Sur un total de 2582 individus arrêtés comme aliénés soit à domicile, soit sur la voie publique, ou condamnés, dans le département de la Seine en 1879, — 1462 hommes et 1120 femmes, — 2190 seulement ont été dirigés sur l'asile Sainte-Anne. 386 étaient récidivistes — 229 hommes et 157 femmes — et avaient été déjà soumis à l'internement de une à dix fois dans les mêmes conditions. 513 hommes et 150 femmes ont été reconnus atteints de délire alcoolique franc. [Archives clc méd., février. )

Combustion de l'alcool dans l'organisme. Un homme en état d'ivresse, ayant tué ses deux enfants, avala ensuite un litre d'eau-de-vie de marc. Une heure après, on l'apportait à l'hôpital dans un état comateux. Malgré l'extraction immédiate avec la pompe, de 480 grammes du liquide ingéré dans l'estomac, cet homme mourut douze heures après.

M. Dujardin-Beaumetz a constaté non seulement la présence d'une certaine quantité d'alcool dans le cerveau, par la distillation et les réactifs , mais la réduction du nitrate d'argent ammoniacal a décelé la présence de l'aldéhyde,

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ce qui implique la combustion môme de l'alcool dans l'organisme, puisque l'aldéhyde est un produit de déshydrogénation de ce liquide.

Contre-indications du chloral. Voy. Chloral.

Absinthismc aigu. On connaît les redoutables effets de cette dangereuse liqueur. Le docteur Lancereaux trace le tableau de ces crises, d'après trois cas qu'il en a observés chez des individus adonnés habituellement à son usage. Elles sont caractérisées par une première phase en quelque sorte tétanique avec contracture des muscles thoraciques et cervicaux, rejet de la tête en arrière pareil à celui de l'opisthotonos; puis par une seconde phase de contractions et de secousses cloniques, qui, tout en épargnant les muscles de la face, projettent en avant le bassin et font exécuter ■aux membres antérieurs des mouvements de percussion violente de la poitrine. Ces mouvements correspondent, sans doute, à une sensation plus ou moins inconsciente de constriction thoracique, d'anxiété respiratoire.

L'accès, composé de crises qui se répètent à intervalles variables et rapprochés, dure en général une heure et disparaît sans laisser de coma.

C'est donc à tort que le docteur Magnan a rapproché cet ensemble de phénomènes de l'attaque d'épilepsie essentielle.

Outre que l'aura et le cri font défaut ici, les convulsions sont beaucoup moins régulières, et il n'y a jamais à la fin de l'accès la période asphyxique et comateuse de l'épilepsie. Le rapprochement serait plus légitime avec les phénomènes de l'hystérie , puisqu'il commence avec de la contracture, s'accompagne de constriction épigastrique, de désordres de la sensibilité et finit par des convulsions cloniques.

Deux jeunes gens ayant bu accidentellement de l'absinthe avec excès ont été pris aussitôt des mêmes accidents.

La division en absinthisme aigu et chronique est critiquée par M. Dujardin-Beaumetz, d'après ses expériences sur les porcs pour étudier les effets de l'alcool. Le porc ne passe point, dans l'ivresse, par la période d'excitation dite

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ipériodc gaie ; il tombe soudain dans celle de dépression et se met à dormir. Si la dose de 3 grammes d'alcool par kilogramme du poids du corps a été dépassée, on peut s'attendre à voir le sommeil se prolonger indéfiniment et la jbête empoisonnée passer de la vie à la mort sans se réveiller. Les sujets en expérience pèsent en moyenne de 80 à 90 kilogrammes; on voit par là quelle dose d'alcool devient pour eux meurtrière et quels frais ils entraînent. Mais, si au lieu d'alcool on leur administre de la teinture {d'absinthe, on constate — et cette observation est très •intéressante — que la dépression ne dure pas. 11 survient :une excitation, qui, sans détruire les effets directs de l'in- )toxication, ne permet pas aux fonctions vitales de disparaître dans un engourdissement mortel , sans les crises ^terribles, les contractions convulsives dont le tableau précède. Cette différence provient sans doute de l'exciLation cérébrale, qui est un facteur physiologique des plus puisisants chez l'homme dès qu'elle entre en action. Si le même .résultat ne se produit pas chez le porc, c'est qu'il manque un des termes du problème nosologique à reconstituer : le cochon a bien le tube digestif de l'homme, mais il n'en a pas le cerveau. (Acad. de méd., septembre.)

Absinthismc chronique. Il se manifeste par des trouibles de la sensibilité, picotements et fourmillements à la peau, sensation de brûlure à la plante des pieds et aux articulations, élancements et déchirements dans l'épaisseur des muscles, constriction à l'épigastre, hyperalgésie en divers points, notamment aux environs de la colonne vertébrale, troubles de la motilité, contraction spasmodique ou tétanique du cou, du tronc, des membres ; troubles des fonctions ; affaiblissement de l'énergie musculaire, de la puissance génésique, de la vue; sommeil agité ; troubles mentaux : perte de la mémoire, hallucinations effrayantes, changement d'humeur ; le malade devient triste , inquiet, querelleur. L'absinthisme a cela de commun avec l'alcoolisme qu'il atteint la fonction digestive et se termine très souvent par un effondrement des forces de nutrition conduisant d'une manière fatale à la tuberculose. Toutefois, l'homme adonné a l'absinthe se corrige avec moins de difficulté que le buveur d'eau-de-vic. Les caractères de l'ab-

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sinthismc consistent principalement dans la surexcitation prodigieuse de la sensibilité, dans la constriction qui a pour siège l'épigastre et l'appelle un phénomène de l'hystérie. D'où la possibilité que la plupart des cas signalés comme exemples d'hystérie chez l'homme soient des faits à rattacher à l'absinthisme chronique, comme conséquence de l'hérédité. Trois jeunes filles de dix-huit à vingt ans, nées de pères ou de mères atteints d'absinthisme chronique, ont présenté à l'observation de M. Lancereaux un ensemble dè phénomènes morbides analogues à ceux de l'hystérie. (Idem, octobre.)

ALLAITEMENT. Un moyen simple et vulgaire peut augmenter la sécrétion du lait chez la femme et même la rétablir : c'est l'emploi du ricin commun, très répandu en France, en Belgique et en Algérie. MM. Boucher et Fonssagrives en ont constaté l'efficacité. On fait bouillir une poignée de feuilles de ricin dans un litre d'eau; on baigne les seins dans cette décoction pendant quinze à vingt minutes, puis on applique sur les mamelles un cataplasme fait avec une partie de ces mêmes feuilles, qu'on laisse en place jusqu'à ce qu'elles soient devenues sèches. Le résultat est obtenu au bout de quelques heures; mais, si la sécrétion lactée est tarie depuis longtemps, on joint l'emploi de fumigations de feuilles de ricin bouillies et dirigées sur les parties génitales. (France médicale .)

L'enfant qui vient de naître doit être considéré comme un malade, dit le docteur Archambault, pour se rendre bien compte des soins minutieux qu'il réclame. Et, en effet, il a plus de probabilités pour disparaître dans sa première année qu'un enfant de cinq ans atteint de fièvre typhoïde n'a de chance de mourir. De là l'impérieuse nécessité de son alimentation pour mieux assurer sa vie contre tous les dangers qui la menacent. L'allaitement au sein et maternel surtout est aussi de la première importance, et il ny a guère que la tuberculose, en évolution ou latente, qui soit une contre-indication formelle à ce devoir, car l'allaitement, dans ce cas, est aussi préjudiciable à la mère qu'à l'enfant.

Effets comparatifs. Le docteur Devilliers résume ainsi les opinions générales exprimées par les auteurs qui ont en-

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; voyé des mémoires à la Commission de l'hygiène de l l'enfance :

]o L'allaitement artificiel doit être pratiqué chez soi, par la mère, ou sous ses yeux et sous sa surveillance imméi diate.

2° Lorsqu'on est contraint d'élever l'enfant par ce proj cédé loin du toit maternel, il ne faut le confier qu'à une femme consciencieuse , soigneuse , expérimentée et ayant facilement à sa disposition du lait de bonne qualité.

3° L'allaitement mixte constitue une excellente pratique, i qui acclimate l'enfant à l'allaitement artificiel.

4° L'allaitement artificiel pratiqué dans de bonnes conditions, chez des enfants robustes issus de parents sains, donne \ cbez soi et surtout à la campagne des résultats excellents, I et certainement supérieurs à l'allaitement au sein par des nourrices habitant leur pays, vivant avec leurs maris et médiocrement rétribuées.

Pratiqué loin de la surveillance de la famille, il donne des résultats inférieurs à l'allaitement au sein dans ces conditions. Pratiqué dans une agglomération d'enfants, il leur fait certainement courir les plus grands dangers et entraîne le plus souvent la mort, quelles que soient les précautions prises et la mesure hygiénique adoptée. (Acacl. de mcd., 8 juin.)

Effets différentiels sur la diarrhée. Sur 141 enfants placés en nourrice dans son service d'inspection, en 1879, le docteur Des Chaisnais a constaté de visu et très exactement que 9 seulement étaient nourris exclusivement au sein; 53 buvaient du lait de vache en même temps qu'ils tétaient, et 78 étaient soumis au biberon. Sur les 9 premiers, 6 ont été pris de diarrhée, et 10 parmi ceux soumis à l'allaitement mixte, tandis qu'il y en a eu 41 sur les 78 autres, :} ayant échappé à cette annotation. Il en résulte donc que, au point de vue de la fréquence de la diarrhée, l'allaitement ; naturel y prédisposerait le plus et l'allaitement mixte le i moins. Mais l'inégalité des nombres ne permet pas d'en tirer cette conclusion , d'autant moins que les enfants i nourris exclusivement au sein sont souvent les plus faibles, malingres et ne peuvent recevoir d'autre alimentation ; ils sont ainsi plus exposés à la diarrhée, surtout quand le lait

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de la nourrice leur est contraire, comme eu voici l'exemple :

L'un d'eux, le n° 12, eut de la diarrhée dès sa naissance, quoique le lait de sa nourrice fût abondant et jeune. Il devint anémique, tandis que l'enfant de la nourrice, sevré à quatre mois et qu'il avait remplacé au sein, venait très bien avec des panades et du bon lait de vache à discrétion.

L'essai de la bouillie ne réussit pas mieux. Mais, la nourrice l'ayant sevré à un an pour prendre sa sœur, il fut soumis au lait de vache. Immédiatement la diarrhée cessa, malgré l'addition d'une ou deux panades par jour. 11 commença seulement alors à se bien développer et fit ses premières dents sans souffrir.

Il en fut de môme de sa petite sœur. Elle ne put supporter le lait de la nourrice et le vomit, tant que l'on n'y adjoignit pas le lait de vache. Elle vint très bien avec cet allaitement mixte, tandis que l'un ou l'autre lait seul lui était indigeste.

Quant à l'avantage de l'allaitement mixte, il est très réel, car, si le lait de la nourrice est insuffisant ou de mauvaise qualité, celui de vache y supplée, et réciproquement.

La mortalité de ces nourrissons juge bien mieux cette question, car tandis que, des 16 premiers malades nourris au sein et à l'allaitement mixte, tous ont guéri, il y a eu 15 morts parmi les 41 diarrhéiques nourris au biberon. C'est donc bien, en définitive, ce mode d'allaitement qui est le plus funeste à la vie des nourrissons, soit par la malpropreté du biberon ou l'alimentation prématurée et grossière que l'on y joint.

D'où cette conclusion qu'il faudrait laisser au médecin inspecteur le soin de décider lequel des trois modes d'allaitement est le plus convenable au nourrisson d'après les effets qu'il en observe. (Revue mêd., 9 octobre.)

Allaitement artificiel. La nécessité en devient plus pressante, à mesure que les nourrices mercenaires sont plus rares et plus exigeantes; le lait humain subissant comme toutes les autres matières alimentaires la progression du renchérissement général. Justement effrayé par la difficulté croissante de se procurer des nourrices pour les nombreux enfants abandonnés ou secourus dans le département de la Seine, le Conseil municipal de Paris a résolu et voté, sur le

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rapport du docteur Thulié, l'uu de ses membres, l'institution d'une nourricerie à l'hospice des Enfants assistés, destinée à l'expérimentation de ce mode- d'allaitement. En face de la mortalité effroyable résultant des pratiques de l'Assistance publique par ses billets jaunes ou ses nourrices sècbes, il avait déjà émis le vœu, depuis plusieurs années, qu'une expérience sérieuse et scientifique d'alimentation artificielle fût faite à ce sujet. Mais, l'Académie de médecine se montrant hostile à ce vœu, une Commission spéciale, composée de trois médecins des hôpitaux de Paris, fut chargée de préparer un nouveau projet sur cette institution, en déclarant que nul mieux que le professeur Parrot n'était à même de suivre cette expérience de près, en étudiant, au point de vue de la syphilis en particulier, les conséquences de ce mode d'allaitement.

Cette nourricerie se composera d'un pavillon à rez-dechaussée comprenant deux salles de dix lits chacune et séparées par un office. Un bâtiment en arrière, complètement distinct, recevrait les animaux destinés à fournir le lait. La surveillance de ce mode d'alimentation, confiée au médecin de l'hospice dépositaire, aurait pour garantie sa conscience droite et son talent indiscuté. Vu les devis s'élevant à 13 086 fr. 28, le Conseil a approuvé.

En condamnant en principe l'allaitement artificiel comme immoral, et par conséquent le projet du Conseil municipal, l'Académie de médecine n'a pas assez tenu compte des conditions dans lesquelles il est exceptionnellement employé. Il peut succéder ainsi graduellement à l'allaitement d'une nourrice après cinq à six semaines pour les enfants vigoureux et plus tard pour ceux qui sont faibles ou malades. 11 convient particulièrement aux enfants syphilitiques, si nombreux parmi ceux qui sont abandonnés. Beaucoup de nourrices, comme on sait, donnent hâtivement une nourriture artificielle à leurs nourrissons, soit parce qu'elles manquent de lait, soit qu'elles ne peuvent continuer l'allaitement. L'usage du biberon avec le lait de vache coupé est ainsi très employé dans l'intervalle des tétées ou après trois à quatre mois d'allaitement maternel. L'alimentation artificielle est d'ailleurs la règle dans les maisons de secours, et l'allaitement artificiel réglementé et surveillé, avec un lait authentique, ne pourrait être que préférable. Combien

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d'enfants assistés, confiés à des nourrices de rebut â la campagne, ne reçoivent pas une nourriture artificielle aussi hygiénique! Au prix de bO à 100 francs que toute bonne nourrice trouve à vendre son lait sur lieu, comment l'Administration en trouverait-elle de passables avec les 22 à 25 francs qu'elle leur offre par mois? L'allaitement artificiel, scientifiquement expérimenté dans les conditions proposées par le Conseil municipal, n'était donc pas à repousser aussi absolument, car il peut donner des résultats très supérieurs à ceux fournis par une mauvaise nourrice.

Une réponse a justement été faite par M. J. Guérin à la qualification réitérée d'entreprise immorale infligée par M. Delpech au projet d'expérimentation avec l'allaitement artificiel. Je m'insurge, a-t-il dit, contre une teile injustice et contre un tel langage. Savez-vous, messieurs, ce qu'il y a d'immoral dans tout cela ? Ce n'est pas de chercher et d'apprendre à mieux se servir d'une méthode qu'on est souvent dans la nécessité d'employer; ce qui est souverainement immoral à mes yeux, c'est le commerce des nourrices qu'on encourage à vendre leur lait aux enfants riches au détriment de leurs enfants pauvres ! comme si les intérêts des uns ne devaient pas être protégés et sauvegardés comme ceux des autres, comme si les enfants pauvres n'avaient pas autant besoin du sein de leur mère que les enfants riches! Eh bien, moi, je trouve infiniment plus moral de chercher, par une meilleure administration de l'allaitement artificiel, à faire cesser tôt ou tard cet abus, que de s'opposer systématiquement aux expériences qui doivent perfectionner l'allaitement artificiel. (Acad. de méd., avril.)

Il ne faut pas oublier en effet que, derrière le nourrisson qui fleurit au sein mercenaire , il y a l'autre, le titulaire de la place, l'enfant même de la nourrice, qui s'élève comme il peut, exposé à toutes les mauvaises chances qu'évitera celui qui le remplace au sein maternel. Si celui-ci s'élève bien, est-ce que l'autre ne le ferait pas de même? Sa conservation est une preuve même que l'allaitement artificiel pratiqué à la campagne n'est pas aussi meurtrier qu'on le dit quand il est entouré des soins nécessaires.

Le lait servant à l'allaitement artificiel est aussi d'une importance capitale. Il n'y a pas de comparaison à établir entre un lait vivant, provenant d'une vache saine et bien

ALLAITEMENT

nourrie, nouvellement trait et encore chaud, avec ces mélanges de je ne sais quoi qui s'administrent dans les villes.

L'épreuve qui va se tenter à Paris, dans un hospice d'enfants assistés et sur des enfants abandonnés, avec des vaches nourries à l'intérieur, est ainsi faite dans des conditions bien moins favorables qu'à la campagne. C'est là et là seulement, avec des animaux nourris au grand air et de gras pâturages, avec une directrice intelligente et instruite et un personnel suffisant, qu'elle peut donner tous les résultats dont elle est susceptible. C'est pourquoi l'allaitement artificiel ne soulève pas en province les mêmes réprobations qu'à Paris, parce que , dans les familles et sous une surveillance éclairée, il se montre bien préférable par ses résultats au lait même de ces nourrices inintelligentes, malpropres et sans soins, souvent misérables et dont les nourrissons donnent une proportion si effrayante de mortalité .

Le docteur J. Granjé a fait ainsi un chaleureux plaidoyer en faveur du lait pur. L'addition de toutes les eaux altérées : eau panée, eau d'orge, eau de graine de lin, est aussi pernicieuse que l'eau pure. Il s'agit de le donner tiède et non bouilli; une température de 32° C. obtenue au bain-marie est la plus convenable. Le sucre ordinaire n'est pas plus utile, puisque l'estomac de l'enfant ne peut le transformer en glycose. Pour être logique, il faudrait y ajouter du sucre de lait, comme quelques médecins le conseillent.

La quantité doit surtout en être surveillée et ne doit pas dépasser de 30 à 100 grammes au maximum. Quatre cuiïlerées à café de lait, toutes les heures ou deux, suffisent au nouveau-né. Le biberon est le meilleur mode d'administration, pourvu que le caoutchouc soit souple et bien désulfuré. Un moyen simple de l'entretenir propre est d'y passer une eau additionnée d'acide salicylique, en le lavant ensuite à l'eau chaude.

L'élevage artificiel des enfants est surtout difficile par l'attention et les soins qu'il exige pour être favorable. Un personnel spécial serait nécessaire pour le pratiquer et l'enseigner. Tout autre aliment que le lait pur doit être formellement interdit avant le sixième mois.

Le docteur Flamain (de Châlons) préconise le lait con-

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