QUININE
QUININE. Action convulsivante de ses succédanés. Dans une étude expérimentale des succédanés en thérapeutique : chlorate de potasse et de soude, bromure et iodure de potassium, pour en montrer toute la différence d'action, le docteur Laborde a mis en présence les alcaloïdes du quinquina de la manière suivante :
Trois chiens de même race, même taille et même poids, sont soumis simultanément à une injection hypodermique de 1 gramme de sulfate de quinine chez le premier, de 75 centigrammes de sulfate de cinchonine chez le second et de 75 centigrammes de sulfate de cinchonidine chez le troisième.
Après une demi-heure, le premier est pris de stupeur, se tient mal sur ses pattes avec une obtusion très marquée de la sensibilité générale, qui va en augmentant jusqu'à l'anesthésie complète et totale.
Le second, après des signes d'inquiétude, d'effarement du regard, de secousses isolées, comme électriques, pousse subitement un cri, suivi de deux ou trois autres, en tombant violemment sur le dos. Il est pris de convulsions toniques généralisées, avec écume sanguinolente, émission involontaire des urines; puis période clonique, avec anhélation et stertor comme dans l'accès épileptique. Après trois à quatre minutes de résolution et de détente, l'attaque recommence et se réalise de la même façon, et ainsi pendant plusieurs heures consécutives. Les efforts de l'animal pour se remettre sur ses pattes ou les excitations périphériques artificielles provoquent manifestement la reprise de ces accès. Hallucinations dans les intervalles.
Le troisième chien n'est pris que plus tard d'un tremblement continu de la tête, analogue à celui de la paralysie agitante; puis une attaque épileptiforme y succède, moins violente et se renouvelant moins fréquemment que chez le second, avec cette différence caractéristique du tremblement, de la tête dans l'intervalle des accès. {Acad. de méd. et Tvibune inéd.,n0 601.) 11 y a donc là une différence bien sensible. Mais cette