OREILLE
Hi
d'irritation des voies urinaires comme il en rapporte un exemple. De petits grains de sable blanchâtre et même de petites concrétions calculeuses, s'engageant dans l'uretère on dans l'urèthre, expliqueraient d'après lui, outre l'affection testicuiaire, les douleurs abdominales sous forme de tranchées, les nausées et les vomissements qui accom.pagnent ces orchites.
Un remède simple et supérieur à tous les moyens indiqués serait employé ayec grand succès au Brésil, selon le docleur ièetoldi contre l'orchite blennorhagique, très- fréquente parmi les esclaves atteints de blennorrhée, par suite de leur immersion dans l'eau pour traverser des rivières à gué ou par la flîiture de leurs travaux; elle céderait très-rapide(iient à l'usage de la poudre suivantes :
1^ Sqlfat^ de pojiisse. , . , 30 grampfips.
ëucre,' . '. .". 125 —
Mêlez.
Divisez en IS paquets.
A prendre un toutes'lessjx heures (Jansunelasse d'eau chaude. Voy. Hydrocèle,
OPiEIÏ^tE. Si l'on applique une mpnlre sur les parois du crâne au voisinage de l'oreille chez une personne en santé, dit M. Philipeaux, le bruit en est perçu distinctement lors même que le conduit auditif est obturé au point d'empêcher l'audition à une distance très- rapprochée; nouvelle confirmation du procédé analogue employé par M- Bonnafont pour constater Ip degré de surdité. La mêpie e}fpérience, faite php? un malade atteint de cpngestipn ou de ranUPHissement de la base du cerveau, reste négative comme dans la surdité incurable, pausée par une lésion de l'orfiill^ interne. Pe là un nouveau signe diagnostique et la preuve développée par l'auteur, d'une étroite pqnnexion entre Tpreille ipterne et la base du cerveau. (Soc. de mé4. (i? ^j/on.j
Extrqction cle^ cQvps étrangers. Ayant vu mpurir un enfant de méningite par propagation due à la présence d'un fragment de gravier dans le conduit auditif, M. Bergeret d'Arbois, pour éviter les mêmes conséquences dans un cas où un noyau ne pouvait être retiré ayep les pincps ordinaires, fit fabriquer un forceps en miniature dont les cuillers n'offrent qu'une seule
OSTfiOMALACIE.
courbure dans le sens horizonla!, comme le léiiiceps de M. Malleï. lîn les inlroduisaiil l'une après l'autre et les articulant ensuite, il put extraire facilement et sûrement le corps étranger [Bull, de la Soc. méd. de Besançon). Cet instrument peut donc rendre de vrais services et mérite de trouver place dans la trousse du praticien,
OSTÉOGENIE. On sait depuis les expériences de Troja que, lorsqu'on détruit la membrane médullaire d'un os, l'os tombe aussitôt en nécrose, et que le périoste se détache de l'os nécrosé; mais ce que l'on ne sait pas, dit M. Flourens, c'est qu'à mesure que la membrane médullaire dépérit, le périoste, détaché de l'os nécrosé, s'épaissit, se gonfle, entre en turgescence et produit de l'os nouveau.
Le périoste en état de turgescence est le périoste en voie de production. C'est l'histoire des deux radius de bouc déposés sur le bureau de l'Académie. La membrane médullaire en a été détruite, le radius est tombé en nécrose, le périoste s'en est détaché, et, chose merveilleuse, il a reproduit un radius nouveau.
Ce radius nouveau est absolument semblable à l'ancien ; il est seulement plus gros.
On a ouvert longitudinalement les radius nouveaux, et, dans l'intérieur de chacun d'eux, on a trouvé le radius ancien contenu et en partie résorbé par unemembrane médullaire nouvelle.
La membrane médullaire se reproduit, en effet, tout comme l'os, et ceci va me donner l'occasion d'exaniiner sous un nouveau jour une question d'anatomie fine.
Dans ce qu'on nomme la moelle des os, y a-t-il une membrane? Ruysch l'a nié, et tous les anatomistes, à son exemple, la nient aujourd'hui.
Cependant, on voit ici qu'au moment de sa renaissance la membrane médullaire offre une structure fort apparente, ou du moins une surface tour à tour creuse et mamelonnée, à chaque creux de l'os répondant un mamelon de la membrane médullaire.
La membrane médullaire est essentiellement, sous le rapport physiologique, l'organe de résorption de l'os. [Académie des sciences, mars.)
OSTÉOMALACIE. Certaines affections diathésiques exercent une influence marquée sur la consistance du squelette, et
OSTÉOMALACIE.
se traduisent par des déformations plus ou moins prononcées dans la continuité des os, résultant d'un ramollissement du tissu osseux.
Quelle que soit leur cause primitive, ces déformations offrent plusieurs traits de ressemblance, qui les font souvent confondre. Frappé des graves inconvénients qu'entraînent ces erreurs de diagnostic, M. Kuhn, dans un travail étendu, présenté à la Société de médecine de la Seine, a cherché à faire ressortir et à mieux fixer qu'on ne l'avait fait jusqu'ici les caractères propres, essentiels des différentes espèces de ramollissement des os.
11 réunit ainsi sous le titre générique d'ostôomalacie, suivant la cause spéciale qui le détermine, sept espèces de ramollissement des os, à savoir : l'ostéomalacie infantile ou rachitique, rôstéomalacie proprement dite ou rachitisme de l'adulte, l'ostéomalacie scoibutique, l'ostéomalacie syphilitique ou mercurielle, l'ostéomalacie arthritique ou goutteuse, l'ostéomalacie scrofulo-tuberculeuse et l'ostéomalacie cancéreuse.
Tout en reconnaissant que chacune de ces causes affecte le tissu osseux d'une façon spéciale comme elle, l'auteur évite d'en énumérer les caractères histologiques différentiels, ce qui eût peut-être modifié ses vues palhogéniques. Il se borne à en indiquer les différences extérieures, apparentes. Ainsi, l'une envahit spécialement la trame organique, l'autre s'attaque à l'élément calcaire; celle-ci s'en prend aux deux éléments à la fois, celle-là surtout aux extrémités articulaires, etc., sans compter que la manière dont chacune de ces causes procède dans tel ou tel élément de l'os est encore essentiellement variable. Ici ce sera un simple défaut d'équilibre entre les fonctions assimilatrice et désassimilatrice du tissu osseux, d'où la diminution graduelle de l'un des deux éléments par rapport à l'autre; la cause de celte désharmonie cessant, l'os se reforme dans des ct)nditions presque normales (comme dans le rachitisme, dans l'ostéomalacie essentielle et probablement aussi dans le ramollissement scofbutique) ; ailleurs, c'est une transformation lente et graduelle des deux éléments en matière grasse (comme dans la goutte); ou bien, enfin, une disparition graduelle des deux éléments devant des corps étrangers organisés, n'ayant aucune analogie avec les tissus normaux de l'organisme (ostéomalacie tuberculeuse et cancéreuse).
Ces caractères ne sauraient suffire en présence des différences
OSTÉOMALACIE.
analomiques fondamentales entre les deux espèces les plus souvent rapprochées et môme confondues : le rachitisme et l'ostéomalacie, et que Virchow a exposées mieux que personne avant lui. « Dans son état final, p dit-il, « c'est-à-dire cette période » ullime, appelée consomption rachilique par M. Guérin, l'os » malacique peut avoir plusieurs points de ressemblance avec » l'os rachitique ; il n'y en a aucun quant au mode de développe- » ment. En effet, dans l'osléomalacie, il y a une véritable ré- » sorption des parties compactes qui deviennent molles; un os » complètement formé se transforme en moelle gélatiniforme, » tandis que dans le rachitisme, rien n'est de fait résorbé; ce » qui est mou ne se solidifie pas, les couches de nouvelle for- » malion sont dépourvues de sels calcaires, tandis que celles » qui en sont déjà incrustées persistent à l'état solide.
>' Où peut-on trouver ici une ressemblance anatomique? » Dans l'ostéomalacie, c'est l'os véritable qui se modifie; dans » le rachitisme, c'est le cartilage et le périoste qui sont plus » spécialement malades, tandis que ces tissus ne participent en » rien à la malacie. Dans cette dernière maladie, il y a usure, » atrophie, dégénérescence et métamorphoses ré^^ressives; dans » le rachitisme, il y a nouvelle formation, multiplication, méta- » morphose progressive, mais qui ne dépasse pas certaines » limites. »
Si donc, en apparence, celte réunion, ce rapprochement de M. Kuhn sous un titre commun d'affections offrant une altération des os comme point de ressemblance, a un avantage nosologique, au fond, on le voit, l'assimilation en est forcée, car, si les différences sont si tranchées entre les deux espèces qui se rapprochent davantage, que doit-il être des autres, dont la lésion anatomique est moins bien connue à cause de leur rareté, mais dont la symptomatologie, la marche, la gravité, le traitement, tout diffère? La cause spéciale qui les produit surtout, scrofule, syphilis ou cancer, n'amène-t-elle pas une altération distincte? C'est ce qu'a très-bien fait remarquer M. Lagneau, séance tenante, quant à la syphilis, et ce qu'a fait M. "Vallin pour les autres espèces, avec autant de savoir que de talent {Gaz. heb., xi°^ 1 et 2). Ce sont là pour lui autant d'osléo-poroses simples, c'est-à-dire la transformation du tissu compacte en substance graisseuse par une cause anatomique différente. Le rapprochement en est donc aussi peu fondé que celui de l'anévrysme, du lipome et du cancer sous le titre générique de tumeur.
OSTÉQftJALApiE. 5^5
^l. Schutzenberger a aussi très-bipn mpn(.ré pes (|jlïérences analomiques de l'ostéomalacie et du rachitisiîie à l'ocpasipn d't|n inalade mort dans sa clinique. Le seul point qui existe ei)tre les deux pialadies, c'est que, daps l'unp et' l'autre, il y a at|sence de principes calpaires et r^fnplli^çemeiif. C§ trppble de nutrition est évidemment sous l'influence d'un état général, f^'une dy^crasip, d'une djalhèse, si l'on veqt; mgis affirmer que cette dyscrasje est la même dps les deuîc cas, et l'i^ppeler dyscrasie rachitique, dit-il, c'est upe assertion purement graluilp; p'pst quitter le domaine de l'observation positive pour s'engager dans une voie fgneste, la voie de l'hypothèse et de l'arbitraire, qui a déjà copdqit à ne voir dans le rachitis que la scrofule des os jeunes. [Gaz. r^ied. de Strasbourg, janvier.)
11 n'en saurait être (^q même des autres espèces, et 1^1. Kuhn les dislingue suivant leur cause. Ppurlant, en admettant quatre périodes pour 1î> rachitisme et l'ostéomalacie essentielle, savoir: période prodromique ou gastro-intestinale, période de ramoHissenient ou de déformation, période de réparation et péfiode de consQljdation, il admet qneîque chose d'anajogue pour l'ostéomalacie syphilitique, dans |aquejle jl a également constaté, sur des pièces du musée dp Claniart, les lésions çprrpgpqndantes aux deuxième, troisième et quatriènie périodes dn rachiti^ç)^.
Quant au diagnostic différentiel, l'ostéomalacie essentiellp, qnj offre à ses débuts une grande analogie ayec certains acci(^enls de la goutte, s'en distingue essentiellement dès l'abord :
'1° Par des douleurs dans un point quelconque de la région pelvi-sacrée ou de la partie supérieure des fémurs, tandis que les débuts de la goutte se font ordinairement sentir dans les petites articulations éloignées du centre, et notamment aux pieds.
2° Par sa marche franchement continue ou simplemeni rémittente, sans attaques ou accès séparés par des retours à l'état normal ; tandis qpe la goutte, dans sa première période, se montre toujours par attaques séparées par des intervalles de retour à l'étaj, sain des articulations ou des points du squelette primitivement atteint^. • " -
3" Par sa marche régulièrement progressive qui, de la région pelvi-sacrée ou pelyi-fémorqle, qui es|,en quplque façon jp quartier général de l'ostéomalacie essentielle, s'étpnf} dp là de prochp en proche aux autres points du squelette ; quand une fois pllp a envahi un point, elle y reste à demeure jusqu'à ce qu'elle ait épuisé son aplion, et Ig cesgqlipn des donleups coincii^e j^abi-
OTOSCOPE.
luellemenl avec la déformation osléomalacique de celle partie; mais, quand une fois la douleur a disparu dans un point, elle n'y reparaît plus.
Elle procède avec symétrie, c'esl-à-dire que l'envahissement d'une région est accompagné, ouimmédialemenlprécédéou suivi de l'envahissement de la partie similaire.
La goutte au contraire procède par bonds irréguliers, de droite à gauche, de haut en bas, ou vice versa, et sans la moindre symétrie. Dans la première période de la goutte, l'articulation atteinte rentre après l'attaque dans les conditions normales, et cela souvent en moins de vingt-quatre heures ; mais lorsqu'une articulation a été atteinte une première fois, elle est très susceptible de revenir plus tard le siège des mêmes accidents.
Quant au traitement, les moyens pharmaceutiques les plus divers n'ont paru exercer aucune, influence appréciable sur la marche et les progrès de l'osléomalacie. L'hygiène seule peut avoir quelque action dans les deux premières périodes. M. Kulin pense qu'on pourrait recourir avec avantagea l'emploi des bains excitants, de l'hydrothérapie, des frictions stimulantes, de l'électricité etc., associés à une hygiène convenable.
Les ramollissements osseux, syphilitiques, goutteux et cancéreux ne sauraient être traités autrement que par les moyens appropriés aux périodes invétérées des diathèses correspondantes. (/<euMenidd.,4 864etl865.)
OTOSCOPE. Pour mieux étudier les lésions du conduit auditif, notamment de la membrane du tympan, M. Garrigou- Desarènes a fait construire un réflecteur parabolique dont les rayons réfléchis sont rigoureusement parallèles et qui, concentrés sur la membrane au moyen d'une lentille convergente, teinte en vert, pour avoir une lumière moins rouge, viennent l'éclairer comme le plus beau rayon solaire. Appliqué chez cinq malades à l'hôpital de la Charité, cet instrument a permis aux élèves de voir très-distinctement plusieurs lésions de la membrane du tympan. {Gaz. des hûp., n° 135.)
Calhélérisme de la trompe d'Eustaclie. Voici la modification opératoire employée par M. Garrigou-Desarènes. La sonde étant saisie, la convexité tournée en haut, il l'engage sur le plancher de la fosse nasale du côté maladfi, et après lui en avoir l'ait parcourir l'étendue avec légèreté, dès qu'il sent que le bec
OURANOPLASTIE.
abandonne la cloison, il fait décrire un demi-cercle en dehors h l'inslrument. L'ouverture de la trompe à la paroi externe, correspondant, à I ou 2 millimètres près en arrière, à cette partie postérieure de la cloison, la sonde s'y engage tout naturellement. Cette méthode, simple et facile, ne fatigue nullement le malade, surtout en se servant des sondes particulières de l'auteur. [Idem,)
OURANOPLASTIE. En persistant à nierd'une manière absolue la reproduction de l'os par le périoste déplacé, transplanté, M. Sédillot ne voit que des résultats très-contestables dans les succès annoncés d'occlusion osseuse, des fissures coni^énitales de la voûte palatine par des lambeaux périostés, empruntés aux os palatins. Tels sont ceux duprofessseur Langenbeck, auteur de cette méthode. L'unique reproduction osseuse incontestable, survenue sur un jeune chien dès le vingt-huitième jour-, ne lui semble pas concluante et il trouve ce résultat en contradiction avec le long temps annoncé pour cette reproduction. Ses deux opérés ne présentaient que des lambeaux souples et non ossifiés après un an. De même des faits de MM. Herrgott, Ehrmann, de Mulhouse, et Billrolh, de Zurich.
La cause de cette non-ossification des lambeaux périostés du palais est leur exposition au contact de l'air et des mucositésdu côté où les cellules ostéogènes sont le plus multipliées. La suppuration s'en empare ainsi inévitablement et constitue un obstacle des plus considérables à la régénération osseuse. Le mouvement imprimé aux lambeaux par le passage de l'air, par la parole et la mastication^ est un autre empêchement grave. C'est comme les fractures mal contenues et exposées à une incessante mobilité. Au lieu d'un cal, on a du tissu fibreux. Un troisième obstacle est le changement complet de rapports de la lame osseuse. Au lieu de la surface qu'il occupait normalement, le nouvel os doit apparaître entre une surface inodulaire nasale, plus ou moins revêtue d'un épithélium muqueux et la surface opposée du périoste décollé. La lame osseuse, normalement extérieure au périoste palatin lui devient intérieure. Toutes causes qui doivent s'opposer à cette régénération.
Si par exception elle s'est produite et se produisait à l'avenir, il faut l'attribuer à la proligération des cellules plasmatiques environnantes, fournies par le périoste resté adhérent et intact, et s'étendant sous forme de ramifications plus ou moins prolongées
518 pVAniOTOMIIÎ,
à |3 surface et dans l'épqisseur des parties voisines comme on on observe entre lus os fracturés non réduits, et entre les extréniilég des diaphyses écartées par la formation et lelimination d^un séquestre, mais sans rapports avec le périoste. La méthode d'ostéoplastie par déplacement du périoste est ainsi condamnée suivant le célèbre professeur. (Soc. do chirurgie, février.)
OVARIOTOMIE. Six nouvelles opérations faites de 1864 » à 1865, par M. Kœberlé, ont donné quatre succès, soit les 4 deux tiers. Preuve que ce n'est pas là siniplemenl une série* heureuse, car sur un total de dix-huit cas, il y a treize guérisong. . Des deux nouveaux insuccès, la mort est résultée une fois de septicémie par suite d'une ligature perdue des deux ovaires; dans l'autre, un pedème considérable des parois abdominales en » a été la cause occasionnelle. {Acad. des se. el Union méd. . n" iÛ6.)
Sur une fille aliénée de l'Asile de Montpellier, âgée de qua-;rante ans, atteinte depuis près de vingt ans d'un kyste unilo-^ • culaire de l'ovaire gauche, n'ayant jamais été ponctionné,. M. Courty l'ayant opéré le 23 juillet, la guérison était complète i le 20 août, malgré un accès de manie furieuse survenu inten* ■ curremment.
Je puis dire, ajoute M. Courty, que jusqu'ici mes propres., observations et quelques autres dont j'ai eu connaissance, sera- • blent démontrer que, dans le midi de la France comme en An- ■ gleterre et à Strasbourg, l'ovariotomie réussit deux fois sur trois i lorsqu'on ne choisit pas les cas, et trois fois sur quatre lors- • qu'on peut les choisir. {Acad. des Se., septembre, et Monlp. . méd., novembre.)
A Dijon, sur deux cas, M. Bndet, chirurgien de l'hôpital, a i obtenu un succès et up revers.
Chez une mère de famille, âgée de cinquante-trois ans, dont l l'abondance de la sécrétion du kysie était telle qu'elle s'élevait i à plus d'un litre par jour, et chez laquelle neuf ponctions con-» • sécutives, pratiquées du 23 avril 1 860 au 1 9 octobre 1 864, ont 1 donné 153 litres de liquide séreux d'abord, filant ensuite,. M. Berrut n'hésita pas, quoique la malade fût dans le dernier " degré d'épuisement, de recourir à l'ovariotomie. Il l'a pratiquée le 29 octobre, sans chloroforiiiisation, et un succès complet couronna sa hardiesse. Voici les conclusions qui résultent de ce fait ; remarquable communiqué à l'Académie, le 9 mai.
OVARIOlTOMIE. 519
Un kyste à parois minces, à liquide séreux, unilqpulaire, peut se transformer en un kyste à parois épaisses, à liquide filant et (comme le démontre la pièce pathologique) mulliloculaire ;
2° Si la natpre séreuse ou filante du liquide n'indique qq'qne différence d'âge dans le kyste, il y a lieu de diminuer la distance qu'on a établie, au point de vue du pronostic, entre les kystes séreux et les kystes à liquide filant;
3° La reproduction du liquide, lente tant qu'il a été séreux, est devenue très-rapide dès qu'il a été filant;
4° Que l'ovariotomie est la seule ressource dp gqérison en présence de ces abondantes déperditions qui épuisent les sources de la vie :
5° Qu'en attendant que des observations ultérieures aient permis de déterminer à quel moment plus prochain le chirurgien peut être autorisé à entreprendre l'ovariotomie, il demeure acquis qu'une extrême faiblesse n'empêche pas le succès de l'opération ni le rétablissement le plus complet de la malade;
6" Enfin, qpe si le chirurgien peut ôlre autorisé à pratiquer l'ovariotomie de meilleure heure, il est de son devoir d'y recourir comme ressource ultime, [Union méd., n" 58.)
Un succès en a aussi été obtenu par M. Péan, sur une dame italienne de trente ans, mère de cinq enfants. Le kyste était multiloculaire et pesait 1 0 kilogrammes. De nombreuses adhérences de l'épiploon avec la tumeur, et de la tumeur avec les parois abdominales et les intestins, ont nécessité des excisions et des ligatures.
La suture à anse métallique comprenant le péritoine, faite pour la réunion, s'est partiellement détruite à ja suite d'une bronchite et d'efforts de tou^ considérables. Néaqpioins, vingt jours après l'opération, celte femFne était levée et guérie. (Acad. de méd., juillet.) C'est peut-être le premier supcès obtenu dans la pratique civile à Paris, et encore était-ce à Batignolles.
M. Labbc a également obtenu un beau succès, sqr une fille de vingt-neuf ans, entrée à l'hôpital Beaujon, le 15 avril, et opérée dans l'établissement hydrothérapique voisin de M. Emile Duval, le 19 juillet, d'un kyste uniloculaire, à contenu épais, filant, gélatineux, ne pouvant s'écouler par la sonde du trocart. Une incision de la paroi fut nécessaire à cet effet. Le 7 août, la guérison était complète.
Le poids total du kyste, contenant et contenu, était de 21 kilogrammes. {Acad. de méd. et Gaz. hebdom., n° 43.)
OVAKIOTOMIK
A l'hôpital de la Pitié, M. Richet l'a pratiquée le 29 avril, sur une jeune fille de seize ans, pour un kyste uniloculaire non ponctionné; aucune adhéretice n'existait. Neuf litres de liquidée furent extraits à l'aide du trocart de Robert, qui, muni d'un i espèce de tire-bouchon, s'enfonce dans les parois du kyste et i s'adapte exactement à celui-ci, en s'opposant à l'effusion du i liquide sur les côtés.
Néanmoins toutes ces conditions favorables n'empêchèrenti pas l'opérée de succomber à une péritonite le quatrième jour. . (Union médicale, n° 104.)
Un nouvel insuccès a été signalé par M. Gayet, à la Société; des sciences médicales de Lyon, chez une jeune femme de vingt-" six ans, offrant, de l'aveu même de l'opérateur, 75 chances sur* 100 deguérison, et qui succomba cependant dès le troisième* jour, comme la précédente.
Faut-il voir la cause de ces insuccès dans le séjour des; opérées à l'hôpital, contrairement à une opinion ci-après si-gnalée? Le fait est, qu'à Lyon même, dans un cas semblable, , M. Desgranges ayant placé sa malade dans une habitation con- • venablement aérée et, située loin de tout foyer nosocomiail comme le fit M. Labbé et M. Boinet à Paris, obtint un succès i complet. Dès le vingt-huilième jour la malade était guérie.
Sans que ce soit là une statistique complète de cette grave • opération en France, en 1865, c'en est assez pour montrerque M. Kœberlé ne reste plus le seul ovariotomiste exception-nellement heureux dans les départements.
Naturalisée déjà à Zurich par le professeur Breslau^ l'ovario-tomie a réussi également dans la Suisse française à Vevey, , entre les mains du docteur de Montet, sur une jeune fille de! vingt-six ans, opérée le 8 décembre 1 864, à l'hôpital du Sama- • ritain. Malgré des adhérences très-résistantes et nombreuses . et le grand développement de kystes multiloculaires, aucune complication ne vint entraver les suites de l'opération. Les règles apparurent dès le troisième jour, et le vingt-deuxième l'opérée vaquait à ses occupations. [Gaz. hebdoin , n" H.)
Il n'en a pas été de même malheureusement en Italie. Le docteur Peruzzi, de Sinigaglia, l'ayant exécutée pour la première fois, dans le courant de janvier, il rencontra des adhérences très-étendues qui rendirent l'opération laborieuse et la mcrt s'en suivit. Ce fatal résultat est doublement regrettable pour sa généralisation dans les pays où des préventions exis-
OVARIOTOMIE
tent contre cette grave opération. Pratiquée pour la deuxième fois à Modène, par le professeur Bezzi, elle a été suivie de guérison. Celle issue heureuse en fait prévoir bien d'autres.
M. Spencer-Weils, l'habile ovariolomiste anglais, n'a pas été aussi heureux à Bruxelles. Invité par M. Deroubaix à pratiquer cette opération à l'hôpital Saint-Jean, sur une femme d'une cinquantaine d'années, il l'exécuta avec son habileté accoutumée, mais le danger, ici, n'est pas tant dans l'opération que dans ses suites. Une péritonite emporta la malade le quatrième jour. On ne peut ainsi plus guère accuser l'inexpérience ni le défaut d'habileté des chirurgiens du continent — M. Kœberlé excepté — des insuccès dont l'ovariotomie est trop souvent suivie entre leurs mains, car voici qu'à Bruxelles, comme à Paris et ailleurs, où des chirurgiens anglais ont été appelés à la pratiquer, elle a été également fatale. Il n'y a donc aucun bénéfice à réclamer leurs soins à l'étranger.
Quoi qu'il en soit, M. Spencer-Wells a présenté, à la Royal med. and chir. Society, une nouvelle stalistique.de 50 cas avec une proportion de 2 guérisons pour <! décès. Contrairement à l'opinion accréditée, que cette opération réussit mieux en ville, les résultats en ont été plus favorables à l'hôpital comme pour la trachéotomie. Nouvel x à trouver. Si l'hôpital comporte un ensemble de soins qui ne peuvent se rencontrer ailleurs, l'air, l'encombrement et tout ce qui entoure l'opérée est redoutable pour les conséquences de l'opération. Il faudrait donc remonter à l'état social, constitutionnel, des opérées elles-mêmes pour trouver ce secret.
M. Bulcher relate aussi les deux. premiers cas de cette opération qu'il exécuta, l'un à l'hôpital Mercer de Dublin, au mois à» mars, sur une fille de vingt-quatre ans, ayant un énorme kyste biloculaire; l'autre le 20 août, en ville, chez une fille de trente-huit ans, souffrant depuis dix ans d'un kyste uniloculaire. Il obtint deux succès complets, malgré une péritonite limitée dans celui-ci. Il fut ainsi plus heureux que les chirurgiens appelés de Londres à Dublin, pour pratiquer cette opération. {Dublin qmrlerly Journ., novembre.)
Elle compte aussi plusieurs succès en Australie. Le docteur Tracy, de Melbourne, en a obtenu un second après six ponctions sans qu'il existât d'adhérences. Dans un troisième où 44 ponctions avaient été faites , une hémorrhagie consécutive survint, 40 heures après l'opération, qui détermina la mort. Elle
522 OVARIOTOMIE
provenait de petits vaisseaux divisés avec les adhérences qui n'avaient pas donné de sang lors de l'opération et qui n'avaieni pu ôtre liés. L'averlissemenl est bon à recueillir pour éviter pareil danger.
Diagnostic. Une grave erreur a élé commise à ce sujet, pour la première fois sans doute, chez une veuve de quarante- neuf ans, admise à l'hôpital Middlesex, salle Prudliosj, le 27 décembre 1864. Des douleurs avaient commencé quatre ans auparavant, coïncidant avec une menstruation irrégulière, cessée depuis deux ans. La malade est pâle, anxieuse, avec des envies continuelles d'uriner sans pouvoir retenir ses urines en marchant. Une tumeur grosse comme une téte de fœtus à terme, , mobile et sans adhérence à la peau, d'une surface irrégulièro. élastique, sans fluctuation manifeste, existe dans la région lom-baire gauche s'élevant à un pouce et demi de l'ombilic, malee en bas, plus sonore en haut. Elle est le siège de douleurs presque continuelles.
L'examen de l'utérus et des urines n'ayant offert aucunee donnée particulière, on diagnostique une tumeur de l'ovairee dont l'extirpation est résolue. A l'ouverture de l'abdomen pra-liquée, comme à l'ordinaire, le 13 janvier, une tumeur recou-verte du péritoine se présente semblable à un petit kyste de' l'ovaire ; mais l'exploration découvre qu'elle est sans pédicule»? et en dehors du péritoine. Une petite incision de celui-ci montrée une masse élastique de couleur noirâtre. Une ponction exploratrice n'en fait sortir qu'une goutte de sang, et c'est seulement i alors que l'état normal de.l'utérus et des ovaires suggère laa véritable nature de la tumeur.
En effet, l'opérée ayant succombé dès le deuxième jour à unee péritonite, l'autopsie révéla une tumeur rénittente formée parr le rein, s'étendant en bas et en dehors, enveloppée dans lee péritoine, formant comme une sorte de mésentère et ballottant i ainsi librement en haut, en bas et en dedans. L'artère rénale,, très-allongée, se dirigeait obliquement en bas et en dehors. Lee rein était tourné sur lui-même, de manière que le liile regardaiti en arrière et à gauche et son bord convexe en avant. Une sec-tion montra la tumeur proprement dite de consistance semblable ■ à la substance cérébrale , d'un gris blanchâtre, sillonnée degrosses ramifications veineuses distinctes du tissu rénal même, quoique enveloppée dans la même capsule fibreuse. C'était, en
OVARIOTOMIE
un mot, une altération du rein même. Son plus grand diamètre était de 4 pouces et demi, le plus petit de 3 pouces et demi, et sa circonférence de 12 pouces environ. L'urèlhre était normal. [Lancet, mars.)
Traitement. M. Richardson propose de remplacer l'ovariotomie par le procédé suivant :
1" temps. Ponction de la tumeur avec yn troc^rt construit de manière à permettre de suspendre à volonté l'écoulement du liquide, sans avoir besoin de retirer l'instrument.
2" Après une évacualiop suffisante de la tumeur, on fait sur sa base une petite incision qui peut n'être guère plus étendue que celle nécessaire à la ligature de l'iliaque primitive.
3*^ Arrivé sur le pédicule, on l'atteint avec le doigt et on le traverse d'une aiguille enfilée d'un double fil qui sert à en étreindre les deux pioitiés. Cette ligature pourrait être remplacée par un compresseur. On donne ensuite issue au reste du liquide.
i" Les fils coupés, on réunit la plaie, et le kyste privé ainsi de ses éléments de nutrition doit être détruit par absorption, [Briiish med. Journal, mars.)
On ne voit que trop que cette conception, toute rationnelle et séduisante qu'elle soit, n'a pas été mise à exécution.
Modification opératoire. Aucun procédé pour assurer l'occlusion du pédicule du kyste n'a définitivement prévalu jusqu'ici. La ligature à l'intérieur avec les fils au dehors, pratiquée tout d'abord comme le plus simple, a été bientôt remplacée par le clamp d'Hutchinson, à cause du temps nécessaire à la chute des fils et qui varie de neuf à dix jours jusqu'à un mois et plus, suivant la grosseur du pédicule, sa consistance et le degré de constriction. Mais la douleur causée par le clamp lui-même, et sa chute spontanée dans plusieurs cas, lui ont fait préférer, par quelques chirurgiens américains, notamment une ligature perdue, dont le docteur Tyler Smith est surtout le partisan. Enfin, l écraseur a été employé aussi dans quelques cas sans que l'expérience ait encore prononcé. N'ayant obtenu que de mauvais résultats delà ligature perdue, M. Baker-Brown a étendu le procédé du cautère actuel, employé par M. Clay pour réprimer, arrêter les hémorrhagies résultant de la déchirure ou de la section des adhérences, à la section même du pédicule. Il a tenté cette cautérisation avec succès, le 28 décembre dernier, sur
•'')2'i OVAUlOTOMlE. ■
une femme de quarante-sept ans, dont le kyste multiloculaire très-volumineux ne remontait pas à plus de six mois. Des ad- hérences latérales et postérieures ayant nécessité l'emploi du cautère rougi à blanc, pour réprimer l'hémorrhagie résultant de leur rupture, le pédicule étant assujetti par le clamp, fut également cautérisé aussitôt la section. La plaie fut ensuite i réunie et fermée comme d'habitude, et la malade guérit. [Obst. Society, \ février.)
Que ce succès se répète, et les dangers de l'ovariotomiee seront diminués, car celui d'une péritonite consécutive quel'onî reproche surtout au procédé de la ligature perdue, et que l'oon n'a pas manqué d'invoquer contre la cautérisation, n'est pas aussi redoutable qu'on le croit, d'après M. Baker-Browii. Il n'a pas eu un seul décès à déplorer dans les cas où il a employé ce procédé d'hémostase depuis quatre ans. Il ne redoute pas davantage l'hémorrhagie consécutive en employant le fer comme il le fait, avant qu'il ne passe au blanc.
Récidive. Tout en admettant les succès progressifs do celte grande opération, au point de vue curatif, le professeur Scanzoni ne saurait la comparer à d'autres opérations analogues. En cas de succès sur un ovaire, il reste toujours le danger d'une rechute sur l'autre. Ce sujet lui semble surtout digne d'attention, bien que jusqu'ici on n'en ait pas tenu compte. Dans la statistique précédente, dit-il, le succès ne datait que de deux années dans 342 cas. Aucune conclusion n'en peut donc, être tirée au point de vue de la récidive. Comme renseignemeiiti propre à éclairer ce sujet, il cite 99 cas d'affections ovariquess rencontrés parmi les nombreuses autopsies faites à VlnstiiuU palliologique de Wursboiirg depuis -1 4 ans, dont 48 cas d'unt seul côté et 51 des deux, et celte énorme proportion de moitiéé est sans doute encore au-dessous de la réalité, d'autant pluas que 52 femmes étaient au-dessous de 50 ans, et 44 au-dessus... Chez les premières, les deux ovaires étaient atteints dans 311 cas, un seul dans 2 1 . Chez les secondes, 1 7 fois des deux côlé&( et 27 d'un seul. La conclusion est claire : le danger de la récidive est plus grand avant la ménopause qu'après; danger donlil il faut tenir compte. Le petit nombre de cas où les deux ovairea ont été amputés ne saurait l'atténuer. 11 est même assez probable, à en juger du moins par les autopsies précédentes, que* dans un certain nombre l'état réel de l'ovaire opposé à celuLi qui était extirpé a été méconnu, et que son intégrité est loini
OVAUIUTOMIE.
,i f'tro aussi fréquente. Aui-si l'illustre gynécologiste appellei-il l'allention des chirurgiens à cet t^gard. [Wiirzb. mecl. Zeilung, n° 1.)
Du tétanos consccuiif. Comi)licalion des plus redoutables de l'ovarioloniie, heureusement assez rare. Sur i 1 4 observations, M. Spencer-Wells la signale 3 fois. Une fois 7 jours après l'opération, une autre fois 4 2 et la troisième 4 5 jours. C'était de même après un délai avancé qu'il se montra chez une opérée de M, Nélaton guérie de son opération, qui allait et venait et considérée comme guérie.
De ces 4 cas, un seul guérit : c'est le dernier de M. Spencer- Wells en employant le curare d'abord en compresses sur la plaie. 1 0 centigrammes dissous dans 30 grammes d'eau en en employant 2 grammes seulement chaque fois, puis 20 gouttes en injections sous-cutanées, soit moins d'un milligramme de curare. Cependant la malade tomba comme foudroyée dans une résolution complète, la respiration et les battements du cœur s'arrêtèrent. Dès que la malade revint à elle, la difficulté d'avaler était plus forte que jamais. Bien que cette soudaineté d'absorption pût être attribuée à ce que la canule avait pénétré dans une petite veine, M. Spencer-Wells ne voulut pas renouveler l'opération, il fit appliquer un vésicatoire sur le cou, et employa ainsi la solution par la méthode endermique. Dès lors la malade alla mieux et guérit.
Le docteur Dutoit, de Wursbourg, dans un ouvrage intitulé : Die ovariotomie in England^ etc., 237 pages in-4°, a collecté tous les cas de cette opération jusqu'au mois de novembre 1 863, ils s'élèvent à 742, savoir :
Angleterre , . 467
Amérique ,. 165
Allemagne 74
France 28
En d'autres pays 8
Le docteur Dutoit attribue ces succès locaux des chirurgiens anglais à la confiance illimitée dont ils jouissent au sein de la famille. Il suffit qu'ils proposent une opération pour que, si grave soit-elle, on l'accepte immédiatement. Sur le continent, au contraire, il faut se fatiguer à persuader le patient, à lui démontrer l'urgence de l'opération pour le décider à s'y soumettre. Et comme le danger de la vie n'est pas immédiat, ce sont toujours de nouveaux délais qui, en rendant les compli-
528 UVAKIOTOMIE.
calions plus (réiiuenlcs , reiitleiii aussi les insuccès plus nombreux.
En catégorisant ces cas d'après leurs analogies, on trouve les résultats suivants :
Extirpations complètes,
Gucrisons. Morts.
Angleterre 230 149
Amérique ' 68 49
Allemagne dS 40
France ., 13 ii
Autres çays, . « 4 3
Ëxtirpalions pàrticlles.
Angleterre i. 7 6
Allemagne i 8
Amérique. ; •. 3 2
17 Tb 27
Extirpations abandonnées par suite d'adhérences.
Guérisons temporaires.
Angleterre 4i 15
Amérique 13 7
Allemagne 3 i
Autres pays. , . , i . . . , i 1 0
Extirpations de tumeurs exlra-ovariques.
Angleterre 3 6
Amérique
Allemagne 0 ï
France 1 0
Extirpations abandonnées par erreur de diagnostic,
Angleterre ..." 0 0
Amérique 9 5
Allemagne , . i , i . t . • • 1 1
France. > • 0 1
Total 742
Ages. La proportion des guérisons aUx décès s'est troll véfe ainsi dans 432 cas où l'opération à été complète»
OVAKiOtbMiE.
Giicrisons. Morts.
De i5 à 20 ans . . . 20 16 = 36
45 à 50 22 iB = 38
Aiidessus de 60. . . . à . 5 3 = 8
Totaux. . . . 244" 188 432
Ponction. Indiquée dans 251 cas, les résultats ont été les
suivants :
Cas. Guérisons. Moris.
Nulle ponction préalable 45 31 14
De3à9 — , , . . i . . 51 27 24
Au-dessus ..... . 27 12 15
Sur 68 kystes uniloculaires » 39 29
256 — multiloculaires » 131 125
On trouve ainsi dans cet ouvrage toutes les indications sla- Lisliques relatives à cette opération.
Diseases of Ihc ovûi'm; Iheir diagnosis and Irealement (Maladies des ovaires ; leur diagnostic et leur traitement) j par M. Spencer-Wells.
Deux volumes doivent être consacrés à ce travail, dont le 3remier, de 376 pagesj a paru. Il renferme l'histoire détaillée, 'observation clinique complète de 114 opérations d'ovarioomie exécutées par l'auteur, du 19 février 1 858 au 30 no- /embre 1864. C'est la totalité absolue des cas opérés par le îélèbre chirurgien anglaisj comme M. Kœberlé l'a fait en i^rance. De ces 1 1 4 opérations, 76 malades ont guéri, 38 sont nortes. En voici la statistique détaillée, qui montre d'année en innée l'influence de l'expérience et de l'habileté opératoire dans a progression des succès.
Opérations. Giiérisons. Morts.
â2H OXYGÉNli.
Des 76 malades opérées avec succès, 4 onl succombé depuis une d'hémiplégie deux ans après l'opération; les 3 autres dé cancer abdominal dix mois, quatre mois et six semaines après . l'ovariotomie. 2 autres cas, omis ici , se rapportent probableblement à des opérations non terminées.
72 femmes vivent et se portent bien, une seule a lieu de craindre une récidive dans l'ovaire conservé. 5 ont eu des enfants depuis et des accouchements normaux. Ces chiffres sont éloquents. Les déductions en seront faites dans le second volume, dont celui-ci est la base et pour ainsi dire le fondement.
Contributions to assisl the study of ovarian physiology and pathology. (Contributions à l'élude de la physiologie et de la pathologie des ovaires), par M. G. Ritchio. 1 vol. in- 8 de 215 pages avec gravures. Londres.
Dédiée à M. Spencer- Wells, qui en a fourni plusieurs élé-ments, cette œuvre filiale, héréditaire et personnelle, joint i aux opinions des auteurs anciens et modernes de tous les temps j et de tous les pays sur ce sujet, des recherches originales de» MM. Ritchie père et fils, qui en ont fait l'objet particulier de 3 leurs études depuis de longues années, avec des faits à l'appui. . C'est un de ces excellents mémoires à consulter qui, sans con-tenir du nouveau, résument parfaitement l'état de la science ett tiennent lieu de nombreux et gros in-octavo.
OXYGÈNE. Un des moyens les plus commodes pour pré-parer de l'oxygène en grand est sans doute celui qui consiste à a chauffer un mélange de peroxyde de manganèse et de chlorates de potasse.
Ce moyen, employé actuellement par la plupart des clii-mistes, n'est cependant pas sans danger, surtout si l'on chauffée trop le mélange. Le dégagement d'oxygène ayant lieu brusque-ment dans toute la masse, la tension de ce gaz devient tellement t forte que l'appareil se brise souvent.
Le danger devient bien plus grand dans le cas où les ma-tières premières sont falsifiées. L'exemple suivant prouve qu'il I est de la plus grande nécessité, pour un chimiste, de bien s'as-surer de la pureté des produits qu'il emploie.
M. Crowter, chimiste à Manchester, vient d'être victime e d'une mesquine falsification du peroxyde de manganèse employée à la préparation de l'oxygène. Son appareil a fait explosion, et. lui et son jeune fils ont été tués sur le coup.
OZÈNE,
A l'enquêle, on a Iroiivé qiio lo niangancsc employé avait élé falsifié avec 25 pour 100 de suie do cheminée. Suivant M. le professeur Roscoë, depuis quelque temps, on falsifie le peroxyde de manganèse en Angleterre, soit avec de la suie, soit avec de la poudre de charbon, ce qui forme, au contact du chlorate de potasse , un mélange explosible des plus dangereux.
Un procédé, très-compliqué, a été adopté par M. Limousin, pharmacien, pour préparer ce gaz, le doser et le faire respirer aux malades. Quoique l'eau de chaux remplace ici le manganèse, tout danger d'explosion n'est pas garanti lors de la décomposition du perclilorate de potasse qui a lieu dans le premier temps de l'opération, si l'on n'a le soin d'abaisser If température pour ralentir le dégagement 'd'oxygène. [Union méd., n° 60.)
OZÈNE. Weber (de Halle) a démontré que lorsqu'une des deux fosses nasales est remplie par un liquide soumis à la pression hydrostatique, si le sujet respire en même temps, le voile du palais se relève de manière à fermer au liquide tout accès dans le pharynx, et ce liquide sort par l'autre narine.
Utilisant celte donnée, M. Tudichum recommande, pour les injections soit détersives, soit médicamenteuses des fosses nasales, l'appareil suivant :
Sur un pied solidement assujetti, il fixe un verre cylindrique très -haut, de la capacité d'un litre et demi. Le fond de ce verre est percé d'un trou auquel s'adapte un tuyau en caoutchouc, tuyau qu'on peut, à volonté, ouvrir ou fermer à l'aide d'un robinet. Si, maintenant, vous supposez ce tuyau terminé par un bout mobile, d'une grosseur telle qu'il n'entre dans la narine qu'à frottement, vous comprenez qu'en ouvrant plus ou moins le robinet vous projetez dans les fosses nasales un jet de liquide plus ou moins fort, qui, selon sa composition, les absterge, ou y porte un liquide médicamenteux. M. Tudichum recommande de tenir, durant l'injection, le malade dans le décubilus horizontal.
Avec ce moyen perfectionné, la médication topique, si illusoire jusqu'à présent pour le traitement des maladies des fosses nasales, devient un secours d'autant plus précieux que la continuité du jet habitue bientôt le malade à en supporter
PACHYMÉNINGITË.
lo conlacl mieux (lu'il ne le fait pour les injcclioiis ordinaires. Avec un peu d'iiabilude de l'opérateur, et de patience de l'opéré, on parvient ainsi à faire pénétrer le liquide jusque dans l'antro d'Highmore et môme dans les sinus frontaux. {Lancei, 1 864.)
Dès 1854, M. Maisoniiouve avait communiqué à l'Académie do médecine le fait physiologique en question et la conséquence pratique qui en découle.
M. Gailleton a répété ces expériences avec succès en se servant tout simplement de l'irrigateur ordinaire. Pourvu que l'embout s'adàple bien à la narine et obture complètement l'orifice externe, tout le liquide retombe par la narine opposée. La position horizontale est incommode, il suffit de se tenir assis ou appuyé avec un vase pour recevoir ce liquide. 11 convient d'habituer peu à peu les malades à cotte méthode d'irrigation et de n'employer les liquides médicamenteux que lorsqu'ils n'en laissent plus tomber dans le pharynx. Le chirurgien lyonnais a employé jusqu'à 1 0 litres de liquide par jour, moitié le matin et moitié le soir. Du 2" au 5* jour, toute odeur avait disparu dans plusieurs cas d'ozène idiopathique, et la guérison est restée complète après trois à quatre mois de ce traitement sur citiq malades dont il rapporte l'observation, et soumis en vaiti atiparavant à toutes les autres médications. [Journ. de méd. de Lyon, novembre.)
PACHYMÉIVINGITE. Mais d'abord, quelle est celte dénomination nosologique nouvelle? La pachyméningite (de n^^x^;, épais), désigne une inflammation spéciale de la dure-mère donnant lieu à des néomembranes (de veo?, nouveau), le nom et la chose ont été découverts par Virchow ; mais c'est une question d'anatomie pathologique qui laisse bien des points obscurs.
Un médecin, M. le docteur Christian, a fait des études sur ce sujet pendant son séjour à l'asile de Slephansfeld, en qualité d'interne, dont voici les résultats :
L'effet le plus frappant de la pachyméningite a été de donner lieu à un grand nombre d'hémorrhagies cérébrales; de là son titre de pachymémngite hémorrhagique.
Elle est particulièrement fréquente chez les vieillards, quoiqu'on la voie aussi dans l'âge moyen : le plus jeune des mala-
PACHYMÉNINGITE.
des observés par M. Christian avait trente ans. L'alcoolisme joue un rôle considérable dans sa production , et c'est avec raison qu'on a dit qu'elle était une maladie des ivrognes. On a constaté aussi l'influence des maladies chroniques, des cachexies sur sa production; la paralysie générale, la démence, en sont des causes non douteuses.
Les symptômes sont encore mal déterminés. Essentiellement chronique dans sa marche en général, souvent latente, la maladie peut, dans certaines circonstances, se traduire par des accidents inflammatoires internes, aigus. 11 est deux circonstances principales qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic : l'abus des alcooliques, la chronicité et la persistance des symptômes, qui, tout en annonçant une lésion profonde des centres nerveux, sont cependant sujets à rémission ou même à disparition momentanée, complète.
11 a été démontré dans ces derniers temps que les plus fréquentes des hémorrhagies méningées, celles qui siègent dans la grande cavité de l'arachnoïde, se rattachent presque toujours à la pachyméningite.
Le traitement est encore moins connu que le diagnostic précis du néoplasme caractéristique. Si ce dernier est soupçonné, on doit essayer d'en arrêter le développement au moyen d'une bonne hygiène, des antiphlogistiques et des révulsifs. Quant à l'hémorrhagie, elle ne présente pas d'indications notablement diff'érentes de celles que l'on suit dans le traitement de toute apoplexie.
M. Kremianski en a rencontré tous les caractères anatomopathologiques dans la moitié à peu près des autopsies qu'il a pratiquées à l'hôpital militaire de Erster-Land, sur des victimes de l'épidémie de Saint-Pétersbourg. Il la considère ainsi comme un phénomène épidémique. C'est la première fois qu'elle est observée sous cette forme. {Deulsche Klinik, jum.) V. Épidémies.
Elude sur la pachij méningite hémorrhagique, par M. J. Christian. Dans cette thèse remarquable, soutenue à Strasbourg en 1864, l'ancien interne de l'asile de Stephansfeld a repris cette question nouvelle et en a fait la monographie la plus importante , le résumé le plus complet qui existe sur ce sujet. Basé sur 27 observations de pachyméningite crânienne et 4 de méningite spinale, recueillies par lui et rapportées en détail, il a pu ainsi, en y réunissant les travaux antérieurs, en déduire des
l'AKALYSlES.
conclusions qui sont presque des lois sur celle afleclion de connaissance nouvelle.
Quant à sa fréquence, sur 180 autopsies d'aliénés, elle s'est rencontrée 28 fois, dont 1 9 fois sur 55 paralytiques, qui figurent dans ce nombre lotal. C'est donc une proportion d'un tiers.
Après la paralysie, les seules formes où se sont rencontrées les néomembranes sont la démence et la manie.
L'alcoolisme joue aussi un rôle considérable : cette cause existait 7 fois sur 1 5 cas, où l'on a pu remonter à l'origine du mal.
C'est ainsi peut-être qu'elle est plus fréquente chez l'homme que chez la femme. Sur 28 cas, il n'y avait que 7 femmes.
Tous les malades avaient plus de trente ans ; 7 seulement en avaient plus de soixante.
PAIVCREAS. Il ne suffisait pas d'avoir montré que le suc pancréatique a une action digestive, spéciale sur les aliments azotés, que le maximum de sa quantité et de sa puissance a lieu entre la quatrième et la huitième heure du repas, c'est-à-dire au moment de la normale et pleine digeslion gastrique, il fallait rechercher la cause directe de cette élaboration du ferment pancréatique. Par des expériences directes, .MM. Corvisart et Schiff ont montré qu'elle a lieu par une absorption d'aliments digérés ou peptones, que celles-ci proviennent de l'estomac même de l'individu ou qu'elles soient étrangères à son espèce, comme lorsqu'on introduit la dextrine dans l'estomac. Les nerfs pneumogastriques sont donc sans intluenceàcel égard, {Acud. des sciences, mars.)
PARALYSIES. Paralysie générale. Nouvelle allération caraclérisiique. Si l'induration générale de toute la substance médullaire est reconnue depuis longtemps, il n'en est pas de môme d'un état particulier de la couche superficielle de la substance blanche des lobes antérieurs. Seuls, MM. Parchappe et Calmeil en ont parlé comme d'une rareté sans importance. M. Baillarger,au contraire, frappé de sa fréquence, l'a signalé à son interne comme un sujet de recherches. Si, dit-il, on prend sur le cerve;iu d'un aliéné paralytique les lobesanlérieurs, qu'on les dépouille de leurs membranes , et qu'avec le manche d'une pince ou le dos d'un scalpel, on gratte la substance grise, voici ce que l'on observe : la couche corticale complètement enlevée, on
PARALYSIES
est arrêté par les crêtes ou prolongements de la substance blanche qui résistent et no pourraient êire entamés que par un effort plus grand. On peut ainsi dépouiller complètement la substance médullaire qui reste ferme, un peu jaunâtre ; certaines crêtes résistantes, élastiques, rappellent l'aspect et la couleur de l'épiglotte.
Sur 12 femmes atteintes de paralysie générale, ayant succombé dans le service de M. Baillarger, à la Salpétriére, du 1" janvier au 1" décembre 1864, et dont l'autopsie a été faite avec soin, relativement à la lésion ci-dessus indiquée, M. Regnard l'a trouvée parfaitement nette et marquée dans 8 cas, se distinguant surtout des autres en ce que le début de la maladie ne remontait pas à plus de neuf mois dans 5|, ce qui tend à prouver que cette lésion existe dès la première période de la maladie. Dans 2 cas, le ramollissement de la substance blanche au-dessous d3 cette induration de la couche superficielle en prouve surtout la localisation.
Dans les 4 autres cas, cette lésion était incomplète dans 3, et nulle dans le 4*^; mais alors la substance blanche était beaucoup plus ramollie, et comme diffluente dans le dernier. D'où il suit que cette induration caractéristique serait d'autant plus marquée que la substance cérébrale aurait moins perdu de sa consistance normale. [Ann. méd. psxjcholog., janvier.)
Au lieu de faire du tremblement qui se manifeste constamment dans la paralysie générale un phénomène secondaire comme tous les pathologistes, M. Judée en fait le phénomène principal ; il domine même pour lui la paralysie, et c'est ainsi qu'il ne voit là qu'une méningo-encéphalite chronique. {Soc. des sçienc. méd. de Lyon, 186 i.)
En montrant que le tremblement diminue à mesure que la paralysie augmente, M. Perret en a donné la véritable signification et la valeur. Il résulte des efforts du système musculaire affaibli par l'envahissement de la paralysie. C'est ainsi que, dans l'état de santé, tout effort considérable exécuté avec un membre est suivi de tremblement dans ce membre. Chez les personnes débilitées, convalescentes de maladies graves ou hémorrhagies, le même effort est suivi de ce même tremblement. Il reste donc un phénomène secondaire traduisant dans la paralysie générale l'affaiblissement de la faculté de coordination.
Nitrate d'argent. Son efficacité résulte hautement de nouvelles
6U PARALYSIKS.
observations do M. Bouchul, relatées dans son savant ouvrage : Sur le diag^ioslic des maladies du système nerveux par l'oplulmlmoscopie.
Dans 4 cas de paralysie générale progressive, il a arrêté la marche des accidents dans 3, d'une manière évidente, après un mois d'usage. La guérison a persisté pendant un an chez le premier malade, et la rechute ne s'est montrée que par de nouveaux excès; la paralysie a été complètement guérie chez lo second et modifiée chez le troisième (les accidents cérébraux persistant) ; ce qui démontre l'action spéciale du sel lunaire sur le système musculaire, (fin//, de iliérap., décembre.)
Paralysie ascendante aiguë. En en rapportant un nouveau cas inéditobservé à l'hôpital Lariboisière, service de M. Pidoux, sur un jeune homme de vingt-deux ans et mortel en huit jours, M. Lévi trace de cette grave affection une véritable monographie dogmatique basée sur quatorze faits recueillis dans les archives de la science. Voici la tableau symptomatique qui en ressort :
Une période prodromique existe fréquemment; sa durée varie de quelques semaines à quelques heures seulement. Elle est marquée par des fourmillements aux orteils etaux doigts, de la faiblesse des extrémités, aux jambes surtout.
Cette fatigue, dont le développement est graduel, acquiert communément une notable intensité tout à coup sans cause appréciable, et la paralysie fait place à la faiblesse, à la parésie. Dans la très-grande majorité des cas, elle se présente d'abord sous forme de paraplégie. Il est assez rare que l'un des deux membres soit plus atteint que son congénère et tout à fait exceptionnel que la paralysie envahisse d'abord les membres supérieurs, ou même le pharynx et l'œsophage.
Les membres supérieurs, s'ils ne l'ont pas été en même temps que les extrémités inférieures, se prennent à leur tour, bien que les avant-bras paraissent conserver de très-faibles mouvements jusqu'aux dernières heures.
Le décubitus est constamment dorsal, les jambes sont dans l'extension, les muscles dans le relâchement complet.
A ces symptômes ne tardent pas à se joindre ceux émanant de la paralysie plus ou moins complète des muscles des gouttières vertébrales, du diaphragme, du pharynx et de l'œsophage, etc. Les malades ne peuvent plus se remuer dans le lit ;
PAM^YSIES, 535
ils se plaignent d'oppressiop, d'une espèce de barre à l'épigaslre, et l'on reconnaît à la vue que, pendant l'inspiration, cette région, loin (le faire saillie, se creuse et s'enfonce vers les viscères.
La dyspnée offre en général des exacerbations, et l'ingeslion des aliments et môme des boissons peut causer de véritables essoufflements. La dysphagie se présente, deux, trois jours, ou même plus après le début des phénomènes acinésiques : deux fois elle a été le symptôme initial. Elle offre d'ailleurs, sous le r<(pport de l'intensité, des changements d'un jour à l'autre.
Les muscles paraissent conserver toute leur sensibilité propre; on l'a même trouvée un peu augmentée. A aucun moment de la maladie, il n'existe ni contracture, ni secousse spasmodique, ni vibrations fibrillaires, ni tremblements. Dans les quelques cas où ils ont élé explorés, les mouvements réflexes étaient ou Irès-affaiblis ou entièrement effacés. La contractilité électrique, chez le malade de M. Landry et chez celui de M. Lévi, était parfaitement intacte. M. Duchenne l'a trouvée Qne fois trèsatfaiblie.
La sensibilité générale n'est pas aussi gravement affectée. Les différentes modalités et sensations sont conservées ; à peine s'il y a un certain degré d'engourdissement à la plante des pieds. Les fourmillements indiqués plus haut parmi les symptômes prodromiques persistent et gagnent quelquefois en hauteur. Lorsqu'on remuait le malade de M. Lévi, ou qu'on essayait de le placer momentanément sur les côtés, ou de lui élever tant soit peu la tête et les épaules, des douleurs très-vives sillonnaient tout de suite les membres inférieurs; le décubitus dorsal les faisait immédiatement disparaître. L'absence de douleurs spontanées ou provoquées le long de l'axe vertébral a été jusqu'ici habituelle. Peu ou point de troubles des organes des sens.
La parole, sans présenter de véritable embarras, est comme empâtée; parfois les mouvements delà langue ou des lèvres sont alors moins libres qu'à l'état sain, mais sans tremblement.
L'intelligence et la mémoire sont toujours dans une parfaite intégrité ; de funestes pressentiments assiègent parfois, les i;i^;(lade§ en proie à un malaise, à une inquiétude générale, à l'insomnie, mais sans céphalalgie. La physionomie animée, le regard naturel, les traits du visage sans aucune expression de souffrance, malgré la gêne respiratoire, font un singulier contraste avec les troubles graves de la motilité.
Dans les organes digestifs, il n'existe nul symptôme, sinon
536 PARALYSIES
parfois une constipation plus ou moins opiniâtre. La miction, même dans ces cas, a été facile et volontaire; celle sorte dè I contraste entre les fondions du rectum et celles de la vessie est peut-être dû à l'état des muscles abdominaux bien plutôt qu'à la paralysie de la tunique musculeuse de l'inlestin. L évacuation des matières fécales exige en effet des contractions bien plus énergiques des parois abdominales que l'expulsion des urines. Chez le malade de M. Lévi, les urines, parfaitement limpides, répandaient néanmoins une odeur fortement ammoniacale au moment de leur émission, et bleuissaient d'une façon très-prononcée le papier rouge de tournesol.
Le pouls ne dépasse pas et souvent n'atteint pas 1 00 puisalions ; la chaleur est modérée, mais des sueurs i)rofuses et couvrant tout le corps sont un phénomène très-commun. Enfin, la mort peut survenir, et très-promplement, par l'immobililé du : diaphragme et des côtes.
La marche des accidents est en général continue et rapidement ascensionnelle, mais la maladie peut aussi progresser d'une façon quasi saccadée, offrant de véritables rémitlences, et se prolongeant alors plusieurs mois avant de touchera une' terminaison quelconque. Mais dans la paralysie ascendante quii frappe les individus en pleine santé et non sujets à des accidents névrosiques ou hystériques, ce sont là des faits exceptionnels.
En moyenne, la mort arrive du huitième au dixième jour.. Sur 1 4 cas, 9 fois l'affection s'est terminée d'une manière funeste' ' en quelques jours.
En cas de guérison, ce qui est le plus rare, la marche rétro-grade affecte des allures lentes ou rapides. Aiguë dans son évo-lulion, elle est chronique en quelque sorte dans son involutioni " ou dans sa descente. Les muscles envahis les derniers sont; constamment ceux où le mouvement commence à reparaître..
Les causes de cette paralysie, à peu près inconnues, parais-sent être un refroidissement un peu prolongé, le corps étant eni " sueur, noté assez souvent; les accidents ont parfois éclaté au j bout de quelques heures. La dysménorrhée et l'arrêt desmens-trues en ont tout au moins précédé deux ou trois fois le déve— ^ loppement. *
Une fois de plus, M. Lévi a constaté l'intégrité absolue, à lai '« simple vue et au microscope, de la substance cérébrale et rachi-- ^ dienne. (/Irc/t. gen. de weci., février.) "!
PARALYSIES
Une observation très-complète en est rapportée par M. Leudet dont la cause est manifestement l'asphyxie par la vapeur de charbon ; — primitivement localisée au nerf scialique, la paralysie s'étendit rapidement à la périphérie [Idem, mai.)
Paralysies épidénii<|ucs . On a observé dès 1860, à l'asile d'Ajuda, parmi les orphelins des victimes du choléra et de la flèvre jaune, dit M. B. Gomes à la Société des sciences méiiicales de Lisbonne, des douleurs névralgiformes dans la partie supérieure des cuisses, sans rougeur ni gonflement, à droite d'abord, s'étendant jusqu'aux pieds, s'accroissant et suivies d'affaiblissement et de paralysie. Les malades ne pouvaient marcher ni rester debout, ni même assises, — car ce fut parmi les orphelines que se déclara de proche en proche cette affection singulière. Sur 114, 8 furent atteintes. Couchées, elles exécutaient quelques mouvements. La paralysie du sentiment fut telle dans un cas, que l'on pouvait piquer profondément la peau sans que la malade s'en aperçût. La forme hémiplégique se montra chez une autre. Puis survinrent des convulsions avec délire ou perte de la voix et de la parole, dilatation des pupilles avec insensibilité à la lumière, tintement d'oreilles, rire convulsif, nausées et renvois. La paralysie remplaçait ensuite celte agitation avec un cortège de tristesse et d'abattement général.
Malgré quelques douleurs rachialgiques, les fonctions de la vessie et de l'intestin restèrent intactes sansamaigrissement sensible, ni altération constitutionnelle ni des ui'ines.
Tandis que tous les remèdes échouèrent à l'asile, les bains de mer et la dispersion des malades réussirent rapidement, quoique les conditions hygiéniques fussent souvent moins favorables qu'à l'Asile mênie.
En 1861, l'héméralopie se montra sur 16 garçons et 6 filles de sept à quinze ans, compliquée de xérophthalmie sans granulations. Après un mois d'essais thérapeutiques, la cautérisation avec le nitrate d'argent dirigée contre celle-ci les fît disparaître simultanément.
^ En 1863, ce furent des vomissements spasmodiques qui se répétaient de 30 à 40 fois par jour sans altération des matières vomies. Sur 96 orphelines, 87 en furent atteintes. Nonobstant, l'appétit se maintenait ainsi que la nutrition et les forces. Ils cessèrent dès que les enfants furent dispersés au dehors, mais reparurent de nouveau à leur retour dans l'asile et s'y généra-
PARALYSIES
Usèrent de nouveau on 186 4. Quatre élèves, transportées à l'asile de Junqueira, y importèrent bientôt ces vomissements par imitation, dont la dispersion fut le seul remède curalif preuve de leur caractère.
Les paralysies ont reparu depuis chez les premières malades avec le même caractère qu'en 1860, et n'ont disparu que par le changement de lieu, comme une confirmation de l'éliologie précédente. Mais il est difficile d'admettre que la mérvie caug^, ait produit des effets si divers. Dans ce cas, nous serions porté' à croire que malgré l'excellent régime de ces enfants et les investigations faites à ce sujet, les farines ne sont pas de qualité' irréprochable, et devraient être soumises à un examen scrupu-leux. Certaines altérations pourraient expliquer la plupart deï ces phénomènes aussi rationnellement que la coptagion d^i l'exemple. [Gaz. meil de Lisboa.)
Dans un Mémoire spécial, le professeur Barbosa considérai' ces accidents névropathiques comme de nature purement ady-namique et classe la paralysie dans le quatrième, ordre de3> paralysies fonctionnelles d'origine périphérique, et succédant àj une excitation extérieure. La vie en commun expliquerait, seloni lui, l'apparence épidémique et l'imitation , en créant une sortee de constitution, de lempérameul uniforme. C'est une inlerpré" tation qui mérite d'être examinée.
Paralysie du nerf radial. La compression de ce nerf, qui laa détermine le plus souvent, seproduit de diverses manières. Auxi cas énumérés dans le Dictionnaire de 1 864, M. Hérard en ajoutée un autre beaucoup plus rare et non moins curieux. 11 s'agit d'unj blessé qui, après deux mois d'une fracture de la jambe aveci' luxation du pied, ne pouvant marcher que difficilement, étaiti obligé de s'appuyer fortement sur ses béquilles, principalement; du côté de la fracture. Un jour, après une course un peu plus? longue que d'habitude, il sentit tout à coup un engourdissement des doigts annulaire et médius de la main gauche , avecc impossibilité de les redresser ; quelques heures après, les autress doigts et le poignet étaient atteints. La paralysie a persisté:^ malgré l'électricité, les frictions et la strychnine à l'intérieur.
En soulevant le bras, on remarque immédiatement que lai main fortement en pronation ne peut être maintenue dans lai direction de l'avant-bras. Le poignet tombe, il est de toute im-possibilité au malade, malgré les efforts de sa volonté, do par--
PARALYSIES
venir à le redresser. Il y a paralysie des muscles extenseurs du poignet, c'est-à-dire des deux radiaux et du cubital postérieur. On constate en même temps que les doigts sont entraînés dans la flexion et ne peuvent être étendus sur le métacarpe. Conséquemment la paralysie a simultanément atteint les muscles extenseurs communs des doigts, extenseur propre de l'index et du petit doigt, long abducteur, long et court extenseur du pDucô. Mais le mouvement d'extension, impossible pour la première phalange, est au contraire conservé pour la phalangine et la phalangette, que le malade, une fois la main relevée, étend avec une grande facilité. Pourquoi cela ? C'est que les muscles extenseurs des deux dernières phalanges , autrement dit les interosseux , ne sont pas animés par le même nerf que les muscles qui étendent la première phalange. Les premiers reçoivent leurS. filets moteurs du nerf cubital, les seconds de la branche profonde du nerf radial. Ce fait intéressant de physiologie, si bien mis eh relief par M. Duchenne (de Boulogne) ex:plique l'indépendance d'action de ces muscles en même temps qu'il nous donne la clef de plusieurs états morbides des doigts, connus sous les notas de griffe (paralysie des interosseux), contracture des eosti-émilés (contracture des interosseux), etc. Ainsi donc, les seuls muscles paralysés ici sont les extenseurs de la première phalange dos doigts et les extensetirs du poignet, auxquels on péut ajouter les supinateUrs, tous muscles animés par la branche profondè du nerf radial. Aussi l'affection de ce taalade s'appelle-t-elle ihdifféremment paralysie des extenseurs de l'avant-bras fet de la main, ou paralysie du nerf radial. [Gaz. des hôp., n° 96.)
Paraplégie syanptOmatiqac. Un eîcemple inexplicable et très-intéressant en a été relaté par le docteur Salviat à la Société de médecine de Bordeaux. Concurremment à une rétention d'urine, sans obstacles sensibles ni causes appréciables, la paralysie du sentiment et du mouvement se manifeste spontanément dans la moitié inférieure du corps, et persiste malgré les moyens les plus énergiques, les plus vlblenls. Une dôhleur à la base du poumon droit est le signal du rétablissement incomplet de la sensibilité. Ce n'est que du treizième au quatorzième jour que des douleurs atroces apparaissent dans la région rénale, augmentent à la pression avec gonflement local sensible, fièvre et délire. Malgré un amendement sensible, elle persiste sourdement les jours suivahls et lé sixième seulèrtiènt, quand M. Sai-^