‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 106 sur 149 · PELLAGRE · texte numérisé non relu

PELLAGRE

Le mérite de la première opinion est d'êlre basée sur des preuves cerlaines. Ainsi l'épreuve de Cerri est capitale. En substituant à la nourriture de maïs et de polenta de 1 0 pellagreux italiens, de bons aliments empruntés au règne animal, la maladie très -caractérisée diminua et ne reparut pas, comme d'habitude, Tannée suivante. Cette expérience, répétée un grand nombre de fois, a toujours réussi, notamment sur les domestiques qui, en entrant dans de bonnes maisons, guérissaient par le seul fait du changement de régime et d'une bonne nourriture.

Le mérite de ses représentants est d'avoir étudié, comparé et élucidé les faits sur lesquels les opinions contraires sont basées. Ainsi M. Costallat a montré que la forme de pellagre existant en Espagne, sous le nom de (lema salada, peut être rapprochée de 1 "acrodynie observée à Paris en 1828 el 29, et l'attribue à la carie, parasite commun dans le pain mal préparé dont usent les gens qui en sont atteints.

D'autre part, M. Roussel s'est demandé s'il ne serait pas possible de rattacher de même à une altération du millet ou de toute autre céréale les cas de pellagre sans maïs, observés par M. H. Gintrac et d'autres. Il a montré de plus que des différences fondamentales existaient dans l'évolution, les caractères, de ces différentes espèces de pellagre. Celle de M. Landouzy, observée à Reims, n'offre pas ainsi les accidents nerveux du début de la pellagre endémique à maïs avant l'apparition de Térythème. De même dans la pellagre dite des aliénés, où l'érythème est postérieur à la folie, tandis qu'il la précède toujours dans la pellagre à maïs. Il y a donc là des formes différentes d'une même espèce nosologique, sinon des maladies différentes. C'est surtout ce que le concours de l'Académie des sciences et le rapport lucide de M. Rayer auront contribué à mettre en lumière.

Etiologie. Recherchant dans l'histoire, dans le passé, l'apparition de cette maladie en Italie, M. le professeur Corradi, de Palerme, montre qu'elle coïncide avec la culture du maïs; et montrant que toutes les autres causes attribuées récemment à cette maladie : l'insolation, la misère, l'aliénation mentale, ont existé et régnent encore aussi bien là qu'ailleurs, sans que la pellagre se manifeste ni se soil montrée en rapport avec ces causes, il conclut, comme son compatriote Balardini et comme M. Costallat, à l'étiologie spécifique du maïs. L'histoire des en-

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démies eldes épidémies jusque dans ces dernières années met cello unique cause en évidence, à l'exclusion de loulcs les autres, ainsi qu'il se propose de le démontrer dans un prochain ouvrage. (Union méd., n" 110.)

Trailé de la pellagre et des pseudo-pellagres, par le docteur J. B. Tli, Roussel. Ouvrage qui a obtenu le grand prix de médecine à l'instilut de France. Un volume in-S" d'environ 600 pages.

Elucidation des diverses doctrines sur ce sujet et qui peut servir de réponse, de critique scientifique aux ouvrages, brochures et mémoires qui en sont l'expression.

PEPSINE. Il résulte du savant rapport de M. Guibourl sur ce sujet à la Société de pharmacie, entre autres conclusions, que la pepsine officinale, dissoute dans l'eau et mise en contact avec la fibrine , la dissout comme le suc gastrique du chien et la transforme, pour la plus grande partie, en une substance soluble que l'acide azotique ne précipite pas, ce qui en fait un caractère distinctif avec la dissolution par les acides dilués, qui donne constamment, avec l'acide azotique, un précipité blanc caillebolté.

Mais étant d'une composition variable et offrant, suivant son origine et les circonstances de sa préparation, des différences plus ou moins considérables dans son degré d'activité, c'est-àdire dans la proportion de fibrine qu'elle peut transformer, il est indispensable de titrer la pepsine pour avoir la quantité nécessaire à la dissolution de 6 grammes de fibrine prise pour unité. Cette dose médicinale, amenée à l'état pulvérulent au moyen de l'amidon, acidifiée avec l'acide tartrique et dissoute dans 25 grammes d'eau, doit dissoudre 6 grammes de fibrine. Tel est le type qui a servi aux expériences de la commission.

Elle a reconnu qu'il se trouve dans le commerce des pepsines très-faiblement actives et même complètement inertes. En conséquence, les pharmaciens auront soin d'essayer les pepsines qu'ils voudront livrer au public, et devront s'assurer qu'elles possèdent les propriétés caractéristiques signalées plus haut. [Journ. de pharm. el de chimie, août.)

PERCUSSION. Placorganomèlre. Cet instrument, qui ne diffère guère du plossimètro ordinaire d'ivoire , est dû à M. Souligoux. Il sert surtout, d'après l'auteur, après avoir

PÉRICARDITE.

donné les sensations d'ensemble, à obtenir la délimitation exacte en faisant exécuter un quart de cercle à l'instrument. {Acad. (Je méd., mai.j

M. le docteur Et. Moulin se sert d'une simple plaque de caoutchouc à cet effet. Ce plessimètre mince et insonore, qui prend place dans Vagenda au milieu des caries de visite, a de 2 à 4 millimètres d'épaisseur et de la grandeur, pour les cas les plus ordinaires, d'une pièce de cinq francs d'argent, percé au centre d'un trou pour la plus facile transmission du son. On frappe dessus avec le doigt médius seulement ou avec tous les doigts de la main droite réunis, et l'on obtient les sons les plus francs, les plus distincts, les plus capables, en un mot, de faire tourner au bénéfice du diagnostic la belle découverte d'Avenbrugger. [Gaz, des hôpitaux. )

Celui de M. le docteur Germe, d'Arras, qu'il nomme ]q plessimètre à fenêtre cloisonnée, construit par M. Guéride, sur un nouveau plan, consiste à ne percuter que la plus petite surface possible, de telle sorte que, à quelques millinaèires de dislance, les points non percutés n'entrent pas en vibration. C'est ce que réalise le petit et commode plessigraphe de M. Peter.

PÉRICARDITE. Péiicardite piirnlcnte. Ce fait, observé par M. Daga à l'hôpital militaire de Lille, et relaté à la Société de médecine, est instructif par sa rareté, sa soudaineté et sa marche foudroyante. Suivi d'autopsie, il dévoile une cause de mort qui, dans la pratique civile, fût restée une énigme, et peut ainsi éclairer le diagnostic à l'avenir. Un officier, très-bien portant, est pris tout à coup, en montant sa garde, qu'il dut interrompre, d'une vive douleur précordiale, avec frisson, céphalalgie et mal de gorge. Ces symptômes augmentant avec une violente intensité pendant la nuit, il est envoyé à l'hôpital avec le diagnostic angine. Anxiété extrême, oppression considérable, face cyanosée, dilatation des pupilles, refroidissement général, pouls petit, fréquent, déprimé, insensible, douleur précordiale persistante ; rien à la gorge. L'auscultation et la percussion ne révèlent rien, si ce n'est un volume plus considérable du cœur. Ventouses, sinapismes, vésicatoires, potion éthérée, rien n'arrête les accidents, et la mort arrive quarante-huit heures à peine après le début. La présence de 600 grammes de pus phlegmoneux, bien lié, dans le péricarde, en engluant les deux feuillpl,s avec commencement de fausses

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