‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 128 sur 149 · RÉTENTION D'URINE · texte numérisé non relu

RÉTENTION D'URINE

ponction vésicale qui, d'après J. L. Petit, est un coup d'épée dans l'eau, quant à l'innocuité, contrairement auK assertions mensongères des chirurgiens actuels, que c'est l'extrême-onction chirurgicale. En effet, sur 200 cas réunis dans sa thèse, M. Deneffe a trouvé les résultats suivants :

Succès. Morts.

Ponction périnéale 8 6 2

rectale 97 87 10

— liypogaslrique 95 78 11

200 Tîï "W

De ces 29 insuccès, l'autopsie, pratiquée dans 23 cas, a montré que l'opération était étrangère à la mort 21 fois. Un pareil résultat est donc péremptoire, et c'est ainsi que le confirme l'observation remarquable du professeur Sédillot, publiée l'année dernière. {Ann. de la Soc. méd. de Gand, février). En supprimant l'écoulement de l'urine sur les parties lésées, malades, on en fait ainsi une plaie simple dont on augmente par là les chances de guérison, à en juger par quelques succès de rétrécissements infranchissables de l'urèthre et du rectum traités ainsi par la ponction. Voy. Rétrécissements.

Douches inlra-vésicales. L'inertie ou l'atonie de la vessie et son défaut de contractilité étant souvent l'unique cause de la rétention d'urine chez les vieillards, malgré l'existence d'obstacles mécaniques concomitants à la prostate (valvules ou engorgement), ce dont il est toujours facile de s'assurer par le cathétérisme et le catarrhe vésical qui s'ensuit, entretenant et aggravant cet état, M. Foucher a imaginé de combattre ces deux causes morbides à la fois en pratiquant des douches capillaires iiitra-vésicales. Il emploie à cet effet une sonde dont l'extrémité présente un orifice capillaire et sur lequel se visse un appareil à pulvérisation. On obtient ainsi un jet très-fin et trèsénergique qui vient frapper avec force les parois de la vessie en produisant une sensation de froid assez intense qui en excite doublement la contractilité. Ces douches ont donc un effet direct sur l'inertie.

Mais il s'agit de modifier en même temps la muqueuse enflammée chroniquement.qui à elle seule peut entretenir l'inertie. A cet effet et pour agir sur toute l'étendue de la muqueuse à la fois, M. Foucher a imaginé une sonde spéciale à deux conduits, dont l'un, pourvu d'un robinet, s'ouvre en avant du

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talon do la sonde; à ce conduit s'adaplo «ne boule en caoutchouc qui sert h pousser de l'air dans la vessie. L'autre se lermino à son extrémité par deux petits tubes capillaires inclinés l'un vers l'autre et masqués dans l'extrémité de la sonde.

En adaptant l'appareil à pulvérisation de M. Liier ou môme une seringue ordinaire à celte sonde, on obtient deux jets capillaires qui se brisent l'un contre l'autre et se pulvérisent d'autant plus facilement qu'on a au préalable rempli la vessie d'air.

Le fonctionnement de cet appareil est rendu évident par l'expérience suivante: on fixe une vessie de porc à l'extrémité de la sonde, on la distend avec de l'air, puis on y pousse un liquide coloré en rouge.

On voit aussitôt à travers les parois transparentes le liquide former dans la vessie une sorte dépoussière rosée qui se dépose sur toute la face interne.

Chez un vieillard de quatre-vingt-quatre ans atteint d'inertie vésicale, et qui depuis quinze jours n'avait pas uriné une seule fois sans sonde, quatre douches à l'eau froide ont suffi pour ramener la contractilité de la vessie et la miction spontanée. Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis un an, ce vieillard n'a plus eu d'accidents.

Un homme de quarante-cinq ans, chez lequel l'inertie était la conséquence d'une distension extrême de la vessie, et qui depuis vingt jours n'urinait que très-incomplétement, a été guéri par les douches intra-vésicales faites deux fois par jour pendant trois jours.

Un paraplégique, dont la rétention d'urine était complète, a pu uriner, quoique incomplètement, après l'usage des injections d'eau froide pulvérisée.

L'eau de goudron pulvérisée a modifié rapidement l'état de la muqueuse vésicale dans six cas de catarrhe chronique. L'urine est devenue plus claire et a été expulsée plus facilement. Ces malades ont quitté l'infirmerie, et depuis n'y ont plus reparu.

Toutes les fois qu'il sera utile de faire un lavage de la vessie sans fatiguer l'organe, les injections de liquide pulvérisé rempliront l'indication mieux que tout autre moyen.

Ce mode de traitement n'entraîne aucune douleur ; le malade accuse seulement une sensation de froid dans la région hypogastrique. Ainsi :

1° La rétention d'urine causée par l'inertie de la vessie peut

PxÉTENTlON D'URINE.

être guérie rapidement par les douches intra-vésicales faites au moyen delà sonde à pulvérisation des liquides.

2° Les injections de liquide pulvérisé (eau, eau de goudron, eau de feuilles de noyer, eau de Baréges, eau de buchu) constituent un traitement immédiat et efficace du catarrhe chronique de la vessie. [Abeille méd., n" 1 .)

Hypospadias ariificiel. Chez un homme ayant un phimosis congénital très-prononcé, n'urinant d'ordinaire qu'avec difficulté, par un filet mince et sans jet prononcé et seulement en bavant, depuis quelque temps, une rétention complète s'élant manifestée, le docteur Augé de Pithiviers, après les explorations nécessaires, eut recours à une opération rarement pratiquée jusqu'ici.

Le gland était complètement recouvert par le prépuce, dont l'ouverture très-étroite paraissait se terminer en cul- de-sac. En dirigeant dans cet orifice une petite sonde dans le point où doit se trouver le méat urinaire, on éprouve la sensation d'un corps résistant qui ne se laisse pas pénétrer. Même résistance et impossibilité avec une bougie à rencontrer le méat, qui paraît oblitéré.

Au lieu de diviser le prépuce et d'encourir la responsabilité de satisfaire ensuite à toutes les indications opératoires qui pouvaient se présenter, M. Augé proposa à ses deux consultants de pratiquer d'emblée la boutonnière en arrière du gland, c'est-à-dire un hypospadias artificiel. En effet, le malade étant placé convenablement, il relève et saisit la verge avec la main gauche qui embrasse la face dorsale, les doigts tirant la peau à gauche et le pouce la portant à droite. Il incise de haut en bas et d'avant en arrière, lentement, couche par couche, au niveau et le long du canal de l'urèthre, depuis la base du gland jusqu'à deux centimètres en arrière. L'urèthre ouvert, une sonde cannelée est introduite dans cette ouverture et l'incision du canal est pratiquée parallèlement à celle delà peau. Le cathéter est introduit et l'urine évacuée immédiatement.

Après avoir placé une sonde à demeure, les bords de la plaie sont affrontés de chaque côté avec des pinces érignes. Quelques jours après, la cicatrisation étant parfaite, la sonde fui. enlevée et depuis 14 ans, l'opéré a uriné sans difficulté par ce méat artificiel, bien portant et sans accidents dans l'émission do l'urine. [Union méd., n" M 2.)

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