‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 135 sur 149 · STRABISME · texte numérisé non relu

STRABISME

faits. Ce peut même être là un signe pour découvrir la cause de la stérilité de l'homme.

Ces trois ordres de causes de stérilité sont considérés par M. Curling comme constituant un obstacle au mariage, mais non de divorce, une fois celui-ci accompli, l'homme comme la femme pouvant dans ce cas ignorer leur état réel avant do l'avoir contracté. (Union méd., n"' 41, 44 et 53.) C'est donc là un excellent résumé de l'état de cette importante et nouvelle question de la stérilité de l'homme.

STRABISxVIE. Le problème à résoudre consiste, suivant M. Tavignot, à raccourcir un muscle en réalité trop long, au lieu de s'efforcer à'allonger un muscle réputé trop court.

Ainsi, au lieu de laisser l'œil redressé osciller avec peine et, en quelque sorte, lourdement entre deux muscles, dont l'un a été mutilé par une section et dont l'autre reste toujours plus ou moins impuissant, il s'adresse au muscle le plus long, non-seulement pour le raccourcir d'une quantité suffisante, mais encore de manière à activer sa contraction physiologique.

11 applique à cet effet la galvano-caustique de la manière suivante :

Le muscle le plus long, c'est-à-dire celui qui est opposé à ia déviation, ayant été saisi par une pince ordinaire en même temps que la conjonctive et soulevé aussi complètement que possible, on implante plus loin encore la pince galvano-causlique tenue jusque-là en réserve.

Cette pince offre les particularités suivantes : Ses pointes libres sont disposées de manière à offrir une convexité, à côté du globe oculaire, par le simple rapprochement des crochets effilés qui les terminent ; ses branches elles-mêmes sont associées ensemble à l'aide d'une plaque d'ivoire interposée et de chevilles de même substance, afin d'obtenir un isolement complet de l'un et de l'autre courant galvanique.

Lorsque cette pince a été placée de manière à traverser le muscle dans une partie de son épaisseur et au niveau du diamètre transversal de l'œil, ce dont il est facile de s'assurer par l'épaisseur même du tissu saisi et par le degré de déplacement que l'on peut imprimer au globe oculaire, on fait établir instantanément le courant galvanique en mettant les électrodes de la pile en contact avec l'une et l'autre branche de la pince.

650 STUOI'HULCS.

Co qui se passe alorâ est facile à concevoir : les crochels de rinslrumenl mis on conlacl, dans l'épaisseur même du muscle, s'échauffent el rougissent sous l'action du courant galvano-caiistiquo : d'où la contraction d'abord et la rétraction consécutive du muscle soumis à son inlluence.

La réaction qui suit cette gai vano- cautérisation n'offre rien de particulier qui exige autre chose que les moyens ordinaires usités en pareille circonstance : de l'eau salée en lotions et un purgatif salin ont toujours paru suffisants.

Mais il est une règle absolue de laquelle dépend le rétablissement de l'équilibre fonctionnel des muscles et, par conséquent, le succès définitif de l'opération : c'est de pratiquer, pendant les dix ou douze jours qui suivent la galvano-oautérisalion, l'occlusion de l'œil sain, de manière à supprimer pendant la durée du travail adhésif qui a lieu, l'antagonisme du muscle le plus court. L'œil opéré, et qui, comme on le sait, se redresse toujours de lui-même lorsque celui du côté opposé est fermé, devient alors son propre régtilaleur par rapport au degré de redressement qui lui est nécessaire; et au milieu des conditions nouvelles qui lui sont faites, ce redressement qui, jusque-là, n'était que momentané et accidentel, devient durable et acquis d'une manière définitive. [Abeille méd. , n" 32.)

Ce procédé est sans doute très-ingénieux, mais c'est le cas de dire que le moindre fait d'application serait bien préférable

M. Javal réveille et régularise la vision binoculaire en soumettant la vue à différentes séries d'exercice du stéréoscope avant et après la ténolomie. Après avoir bandé le meilleur œil afin d'exercer l'autre, il soumet chaque jour le malade à c^s exercices stéréoscopi:iues dont il a exposé longuement les détails à la Société ophlhalmologique de Heidelberg. (/l?ift. d'oculislique, juillet et août.)

STROPIIULUS. Les bains de sublimé, tels qu'ils sont prescrits par M. Bazin, ayant exaspéré la démangeaison au lieu de ja calmer, le docteur Martin recourut aux lotions avec la solution suivante :

■2f Sublimé 0,05 ceiiliLTammes

Eaudislillco 140 grammes.

Alcool 10 —

Mêlez.

On lotionna avec celte solution les parties atteintes trois fois

par jour sans les essuyer. Aussitôt l'amclioralion se manifesta. Encouragé par ce résultat, la doso du sel fut rapidement élevée à 10 centigrammes pour la même quantité d'eau, et dan:? l'espace de quinze jours en moyenne, on obtint la guérison d'une affection qui, dans la majorité des cas, durait depuis trois, quatre et cinq mois, en dépit d'une foule de moyens thérapeutiques dont l'action s'était montrée impuissante ou d'une efficacité purement temporaire.

Le sublimé est, en effet, un des plus puissants sédatifs de la démangeaison. Ainsi, dans le prurigo, qui complique souvent le strophulus, il est également efficace. {Joiirn. de méd. et de chir. pra(., sept.)

SUICIDE. Du suicide et de la folie suicide, par M. le docteur A. Brierre de Boismont, 2® édition, revue et augmentée, in-8" de 785 pages. Germer Baillière.

Une seconde édition sur un sujet semblable dit assez le mérite et le succès de la première. En ratifiant le jugement do l'Académie de médecine de Paris, qui a couronné cet ouvrage, la faveur publique en montre aussi la valeur. Ce sont là des témoignages irrécusables. En autant de chapitres séparés, les causes du suicide sont examinées dans tous leurs détails et statistiquement d'après un nombre de 1 5 000 observations; l'analyse des derniers sentiments des suicidés d'après leurs derniers écrits, dont les spécimens fourmillent; la symplomatologic et la nature du suicide; ses rapports avec la civilisation, sa distribution suivant les régions, les pays, les modes, les époques ; son traitement, et enfin ses applications à la médecine légale, l'auteur a fait comme un mémoire spécial, un traité de chacun de ces sujets. Pas une proposition qui ne soit appuyée par do nombreux exemples concluants. Une grande érudition s'y révèle par de nombreuses citations puisées aux meilleures sources. Le lettré est réuni au savant. Autant par l'intérêt du sujet, toujours rehaussé par les histoires dos faits, des observations que par l'attrait d'un style sobre, élevé, distingué, cet ouvrage captive l'attention du lecteur au point de ne pouvoir le quitter sans le finir. Le médecin y trouve l'instruction ; l'homme du monde, le moraliste des exemples saisissants dont il peut profiter.

// suicidio, par Laura Seconde, 'l vol. in-8°. Turin. En unissant sa voix à celle des Bonacossa, des Gianelli en Italie pour

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