SUTURE
suite d'une atonie de causes diverses, s'oppose à l'arrivée de l'air ordinaire dans ces parties, à l'action qu'il exerce sur elles dans l'état normal, et devient ainsi la cause d'un affaiblissement de l'ouïe, capable d'atteindre le degré d'une surdité complèle. C'est un moyen fort utile de guérison, dit-il. Il agit non-seulement par l'effet mécanique de la pression élevée, à laquelle on peut recourir, mais aussi par l'action plus générale, plus profonde qu'exercent sur la vitalité des parties malades et sur toule l'économie des propriétés nouvelles qu'il doit à la simple augmentation de densité.
Par ce moyen, l'injection se fait avec douceur et sans douleur; l'action s'en gradue, se prolonge et se soutient à volonté, d'une manière continue ou des mouvemenis d'oscillation qui lui donnent plus d'activité et une force désobstruante. Elle n'a pas les inconvénients des injections faites par le calhétérisme, et si le bain d'air comprimé ne peut toujours les remplacer, il le mérite dans bon nombre de cas. {Monlp. mécL, avril.)
Ces assertions, appuyées sur des expériences et des faits qui ont en leur faveur la consécration du temps, méritent d'être prises en sérieuse considération. D'autant plus que dans la séance du 13 mars du collège .médical delà Faculté de Vienne, le docteur Frend a également insisté sur les résultais avantageux obtenus par ce moyen contre les catarrhes aigus ou chroniques de la trompe d'Eustache. {Wiener mediz.Woch., u° 22.)
SUTURE. Aux nombreuses variétés déjà employées et connues, M. Gaillard en ajoute une nouvelle. Une épingle est recourbée plusieurs fois de manière à former une épingle double, au talon de laquelle il y a une double plicature en sens opposés comme les plicatures des tubes de sûreté pour les expériences chimiques. On place de chaque côté de la plaie à réunir sans la traverser une des griffes ainsi obtenues, que l'on réunit par des liens de caoutchouc ayant leur point d'appui sur les courbures du talon de la griffe. Dès 1 863, M. Legros(d'Aubusson) a publié une suture à épingles latérales {Gaz. des hôp., p. 104), qui prévient de même la pénétration des lèvres de la plaie. {Gaz. deshûp., n° 45.)
Suture entortillée. Une bande en caoutchouc, percée et munie d'un œillet, est engagée sous la tête ou la pointe de l'aiguille, qui passent l'une à travers l'œillet, l'autre à travers
SYPHILIS
la bande. On fait ensuite par-dessus la suture en huit de chiffre avec un fil oridnaire.
Celle modification de M. Gaillard ne fait qaù remplacer la bande dediachylon et la plaque déjà employées. Mais tous ces procédés sont-ils bien utiles et n'embarrassent-ils pas plutôt l'art qu'ils ne l'enrichissent?
Pour les chirurgiens français, les réunions de plaies, tentées dans le but d'en liàler la guérison et d'empôcher des cicatrices élendues, n'ont besoin que d'être faites avec des bandelettes de (liachylon ou des sutures entortillées.
Toutes les fistules opérées peuvent être réunies par la suture métallique à points passés. Pourvu que l'avivement soit large el que les points de suture soient rapprochés, la réunion est toujours assurée. Rendons ici justice à l'esprit pratique des Américains ; ils ont formulé el appliqué le mieux celte proposition, qui leur fera longtemps honneur. [Idem.)
Suture des paupières. Yov. (£dèue,
SYPHILIS. Incubation. Recherches sur l'incubation de la syphilis, par Alf. Fournier, médecin des hôpitaux, professeur ogrégé de la Faculté de médecine de Paris. In-S" de 48 pages.
A propos de deux faits soumis à la Société médicale des hôpitaux, l'auteur a montré, par le rapprochement défaits disséminés que, le plus souvent, l'incubation de la syphilis se prolonge au delà de trois semaines. Il n^est pas rare qu'elle atteigne une durée de quatre à cinq semaines. Parfois elle dépasse celte durée pour atteindre celle de six semaines,
Enfin, elle peut se prolonger même au delà; dans un cas, elle a passé le chiffre extrême de deux mois.
La cause des incubations longues de la syphilis, suivant M. Fournier, est, pour la plus grande pari, dans les conditions individuelles plus ou moins bonnes du sujet qui reçoit le virus. Rien n'est plus juste, et c'est une heureuse tendance que de rattacher aux individus, toujours si peu semblables les uns aux autres, des phénomènes variables. Celte manière d'envisager les choses a jusqu'ici fait faire plus de progrès à la science que le mysticisme médical qui mesure les maladies à des constitutions médicales non définies el à une puissance occulte variable des virus.
PjvomvLAxiE. Nouveaux moyens de prophylaxie infaillibles
SYPHILIS
Irès-simples cl inoffensifs, applicables chez la femme au moyen d'un nouvel instrument contre les mnladies vénériennes et contre la syphilis, et explication théorique des formes et des pliénomènes de la syphilis par un seul virus agissant comme les ferments, par M. le docteur Plaile. 1 vol. in-8° de 17'l pages.
Médecin grec, l'auteur a écrit une monographie à l'usage de ses compatriotes. Adoptant la doctrine de la fermentation putride dans la pathogénie du virus syphilitique, il préconise et rappelle les mesures sanitaires et les moyens hygiéniques proprès à la prévenir et à l'annihiler à l'aide d'un instrument particulier, le coléocoréthron, qu'il regarde comme d'un usage in dispensahleà cet effet chez la femme.
Bien appliqué dans le vagin, il bouche hermétiquement son entrée par sa base grosse et conique, et, par conséquent, retient le liquide. Celui-ci, poussé à l'aide d'une seringue à injections vésicales, d'une contenance de 120 à iSO grammes d'eau, et s'adaplant bien à l'orifice précité, sort par les trous latéraux, imbibe l'éponge, distend et remplit le vagin, et cela pendant tout le temps voulu, car, la seringue retirée, pas une goutte d'eau n'est perdue. On imprime ensuite des mouvements de rotation à l'instrument, et quand l'éponge a dragué ainsi toute la muqueuse, on retire l'instrument et le flot de liquide sort entraînant toute matière malpropre qui n'a pa§ adhéré à l'éponge,
Traitement. lochire de potassium. Les premières manifestations de son action physiologique, selon M. le professeur Kuss (do Strasbourg), apparaissent sur le lube digestif où, en solution un peu concentrée, il agit par contact avant d'agir par absorption. Un sentiment de sécheresse et d'ardeur se manifeste dans le pharynx; une véritable angine apparaît si les doses sont un peu fortes, avec rougeur généralisée et gonflement œdémateux du pharynx et des amygdales, sans grande gêne de la déglutition. Un afflux muqueuxou leplyalisme iodique y succède, La salive est visqueuse sans que les gencives ni les dents présentent d'altérations palhologiq.ues. Après quelque temps d'usage à doses progressives, la langue se recouvre d'un enduit grisâtre, uniforme, difficile à décrire, mais facile à reconnaître, quand on l'a vu. 11 précède d'ordinaire l'éruption indique et est l'indice du maximum d'cPTet thérapeutique. L'absence ou la pré-
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sence do celle modification de l'épilliélium lingoal est pour M. le professeur Kus?, qui le premier l'a signalée, une source d'indications précieuses pour la [)rogression des doses.
Du côté de l'appareil respiratoire, il y a très-souvent de l'embarras dans les fosses nasales, de l'enchifrônement; la sécrétion de la pituitaire devient plus abondante; il y a, en un mot, tous les signes d'un véritable coryza. Les bronches participent à ce mouvement. Toux sèche, peu prononcée, avec expectoration spumeuse, jamais grasse ni purulente.
Sur la circulation, il détermine tout d'abord l'accélération, l'ampleuret la plénitude des pulsations ; puis, au bout d'un temps d'usage variable suivant les sujets, le pouls est petit, déprimé, et reprend ensuite ses qualités premières. De là l'explication des contradictions des expérimentateurs. Desfaitsqui sesontprésentés à son observation, M. Kuss a tiré cette conclusion : que les personnes dont le pouls est fréquent sont moins rapidement impressionnées que celles dont le pouls esl plus modéré.
Le sel iodique se reirouve en totalité dans le sang avec loutes ses qualités chimiques ; il agit donc par sa présence; son action est toute catalytique, 11 s'oppose à la coagulation, la fibrine se trouve dissoute. Les globules sanguins, paraît-il, ne sont pas altérés dans leur forme, ni dans leurs dimensions, mais le nombre en est augmenté.
■Son action spéciale élective sur la peau se traduit par l'acné iodique dont les pustules plus ou moins discrètes, ont un siège de prédilection. S'agit-il d'un iritis syphilitique, les premiers boutons iodiques se développent dans les régions temporales, sourcilières ou malaires. Si c'est un bubon, la première poussée se fera aux aînés, à la partie supérieure des cuisses, pour se disséminer ensuite, ou bien, elle aura lieu dans le sens contraire. Ce fait d'observation, que personne n'a signalé, n'a point échappé à l'oeil attentif de M. Kuss. On peut ainsi prédire à coup' sûr l'apparition de ces acnés, quand se manifeste l'enduit grisâtre de la langue, annonçant la saturation de l'économie .
Une autre éruption iodique encore peu connue, quoique des plus importantes, a aussi été signalée par le professeur de Strasbourg: c'est une infiltration <imitée du ti'ssu conneclif souscutané de presque toutes les régions du corps, tout en affectionnant aussi de préférence le voisinage des parties particulièrement sous l'influence de l'affection contre laquelle le remède est administré.
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C'est donc sur l'élément connectif que l'iodure potassique agit, c'est sur lui que s'exerce tout son pouvoir palhogéiiique.
Ses effets sur le système nerveux se traduisent par de la céphalalgie, du tremblement, quelques vertiges etmême des névralgies selon l'observation répétée de M, Kuss. Ces névralgies causent parfois des douleurs si atroces aux malades que l'on est obligé d'abandonner le traitement. [Gaz. méd. de Strasbourg, novembre.)
Toute son efficacité dépend, selon M. Despiney, de ce qu'il rend solubles les préparations mercurielles employées avant lui. C'est ainsi qu'il guérirait de mC'me les intoxications saturnines et cupriques. Les préparations d'or, de fer, d'argent, les bains de vapeur, les sudorifiques, les diurétiques, et les purgatifs agissaient au môme litre avant lui. C'est donc simplement comme antidote qu'il agirait. Son indication existerait toutes les fois qu'une certaine quantité de mercure ayant été absorbée, la guérison se fait attendre. S'il n'y a pas d'effet franchement favorable, ou s'il y a aggravation, il faut revenir à l'usage du mercure, car si l'économie était suffisamment saturée de celui-ci, l'action de l'iodure serait immédiate. [Gas. méd. de Lyon, n" 22.)
M. Guillaumin propose de revenir à l'usage de l'iode à faible dose, de préférence à l'iodure de potassium à cause des bons effets qu'il en a obtenus au Maroc, dans le traitement des accidents secondaires. 11 l'emploie de la manière suivante ;
!^ Teinture d'iode au dixième 5 grammes.
Eau commune 1000 —
Mêlez.
Deux à trois cuillerées avant le repas du matin et autant le soir, est la dose ordinaire. Le bon marché de cette préparation, sa conservation lorsqu'elle est tenue à l'abri de la lumière, son dosage facile et l'absence d'accidents que l'on remarque souvent avec l'iodure de potassium, à cause des hautes doses qu'il faut employer et des falsifications dont il est l'objet, sont les motifs de celte préférence. {Gaz. hebd., n° 9.)
Arsenic. Deux faits relatés dans VEschoUasle medico, n° 230, méritent rattenlion. Des militaires sont admis à l'hôpital de Lisbonne, pour une syphilide pustuleuse très-manifeste et consécutive k des accidents primitifs. Pendant plusieurs mois, toutes les préparations mercurielles et l'iodure de potassium restèrent
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sans effet, lorsque l'acide arsénieux ayant été administré à la dose do 2 milligrammes par jour, les croûtes se détachèrent bientôt, les ulcérations se cicatrisèrent et la giiérison ne larda pas à s'opérer. {Med. Times, février.)
Que, sous cette sypliilide apparente, il se soit caché un état diathésique spécial qui ait empêché l'action du mercure de se manifester ou qu'elle ait été confondue avec une dermatose parliculière que l'arsenic a pu modifier et guérir, à la bonne heure ; autrement il faudrait substituer ce poison au mercure; dans son action spécifique, ce que rien ne justifie jusqu'ici.
Phagédénisme. Conduit par les applications heureuses du chlorate de potasse contre le cancroïde (voy. année 1864), M. Gaujot en a étendu l'usage à des ulcérations phagédéniques consécutives à des bubons de l'aine. C'était chez un jeune soldat de vingt-deux ans, entré le 5 juin au Val-de Grâce. L'insuccès de tous les moyens tentés, même le cautère actuel avec excision des bords décollés des plaies, et l'exlension toujours croissante du mal sans symptômes constitutionnels, le fait recourir à des pansements, matin et soir^ avec des plumasseaux imbibés de la solution suivante :
!^ Chlorato de polasse 4 grammes,
Eau 100 —
Mêlez.
Les douleurs furent calmées dès le premier jour et le sommeil put être goûté. Dès le lendemain, l'amélioration des plaies était notable : les bourgeons prirent un bon aspect, la fétidité du pus diminua et, après quinze jours, les ulcérations étaient réduites de trois quarts.
Par des pansements différents de l'un et de l'autre côté, on put constater que c'était bien à l'action du chlorate de polasse que la cicatrisation était due; l'épreuve est donc concluante. On en augmenta la dose, qui fut portée à 8, puis à 12 grammes pour 100 grammes d'eau et, après diverses complications qui vinrent entraver la guérison, la cicatrisation était parfaite le 16 mai 1864, sans froncements, ni adhérences, ni dépressions, [Gaz. heb., n" 7.)
C'est le sulfate de cuivre qui a réussi dans un cas analogue offert par une femme dans le service de M. Foucher à l'hôpital Siiint-Antoine. Une large ulcération ovalaire, de 9 à 10 ceniimètres de diamètre en longueur existait dans le sens du pli de
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Taine, à bords irréguliers, largement décollés, avec fond anfracluem et grisàlre. Pansée avec de la charpie trempée dans une solution de 15 centigrammes de sulfate de cuivre dans 30 grammes de glycérine, deux fois par jour, l'amélioration se manifesta immédialemert, et la guérison était complète dès le seizième jour que la malade quitta l'hôpital. [Gaz. des hôp,^ n° !S0.) Est-ce comme modificateur spécial ou simplement comme excitant que le sulfate de cuivre a agi dans ce cas ? Des faits répétés peuvent seuls le décider, bien qu'à juger des bons effets de la liqueur de N'illalte dans les plaies alonique?, fistuleuses, cette dernière opinion soit peu probable.
Tubercules muquciix. Voulant contrôler l'exacljtude des conclusions de M. Thiry, de Bruxelles, sur ce sujet, à savoir : que les tubercules muqueux de la vulve et de la marge de l'anus sont une affection simple, résultat de la malpropreté et des abus vénériens, guérissant par les moyens locaux, et que l'ulcération seule les rend viriilenls et contagieux, surtout lorsqu'elle est indurée, M. Soresina, médecin du syphilicôme de Milan, a institué les expériences suivantes : 25 prostituées admises à l'hôpital du mois do juin 1863 à la fin de décembre 1 864, et atteintes exclusivement de cette affection, furent soumises simplement aux soins de propreté avecTeau, mettant de côlé l'eau phagédénique employée par M. Thiry, et se bornant aux cautérisations avec le nitrate d'argent lorsqu'il y avait ulcération. Ôr, à part 3 qui ont présenté des accidents constitutionnels dès leur entrée et qu'il a fallu soumettre à un traitement mercuriel, les 22 autres ont guéri spontanément, avec les seuls soins de propreté, dans une moyenne de 26 jours , qui qui se réduit même à 20, si l'on élimine 3 cas où l'afTeulion se présentait avec une gravité exceptionnelle.
De ces 22 malades traitées sans mercure, il n'y a eu que deux exemples d'accidents constitutionnels, bien qu'ils soient restés en observation de trois à dix-huit mois après leur guérison. Or, si l'on tient compte du dé''aul de renseignements certains sur les antécédents, ce nombre de 2 cas sur 22 est évidemment Irès-restreint. 11 y a donc lieu d'adopter les conclusions de M. Thiry, contrairement à l'opinion des autres syphilographes, corroborées qu'elles sont par deux inoculations négatives, alors surtout que la réussite dans un cas fut suivie d'accidentg constitutionnels.
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Loin donc d'admettre qu'il y a deux espèces de tubercules muqueux, dont une d'origine spécifique, l'autour croit que ces lésions sont toujours simples et qu'ils ne revêtent le caractère spécifique et ne s'ulcèrent que chez les personnes en puissance de vérolo, au même titre qu'une lésion Iraumalique quelconque. {Gazz. med. Lombarda, n° 52, 18C4.)
Traité des maladies vénériennes, par J. Rollet, ex-chirurgien en chef de l'hospice de rAnliquaille(hôpital des Vénériens), etc. (Premier fascicule.) L'ouvrage complet formera 1 volume in- 8 d'environ 900 pages.
Syphilis infaixilc. Epoque de son apparilion. Depuis que la question de l'inoculabilité de la syphilis par la vaccinalion a été soulevée, ce sujet a acquis un nouvel inlérôt. On comprend toute l'importance de déterminer l'époque de son apparition, afin de ne pas s'exposer à la transmettre lorsqu'elle est encore à l'état latent chez le vaccinifère. Dans une Élude clinique, lue à la Société médicale des hôpitaux, par M. H. Roger, qui, appuyé sur vingt observations originales, apprécie les divers symptômes â leur valeur exacte, réelle et comparée, — cette apparition est tixée du premier au troisième mois après la naissance. Réunissant à ses 1 4 cas où elle est notée les 1 58 de M. Diday, 28 de M. de Meric et 40 de Mayr, ce qui fait un total de 249 faits, elle s'est montrée :
H8 fois le preniior mois de la naissance. 217 fois avant la fin du Iroisième.
32 fois seulement après cette date.
[Union méd., n° 13.)
M. Dunn, sur 24 cas observés, confirme cette date, car il l'a vue apparaître 4 fois avant un mois, 9 fois avant 2, et 7 fois avant 3, soit 20 fois de 1 à 3 mois et une fois seulement à 4, 5, 6 et 7 mois.
Tous ces cas, dit-il, traités avec le chlorate de potasse à la dose de 10 centigrammes, trois fois par jour, sans aucune préparation mercurielle, ont tous guéri dans l'espace d'im mois, à l'exception d'un seul. [Lancel, décembre, 186'i.)Ce résultat, contraire à la pratique générale, ne tend-il pas à infirmer cette statistique?
Quoiqu'il en soit, voici un autre document statistique qui, par le nombre des faits autant que par leur authenticité et le
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mérite de l'observaleur, prouve au moins qu'il n'y a rien d'absolu à cet égard, comme M. Ricord, le premier, en fait l'observation. Sur 21 6 cas de syphilis héréditaire recueillis personnellemen'. par le docteur Simas à l'hôpital de la Miséricorde, du mois de janvier 1858 au mois de février 1 865, 27 cas sont apparus dans le premier mois de la vie, 49 dans le deuxième, 50 dans le troisième, 30 au quatrième, 14 au cinquième, 16 au sixième, 7 au septième, 2 au huitième, 7 au neuvième, 4 au onzième, 1 au treizième, 1 au quator/ièmeet 2 au dix-huitième. Voilà qui recule singulièrement le terme fixé à sept semaines par M. Depaul, à trois mois selon MM. Diday et H, Roger, et qui change tous les calculs faits à ce sujet, et les déductions qu'on en a tirées pour la vaccine. Ce n'est plus, en effet, les 7/8"^ des cas qui apparaissent ici avant la fin du troisième mois comme dans la statistique de M. H. Roger, mais seulement les '■\iS''% et il faut arriver à la fin du sixième pour toucher cette proportion. Est-ce donc que cette évolution de la syphilis héréditaire externe varie selon les lieux, les climats? Dans ce cas, elle serait moins que jamais une garantie pour la vaccine, car ici il faudrait arriver jusqu'au sixième mois pour la pratiqueravec quelque sécurité. {Soc. das se. med. et Revista med. porlugueza. )
Lésions osseuses. — Elles sont si rares, que c'est à peine s'il en existe quelques exemples bien authentiques dans les annales de la science. Le cumul assez fréquent de la syphilis avec la scrofule et le rachitisme ne permet pas toujours de dire de quel caractère sont celles que l'on rencontre, et l'impossibilité 'l'apprécier rigoureusement les exacerbalions nocturnes de la douleur chez un enfant ne permet pas d'en établir le diagnostic dilférenliel. M. A. Fournier dit cependant en avoir observé deux exemples. Le premier sur un enfant de trois mois, assez fort et de belle apparence, chez lequel on constate une syphilide papuleuse des fesses et des cuisses, plaques muqueuses des lèvres (il du scrotum, coryza abondant, à pus sanieux, non strié do sang. Ces accidents, apparus au deuxième mois, ont été suivis dans le cours du troisième d'une tuméfaction considérable de la partie inférieure de l'humérus, sans changement de couleur de la peau. La tumeur, dure, a le volume d'une grosse amande j. adhérente à l'humérus et immobile. L'enfant ne peut fléchir l'avant-bras; il le laisse pendre comme paralysé, et les doigts n'exécutent aucun mouvement.
Gfi2 SYPHILIS.
Lo second a une grande analogie avec colni-ci.
lînfanl de trois mois, né de parents syphdiliques, venu au inoiido sans éruption ni la moindre trace de syphilis. C'est vers la sixième ou septième semaine seulement que se sont nianifes- U's des boutons ulcérés des fesses, de l'anus et du scrotum, un écoulement nasal d'aspect purulent, et diverses éruptions cutanées, A trois mois accomplis, il [)résento une syphilide pustulo-crustacée de la face, occupant surtout le front et les narines, un écoulement purulent, strié de sang, par les narines et des traces nombreuses de papules cuivrées sur les fesses, le sci'olum et l'anus.
A la partie supérieure de l'avanl-bras, tuméfaction considérable, avec empâtement, sans changement décoloration aux téguments, due surtout à une augmentation de volume des doux os de l'avanl-bras, à leur partie la plus supérieure. Le cubitus; paraît doublé de volume dans son quart supérieur ; le radius • surtout est très-volumineux ; sa tête, autant qu'on peut en juger, semble du volume d'une noix. L'humérus est sain.
État général : Pâleur, un peu d'amaigrissement. Cependant, , la face n'est pas altérée; elle ne présente pas surtout cet aspect ■ sénile dont on a fait un des traits caraclérisliques de la sypliilisinfjnlile; pas de phénomènes de cachexie. Les grandes fonc-tions sont saines.
Traités par la solution d'iodure de potassium, ces deux en-fants ont été promptement améliorés, mais la guérison n'est i pas certaine. (Unionmécl., n° 34.)
M. Hérard a relaté un exemple encore plus remarquable à la ■ Société des hôpitaux, en ce que, à une destruction des os pro-pres du nez, avec plaie fistuleuse chez une fille de dix-neuf anS; et paraissant héréditaire, se joignaient d'autres symptômes qui ; mettaient en question la nature scrofuleuse ou syphilitique de:' celte lésion. En effet, bien portante jusqu'à sept ans, cette enfiint avait maigri tout à coup avec tuméfaction du ventre et asr cite consécutive ponctionnée jusqu'à trois fois. Puis denoairbreux abcès au cou dont il y a de nombreuses traces, suivirent, et enfin, à quinze ans, manifestation d'un coryza rebelle avec, excroissance charnue dans la narine gauche, puis ulcérations, nécrose. Ces accidents persistaient depuis quatre ans à son entrée à l'hôpital Lariboisière. Elle était sans fièvre, sans douleur vive, Us organes génitaux parfaitement sains.
L'impossibilité de retrouver l'origine d'une syphilis inoculée,
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el l'absence d'accidents secondaires molUiient donc en question la nature scrofuleuse de ces lésions. Autrement, il fallait admettre une syphilis héréditaire à apparition tardive, comme MM. deMéric, Sygmund, Dittrich, Ricord en ont cité des exemples, repoussés comme impossibles par M. Roger. Néanmoins, il suffit dans ce cas, et comme pierre de touche, d'administrer l'iodure de potassium à doses rapidement croissantes pour que les ulcérations s'améliorassent innnédiatemenl et se cicatrisassent avec rapidité. L'épreuve était donc décisive, et de fortes présomptions en résultaient sur la nature héréditaire de cette syphilis. {Union méd.^ n° 40.)
Suivant M. Laillier, celte épreuve n'est point infaillible par la raison que l'iodure de potassium réussit dans des cas où la scrofule parait jouer le premier rôle; mais les trois exemples très-intéressants qu'il rapporte à l'appui de celte opinion no sont guère de nature à la faire triompher. Si le diagnostic différentiel de la syphilis et de la scrofule présente des difficultés Irès-grandes, il nous semble que l'iodurede potassium, amenant lout à coup une amélioration tranchée diins la marche et l'aspect des lésions, il n'y a pas lieu de douter de leur nature syphilitique constitutionnelle. Un spécifique peut seul agir avec celte rapidité, et jamais l'iodure de potassium, à haute dose surtout, n'a été considéré comme lel à l'égard de la scrofule. Que (les apparences de celle-ci entées sur la syphilis viennent en obscurcir le diagnostic, à la bonne heure, mais on m saurait douter de la prédominance syphililique, quand l'iodure de potassium Iriumphe aussi légitimement.
C'est ce que M, Fournier semble avoir admis implicitement en rappelant que l'on ne saurait douter davantage de la nature syphilitique de certaines lésions, lors même qu'elles sont rebelles au mercure el à l'iodure de potassium. Leur caractère suffit ici à en affirmer la nature, tandis que là, c'est le traitement. {Union med., n° 49.)
La discussion savante qui s'est engagée à ce sujet est d'ailleurs pleine d'enseignements sur les difficultés du diagnostic différentiel de la scrofule et de la syphilis, qui peuvent bien souvent exister simultanément. L'antagonisme n'exi^te pas entre ces deux affections, et un enfant peut bien les apportera la fois en naissant. Mais nous croyons qu'il convient de dégager, ici surtout, l'utilité du traitement pour trancher la difficulté.
Bien différente est la communication faite par M. Dunn à la
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Boyal med. and chir. Society sur le traitement de la syphilis infantile sans mercure. Il s'agit de 53 enfants, âgés de quelques semaines à quelques mois, nés de parents syphilitiques, traités au dispensaire Farringdon exclusivement avec le chlorale de potasse, trois exceptés et qui ont guéri dans la même proportion après un traitement variant de 1 8 à 63 jours. La maladie était apparue chez 17 le premier mois, chez 21 le second, chez 10 le troisième et seulement chez 2 le quatrième et 1 dans chacun des deux mois suivants. Chez trois enfants, la vaccination seule en avait déterminé la manifestation bien évidente. Dans 8 cas, le père seul était syphilitique, la mère dans ^ 8 et tous les deux dans 1 0. Rien donc jusque-là qui s'écarte notablement des lois pathologiques ordinaires. Mais il n'en est pas de môme des résultats: 50 enfants guérissent sur 53 au moyen de trois grains de chlorale de potasse par jour et parfois d'huile de foie de morue et de vin ferré comme adjuvants. Et encore des trois décès énoncés, l'un fut dû à des convulsions, l'autre survint dès l'arrivée de l'enfant au dispensaire, et le dernier, le troisième jour seulement, alors que ces deux derniers enfants avaient subi un traitement mercuriel avant leur admission !!
Aussi est-ce sur ces résultats incroyables que la discussion s'est établie. Si l'expérience d'autres praticiens les confirmait, a dit M. H. Lee, il n'y aurait plus qu'à tirer l'échelle sur ce sujet, mais elle les contredit formellement au contraire. Ils prouvent donc beaucoup trop et la raison de cette différence doit être que des affections bénignes ont été enregistrées comme des cas de syphilis, sinon les petits malades n'ont pas été suivis assez longtemps et la moindre amélioration a été prise pour une guérison complète.
D'aussi faibles doses de chlorate de potasse sont sans action et tout à fait insignifiantes, a ajouté M. Spencer-'Wells, sinon pour amuser les mères et leur inspirer la sécurité.
Élude clinique sur la syphilis infanlile (mémoire présenté à la Société médicale des hôpitaux), par Roger, médecin de l'hôpital des Enfants malades, etc., gr. in-8 de 46 pages.
Sulla sifilide dei barnbini (sur la syphiUs des enfants), 43 pages in-8°, par le professeur Minich. Leçons professées à l'hôpital de Venise sur les connaissances actuelles de ce sujet.
Sililide da allallamento (syphilis de l'allaitement et formes initiales de la syphiHs), par le docteur Am. Riconli, brochure grand in-8° de 1 80 pages, Milan,
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Sypliiii<4 vaccinale. Un cas parfaitemenl avéré en a été observé et relalé par M. Millard, médecin de l'Iiôpilal Saint-Antoine, sur un jeune homme de vingt-sept ans, qui s'était fait revacciner à l'Académie de médecine, le '19 août 1 865, avant d'aller visiter son père atteint de variole. Le vaccinifère, pâle et de chétive apparence, était âgé de six mois. Il ne fit pas attention si les pustules étaient saignantes. Des six piqûres, les quatre supérieures se développèrent normalement. Les croûtes tombent vers le 12 septembre.
Huit jours après, deux nouveaux boutons de vaccine paraissent au niveau des piqûres inférieures de chaque bras sans démangeaison, qui se convertissent bientôt en croûtes sèches et brunâtres. Vers le 22 octobre, M. X. est pris de douleurs de tête très-violentes, revenant toutes les nuits dès qu'il a la tête sur l'oreiller, et qui le privent de sommeil. Douleurs vagues dans la poitrine. Des rougeurs insignifiantes sans prurit apparaissent consécutivement sur la face antérieure de la poitrine et le ventre. C'est vaincu par l'intensité des douleurs de tête que le malade se décide à consulter M. Millard, le 6 novembre, pour ce qu'il appelle son rhumatisme de la tête ; se plaignant en outre d'un peu de malaise général.
Les circonstances de la revaccination signalées par hasard mirent sur les traces de la maladie réelle. Le malade, déshabillé, portait à la partie supérieure de chaque bras une croûte épaisse, brunâtre, surmontée de deux cicatrices récentes de vaccine régulière. Celle du bras droit ne différait pas sensiblement des croûtes vaccinales légitimes, mais celle du bras gauche était beaucoup plus large, de forme eu noïde, de couleur très-foncée, noir verdâtre, très-épaisse, et comme formée de plusieurs couche.s écailleuses, rappelant les couches du riipia. Il était difficile de sentir de base indurée sous ces croûtes ; mais elle devint manifeste après leur chute. On constatait en outre, dans chaque aisselle, une véritable pléiade de ganglions lymphatiques tuméfiés et indolents. Les bras, la poitrine, et surtout les régions latérales et postérieures du tronc, sont le siège d'une irruption papulo-vésiculeuse, absolument indolente, étendue et marquée, ayant tous les caractères d'une syphilide. Pas de maux de gorge, isthme du gosier sain. Pas d'alopécie ; de petites croûtes formées sur le cuir chevelu n'ont pas tardé à disparaître. Un seul ganglion légèrement tuméfié à la région occipito-mastoïdienne. La céphalalgie s'exaspérait la nuit, sans
GCG
SYPHILIS
arc limitée à un côlé, prédominant pinlôt au sommet de la léle, et augmentaut à la pression; redoublant d'une manière Irès-sonsible au conlactet à la chaleur de l'oreiller.
Les organes génilaux étaient sains, sans cicatrices ni engorgement ganglionnaire dans les aines; le malade affirme n'avoir jamais eu de chancre.
M. X. . . étaildonc bien évidemment alteintde syphilis vaccinale qui lui avait été inoculée le 19 août; les croûies existant aux bras près de quatre-vingts jours après l'inoculation, recouvraient deux ulcérations de nature chancreuse; les engorgements ganglionnaires des aisselles en étaient la conséquence cl devaient exister depuis longtemps ; enfin, l'apparition presque simultanée de la céphalée et de l'irruption cutanée deux mois après confirmaient le mode d'évolution le plus habituel de la dialhcse syphilitique.
M. le docteur Hardy, chez qui le malade fut conduit séance tenante, après l'avoir examiné et interrogé, n'hésita pas à porter le même diagnostic, et à déclarer que la syphilis avait été inoculée par les piqûres de vaccin. Un traitement mixte, composé de pilules de protoiodure demercure et d'une solution d'iodure de potassium pour débarrasser promptement le malade de sa céphalée si pénible, fut arrêté. Dès le soir même du 6 novembre, M. X... fut conduit par son oncle, célèbre médecin spécialiste, chez M, Ricord. L'éminent syphilographe qui avait, au mois de janvier dernier, combattu à l'Académie, avec une grande vivacité, les conclusions du rapport de M. Depaul, et qui avait contesté plusieurs observations invoquées à l'appui, n'a pas hésité, dans le cas actuel, à se rendre à l'évidence, et à reconnaître que la revaccination avait été le point de départ de la syphilis. Il prescrivit un traitement identique. La croûte du bras droit est tombée lo 9 novembre, montrant une cicatrice arrondie, rougeâtre, très-peu saillante et légèrement indurée. I.e 14 ou le 15, celle du bras gaucho s'est détachée à son tour et a fait place à une cicatrice large, circulaire, h base manifestement indurée, semblable à celle d'un ohancr,e. La céphalée a disparu rapidement et l'éruption du tronc, après avoir un peu. augmenté, commence bientôt à pâlir, quoique très-caractérisée encore au moment de la présentation du malade à la Sociéic de Vicdccine des hôpitaux, le 22 novembre, ainsi que plusieurs membres ont pu s'en assurer,
On no saurait élever de doutes sur l'aulhenlicité de co fait.
SYPHILIS/?
Il a une importance considérable, puisqu'il conslitne peut-être le in-eiuier cas avéré de syphilis vaccinale qu'on puisse imputer à l'Académie de médecine. M. Depaul, averti de ce cas malheureux, a commencé immédiatement une enquête sur les vaccinations pratiquées simultanément à l'Académie. Neuf enfants avaient été vaccinés en môme temps que M. X... : six d'entre eux ont été trouves manifestement atteints de syphilis; ils sont en voie d'amélioration, grâce à un traitement spécifique surveillé par M. Depaul lui-même; deux sont morts sans qu'on ait pu savoir exactement la cause du décès, ni s'ils ont eu des accidents syphilitiques ; le neuvième enfant n'a pu être retrouvé.
Quant au vaccinifère, envoyé en nourrice dans le département des Basses-Pyrénées,' il paraît avoir succombé avec tous les signes de la syphilis.
Restent les soldats revaccinés également le 19 août avec le même vaccin infectieux, et sur lesquels on n'a pas encore de renseignements. On ignore leur nom.bre exact ; beaucoup d'entre eux ont quitté Paris, soit pour changer de garnison, soit pour partir en expédition ou pour regagner leurs foyers. [Union méd., n° 1 47.)
De la syphilis vaccinale, communications à l'Académie impériale de médecine, par MM. Depaul, llicord, Blol, Jules Guérin, Trousseau, Devergie, Briquet, Gibert, Bouvier, Bousquet, suivies de Mémoires sur la Transmission de la sifphilis par la vaccination el la vaccinalion animale, par MM. A. Viennois (de Lyon) et Auzias Turenne, etc.; un volume de 500 pages.
Syphilidc pignicntairc. Des taches cutanées à fond jaune, observées chez 18 femmes sur 7'2 atteintes de syphilis, ont été érigées en une forme exanthématique spéciale de l'infection syphilitique par le docteur Tanturri, de Naples, dans un mémoire sur ce sujet, publié en 1 864. Mais le professeur Gamberini a combattu et détruit cette théorie, on peut dire par des raisons péremptoires. Il a montré par des faits que ces taches jaunes existent chez des personnes indemnes de toute trace syphilitique, notamment dans le ras d'affections utérines. Chez les hommes, elles coïncident fréquemment avec le pyliriasis versicotor et un certain état bilieux hypocondriaque. Chez les vénériens, celte pigmentation se manifeste à toutes les périodes do leur maladie sans desquammalion et résiste au traitement
TABAC
spécifique alors que tous les autres accidents disparaissent. Autant de preuves qu'elle n'esl pas de nature syphilitique et doit être considérée comme une complication étrangère lorsqu'elle se montre chez des vénériens. (Gazz. tred. Lombarda n" 27.)
Taches siiph-iUiques. Des taches fauves sur la face, véritables macules pâlissant à peine à la pression et succédant à une infection syphilitique ne disparaissaient pas, malgré l'emploi de bains alcalins, do bains de mer et au sublimé ; les taches accusatrices avaient toujours le même aspect roussûtre. M. le docteur Leclerc les fit recouvrir alors de l'enduit suivant :
!^ Sublimé corrosif Oe^,hQ.
Collocliop 15 grammes.
Mêlez.
Cinq jours après, les taches étaient à peine apparentes; trois applications de cet enduit avaient suffi pour les faire disparaître entièrement. {Presse med. belge, n" 31 ,)
TABAC. Dans un mémoire très-littéraire lu à l'Académie de médecine, M. Jollya renouvelé et même augmenté les accusations dont l'usage exagéré de celte plante a été l'objet. Il s'attache à démontrer que c'est un des poisons les plus actifs, et il n'hésite pas à attribuer à la nicotine une influence prépondérante dans l'éliologie de la paralysie générale, maladie qui paraît augmenter de fréquence. Elle est ainsi beaucoup plus commune chez les hommes que chez les femmes, parmi les aliénés, comme on peut s'en convaincre dans les asiles. L'absence de cette maladie dans les nombreuses contrées du Levant dont le tabac ne contient pas de nicotine, et sa progression, au contraire, dans notre armée, en sont d'autres preuves. Elle est presque inconnue dans la Saintonge, le Limousin, la Bretagne oiJ l'on ne fume presque pas, quoique l'on y fasse une énorme consommation d'eau-de-vie, ce qui semble confirmalif de l'expérimentation physiologique de M. Cl. Bernard, à savoir : que la nicotine agit spécialement sur la faculté motrice, l'alcool sur la faculté sensitive.
Après beaucoup d'autres auteurs, M. JoUy met sur le compte de l'habitude de fumer et de chiquer la carie dentaire, le cancer
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des lèvres, de la langue et de l'eslomac. 1! rappelle le rôle que" lui font jouer plusieurs opbthalmologisles dans la production de l'c-maurose, et cite de nouveaux cas où l'intelligence en a été troublée, détruite. 11 croit même que l'augmentation de la mortalité générale doit être attribuée en partie à cette fatale habitude. Il propose en conséquence de :
\° Substituer dans le commerce, dût-on les payer bien cher, les tabacs du Levant, de Grèce, des Arabes, du Paraguay, du Brésil et autres, ne contenant que de faibles proportions de nicotine, aux tabacs plus ou moins salures de ce principe toxique; ce qui rendrait à l'agriculture les quelques 20 000 hectares d'excellentes terres qu'elle consacre à la culture d'une plante vénéneuse, et ce qui concilierait déjà les intérêts de l'hygiène publique et du régime fiscal.
2" Ou bien : dépouiller nos tabacs indigènes de leur excès de nicotine, s'ils doivent rester dans le commerce, par des moyens qui sont au pouvoir de la science des chimistes, et qu'il n'est pas besoin d'indiquer ici, dût-on pour cela remplacer le principe toxique par des parfums qui ne manqueraient pas pour répondre à tous les goûts individuels, et qui ne seraient pas seulement plus hygiéniques, mais plus agréables aux sens que les odeurs âcre, empyreumatique et ammoniacale des tabacs nicotisés.
3° Enfin, éclairer la raison publique sur la valeur relative ou hygiénique des diverses sortes ou provenances de tabac, afin de la prémunir contre les effets plus ou moins nuisibles qu'elles peuvent avoir sur la santé. [Acad. de méd., février.)
Mais comme le dit justement M. A. Latour, sous cette brillante forme littéraire, le mémoire de M. Jolly constitue une assertion prolongée pJus qu'une démonstration; les faits véritablenient cliniques y sont rares et il ne répond pas à toutes les exigences de la science moderne; il n'y est question ni d'anatomie pathologique, ni d'observations microscopiques, ni do recherches chimiques ; la méthode numérique y a été dédaignée, et les faits n'y sont ni comptés, ni groupés, ni rapprochés. II s'écarte donc beaucoup de la manière généralement employée dans l'exposition des recherches de l'ordre médical, et si la nicotine est cause do tous les maux dont on l'accuse, les exigeants peuvent demander qu'on montre le corps du délit. Quelques milligrammes de nicotine, extraite des viscères d'une des victimes supposées de l'abus du tabac, constitueraient aussi un argument bien éloquent.
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C'est ainsi, bien plus avec les armes du raisonnement que par des fiiits pertinent? et sans réplique, que le tabac a de nouveau été vivement attaqué. L'accusation s'est ap()uyée sur des considérations de l'ordre moral et logique plus que sur des preuves décisives, et il pourra bien arriver que le labuc «orle de celle épreuve comme sortent de la Cour d'assises certains individus acquittés faute de preuves, mais fortement soupçonnés d'être coupables et moralement flétris. {Union méd., n° 26.)
Comme s'il avait prévu co défaut de l'accusation, M. Bcrtillon est venu prouver mathématiquement, pour ainsi dire, les désastreux effets du tabac sur l'intelligence, en montrant à quel rang les fumeurs ont figuré dans les classements par ordre de mérite qui ont lieu trois fois l'an à l'École polytechnique. Sur les 160 élèves de la promotion de 1855-86 qu'il a pu soumettre à cette enquête, il y avait 1 02 fumeurs qui se sont répartis comme il suit :