‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 138 sur 149 · NUMÉROS NOMBRE DES FUMEURS DAN5 CHAQUE SÉHIE DG 20 ÉLÈVE · texte numérisé non relu

NUMÉROS NOMBRE DES FUMEURS DAN5 CHAQUE SÉHIE DG 20 ÉLÈVE

des classements par oiili c Classcineiu Classement Classemenl de Moyenne

(Je mérite. d'entrée. dcPâques. fin d'année, géiiéralc.

20 à 40 9 10 dO,3

40 à 60 13 dO 42 H,G

GO à 80 IG 15 12 14,3

Ce lableau monlre que parmi les élèves qui ont obtenu aux examens les vingt premières places, il y avait 5 à 8 fumeurs ; que parmi ceux qui ont obtenu les vingtièmes à la quarantième place, il y avait de 9 à 12 fumeurs, et ainsi de suite; c'est-àdire que le nombre des fumeurs s'accroît progressivement à mesure que le classement est plus défavorable.

Dans celle distribution, tous les fumeurs de pipes, de cigares, de cigarettes, sont confondus. En neconsidérant que ceux qui se servent de la pipe, les grands fumeurs, nous aurons pour eux en particulier la distribution moyenne suivante, encore plus accentuée en procédant toujours par série de vingt élèves:

Il est bon de remarquer, enoulre, que les 3,7 grands fumeurs du premier groupe sont aux derniers rangs dans ce groupe.

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Ainsi, voilà des jeunes gens qui se sont livrés à Irois iiiUes successives, trois lutles acharnées, car leur avenir en dépendail ; et d'ailleurs, quand ou a sous les yeux le mouvement nominatif, on voit que la mêlée a été complète, que les un? sont descendus, les autres sont remontés ; aucun n'a gardé le même rang; peu sont restés dans leur série, et pourtant la même distribution des fumeurs se fait toujours remarquer. Tandis que dans la première série, à peine un tiers ou un quart des élèves sont adonnés au tabac, dans les dernières, il y en a les trois quarls; dans la dernière, les quatre cinquièmes. {Union mcd., n° 19.)

L'intelligence et le tabac sont donc inconciliables. On le pré sun)ait bien: comme toutes les vérités, celle-ci était senlie avant d'être firouvée. Mais la démonstration précédente résout toutes les objections, lève tous les doutes. Les fumeurs sont maintenant avertis. El que l'on ne dise pas que c'est plus le temps perdu à fumer que le tabac lui-même qui est cause de ce résultat. On ne fume à l'École polytechnique que pendant les récréations.

M, Igonin, médecin de la manufacture des tabacs de Lyon n'attribue aucune influence nocive du travail des ouvriers sur leur santé. Les nouveaux ouvriers sont pris de nausées, céphalalgie, vertiges pendant un à huit jours, surtout les femmes et les enfants, et c'est tout. Des ouvriers y sont occupés depuis plus de quarante ans sans en éprouver aucun inconvénient. (Soc. de méd. de Lyon^ mars). Ce n'est donc pas là une profession insalubre, comme M. Mêlier l'avait d'ailleurs proclamé dans son beau rapport sur ce sujet, malgré quelques cas isolés contredisant en apparence cette conclusion. L'exception ne peut infirmer la règle; elle la conlirme au contraire.

Comme médicament, il est surtout employé par les vaïtians ou médecins natifs du pays de Tamoul, dans l'Inde, contre toutes les tumeurs scrotales, sans en préciser le diagnostic. C'est ainsi [uo le docteur Callas, traitant un jeune homme d'une orchite îlennorrhagique, le trouva un jour pâle, couvert d'une sueur Voide, dans un état syncopal des plus pénibles. Devinant qu'il ivait appliqué des feuilles fraîches de tabac sur sa tumeur, il ui administra des boissons chaudes alcoolisées et opiacées, qui lissipèrenl bientôt ces accidents. Le même moyen réussit égaement chez un palefrenier, qui, affecté d'un iiydrocèle, avait îmployé le même remède, sur le conseil d'un natif, Il fut subi-

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lemonl pris de vomissements, diarrliée, sueurs froides, lipothymies, pouls misérable, et on le croyait atteint du choléra, lorsque M. Callas découvrit la source de tout ce mal {Arcli. de med. navale). La connaissance de cet usage dans l'Inde n'est donc pas à dédaigner pour les médecins appelés à y pratiquer.

M. Delaurier l'a employé comme vomitif chez les ciiiens à la dose de S grammes de tabac à priser dans un verre d'eau ou de lait que l'on donne par tiers. En serait-il de môme chez l'homme? En possession de vomitifs aussi certains et d'une parfaite innocuité comme ceux que nous possédons, il serait téméraire de tenter celui-ci.

Danger de la cessation brusque et radicale de fumer. L'influence profonde de l'habilude sur l'organisme se révèle surtout, par l'exemple suivant, rapporté par le Bull. méd. du Dauphiné. Un navigateur de vingt-trois ans, qui, depuis l'âge de sept ans, n'avait cessé d'avoir la pipe ou un cigare à la bouche, . entre à la Grande-Chartreuse, en octobre 1864, pour y embrasser la vie claustrale. Suivant la règle du couvent, il dut cesser immédiatement et complètement son habitude favorite et . enracinée.

Il en supporta néanmoins pendant les premiers jours assez; bien la privation en prenant quelques prises de tabac en pou-dre; mais, au bout de quinze jours, il se plaignit de constipa- tion, d'embarras gastrique et de quelques petits accès' intermit- ■ tents, que M. Pascal, médecin ordinaire de la maison, désignasous le nom d'épileptifornies, puis de crises spasmodiques inter-miltenles.

Après les phénomènes d'anorexie, d'appétit capricieux, det' douleurs hépatiques suivies de vomissements bilieux, le malade, tombé dans une grande faiblesse, était pris tout à coup d'im-mobilité, de résolution musculaire et d'une extrême pâleur. Léo pouls, filiforme, ne battait que 35 ou 37 fois par minute. Cet; état durait environ une heure avec conservation de l'intelligence. A l'auscultation, on entendait à peine les battements du; cœur et le bruit respiratoire. Sous l'influence de l'élixir des^ Chartreux administré h l'intérieur et en frictions à l'épigaslro, cette syncope incomplète se dissipait assez vite pour reveninr bientôt, souvent plusieurs fois dans l'espace d'une journée.

Le 8 janvier, le docteur Martin (du Pont-Beauvoisin), témoinn

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d'une de ces crises, les qualifia à' épilepU formes graves, avec congestion intermiUenle du cerveau, el coîiseilla l'applicalion d'un séton à la nuque, el la continuation du sulfate de quinine déjà prescrit par iM. Pascal. Mais celui-ci, sachant que le docleur Jokin avait vu des accidents semblables se déclarer chez un fumeur qui avait voulu se corriger trop radicalement d'une habitude invétérée, vint en aide au jeune religieux. Avec l'autorisation du général, il lui donna de bon tabac el une pipe, et, chose singulière! au moment où le malade éprouvait déjà tous les symptômes d'une de ses crises, on vit les phénomènes nerveux se dissiper au fur et à mesure qu'il aspirait la fumée de tabac. Depuis lors, l'usage delà pipe a été continué, et il n'y a plus eu ni vomissements, ni crises; la santé s'est rétablie sans autre traitement, elle jeune moine diminue graduellement le nombre de pipes chaque jour, afin de pouvoir se conformer sans inconvénient aux règles de la communauté.

T^ÎVIA. Selon le docteur Bertolus, l'inhalation abondanle d'éther, son absorption directe par le canal intestinal lorsqu'il est en capsules ou incorporé au sirop, détermine l'anesthésio des entozoaires, qui sont entraînés sans violence jusqu'au rectum, d'où un léger purgatif peut les chasser entiers et vivants. Quoique mon expérience ne repose encore que sur cinq cas chez l'homme, dit M. Lortet, ce qui a toujours réussi (môme sur deux malades chez lesquels tout avait échoué), c'est l'ingestion, d'un seul coup, de 00 grammes d'éther, suivis, deux heures après, de 30 grammes d'huile de ricin. Chaque fois, lo tœnia a été rendu sans souffrances, entier ou presque entier, el toujours avec l'extrémité dite céphalique intacte. [Soc. des se. mèd. de Lyon.)

Bien que l'éther fût connu depuis longtemps comme un tœnifuge, ce n'était ni à cette dose ni avec celte précision de son action qu'il était employé,

Sulfocyamire de mercure. Ce sel ayant été pris accidentellement à l'état solide, des symptômes d'empoisonnement se sont manifestés aussitôt (voy. Empoisonnement). Mais, dès le lendemain aussi, le malade rendit un ta3nia, jusque-là rebelle à tous les vermifuges. Il serait donc possible d'utiliser celte propriété ta3nicide de ce sel en l'administrant avec les précautions voulues. [Union méd., n" ^^0.)

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