URÉMIE
ment colles de Baréges, sonl coiilre-inrliquéos dans le traitement des ulcères phagédéniques et cancéreux ;
2° Que, dans beaucoup de plaies atoniques, en dehors des catégories précédentes, l'emploi de ces mômes eaux, ou rend l'ulcération staiionnaire, loin de contribuer à la cicatriser, ou bien y développe la production de fausses membranes qui se gangrènent rapidement;
3° Que, toutes choses égales d'ailleurs, il faut apporter beaucoup de ménagements dans le traitement, et appliquer de préférence les eaux sulfureuses, les moins minéralisées et les moins chaudes à la cure des ulcères en général.
L'excitation de ces eaux, leur tliermalité et l'altitude de Baréges sont les principales causes attribuées à la contre-indication de ces eaux et de leurs mauvais effets, {Union méd. de la Gironde, décembre 1 864.)
Ulcère simple chronique de l'cstomae. D'après ies bons effets obtenus par M. Monneret avec le sous-nitrate de bismuth à haute dose contre les ulcérations intestinales et celles de la peau, le docteur Bonnemaison (de Toulouse) l'a employé avec succès contre l'ulcère simple de l'estomac, en en faisant prendre de 70 à 80 grammes par jour {Journ. de méd de Toulouse, juillet et août) . Il y a loin, de cette dose aux quelques centigrammes préconisés avant lui ; mais le fait de guérison rapporté à l 'appui est loin d'être convaincant. Pour être rigoureuse d'ailleurs, cette expérimentation thérapeutique devrait se faire séparément : avec le sel de bismuth bien purifié et privé d'arsenic, et le bismuth du commerce qui en contient toujours une certaine proportion, afin de s'assurer si celui-ci n'a pas la principale part dans la guérison, comme on l'a dit.
URÉMIE. Deux nouveaux oas observés dans les hôpitaux en ont été relatés par M. Alfred Fournier à la Société médiçab des hôpitaux de Paris. Il s'agitde deux femmes dont l'une avait un cancer utérin. La diminution, la suppression même de l'urine, qui était devenue pâle, décolorée, limpide comme de l'eau, et coïncidant avec une dégénérescence graisseuse des reins, montre d'autant mieux qu'il s'agissait là d'une intoxication dite urémique par la rétention dans le sang de certains éléments de l'urine, que des vomissements répétés, une torpeur générale avec hébétude intellectuelle, céphalée, convulsions éclampliques,
UllÉMlE.
coma, hémorrhagies, ont accompagné ces phénomènes. Il est pourtant d'autres symptômes qui ont fait défaut, ceux de la vision et do l'expiration ammoniacale. Et de môme l'autopsie n'a révélé aucune lésion du cerveau n1 de la muqueuse gastrointestinale non plus que la coloration violette du sang signalée par Frerichs. [Union méd., n"* 8 et 9.)
Il ne faudrait pourtant pas, selon M. Woillez, attribuer toujours les vomissements à l'urémie. La péritonite qui complique assez souvent la maladie de Bright, comme il l'a signalé luimême, suffit à les provoquer.
C'est ainsi qu'il en a observé trois cas dans les hôpitaux de Paris, chez deux hommes et une femme. Voy. Albuminurie. Il s'étonne donc que cette complication n'ait pas élé mentionnée par les auteurs français, car elle peut être une cause de méprise étiologique. [Idem, n° 34.)
Un fait s'y rattachant a aussi été signalé par M. Moulard- Marlin chez une femme de trente-quatre ans, souffrant depuis longtemps d'une douleur de la région rénale et entrée à l'hôpital Beaujon pour un embarras gastrique avec céphalalgietrès-intense remontant à 5 ou 6 jours. Bouffissure de la face ; pas d'albuminurie. Soulagée pas un vomitif pendant 8 jours, elle tomba subitement dans un état stertoreux avec mouvements convulsifs et contracture du côté droit. L'absence d'albumine dans l'urine fut de nouveau constatée, et l'autopsie montra cependant une lésion de Bright avec atrophie de la substance corticale et intégrité complète du cerveau et de ses enveloppes. [Union méd., n* 40.)
Comme preuve à l'appui de la réalité de cet empoisonnement urémique, M. Hirsclisprung rapporte cinq nouveaux cas de cristallisation de l'urée à la surface de la peau, ainsi que plusieurs auteurs allemands en ont déjà publié. Il s'agit d'hommes âgés de cinquante-cinq, cinquante-six, soixante-deux, soixantecinq et soixante-dix ans, observés à l'hôpital Frederik et ayant présenté, à l'autopsie, des lésions multiples de la vessie et des reins; c'est une poudre blanche amorphe en apparence, siégeant où la peau est garnie de poils : à la tète, au cou, au thorax, sans sueur coïncidante et ne se rencontrant guère que peu de temps avant la mort. [Ugesicrifi for Laeger, janvier; Dublin med. Press, mai.)
Si ces faits ne peuvent être passés sous silence, il est remarquable qu'ils ne sî sont rencontrés jusqu'ici qu'en Allemagne,
URÉTHROTOMIE.
OÙ la doctrine de l'urémie a pris naissance et se soutient au lieu de se généraliser. Ce fait est donc étrange et légitime au moins la réserve de plusieurs médecins sur ce sujet.
URÉTHROTOMIE. A en juger parla statistique suivante,
fournie par M. Perrin, cette opération ne serait ni grave ni périlleuse. En effel, sur 163 cas où elle a été pratiquée, il n'y aurait que 5 morts, savoir :
Opérations, Morls.
MM. Sédillot . . . • 21 1
Maisoniieuve 66 3
Gosselin 16 1
Trélat 4 0
Deniarquay 12 0
Boinet 5 0
Desormeaiix 10 0
Rejbard 14 0
Perrin 15 0
Et encore, ces cinq décès sont-ils atténués par des circonstances et des complications particulières qui rendent la mort peu à redouter dans les cas ordinaires. Elle serait ainsi bien préférable à la dilatation, qui laisse subsister l'anneau de tissu fibroplaslique dur, rigide, inextensible, constituant le rétrécissement tandis qu'elle le divise.
Cette innocuité a été confirmée par MM. Follin et Trélat. Sur 13 uréthrotomies pratiquées -par le premier à l'hôpital du Midi, 9 internes et 4 externes, il n'y a eu ni insuccès ni accidents. De même du second dans 5 cas. Néanmoins elle ne saurait être substituée à la dilatation. L'une et l'autre ont leurs indications spéciales. La dilatation peut suffire au début. Mais quand le rétrécissement est trop élastique et revient sur lui-même, que la dilatation provoque la fièvre, il. faut inciser. La division n'est contre-indiquée que s'il y a altération de la substance des reins, et l'on ne saurait toujours le reconnaître à temps.
Mais il n'en est pas de même de MM. Dolbeau, Guérin, Voillemier et Demarquay. Tout en étant partisans de celte opération, ils ne la considèrent que comme exceptionnelle, celle de la dilatation restant la règle. Les chiffres précédents leur paraissent trqp favorables. A en croire M. A. Guérin, les succès prétendus de M. Perrin ne seraient que des insuccès par l'analyse; la plupart des opérés n'ayant été ni suivis ni revus.
Acceptée en principe, l'urélhrotomie est donc une opération
DnRTHROTOMIE.
définilivcmont gagnée à la science. Il no s'agit plus que de décider qiianfi et conimoni, il faut y recourir. C'est ce que diront l'avenir et l'expérience. M. Dolbeau voudrait que la dilalalion fût toujours ennployée primitivement ; la division n'étant ain?i qu'un adjuvant, un pis-aller dans les cas rebelles, d'après M. Demarquay; M. Perrin, au contraire, confiant dans le pou de gravité de cette opération, dans les cas ordinaires, conseille de la pratiquer de bonne heure, sinon d'emblée, comme moyen de prévenir plus sûrement les complications qui seules la rendent dangereuse. Entre ces deux extrêmes se placent ceux qui en voient des indications spéciales dans la réaction fébrile (Gnérin, Dolbeau, Follin) une excessive sensibilité de l'urèlhre (Guérin), l'insensibilité du rétrécissement (Dolbeau), ou son élasticité extrême à un degré compatible avec la miction (Follin et Trélat). Le siège et la nature du rétrécissement en seraient sans doute de plus sûrs guides, si l'on pouvait toujours les reconnaître au début,
Quant au procédé opératoire, à l'incision suporficielle adoptée par MM. Perrin, Dolbeau, Demarquay, MM. Guérin et Voillemier préfèrent une incision profonde. Celle-ci est dangereuse pour les premiers, celle-là est impuissante pour les seconds. Pourtant on peut dire que les incisions profondes de Reybard sont généralement condamnées. Pratiquées d'avant en arrière avec une lame courbe, elles exposent moins aux hémorrhagies, suivant M. Perrin. Mais agir ainsi est procéder en aveugle, dit M. Dolbeau, le chirurgien ne sait où il est ni ce qu'il fait, et il préfère inciser d'arrière en avant avec une lame droite. Dans 36 cas opérés de la sorte, il n'a eu que 5 hémorrhagies, tandis que M. Perrin en a eu 3 ou 4 fois sur 12 opérations. La nature des parties divisées, l'étendue et la profondeur de l'incision en rendraient bien mieux compte, suivant M. Voillemier; chacun expliquant cet accident d'après son modus faciendi , ou plutôt agissant d'après l'idée qu'il s'est faite de son mode de production.
Reste l'usage consécutif de la sonde, qui prévaut parmi la plupart des opérateurs français, môme M. Perrin, quoiqu'il n'y ait pas soumis la majorité de ses opérés, et cela sans inconvénient pour eux. M. Maisonnenve, à l'exemple de Reybard, fait exception à la règle. M. Guérin ne comprend même pas que l'on puisse s'en passer, à cause du retrait qui doit suivre la formation du tissu inodulaire cicatriciel, non de la muqueuse •