URINE
elle -même, qui n'en est pas susceptible, mais du tissu conjonctif sous-jacent. [Soc. de chir., juin et juillet.)
Un résumé remarquable de celle importante discussion a été fait par M. Bron, en discutant les points de vue divers où se sont placés les divers orateurs, et en constatant comme nous le^ progrès de celte opération dans la pratique générale. {Gaz. de Lyon, n° 17.)
L'initiative et les succès du professeur Barbosa ont mis celle opération en grande^ faveur à Lisbonne. Sur 17 cas connus lors de la discussion dont elle a été l'objet à la Société des sciences médicales, le 15 mars, aucun accident notable n'avait été observé. M. Barbosa a été conduit seulement à remplacer la bougie la plus fine par un cathéter conducteur olivaire de i 2 millimètres de diamètre pour les rétrécissements étroits et ; épais. Comme nous l'avons déjà signalé en 1864, il supprime immédiatement la sonde à demeure dans l'urèlhre, contraire- ! ment à ce qui se fait encore à Paris : il se borne, aussitôt l'opéj ration, à vérifier la capacité donnée à l'urèthre avec une sonde olivaire, qui sert en môme temps à vider la vessie pour empô- I cher le contact de l'urine avec la plaie récente. Avec cette précaution, il n'a presque jamais observé de frissons ni de fièvre. Ce n'est que cinq à six jours après l'opération qu'il explore légèrement le canal. Il y a moins de danger ainsi, dit-il, de développer la suppuration des points divisés.
Ce n'est que dans les rétrécissements extrêmement épais compliqués de fistules qu'il laisse la sonde à demeure ; mais ce I cas est si rare que, sur 1 5 faits, un seul a réclamé ce procédé exceptionnel. [Revisla med. porlug. , n" 21, et Nota sobre a urelrotomia interna , mémoire présenté à l'Académie des sciences de Lisbonne en 1864, par A. M. Barbosa).
De l'uréthrolomie interne, par le docteur Reliquet, ancien interne des hôpitaux de Paris, In-8 de 1 35 pages.
De l'uréthrolomie, dans le traitement des rétrécissements de l'urèthre; indications et contre-indications, par M , le docteur Beyran, 20 pages in-8°.
URIj\K, M. Schœbcin y a constaté la présence de l'eau oxygénée, qu'il n'avait pu trouver dans le sang ni aucune autre partie de l'organisme. Elle se détruit par la putréfaction de l'urine, et il en résulte ainsi l'oxydation de certains éléments do l'urine. Une espèce de mycoderme réduit ainsi les azotates
IJHINE.
en azoliles et l'urée en carbonate d'ammoniaque. En absorbant de l'eau, il se forme une substance fluorescente qui disparaît par l'addition d'un acide et reparaît en ajoutant un alcali. Elle semble duo, d'après l'auteur, à la formation d'un corps analogue à l'oxaline. [Bull, de la Soc. cliim.)
D'après M. Béchamp, l'urine normale, physiologique, contient une substance de nature protéique, qu'il appelle néfrozymase et qu'il considère comme un ferment de l'urine. On en constate l'existence en mettant l'urine en contact avecl'empois de fécule que la néfrozymase a la propriété de dissoudre, de fluidifier. Yoy. Néfrozymase,
Urée. 11 résulte des expériences faites par le professeur Haughton sur des urines de personnes en santé ou en maladie, ne contenant ni sucre ni albumine, que la quantité d'urée peut être déterminée d'une manière bien simple, soit en soustrayant du total de la gravité spécifique le nombre \ 000 et en multipliant le reste par 10. Le produit sera le nombre en grains de l'urée par pinte d'urine. Ainsi, sur un total de 1 9 expériences, les moyennes n'ont varié que de 149 grains à 156; ce qui, dans la pratique, est peu important.
Sucre. Une opération aussi simple s'applique à la constatation de la quantité de sucre ; au lieu de multiplier le reste par 1 0, on multiplie par 20, et le produit donne la solution du problème cherché. Sur 16 expériences, les moyennes n'ont pas différé de 2 grains. Cette simplification d'opérations, ordinairement si compliquées, sera donc précieuse pour les praticiens. {Dubl. quart. Journ., février.)
Dialhèse urique. Voy. Diathèse.
Urines bilieuses. Pour constater la présence de la bile dans les urines, M. Cunisset, pharmacien, propose d'introduire dans un tube d'essai 40 à 50 grammes de l'urine à analyser, 5 à 6 grammes de chloroforme, et l'on agite pendant quelques instants, après avoir bouché l'extrémité ouverte du tube. Au contact du chloroforme, l'urine bilieuse prend immédiatement une coloration d'un beau jaune ; par le repos, le chloroforme se précipite à la partie inférieure du tube, entraînant les principes gras de l'urine colorés par la matière jaune de la bile, et formant une couche colorée en jaune, nettement distincte
UTÉRUS
de la partie supérieure du liquide. — Essayé souvent à l'hôpital de Brest et celui de Port-Louis, sur les urines d'iclériques, ce réactif a toujours donné de bons résultats, notamment dans plusieurs cas où l'acide azotique et l'acide chlorhydrique n'avaient déterminé aucune coloration.
L'emploi de l'acide azotique ne permet pas, du reste, de constater facilement la présence de la bile; le moindre excès fait virer au rouge vineux le principe colorant de la bile; et, cette nouvelle coloration pouvant se confondre avec celle de l'urine, l'opérateur, ne voyant pas apparaître la coloration ver te, peut être induit en erreur. Le chloroforme, agité avec de l'urine normale additionnée d'une très-faible quantité de bile récemment extraite de la vésicule biliaire, a produit la môme coloration, et, par le repos, le même dépôt d'un très-beau jaune. (Arch. de «le'd. îmu.. mai.)
Urines des aliénés. Yoy. ÂliémATION mentale.
De Y urine, des dépôts urinaires et des calculs ; de leur composition chimique, de leurs caractères physiologiques et pathologiques et des indications thérapeutiques qu'ils fournissent dans le traitement des maladies, par Lionel S. Beale, médecin du King's Collège Hospital, à Londres, professeur de physiologie et d'anatomie générale et pathologique au King's Collège, etc. Traduit de l'anglais sur la seconde édition, et annotée par Auguste Ollivier, ancien interne des hôpitaux, et Georges Bergeron, interne lauréat des hôpitaux. Un vol. in-1 8 jésus de 450 pages, avec 136 figures.
Le titre explicatif de l'ouvrage en indique assez la richesse. C'est un véritable manuel, indispensable à ceux qui veulent étudier l'urine pathologique et ses composés, et, aujourd'hui que ce produit de sécrétion joue un rôle si considérable dans la palhogénie et la symptomatologie des maladies les plus complexes, comme l'albuminurie, le diabète, la goutte et tant d'autres, il n'est plus permis à aucun praticien de ne pas recourir à celte élude séméiologique.
UTERUS. Ulcérations dn col. Aux pansements de toutes sortes, pulvérulents, liquides ou solides, dirigés contre celle lésion, le docteur Hamon ajoute une modilication : c'est la poudre d'alun mêlée à la gommo dans la proportion de 80 pour 100. Le spéculum étant appliqué, on insuffle ce mélange sur
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la plaie à l'aide d'un long lube en verre, et l'on peut ainsi renouveler ce pansement tous les jours comme avec le lan, l'iode lecollodion, etc., suivant la nature de l'ulcération.
Employé dans deux cas seulement, ce mélange adhésif a amené une cicatrisalion complète en quinze jours. Mais, quel qu'en soit l'efFel favorable, il faut reconnaître que des cautérisations répétées avaient été faites préalablement avec l'acide nitrique monohydraté et le nitrate d'argent, ce qui, sans nul doute, avait déjà modifié la plaie {Abeille méd., n° 31). Il n'est, donc pas rigoureux d'attribuer exclusivement la guérison à la i poudre aluno-gommée, qui n'a de nouveau que le mélange; car, de tout temps, l'alun a été communément employé comme modificateur de ces ulcérations rebelles.
Déplorant, au contraire, tout le vague et l'incertitude qui i régnent trop souvent sur les indications spéciales de tel ou tel i moyen topique, M. Gallard, en praticien savant, prend surtout» soin de bien déterminer les cas où l'iode est applicable. Ce n'est i pas, dit-il, contre cttte ulcération simple, constituée par l'in-llammalion de quelques follicules, superficielle, s; ns liyperlro-pliie du col ni induration des tissus péri-utérins de l'exulcéra-tion, en un mot, qui cède aux traitements les plus anodins; c'est à un degré de plus, lorsque cette ulcération est devenue? fongueuse et saigne au moindre contact, qu'elle s'étend à toute? la surface du museau de tanche et pénètre jusque dans son ' orifice, que le col et même le corps de l'utérus sont engorgés et plus volumineux, qu'il a recours à cet agent précieux. Il en imbibe un pinceau de charpie, qu'il promène sur toute la sur-face ulcérée mise à découvert. Quatre observations détaillées, et choisies parmi celles qu'il a recueillies dans les hôpitaux, notamment dans son service de la Pitié, servent d'exemple à cet égard et montrent les bons effets que l'on peut retirer do ces applications. En général, trois à quatre suffisent pour obte-nir une amélioration qui est le meilleur indice d'une guérison radicale, sans en être une garantie formelle, car l'auteur ne reconnaît rien de spécifique dans son action locale ; aussi con- vient-il d'en abandonner l'emploi pour recourir à d'autres mo-dificaleurs topiques quand, après quatre à cinq applications, l'aspect de l'ulcération n'a pas changé. {Bull, de tluhapeul., juillet.)
Végétations. Relativement rares, ces excroissances ont été
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plus rarement encore excisées avec l'écraseUr comme dans le cas suivant : Chez une femme mariée, âgée de trenle-trois ans, mère de trois enfants dont le plus jeune a huit ans, les règles n'avaient pas paru depuis quatre mois. Elles étaient remplacées par un écoulement sanguinolent ou brunâtre devenant parfois très-abondant. La santé s'était rapidement altérée ; maigreur, pâleur, anxiété. Elle entre, le 13 août à Saint- Mary' s hospilal.
Au loucher, M. Graily-Hewitt trouve la pariie supérieure iu vagin remplie par une masse grosse comme un œuf de dinde, molle, spongieuse, saignante et insensible. Elle adhère au col ie l'utérus, qui n'est pas augmenté de volume non plus que le zorps. L'excision est résolue, et, après six semaines d'un régime tonique et fortifiant, l'écraseur est appliqué sur cette «croissance le 27 septembre et l'excision exécutée par le doc- .eur Hicks. Dix jours ensuite, cette femme quittait l'hôpital )arfaitement rétablie. [Lancet, décembre.)
Ciaiigrène. Un exemple bien accentué, incontestable de cette naladie rare, confondue avec la métrite gangreneuse, la putri- Ulé de l'uléru?, putrescence des Allemands, en est rapporté )ar M. Hervieux. C'était Chez une tripare de vingt et un ans, |ui, malgré un bassin rétréci, accoucha naturellement et rapilement, le 24 juillet, à la Maternité, Mais consécutivement un îcoulement hémorrhagi^iue de sang fluide s'établit malgré le nassage et le seigle ergoté. Une teinte iclérique de la peau ivec nausées et vomissements se montra bientôt avec tous les ignés de l'ictère grave, et cette femme succombait trois jours près son accouchement.
Au milieu des altérations diverses révélées par l'autopsie, 'attention se porte principalement sur celles de l'utérus, délassant la symphyse de 2 à 3 centimètres. La surface externe résente au fond une tache ovale blanchâtre de l'étendue d'une ièce de 5 francs. Deux autres taches blanchâtres, du diamètre 'une pièce de 50 centimes, existe sur la partie postérieure, au lilieu.
Une autre, grisâtre, arrondie, à bords irréguliers, s'observe droite. Toutes sont formées d'une matière pulpeuse, sans onsistance , ne présentant pas la moindre trace d'orgaisation. La dernière est constituée par une matière telleient molle, qu'elle a cédé sous le doigt dans les manœuvres
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nécessaires pour extraire l'utérus, d'où est résultée une perforation de la paroi utérine.
Toutes sont entourées d'un tissu rouge, congestionné jusqu'à une certaine distance des parties désorganisées, en d'autres termes, d'un cercle inllammatoiro indiquant la limite de séparation du mort et du vif.
La surface interne, étudiée à l'aide d'une incision lotigiludinale et médiane pratiquée sur la paroi antérieure, était tapissée d'une couche pulpeuse grisâtre, humide, exhalant une odeur d'une extrême fétidité. Des coupes pratiquées sur les différents points correspondant aux taches extérieures déjà décrites permirent de s'assurer que l'altération gangréneuse n'était pas bornée à la périphérie, elle comprenait toute l'épaisseur de la paroi utérine. Le tiers au moins en était sphacélé ailleurs.
Le tissu gangréné était partout d'une couleur blanc grisâtre, excepté au niveau des cotylédons utérins, où il était d'un brun noirâtre, dû au sang dont les cotylédons étaient imprégnés, et peut-être aussi à l'action de l'air.
La lèvre antérieure du col était œdémaliée, crépitait et contenait quelques bulles de gaz ; en un mot, semblait être le siège d'un emphysème consécutif à la destruction des parties mortifiées; annexes indemnes. {Union méd., n" 146.)
Rupture. Voy. Dystocie, Hvstéivométrie, Tumeurs.
Des tumeurs épilhéliales du col de l'utérus, par V. Cornil, I 68 pages grand in-8° avec 2 planches. Germer Baillière. Con- ' sidéré exclusivement au point de vue histologique, ce travail présente un grand intérêt de nouveauté.
Recherches sur la disposition des fibres musculaires de l'utérus développé par la grossesse, par Th. Hélie, professeur d'anatomie à l'Ecole de médecine de Nantes. Un vol. in-S» avec .un atlas de 1 0 planches in-folio, dessinées d'après nature par M. Chenantais.
VACCIIVE. Indépendance de la vaccine el de la variole. Pour éclairer, sinon résoudre l'identité des diverses éruptions varioliformesdes animaux ayec la variole et la vaccine, soutenue au sein même de l'Académie de médecine, une commission de la
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Société des sciences médicales de Lyon, composée de médecins et de vétérinaires les plus distingués, s'est livrée à des expérimentations dont le résumé suivant a été présenté par M. Chauveau à l'Académie le 31 mai.
Sur une série de mâles et de femelles de l'espèce bovine de tout âge, exempts jusque-là de toute éruption analogue, l'inoculation du cow-pox de génisse a reproduit dans tous les cas de magnifiques pustules, sans donner lieu à aucune trace d'éruption générale.
Sur 20 autres bêles dans les mêmes conditions, inoculées avec du vaccin, un résultat absolument semblable s'est produit, comme l'avait déjà observé M. Bousquet. Une seule bête s'est montrée réfractaire. Bien plus, le virus de ces pustules, réinoculé à d'autres bêtes et à des enfants, a donné un vaccin- type dans tous les cas, sans aucune différence avec la vaccination produite de bras à bras.
Enfin le cow-pox, inoculé à cinq animaux atteints de fièvre aphtheuse, a reproduit une belle éruption vaccinale; ce qui prouve que la fièvre aphtheuse ne saurait être assimilée au cow-pox.
Inoculé à 5 chevaux et ânes d'un âge avancé, une belle éruption de pustules de horse-pox, remarquables par l'abondance de leur sécrétion, l'épaisseur, l'étendue et l'aspect cristallin des croûtes, en est résulté dans tous les cas.
Les inoculations avec le pus de la variole humaine ont présenté des résultats plus nouveaux. Pratiquées sur 17 vaches, génisses ou taurillons, pas un n'a pris le cow-pox ; mais elles ont produit de très-petites papules rougeâtres bien différentes des pustules vaccinales, et qui ont toujours disparu rapidement par une sorte de lésorption, sans laisser de croûtes. Cependant 15 de ces animaux, soumis à une contre-inoculation vaccinale, soit avec le cow-pox, soit avec le vaccin, n'ont présenté qu'un résultat négatif, à l'exception d'un seul, qui a eu un beau cowpox, et 3 autres qui ont offert des pustules vaccinales rudimentaires et éphémères.
Inoculée aux chevaux et ânes vaccinés, la variole n'a rien produit du tout. Mais inoculée à ceux qui ne l'étaient pas, elle a amené de larges boutons coniques, absolument semblables aux papules de la variole, et l'insertion du vaccin sur ces derniers animaux n'a pu faire naître le horse-pox. Ces faits témoignent donc irréfragablement que cette éruption variolique
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préservole bœuf du cow-pox, comme colui-ci protège l'Iiomme de la pelile vérole.
Néanmoins le liquide de celle éruption bâtarde en apparence, inoculée à d'autres animaux de l'e.spèce bovine, n'a produit que des effets encore plus faibles, sinon nuls. D'où une différence très-manifeste entre les résultats de cette inoculation variolique et celle du cow-pox se reproduisant à volonté, ce qui semblo déceler aussi une différ;nce dénature entre ces deux virus, contrairement à l'hypothèse émise par M. Depaul.
En effet, pour s'assurer que ce liquide n'était pas tout simplement le virus varioleux, il a été inoculé à un enfant non vacciné. Une pustule en est résultée absolument comme un bouton de vaccine ordinaire entouré de petites pustules, qui ont grossi et se sont généralisées d'une manière confluente sur toute la surface du corps.
Un second enfant, inoculé avec le virus de la pustule primitive, a présenté trois pustules de vaccine accompagnées aus.-i d'une éruption générale très -discrète, mais parfaitement caractérisée. Or une éruption sembluble ne s'étant jamais observée sur les enfants inoculés avec le cow-pox vrai, primitif, on peut conclure à une variole généralisée.
Pour rendre l'épreuve plus concluante, infaillible, le virus des pusttjles de ce second enfant a été inoculé à une génisse, qui, au lieu du cow-pox, a produit une éruption papuleuse, type de la variole bovine. D'où il est légitime de conclure qu'en s'inoculant au bœuf, la variole ne se transforme point en vaccine , qu'elle reste variole et revient à l'état de variole quand on la rapporte sur l'espèce humaine. L'hypothèse de M. Depau! est donc complètement infirmée.
Chez le cheval, au contraire, on est parvenu à transmettre la variole équine sans en modifier les caractères, qui se sont éloignés de plus en plus du liorse-pox, et ce virus, inséré simultanément sur trois enfants, n'a rien donné chez l'un, une variole, faible, discrète, variolo'ide chez le second, et une éruption confluente chez le troisième, absolument comme ceux inoculés avec le virus de la variole bovine.
Le liquide de la. pustule primitive de celui-ci, inoculé à un quatrième enfant, à produit trois pustules à chaque bras, mai: des boutons surnuméraires survinrent alentour, et deux pustules varioliques apparurent sur le ventre.
Celles-ci, inoculées à un quatrième enfant, donnèrent lieu aux
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mêmes résultats, ce qui est tout à fait confirmatif des résultats précédents. El celte éruption est si bien la variole qu'un enfant non vacciné, placé dans la même salle que les précédents, prit une variole spontanée, et que la mère, vaccinée dans son enfance, présenta à son tour une éruption de. varioloïde discrète. Enfin, rapporté au cheval et à la vache, le virus recueilli sur ces enfants n'a jamais réussi à faire naître le horse-pox ni le cow-pox .
D'où les conclusions suivantes :
1° La variole humaine s'inocule au bœuf et au cheval avec la même certitude que la vaccine.
2" Les effets produits par l'inoculation des deux virus diffèrent absolument.
Chez le bœuf, la variole ne produit qu'une éruption de papules si petites, qu'elles passent inaperçues quand on n'est point prévenu de leur existence. La vaccine, au contraire, engendre l'éruption vaccinale-type, dont les pustules sont si larges, si bien caractérisées.
Chez le cheval, c'est aussi une éruption populeuse, sans sécréiion ni croûtes, qu'engendre la variole; mais quoique cette éruption soit beaucoup plus grosse que celle du bœuf, on ne saurait jamais la confondre avec le horse-pox, si remarquable par rab(indance de sa sécrétion, l'épaisseur de ses croûtes.
3° La vaccine inoculée isolément aux animaux des espèces bovine et chevaline, les préserve en général delà variole.
i° La variole inoculée à ces mêmes animaux, s'oppose généralement au développement ultérieur de la vaccine.
Cultivée méthodiquement sur ces mêmes animaux, c'est-à-dire transmise du bœuf au bœuf et du cheval au cheval, la variole ne se rapproche pas de l'éruption vaccinale.
Cette variole reste ce qu'elle est ou s'éteint tout à fait.
6° Transmise à l'homme, elle lui donne la variole.
7° Reprise à l'homme, et transportée de nouveau sur le bœuf ou le cheval, elle ne donne pas davantage, à cette seconde invasion, le cow-pox ni le horse-pox.
Donc, malgré les liens évidents qui, chez les animaux comme chez l'homme, rapprochent la variole de la vaccine, ces deux éruptions n'en sont pas moins parfaitement indépendantes et ne peuvent se transformer l'une dans l'autre.
Donc, on vaccinant d'après la méthode de Thiélé et de Ceely, on pratique l'ancienne inoculation, rendue bénigne par la pré-
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caution do n'inoculer que l'accident primitif, mais ayant, k coup sûr, conservé tous ses dangers au point de vue de la contagion. {Acad. de méd., et Gaz. méd. de Lyon, n" H.)
Dumjers du virus vacclno-variolique. Contrairement aux expériences doCeely et de la théorie de M. Depaul, la commission lyonnaise, en relransportant sur dix enfants du virus variolique, préalablament transporté sur des vaches et des chevaux, a vu constamment une éruption générale en résulter. Bénigne chez les uns, grave et très-grave chez les autres, cette éruption a même été mortelle pour l'un d'eux. La propriété contagieuse de l'éruption s'est même révélée dans un cas par sa transmission de l'enfant à sa mère. Dans cette migration de l'homme aux animaux et des animaux sur l'homme, le virus vaccino-varioleux ne perd donc rien de sa spécificité. Aussi la commission conclut-elle de ces expériences à la nonidentité absolue des deux virus, contrairement à la doctrine de M. Depaul. [Acad. de méd., septembre.)
Toutes ces expériences et leurs résultats, ainsi que les conclusions qui en découlent, sont relatés dans l'ouvrage suivant :
Vaccine el variole, nouvelle étude expérimentale sur la question de l'identité de ces deux affections, étude faite au nom de la Société des sciences médicales de Lyon. Un vol. in-8».
Revaccination. L'armée prussienne offre surtout des documents précieux à cet égard, par le soin avec lequel il est procédé à cette petite opération, et la publicité des résultats qui n'a pas lieu de même en France. Sur 69 560 revaccinés en j 864 , dont 2899 n'offraient pas de traces perceptibles de vaccination antérieure , l'inoculation suivit une marche régulière chez 43 596, irrégulière chez \ 0 505, et resta nulle chez 15 459.
Ceux-ci réinoculés offrirent 4897 succès : 4 0 392 restèrent réfractaires.
La vaccine s'est donc développée régulièrementdans 48 493 cas, soit 62 pour 100, proportion bien supérieure à celle qui a été signalée en Belgique par M. VIeminckx. (Voy. aimée 1864.)
Les pustules ont été :
De 1 à 5 chez 24,352 revaccinés.
De G à 10 — U,923 —
De H à 20 — 8,*19 —
De 21 à 30 — "799 —
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Néanmoins celle éruption n'esl en général suivie d'aucun accident. Un seul homme vacciné tomba malade deux jours après sa revaccination et une variole confluente suivit, qui l'emporta pendant la période de suppuration. (J. de clin. méd. de Berlin, n° 13.)
Chez 272 femmes âgées de dix à soixante ans, la plupart de douze à vingt, revaccinées à la Maternité (de Lille), par M. Binant, à l'occasion de l'épidémie de variole, dans celle ville, en 4 864 et 1 865, il y a eu 66 succès, savoir : 43 sur i 25 revaccinations pratiquées de bras à bras; 23 sur 140 faites avec du vaccin conservé, et 0 sur 7 pratiquées avec du cow-pox envoyé de Cassel. Sans entrer dans les minutieux détails que comporte la décomposition de ces chiffres sous tous les rapports, et qui font de ce travail un véritable mémoire à consulter, nous conclurons en disant qu'il réfute péremptoirement les craintes émises sur le danger des revaccinations pendant une épidémie de variole. Pendant plus de quatre mois que les revaccinations ont eu lieu, pas un seul cas de variole ni de varioloïde n'a eu lieu sur ces malades, quoique ces maladies fussent assez nombreuses dans le voisinage de l'établissement où elles étaient pratiquées {Bull. méd. du Nord). Quant au danger exprimé de la vaccination pendant la grossesse, on ne peut que répéter l'interrogation ; aux faits d'y répondre.
Vaccine syphiliiiquc. Malgré les faits prodigieusement rares de l'inoculation bien avérée de la syphilis par la vaccination, M.Depaul, adoptant celte doctrine sans restriction, en fait un danger public, et voulait en conséquence, comme directeur de la vaccine à l'Académie de médecine, soumettre la question à l'autorité dans son rapport annuel comme moyen efficace d'avertissement à tous les vaccinateurs et pour mieux conjurer le danger. A cet effet, il rappelle, relate tous les faits venus deci, delà, qu'il accepte sans examen ni contrôle, et auxquels il veut ainsi donner, conférer la haute sanction officielle de l'Académie. Au lieu de les analyser séparément, sévèrement, il veut qu'on les rapproche pour qu'ils se complètent l'un par l'autre dans leurs parties défectueuses. L'ulcération à l'un des bras lui paraît un signe accusateur de première importance. Que l'état syphilitique de la pluparl des vaccinifères soit ou non prouvé, dès que celui de M. Lecocq l'était par exemple, cela lui suffit. L'objection de savoir pourquoi un certain nombre de vaccinés
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sont restés indemnes est puérile, puisque l'on a vu de ces cas heurciisomonl réfraclaircs àlous les modes d'inoculation syphililiquo. Toutes les nombreuses expériences cojilradictoires s'expliqueraient, suivant la théorie de M. Viennois, que M. Dcpaul n'adopte pourtant pas sans réserve, par celte raison que tout le virus vaccin n'est pas contenu dans la poche vaccinale, c'està-dire la pustule. C'est ainsi qu'en enlevant l'enveloppe extérieure, en épongeant et en essuyant tout le contenu avec un linge, on voit sourdre par les capillaires du derme un nouveau liquide qui a toutes les apparences du premier et qui produit les mômes résultats. Et comme preuve qu'il fait partie du sang et surtout du sérum, c'est qu'il est jaune quand il provientd'un enfant encore atteint de l'ictère des nouveau-nés.
C'est avec cette méthode scientifique, plus systématique, hautaine, passionnée que rigoureuse et, rationnelle, que M. Depaul prétendait imposer ses croyances et ses décrets à l'Académie, jeter la défaveur sur la vaccine et la perturbation dans tous les esprits qui croient à ses bienfaits, car les mesures qu'il préconise pour en atténuer le danger sont aussi illusoires que ses craintes exagérées; telles sont ; la précaution de ne prendre du vaccin que sur des enfants de deux à trois mois, terme ordinaire de la manifestation syphilitique héréditaire, après les avoir examinés des pieds à la tête : celle d'éviter le mélange du sang, et pour cela de vacciner avec l'aiguille spéciale plutôt qu'avec la lancette ; enfin la vaccination animale, c'est-àdire le cow-pox naturel au moyen des génisses vaccinifères, avec cette garantie que l'espèce bovine est réfraclaire à l'inoculation syphilitique. Mais la discussion, en portant la lumière dans tous ces faits, en appréciant ces moyens prophylactiques, a arrêté heureusement l'Académie dans la voie où M. Depaul voulait l'entraîner prématurément. Elle a montré que toutes ces questions étaient loin d'être résolues.
A propos des faits contradictoires, par exemple, ce ne sont pas seulement des milliers de vaccinations faites sans accidents, alors qu'il est bien difficile d'admettre que le virus n'ait eu parfois une source infectée, fait écrasant par lui seul, mais des expériences précises faites avec du vaccin provenant do sujets syphilitiques, sans qu'il en soit résulté jamais une syphilis vaccinale. Ces faits négatifs ont encore plus d'authenticité et de valeur que les faits affirmalifs bien inférieurs en nombre. Pourquoi donc M. Depaul n'en a-t-il pas tenu compte?
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Constater aulhenliquement l'état syphilitique des vacciiiifères n'est pas moins indispensable, car autrement on s'expose aux plus graves erreurs. Dans le fait de Rivalta par exemple, la source de l'infection attribuéeau vaccind'Acqui, alorsque tardiivement il fut constaté par le docteur Pacctiiolti, qu'elle provenait de seconde main de l'enfant Chiabrera, âgé de onze mois, et de la plus belle santé en apparence, dont les pustules avaient été régulières, mais infecté par une nourrice d'occasion deux mois avant la vaccination. Cette obscurité existe dans la plupart des faits invoqués depuis à Paris et ailleurs, notamment le fait de l'Hôtel-Dieu. Et quand, dans ce cas, dit M. Ricord, sur quatre vaccinés avec le même vaccin, la même lancette, une seule — cette jeune femme sortie un mois de l'hôpital dans l'intervalle de la vaccination à l'apparition delà syphilis et retrouvée depuis à la Closerie des Lilas — otîrit des traces de syphilis, comment admettre, sans réserve, qu'elle provenait de la vaccine? Une foi robuste, systématique en est seule capable, car c'est ériger une exception en règle.
Soumis à des investigations persévérantes, à une enquête scrupuleuse, la généralité des faits produits en masse perdent ainsi de leur valeur. Celui de M. Adelasio, de Bergame^ envoyé par M. 'Viennois, et admis sans restriction par M. Depaul, est ainsi frappé en partie par M. Chatard, qui, appelé à fairo un rapport à ce sujet à la Société de médecine de Bordeaux, a reconnu avec une bonne foi qui l'honore que l'origine de la preîmière infection du moins était entachée d'obscurité et de doute. iSi, d'après l'examen qu'en a faille docteur Adelasio, dit M. Gauiberini, il a trouvé comme il le déclare la vaccinifère saine, sans engorgement glandulaire ni éruption présentant des pustules vaccinales régulières, si les parents étaient sains et d'une santé florissante comme il le déclare, comment peut-il dire qu'elle a transmis la syphilis? où était cette syphilis? où en trouver la source? Il n'y a donc pas lieu de conclure comme lui que c'est là un fait positif. C'est une co'incidence de la syphilis avec la vaccine et rien de plus, car l'origine est inconnue. {Imparziale, n" 3.)
Les observations rétrospectives datant de dix ou quinze ans que chacun s'empresse d'exhumer de ses souvenirs pour les 1)( soins de la cause, comme celle de M. RoUetpar exemple ou des livres comme M. Bouvier, sont donc sans garantie, sans valeur. El quand, à côté de ces faits épars dont on ne conoaU pas bien
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aulhenliquement la source, se sont développées sans accidents des milliers et des milliers d'inoculations alors que l'on ne prenait aucune précaution en les pratiquant, comment ne pas être exigeant avant d'admettre comme règle invariable la transmission de la sypliilis par la vaccination.
A tous les faits qui déposent contre cette interprétation, et notamment les nombreuses inoculations faites à l'Académie de médecine, où aucun accident de ce genre n'a jamais été observé, nouspouvons ajouter, dit M. Dubreuilh, directeur de la vaccine dans la Gironde, que sur 6000 vaccinations faites, sans aucun choix, depuis quinze années et enregistrées avec soin, nous n'avons pas vu un seul cas de syphilis transmis par la vaccine. Nous avons noté 400 vaccinations faites à l'hôpital de la Maternité, sur des enfants dont les antécédents sont loin d'être parfaits, atteints souvent d'éruptions douteuses, d'ophthalmie purulente, dont les mères sont, au moment de l'accouchement, atteintes soit d'accidents primitifs, soit d'accidents secondaires, et pas une seule transmission de ces accidents par la vaccine. [Soc. deméd. de Bordeaux.)
Dans l'armée où la syphilis est si commune, M. Larrey, en revoyant les rapports, n'a pu rencontrer aucune remarque relative à cette syphilis vaccinale.
Et il y a d'autant plus lieu d'être réservé sur l'origine de ces infections par la vaccine, que les faits les plus concluants sont infirmés par les détails de l'observation. Ainsi, tandis que l'incubation est fixée à vingt-quatre jours en moyenne, et pouvant aller jusqu'à trente-cinq et au delà, c'est à partir du quatrième que le développement de la pustule se montre anormale dans les observations de M. Lecocq. Dans les autres, elle varie de huit à quarante-deux jours, remarque M. Ricord; est-ce assez élastique ?
Dans d'autres cas, au contraire, la syphilis paraît n'avoir été transmise que de seconde main. Ainsi, dans le fait de Rivalta,la petite Manzone, d'une très-bonne santé, vaccinée avec le vaccin de Chiabrera, infecté sans aucune trace, ne présenta non plus rien d'anormal dans les pustules jusqu'au dixième jour, et c'est ainsi qu'elle put servir à inoculer <7 autres enfants, dont 7 furent contagionnés. Dans les faits du docteur Hubner, les accidents ne se développèrent chez les vaccinifères inculpés : chez l'un, que cinq mois après son inoculation ; chez l'autre, pas du tout. Il faqdrajt 4onc conclure de là, contre toutes les lois da
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physiologie pathologique, que la syphilis a le triste privilège de se transmettre avant, pendant et après toutes les manifestalions.
La théorie commode de M. Viennois pour expliquer bien des mystères ne saurait éclaircir ceux-ci. D'ailleurs on ne comprend pas que le virus formé du sang et mélangé à du sérum, puisse être inoculé sans danger, tandis qu'une gouttelette de sang communiquerait la syphilis. En examinant au microscope le vaccin sur plaque de l'Académie, M. le professeur Robin a constaté que les globules sanguins y fourmillent. On ne saurait donc plus invoquer ce secours tout hypothétique.
Il ne s'agit donc plus de dire que la syphilis est transmissible par la vaccine, dit M. A. Latour, mais simplement qu'elle a pu être transmise par la vaccination, ce qui est tout différent. «On aura beau mettre en suspicion, ajoute la Revue médicale, le témoignage unanime de trois générations de médecins, qui dépose en faveur de la vaccine intacte de toute alliance impure ; ce témoignage est écrasant, lorsqu'on y songe avec la portée d'intelligence requise par la véritable observation médicale. Aujourd'hui qu'on institue des lois pathologiques avec un certain nombre de faits, nous défions qu'on nous montre une loi mieux assiseque celleque l'on ferait avec l'innombrable quantitéde vaccines qui ont produit le vaccin et qui n'ont produit que le vaccin sur l'homme. Impossible d'accorder ce témoignage avec les prélentions actuelles, à moins dédire que la puissance du vaccin s'est affaiblie, a dégénéré comme le prétendent les vaccinophobes. Le fait si concluant de M. Millard n'autorise même pas ces prétentions. Voy. Syphilis vaccinale.
Prophylaxie. Malheureusement les moyens invoqués par M. Depaul pour mettre les vaccinés à l'abri de la contagion ne sont rien moins que sûrs. Ainsi l'examen rigoureux du vaccinifère, même âgé de trois mois au moins, n'est pas une garantie complète, car sous les apparences de la santé, il peut avoir une syphilis constitutionnelle héréditaire où l'affection extérieure est relardée. D'accord avec M. Ricord, la statistique de M. Simas montre, en effet, que dans un assez grand nombre de cas, elle apparaît au delà (voy. Syphilis infantile). L'examen de la nourrice et des parents, s'il était possible, n'offrirait même pas une sécurité parfaite. L'examen des pustules n'est pas non plus exempt de doute, car il est souvent fort difficile, a dit
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M. Blol, do distinguer la syphilis du phagédénisme vaccinal, tellement que MM. Bergeroii el Cullorior n'ont pu porter un diagnostic définitif.
Le célèbre syphilographe Sygmund dit aussi qu'après dixhuit ans d'expérience il n'a jamais aperçu la moindre diiïérence des pustules vaccinales développées sur des sujets syphilitiques. Aussi ne croit-il pas à la garantie absolue des mesures prophylactiques proposées. {Vienermed. Vocli.)
Quant à l'usage de l'aiguille do préférence à la lancelte, il ne peut avoir d'avantage qu'en prévenant l'irruption du sang, car la moindre quantité de virus qu'elle transporte ne saurait être une mesure préservatrice. On peut avec la lancelte éviter cette irruption du sang et, dans le doute même de la nocuilé du mélange, n'inoculer que du vaccin pur et ne pratiquer que des pustules superficielles avec tout le soin possible. Car si toutes ces mesures prises séparément ne sont pasinfaillibles, elles sont du moins des garanties contre les accidents ultérieurs et les soupçons jetés sur la vaccine par quelques faits font un devoir au médecin d'y recourir.
Pour juger expérimentalement si la contagion s'opère par le sang, M. Viennois a proposé à l'Académie de médecine do prendre du liquide vaccinal sur un enfant de trois mois, né d'une mère syphilitique el non traitée, et de l'inoculer, exempt de tout mélange sanguin, sur un certain nombre de sujets sains et, sur un seul bras de l'un d'eux, d'inoculer le même vaccin i mélangé de sang. L'épreuve est difficile à réaliser, car qui vou-drait s'y soumettre, sinon le docteur Goriieu, qui, comme une preuve de sa conviction que la syphilis n'est pas transmissible de celte manière, s'est offert à une inoculation expérimentale. Heureusement cette épreuve dangereuse n'est plus à faire, un pareil sacrifice serait inutile, car M. Sébastian répond qu'il l'ai tentée sur lui-même en s'inoculant sans obtenir aucun résul-tat. {Acad. de médecine.)
Vaccin en tube. Se fondant sur ce que les exemples de trans-mission vaccino-syphilitique connus résultent de vaccination do bras à bras, M. Diday propose de ne recourir qu'au vaccin i en tube comme mesure prophylactique (on se demande si elle ■■ est possible) et de vacciner les enfants de trois à cinq semaine." après leur naissance, la syphilis, lorsqu'elle doit apparuîlro chez ■ eux, se manifestant par les lésions les plus accentuées à cet âge
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et étant ainsi d'autant plus facile à reconnaîlre par le vaccinateur.
De cette manière, dit M. Diday, le médecin ne privera aucun nouveau-né syphilitique du bienfait de la vaccine. Ce sera à lui ensuite de veiller à ce que le vacciné ne devienne pas vaccinifère et à ce sujet, il a un moyen infaillible à employer : c'est la cautérisation de la pustule dangereuse dès le quatrième jour ; le pouvoir antivariolique étant déjà réalisé à cette période, {Acad. de méd.)
Comme une conséquence de cetlo discussion, voici la statistique que le docteur Poggio en a établi d'après les faits invoquée de part et d'autre, hormis ceux qui n'ont pas la sanction de l'authenticité voulue :
Vaccinés.
Infectés.
Sains
Faits de
Monel, de New- York.
Bidart
Montait! .
Ainsi, 31 i vaccinations produisirent 221 infections et 9 3 cas négatifs. Une telle proportion dispense de toute autre considération pour ou contre l'infection. [Siglo inedico.)
Inoculation unique. Basé sur l'unicité et la puissance des virus, autant que sur l'inoculation unique et souvent bien légère, inaperçue môme, qui suffit à la manifestation de la syphilis, la rage, la pustule maligne, la morve, l'infection générale succédant à la piqûre anatomique. M, Chailly prétend qu'une piqûre suffirait de même pour l'inoculation du vaccin, et que la vaccine serait aussi efficace ainsi qu'avec un plus grand nombre. Qui prouve que six piqûres sont nécessaires pour saturer l'économie, plutôt que dix, cent? Depuis dix ans, il n'en pratique qu'une seule à chaque bras, ot encore est-ce par compromis
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avec le préjugé ou amour du parallélisme; une seule suffirait..
En conséquence, il propose de n'en pratiquer qu'une seule l'avenir, au lieu de six, comme diminuant les chances dans celte proportion, d'inoculer la syphilis. M. Galligo a préconisé le même moyen préventif dans son Trailé des mu ladies vénériennes [3" édition, 1864). Legroux le préconisait de même pour prévenir Térysipèle, comme ayant moins de chances d'éclater qu'avec des boulons multiples. D'accord avec les faits, cette pratique diminuerait, tn effet, les chances d'infection. Le pis est de recommencer, si l'inoculation ne réussit pas, et ce léger inconvénient ne saurait entrer en parallèle avec les gr3ves> accidents dont il s'agit. {Union médicale.)
Vaccinalionofficielle. La meilleure prophylaxie, selonM. Heu-- Ihard-d'Arcy, est de ne pas vacciner les enfants légitimes avec le vaccin des enfants assistés, et en ne prenant ce vaccin que sur des enfants d'un an pour plus de sûreté de la non-existence syphilitique latente; enfin de pratiquer convenablement la vaccination, et de ne pas en confier l'exécution aux sagesfemmes, religieuses, curés, instituteurs, comme cela se pratique dans la Nièvre. Pour cela, il s'agit d'ordonner :
\° Que toutes les vaccinations se fassent à la mairie gratuitement, comme pour l'inscription des naissances sur le registre de l'état civil ;
2° Qu'un registre ad hoc y soit tenu par le secrétaire, qui inscrirait le nom du vacciné, la date delà vaccination, et huit jours plus tard, d'après le rapport du médecin, le résultat de l'opération;
3° Que tout enfant ne peut être admis dans une école sans avoir un certificat du maire indiquant la date et le résultat de la vaccination pratiquée sur lui antérieurement.
Par ce règlement très-simple, les riches donneraient l'exemple aux pauvres, et en se généralisant ainsi, on étudierait les adultérations dont la vaccine est susceptible. [Journ. de méd. el chir, pratiques, avril.)
Vaccinations ■publiques. M. Pellarin indique les mesures suivantes pour mieux conjurer le danger :
1° Examen par le vaccinateur, dans un local séparé, de chacun des enfants âgés de plus de trois mois, et destinés à fournir du vaccin.
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2° Double prime à accorder aux parents de ceux qui serviront de vaccinifères.
3° Distribuer les enfants à vacciner par série de cinq, dix ou quinze.
4" Vacciner chaque série avec le même vaccin, afin que la filiation puisse être suivie.
5° Éviter loule effusion de sang et n'inoculer que la lymphe incolore.
6° Se servir d'une lancette séparée pour ouvrir les pustules, sans jamais piquer de nouveau avec celle qui sert à vacciner, ou bien la laver, la nettoyer avec soin, s'il devient nécessaire d'ouvrir une autre pustule. {Union méd., n° 36.)
Deux causes existent, suivant le docteur Condie, contre l'efficacité de la vacoinalion comme préventif de la variole : l'altération du virus inoculé et son défaut d'action sur l'économie. La première résulterait du passage consécutif du vaccin sur plusieurs générations, sans être renouvelé, opinion émise sans plus de preuves qu'il n'en a été donné jusqu'ici, et la seconde de l'insuffisance des piqûres, soit en nombre, soit en profondeur, et du défaut d'action qui en résulte sur l'économie. Il en trouve la preuve dans les faits relatés par M. Simon dans son rapport du conseil de santé. Sur 6000 décès de variole chez des vaccinés dans une période de vingt-cinq ans. 22: lOOneprésentaient aucune trace de cicatrice ; 4 : 1 00 ou 1 : 25 présentaient une seule cicatrice, et la proportion s'élevait jusqu'à 12 : lOO quand elle était peu apparente. Elle était à peine de 3 : 100 chez ceux qui avaient deux cicatrices bien marquées, et de 7 quand elles étaient peu apparentes. Enfin, elle s'abaissait à 2 et même 1:100 chez ceux qui présentaient trois et quatre piqûres.
Une autre preuve, c'est que sur 500 revaccinations pratiquées par lui, l'inoculation réussit parfaitement dans les 81 cas où il n'existait aucune cicatrice, et de même dans 34 cas où elle était plus ou moins apparente, sans aucune distinction, quant à l'âge et la date de la première vaccination. [Dublin med. Pms, juillet, n° 289.)
11 résulterait de ces derniers faits, s^ils étaient confirmés par d'autres observateurs, la nécessité absolue de quatre piqûres au moins. Une seule, comme le préconise M. Chailly, serait tout à fait insuffisante, réusstl-elle parfaitement. Mais, il faut bien le dire, l'observation générale ne dépose pas aussi nettement dans ce tas.
CARNIER. til
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Vaccination animale. Sur 180 enfants, de neuf à douze ans et demi, revaccinés par M. Lanoix, au lycée du Prince-Impérial, elle reproduisit des pustules de bonne vaccine chez 63,
Dans une deuxième séance, 200 enfants de sept à neuf ans y furent soumis; 20 seulement eurent une bonne vaccine.
Sur 400 enfants de la succursale de Sainle-Barbe, à Fontenay, revaccinés de même par M. le docteur Michel, elle réussit dans 76 cas.
71 revaccinalions, sur des sujets de quatorze à vingt ans, ont donné 31 succès. Sur des adultes de vingt à quarante, le chiffre des succès est de 97 sur 200. Il est de 7 sur 30 sur des sujets âgés de quarante à cinquante ans. Enfin, surë personnes de cinquante à soixante ans, 2 ont été revaccinées avec succès.
Toutes les observations recueillies, toutes les réflexions suggérées par l'étude de la vaccination animale avec le vaccin de génisse, dit l'auteur, consolident ma foi déjà profonde, que les affirmations de M. Negri avaient fait naître en moi. La transmission du vaccin est toujours possible de la génisse à la génisse, et en aussi grande quantité que pourront l'exiger les besoins d'un grand service. Le vaccin ne s'affaiblit pas, mais il conserve plus longtemps, plus sûrement son activité dans son passage à travers l'organisme animal que dans son passage à travers l'organisme humain.
Les vaccinations donnent toujours ou presque toujours un résultat positif; les revaccinations, une moyenne de succès supérieure à la moyenne de succès fournie par le vaccin humain.
La pratique de la vaccination par le vaccin de génisse est facile. Elle devient, en temps d'épidémie de variole, une ressource puissante pour combattre cette terrible maladie, en raison de l'abondance du vaccin qu'elle peut rapidement porter sur tous les points où il est nécessaire. {Acad. de méd., 8 mai.)
Ces faits sont confirmés par M. Warlomont, qui dirige à Bruxelles un établissement de génisses vaccinifères, comme M. Lanoix à Paris. De 22,83 succès : 100 cas de revaccination, d'après la statistique précédente et quelques additions, il montre que cette proportion s'élève jusqu'à 24,74: 100 dans l'armée italienne, d'après le tableau des revaccinations en 1863- 1864, et le premier trimestre de 1865. Sur 6749 soldats revaccinés par M. Bima, médecin en chef du 6'^ département, 1670 ont eu une vraie vaccine, tandis que, d'après les statistiques
VARICE.
de M. VIeminck avec le vaccin, les succès n'ont été que de 3,24 : 1 00. (Acad. de mèd. do Belg., 24 juin.)
Des témoignages contradictoires énergiques se sont élevés à Rouen, où une épidémie de variole sévit. Plusieurs vaccinateurs, membres du Comité permanent, ont repoussé l'usage du procédé napolitain, comme à Paris et à Lyon, en tant que moyen pratique de maintenir et de propager la vaccine. D'autres l'ont trouvé infidèle dans plusieurs cas, notamment M. Gaudin, vaccinateur à Quincampoix, et M. Frianville, à Envermeu. [Union mcd. de la Seine-Inf. , p. 183.)
La lumière sur ce sujet important n'est donc pas encore complète, et s'il est vrai qu'il faut accorder plus de confiance à une expérience étendue des observations nombreuses qu'à des faits isolés, recueillis par des praticiens encore mal au courant de ce mode spécial d'inoculalion, il ne faut pas les rejeter complètement, car l'apôtre d'une doctrine, le propagateur d'un procédé, peut aussi se faire illusion. C'est à l'expérience de tous à prononcer.
A Bruxelles comme à Rouen, et même dans plusieurs services des hôpitaux de Paris, ceux de MM, Bouchut et Gubler no-r tamment, de nombreux insuccès de la méthode napolitaine ont été signalés. Pour y obvier, M. Warlomont a modifié le procédé. Au lieu de recueillir invariablement lecow-pox sur des génis-r ses vaccinées depuis huit jours, il l'a pris dès que les pustules étaient arrivées à point, soit au cinquième, au sixième ou au septième jour, selon leur degré de maturité et, en règle générale, à celles dont l'aspect se rapproche le plus de celles de l'homme; plus elles sont jeunes, du moment où elles renferment de la lymphe, et plus elles ont paru actives. D'autre part, il a renoncé à enlever les pustules pour en gratter la face profonde, de même qu'à insérer le cow-pox dans des incisions; il en est revenu à l'insertion traditionnelle, au moyen de piqûres de la lymphe recueillie à la surface des pustules, comprimées à leur base et dépouillées de la croûte épidermique recouvrant la plaie d'inoculation. Depuis qu'il a adopté ce modus fadendi , les succès ont été constants. On voit que si la méthode reste, le procédé est profondément modifié et perfectionné. {Acad, de méd. de Belg., oclohre, et Union méd., n° 1 50.)
VALGUS DOULOUREUX. Voy. Tarsalgie.