APOPLEXIE
questions neuves el obscures des paralysies réflexes et vasopiotrices tout à l'ordre du jour. Il a d'ailleurs donné une plus ample mesure de ses connaissances sur ce sujet dans un Mémoire sur la palhogénie du langage arliciilé couronné par l'Académie des sciences de Bordeaux et publié m Gaz. hebd. , n°M 5 et I 6.
Un exemple analogue au précédent a d'ailleurs été rapporté par M. E. Vailin, qui loin d'y trouver, comme M. de Fleury, une espèce nouvelle, croit pouvoir le faire rentrer dans la première forme d'alalie de M. Jaccoud, c'est-à-dire par paralysie de la langue. [Gaz. hebd., n° 17.) On comprend tout le péril et l'inutilité qu'il y aurait à discuter sur un sujet aussi élastique que les paralysies réflexes, qui n'expliquent souvent certains phénomènes qu'en vertu de conjectures plus ou moins hasardées.
APOPLEXIE. Coup do soleil. En constatant la congestion de tous les organes parenchymateux par un sang noir et fluide chez ceux qui succombent, M. Bonnyman explique la mort par l'accumulation de produits carbonés dans le sang. Aux etfets ordinaires d'une température Irès-élevée : augmentation de la transpiration cutanée, diminution de l'excrétion de l'urine, accélération de la circulation, soif vive, abattement, invoqués pour en rendre compte, il ajoute que sous cette influence, des observateurs anglais ont noté que le sang ne subit pas, par la respiration, ses changements ordinaires. Le docteur Smith, par exemple, a démontré tout récemment que tous les actes respiratoires sont ralentis pendant les saisons chaudes. 11 trouva ainsi la quantité d'acide carbonique exhalée par les poumons à une température moyenne pendant le printemps plus élevée d'un tiers que pendant l'été et l'automne. L'excès d'acide carbonique doit donc être excrété parles organes supplémentaires comme la peau, les reins, le foie, les intestins, ce qui explique comment ces organes sont si fréquemment atteints dans les pays chauds. ,
Or, comme les personnes qui sont frappées d'apoplexie par la chaleur ont la peau chaude et sèche, les urines rares et une constipation opiniâtre, l'élimination ne peut se faire par ces voies supplémentaires et les produits carbonés s'accumulent ainsi dans le sang.
C'est donc surtout à rétablir les fonctions d'excrétion que l'on doit s'appliquer pour prévenir le coup de soleil. Des stimulants à petite dose, des diurétiques, des sudorifiques, des pur-
ARMÉK.
gatifs légers, rempliront celle indication. Au moment do l'accident, il faut déshabiller le patient, le placer dans une chambre bien aérée et pratiquer des frictions et des affusions froides sur toute la surface cutanée concurremment avec tous les autres stimulants internes. Il importe surtout de ne pas se décourager, car on a vu ainsi revenir à la vie des individus condamnés. (Edinb. med. Journ., i864.)
ARMÉE. Rapport au Conseil de santé des armées sur les résultats du service médico-chirurgical aux ambulances de Crimée et aux hôpitaux militaires français en Turquie pendant la guerre d'Orient en 1 854-55 et 56, par M. le docteur Chenu.
Cet ouvrage, de près de 800 pages in-4" et plus de 100 tableaux et relevés statistiques, est un véritable travail de bénédictin avec l'indication exacte des sources. Quelques détails sur la mortalité suffisent à en faire juger la haute valeur. Sur 300,000 hommes que comptait notre armée de terre agissant à 800 lieues de la mère patrie, et supportant pendant deux ans les attaques d'un ennemi brave et opiniâtre, les influences d'un climat rigoureux, des fatigues inouïes, le choléra, le typhus, etc., on ne sera pas surpris qu'elle ait compté 95,000 morts; mais ce qui étonne et afflige, en parcourant ces statistiques, c'est que SOIXANTE-QUATORZE MILLE décès sont dus aux maladies internes.
Ainsi, pour l'armée française, il y a eu 8000 soldats tués sur le champ de bataille, 32,000 de blessés, dont 9000 sont morts des suites, ce qui donne un total de 17,000 tués par le fer ou par le feu; tandis que les maladies internes en ont fait succomber 60,000! Proportion effrayante, qui, malgré les causes spéciales qui sont venues l'augmenter ici comme le choléra, le typhus, doit éveiller plus d'une réflexion sur les effets de lacclimalement sur des soldats jeunes, faibles souvent et transportés tout à coup loin de leur pays, exposés aux intempéries et aux privations de tout genre, à l'encombrement, à la contagion, etc., etc.
Dans l'énuméralion des causes multiples de celle effrayante mortalité, M. Chenu signale la faiblesse des jeunes soldats, et demande qu'à l'avenir, on diriiinue le poids qu'ils ont à porter en campagne et qu'on varie davantage leur alimentation. 11 voudrait qu'on leur fournît, entre autres choses, des poissons salés. Les inconvénients du transport des blessés attirent au:>si
;on attention, et il montre cocnbien, sous ce rapport, ont été 'avorisés les Anglais, qui ont pu garder, jusqu'à la cicatrisation les plaies, leurs blessés installés dans les baraques sur les hauteurs de Balaclava.
■ Sur la mortalité générale on compte 779 officiers de tous brades, soit 14 pour 100 de l'effectif total, et 82 officiers de santé militaires, dont 58 \ictimesdu typhus. 1 Cette prédominance proportionnelle de décès des médecins de 'armée inspire à l'auteur des accents aussi justes et vrais ju'éloquents. Quelle est, dit-il, la situation du médecin mi'i- .aire? Aux yeux du militaire, il a le tort de n'élre pas combat- ,ant; cependant sa valeur réelle n'est bien comprise que sur le :hamp de bataille, à l'ambulance et aux hôpitaux, au milieu de a contagion. A l'heure du danger, on dit bien de lui : Le médecin qui succombe en accomplissant son saint devoir, mérite autant de l'armée, de son paya, de son souverain que le soldat qui meurt au combat. (Moniteur de l'armée.) Le danger passé, ces dispositions bienveillantes sont bientôt oubliées. Cependant, en quoi diflère-t-il du combattant? il marche avec son régiment ou son ambulance sur le champ de bataille; il n'est pas à l'abri de la mort ni des blessures, et dans ce cas la seule différence qui le distingue du combattant, c'est qu'il ne rend pas les coups qu'il reçoit, parce que ses fonctions spéciales l'obligent à s'occuper des blessés qui tombent autour de lui, mais il ne concourt pas moins au but général. A l'hôpital, la situation est encore plus menaçante : là, le danger devant lequel il est sans cesse on présence ne prête rien de brillant à son courage; c'est dans les luttes obscures que s'exerce son énergie. Il n'est soutenu, excité, enivré ni par l'ardeur du combat ou l'encens de la poudre, ni par le bruit entraînant du clairon. L'ennemi qui l'entoure est invisible, il ne peut s'en défendre ; il le respire tous les jours et tous les jours davantiige. Au milieu de son hôpital infecté, il doit braver la contagion pour remplir un devoir sacré et envisager la mort avec assez de calme pour conserver toute sa lucidité médicale ; c'est un dangereux champ de bataille sur lequel il reste sans défense pour succomber aussi bravement qu'humblement au milieu de ceux qu'il cherche à sauver.
Et pourtant cette morlaUté des médecins de l'armée est encore plus élevée, selon M. Champouillon {Gaz. des hôpitaux) dans la campagne du Mexique, où, à la date du 4 2 janvier 1864, le corps expéditionnaire français avait perdu 45 officiers sur
1100, soit i pour 1 00 ; el le corps de santé 1 0 rn(idecins, dom un liié par l'enneini, sur un eiïeclif de 51, soit 20 pour 100 ■
I^Ieutralisation du service Nanitairc. Par décret en (Jalo du 1 4 juillet, la convention conclue à cet elfel à Genève (\()\ . Dicl. de 1 864, Législation) a été promulguée en [''rance. l/i voici les principaux articles :
Art. 1". Les ambulances et les hôpitaux militaires serfmi reconnus neutres, et, comme tels, protégés et respectés par I -s belligérants, aussi longtemps qu'il s'y trouvera des malades ou des blessés.
La neutralité cesserait, si ces ambulances ou ces hôpitaux étaient gardés par une force militaire.
2. Le personnel des hôpitaux et des ambulances, compi fiiant l'intendance, les services de santé, d'administration, de transport des blessés, ainsi que les aumôniers, participera au bénéfice de la neutralité lorsqu'il fonctionnera, et tant qu'il restera des blessés à relever ou à secourir.
3. Les personnes désignées dans l'article précédent pourront, même après l'occupation par l'ennemi, continuer à remplir leurs fonctions dans l'hôpital ou l'ambulance qu'elles desservent, ou se retirer pour rejoindre le corps auquel elles appartiennent.
Dans ces circonstances, lorsque ces personnes cesseront leurs fonctions, elles seront remises aux avant-postes ennemis par les soins de l'armée occupante.
4. Le matériel des hôpitaux militaires demeurant soumis aux lois de la guerre, les personnes attachées à ces hôpitaux no pourront, en se retirant, emporter que les objets qui sont leur propriété particulière.
Dans les mêmes circonstances, au contraire, l'ambulance conservera son matériel.
5. Les habitants du pays qui porteront secours aux blessés seront respectés et demeureront libres.
Les généraux des puissances belligérantes auront pour mis- ' sion de prévenir les habitants de l'appel fait à leur humaniié et de la neutralité qui en sera la conséquence.
Tout blessé recueilli et soigné dans une maison y servira lit^ sauvegarde. L'habitant qui aura recueilli chez lui des blessesera dispensé du logement des troupes, ainsi que d'une parlio des contributions de guerre qui seraient imposées.
6. Les militaires blessés ou malades seront recueillis et oignés, à quelque nation qu'ils appartiendront. Les commanants en chef auront la faculté de remettre immédiatement aux
avant-postes ennemis les militaires blessés pendant le combal, orsque les circonstances le permettront et du consentement ies deux partis.
Seront renvoyés dans leur pays ceux qui, après guérison, seront reconnus incapables de servir.
Les autres pourront être également renvoyés, à la condition lie ne pas reprendre les armes pendant la durée de la guerre.
Les évacuations, avec le personnel qui les dirige, seront îOuvertes par une neutralité absolue.
7. Un drapeau distinctif et uniforme sera adopté pour les hôpitaux, les ambulances et les évacuations. Il devra être, en toute circonstance, accompagné du drapeau national.
Un brassard sera également cidmis pour le personnel neutralisé, mais la délivrance en sera laissée à l'autorité militaire.
Le drapeau et le brassard porteront croix rouge sur fond blanc.
8. Les détails d'exéculion de la présente convention seront réglés par les commandants en chef des armées belligérantes, d'après les instructions de leurs gouvernements respectifs et conformément aux principes généraux énoncés dans cette convention.
Des secours volontaires en temps de guerre, par le docteur Feigneaux, 20 p. in-S", Bruxelles. Ecrit avec autant d'esprit et de raison que de cœur, ce travail a fait l'objet d'une lecture au dernier congrès des sciences sociales d'Amsterdam. L'œuvre de la neutralisation est justifiée par les plus hautes considérations de science et d'humanité, et une revue historique montre comment la convention actuelle n'est que la réglementation, l'organisation légale de ce que la nécessité avait imposé en plusieurs circonstances pour le salut des malades et des blessés ; notamment, dans les dernières guerres acharnées de l'Autriche, en Hongrie et en Italie. La noble et mémorable initiative d(3 miss Nightingale et de ses émules,
I dans la guerre de Crimée, fournit surtout la preuve péremp-
II toire que ces mesures étaient dans les idées, les mœurs du jour, avant d'être réglementées; précieuse garantie de leur durée et de leur exécution I Aussi bien a-t-il suffi à M. Dunant