ANTHRAX
Morphine et jusquîauie. Dans deux cas d'empoisonnemenlpar la semence de jusquiame, M. Rezek a pratiqué avec succès des injections sous-cutanées dans la région antérieure du cou avec un 6^ de grain d'acétate de morphine. C'était chez des enfants, l'un de trois ans et demi, l'autre de quinze mois seulement. Il y eut d'abord sommeil profond, puis crampes et convulsions ; face turgescente, yeux saillants, pupilles dilatées, perte de connaissance, trismus et opislhotonos. — Les vomissements redoublèrent ces symptômes. Conduit sans doute par l'antagonisme bien connu aujourd'hui de l'opium avec la belladone, il pratiqua l'injection hypodermique avec la morphine, et cinq minutes après, tous les symptômes avaient cédé et les enfants guérirent. [AU. Wiener Med. Zeilumj.)
On ne s'étonnera pas de la rapidité d'action de cet antidote en se reportant aux expériences de M. Cl. Bernard sur l'absorption par cette voie du tissu cellulaire. Voy. Absorption,
Opium et arnica. Un homme de moyen âge et délicat fut apporté à S. Marifs Hospital^ le 4 août, dans un état voisin du collapsus, dit M. Bertin. Yeux ternes, anxieux, vitrés, pu[)illes dilatées, insensibles à la lumière. Pouls à -1 00, faible, fuyant, peau froide et sèche. 11 se plaint, d'une voix étouffée, d'une vive douleur à l'épigastre, et raconte qu'il a pris par méprise une once de teinture d'arnica destinée à des lotions; qu'il n'en avait éprouvé aucun malaise immédiat, sinon de la sécheresse de la bouche, et avait passé ainsi une très- bonne nuit, mais qu'il avait été éveillé par une douleur aiguë au creux de l'estomac sans pouvoir vomir, avec faiblesse et malaise. Dix heures après cette ingestion, la douleur gastrique est très-vive et augmentée par la pression ; la résonnance de l'estomac est moins étendue que d'ordinaire, sans doute à cause de sa plénitude.
Au lieu de recourir à la pompe aspirante ou à un vomitif, M. Bertin fil prendre 20 gouttes de teinture d'opium dans une once d'eau-de-vie et réchauffer le malade. Une heure après la douleur avait diminué, la réaction était sensible, et une seconde dose étant administrée, il s'endormit profondément et ne se •réveilla que parfaitement guéri, de manière à quitter l'hôpital dès le lendemain. [Lancet, 19 nov.)
AlIVTHRAX. Un mode de terminaison par phlébite puru-
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lente des sinus cérébraux, notamment du pressoir d'Héropliilo. non encore signalé, a été observé par M. Broca à la suite d'un anthrax de la nuque à la période d'élimination. L'eschare occupait toute l'épaisseur de la peau et avait même dans certains points perforé le muscle trapèze et envahi la couche celluleuse sous-jacente. On pouvait redouter que la mortification n'allât ouvrir le canal rachidien. L'issue a été plus insolite. On a trouvé, à l'autopsie, que l'eschare détachée avait mis à nu la protubérance occipitale externe dans une étendue d'environ 2 centimètres. Il y avait dans le crâne une grande quantité de sérosité. De plus, il existait tous les signes d'une phlébite suppurée dans le pressoir d'Hérophile et dans les sinus latéraux, jusqu'au niveau de la fosse jugulaire. Là, au voisinage des premières' collatérales, c'est-à-dire des veines masto'idiennes, s'arrêtait le caillot obturateur qui séparait les veines enflammées et remplies do pus du reste du système circulatoire. Cet exemple de phlébite du pressoir d'Hérophile est donc une pure curiosité anatomo-pathologique. Le mécanisme qui a donné lieu à la phlébite suppurée est surtout intéressant. Évidemment, l'anthrax, en dénudant la protubérance occipitale externe, a provoqué, dans les cellules du diploé, qui ont été trouvées épaissies et remplies de pus, une inflammation qui s'est communiquée aux sinus du diploé, lesquels vont se dégorger dans le pressoir d'Hérophile, d'où propagation delà phlébite à ce réservoir et aux sinus latéraux. — Il y avait des abcès multiples dans les poumons. (Soc. de chir., septembre.)
AORTE. V. Rupture.
APHASIE. Suivant cette doctrine que la couche corticalecérébrale joue le rôle d'organe central d'action et la substance blanche le rôle d'organe conducteur, M. Parchappe admet que la relation de la parole avec les lobes antérieurs des hémisphères cérébraux dépend, non de ce que les lobes antérieurs en masse, ou quelques-unes de leurs circonvolutions en masse, sont des organes distincts de la faculté du langage, mais de ce que les lobes antérieurs, partie intégrante par leur couche corticale de l'organe unique de l'intelligence et delà volonté, contiennent dans leur substance blanche les éléments organiques de l'union flos deux hémisphères et do la transmission des déterminations motrices volontaires, en ce qui se rapporte à l ac-
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complissement des actes propres à réaliser le langage articulé.
Toute altération notable de la couche corticale, dans une région quelconque des deux hémisphères, ayant pour effet d'entraîner une altération notable dans l'intelligence et expressément dans la mémoire, peut déterminer une altération dans la fonction de la parole, en rendant impossible l'enchaînement des idées, la représentation des idées par des mots, et l'acte de volonté motrice qui, pour la réalisation du langage articulé, doit pouvoir commander les mouvements coordonnés pour la production des sons articulés qui représentent ces mots.
Une altération de la couche corticale, bornée à un seul hémisphère, qui aurait comporté la possibilité de la conservation de l'intelligence, est suffisante pour mettre obstacle à la fonction de la parole, en rendant impossible le concours des deux parties symétriques du centre d'action, qui seul peut accuser la production dans chaque côté du corps des mouvements synergiques indispensables à l'articulation des sons.
Dans l'élat d'intégrité de la couche corticale pour toute l'étendue des deux hémisphères, et dans l'état de conservation de toutes les facultés intellectuelles, une altération delà substance blanche qui forme les moyens d'union des deux hémisplières, et les moyens de transmission des déterminations motrices volontaires aux organes musculaires delà parole, peut avoir pour effet de rendre l'articulation impossible, lors même que cette altération n'existe que dans l'un des deux hémisphères, lors même qu'elle serait bornée à l'un des deux lobes antérieurs, selon que l'attestent un grand nombre de faits pathologiques.
Ainsi se trouverait établie, d'après les données de l'anatomie pathologique combinées avec les données de l'anatomie, de la physiologie et de la psychologie, la conciliation de toutes ces contradictions qui jettent la confusion dans le problème de la fonction de la parole, et se trouveraient en même temps, sinon complètement expliqués, au moins rattachés à des conditions physiologiques déterminées, à des éléments organiques distincts, tous les éléments de la fonction de la parole et tous les éléments des symptômes de lésion dans cette fonction, qui se rencontrent dans l'état pathologique.
C'est dans celte direction que paraissent devoir être interprétées les observations d'anatomie pathologique relativement à leur signification véritable, et que paraissent devoir être entreprises les recherches anatomiques, physiologiques et
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pathologiques, propres à fournir des solutions susceptibles d'être généralement et définitivement admises. {Acad. demid.)
S'appuyanl sur la différence des faits que MM. Broca, Trousseau, Jaccoud, Bouillaud, Dax, font rentrer dans leur définition de cette lésion du langage articulé autant que sur celles des faits qu'il en a rassemblés en grand nombre, M. J. Falret conclut avec raison, selon nous, que ce n'est pas là une maladie, mais un symptôme se produisant dans des conditions trèsdiverses et offrant de nombreuses variétés de formes et de degrés. Il est donc logique d'admettre une complexité correspondante de la question analomique et physiologique; la spécialité n'existant que pour des catégories distinctes. [Gaz. hebd.^u" 18.)
Conformément à celle pensée, M. Baillarger classe, divise et catégorise les diverses manifestations de cet état pour en mieux rechercher la cause. Il distingue ainsi l'aphasie simple de la perversion du langage articulé. La première comprend deux groupes ; celui où il y a perle absolue de la parole et de l'écriture qu'il rapporte à l'amnésie verbale; celui où il n'y a que perle de la parole. Ici, il combat et repousse les explications données par MM. Trousseau et Broca pour en faire une amnésie des mouvements de la parole ou, selon M. Bouillaud, une lésion de l'organe coordinateur de la parole, car il y a, dit-il, conservation ici de quelques mots ou de quelques lettres, et certaines phrases, certains mots justes peuvent même être prononcés sous l'influence d'un état moral particulier, la surprise, la colère, etc. Pour M. Baillarger, l'incitation verbale volontaire est abolie dans ces cas, tandis que l'imitation involontaire persiste. De là aussi la perversion de la faculté du langage. (Acad. de inéd., 30 mai.)
Localisateur, M. Baillarger discute, critique la statistique de M. Trousseau d'après laquelle, quel que soit le siège fixé, les faits sont contradictoires ; donc, pas de loi absolue. Ainsi, sur 34 observations se rapportant à la doctrine de M. Bouillaud [lobes anlérieurs), 18 sont favorables, 4 6 contraires. Pour celle de M. Broca (3" circonvolulion frontale de l'hémisphère gauche), sur 32 faits, 18 sont contre, 14 pour. Pour celle de M. Dax [lésions à gauche), sur 1 3S faits, 1 23 sont favorables et 1 0 contraires seulement. D'ovi il conclut que ces résultats, en tant que les lésions siègent à gauche dans l'aphasie, sont hu fait très-remarquable, et que 8 ou 9 fois sur 1 0 cette lésion se trouve dans les lobes antérieurs.
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Mais il a été facile à M. J. Guérin de montrer combien cette conclusion était peu rigoureuse. Il ne s'agit pas ici de proportion, denumérisme. Si l'organe est ici ou là à gauche, la lésion doittoujourss'y rencontrer. S'emparant du fait très-remarquable rappelé par M. Velpeau, où l'on trouva à l'autopsie d'un malade très-bavard une atrophie complète des lobes antérieurs — et il eût pu en signaler bien d'autres, — il ne voit au contraire dans la lésion de ces lobes qu'une pure coïncidence avec l'altération ou la perte du langage articulé. Les 1 1 4 cas de M. Bouillaudnesont pas convaincants, dès qu'il ne s'est pas occupé de rechercher la subordination de l'un à l'autre. Ce seul fait lui semble la condamnation, la ruine totale de sa doctrine.
M. Bonnafont aussi, tout en se déclarant localisaleur et en apportant à l'appui 6 faits de lésions traumatiques des lobes antérieurs ayant déterminé l'aphasie, se contredit pour ainsi dire en en relatant d'autres où la surdité a suffi pour produire la même infirmité. On arrive donc forcément à cette conclusion ultime, que la perle ou la perversion du langage articulé correspond à diverses lésions, et que celles du côté gauche de l'encéphale, soit des lobes antérieurs, soit de la troisième circonvolution, ne les déterminent pas toujours.
C'est surtout ce que M. Cerise, qui a clos celte mémorable discussion, a parfaitement signalé. Le grand nombre de faits invoqués semble démontrer la coïncidence d'une lésion cérébrale avec l'aphasie, dit-il, laquelle est plus fréquente dans l'hémisphère gauche que dans l'hémisphère droit, dans les lobes antérieurs que dans les lobes moyens et postérieurs, et rien de plus. I/expression d'un rapport constant et absolu qui n'existe pas est ainsi exclue aussi bien que l'affirmation d'un rapport de causalité entre la lésion elle symptôme ; en même temps une part équitable est faite aux trois solutions anatomqpathologiques rivales qui montrent, soit dit en passant, que le problème est loin d'être résolu, puisque ces trois solutions s'excluent et s'appuient sur un certain nombre de faits équiva[ent3.
Ce problème simple du siège anatomique de la lésion cérébrale dans l'aphasie est insoluble, pour lui surtout, en raison de l'abîme infranchissable qui sépare la faculté du langage- parlé, c'est-à-dire la faculté même par laquelle l'intelligence humaine se forme, se développe, s'exerce, s€ manifeste et se propage, de ces quelques mots oubliés, altérés dans leur association, ou
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impossibles à produire, que l'on observe dans l'aphasie. Cet abîme est tel qu'il ne peut même concevoir comment l'étude des troubles de la parole externe ou ariiculée peut servir, nonsculeinenl à la découverte de l'organe cérébral du langage parlé, mais même à la découverte d'une seule des lois en vertu desquelles fonctionne cet admirable instrument de la pensée.
Et la faculté du langage, qui occupe une si grande place dans le problème posé, en a-l-on précisé la signification ? Il est des phénomènes nombreux et complexes que l'esprit réunit dans une conception abstraite et unifie en leur donnant un nom général, et qui ne consliluenl point pour cela une unité organique et concrète. Tels son't les groupes de phénomènes appelés vie, nutrilion, développement, facultés. La faculté de langage parlé est l'expression unifiée d'un ensemble très-considérable de phénomènes psycho-physiologiques. Elle ne peut être assimilée à une opération simple et élémentaire dont l'organe serait aisé à trouver. Elle ne peut être assimilée qu'à l'intelligence, avec laquelle elle se confond.
Pour lever un des coins du voile épais qui couvre le rôle psycho -physiologique du langage, il faut l'apprécier dans ses rapports, d'une part, avec la pensée, et de l'autre, avec l'appareil psycho-cérébral ou le cerveau considéré comme l'appareil de l'intelligence. Imaginez l'enfantdans le sein de sa mère. Déjà il a des yeux, un appareil visuel tout prêt à fonctionner; cet appareil est disposé dans la prévision des rayons solaires qui éclairent le monde dans lequel il va entrer. Supposez le soleil absent de ce monde; l'appareil visuel, n'ayant plus sa raison d'être, ne fonctionnera jamais ; au lieu de compléter son évolution organique sous l'influence de la lumière, il s'atrophiera. Il en est de même de tous les appareils de la sensation, de la nutrition et de la locomotion qui manquent, après la «Élance, de l'élément spécial de leur opération fonctionnelle.
Le cerveau ou l'appareil psycho-cérébral est dans des conditions identiques. L'enfant, avant de naître, est en possession de cet appareil encore inachevé, comme il est en possession d'un appareil pulmonaire non encore dilaté. Quel sera pour cet appareil l'équivalent des rayons lumineux, des ondes sonores, de l'air vivifiant, etc., etc. '.'Quelle sera l'atmosphère dans laquelle il puisera son excitant normal et son aliment fonctionnel ? Ce ne sera pas la pensée silencieuse de l'humanité danslaquelle l'enfant
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vient de faire son entrée, et que représentent d'abord la nourrice et la famille. La pensée ambiante, si elle est silencieuse, est sans action sur le cerveau du nouveau venu. Ce sera la pensée parlée aulour de lui qui apportera à cet appareil son excitation normale. La parole, signe sensible et signe idéal, tenant à la fois de la matière et de l'esprit, sera l'intermédiaire entre la pensée et le cerveau. Aussi a-t-elle été célébrée dans presque toutes les civilisations, chez les Hindous, chez les Grecs, et même chez les anciens Mexicains, comme le souffle initial et sacré qui féconde l'intelligence. Par la parole, les impressions confuses et multiples du monde extérieur, étant nommées et distinguées, deviennent des sensations, des notions, des idées, des affirmations dans lesquelles se révèlent l'unité et l'activité personnelle de l'âme humaine. A mesure qu'un progrès s'accomplira dans l'éducation verbale, un progrès identique s'acoompHra dans l'éducation morale et intellectuelle. La connaissance du bien et du mal se formera sous l'empire des préceptes que formulent de mille manières toutes les langues parlées. Par la parole externe, qui n'est possible chez l'enfant qu'après la conquête de la parole interne, se manifeste au dehors une intelligence déjà en plein exercice. Dans celte évolution simultanée de la parole et de la pensée, qui précède et qui suit la conquête ardue de l'articulation des mots, l'appareil psychocérébral achève son développement anatomique ; il étend sa surface en creusant plus profondément le sillon des circonvolutions; il réalise dans un ordre déterminé anatomiquement les associations des diverses idées, et des signes qui constituent le raisonnement et la mémoire, il complète son ada^^ation originelle à l'ordre logique du langage ei à l'ordre logique des idées. Il sera, aux yeux de l'observateur émerveillé, cet appareil appelé logique par M. Bûchez, précisément à cause de x^eite double adaptation. Dans sa sagacité, cet éminent et trop modeste confrère a voulu caractériser le rôle du cerveau dans l'acte simultané de la parole et de la pensée. Cerveau, parole et pensée, tels sont les éléments inséparables do l'intelligence humaine, qui, seule, s'appelle raison, parce que, seule, elle se meut librement en vertu d'un enseignement parlé. On avait donné le nom de logos à deux dè'- ces éléments; on avait créé le mot logique pour indiquer l'ordre régulier du raisonnement pensé et du raisonnement parlé. M. Bûchez a compris que l'appareil dont les aptitudes fonctionnelles sont appropriées à réaliser cet
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ordre régulier, devait, par une qualification identique, rappeler la cause finale de ees opérations.
Dans cet appareil logique où sont si étroitement associées la pensée et la parole, l'hypothèse d"un organe spécial de la faculté du langage paraît inadmissible; c'est comme si l'on prétendait découvrir l'organe cérébral des chiffres en les distinguant de la science du calcul, qui n'existe et ne peut exister ' que par eux. Les mots nômon en sanscrit, nomen en latin, nama en gothique, qui signifient nom, nommer, ont eu, dans l'ancienne langue des brahmanes, une racine commune qui signifie connaître. Témoignage de cette antique sagesse qui n'a jamais séparé le signe de l'idée dans les actes de la pensée.
Voilà pour la faculté du langage parlé, considérée, d'une manière générale, comme moyen de l'évolution et de l'activité intellectuelles, et comme moyen de l'évolution et de l'activité cérébrales. Il reste à apprécier, au point de vue du problème en discussion, le rô'e de la faculté du langage articulé, c'est-àdire, pour être plus précis, le rôle de la parole externe volontaire. Il faut mettre en relief l'intervention de la volonté, puisqu'il s'agit, dans l'aphasie, d'une véritable paralysie de la parole externe volontaire.
La parole externe ne se distingue de la parole interne ni par sa forme, ni par son accent, ni parson intonation. La parole parlée, si l'on peutdire, est le calque de la parole pensée, de laparole apprise, de la parole ambiante, c'est-à-dire de la langue régnante dans le milieu où l'enfant est élevé, L'une reproduit extérieurement, sous forme de proposition, ce que l'autre dit intérieurement sous forme de jugement. La parole externe volontaire ne diffère de l'autre que parce qu'elle est acquise postérieurement à la suite d'une long et pénible exercice, et qu'elle s'exécute au moyen d'un appareil musculaire approprié. Il résulte de celte différence que la parole externe volontaire peut être troublée ou abolie sans qu'il en soit de même de la parole interne.
La parole externe volontaire est, en un mol, un mouvement annexé, superposé à la parole interne, afin que la source de la parole humaine ne tarisse pas dans le monde. Cette différence formelle entre deux choses substantiellement identiques a sa raison unique dans la nécessité, pour la parole interne, de devenir parole externe, et de réclamer l'exécution musculaire de la volonté.
L'aphasie, telle qu'elle résulte du plus grand nombre d'ob-
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servations rapportées, pourrait être limitée à trois ordres de faits : ]" oubli du signe avec l'intégrité du souvenir de la chose signifiée ; 2° lésion des liens d'association entre les mots et les idées, avec persistance de la conscience ; 3° abolition de là parole externe volontaire, avec possibilité de la parole externe involontaire ou automatique.
Dans les deux premiers ordres de faits, que l'on peut appeler faits d'amnésie et d'ataxie verbales, la lésion de la parole externe volontaire est une conséquence indirecte, éloignée. La volonté ne peut commander ni l'articulation des mois oubliés, ni la production logique d'une phrase dont quelques mots sont effacés de la mémoire.
L'aphasie proprement dite est la paralysie de l'exécution volontaire de la parole externe, avec possibilité de la parole automatique. Cette paralysie seule constitue l'aphasie. La lésion qui la produit peut être limitée dans un point du cerveau, mais elle peut varier, et elle varie en effet: car il ne s'agit plus de la lésion de l'organe cérébral de la faculté du langage parlé, mais de la lésion de la transmission de l'incitation verbale volontaire, comme l'a appelée M. Baillarger. Or, on ne saurait donner le nom d'organe régulateur, législateur, coordonnateur de la parole à une série de fibres de transmission, chargées d'irradier le commandement de la volonté, de faire converger le signe ou l'idée signifiée jusqu'à l'appareil de l'exécution verbale externe. Autant vaudrait rechercher l'organe de la volonté et de la pensée. Nous préférons nous en tenir à celui qui est trouvé et qui s'appelle lobes cérébraux., et que nous avons appelé appareil psycho-cérébral pour exprimer le concours de toutes ses parties dans l'acte de la parole interne ou de la pensée.
Parmi les faits péremptoires opposés à la localisation du siège de la parole, à l'Académie de médecine, il convient d'ajouter à celui de M. Velpeau, les deux cas de traumatisme suivants : dans celui rapporté par le docteur Pettereau Placide, il s'agit d'un cliarpentior qui reçoit un coup de levier en plein front, un peu de haut en bas ; la région frontale était comme aplatie; une plaie énorme la sillonnait, à travers laquelle on voyait les os brisés, les membranes déchirées, les lobes aiHérieurs du cerveau dont une partie avait jailli, en bouillie; les sinus frontaux étaient détruits, et le blessé retirait lui-même, d'instinct, avec ses doigts, des frngmenis notables do substance cérébrale par l«s deux narines qui en étaient obstruées.
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Enfin la carphologie survint, et le malade mourut le quatorzième jour de son accident, sans avoir cessé de parkr ou de murmurer des mois plus ou moins intelligibles. (Union méd.)
Dans celui rappelé par M. Déguise, il s'agit d'un mineur, qui, suivant le témoignage de Bérard, avait toute la région frontale à découvert ; les téguments en lambeaux ; les os fracassés, détachés; le cerveau à nu; les lobes cérébraux antérieurs complètement disparus; un mélange de sang, de débris d'os, de cervelle, etc. Et cet homme vivait encore. Il put raconter à Bérard tous les détails de son accident. De Saint-Maurice il fut conduit à l'hôpital Saint-Antoine, où il succomba le lendemain. [Acad. do med.', 6 juin.)
Quant à la question spéciale, si bravement défendue par M. Bouillaud, à savoir : que les lobes antérieurs du cerveau sont le siège de l'organe législateur de la parole, cette doctrine nous paraît ruinée sans retour par les faits cliniques et d'analomie pathologique, sans compter l'induction philosophique qui a bien aussi sa valeur, ajoute M. A. Latourdans son résumé de cette discussion. Un seul fait négatif suffit pour la renverser, et les faits de ce genre aujourd'hui se multiplient. Le plus accablant est certainement celui qu'a exhumé M. Velpeau du Bulletin de l'Académie. Il prouve, avec les autres, que s'il est quelquefois facile, à l'aide de coïncidences et de rapprochements, d'établir quelques idées générales en anatomie pathologique, il est plus malaisé de s'élever jusqu à l'institution d'un principe doctrinal, c'est-à-dire jusqu'à la vérité philosophique absolue,
La question psychologique a été résolue par l'argumentation saisissante de M, Cerise. Quels sont les rapports de la parole avec la pensée? Ces rapports sont inséparables. La pensée est la parole intérieure ; la parole est la pensée extérieure.
Cette formule est éblouissante d'évidence. Or, quel est lo siège de la pensée dans le cerveau ? où est-il ? où n'est-il pas ? {Union méd. , n° 73.)
La nécessité du concours intellectuel dans l'exercice de la parole prouve seulement, selon M. Dechambre, que cet exercice, dans sa plénitude, n'est pas sous la subordination exclusive d'un noyau circonscrit de la niasse cérébrale, et conséquemment, que l'aphasie peut se produire avec des lésions diversement localisées du cerveau ; soit qu'elles déterminent l'amnésie ou empéchcnU'incitalion des mouvements indispensables
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pour rarticulation des sons., c'est-à-dire Vincitalion verbale volontaire àe M. Baillarger, ïaciion impulsive et déterminante de M. Parchappe.
Mais quand l'intelligence est inlacle ou assez bien conservée pour les nécessités de la parole, il admet la localisation ; car si l'intelligence altérée ne peut plus retrouver dans le cerveau les signes déposés par l'ouïe, la vue ou les autres sens, ni ne puisse plus déterminer le mouvement qui la traduira par la parole ou l'écriture, il n'est pas moins légitime de concevoir dans les irradiations cérébrales destinées à ce mouvement, une allélération qui empêche la transmission de l action inlellecluello jusqu'aux racines des nerfs moteurs encéphaliques, notamment de l'hypoglosse. Et comme les circonvolutions des lobes antérieurs ont la plus grande part dans les manifestations de l'intelligence, leurs fibres blanches doivent être le principal instrument de ces manifestations, d'autant plus que, d'après les recherches les plus modernes, ces fibres formeraient par leur convergence le noyau blanc des corps striés et établiraient ainsi une communication entre les cellules grises des circonvolutions et les noyaux d'origine des nerfs moteurs encéphaliques. Il est donc logique d'admettre que celte altération doit porter plus spécialement sur les fibres des lobes antérieurs ; ce que l'anatomie pathologique a confirmé dans la très-grande majorité des cas. {Gaz. hebd., n°26.)
Celte distinction est rigoureuse, saisissante, et les motifs en sont aussi savamment déduits de l'état de la question que do celui de la science ; aussi doit-elle arrêter l'attention et concilier les doctrines opposées et leurs partisans. Au chaos, à la confusion, elle fait succéder la clarté, les explications, le raisonnement : Fiat lux.
Lésion des valvules cardiaques. Aya-it par hasard examiné le cœurd'un hémiplégique aphasique, le docteur Hughlings Jackson trouva une lésion valvulaire qu'il regarda d'abord comme une coïncidence fortuite. Mais celle lésion se représenta dans d'autres nécropsies subséquentes, et sur 9 cas d'hémiplégie droite avec aphasie communiqués à la Société huntérienne, elle s'était rencontrée 6 fois. Celte fréquence était frappante. Elle l'est devenue beaucoup plus à mesure que l'auteur a multiplié ses observations, au nombre de plus do 50 aujourd'hui.
Il y aurait, d'après ce fait, un certain rapport entre cette lé-
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sion et l'hémiplégie avec apliasie. Au point de vue analomiquo, l'obstruclion de l'arlèro cérébrale moyenne, constatée dans plusieurs cas d'hémiplégie , l'établirait d'une manière assez plausible. On doit en effet aux recherches du professeur Kirkes, dont la science déplore la perte toute récente (voy. Nécrologie), de savoir qu'une relation existe entre l'embolie et les altérations valvulaires. Quant à l'aphasie, l'artère cérébrale moyenne se distribuant dans la troisième circonvolution du lobe antérieur, siège exclusif delà parole selon M. Broca, ce fait viendrait à l'appui de cette localisation. Il est à noter que dans le premier mémoire de Kirkes, où sont consignés les premiers exemples d'hémiplégie par embolie des artères cérébrales moyennes, il y avait perte de la parole.
Si l'hémiplégie, dans certains cas, peut expliquer l'aphasie par une paralysie incomplète de la langue ou d'autres organes de l'articulation des mots, la faculté d'écrire peut toujours lever les doutes sur le caractère symptomatique ou idiopathique de l'aphasie co'incidante avec l'hémiplégie.
Il est donc vraisemblable que la perte de la parole co'incidanl avec l'hémiplégie et une lésion valvulaire résulte, dans bon nombre de cas, de l'embolie de l'artère cérébrale moyenne gauche. C'est ce que M. Hughiings Jackson a cherché à démontrer par la relation de 38 observations cliniques qui, quoique non suivies d'autopsie, paraissent mettre ce fait hors de contestation. [Arch. deméd., mars et avril.)
Valeur sémiotique de Vaphasie. C'est dans ce même ordre d'idées et d'observation que M. Lancereaux a été conduit à faire du trouble du langage articulé un signe positif du ramollissement cérébral pouvant servir ainsi à le distinguer de l'hémorrhagie, dont le diagnostic différentiel est souvent fort difficile. Etant établie la co'incidence fréquente des altérations cardiaques avec certains troubles subséquents de la circulation encéphalique qui y sont liés, il s'est demandé si l'oblitération do l'artère deSylviiis qui envoie une de ses branches aux circonvolution^ frontales postérieures, en en déterminant le ramollissement, no pouvait pas être ainsi la cause de l'aphasie et celle-ci devenir un symptôme distinolif de cette altération. Or, voici ce que lui a répondu l'observation clinique :
I. Chez une femme de cinquante-sept ans, entrée le 5 août 1864 à l'Hôtel-Dieu, avec un rhumatisme articulaire subnigu
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el endocardiLe , une hémiplégie droite survient au dixième jour avec trouble très-marqué du langage. Mort après une douzaine de jours de cet état. L'autopsie découvre à l'origine de Tarière syl vienne gauche, un caillot rougeâlre se prolongean t dans les collatérales. Le corps strié est en partie ramolli, ainsi que la partie postérieure des circonvolutions, dans une étendue de 2 à 3 centimètres en profondeur.
Cœur volumineux d'un tissu flasque et mou; cavités droites dilatées ; endocarde blanchâtre ; orifice mitral un peu insufiisant ; valvule épaissie à son bord libre.
TI. Un homme grand et fort entre à l'hôpital Lariboisière pour une affection cardiaque avec souffle très-fort au premier temps et à la pointe; quatre jours après, il perd subitement connaissance et reste paralysé du côté droit. Il ne peut articuler que quelques mots. ïi'obstruclion de l'artère sylvienne avec ramollissement correspondant était donc ici encore trèsprobable lorsque le malade fut envoyé à Bicètre.
Trois faits observés simultanément servent de contre-épreuve à ce signe. Un sujet est frappé d'hémiplégie subito à droite avec perte de connaissance, conservation de la mémoire des mots el du langage rendu difficileseulementparlagènedes mouvements. A l'autopsie, une hémorrhagie cérébrale est trouvée du côté gauche avec irruption du sang dans les cavilés ventriculaires.
Le second montre une hémiplégie subite de tout le côté droit, avec paralysie de la langue, conservation de la mémoire des mots el de la faculté de les articuler; hémorrhagie cérébrale à gauche.
La même série de phénomènes se reproduit presque identiquement dans le troisième : hémiplégie subite avec perle de connaissance et léger embarras de la parole, coma; hémorrhagie du centre de l'hémisphère gauche.
Ces cinq observations, recueillies dans l'espace de quelques semaines, sont bien faites pour frapper l'attention. Néanmoins, pour que l'aphasie ait une valeur réelle dans le diagnostic différentiel des filTectionsde l'encépluile, elle doit être accompagnée de quelques autres signes.
Ainsi, lorsque chez un malade ayant perdu subitement connaissance, on voit persister Une hémiplégie avec aphasie, il y a lieu do songer à un ramollissement plutôt qu'à une hémorrhagie cérébrale ; et ce diagnostic sera confirmé par l'existence d'une affection concomitante du cœur et surtout d'u 3 rétréci-
8'i AIMIASIE.
sèment mitral. Au contraire, une hénfiiplégie subite de cau?e cérébrale et sans aphasie est plutôt l'indice d'une hémorrhagie du cerveau ; l'absence de lésion cardiaque appuierait ce diagnostic. C'est là le fait ordinaire et qui s'explique facilement d'ailleurs, le siège d'élection des foyers sanguins du cerveau étant la partie externe du corps strié. Mais il n'en serait plus de môme dans les cas où ils s'étendraient jusqu'aux circonvolutions, ainsi qu'à la partie postérieure du lobe frontal, comme on l'a observé.
Il ressort donc provisoirement, et sauf vérification ultérieure par des faits plus nombreux, que le diagnostic du ramollissement apoplectiforme consécutif à l'oblitération de l'artère de Sylvius pourrait reposer sur la réunion de ces trois conditions symplomatologiques, savoir : les symptômes d'une lésion du cœur ou des gros vaisseaux, une hémiplégie subite et l'aphasie. La persistance des deux derniers, en l'absence d'une affection cardiaque^ permettrait seulement de soupçonner l'existence du ramollissement. C'est là un point de vue très-intéressant. [Gaz. méd., n° 16.)
Aphasie avec tumeurs de l'encéphale. Conlre la localisation du siège de la parole dans les lobes antérieurs ni même à gauche, M. le docteur Ladame produit une statistique de 332 cas de tumeurs de l'encéphale, recueillis et analysés au point de vue de la lésion de la parole. 44 fois seulement elle était troublée, gênée ou abolie dans les rapports suivants :
Tumeurs multiples 52 7
— (lu cervelet 78 5
— (le la protubérance 2G 8
— des pédoncules 7 i
— de la moelle allongée 9 2
— de la fosse moyenne du crâne 13 2
— du corps calleux 4 i
— des lobes antérieurs 27 4
— — moyens 27 5
— — postérieurs 14 1
— des trois lobes 19 2
— des corps stries 15 6
— de la convexité 17 o
— de la glande pituitaire 14 0
— des tubercules quadrijumeaux 2 0
— du quatrième ventricule 4 0
— des pédoncules cérébelleux 2 0
— de la glande pinéale 2 0
APIITHES. 85
On voit à quels résultats subversifs de toute localisation conduit cette statistique. Elle n'est pas moins contraire à la doctrine de M. Dax, car sur les 44 cas d'altération de la pa- -ole, la tumeur siégeait 21 fois à gauche, 4 5 fois à droite et 8 fois des deux côtés. Il n'y a donc, d'après cela, aucune loi à établir sur ce sujet. {Gaz. des hôpitaux, n" 65.)
Au point de vue médico-légal, il paraît urgent à M. Legrand iu Saulle de prendre des mesures conservatoires pour l'aphasique qui ne sait pas écrire. Et comme l'interdiction ne peut s'appliquer dans ce cas, il propose l'administration provisoire, e conseil judiciaire comme sauvegardant les intérêts suffisamlient. C'est ainsi qu'il l'a conseillé, pour un aphasique ne Douvant plus écrire ni prononcer qu'un affreux juron, hémiplégique depuis cinq ans, marié sous le régime de la commulauté, père de trois enfants et dont la femme consentait légèrement des dépenses ruineuses.
Le mariage pourrait être consacré au même titre que celui ies sourds-muets, après s'être assuré du désir formel du malade.
Quant au pouvoir de tester, la difficulté est plus grande, à cause de cette disposition à prononcer et à écrire un mot pour m autre. Aussi le testament olographe de ces malades est touours fragile et il vaut mieux qu'il soit notarié. (Soc. deméi. 'Pratique, et Gaz des hôp., n" 37.)
APIIOME. Un remède singulier est préconisé par le docteur l^olaprete : c'est l'ail trituré avec de l'axonge et appliqué en ?uise de sinapisme, durant une nuit, au début, sous la plante des pieds. Exerçant dans une localité où les variations de température sont aussi brusques que sensibles, il emploie ce moyen ivec succès depuis cinq ans contre les enrouements qu'il a 'occasion d'observer. [Imparziale, n° 7.) 11 s'agit sans doute de ces aphonies subites, passagères, résultat d'un refroidissement, contre lesquelles un révulsif est tout rationnel. Et celte nterprétation est d'autant plus probable que ce remède infailible, dit l'auteur, contre l'aphonie récente devient impuissant orsqu'elle est chronique.
APIITHES. Leur apparition dans le cours des maladies, îussi bien que dans tout autre état, est le signe de l'autophaîjsme suivant le docteur Mourgue. En indiquant que l'orgalisme se mange, se dévore lui-même, celte production parasi-
Al'HTHONGlE.
lairo porto ainsi l'enseignement de son remède : l'alimonlalion. Dans les maladies aigiiiis, notamment, ce serait un signe précieux pour faire cesser la dicte. (Gaz. deshôp., n" 131). Tduli;fois, faut-il détruire cette végétation sur place par une médication topique ; la reconstitution de l'économie ne suffisant pas pour la faire disparaître dès qu'elle y est implantée,
APIITIIOIVGIE. Nom nouveau créé par le docteur de Fleury, indiquant à la fois une lésion de la parole articulée et un trouble de la phonation dont il fait une espèce nouvelle d'aphasie. Voy. ce MOT.
Un cas très-reinarquable en a été observé par lui à l'hospice des Incurables de Bordeaux, qui semble faire de cette maladie une espèce nouvelle à joindre à celles créées par M. Jaccoud. Chez un garçon de vingt-six ans, vigoureux, robuste, des angineS' tonsillaires se répèlent très-fréquemment et le font entrer à. l'hôpital jusqu'à deux fois par mois, et consécutivement il est pris d'accidents nerveux, de spasmes avec trouble de la parole; des phénomènes d'asphyxie ont lieu pendant ces accès, qui \ ont recourir à l'excision de l'amygdale gauche hypertrophiée. Aussitôt l'épilepsie éclate avec tousses caractères, et Ernest i devient tolalement^muet et aphone, ne pouvant articuler aucun.» son ni haut ni bas. La langue et les lèvres ont conservé touss leurs mouvements.
Entré un an après à l'hospice des Incurables pour un de ces^ maux de gorge périodiques, ce malade présente l'amygdaler droite très-hypertrophiée, congestionnée, d'un rouge violacéi' ainsi que toute l'arrière-gorge. Il se plaint d'avaler difficile», ment et de ne plus trouver de goût aux aliments. Les attaques-^ d'épilepsie sont journalières et dans l'état permanent de congestion sanguine qui existe vers le pôle supérieur, les phénomènes? d'asphyxie pendant les accès font recourir à l'emploi des gar— garismes astringents, 12 sangsues à la gorge et ensuite \ 5 aun siège avec quelques adjuvants. Aussitôt on voit revenir graduellement la parole, tellement qu'il est devenu chantre à la.', chapelle de l'hôpital, où il reste, à cause de ses accès d'épilepsiec qui n'ont nullement diminué. {J. de méd. de Bordeaux.)
Une élucidation complète de ce fait curieux en le distinguant; des autres espèces d'aphasie et des diverses affections avec lesquelles on pourrait le confondre, en fait un travail remarquable et qui montre un médecin aussi instruit que familier avec ces*