COQUELUCHE
premier, l'a préconisé, semble en donner l'énigme par les succès de l'un de ses composés, l'hydrophényle ou benzine. Une épidémie ayant éclaté à Schwabach, et le docteur Loehner, qui observa 43 enfants, 23 garçons et 20 filles, ne pouvant les soumettre tous à l'inhalation du gaz, administra la benzine à
1 l'intérieur à la dose de 1 0 à 4 5 gouttes par jour, soit seule dans un verre d'eau sucrée, soit en émulsion , et pour en aider
1 l'action, il en projetait quelques gouttes sur le lit de l'enfant
I pour la nuit. Les accès diminuèrent ainsi rapidement de
1 nombre et d'intensité. Parmi les différents faits cités à l'appui, en voici un qui servira de spécimen :
Chez une petite fille de quatre ans, souffrant depuis trois semaines de toux catarrhale, et prise d'accès de coqueluche qui
; augmentaient chaque jour de force et de durée, l'ipéca, l'am' monium, la morphine et autres agents avaient été administrés sans succès, lorsque, le 1 1 et le 1 2 septembre 1 864, quelques
I gouttes d'hydrophényle furent administrées trois fois par jour.
5 Les accès s'élevèrent ces deux jours de 22 à 24. Le 1 3, il n'y en eut plus que <3, encore avec vomissements ; et dès le 14, ils tombaient à 5, et l'enfant dormit parfaitement la nuit pour la première fois. L'amélioration continua jusqu'au 21, que l'enfant fut quittée comme guérie. (J. de viéd. et de chir. de Bmx., avril.)
Il semblerait que c'est donc là un succédané de l'inhalation du gaz d'éclairage et, par conséquent, du gazéol, qui, selon M. Burin du Buisson, en est la partie médicamenteuse. Beaucoup plus facile à employer, son usage contre les trichines eti montre l'innocuité. Son odeur pénélranle est seule un inconvénient; mais n'est-il pas possible de l'atténuer ou de la faire disparaître, si ce moyen n'existe déjà?
Les succès tant vantés par quelques médecins, de l'inhala- '.lion de l'air des salles d'épuration du gaz contre la coqueluche, ont aussi conduit MM. Deschamps (d'Avallon) et Adrian à en I faire l'analyse. Dès leur entrée dans l'usine à gaz de Saint- I Mandé, ils furent frappés de l'odeur ammoniacale et goudronj neuse qui s'exhalait. Le papier de tournesol exposé dans cette I atmosphère devint instantanément bleu en le mouillant de deux ou trois gouttes d'eau distillée, ce qui indiquait une alca- I Unité prononcée. Après plusieurs expériences sur la matière I retirée d'une cuvo d'évaporaiiôn, ils ont conclu qu'elle dégage des vapeurs d'ammoniaque et de goudron, qui seraient ainsi les
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principes actifs médicinaux de l'erficacité de ces inhalations, si elle existe, conlre la coqueluche.
Il serait donc facile aux médecins privés d'usines à gaz, et môme à ceux qui en ont à leur portée, de soumettre leurs malades, sans les déplacer, à l'action de ces agents à l'aide de la formule suivante :
Cliaux vive 100 grammes.
Clilorliyclrate d'ammoniaque ... 100 —
Eau 300 —
Coaltar 150 —
Sablon 2000 —
Faites déliter la chaux, versez le coaltar sur 1000 grammes de sablon, mélangez la chaux, le chlorhydrate et l'eau, ajoutez le sablon et le coaltar, triturez et mêlez intimement. On peut ainsi augmenter ou diminuer à volonté l'énergie de ce mélange suivant l'excitabilité des malades bien mieux que dans une salle d'épuration." (iïu//. de Ihérap., n° 6.)
Narcéine. La puissance sédative et hypnotique de ce médicament constatée contre la toux nocturne des phthisiques, l'a fait employer à l'hôpital des Enfants contre la coqueluche. Chez une petite fille de quatre ans, atteinte depuis trois semaines environ, avec ulcération blanc grisâtre du frein de la langue, et dont le sirop de belladone ni l'inhalation du gaz d'éclairage n'avaient pu modifier les nombreuses quintes suivies de vomissements le jour et la nuit, il suffit d'une cuillerée de sirop de narcéine (voy. Narcéine) le soir pour que, dès le troisième jour, le sommeil fût complet, les quintes de nuit, au nombre de trois, tirent complètement défaut, et celles de jour, au nombre de cinq à six, furent réduites à deux. Une rougeole intercurrente empêcha seule de rendre la guérison complète,, car chez un petit garçon de trois mois et demi, dans les mêmes conditions, ce médicament à la dose de 30 grammes, soit un centigramme et demi de narcéine, produisit ce résultat en quelques jours. Après dix jours d'usage, les dix quintes suivies de vomissements dans la journée étaient réduites à trois sans vomissements, avec un sommeil tranquille toute la nuit. De telle sorte qu'en admettant même le decursus naturel de l'affection, il est impossible de ne pas voir là une action réelle du médicament {Gaz. des hôp., n° 38). Sa facilité d'administra-