COXALGIE
lion et son innocuité méritent donc de l'expérimenler de |iréférence à tous les autres.
CORYZA. Plus un mal est fréquent et plus le remède doit être simple, facile et connu, pour être à la portée de tout le monde. C'est ainsi que nous signalons les inhalations d'iode contre le rhume de cerveau, d'après M. Luc, médecin militaire, qui les a employées avec succès sur lui-même, avec la précaution de faire vaporiser l'iode en chauffant le flacon dans sa main. En aspirant ainsi les vapeurs une heure durant par intervalles de trois minutes, le mal de tête diminue, les élernuments s'éloignent, la sécrétion se tarit, et malgré un sentiment de brûlure à la gorge, le coryza, qui avait débuté à neuf heures avec une violente intensité, avait disparu à six heures du soir. Plusieurs autres personnes s'en sont également bien trouvées. (Recueil des Mém . deméd,et dechir. mil., février.)
Nous faisons mieux que guérir le copyza, dit M. Diday; nous le prévenons. A la première sensation de froid intranasal, au premier éternument, qui vous annoncent que vous allez être pris, frottez-vous vivement, très-vivement la nuque à plusieurs reprises, de manière à ce que' celte friction rougisse la peau, et vous voilà préservé. {Gaz. méd. de Lyon, n° 23.)
COXALGIE. La perle ou la diminution du mouvement d'abduction du membre en est le meilleur signe et le plus constant, a dit M. Verneuil dans la discussion qu'il a soulevée sur ce sujet à la Sociélé de chirurgie, en \ 865. 11 fait trois formes principales de cette affection : sorofuleuse, rhumatismale et spasmodique; mais cette dernière est niée par MM. Dolbeau, Marjolin et Giraldès. Les exemples cités sont, suivant eux, des contractures musculaires d'origine hystérique. Suivant ce dernier, une division distinguant la coxalgie en celle qui débute par la membrane synoviale et celle qui débute par les os est beaucoup plus conforme à l'étal des connaissances sur ce sujet.
M. Marjolin e>t partisan de la résection, qu'il voudrait voir entrer dans la pratique, et il présente à ce sujet une tête de fémur réséquée à un enfant. Considérant, au contraire, l'alléralion concomiltante de l'os coxal et les récidives si fréquentes de la maladie chez les coxal-i.iues, la plupart infectés de scrofules jusque dans la moelle des os, M. Demarquay penche vers l'abstention, (Soc. de c/ur,, mai.)
COXALOIK.
Coxalgie hystérique. Inooulalion d'alropine. Un exemple de celte nouvelle espèce, étudiée et signalée pour la première fois par Brodie, en 1830, a été observé par M. Chabaliersur une fille hystérique au suprême degré. Preuve irrécusable de la réalité de la variété spasmodique si bien défendue par M. Verneuil. N'ayant obtenu aucun succès des diverses médications usitées, le chirurgien lyonnais recourut à l'inoculation hypodermique de la solution d'atropine au centième, malgré la contre-indication de ce médicament chez les hystériques (voy. HvsTÉRiiî). Il fit huit piqûres avec une lancette sur la partie douloureuse et y déposa la solution. Au bout d'une heure, les douleurs disparurent , et grâce à l'immobilité de la cuisse . la malade put dormir. Du 20 février au 25 mars, dix-huit accès s'étant renouvelés avec la même intensité, ont tous été vaincus aussitôt par le nouveau moyen d'inoculation, en portant les piqûres jusqu'à quinze, tantôt au pli de l'aine, tantôt sur la partie antérieure externe ou postérieure de l'article, sans que jamais aucun accident soit survenu du côté des centres ner* veux. I
Chaque accès avait pour prodromes la boule hystérique, une agitation générale avec changement moral complet. Les signes de chlorose indiquaient d'ailleurs un traitement tonique. Grâce à ce traitement dans l'intervalle des accès, la malade prit de l'embonpoint, et les accès diminuèrent à mesure qu'elle se rétablissait ainsi pour cesser complètement. [Gaz. méd. de Lyon, n" 2i.)
Diagnostic L'épreuve de l'anesthésie ne suffit pas à prévenir toute erreur à cet égard. Chez la malade de M. Verneuil, où tous les signes classiques de la coxalgie étaient disparus complètement et à diverses reprises pendant un à deux mois 80US le bénéfice de cette épreuve, un érysipèle erratique moriel s'étant développé à la suite d'une cautérisation ponctuée locale, l'autopsie montra les surfaces articulaires coxo-fémorales saines, mais il existait le long des vaisseaux iliaques un chapelet ganglionnaire probablement tuberculeux, conduisant à un abcès de la fosse iliaque, lequel a mis sur la trace d'une lésion osseusô méconnue du vivant de la malade. Le sacrum, au niveau delà symphyse sacro-iliaque, présentait un séquesire, résultat d'une ostéite suppurée. 11 existait une mobilité très-notable de la symphyse, dont toute la surface était couverte de fongosités. En
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isomme, c élait là une sacro-coxalgie symplomaliqiio d'une allération du lissu osseux, due à une inflammation suppurative du
rsacrum, propagée aux parties voisines, nouvel exemple de la confusion qui peut être faite entre la coxalgie et d'autres lésions ayant pour siège les parties voisines de rarliculalion de la
: hanche. (Soc. de chir., décembre.)
(I Do la Coxalgie, de sa nature, de son traitement, par les docileurs Martin et Coliineau. Ouvrage couronné par l'Académie des 1! sciences. Un vol. in-8° de 550 pages et 30 gravures inlerca- ■ lées dans le texte,
I CRANIOTOMIE. Voy. Dystocie.
, CRÉTIiVISME. UUiilé du café. M. le docteur Cliabrand a iremarqué la diminution graduelle des crétins dans l'arrondisser ment deBriançon, co'incidant avec l'usage du café, qui s'est répandu dans les hameaux les plus écartés et les plus pauvres. Par ses propriétés stimulantes, le café ne peut en effet qu'agir favorablement dans ce cas, en sollicitant les fonctions digeslives et d'assimilation. 11 rend plus stables les éléments de l'orj^anisme, suivant M. de Gasparin, et l'on cite à l'appui les ouvriers des houillères de Charleroi, qui , par l'usage d'une soupe au café, trois à quatre fois par jour, suppléent ainsi à ^jOO grammes de nourriture de moins que la ration ordinaire {Joitrn. de chim. nie'd., février). Les marins, qui font aussi un grand usage du café noir, en sont un autre exemple. Il réveille ainsi les facultés intellectuelles, et l'on ne saurait trop répandre cotte denrée coloniale au plus bas prix possible parmi les populations crétinifères.
CROUP. Traitement. Nitrate d'argent à hnule dose. Auprès d une enfant de quatre ans arrivée à la période extrême du rroup et qu'un médecin appelé la veille avait déclarée perdue, M, Schœvers (de Lnhaye), raisonne ainsi : «N'est-ce pas là un processus inflammatoire exsudatif que je n'hésiterais pas à traiter avec le nitrate d'argent solide, si je pouvais en atteindre directement le siège pour modiiier la vitalité excessive et arrêter la tendance sécréloire du produit plastique qui menace l'oxistence do l'individu atteint? Et, me fondant sur Tomfdoi (lue l'on fait journellement avec succès de co puissant modifi-
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cateur en injections dans la vessie, en collyres dans certaines ophlhalmies, et dans bien d'autres cas, je résolus d'en tenter immédiatement l'usage interne, comptant sur la contiguïté de la muqueuse pliaryngo-laryngienne pour arriver au but que je me proposais. Je comptais aussi sur la perturbation qui allait résulter d'une profonde cautérisation dans toutes les parties voisines pour arrêter le travail morbide du larynx, espérant que les mucosités abondantes qui tapissent ce conduit, et qui déterminent si souvent l'asphyxie , préviendraient l'agglutination de ses parois.
•» Sans doute, c'était un poison actif, violent, que j'allais introduire dans l'estomac, et qui pouvait être aussi funeste que la maladie elle-même ; mais, en réfléchissant aussi aux dangers que me présentait l'opération dans l'e.vécution des soins consécutifs, si importants pour son succès, comme le changement des canules pour leur neitoyage, l'enlèvement des mucosités, et qui devaient être laissés au dévouement de simples paysans, je n'hésitai pas. Seulement, pour prévenir l'effet toxique du nitrate d'argent dans l'estomac et le neutraliser, je fis prendre d'avance, et simultanément, quelques cuillerées d'eau salée, antidote aussi simple que puissant.
» Je prescrivis dès lors 1 gramme de nitrale d'argent dans 60 cCeau distillée, dont on donna de suite une demi-cuillerée à bouche, et autant une demi-heure après, pour continuer par cuillerée à café toutes les vingt minutes. Que l'on juge de mon émotion en retournant visiter l'enfant le soir, après une telle prescription ! Je trouvai la scène complètement changée : la figure des parents était radieuse et la petite malade dormait tranquillement depuis une heure, et, bien que la respiration fût encore laborieuse et croupale, la position était celle d'un enfant qui dort sans souffrir. Elle était couchée sur le côlé droit, un peu courbée en avant. La face était encore un peu livide, mais le pouls, de 140 le matin, était tombé à HO. La bouche était fermée, bien que le mouvement des ailes du nez annonçât que la respiration n'était pas encore libre. 'Voici ce qui s'était passé :
» La première cuillerée, avalée d'un trait, avait déterminé immédiatement une telle suffocation, que l'enfant se dressa sur le lit, les yeux saillants, exprimant la plus cruelle angoisse, la» bouche béante, en proie à de violents efforts de vomissement sans résultat, et, dans la terreur du sentiment d'étranglement
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qu'elle éprouvait, refusant tout secours, elle alla retomber à l'autre bout de l'alcôve et s'y accroupit. A cet instant de cruelle angoisse succéda le calme, dont on profita pour coucher l enfant où elle se trouvait. La seconde cuillerée, prise sans résistance, n'avait produit rien de semblable à la première ; l'anxiété avait diminué comme aux suivantes, et bientôt le sommeil était survenu, il ne restait qu'une petite quantité de la solution argentique ; j'en fis continuer l'usage par 1 0 gouttes d'heure en heure, avec intermède d'eau salée, et la continuation des vapeurs d'eau chaude dans l'alcôve.
» Le lendemain dimanche, l'enfant est dans un élat très-satisfaisant. Elle a beaucoup dormi ; deux salles liquides noirâtres avec Qocons blanchâtres ont eu lieu sans coliques manifestes ; point de dyspnée; le bruit croupal est encore reconnaissable, surtout après avoir bu ; toux légère ayant le même caractère. La figure ne trahit aucune souffrance. Les lèvres, la bouche, la base de la langue et toute la gorge sont tapissées d'une peau blanche très-épaisse, paraissant l'effet du caustique; néanmoins la déglutition des liquides n'en est nullement gênée ; mais il y a aphonie, et l'enfant refuse obstinément toute nourriture.
» L'eau salée est continuée alternativement avec une potion adoucissante et les fumigations tièdes.
» Le soir, l'enfant est encore mieux ; elle a reposé, pouls à 100; chaleur normale; peau humide; la voix, très-enrouée, commence à revenir. Aucune douleur ne se manifeste dans l'abdomen ; expression calme ; joues légèrement colorées.
» La convalescence fut courte et heureuse. » f Union méd., n° 9 . )
Ce fait est d'accord avec les succès obtenus par M. Casali, de Heggio, à l'aide des injections nasales avec cet agent. Il en explique même l'action par la pénétration totale ou partielle, aussi bien dans le pharynx que dans l'arrière-gorge et le larynx, et qui provoque la suffocation et l'expectoration qui se produisent immédiatement. Cette pénétration n'est sans doute pas aussi certaine qu'en l'administrant par la bouche, et c'est ainsi que sur 1 2 cas, l'auteur n'a obtenu que 5 succès {Imparziale, p. iOo). La dose ordinaire est de 10 centigrammes de nitrate d'argent pour 10 grammes d'eau. Que l'on soit d'accord ou non sur la pénétration de cette solution, contestée par M. Biocliin, le fait précédent en montre l'innocuité.
Jus de citron. C'est à son action topique plutôt que générale que
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M. Révillout fil 6 attribue ses succès. Il en fait usage à cet effet en gargarisme à très-haule close, car il emploie, au début, jusqu'à quatre citrons par liouro, (Joutil fait tomber lojus en partie clans l'arrière-gorge, afin d'agir sur le pharynx par la déglulition. No pouvant être porté ni sur le Inrynx ni sur la trachée, il n'est pas applicable dans celte forme de la diphthérite. Cette médication est très-douloureuse; mais sous son influence, ditil, l'engorgement inflammatoire ne tarde pas à céder, de sorte que les fausses membranes se plissent et tombent ordinairement vingt-quatre ou trente-six heures après le début du traitement; on diminue graduellement la dose du médicament, de manière à n'employer que le jus de trois, deux et même un citron par heure. Les fausses membranes deviennent de plus en plus minces en se reproduisant, et la maladie guérit ainsi. {Acad. de méd. )
La quantité de citrons nécessaire à la cure est évaluée, en moyenne, à cent quatre-vingts ou deux cents. Évidemment, une solution d'acide citrique, dont l'effet doit être semblable, serait bien plus simple et économique. En tous cas, portée à ce degré de force, celte médication a tous les dangers clés cautérisations, aujourd hui généralement abandonnées.
Devant les bons effets de ce moyen dans la pourriture d'hôpital, le docteur Soulé (de Bordeaux) l'avait heureusement appliqué dans un cas de pharyngite couenneuse dès 1 863.
M. Chatard en a également rapporté un succès très-remarquable à la Société de médecine de Bordeaux le 24 juillet, obtenu chez une petite fille de cinq ans et demi, atteinte d'une laryngite couenneuse. En faisant gargariser l'enfatil toutes les demi-heures le premier jour, une fausse membrane tabulée de 2 centimètres de long fut rendue spontanément. Un vomitif de 25 centigrammes de sulfate de cuivre en fit rendre d'autres, et les gargarismes au suc de citron étant continués les deux jours suivants, l'enfant guérit; soixante-dix-sept citrons furent em* ployés. [Unionméd. delà Gironde, septembre.)
Le docteur Lauton dit avoir sauvé presque tous ses malades en leur administrant une cuillerée d'heure en heure de la potion suivante ;
^ Suc de citron 30 grammes.
Bulbe d'ail 20 —
Eau de menthe poivrée ihO —
Sirop (implo. ...••<...>.. 30 — Sucre i5 —
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L'ail et le citron sont en effet de puissants antiseptiques, peut-être trop délaissés.
Eau de chaux. Son pouvoir dissolvant des membranes diph- Ihériliques, annoncé par M. Kiichenmeister (de Dresde), a été confirmé expérimentalement et cliniquement par le professeur Biermer (de Berne). Ainsi, des pseudo-membranes fort étendues et épaisses de 2 millimètres, durcies par un séjour de vingt-quatre heures dans l'alcool, se sont évanouies comme par enchantement sous les yeux des élèves, en les plaçant pendant dix à quinze minutes dans un verre d'eau de chaux. 11 ne restait qu'un sédiment très-léger au fond du verre. Chez une fille de dix-sept ans, atteinte du croup depuis quatre jours, suffoquée, cyanotiqus et insensible lors de son entrée à l'hôpital le 13 mars 1864, ce moyen fut également employé en irrigations dans la gorge, "^et parut amener une amélioration sensible aux yeux de M. Biermer et de ses élèves. Celte conclusion n'est pourtant pas rigoureuse, car plusieurs autres moyens avaient été employés préalablement avec un commencement de succès. Mais d'autres faits étant venus s'y joindre depuis, notamment celui d'un enfant de trois ans et demi atteint d'une pharyngolaryngite diphlhérilique, traité avec succès par M. Kuchenmeister, et un autre de quatre ans et demi, par M. Brauser, avec le même résultat, on peut tenter avec confiance l'emploi de ce moyen.
Toutefois, plusieurs objections sont faites à son action par M. Kuchenmeister, qui se demande si l'eau de chaux n'est pas décomposée par l'acide carbonique expiré. Quoi qu'il en soit, il convient que l'eau des inhalations soit chaude, sans décider si l'amélioration est due à la chaleur humide depuis longtemps reconnue efficace ou aux propriétés dissolvantes de l'eau de chaux. [Gaz. hebd.i^ n" 13.)
Inoculation. Le docteur Mazolto l'a pratiquée 16 fois dans un but curalif dès l'invasion de l'angine, et 20 fois dans un but préventif sur des sujets vivant dans un foyer d'épidémie diphthéritique et en contact avec des individus atteints de celte maladie.
Or, chez les premiers, avec l'emploi des moyens ordinaires de traitement, la maladie se montra bénigne, et chez les autres, deux furent alleinis, l'un vingt jours et l'autre vingt-deux jours après l'inoculation ; mais la diphlhérite fut fort peu grave,