‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 50 sur 149 · DIATHÈSE · texte numérisé non relu

DIATHÈSE

en délayant le fluide gastrique, de manière à annuler ses propriétés; trop irritantes, comme les vins purs, surtout en certaine quantité, les liqueurs alcooliques, l'absinthe, etc ; le café n'est pas à l'abri de ce reproche.

Les personnes atteintes de gastro-entérite chronique voient très-souvent, pour peu qu'elles mangent, de l'acide urique et surtout des urates en abondance, dans l'urine. Des personnes condamnées à rester au lit par une maladie, une fracture, etc., doivent précisément à un dérangement des fonctions digestives, d'éprouver les douleurs de la goutte ou de la pierre, que l'on qualifie alors du nom de douleurs rhumatismales^ de goutte rhumatismale, ou de rhumatisme goutteux.

L'inaction, aussi bien que les exercices violents après les repas, favorisent aussi la formation de l'acide urique. Les excès vénériens, surtout dans les mêmes circonstances, exercent l'influence la plus funeste ; il en est de même des chagrins opiniâtres, des insomnies, des contentions d'esprit.

Entre autres effets de la diathèse urique, sont : l'augmentation de la densité du sang et la gêne de la circulation, la pléthore, Iri dyspnée, l'oppression, des accès d'asthme, des battements de cœur, des troubles de sécrétion, la dilatation et quelquefois la flexuosité des vaisseaux, leur état variqueux, l'altération des os et les concrétions solides.

Les goutteux sont sujets non-seulement aux congestions cérébrales, aux apoplexies, aux ramollissements du cerveau, mais aussi aux maladies de la moelle épinière, surtout dans sa région terminale. L'abus des organes sexuels en est la cause par la phlogose qu'il détermine.

La diathèse urique détermine l'accroissement du tissu cellulaire et l'obésité, des éruptions herpétiques, le pityriasis, des furoncles, l'anthrax, etc.

L'irritation des rein', de la vessie, de l'urèthre, leur inflammation et ses conséquences peuvent aussi en être la suite. Delà, la dysurie et même l;i rétention d'urine, par la contraction de la valvule musculaire du col de la vessie, le spasme, la contracture et jusqu'à la rétraction des muscles qui agissent sur la région membraneuse.

Enfin, la diathèse urique peut non-seulement occasionner l'impuissance, mais aussi la spermatorrhée. Chez la femme, elle détermine la diminution et môme la suppression des menstrues. (Soc. méd. du Panthéon.)

DIPHTHÊRITE. 213

DIPHTHÉRITE. Sur plus de 3000 cas que M. Bridger dit avoir observés en moins de trois ans, il a rencontré plus de deux cents fois une couleur rouge des valvules awriculo-veniriculaires et un aspect rugueux, épaissi, comme gi un dépôt interstitiel s'était produit entre leur insertion autour de l'ouverture ventriculaire et leur attache aux cordes tendineuses du rœur. La lésion occupait une ou deux valvules, plus ou moins, selon la gravité du cas et selon le temps qui s'est écoulé entre le début des symptômes cardiaques et la mort.

L'invasion de ces symptômes a lieu tantôt au commencement de la diphthérite, tantôt à la fin, alors que le malade paraît aller mieux; ce sont une contenance anxieuse, respiralion précipitée, pouls de 20 à ! 70, sensibilité de la région précordiale, mais pas de douleur, si ce n'est à la pression. Un léger murmure au sommet du cœur a été constaté quatre fois, il a duré deux fois une semaine, une fois plusieurs mois.

C'est parfois sous forme d'accès que ces symptômes se présentent avec une gravité qui exige l'emploi immédiat de stimulants diffusibles et des sinfipismes, qu'il faut continuer jusqu'à la cessation des plus graves accidents. La durée de cet état varie de trois à sept jours. [British nied. Journ.^ 1 864.)

Diphthérite infectieuse. Un beau succès a été obtenu par M. Bricheteau en employantle vin à haute dose chez un enfant de trois ans atteint le l"'' novembre et admis le 7 à l'hôpital des Enfants, où il fut immédiatement trachéotomisé. Toute menace d'asphyxie disparaît aussitôt ; mais les ganglions sousmaxillaires sont engorgés ; des fausses membranes molles, grisâtres, fétides, tapissent les amygdales, les piliers antérieurs et le pharynx ; quelques-unes sont expulsées. Le pouls est à 140.

Le 9, l'enfant est abattu, prostré, faciès livide; la surface d'un vésicatoire se recouvre de fausses membranes. Néanmoins on retire la canule le M , et la plaie a bon aspect. Mais l'état général reste grave; l'enfant refuse toute alimentation et ne

j prend que du vin sucré.

Le 1 4, il y a dyspnée, respiration fréquente, bruyante, trachéale, râles vibrants dans les deux poumons, et la déglutition 'des liquides produit parfois des quintes de toux pénibles. C'est 'alors que sur le conseil même du chef de service, M. Roger, l'enfant est emporté de l'hôpital le lendemain dans unoprostra-

DIPLOPIE.

lion extrême, pouls à 144, respiration sèche, assez bruyante* rftles à grosses bulles dans les deux poumons, surtout en arrière avec souffle s la base. Des fausses membranes grisâtres trèsadhérenles recouvrent le vésicatoire, qui est pansé avec quinquina, calomel et bismuth.

Devant le refus de toute nourriture par l'enfant, M. Bricheteau lui fait donner du vin à discrétion. Dès le 16, il boit une bouteille de bordeaux avec addition de 50 grammes d eau- devie, autant le lendemain, et une bouteille et demie le 18, et l'état général s'améliore d'une manière sensible sous l'influence de cette médication exclusive. Il en est de même des signes locaux, et en diminuant cette dose énorme de vin à mesure que l'appétit revient, la guérison de cette intoxication diphthéritique est complète au commencement de janvier. [Gaz. (les hôp. , n" 3.)

DIPLOPIE. Monoculaire, cette altération de la vue est parfois le signe d'une aflFeclion cérébelleuse et peut servir, unie à d'autres, a en établir le diagnostic. Ce point étant généralement contesté, les deux observations suivantes, recueillies par M. Galezowski, ont une importance pratique qui n'échappera à personne.

I. Un journalier de vingt-neuf ans entre à l'Hôtel-Dieu en novembre 1 864, salle Sainte-.4gnès, n" 19. Un mois avant, il avait ressenti pour la première fois un élourdissement avant le dîner et était tombé sans connaissance en le finissant. Quoique l'accident fût dissipé le lendemain, il n'a commencé à marcher que huit jours après. Quinze jours plus tard, surviennent des vomissements pendant trois jours et une nouvelle attaque semblable. En examinant ce malade, M. le docteur Peler, chef de clinique de la Faculté de Paris, a pu constater une hémiplégie incomplète droite, atTaiblissement notable de la main, douleurs de tête très-violentes dans la région occipitale, souvent des verliges : pendant quelques jours, accès de folie. L'intelligence est conservée, mais la mémoire est sensiblement déprimée. La vue de l'œil droit est notablement affaiblie, le champ visuel périphérique esi rétréci. La pupille est dilatée et immobile. De ce même œil i! voit double à toutes les dislances, et les images ne sont écartées que de 6 centimètres; cet écarlement augmente très-peu pour les objets éloignés, et en regardant par exemple le poêle placé à six pas, il je voit double. Vers IV^-

DIPLOPIÈ.

tréme droite OU l'extrême gauche, même écartement des images. La diplopie persiste en le faisant regarder à travers un trou d'épingle lait dans une carie. Ce malade est resté dans le service pendant deux mois, et il en est sorti un peu amélioré. Vers les derniers jours, la diplopie monoculaire n'existait plus. A l'ophtlialmoscope on ne trouvait qu'un peu de congestion capillaire externe plus prononcée de la papille.

II. Un tabletier, âgé de vingt et un ans, entré à l'Hôlel- Dieu,dans le service de M. Rostan, en 1864, fut soigné par M. Lancereaux, chef de clinique.

Il raconte que c'était au mois d'août 4 857 qu'il était tombé pour la première fois malade : il a eu une attaque nerveuse qui l'a fait tomber en avant, et resta huit minutes dans cette position. En se relevant, il a senti un mal de tête dan? la région occipitale. Des vomissements apparurent et durèrent pendant cinq mois. Pendant ce temps, il tombait souvent, et toujours sur le côté droit. La mémoire s'est sensiblement affaiblie. La vue s'est troublée dans l'œil droit depuis le commencement de la maladie. Il voit double de cet œil, et les images ne sont éloignées que de 5 centimètres l'une de l'autre. Il n'y avait aucun trouble dans les muscles externes des deux yeux, et ,(pl s'agissait évidemment là delà diplopie monoculaire. L'ophthal- 'jraoscope n'a rien révélé. M. Lancereaux a diagnostiqué une t affection cérébelleuse.

)| Ces faits démontrent clairement que la diplopie uni-oculaire Jpeut quelquefois être attribuée à un désordre cérébral. j| Cette cause paraît très-rationnelle, et elle est confirmée par ilquelques faits bien observés dont voici le résumé ; et l'on peut ' en trouver l'explication dans la disposition des fibres ner^ veuses qui constituent l'organe essentiel de la vision. On 5ait, en effet, que chaque nerf optique est composé de deux bandelettes bien distinctes, l'une externe, qui vient de l'hémisphère correspondant, et l'autre interne , qui prend son origine dans l'hémisphère opposé. Pour qu'un objet soit nettement perçu, il faut que l'image rétinienne arrive simultanément aux deux hémisphères, représentés pour la vision par les tubercules quadrijumeaux. Or, il peut arriver qu'un léger :)bstacle se trouve le long du trajet que parcourt la bandelette optique, et que l'impression rétinienne arrive un peu plus tard a un hémisphère qu'îi l'autre; ce retard pourra peut-être pro-» luire l'impression double dans le centre visuel avec un intef-

Page 1