‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 52 sur 149 · DYSENTERIE · texte numérisé non relu

DYSENTERIE

piques stupéfiants, soit que la perturbation produite par l'action successive de ces deux médications opposées puisse être invoquée, toujours est-il qu'il en a observé les meilleurs effets.

Par sa simplicité et sa facilité d'exécution, ce procédé peut être essayé préférablement à la méthode stupéfiante endermique, l'acupuncture multiple et simultanée, les injections hypodermiques, beaucoup plus compliquées et moins facilement appréciables. {Bull, de thérap., n° 5.)

DYSENTERIE. L'influence nocive d'un cloaque sur sa production a été constatée expérimentalement par le docteur Clouston, médecin de l'asile de Cumberland. Les matières contenues dans ce cloaque servaient à l'irrigation d'un champ situé à proximité de l'asile. Quand le vent soufflait de ce champ vers l'asile, les cas de dysenterie se produisaient invariablement environ après huii jours d'incubation. [Med. Times, juin.)

Traitement. Calomel. Comme Magendie l'a fait en physiologie, M. Pécholier, faisant table rase de tout ce qui a été admis avant lui en thérapeutique, prétend n'établir son jugement que d'après ses expériences personnelles, comme si lui seul pouvait êlre'infaillible. De là celles qu'il a faites notamment chez des militaires de la garnison de Montpellier, sur l'emploi du calomel dans la dysenterie, pour en déterminer les indications et les inconvénients.

L'emploi doit en être réservé, suivant lui, à la dysenterie aiguë, fébrile, de nature calarrhale, avec prédominance plus ou moins inflammatoire, et complication bilieuse, laquelle se manifeste spécialement dans la saison chaude. Les huit observalions qu'il rapporte offrent le type de cette variété. Ainsi les malades avaient le teint et la sclérotique plus ou moins jaunes, de l'anorexie, des nausées; la langue était sale et parfois jaunâtre à la base, l'hypochondre droit en certains cas douloureux : ce qui faisait penser aussitôt à l'emploi d'un vomitif ou d'un purgatif. M;.ns il y avait en même temps de la fièvre, la peau était chaude, le pouls fréquent, le pourtour de la langue rouge, l'enduit buccal adhérent, les douleurs abdominales vives, les matières rendues brûlantes et très-peu copieuses; ce qui dénotait un état d'irritation qui faisait redouter les effets des évacuants et indiquait au contraire les émissions sanguines. Pourtant le pouls, facilement dépressible, montrait qu'il fallait y

dVsëniëkie.

rëcobHr aVeo triëstiré (idur ne pas affaiblir, dépririiët- lés malades, d'âillanL pUië que t'éial saburral des prétnières voies cntfë tenu pâi- la cohslipâtion, peiat prolonger célte irrilàtiOri, celte plilogose séci'étôire .

Éii parfeil bks, le caloiliel se présente nalùi-éilérnent à l'cspril. il purge sans irriter, ét parait même abattre i ei'ëtliismo saii- ^iiiil. Lés dëdx symptômes prédominants sijiit donc combattus rationnellement à la fois.

M. Pécholiera vérifié en effet, par quelques expériences sur des lapins, qiie si, à dose élevée, le calomel est lin irriiaht énergique de la membrane Inuqueuse de l'intestin grêle qlii congestionné violemment lé foie par l'absorption dil mercurfe et petit môme donner la mort, il ri'ést pltis [{U'un excitant local â dose moindre et fractionnée, qui abaissfe les fbrces agissantes, conformérrlent à l'idée que l'on se fait de éon actiorl sur rliomttic. C'est bien comtne purgatif doux, sédalif et antiplaâtique qu'il agit plutôt que comme dérivatif mctiisyncritiqiie, ainsi que l'ont soutenu Breionneau et M. Trousseau. Si à haute dose, il peut produire cette dérivation en substituant à une inilammalion spéciale de mauvaise naliire uiio inllamination franche, ainsi qu'il résulte des expériences et des conclusions des auteurs anglais, cette action ne peut être que très-faible en l'employant à dose tlîèi'apeti tique. l'"lle ne pouvait s"opérer qu'en activant la sécrétion des cryptes inuquous: or l'action n'étant pas direcie, puisque le calomel, comme la plupart des purgatif \ n'agit qiie sur l'intestin grêle alors que la dysenterie est fixe sur le gros iiilestin, la dérivation ne peut être que très-faible, malgré l'analogie et la sympathie des organes entre eux, et il n'y a pas grand crédit à faire, ce nous semble, sur cette action.

Quoi qu'il en soit, le calomel semble particuliërèment approprié à ces cas, et en en adoptant l'emploi, comme règle générale à la dose d'un gramme en cinq à huit paquets à prendre toutes les trois heures, M. Pécholier, a vu le succès couronner sa pi-atique, sauf à faire la médecine du symptôme et à combattre sévèrement les signes les plus tranchés, les complications pour ainsi dire, comme tout praticien prudent et judicieux doit le faire. C'est ainsi qu'il l'a fait précéder, dans quelques cas, de sangsues et ventouses, quand l'éréthisme sanguin est trèsprononcé; de l'opium, quand l'élément douleur prédomine, et de même des autres symptômes, en les analysant comme il l'a fait. Rien dd nouveau donc à cet égard, non plus que de la

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8lomalite qui s'est montrée dans quelqiies cas. Un emploi raisonné, et non systématique, exclusif, empirique, du calomelà la ftianière anglaise, comme antidote de la dysenterie, est tout ce 'qui distingue la pratique de M. Pécholier, et le mémoire qui en ëst l'expression. Mais il tious semble aussi trop absolu, en concluant qu'il est formellement contr'^-indiqué dans la dysenterie vraiment intlammatoirejdu moins au début, dans la dysënterie nerveusô et dans la dysenterie bilieuse simple, pour laquelle les autres évacuants lui paraisseiit préférables. Fondé sur une expérience aussi limitée de cette maladie proléiforme, il n'est pas suffisamment autorisé à en proscrire ainsi l'emploi, surtout soUs une forme Unique, c'est-à-dire à dose purgative, lors même qu'il aurait rencontré tous ces cas dans sa pratique. Qui dit que la méthode de Law, dite altérante, ou même celle d'Annesley, ne réussissent pas mieux en d'autres lieux? Il faut avoir observé, pratiqué dans les divers pays où elle se manifeste avec le plus d'intensité, pour porter un jugement aussi décisif. Aussi les appréciations des médecins militaires et de marine méritent-elles beaucoup plus de crédit à cet égard.

{Des indications de l'emploi du caiomel dans le Iraitemcnf de la dysenteri:^, par le docteur G. Pécholier, agrégé de la Faculté de médecine de Montpellier. In-8.)

DYSMÉNORRHÉE. Il est surtout important d'en déterminer la cause exacte avant d'en commencer le traitement, sinon on s'expose à des déceptions , des mécomptes aussi préjudiciables au médecin qu'à la science elle-même.

Uysmcnorrhéë pliysiqhe. C'eât ainsi que dans un cas de cette variété rare, mais très-importante à connaîtrCj pui^qu'elle peut empoisohrier l'existence dës femmes, une jeune fille fut vainement soumise pendant plusieurs années à des traitements variés, faute d'avoir reconnu l'obstacle mécanique à l'écoulement du sang. Dès le début de la menfetruàtion, elle éprouvait des douleurs vives qui la faisaient se rouler par terre. Sdn père, médecin, recourut inutilement aux catàplasrnes, aux bains, à l'armoise, l'éther. A dix-néuf ans, en ^836, elle fut soumise à des cautériëàtions hebdomadaires qui ne produisirent pdè meilleur effet, et ce n'est qu'en 1 864 que le docteur TillaUjt, appelé â l'eîiàthihèr, diagnostiqua une dysménorrhée physique, d'après l'e-tposé des symptômes suiVatlts :

DYSMÉNORRHÉE.

Bonne sanlé liabiluelle, mais à chaque époque, trois ou quatre jours avant l'apparition du sang, sensation d'un poids considérable dans le bas-ventre avec malaise général. L'irruption des premières gouttes do sang était accompagnée de douleurs atroces. Coliques extrêmement intenses; gonflement du ventre, envies constantes de vomir; région épigastrique gonflée et douloureuse, face altérée. Tous les aliments liquides et solides étaient rejetés aussitôt. Cet état ne durait guère qu'un jour, et les souffrances étaient moins intenses pendant les trois jours suivants que les règles continuaient à couler. Elle ne pouvait pendant ce temps ni agrafer aucun vêtement, ni se livrer au moindre travail. Aussitôt que récoulement cessait, les douleurs disparaissaient immédiatement. De la courbature et du malaise y succédaient.

L'absence d'inflammation locale, d'écoulement vaginal, de douleur au toucher ni au ballottement de l'utérus, excluaient l'idée d'une dysménorrhée inflammatoire. L'aspect générjl tout opposé à la chlorose et à l'anémie, un appétit excellent, l'absence de souffle artériel, de douleurs névralgiques, excluaient également celle d'une dysménorrhée constitutionnelle. Il ne pouvait donc s'agir que d'une cause physique, constante, et la persistance de cet état aussi bien que l'ensemble des symptômes s'accordaient avec ce diagnostic. L'impossibilité d'introduire un stylet boutonné très-fin dans le col confirma l'existence d'une atrésie de cet organe. On tenta dès lors la dilatation avec l'éponge, une bougie de gomme élastique, le Laminaria digitala, et à la suivante époquo menstruelle, aucune douleur ne se fit sentir et n'est reparue depuis plus de trois mois {Bullet. de thôrap., n" 7). C'est en pareil cas que M. Marion Sims préconise V hystérotomie, c'est-à-dire la division même du col, qu'il pratique largement. On trouve l'exposé de ses leçons à ce sujet dans Lancet, avril.

Traitement chirurgical. Suivant M. Sims, la pathologie de cette affection est encore si peu connue, qu'il serait surpris si elle était même exactement définie par la prochaine génération. C'est simplement un signe ou un symptôme d'un changement organique morbide résultant de l'inflammation ou causé par elle, mais dont le mode est mécanique dans tous les cas. Il posé en axiome qu'il ne peut y avoir dysménorrhée véritable, si 'orifice du col de l'utérus est droit dans toute sa longueur et

DYSMÉNORRHÉE.

lassez large pour permettre facilement le passage du sang n menstruel ; en d'autres termes, qu'il y a toujours, [lorsqu'elle existe, obstacle mécanique à l'effusion du sang dans une partie quelconque du col. [Lancel, 8 juillet.)

C'est diamétralement l'opposé des doctrines de M. H . Bennet, qui, comme la généralité des auteurs français, reconnaît une dysménorrhée constitutionnelle. Mais, dit M, Sims, il n'y a absolument rien de semblable , there is no such thing, absolulely nolhing. Et, prenant sa comparaison dans l'anasarque, . pour montrer qu'elle n'est jamais idiopathique, la dysmé- ' norrhée n'est également pour lui qu'un symptôme de l'inflammation, d'ulcérations, de tumeurs, de déplacements, de flexions d'une partie quelconque de l'utérus ou de son col.

Voici la statistique qu'il fournit à l'appui :

Sur 250 femmes mariées stériles, 100 avaient une menstruation douloureuse, et 29 étaient dysménorrhéiques. Des premières, 59 avaient une anléflexion, dont 17 avec des tumeurs fibreuses dans la paroi antérieure ; 25 avaient une rétroversion, dont 7 avec des tumeurs fibreuses dans la paroi postérieure; M présentaient une position normale, dont une avec une tumeur fibreuse du fond de l'utérus. De plus, le col était normal seulement chez 6, contracté chez 90, fléchi chez 61 , congestionné chez 7, avec polypes chez 2.

Des 29 cas de dysménorrhée, il y avait antéversion dans 23, dont 14 avec tumeurs fibreuses de la paroi antérieure; rétroversion dans 3, avec des tumeurs fibreuses dans la paroi .postérieure; position normale dans 3 cas seulement. Mais dans aucun le col n'était normal, contracté dans 26, fléchi dans 23, a\ec polypes dans 2, congestionné dans 1. {Lancel, 4 mars.)

Dès lors le traitement de la plupart des maladies de cet organe ne saurait être que chirurgical, et c'est ainsi qu'il préconise, à l'instar du professeur Simpson et de M. Spencer Wells, l'incision interne du col, dont il décrit longuement le manuel opératoire, les eflfels salutaires et surprenants contre la dysménorrhée.

Le col découvert à l'aide du spéculum, il saisit, avec une longue aiguille, la lèvre antérieure, qu'il fixe et maintient en bas. Il divise ainsi complètement de chaque côté la portion sous-vaginale du col avec des ciseaux, puis il iniroduit'à l'intérieur une petite lame courbe et mobile, attachée à la pointe

222 DYSMÉNORRHÉE,

d'un long manche, el incise encore la partie supérieure de chaque côlé.

M. Bennet combat énergiquement cette règle absolue et cette opération, qu'il ne trouve fondées ni en princi|)e, ni dans leur application à la dysménorrhée. Tout en faisant une trèslarge part aux causes mécaniques, l'incision du col lui paraît inutile et dangereuse. Inutile, car la dysménorrhée existe sans obstacle mécanique au cours du sang, ot résulte souvent d'ulcérations ou d'engorgement qu'il suffit de guérir pour la faire cesser ; et, d'ailleurs, cet obstacle est souvent purement spasmodique, et, dans tous les cas, la dilatation avec les sondes, les bougies, les mèches, ou le redressement avec des liges, des pessaires, suffît à les faire disparaître; dangereuse, car il en est résulté des hémorrhagies graves, comme M. Kidd en a cité un cas à la Société obstétricale de Dublin (1 3 mai) ; la division du sphincter amenant un relâchement consécutif préjudiciable à la gestation , comme un exemple en est rapporté par M. Gream ; le rétrécissement cicatriciel peut aussi s'ensuivre; enfin, une autre objection, et peut-être la plus sérieuse, dit M. Kidd, c'est l'inflammation locale qui peut en résulter et s'étendre au péritoine.

C'est à prendre parti pour l'un de ces deux moyens, ladila-^ tation ou l'incision du col, que se sont arrêtés tous les membres de la Société obstétricale de Londres qui ont pris part à cotte discussion. Déclarée insuffisante, la première n'a rallié qu'un petit nombre d'adhérents, et encore est-ce pour se réserver de recourir à la division ultérieurement en cas d'insuccès, tandis que la majorité a adopté celle-ci d'emblée. Ce n'est guère que sur le lieu où elle doit être faite dans l'intérieur du col, et la profondeur à lui donner, que portent les dissentiments. Ainsi, la forme conique du col, qui, selon M. Barnes, est une cause d'hématocèle péri- et rétro-utérine et de péritonite, et qui amène la stérilité, nécessite particulièrement l'incision de l'orifice oït terne. Dans la grande majorité des cas au contraire, suivant MM. Greenhaigh et Routh, le rétrécissement siège à l'orifice interne. Mais, dans tous les cas, la plupart ont répudié l'incision complète, totale des lèvres, comme la pratique M. Sims. Le docteur Williams l'a condamnée sévèrement en la comparant à la division de part en part du pénis pour un rétrécissement de l'urèlhre, qu'aucun chirurgien ne voudrait faire. Il ne s est pas encore trouvé, en effet, d'assez audacieux coupeurs, un

DYSMÉNORRHÉE.

Angleterre, pour la prpposer, et la discussion récente sur rurélhroiomio interne, à I3 Sociétéimpérialecle chirqrgie, prouve qu'il en est de même ici. La timidité des chirurgiens anglais est même si grande à l'égard de l'bystérotomie, que plusieurs s en tiennent à des scarifications internes suivies de la dilatation consécutive. De nombreux instruments ont été inventés à cet effet depuis le métrotomedu professeur Simpson : entre autres, le double bistouri caché de M. Greenhaigh, dont l'action est très-superficielle; l'iiystérotome du docteur Savage; ceux de MM. Barnes, Roulli, etc. C'est surtout à faire valoir le sien en parliculierj au détriment des autres, que s'est appliqué ch-ique orateur. Il est donc bien avéré par là que le traitement de la dysménorrhée est purement chirurgical aujourd'hui en Angleterre. C'est timidement que quelques rares praticiens défendent encore les applications médicales, sans pouvoir déterminer nettement les cas où ils conviennent.

Le docteur Gusserow adopte aussi en partie ces idées exclusives ; il ne voit que rétrécissement interne ou externe dans la dysménorrhée. D'accord avec M. Barnes, il fait de la conicilé du col, facilement reconnaissable au toucher ou à Tinspeclion, le caractère de celui-ci ; l'autre se distingue par le rathétérisme du col avec des sondes graduellement plus gros.ses. Klle se montre sous deu^ formes synrtptojTiatQlogiqties : parfois les dpulenrs commencent ayant l'apparitipn du sang, comme si, versé dans l'utérus, cet organe faisait une pontrgiclion pour l'expulser; d'autres fois les douleurs sont sous forme d'accès plus ou moins rapprochés, comme dans le travail puerjiéral ; le sang ne peut être expulsé aussi vite qu'il est verse duus l'utérus, et il s'en échappe par paroxysmes [Derliner KUn. Woch,). Toutefois celte doctrine n'a pas autant de prosélytes en Allemagne que dans le royaume uni, et le traitement chirurgical est loin d'y être aussi généralement adopté.

Conicilé du col. Indiquée par Lisfranc le premier, c'est luimême qui l'affirme [Clinique chirurgicale de la Piiié, t. II, p. -139), comme s'oppo&ant à la fécondation et contre laquelle, comme les chirurgiens anglais et italiens, il pratiqua une fois avec succès une double incision latérale du col dans la portion inférieure avec un lithotome caché. Mais soit en raison de l'homme qui la préconisait, ou de la répulsion qu'elle inspirait,

^^'^ DYSPEPSIE. j

celte opération n'a pu être répétée en France. Celle forme spéciale du col n'a mémo élé que rarement signalée depuis, comme le conslale M. le docteur Bertet (de Cercoux) dans son récent mémoire Pathologie el chirurijie du col utérin, couronné par la Société de médecine de Bordeaux.

Spéculum-ventouse. C'est principalement contre la dysménorrhée que l'inventeur, M. Saura, professeur d'obstétrique à la Faculté de médecine de Madrid, dirige ce nouvel instrument, mais dans un tout autre but que de couper, de diviser. Le vitalisme est trop en honneur en Espagne pour sacrifier ainsi brutalement au fer et au feu. Ici on aide, on sollicite la nature médicatrice, sans la tourmenter, la violenter. Voy. Spéculum.

DYSPEPSIE. Aux diverses complications dont cette affection protéiforme de l'estomac peut être l'origine, M. Pihan- Dufeillay ajoute l'hémiplégie, qui y serait liée au même titre que les anesthésies cutanées, les vertiges, les faiblesses musculaires (voy. Hémiplégie). Il faudrait donc y porter de plus en plus attention.

Bains de valériane.

"if Racine de valériane concassée 500 grammes. j

Faites infuser pendant une demi-heure en vase clos dans trois litres d'eau bouillante, et ajoutez cette infusion à l'eau d'un bain ordinaire.

Suivant M. Beau, qui lui accorde une grande confiance et le prescrit très-fréquemment dans la dyspepsie, l'anorexie, ce bain exerce une double action sur les phénomènes nerveux et les fonctions de l'estomac, dont les troubles sont si souvent liés à ceux-là. Il provoque un appétit extrêmement vif et en moins de temps que le bain sulfureux, [iourn. de méd. el de chir. prat. , février.)

Fiel de bœuf. Il a été employé comme tonique par le professeur Wolf dans les affections dyspeptiques, lorsque celles-ci dépendent d'un état atonique de l'estomac et des intestins. Son utilité a encore élé constatée à titre de purgatif dans les cas où il faut produire une excitation énergique du tube intestinal et dans ceux où la sécrétion biliaire se faisant d'une manière défectueuse, il y a constipation opiniâtre. Dans ces cas, le fiel de bœuf a rendu à l'auteur plus de services que tous les autres

DYSTOCIE.

agents thérapeutiques indiqués. C'est ainsi qu'il a guéri un malade qui présentait tous les symptômes de la cirrhose du foie : peau ictérique, constipation continuelle, amaigrissement sans cesse progressif. I>orsqu'il s'agit de provoquer des selles, l'auleurfait dissoudre de 4 à 6 gros d'extrait de fiel de bœuf dans 6 onces d'un liquide aromatique, et de celte solution il administre au malade quatre fois par jour une cuillerée à soupe. Lorsqu'on emploie le fiel de bœuf comme tonique, on peut se contenter de plus faible dose.

L'extrait de fiel de bœuf e-^t un médicament ancien auquel nous sommes resté fidèles; nous l'employons assez souvent dans les dyspepsies intestinales, et nous ne pouvons que confirmer les assertions de M. le professeur Wolf. {Scalpel.)

Nouveav Guide du dxjspeplique., recherclies sur la dyspepsie Héo-cœcale, par M. le docteur Hippolyte Bachelet, ex-niédecin du dispensaire général de Lyon. 1 vol. in-IS de 265 pages. Germer Daillière.

Ce travail, très-bien écrit, quoique un peu prolixe, a été publié en très-grande partie dans ['Union médicale, en 1 864. Le Dictionnaire en a de môme donné l'analyse doctrinale et pratique.

DYSPIIAC.IE. Complication symplomatologique de la fièvre typhoïde suivant le docteur Kennedy et dont il distingue deux variétés, l'une grave, l'autre légère. (Voy. Fièvre typhoïde.)

DYSTOCIE. Par des expériences sur le cadavre, M. Delore (de Lyon), a tenté de résoudre divers problèmes de mécanique obstétricale auxquels il a trouvé les réponses suivantes :

1° Quelle est la résistance du bassin? 400 kilogrammes.

2° Quelle est celle de la tète fœtale aux tractions du forceps et à la pression de ses branches? 100 kilogrammes, si elles s'exercent sur une large surface, 40 seulement dans le cas contraire.

3° Quelle est la pression transmise à la tète par une traction connue? Une forte pression sur le diamètre occipilofrontal empêche la réduction du bipariétal d'autant plus que la Iraclion est plus considérable.

4" Quelle force de traction est nécessaire pour obtenir une cert.une réduction entre l'angle sacro-vertébral et le pubis ? Elle ne doit pas dépasser 80 kilogrammes.

226 DYSTOCIE.

5° Quelles doivent être la force et la direction de la traction ? Celle (|ui se fait en dehors de l'axe amène une dépyrdiiion de force de 15 à 40 kilogrammes pour dea tractions de iiO ii 100 kilogrammes.

6" Vaut-il mieux opérer la traction uniformément ou par da légers mouvements de latéralité. Ceuxr'Ci suffisent pour abaisser la traction de 10 à 70 kilogrammes. [Acad. des se.)

L'expérience clinique, on le volt, avait consacré d'avance lo résultat de ces expérimentations, dont la précision rigoureuse n'est ainsi applicable qu'à ces instruments compliqués, comme celui de M, Chassagny (de Lyon), en vue duquel elles ont sur« tout été faites. Elles sont donc à peu près sans nouveauté ni jjlilité pratique pour l'emploi du forceps ordinaire. C'est ce que démontre malhématiquement M. Petit (de Lille), quant à la préférence que ces expériences tendent à accorder à l'emploi de la version sur le forceps, quand la lêle a un centimètre de plus que le bassin. La pression du forceps pour obtenir la réduction de la tête entre l'angle sacro-vertébral et le pubis étant évaluée à 80 kilogrammes et ceux de la traction de 40, il s'ensuit un total de 120 au moins, car il rapporte un exemple de fracture spontanée du pariétal sur le promontoire sous la pression seule de l'utérus. Or, quelles lésions ne produirait pas cette force de traction sur le cou et la moelle épinière par la version ? méd, du Nord, septembre.)

Parallèle entre la vie de la mère et celle de l'enfant. Il est positif, dit le docteur Radford, que dans un premier accouchement, on doit prendre en plus grande considération le salut de la mère, car elle n'avait pas, lorsqu'elle conçut, connaissance de l'infirmité qui l'empêche d'avoir un enfant vivant, et il est juste de lui tenir compte de cette inexpérience.

Il n'en est plus de même si elle devient de nouveau enceinte; c'est de propos délibéré, sachant parfaitement à quoi elle et son enfant seront exposés, qu'elle est devenue mère, et alors il faut supposer que dans ses calculs, la conservation de son enfant a tenu une certaine place. L'accoucheur, par conséquent , ne fait que l'imiter en accordant cette fois plus d'importance à ce dernier élément du parallèle, à ce second intérêt.

D'ailleurs, affaiblie, minée par une maladie chronique ou incurable, la vie d'une femme n'a pas autant de prix et ne doit

I' PYSTQCIE. i??7

pas motiver les mêmes gaprjfices que s'il ç'agit d'une femme saine, robuste, qui peut avoir encore plusieurs enfants.

Enfin, il faut distinguer dans cette comparaison si la cause qui fait obstacle à l'accouchement est permanente ou seulenrient temporaire. Dans ce dernier cas, le sacrifice d'un fœtus par la crâniolomie ne devrait pas peser du même poids sur la rpnscience de l'accoucheur, puisqu'il aurait l'espoir de racheter pe malheur ou ce dommage, après la guérison de la mère, par l'heureuse naissance nltérienre de plusieurs enfants vivants. [Uriiisli mt'd. Joum- , avril.) I Ces considérations qui semblent un compromis entre les doctrines contraires du sacrifice de l'enfant ou celui de la mère, n'ont pas la même valeur. C'est ainsi que la seconde ne peut s'appliquer qu'aux filles-mères. D'ailleurs un grand fait les domine toutes, c'est que l'accoucheur ne doit se décider que d'après les indications.

Levier. Cet instrument, qui jouit de peu de prédit en Franpe, est de plus en plus conseillé par les accoucheurs italiens, à mesure qu'ils l'emploient à l'exemple des accoucheurs belges et ' (lamands. Par suite de ses expériences d'obstétrique expérimentale sur le cadavre, le professeur Fabri (de Bologne), l'a I conseillé non plus seulement pour redresser la tête dans les positions inclinées, mais comme agent de traction préférable au forceps, quand le vertex ou la face sont arrêtés par uneangustie du premier degré, ou que l'étroilesse des parties empêche l'application de celui-ci.

Le docteur Raffaele (de Naples) a posé en outre des indications très-précises de son mode d'action au congrès de Lyon. 11 lui doime la préférence sur le forceps dans les rétrécissements antéro-postérieurs du détroit supérieur, et c'est à en montrer les avantages comparatifs et le mode d'application qu'il s'est eiïorcé dans sa note à ce sujet. Mais on peut dire que le meilleur instrument est celui dont on sait se servir et dont on a l'habitude; une branche de forceps pouvant suffire dans bien des cas à remplacer le levier. « Il mérite pourtant plus d'attention qu'on ne lui en donne dans l'état actuel de la science, dit M. Sloliz, et quand on l'aura mis plus souvent en usage, on lui reconnaîtra des avantages qu'on lui refuse actuellement. 0 C'est par l'expérience en effet que l'on connaît la valeur des choses, et o'est là une raison de s'en servir,

228 DYSTOCIE.

{Note sur le levier, par le docteur Raffaele, dans Congrès méd. de Lyon, p. 581 .)

Dilatation sacciformc du segment postérieur. La

nouvelle cause de dystocie signalée par M. Parise, l'année dernière, et attribuée à une grossesse uléro-interstilielle (voy. Diciionnaire, 1864), a été éclairée et rectifiée, on peut dire, par le rapport de M. Devilliers, et surtout les éclaircissements donnés par M. Depaul, qui a terminé l'accouchement. C'était tout simplement un développement anormal de l'utérus, et la dilatation, au lieu de porter sur le segment antérieur, avait porté sur le segment postérieur, ce qui est infiniment rare. Une observation en est pourtant citée dans le Dicliotmaire de 1864 (voy. Grossesse). Les fibres circulaires de l'orifice interne du col, placé très-haut sous le pubis, étaient hypertrophiées, dures, devenues métalliques, et l'enfant, accroupi, était placé dans la dilatation. Il suffit à M. Depaul, après avoir constaté, reconnu cette disposition anormale, d'inciser cette bride avec un bistouri convexe et boutonné dans l'étendue de 2 centimètres environ, pour introduire la main, saisir l'enfant mort, putréfié, et l'extraire. [Acad. de méd., septembre.)

Bingé, en 1825, avait signalé cette espèce de dilatation sous le nom de fausse rétroversion, mais sans celte rigidité des fibres circulaires de l'orifice interne ; l'observation seule de M. Francke la signale [Union méd. , 1864, n° 108).

Rétrécissements. Forceps ou version? Cette question tant agitée a été l'objet d'un examen comparatif et expérimental qui tend à sa solution, non par un oui ou par un non absolus, exclusifs, mais à cause de sa complexité, par des indications spéciales, différentes pour l'un et l'autre moyen. C'est pour ne pas les avoir distinguées que la confusion a provoqué tant de discussions stériles à cet égard.

Dans un mémoire à ce sujet, M. Joulin rapporte les avis, les opinions et les faits des accoucheurs français et anglais pour ou contre. On en a fait de même ailleurs pour les auteurs allemands. Ce travail synthétique, fait sans idée préconçue par un élève instruit de quatrième année, serait dos plus utiles. Il n'a plus celte garantie, fait par un homme que sa position oblige d'avoir une opinion établie sur cette question capitale. Aussi cet examen est- il fait à un point de vue absolu. Les partisans de

DYSTÛCIE.

la version et les observations qu'ils rapportent sont l'objet d'une critique toute spéciale. L'auteur eût pu trouver ici et là des faits plus favorables à cette pratique, par exemple : celui de M. Blot, ceux du docteur Wilson, mais il ne les a pas cherchés. Il condamne de môme Cazeaux, qui examine, discute l'indication de l'un et l'autre moyen, suivant la présentation et le degré de rétrécissement et le met en contradiction, parce qu'il admet la version avec un rétrécissement sacro-pubien de 7 à 8 centimètres et une présentation défavorable du sommet, tandis que dans un rétrécissement de 7 centimètres, avec une présentation favorable, il admet le forceps ; préférence qu'il justifie parfaitement avec cette autorité de praticien consommé qui sait varier et adopter les moyens de salut aux cas particuliers. Mais le critique repousse ce moyen-terme, et d'après ses expériences sur le cadavre et sans aucune observation clinique, il formule cette conclusion :

Dans les cas de vices de conformation du bassin, repousser la version et préférer le forceps toutes les fois qu'il pourra être appliqué, excepté dans les cas de bassin obliquement déformé. [Revue médicale^ n" 9 et suivants.)

Une étude très-bien faite a été aussi consacrée à ce sujet par M. Petit (de Lille), à l'occasion de plusieurs rétrécissements de 7 et 8 centimètres où l'application du forceps fut infructueuse, et le plus souvent aussi bien que la version. Il en discute trèspratiquement les diverses chances, comparant entre eux les temps correspondants de l'application du forceps et de la version, les difficulté£, que l'on y rencontre et les accidents qui peuvent en résulter; il conclut : 1° Que sur un bassin rétréci par saillie de l'angle sacro-vertébral, un accident obligeant d'agir au début du travail, alors que le col est dilaté et les eaux récemment écoulées, l'application du forceps, quoique trèsdifficile, peut et doit cependant être tentée, parce que la version est d'autant plus dangereuse pour la mère et pour l'enfant que le bassin est plus rétréci. Cette opération étant manquée, on peut, soit faire la version céphalique et réappliquer le forceps, soit pratiquer la version pelvienne. La nature de l'accident déterminera le choix entre les deux opérations. Plus l'accident qui oblige à opérer sera pressant, plus vile il faudra en venir à la version. Il est entendu qu'il ne s'agit que des présentations céphaliques, les autres nécessitant la version pelvienne d'une manière absolue.

230 DVgTOCIE.

2" Si aucun accident n'oblige à terminer promplement, pn suivrq la Ooclriiie ci(is anciens accounlieurs, en alleiidaiit le résuUat desoiïorls naturels d'^xpulsjon, pour les aider à la fjn par le forceps, s'ils se montrent insuffisants.

3" Peut-être faudrail-il ajouter que la version est al)so|^ment contre-indiquéo lorsque le diamètfp antéro-postérieur n'y pas plus de 7 centimètres et demi.

En un mot, dans les bassins rétrécis, la version peut rendre (le grands services, mais comme moyen accessoire du forceps, et seulement alors que des contre-indications de présentation ou qu"un danger pressant s'opposent à son application. [Bull, méd. (lu Nord, septembre.)

Érii'oitcssc tlu vagin. Une extréqie rigidité du périnée offrant un obstacle insurmontable à la terminaison de l'accour chement chez une multipare de quarante ans, le docteur Murray, au lieu de courir les chances d'une rupture, sinon d'une perforation de cette partie, comme cela était inévitable, préféra recourir au procédé suivant. Il incisa la vulve de chaque côté plutôt que de diviser le périnée avec une sonde cannelée et un . bistouri boutonné. Les lèvres furent divisées à leur tiers infé-rieur de liaut on bas et en dehors dans l'étendue d'un pouce' de chaque côté. La tête, retenue à l'orifiGe vulvaire, le franchit i aussitôt, et le périnée tendu resta intact. L'incision latérale .droite seule se prolongea, mais deux sutures rendirent aux par-ties externes leur conformation normale, et vingt jours après^ la femme quittait la Maternité, parfaitement guérie {Lance(,, octobre). La myotomie sous-cutanée du constricteur du vagin, indiquée dans le Dictionnaire àe iS&i, paraît bien préférable,.

l'crsif»n par manœuvres externes. Imaginée poyrr obvier à ces dangers, cette version peut être fictive dans cepr-tains cas, tout en paraissant réelle. L'abondance des eaux, lai proéminence de la poche et le peu de volume du fœtus favorinsent celte méprise; car il arrive parfois, dans ce cas, qu'aucune ' partie appréciable ne se présente au toucher. Force est de s'en tenir, pour diagnostiquer la position, à l'inspection et à la formw du ventre, figne très-équivoque, malgré la certitude que dew accoucheurs ont voulu lui imprimer dans ces derniers temps.». Nous crûmes ainsi à une position transversale chez une muUN pare, et nous étions sur nos gardes pour opérer la version In*

DYSTOGIE.

Ifirne aussitôt l'écoulement des eaqx, lorsqu'à noire surprise, nous rencontrâmes la tête très-haut placée et ballotiant dans une vaste cavité, mais s'abaissant en première position, et nous n'eûmes qu'à attendre la première contraction pour son évolution spontanée. La méprise était d'autant plus facile dans ce cas, que l'enfant était trps-petit et d'uo volume beaucoup au-dessous de la moyenne.

Un fait analogue, relaté à la Société des sciences médicales de Lyon par M. Icard, nous suggère ces remarques. Chez une primipare enceinte de huit mois et portant un fœtus mort depuis huit jours environ, la proéminence des eaux ne permetlait pas de reconnaître la partie fœtale, on sentait à gauche seulement une petite extrémité flottante fuyant devant le doigt, f.es signes extérieurs seuls firent diagnostiquer une présentation de l'épaule gauche, dos en avant. De « légers efforts » litre deux douleurs suffirent à effectuer la conversion, et Iji che des eaux s'étant rompue aussitôt, ce fut le siège qui se ésenla. On s'était donc trompé manifestement sur les raprts du fœtus, et rien ne prouve qu'une véiitable version ■xterne ait été effectuée. Son e.vtrôme facilité et sa rapidité, 1 liant que le petit volume du fœtus, permettent au moins le . i )ute. 11 n'y a de certitude absolue, à cet égard, que par l£> ^'ersion bimanuelle de M. Braxton Hicks, c'est-àr-dire en suil'ant, avec l'indicateur introduit dans le col, les mouvements mprimés au fœtus avec l'autre main à travers les parois abdominales. Toute autre observation, surtout dans les conditions iua-indiquées, nous semble sujette à contradiction .

En raison de sa doctrine que les présentalions vicieuses dé- )endent d'une vicialion du bassin, sinon de l'utérus, M. Pajot, lans repousser les manœuvres externes opérées avec prulence, ne croit guère à leur succès dans les rétrécissements ionsidérables. [Arch. de méd., sept.)

Seigle ergoté. Le danger de cet agent obstétrical ne serait [ue secondaire pour le fœtus, et en rapport direct avec l'intenlilé de son influence sur l'utérus, c'est-à-dire de l'énergie des iontractions qu'il provoque, selon le professeur M'Clintock, de )ablin {Dublin quarlerl. Journ., mai), C'est là une interprélaion nouvelle et peu en rapport avec les fails. Si tel était le ecret qui divise les accoucheurs sur l'action toxique de l'ergoine, qui ne s'en serait aperçu? On ne reçoit, au contraire, que

DYSTOCIE.

trop soiivenl des mort-nés à la suite de son emploi, sans que son action se soit manifestée très-sensiblement sur les contractions utérines. De nombreux faits pourraient donc seuls justifier cette appréciation.

Amputation spontanée de la lëvre antérieure.

Parmi lesnonibreux faits intéressants relatés par M. Hyernaux dans ses Fraymenls d'obsiélhque à l'Académie de médecine de Belgique, celui-ci mérite une mention spéciale par sa rareté. Une femme ayant une infiltration de la moitié inférieure du corps vient accoucher à la Maternité de Bruxelles, le 24 février dernier. Un élève la touche et croit sentir le cordon ombilical flottant au devant de la têle, déjà arrivée sur le plan ■ cher pelvien. Le maître examine à son tour et découvre que c'est la lèvre antérieure du col, notablement œdématiée, qui est mobile sur l'occiput, ce que l'événement ne justifia que trop. En effet, les douleurs sont fortes, le périnée bombe, et, tandis que l'interne le soutient, à l'étonnement commun, ce qu'il venait de prendre pour une anse ombilicale lui tombe dans la main au moment où la tète allait franchir l'anneau : c'était toute la lèvre antérieure du col, affectant la forme d'un croissant ayant 4 centimètres de largeur sur 1 1 de longueur, et tous ses caractères analomiques. La section était nette, fraîche, et paraissait résulter d'une pression extraordinaire de la tête contre la saillie de la symphyse, et agissant sur un col infiltré moins dense et résistant, par conséquent, qu'à l'état normal. Nulle héniorrhagie n'a suivi cet acccident rare, dont l'accouchée ne s'est pas ressentie autrement.

Rupture de l'utérus. Chez une paysanne accouchant pour la quatrième fois, avec présentation de lepaule gauche, une douleur très-vive se manifeste subitement dans le côté droit de l'abdomen, qui se tuméfie aussitôt. La main, introduite pour pratiquer la version, constate une déchirure longitudinale de ^ 0 centimètres de l'utérus, par laquelle les doigts pénètrent dans la cavité abdominale. Un enfant petit et mort est amené et la délivrance opérée. M. Baumann réduit une anse considérable de l'intestin introduite dans la cavité de l'utérus. 11 y I avait donc bien rupture.

La guérison s'ensuivit néanmoins par le traitement suivant : Le vagin fut rempli avec des éponges aussi haut que possible.

DYSTOCIE.

L'utérus se contracta énergiquement, et pendant quelques heures, la femme supporta de vives douleurs. Des applications froides, des injections et des lavements tièdes furent employés avec de fortes doses de morphine. Tout se passa bien sans Gèvre les quatre premiers jours, puis des vomissements survinrent, l'opium les fil cesser. Une selle abondante déterminée au sixième jour par des lavements amena une grande amélioration, et dès lors le mieux persista, et après six semaines, celle femme était complètement rétablie {Edinb. med. Journ.). Cet exemple remarquable peut servir de guide et d'encouragement dans des cas semblables.

( Ce redoutable accident s'observe de moins en moins à l'hôpital Rolunda de Dublin. De 34 cas relatés durant les six années de majorât de Collins, dont 3 arrivés avant l'admission, le nombre en est tombé à 9 pendant les trois années du ma-

ijorat de Johnson, et à 17 durant celui du docteur Shekieton. Dans ces trois dernières années, le docteur Cronyn, qui occupe ce poste, n'en a observé que 2 cas. Il attribue cette diminution

,à l'emploi plus fréquent du forceps. [Dublin obslelr. Soc.)

Rupture spontanée du col. Le danger peut encore en ! être aggravé par l'absence des symptômes généraux propres à en déceler l'existence ; car alors, au lieu de venir activement au secours de la femme par l'extraction naturelle ou artificielle du fœtus de l'abdomen, où il est passé en totalité ou en partie, l'accoucheur se borne à l'expeclation dans le doute où il se trouve, et celle expectative ne peut jamais qu'être préjudiciable à la mère et à l'enfant. Aux nombreux succès pour l'un ou pour l'autre rapportés ici et là, et auxquels le docteur Dyer vient d'en ajouter un des plus remarquables où la gastrotomie, pratiquée quatre heures après l'accident, n'empêcha pas la i femme de guérir, si bien qu'elle fit deux fausses couches ensuite et accoucha d'un gros garçon le 23 juillet dernier [BriU^h med. Journ. , n" 245), il suffit d opposer le fait rapporté par le docteur Pucelle pour justifier celte proposition, qui en est la conséquence.

Une multipare de vingt-neuf ans, très-bien portante, en était à son septième accouchement le 9 janvier dernier, et tout marchait normalement, lorsque, en l'absence de l'accoucheur, les douleurs, devenues assez intenses, se suspendent tout à coup; la femme pousse un faible cri en disant qu'il lui semble

234 DySTOClE,

qu'un vaisseau ç'est rornpu dans son ventre ; suqcèdent unç sensation de chaleur ù l'épigastre, deux pu trois vomissemanlj jjilieux, un léger malaise généra!, et tout est dit.

Arrivé aussitôt, l'accoucheur constate une augnienlation dp ventre, avec saillie dure dans la région stopiacale ; la dilatation n'a guère augmenté ; le col est plus dilatable ; la tétp n'a pap changé; pas d'écoulement sanguin.

C'en était assez pour redouter une rupture de l'utérus, e|, dans cetle crainte, en effet, le docteur Testelin est appelé. Mais l'état général redevient aussitôt excellent; les voipisspnîents ont cessé, à peine s'il existe une légère douleur à l'eslq-: mac ; pouls à 70 ; nulle hémorrhagie ; rien au toucher no révèle Id gravité du cas, pas même trace de sang. Ni farMiisj, ni souffle à l'auscultation; l'enfant est donc mort.

En présence d'un tel élat, l'incertitude était permise et l'expeçtation fut décidée. Les douleurs ne reparaissent que sept à huit heures après, et c'est alors seulement que le toucher ne percevai)t plus aucune partie fœtale, le col en partie refermé, l'écoulement du sang, l'augmentation du ventre, sa forme bilobée, |a faiblesse du pouls, la soif, les bâillements, la pâleur, le malaise, ne laissent plus de doute sur la réalité de l'accident. Deux heures après, la femme succombait sans que rien ait étp tenté, pendant cet espace de onze heures, pour la sauver.

La gastrotomie post mortem montra l'enfant entièrernenli sorti de l'utérus, ainsi que le placenta, et placés au devant de. cet organe complètement revenu sur lui-même. La tête se trou-vnit dans le flanc droit, les fesses en haut. Le doigt inlrQduiti dans le vagin se montre à nu dans le ventre. La rupture était à) droite sur toute la hauteur du col; pas d'autre altération qu'uni amincissement des parois et une raréfaction des fibres nniscu-laires, avec dégénérescence graisseuse localisée, ne put être;' constatée au microscope. C'est donc là un fait clinique excep-lionnel Irès-intéressant au point de vue du diagnostic des^ ruptures de l'utérus. {BtiU. méd. du Nord, avril.)

Rupture utéro- vaginale. En ne déterminant ainsi auçup^ accident dans les cas les plus graves, certains faits d'obstétrjquee ont bien lieu d'étonner et méritent (rêire signalés commetexemple aux pnilicieiis. Chez une bipare de trente-cinq an§, . plLeinte d'un rétrécissement du bassin, entrée à U» Maiernilée de Hriixelles, le 17 octobre 1 864, M, Hyepnau^ put aller cher--

DYSTOCIE.

cher l'enfant dans l'abdopieri à travers une décbiriire postér rieure du col et du vagin, appliquer très-Iaborieugemenl le [{rand forceps sur la tête, qui s'était redressée au niveau dp létrécissement, et porter de nouveau la main dans l'abdomen, jusqu'à l'épigaslre, pour chercher, saisir et extraire le placenla, Seins que la mort fût la conséquence de toutes ces nianœuvres ~i dangereuses. Dans un second cas, en ville, où une application maladroite de forceps avait produit une déchirure du culile-sac utéro-vaginal à gauche, pouvant admettre trois doigts cl donnant passage 3 un paquet d'intestins grêles et d'épiploon, d'un aspect rouge violacé, le même accoucheur put également le réduire en entier, malgré la présence de la tête, opérer ensuite l'extraction de celle ci avec le grand forceps, et voi.r se rétablir assez promptement la patiente [Acad. de mcd. de Iklçjique, décembre 1 864). Ce n'est dpnp pas laqt la piierpéraiité qui est à redouter, comme on ne cesse de le djra, pour l'exécution de certaines opérations, mais plutôt une cause inierne, une prédisposition particulière, inappréciable, qui vV.^liappe et met les jours de beaucoup de femnies danger à propos des plus légers accidents,

Riiptiirp c|u cqi*dQn ombilical. Dans l'accouchement précipité, alors que l'enfant tombe d'une certaine hauteur pt est entraîné, cette rupture s'efîecluo ordinairement à cinq ou six travers de doigt, selon M. Beluzi, comme dans l'observation qu'il rapporte (voy. Acç. précipité). A défaut de l'autorité des autours pour justifier cette assertion, ce tocologiste distingué a fait des expériences en attachant l'extrémité placentaire à ijn point fixe, en fixant à l'autre un poids de 2352 grammes, que l'on soulevait à une certaine distance dw sqI ppqr le laisser ensuite brusquement retomber. Dans chpcune des douzp épreuves qui eurent lieu, la rupture du cordon s'opéra irrégulièrement, il est vrai, mais cette irrégularité fut peu manifeste dans quelques cas, et une fois elle était aussi régulière que si l'on s'était servi de mauvais ciseaux, comme les sages- femmes les rencontrent le plus souvent chez les pauvres gens. (Soc. n\éd. Vralique, et Union méd., n" 139, 4864.)

Détroneation accidcntellei. Convient-il d'attendre ou nqn, lorsque cet accident se produit et que l'utérps se referme ^nssilol sur la téle? Il faut mieux attendre, suivant le précepte

DYSTOCIE.

de M. Dubois et suivi par des accoucheurs aulorisés. Ainsi pro-céda M. de Soyre dans un avortement de cinq mois avec pré-senlation du siège. Le médecin avait tiré sur les pieds, etK comme le fœtus avait subi une macération avancée, le pied set détacha. Le tronc fut néanmoins extrait immédiatement, niais> le cou céda, et la tète remonta, emprisonnée dans l'utérus, dont : l'orifice s'était spasmodiquement contracté.

Aucun accident ne commandant d'agir, et le placenta restant ; dansl'utérus, M. de Soyreconseilla d'allendre, et dix-huit heures > après des conlraclions reparurent, qui amenèrent l'expulsion n naturelle de la tête et du placenta {Gaz. des hûpil.). Nouvel i exemple qu'en obstétrique, la règle est desavoir attendre quand) les accidents ne commandent pas impérieusement d'agir.

Crànio<omie sans instruments. Si parfois, en obstétrique, . nécessité fait loi, ce n'est pas ainsi que M. Marinus, de l'Acadé-mie royale de médecine de Belgique, le comprend. « Il a pourr règle de ne recourir à l'application d'instruments que lorsqu'il I est démontré que le secours de la main est insuffisant. » Chezz une femme atteinte de rétrécissement avec exostose, la têlee restant enclavée au-dessus du détroit supérieur après troiss jours de souffrances, et une application prolongée de forceps s étant restée sans résultat, la crâniolomie fut pratiquée immédiatement avec les doigts. M. Déveine en enfonça deux vers lai suture lambdoïde, et parvint à accrocher les pariétaux, qu'ilil enleva successivement par traction. La dure-mère restant! intacte, une division avec des ciseaux permit aux doigts de? l'agrandir et de vider le crâne, d'avoir prise ainsi pour tirer: dessus et dégager la tête, « toujours avec les doigts ». La» femme se rétablit parfaitement. {Presse méd. belge, n° 9.)

Procéder de la sorte à défaut d'instruments, rien de mieux ; mais en faire une règle, c'est la négation de l'art ; d'autant plus s que ces tractions manuelles ne mettent pas mieux à l'abri des» lésions dos parties maternelles qu'une crâniotomie sans traction: bien faite, tandis que l'on s'expose beaucoup plus à se blesser r soi-même. Mieux vaut donc encore suivre les préceptes de 1 artt en les perfectionnant.

C'est ainsi que, par suite d'expériences sur la medleure direc- lion à donner à la téle du fœtus pour son extraction la plusi facile après la crâniotomie, M. Hicks a reconnu que, si lom s'est borné à perforer le crâne, et si le volume de la tête n esit

DYSTOCIE.

réduit que d'un quart, le mieux est de l'extraire par le vertex. Si au contraire, la têle a subi une réduction plus considérable par le brisement de la base du crâne, il est préférable de faire

; présenter la face à la condition que le menton descendra en avant ; ce qui met les plus petits diamètres de la têle en rapport avec les plus petits du bassin. Un crochet mousse appliqué

■ sur le rebord orbitaire facilite considérablement ce dernier mode d'extraction. [Obsl. Society, décembre < 864.)

I Opération césarienne. Sans avoir à relater tous les cas heureux de celte redoutable opération, il eft utile de montrer ceux où elle doit être préférée au fœticide volontaire et prémédité. Chez une femme atteinte d'une exostose progressive du sacrum, qui avait produit la mort de l'enfant par un travail de cinquante heures dans un premier accouchement, et déterminé son sacrifice par la crâniotomie dans les deux suivants, le docleur Marchant se décida, dans un quatrième, à recourir à ce moyen suprême avant l'écoulement des eaux {Journ. de m^d. de Bruxelles, décembre 1 864). Bien lui en prit, car la mère et son enfant furent sauvés, et elle put ainsi goûter les douces jouissances de la maternité, pour lesquelles elle avait volontairement exposé sa vie au moins trois fois. Un succès aussi complet couronna la sage résolution de M. Peirano, de Chiavari, dans un cas semblable, le 11 mars dernier (Gasz. med. di Torino, 22 mai). Entre une opération qui sacrifie impitoyablement l'enfant et expose les jours de la mère, et celle qui peut les sauver tous deux, il n'y a, en efi'et, ni à transiger, ni à hésiter, lorsque l'on est appelé en lemps voulu pour pratiquer la dernière dans de bonnes conditions et avec chance de succès, comme ces deux nouveaux exemples en sont la démonstration. La pratique de l'ovariotomie et ses succès tend d'ailleurs à familiariser avec cette opération, et à la rendre moins effrayante et peutêtre aussi moins dangereuse.

Nouveau procédé de suture. Cette modification de M. Hyernaux(de Bruxelles), consiste, la peau étantdivisée, à passer de chaque côté de la plaie un nombre de sutures proportionné à son étendue avant do procéder à la division de l'utérus ; cela fait, on reporte les extrémités de ces sutures et les anses qu'elles forment au-dessus de l'angle supérieur de l'incision, de manière à ne pas être gêné dans ses manœuvres ultérieures ; puis l'opération est continuée. L'enfant extrait, le tout remis en place

DYSTOClE.

et iieltoyé, on saisit les fils des ligâlufes placées, et, par une tt-aclion dotice et rapide, les lèvres de la solution de colitinuilé* sdiil rapprochées aussitôt par la ligature. Ce procédé rend l'ap^. plication des sutures plus facile et plus prompte, et s'bppogfef efficacement à la sortie des intestins, toujours Si difficiles à i contenir \>ût les procédés ordinaires; il garantit les entrailléai cdntre toute lésion, et empêche ënfin plus ou moins, par 19 promptitude de l'exécution, la pénétration de l'air dans lài matrice et dans la cavité abdominale. {Bull, de l'Acad. de méd.^ belge, n° 5. ) I Par sa simplicité, ce procédé justifie parfaitement les avan-.tages qui lui sont allriijués, et mérite de se généraliser dans lad pratique, s'il se confirme que cette quantité de fils ne gêne en rien les suites de l'opération.

Ilétnorrhagies. A la suite d'un accouchement rapide chez-i une primipare dont l'orifice externe offrait une grande résis-*tance, une petite déchirure du périnée s'en étant suivie, le doc-leur Thorburn s'aperçut, après avoir donné des soins à l'enfant,!, que la mère était extrêmement pâle, sans pouls, plongée dans* un état syncopal, et baignée dans son sang. Quoique l'ulérusu fût petit et dur, sa première idée fut de tenir la main dessus,?, et d'administrer une forte dose de seigle ergoté avec eau-de-yiw et laudanum. L'hémorrhagie ne cessant pas, il en recherchai manuellement la source, et s'aperçut qu'elle provenait de la rupture d'une artère volumineuse du périnée. La saisir et la lien fut l'affaire d'un moment, mais l'accouchée fui longue à sei remettre de cette abondante perte de sang [BrUisli med. Journ., , mai). Preuve qu'il faut tenir compte des exceptions, et que, le* plus sûr moyen de ne pas errer en médecine, c'est d'examinerf scrupuleusement les cas avant d'agir.

Un praticien anglais, M. Roper^ n'a pas craint d'injecter^ l'eau froide directement dans l'utérus dans deux cas d'hémor- ' rhagie jmt parlum, et en a obtenu la cessation immédiate par i la contraction de l'utérus {British med. Journ., avril). Si la température peut effrayer, ce moyen n'est pourtant pas à dédaigner quand les autres ont échoué. Les injections vinaigrée» ' presque froides, préconisées pour provoquer le décollement du placenta à la suite de l'avortemenl des premiers mois et employées plusieurs fois par nous, n'ont jamais amené d'accidents uUéHeurs. Pourquoi celles d'eau simple en produiraient- elles?

DVSTOCIË.

Adhérences placentaires. La grande question, ici, est toujours de savoir s'il faut employer la force, ou si elle n'e?t pas plus dangereuse que la rélenlioii elle-même. N'insister sur l'extraction que si elle eut possible, selon le sage conseil de Gazeaux^ nous semble la loi et les prophètes, comme nous l'avons déjà maintes fois exprimé. Chez une accouchée de mademoiselle Puéjac, où une contraction spasmodique de l'utérus semblait la seule cause de la rétention du placenta par enchatonnement, la dilatation forcée ayant été employée, on découvrit que des adhérences anormales existaient, et l'on ne put en obtenir qu'une portion. Puis, malgré un traitement très-actif, la femme succomba le dix-neuvième jour à une mélrite gangréiieuse révélée par l'aulopsie. [Gaz. me'rf. deVAlgérii% avril.)

Au contraire, dans un cas où il put s'assurer, par l'inlroduclion de la main, que l'adhérence était complète, et qu'il ne pouvait séparer le gâteau placentaire qu'en le déchirant et ën s'ex- [)osant à léser aussi le tissu utérin, le docteur Gressy cessa cette manœuvre et se borna à réprimer l'hémorrhagie, que ses tentatives avaient déterminée. Il y réussit, et, « en prévenant l'infeclion pulride par une alimentation substantielle et le vin de Bordeaux, les suites de couches furent, à sa grande surprise, aussi simples et heureuses que possible. » (Jauni, de méd. et chir. p7-aliqueSi mai.)

[1 est rationnel, contre cette rétention du placenta, de n'employer aucun moyen violent tant que des accidents n'en font 1".3 une indication pressante. S'exposer à en f.iire nailre, en vue de la résorption, de l'infection putride, est au moins tUrange. L'absence d'hémorrhagie, après nn certain temps, indique son adhérence avec l'ulerlis. Or, dahs cette fusion intime qui assure la nutrition du tissu placentaire, cDlhment redouter sa décomposition, sa désorganisation pulride? Le plus sage parti est donc d'attendre eh employant les movens préventifs.

A Handbook of obstétrical opérations (Manuel d'opérations obstétricales), par le docteur Playfair, accoucheur adjoint de l'hôtîital de King's Collège, p. 232, ih-8°.

Fidèle à son titre, cet ôuvrage contient en autant de chapitres lih résumé historique de chaque opération, avec ses indications, son manuel suivant les meilleures autorités, de manière 8 guider lé praticien et à le retidre juge au besoin de celle qu'il doit choisir, et dé là manière dont il doit l'exécuter.

EAIX..

EAUX. Eaux ntinérales. L'excitation qui suit toujours, selon M. Scoutelten, l'usage des eaux minérales prises en bain ou en boisson, comme un effet de l'action dynamique de l'électricité qu'elles contiennent, n'est pas réelle, dit M. Gigot- Suard. A la source de la Railiière, par exemple, le pouls se ralentit pendant un bain à 34, à 35 degrés, et la température de la peau, mesurée avec le thermomètre, s'abaisse d'un degré, tandis qu'une demi-heure après le bain, la réaction se manifeste et elle s'élève ainsi que le pouls. De même après l'ingestion. Le même effet se manifeste à Luxeuil, au Mont- Dore et sans doute ailleurs. C'est le contraire si le bain est à 37 ou 38 degrés. Alors le pouls s'élève de 10 à 13 pulsations pendant le bain et din)inue après. Ce qui montre que le calorique explique bien mieux l'élévation du pouls dans ce cas, que l'action dynamique de l'électricité des eaux. (Soc. d'hydrol., décembre 1 864.)

Ne peut-on aussi admettre que la composition minérale de certaines eaux ne puisse déterminer le même effet sur la circulation que le calorique? Ces faits sont donc une réfutation logique et péremptoire de la doctrine trop absolue de M. Scoutelten. Ils montrent que plusieurs éléments concourent à l'action des eaux.

Contre-indiquées contre les ulcères phagédéniques, cancéreux et toutes les plaies aloniques. (Voy. Ulcères.)

Eaux stiirurciises. Eleclriclté. Incité sans doute par les résultats annoncés par M. Scoutelten sur l'électricité des eaux minérales, M. Lambron a institué de nombreuses expériences à Bagnères de Luchon, desquelles il résulte que l'eau sulfureuse reçue dans un vase de verre ou dans une baignoire, présente un excès d'électricité positive dans les couches supérieures soumises a des transformations chimiques incessantes sous l'influence de l'air et de l'acide carbonique qu'il contient, tandisque les couches profondes, moins altérées, donnent un excès d'électricité négative. Deux lames de platine d'égale surface, ', non polarisées el bien isolées, l'une au fond du vase, l'autre à.» la surface, indiquent ce phénomène. En formant le circuit après avoir placé un galvanomètre au milieu, la déviation de l'ai-

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