‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 67 sur 149 · FOUDRE · texte numérisé non relu

FOUDRE

I.a commnnicalion des résultat,?, faite directemenl par Tauleur à l'Académie des sciences, le 8 mai, aura pour effet, espérons-le, de faire connaître le jugement de ce corps illustre sur cette nouvelle doctrine de la formation de la matière amylacée.

FOUDRE. En intrépide cliercheur qu'i\ est, M, Boudin n trouvé que, de 1 835 à 1 863,1e nombre des personnes tuées, sur le coup, par fulguration, a été pour la France de 2238, et celui des blessés de plus de 4000. Dans les groupes composés d'individus des deux sexes, les hommes ont été plus maltraités que les femmes. Sans se demander la raison de celte prédilection de la foudre pour le sexe fort, il rappelle que parmi les hommes mêmes il en est qui sont plus exposés que les autres par la nature de leur comlilulion à subir, toutes choses égales d'ailleurs, les effets de la foudre. « Il existe, a dit Arago, des personnes qui arrêtent brusquement la communication de l'électricité et ne ressentent pas la secousse, lors même qu'elles occupent la seconde place de la pile. Ces personnes, par exception, -ne sont pas conductrices de la matière fulminante. Par exception, il faut donc les ranger parmi les corps non conducteurs que la foudre respecte ou qu'elle frappe rarement. Des différences aussi tranchées ne peuvent pas exister sans qu'il y ait également des nuances. Or, chaque degré de conductibilité correspond, en temps d'orage, à une certaine mesure de danger. L'homme conducteur comme le métal sera aussi souvent foudroyé que le métal; l'homme qui interrompt la communication dans la chaîne n'aura guère plus à craindre que s'il était do verre ou de résine. Entre ces limites, il se trouvera des individus que la foudre frappera à l'égal du bois, des pierres, etc. Ainsi, dans les phénomènes du tonnerre, tout no gît pas dans la place qu'un homme occupe; la constitution physique de cet homme joue aussi un certain rôle. » Des milliers de faits établissent également l'immunité relative de l'homme comparé aux animaux.

On considère généralement comme périlleux, en temps d'orage, l'abri que le cultivateur ou le voyageur cherche sous les arbres. M. Boudin semble partager cette opinion, et pourtant il résulte de sa statistique ce fait contradictoire : que sur 34 personnes foudroyées dum les champx, \ 9 (la majorité) se trouvaient en raso campagne, et que 1 seulement s'étaient réfugiées sous

FRAr/riRKS.

des arbres. Quant à l'essence de ces derniers, il est bon de noter que le liélre y figure pour un certain chiffre, ce qui prouve que Maxwell, et après lui le dernier congrès scientifique? de Manclie-iler, ont eu tort de proclamer l'immunité de cet arbre.

Une circonstance bien singulière qui se rattache encore aux effets de la fulguration, c'est l'action foudroyante de l'homme récemment foudroyé. Ainsi M. Boudin a rapporté deux faits qui ne permettent pas de révoquer en doute la transmission de cette action. Le premier concerne un homme qui, le 30 juin l8o4, fut tué par la foudre près du Jardin des Plantes, à Paris, et dont le corps resta pendant quelque temps exposé à une pluie battante. Après l'orage, deux soldats ayant voulu enlever le cadavre reçurent chacun un choc violent au moment où ils le louchèrent. Dans la seconde observation, deux artilleurs chargés de relever deux poteaux du télégraphe électrique, qui avaient été renversés le 8 septembre 1 858 par un orage à Zara (Dalmatie), ayant saisi, deux heures après l'orage, le fil conducteur, éprouvèrent d'abord de légères secousses, puis furent tout à coup terrassés. Tous deux avaient les mains brûlées ; l'un d'eux même ne donnait plus aucun signe de vie. L'.iutre, en essayant de se relever, retomba immédiatement en touchant du coude un de ses camarades accouru à ses cris. Ce dernier, terrassé à son tour, éprouva des accidents nerveux divers, et son bras présenta une brûlure de la peau à l'endroit même oii il avait été touché. [Acad. des sciences, ']\i\\\el.)

Continuant ses recherches pour 4 864, l'auteur a trouvé 87 personnes tuées par l'action immédiate de la foudre: 6< hommes et 26 femmes. Cette inégalité est le résultat le plus saillant et le plus constant, la proportion des femmes n'étant dans les statistiques antérieures que de 28 : 100. Elle n'atteint pas même 22 : 100 en Angleterre. Celte immunité relative ne saurait s'expliquer par la présence plus fréquente des liommes dans les champs, car les enfants au-dessous de quinze ans la partagent à un degré supérieur, leur proportion n'étant que de 16,6 : 1 00, et l'on a vu la foudre tombant sur un groupe • d'individus des deux sexes, épargner bien plutôt les femmes que ■ les hommes. La cause de cette différence est donc à chercher. [Idem, novembre.)

FRACTURES. L'influence du rachitisme sur leur pro-dnction et leur consolidiition est rendue évidente par le fait d'un ■

FRACTURES

enfant de qnalre ans ayanl des courbures très-prononcées des fémurs, des tibias et des os des membres supérieurs. A peine s'il marchait seul qu'il s'est cassé la jambe droite; il s'est fracturé ensuite le bras gauche et plus lard le col du fémur.

Néanmoins, traitées par l'appareil à planchettes mobiles de M. Gaillard, de Poitiers, concurremment avec un trailement interne et un régime appropriés, ces trois fractures se consolidèrent rapidement, c'est-à-dire en dix-huit jours pour celle de la jambe, quinze pour celle du bras et vingt et un pour celle du col du fémur. (Bull, de la Soc. méd. de Poitiers, 1 864.)

Diagnostic. Massage. Quand par suite delà contusion ou du gonflement du siège de la fracture, on ne peut en constater les signes positifs, la crépitation entre autres, et que le diagnostic reste ainsi incertain et douteux, M. Rizet emploie non-seulement pour l'élucider, la compression comme M. Velpeau pour résoudre l'épanchement, mais le massage. Plusieurs exemples sont rapportés à l'appui de cette pratique, qui a utilement servi à établir promptement le diagnostic. Elle serait particulièrement utile chez les enfants à cause de leur résistance à l'exploration, de la petite dimension du membre, de l'état ferme et rebondi du tissu cellulaire. D'ailleurs, elle est particulièrement indiquée dans les cas où il n'y a eu qu'entorse, et se trouve ainsi exempte de dangers, contrairement aux mouvements étendus de latéralité pour constater la crépitation et la mobilité. {Gaz. méd., n° 29.)

Une seule objection à faire à cette manœuvre, c'est la douleur extrême qu'elle doit provoquer. En raison de son habitude et de l'habileté, de la douceur de pouce qu'il a acquises à la pratiquer, l'auteur ne l'a sans doute pas constatée; mais elle paraît inhérente à celte méthode pour la plupart des praticiens qui n'y sont pas habitués, obligés ainsi de s'en tenir à une douce compression.

Traitement. Gouttière à irrigations. Boîte métallique surmontée d'une plaque de même métal percée de trous, et ayant la disposition des gouttières pleines employées contre les fractures.

Imaginé par le docteur Carof, de Brest, et exécuté par M. Charrière, cet appareil permet de pratiquer l'irrigation dans le lit, sans déplacement du blessé ni imbibition des

IMACTUHES,

linges. L'eau coule à travers lei iroui de la plaque dans la botte inférieure. L'eau s'en écoule au moyen de tubes de caoutchouc adaptés aux extrémités, et se rendant dans des vases placés sous le lit. {Acad. c/e m^d. , juin.)

C'est à peu de chose prés le même système préconisé par M, Debourge l'année dernière, et décrit dans le Diclionnuire annuel au mot Irhigation.

Fractures du criknc. Un cas extraordinaire en a été rapporté par MM. Desgranges et Lafargue à la Sociélé de médecine de Bordeaux. LUi jeune homme de vingt-huit ans, animé parla boisson, reçoit sur le crâne un coup de bûche de pin, de la grosseur de l'avant- bras ; il tombe à la renverse sans connaissance et, porté de suite dans une pharmacie, après quelques instants et quelques soins, il reprend l'u.-age de ses sens: ce qu'il manifeste par des paroles et des actes d'un délire gai ; il chanta et dansa quelques instants.

Appuyé sur deux amis, il se rendit ensuite à pied à son domicile, situé à 1200 mètres environ. Il embrasse sa mère, profère quelques paroles et se met au lit. Dès lors, la vue s'altère, le sang coule de l'oreille gauche. Bientôt il perd de nouveau connaissance, passe une nuit très-agitée avec contracture des membres et succombe le matin à sept heures et demie, douze heures après avoir été frappé.

Il n'existe aucune ecchymose, ni déchirure, ni excoriation du cuir chevelu, ce qui n'est pas rare dans les fractures du crâne. Aucun épanchement sanguin ne s'observe même sous le cuir chevelu, mais un épanchement de sang noir existe dans l'épaisseur du muscle temporal gauche et une fracture angulaire de la voûte crânienne existe dessous. Elle s'irradiait au loin et intéressait toute l'étendue du temporal, le pariétal en arrière, l'occipital et une partie du frontal . Un énorme caillot de sang comme le poing existait entre la dure-mère et le lobe antérieur de l'hémisphère gauche.

Enfin, du côté droit, existait également une fracture par contre-coup de la portion écailleuse du temporal avec attrilion sanguinolente de la pulpe cérébrale dans le point correspondant.

Ainsi, malgré ces graves lésions, le blessé avait pu marcher, parler et jouir de sa connaissance comme si l'épanchement ne s'était formé que goutte par goutte, ainsi que le ramollissement de la pulpe cérébrale. {Union méd. dfla G/muk', janvier.)

FRACTCr.ES, 333

On ne peut donc, en pareil c;is, juger de l;i gravité des lésions réelles par les premiers signes, el le mieux esL do traiter toujours activement, fût-ce à titre de prophylaxie, ces sortes d'accidents, afin de ne pas avoir de reproches à se faire.

Fracture du maxillaire ÎMféricur. L'extrême mortalité qui s'observe dans cette espèce de fracture, môme simple, et, qui s'élève, d'après une statistique dont les éléments ont été recueillis par M. Richet, à 6 sur 36, serait principalement due, d'après ce chirurgien distingué, à Tinfection putride déterniinée par l'ingestion et l'absorption des liquides pathologiques versés dans la bouche. Cet accident est surtout à redouter lorsqu'il y a déchirure de la membrane muqueuse buccale et con\munication du foyer de la fracture avec l'air extérieur. Il y a ainsi inflammation, suppuration, abcès, nécroses, fistules, consolidations tardives ou manquées, etc.

Les meilleurs moyens de prévenir la mort sont, après avoir fixé les fragments au moyen de la ligature des dents el de l'appareil do gutin-perchn , do Morel- La vallée, de donner une large issue aux liquides altérés, de tenir la bouche très-propre par des lotions et injections à l eau simple ou phéniquée et à faire vomir et purger de temps en temps le malade. {Soc. de cliirurg.)

Ces conseils sont inconciliables, car avec l'appareil de gutlapercha, il est impossible de tenir le foyer de la fracture dans l'état de propreté voulu. La bouche exhale ordinairement la plus repoussante odeur. Par contre, on pourrait ajouter avec avantage l'usage des sulfites, intiis cl extra, pour s'opposer 3 la fermentation.

Fraclurcs du rachi.s. Ti-épanalion. Elle n été pratiquée sur un homme entré à l'hôpital Jervis de Dublin, le 28 décembre 1 8C4, avec les symptômes d une fracture dii la colonne verlébrale correspondant à l union de la dernière vertèbre dors;Ue avec la première lombaire, mais que l'autopsie montra être une luxation de ces deux vertèbres avec fracture du corps de celle-ci. Les phénomènes de compression conduisirent M. Mapolher à la proposer à ses collègues, qui, n'étant pas de cet avis, soumirent la question à M. Brown-Séquard. Il approuva celte opération comme dernier secours. Elle fut exécutée le 3 février par l'enlèvement de l'arc postérieur. Dès lors, les membres inférieurs, qui étaient complètement paralysés, =ans

FRACTURES

aucun signe d'action rédexe ainsi que la vessie et le rectum, reprirent un certain pouvoir musculaire, la sensation reparut partout où elle était abolie. L'action réflexe se manifesta après quelques jours. L'infiltration du pénis, du scrotum et des membres se dissipa ; les ulcérations du pénis et du sacrum se modifièrent, et la vessie elle-même avait recouvré en grande partie sa contraction musculaire quinze jours aprè?, quand la mort survint le dix-septième par infection purulente. L'inflammation vésicale s'était propagée aux reins, et l'on trouva des foyers purulents dans l'un d'eux. La moelle était comprimée, mais pans lésion notable. {Duhlinmcd . Presx., août.)

Ce résultat, en permettant de croire que cette opération pratiquée plus tôt eût pu prévenir les lésions qui ont amené la mort, est de nature à faire entrer les chirurgiens dans une nouvelle voie thérapeutique dans les fractures de la colonne vertébrale.

Contrairement à cette appréciation applicable à ce cas particulier, il résulte de la statistique totale des opérations analogues pratiquées sur le rachis, que le succès en est d'autant plus fréquent qu'elles sont faites tardivement. Ainsi , sur 26 opérés il y a î 9 morts, résultat peu favorable tout d'abord à cette grave opération. Mais en analysant les observations que M. Felizet relate sommairement dans leurs principaux détails, les résultats sont tout différents.

Ainsi, quant à l'époque de l'opération : Pratiquée de cinq heures à treize jours après l'accident, elle n'a réussi que 3 fois sur 17 tentatives faites dans ces conditions. Du quatrième au cinquième mois après l'accident, elle donne au contraire 3 succès sur 5 tentatives. Dans 3 autres cas dont l'époque n'est pas connue, il y a eu encore un succès.

Si donc la violence du traumatisme, en justifiant cette tentative opératoire, explique la mort sans préjudice de l'opération, on peut croire que pratiquée plus tôt, dans les deux cas où elle a été faite tardivement comme dans celui-ci, il y eût eu plus (le chances de sauver les blessés.

Relativement au siège de la fracture, la trépanation a été |)ratiquée :

6 fois. Vertèbre? cervicales inférieures et dorsales supérieures. . 2 gruérisons.

2 — — dorsales supérieures . 1 —

2 — — id. moyenne? 0 —

9 — — i'I. inférieures i —

2 — — lombaires 1 —

5 — — sans siège précis 2 —

FRACTURES

Mais ici, on le comprend, tout est subordonné aux lésions de la moelle. Si elle n'est que comprimée, le succès peut s'ensuivre si l'inflammation ne vient l'empêcher , mais s'il y a division, contusion, hémorrhagie, qu'attendre d'une telle opération ? Rien. (Arch. de méd., novembre.)

Fractures de côtes. Dans un cas de ce genre observé par M. Herrgott chez un catarrheux, un emphysème généralisé s'ensuivit avec des proportions effrayantes. Figure méconnaissable, yeux fermés, cuir chevelu crépitant sous les doigts, gonflement énorme des membres inférieurs et supérieurs, la peau du tronc et du scrotum est froide, tendue et résonne comme un tambour. Il ressemblait à un animal soufflé artificiellement. Malgré tous les moyens employés, la situation du malade devenant menaçante, une ponction avec le trocart fut pratiquée aux deux régions pectorales les plus tendues et une canule y fut laissée à demeure. Aussitôt l air s'échappa avec une telle vitesse qu'il éteignit une bougie placée à une petite dislance. Le malade en éprouva un grand soulagement, l'emphysème disparut graduellement ; le huitième jour on retira les canules et la fracture et l'emphysème guérirent parfaitement. C'est donc là un moyen nouveau qui mérite de fixer l'attention des praticiens. {Gaz. méd. de Strasbourg, nov.j

Fractures du bassin . Matelas hydrostatique. Entre autres preuves, M. Demarquay cite le cas d'un jeune homme de vingt ans, admis dans le service de M. Desormeaux pour une fracture du corps du pubis etde l'ischion avec déchirure de l'urèthre résultant d'un éboulement. Obligé de rester couché sur le dos, ce blessé eut bientôt une eschare au sacrum qui s'étendait malgré les pansements ordinaires.

On le plaça sur un matelas d'eau et la plaie se cicatrisa complètement en quinze jours. La douleur cessa dès qu'il fut posé sur l'appareil. Privé accidentellement de son lit hydrostatique pendant quinze jours, il recommença à souffrir au siège de ses fractures, tellement qu'il pleurait en pensant qu'on ne lui rendrait peut-être pas son matelas.

Il est surtout d'une utilité extrême pour le transport des blessés. Placé dans une voiture ordinaire ou un wagon de chemin de fer, il prévient ces chocs qui leur sont si douloureux et qui rendent même ce transport impossible. {Gaz. des hôp., n° 7.)

riur/runES,

l'racturos des lucnihi-eat. Attelles plâtrées Imperméables. L'emploi du {)lâlre dans ce cas, donl l oiigiiu remonte aux Arabes, et qui réalise V inamovibilité par excellence, a surloiil été perfectionné dans ces derniers temps en Allemagne. Ce n'est qu'en passant que les auteurs français y ont attaché leur nom. Le professeur Mitscherlich, en rendant imperméables les appareils plâtrés, a surtout contribué à en généraliser l'usage chez les enfants , bien mieux que les attelles collodionnées de M. Ciniselli. Il les a rendues spécialement applicables aux fractures compliquées, où l'irrigation continue est nécessaire. C'est dans un cas de ce genre que M. Herrgott a commencé à en faire usage. La boîte de Baudens étant insuffisante à maintenir la contention d'une fracture compliquée de la jambe, ce chirurgien eut l'idée de placer le membre dans une gouttière de linge plâlré, embrassant toute la partie postérieure et la plante du pied, puis, au côté interne de la jambe, une bande de linge plâlré pliée en quatre se repliant sous la plante du pied et s unissant à la gouttière, de manière à donner au pied la position voulue. Un succès si complet couronna cette tentative, que de là date l'invention des attelles plâtrées, employées depuis avec un égal succès dans plusieurs autres cas de fractures simples et compliquées, dont les obsecvations sont rapportées par M. Gallet.

On fait ces attelles avec de la vieille toile coupée préalablement en longueur et en largeur voulue. Les maiilos tro{) Iâche.> do la toile d'emballage ou de la tarlatane grossière n'ont donné que des- attelles qui s'émiettent et se fendillent facilement. Ces morceaux sont trempés ouverts dans une bouillie de plâtre de consistance crémeuse, et brassés dedans de manière à bien s'en imprégner. Cela fait, on les soulève pour les plier uniformément en deux, en quatre, puis on les passe entre deux doigts pour en chasser les bulles d'air, et ou les dépose ainsi préparée s dans le bassin jusqu'à ce que la solidification soit prôle à s'opérer. Quelques minutes suffisent ordinairement, quand le mélange est bien fait. Le membre étant rasé, huilé ou graissé d'avance, et un bandage roulé ou des compresses longuettes étant placées, la valve postérieure en forme de gouttière, s'il s'agit de la jambe ou de la cuisse, est d'abord appliquée cl maintenue exactement sur le membre par le bandage, tandis que la coaptation exacte est pratiquée ; une seconde et une troisième al telles sont ensuite placées suivant le même procédé. Un

FlUr.TlIP.KS. 3r>7

pelil linge huilé interpo^i' entre elles suffit à en em[i^chtM- l.i réunion s'il est nécessaire. Quand tout osl solide, et cinq uiinules suffisent, si l'on saisit bien le moment de la solidification imminente, sans que la contention soit nécessaire pendant plus longtemps, on régularise avec les cisailles les parties exubérantes des attelles, on nettoie, elle tout est achevé.

Appliqués suivant ces indications, ces appareils plâtrés ont été très-bien supportés, sans provoquer ces douleurs de talon si fréquentes et intolérables, pourvu que la gouttière soit bien modelée sur la jambe. Rien d'ailleurs, n'est plus facile par ce procédé ; il produit des attelles modelées sur le membre dont la pression est répartie sur tous les points de contact. Elles peuvent être enlevées, replacées aisément, et l'on peut aussi, quand cela devient nécessaire, y pratiquer des échancrures ou toute autre modification.

Le meilleur moyen de les rendre imperméables est le vernis copal anglais des carossiers et le vernis copal lérébentîiiné. Appliqué sur la surface externe, quand elles sont sèches, il les rend complètement inattaquables par l'eau, et au pus si on les en enduit à la surface interne. On se sert à cet effet d'un simple pinceau de charpie qu'on passe sur l'allelle tant que le vernis est absorbé. Il en résulte une certaine f olidité, une élasticité qui ajoutent encore à la valeur de ce nouveau moyen de contention, qui, par sa simplicité et sa légèreté, est bien supérieur à tous les autres appareils plâtrés. Ces avantages doivent donc appeler l'attention des chirurgiens sur ces attelles plâtrées imperméables, et leur faire prendre une place importante dans le traitement des fractures compliquées surtout, ou dans le pansement des membres après les résections. {Gaz. méd. deStrashourg.n° 3 .)

Des spécimens d'appareils moulés en plâtre et recouverts du vernis de copal présentés à la Société de Chirurgie par M. Giraldès, n'ont pas résisté à l'épreuve de l'eau. Immergés dans ce liquide, ils s'en sont laissés pénétrer, ce qui, d'après M. Giraldès, dépendait de ce que les plans de section n'étaient pas enduits du vernis protecteur. De nouveaux modèles ontétéparfailement imperméables moyennant cette précaution.

Suivant M. Lefort, le danger du feu serait plus redoutable que celui de l'eau avec ces appareils, car, le vernis de copal est très-inllammable; Néron s'en servait pour faire brûler ses victimes (Soc. de rhir., avril ). Avertissement à ceux qui voudront employer ce moyen de contention.

FRACTl]RES.

De l'emploi dru appnreilK plâtrén imperméables dans le trailemenl des [raclures compliquées, par M. E. Gallel (Thèse de Strasbourg, 4 9 décembre 1 864.)

Peu de sujets oui. autant exercé la sagacité, le génie inventif des chirurgiens, que les appareils de contention des fractures. Sous prétexte do perfectionnements, on en a varié de mille façons, .et la forme et les matériaux, et malgré cette richesse infinie, de nouvelles modifications surgissent sans cesse. Des moyens délaissés, abandonnés depuis des siècles, sont reproduits tour à tour et présentés sous des formes, des idées qui en font souvent méconnaître l'origine. Rien do plus utilement instructif à cet égard que l'histoire de l'art, telle qu'elle est résumée dans cette thèse à propos des divers appareils employés contre les fractures compliquées, et en particulier les appareils plâtrés imperméables.

Ce n'est pns que le plâire soit encore beaucoup employé dans le Royaume-Uni. Uneenquête faite par M. Tufnell sur les divers ■ moyens employés dans quatre-vingt-dix hôpitaux pour les appareils inamovibles, la manière de les préparer et l'époque de • leur application, a donné les résultats suivants :

Empois d'amidon 57

Gomme et craie ^ 8

Plâtre de Paris, seul

■ — avec gomme i

Gomme seule ■4

Dextiine 2

Colle forte 2

La crainte de comprimer le membre par l'application immédiate de ces appareils inamovibles est si générale qu'elle est» différée depuis quelques jours, pour la disparition du gonfle-ment, jusqu'à cinq et six semaines, c'est- à-dire lorsque la con-solidation est presque complète. Sur ce nombre total, septt hôpitaux seulement font exception. On ne retire par là d'autre? avantage de l'immobilité que celui d'avancer de quelques jours? les mouvements du membre et la marche du blessé. La grandee découverte de Seutin n'était vraiment pas nécessaire pour sia peu.

Atlelles albuminées. C'est pénétré de ce danger de la con— striction et en vue de l'éviter que M. Tufnell, de Dublin, aa imaginé un nouveau bandage inamovible applicable immédia-itemenl; nouveau, sinon par les matériaux dont il se compose —

FRACTURES

il s';i2it de 8 blancs d'œufs battus avec 250 grammes de farine— au moins par la manière de l'appliquer. Les bandeleltes imprégnées de ce mélange sont, en effet, placées longiludinalenient comme des attelles au lieu d'être circulaires. De là, l'innovation, car elle est antérieure à celle de M. Herrgott.

En voici le mode d'application. Le membre fracturé est placé sur un coussin, couché sur le côté interne pour éviter réversion du pied, par exemple, dans la' fracture de la jambe. Un linge pouvant l'envelopper du haut en bas, est trempé dans l'eau chaude. L'extension et la contre-extension étant faites et la fracture réduite, le chirurgien l'applique immédiatement aussi uniformément qu'un bas. Puis les bandelettes étant coupées de la longueur voulue — du genou aux orteils dans le cas dont il s'agit — une couche épaisse du mélange albumineux est étendu avec un couteau sur une de leurs faces; pliées en double de ce côté, sur leur largeur, elles sont présentées ainsi une à une au chirurgien qui les place méthodiquement l'une près de l'autre et les moule pour ainsi dire sur le membre en commençant à la partie la plus interne du tibia pour finir sur le côté opposé du mollet, recouvrant avec soin le dessus et le dessous du pied et le talon. Quatre à cinq bandes circulaires sont ensuite passées sous le membre pour assujettir, fixer ce bandage qui doit rester découvert jusqu'au lendemain pour en faciliter la dessiccation. [The Dublin quarterl. Journ. of med. science, février.)

Mais, on le comprend, ce n'est là que la moitié de la besogne, il faut recommencer le lendemain à faire la même chose sur le côté interne du membre, et pour cela le déplacer, le replacer du côté opposé, c'est-à-dire dans la position recommandée par Pott, ce qui nous semble aussi dangereux qu'incommode. Devant la simplicité des attelles plâtrées, leur bon marché, leur légèreté, leur imperméabilité surtout et la facilité de les changer, de les modifier, ce bandage compliqué du chirurgien irlandais n'aurait plus de raison d'être, si ce n'était l'avantage qu'il lui attribue par sa légèreté et sa solidité, de permettre au blessé, après quelques jours d'application, de remuer le membre à volonté et le changer de place à son aise et même de marcher avec des béquilles. C'est là son unique supériorité, si elle existe, car la constriction n'est pas plus à craindre avec les attelles plâtrées qu'avec les appareils amovibles et, par conséquent, moins qu'avec ces circulaires espacés du bandage inamoviblede M. Tufnell. Une loi de la déligation est précisément

FRACTURRS.

(l'ôlab'ir i olt(> cniiipra-Jsinn d'iuio manière iiniformo, graduelle, métlindiqiio sur une CL-rlaiiie surface pour éviter la stagnation des liquides, ce à quoi l'on s'expose en y contrevenant. Le bandage à air libre do M. Glascolt Symes, par exemple, décrit ci-après, est surtout défectueux à cet égard par les deux bracelets placés au-de«sus et au-dessous de la fracture, lesquels, par la compression inégale en résultant, gênent le cours du sang et iirovoquent infailliblement cette stagnation. L'amovibilité comme l'inamovibilité n'est dangereuse sous ce rapport que suivant la manière imparfaite, malhabile de l'appliquer.

Bandage gélalino-akoolhè lacé. C'est la colle forte délayée dans fiartie égale d'eau chaude et additionnée d'environ une demi-partie d'alcool pour hâter l'évaporalion que M. Hamon emploie au lieu de dextrine dans le bandage inamovible. Il y trouve l'avantage du bon marché, de la facilité de préparation, une solidification très-prompte — deux à trois heures au plus — le défaut d'odeur et une résistance considérable. Ce mélange est étendu sur un bandage de Scultet, recouvrant le membie préalablement matelassé d'ouate.

Mais la principale modification consiste, après quelques heures d'application, à fendre longitudinalement ce bandage, et à faire, le long de chacun des bords, des oeillets à l'emportepièce, dans lequel un lacet est jiassé comme au corset, ce qui permet de donner au bandage la consiriction voulue et de la changer à volonté. Le malade lui-môme, dit l'auteur, peut régler la puissance décompression. {Union mcil. de la Seine-Inférieure, janvier.)

La rigidité d'un tel bandage permet-elle d'exercer, de changer- aussi facilement la compression, et en le faisant, n'en provoque- t-on pas la desquamation et bientôt la désunion des parties constituantes? On se le demande et dès lors on doute, à priori, del'efficacité réelle decettoinnovalion,toutingénieuse qu elle soit. {Union méd., n" 38.) Toutefois, M. Campbell de Morgan, chirurgien de l'hôpital Middiesex de Londres, dit l'avoir employé fréquemment, et s'en être parfaitement trouvé. {Med. Times and Gaz- . , mai . }

Bandage à air libre. Pour les fractures obliques et comminutives des membres, M. Glascott Symes a présenté à la Surgical Society un nouvel appareil consistant en deux larges bandes de cuir ou courroies, qui se placent au-dessus et au-dessous de la

Kr.ACTURES.

iVacliireel se liicenl sur lu inombre. Des poclies latérales elext.-rncsservenl à recevoir les exlrémilés desaltelles, qui se fixent ^nr la coHrroie au moyen de deux écrous mobiles placés dans une rainure longitudinale de l'altelle. L'extension n'est faite ijne quand le membre est déjà placé dans l'appareil, de manière a pouvoir le fixer hermétiquement et solidement sans nul autre bandage; de lelle sorte que la fracture se trouve exposée à l'air libre. [Dublin, med. Pms, juin.)

C'est là surtout qu'est l'innovation sinon l'avantage, car on se demande si ces deux liens placés au-dessus et au-dessous de la fracture n'entravent ou ne gênent pas la circulation du membre, et en en provoquant ainsi l'engorgement, en entretenant l'infiltration des tissus, retardent la cicatrisation des plaies, et même la consolidation. Ce sont là autant de dangers qui nous semblent à redouter de cet appareil, en vertu de ce principe de déligation qui veut que la compression soit graduée sur un membre fracturé.

Pansements au plomb. Dans les divisions traumatiques de toute sorte, écrasemenis, lacérations, M. Burggraeve, chirurgien de l'hôpital de Gand, emploie généralement lespansemenis avec des lames de plomb comme la contre-partie des appareils ouatés. Après la ouate, il n'a pas trouvé de topique plus doux, plus malléable que le plomb. Il lui a trouvé une action trèsmarquée sur les plaies dont il accélère la cicatrisation, et c'est ainsi qu'en tout temps, il a été considéré comme résolutif. 11 peut ainsi faire de la chirurgie conservatrice dans de 5 cas désespérés en apparence par d'autres moyens. [Acad. de méd. belge, octobre i 864.)

Fracture de l'extrémité inférieure du radius. Jarjavay est arrivé à diminuer de beaucoup la durée de l'immobilisation du membre en se servant d'un appareil fort simple : deux attelles maintenues par des bandelettes de diachylon, ce qui permet à la main quelques mouvements. Un blessé traité de cette manière à l'hôpital Beaujon n'avait eu le bras dans l'appareil que huit jours, remplacé ensuite par une simple écharpe. Par ce traitement, presque toujours employé avec succès, il n'y a donc plus à craindre l'ankylose du poignet si redoutée de certains chirurgiens, et regardée par d'autres comme illusoire.

3A2 FRACTURES

f-e moyen de réduction qu'emploie lo chirurgien de Beaujon n'e.si peiil-êlre pas très-nouveau, mais il est très-?iinple et très-efficace. En voici la description :

« L'avanl-brasdu blessé est placé dans la pronation, et la main pendante tandis qu'un aide fixe le coude. Les quatre derniors doigts de chaque main étant entre-croisés, je place le bord qui correspond aux indicateurs au-dessous de l'extrémité du fragment supérieur, et je porte les pouces, également enlre-croisés, sur la face dorsale du fragment carpien. L'extrémité inférieure de l'avant-bras, siège de la fracture, se trouve ainsi embrassée dans un cercle dont la partie postéro-inférieure appuie sur le fragment inférieur. Alors, par un mouvement de pronation des deux mains réunies, je pous?e le premier de ces fragments vers la face dorsale de l'avant-bras, le second vers la face palmaire. Je ne crains pas d'employer toute la force nécessaire, et toujours j'ai obtenu de la sorte d'excellents résultais. Le mouvement pur lequel je réduis est rapide ; la douleur est de courte durée. Que s'il existe, en même temp-;, une inclinaison du fragment carpien sur le bord radial de l'avant-bras, au lieu de pousser directement en bas le fragment inférieur, je l'incline en même temps vers le cubitus pour détruire cette déviation. »

Fractures dn fémur. Pour éviter le déplacement de la grande attelle externe de Desault, modifiée par Liston, applicable aux fractures obliques du fémur, qui s'opère par le relâchement des liens et la nécessité pour le chirurgien d'y mettre fréquemment la main, le professeur Hughes a apporté récemment la modification suivante dans son service de l'hôpital Jeivis de Dublin. A une large traverse métallique mobile qui se fixe par des écrous aux deux colonnes des pieds du lit de fer ordinaire d'hôpital, est-pratiquée uue échancrure profonde dans laquelle est reçue l'extrémité inférieure de l'attelle, placée verticalement. Elle ne fait pas ainsi partie intégrante du lit et ne subit pas tous les mouvements imprimés à la literie, prévient la pression du talon, l'inversion et réversion du pied, et surtout le déplacement et le relâchement de l'appareil. Des mortaises sont aussi pratiquées dans la traverse pour recevoir des lacs et maintenir l'extension au besoin. [Med. Press, janvier.)

Une condition de fixité semble manquer à celte modification : c'est une mortaise pratiquée à l'attelle de manière à s'engager

FRACTURES

dans celle de la traverse métallique. L'immobilité en serait ainsi encore mieux assurée.

Dans le même but, le docteur Légal propose l'appareil suivant dont le mécanisme est encore plus sûr pour la contrexlension graduée.

Sur une planche de chêne de 80 centimètres de long sur 10 de large et 2 et demi d'épaisseur, on pratique près de l'une des extrémités, en laissant un espace assez étendu pour ne pas en diminuer la solidité, une ouverture circulaire de 12 centimètres de diamètre; une tige de fer de 1 centimètre do diamètre, mnnie d'un anneau de clef et d'une roue à cric, traverse horizontalement de part en part la planche dans le diamètre de l'ouverture circulaire. Elle est retenue de l'autre côté par un écrou ; la tige de fer présente au centre une fenêtre d'environ 3 centimètres de longueur, dans laquelle on introduit un ruban très-fortde40 centimètres de longueur aumoins, afin que ses deux bouts, cousus, forment un anneau assez grand ; on noue dans cet anneau les deux extrémités du lac extenseur, et en faisant tourner le treuil on fait l'extension par degrés, à volonté, avec précision, sans secousses. L'appareil doit être préalablement placé aux pieds de la couche. Si le lit est de fer, on met en travers horizontalement, deux planches que l'on attache aux barreaux ; on le fixe verticalement sur ces planches avec deux tire-fonds. Si la couche est de bois, on y fait une ouverture suffisante, et on le fixe de la même manière avec des tire-fonds ; les frais de réparation de la couche, après la guérison, sont peu élevés et insignifiants, eu égord à l imporlance du résultat, {Rev. méd.-chir. , n" 14.)

Bandage à pression limitée. Pour vaincre la saillie du fragment supérieur qui se manifeste souvent dans les fractures de la jambe, M. Anger a fait construire un nouveau compresseur simple dont l'action est limitée et alternative. Il a fait adapter à une gouttière matelassée de Mayor une tringle plate fixée à droite et à gauche, sur laquelle glissent deux arcs très-léger? d'acier, trempés en ressort. Deux pelotes légèrement concaves et mobiles sont articulées et fixées sur ces arcs, et servent à comprimer le fragment saillant, alternativement en deux points. Une des pelotes peut rester pendant plusieurs heures, et quand la compression menace d'altérer le fragment, l'autre est appliquée et, la première est relAchée pendant le temps voulu. Le

^4/1 rHACTURRS.

système de pression élastique, si licureusement employé dans le compresseur fémoral de M. hroca. est également appliqué ,i ces pelotes. (Acad. de mi'd. , mai.)

Appareil à suspension. M. Cliarrière a de môme fabriqué r.'ippareil suivant inventé par le professeur Smith, du Maryland. Deux tringles de fil de 1er de 1 mètre de long, et réunies parallèlement à 6 centimètres d'écartemeni par deux branches latérales aux extrémités, on leur donne la courbure qui convient au membre fracturé, la jambe ou la cuisse, le bras ou l'avanl-bras même; le membre étant envoloiipé de tours de bande, on place celte attelle à la partie antérieure où elle est maintenue par cinq bandelettes de diachylon. Des bandes de toile, attachées aux extrémités, se réunissent au cie! de lit ou à une traverse solide lixéo au-dessus, et le membre se trouve ainsi suspendu comme dans un hamac. [Acctd. de méd.. juillet.)

Le cerceau de M. Larrey pourrait servir au même usage et remplacer avec avantage l'appareil suspenseur. (V. Traité des bandages, par GofTres, planche 73.)

Sur plus de 60 blessés venus en 1862 et 1 863 à l'hôpital militaire de Bourbonne pour y chercher du soulagement aux inconvénients résultant de consolidations vicieuses, de déformalions incroyables à la suite de fractures de la jambe, M. Cabasse a constaté chez les deux tiers que, dans les fractures qui ont lieu au-dessous de la partie moyenne, c'est à peu près d'une manière constante le fragment supérieur qui proémino et fait saillie à la partie interne. Quant, au contraire, elle a lieu à la I arlie supérieure, c'est le fragment inférieur qui fait saillie, et !-ouvotit d'une manière si prononcée que cette pointe osseuse menace de perforer la peau au moindre choc, d'où résulte une grande gêne et parfois de la douleur pour la marche. {Mcm, de niL'd. et dechir. mil , août.)

Fractures du tibia. La difficulté du diagnostic , déjà signalée l'année précédente, est exemplifiée de nouveau par trois cas relatés par M, Boulian. C'est lorsque le choc est direct et qu'il ne se produit aucun déplacement. Tous les signes positifs manquent alors ; souvent môme les blessés peuvent rester debout. Dans ces trois cas, la fracture siégeait à la partie supérieure et résultait d'un coup de pied de clieval. Une plaie contuse en est alors le seul signe, la crépitation, la mobilité, ne sont

Page 1